📆 L'HEBDO 09/05 - Musk redistribue les cartes de l’IA mondiale
Monde Numérique09 mai 202652:16

📆 L'HEBDO 09/05 - Musk redistribue les cartes de l’IA mondiale

Elon Musk réorganise son empire tech tandis que son bras de fer judiciaire avec Sam Altman dévoile les coulisses d’OpenAI • La justice française ouvre une information judiciaire contre le patron du réseau X pour manque de transparence et contenus problématiques • Google et Meta accélèrent sur les agents IA grand public, au risque de bousculer encore la vie privée • Microsoft freine sur Copilot, pendant que Google déploie Gemini Nano et un nouveau bracelet connecté • Les cyberarnaques vocales inquiètent, mais les appels silencieux ne suffisent pas à cloner votre voix • Une experte d’Orange Cyberdéfense décrypte les risques du “shadow AI” en entreprise • Le robot humanoïde européen Calvin de Wandercraft entre en action chez Renault.

⭐️ Découvrez Frogans, l’innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT]

===============

L'actu en détail :

===============

Musk avale xAI et s’allie à Anthropic

Elon Musk restructure son empire : sa start-up d’IA xAI est absorbée par SpaceX, qui devient la maison mère de ses activités d’intelligence artificielle. Dans le même temps, un accord stratégique est conclu avec Anthropic, qui utilisera les data centers Colossus pour faire tourner ses modèles Claude. Une manœuvre industrielle et énergétique d’ampleur, alors que Google envisagerait d’investir massivement dans Anthropic.

Procès Musk–Altman : la guerre des origines d’OpenAI

Le procès opposant Elon Musk à Sam Altman se poursuit en Californie, mettant en lumière les tensions initiales autour de OpenAI. Derrière le débat sur la vocation non lucrative de l’organisation, se dessine une lutte de pouvoir et une divergence stratégique face à la montée de Google DeepMind. Les échanges révèlent les ambiguïtés du positionnement de Musk à l’époque.

La justice française vise X

En France, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire visant Elon Musk et Linda Yaccarino, ex-dirigeante du réseau X. La plateforme est soupçonnée de manque de transparence sur ses algorithmes et de mise en avant de contenus potentiellement illégaux. Une affaire sensible pour le réseau social, déjà sous pression réglementaire en Europe.

Agents IA : Google et Meta prêts à tout savoir sur vous

Meta et Google préparent des agents IA grand public capables de gérer courriels, agendas et tâches quotidiennes. Une évolution vers des assistants proactifs, bien au-delà du simple chatbot, qui pose frontalement la question de la confiance et de l’accès aux données personnelles. Le débat est au cœur du débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti, journaliste et auteur de Mon Carnet.

Gemini Nano s’invite dans Chrome

Un chercheur révèle que le navigateur Chrome installe discrètement Gemini Nano, un modèle d’IA local de 4 Go développé par Google. Officiellement destiné à renforcer la détection d’escroqueries directement sur l’ordinateur, ce déploiement soulève des questions sur la transparence et la gestion des ressources.

Microsoft lève le pied sur Copilot

Après avoir intégré Copilot dans Windows et ses logiciels bureautiques, Microsoft semble ralentir. Un projet d’intégration de l’IA dans la console Xbox est abandonné, signe d’un possible ajustement stratégique face à un accueil utilisateur plus mitigé que prévu.

Google se renforce dans la santé connectée

Google lance le bracelet Fitbit Air et rebaptise son application santé Google Health, avec l’intégration d’un coach IA premium. Objectif : concurrencer les écosystèmes d’Apple et Samsung sur le terrain du suivi sportif et du bien-être, en misant sur la personnalisation algorithmique.

Appels silencieux : pas si simple de cloner votre voix

Des appels téléphoniques muets ont relancé les craintes de clonage vocal par IA, après une alerte initiale de Bitdefender. En réalité, un simple “allô” ne suffit pas à recréer une voix exploitable : ces appels serviraient surtout à valider l’existence d’un numéro avant revente de bases de données frauduleuses.

Shadow AI : la nouvelle faille des entreprises

[PARTENARIAT] L’IA générative expose les organisations à des risques inédits de fuite de données et de développement non maîtrisé. Émilie Brochette, spécialiste IA et business chez Orange Cyberdéfense, détaille les dangers du “shadow AI”, ces usages incontrôlés de ChatGPT ou d’agents développés en interne sans validation des équipes sécurité. Une mutation profonde des pratiques qui impose sensibilisation, outils de contrôle et nouvelles politiques de gouvernance.

Calvin, le robot humanoïde européen au travail

Le co-inventeur du premier robot humanoïde européen, Jean-Louis Constanza, cofondateur de Wandercraft, présente Calvin 40, capable de porter jusqu’à 40 kilos en usine. Déployé chez Renault, ce robot issu de la technologie d’exosquelette vise les tâches pénibles et répétitives, avec un enjeu majeur de souveraineté industrielle face aux acteurs américains et chinois.


Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.


Monde Numérique : [0:10] Elon Musk à la une de l'actu cette semaine. Le milliardaire extraterrestre réorganise ses entreprises. Monde Numérique : [0:18] XAI absorbée par SpaceX. Que se passe-t-il du côté des grands de la tech ? On vous dit tout dans cette émission. Dans le même temps, d'ailleurs, son procès contre Sam Altman se poursuit, ce qui est l'occasion de comprendre beaucoup de choses sur l'histoire d'OpenAI et de ses dirigeants. Tandis qu'en France, la justice sort l'artillerie lourde contre le patron du Monde Numérique : [0:38] réseau X avec l'ouverture d'une information judiciaire contre Elon Musk. On parle de tout ça cette semaine dans Monde Numérique. Monde Numérique : [0:54] Ce n'est pas tout, on parle aussi des futurs agents IA, grand public de Google et Meta, avec Bruno Guglielminetti dans le débrief transatlantique. On parle de Microsoft qui lève le pied sur Copilot, visiblement. Et puis du nouveau bracelet connecté de Google, sans oublier les cyberarnaques par téléphone. Des pirates cherchent-ils vraiment à cloner votre voix avec les appels silencieux ? Les invités de la semaine, on parle beaucoup en ce moment des risques de l'intelligence artificielle en matière de cybersécurité. Une experte d'Orange Cyberdéfense nous explique concrètement ce que risquent les entreprises, notamment avec l'IA Fantôme. Enfin, nouvel épisode à venir de l'émission Innovateur de Monde Numérique. Et mon invité ce mois-ci, c'est le co-inventeur du premier robot humanoïde européen, Jean-Louis Constanza de la société Vandercraft. Bienvenue à l'écoute de Monde Numérique, l'hebdo du 9 mai 2026. Invité : [1:53] Monde Numérique, Jérôme Colombain. Monde Numérique : [1:58] Ravis de vous retrouver pour ce nouvel épisode de l'hebdo. Comme chaque samedi, 50 minutes de news, de décryptage, d'interviews. Abonnez-vous à ce podcast si c'est la première fois que vous l'écoutez, sur la plateforme de votre choix, Apple Podcasts, Spotify, Podcast Addicts, nous sommes partout. Monde Numérique : [2:13] Merci pour vos commentaires, vos petites étoiles surtout sur votre plateforme d'écoute. Retrouvez aussi l'application mobile de Monde Numérique signé Good Barber pour iPhone et Android et puis vous pouvez commenter les épisodes sur le site mondenumérique.info cette semaine le soleil arrive le printemps est là la reprise du boulot peut-être pour vous très bientôt si vous avez fait un petit break du mois de mai, tiens pour fêter ça petite nouveauté en termes d'habillage musical sur Monde Numérique, bon c'est un petit détail mais les plus attentifs le remarqueront Allez, c'est parti, place à l'actu de la semaine ! Monde Numérique : [2:53] Les grandes manœuvres donc dans le monde fabuleux de l'intelligence artificielle. Avec Elon Musk qui a annoncé cette semaine une réorganisation pour mieux faire face à la bataille. On a appris donc la disparition de XAI. XAI, rappelez-vous, c'est cette structure qui avait été créée en réaction à OpenAI, puis rachetée en février dernier 250 milliards de dollars par SpaceX, l'entité de Musk qui gère les fusées. Et bien désormais XAI disparaît et c'est SpaceX qui fera office de maison mère pour tout ce qui est intelligence artificielle dans la galaxie muskienne. Malgré cette dissolution de XAI donc groc, le chatbot intégré au réseau social X devrait continuer à exister. Et puis autre info importante, dans le même temps Musk a passé un deal avec Anthropik. Anthropik c'est Claude et désormais Anthropik va utiliser les data centers d'Elon Musk, enfin de SpaceX, pour faire fonctionner ces modèles. Alors si on met tout ça bout à bout, eh bien c'est un pivot stratégique pour Elon Musk en matière d'intelligence artificielle. En face, Google annonce qu'il va investir 40 milliards dans le même, en tropique. Des rumeurs parlent même d'un possible rachat de la firme de Dario Amodei par Google. Bref, les grandes manœuvres continuent de plus belles, je vous l'ai dit, dans le monde de l'IAO. Monde Numérique : [4:18] Elon Musk, encore lui, dont le nom rime de plus en plus avec justice, puisque en Californie se tient le procès du patron de SpaceX contre Sam Altman, le patron d'Open AI. On en parle dans le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti d'ailleurs cette semaine. Et pendant ce temps-là, en France, la justice ne lâche pas l'affaire contre le réseau social X. Et le parquet de Paris vient d'ouvrir une information judiciaire contre Elon Musk et aussi contre Linda Iaccarino, la patronne exécutive du réseau jusqu'en 2025. Alors, à l'origine de cette histoire-là, c'est toujours l'enquête ouverte en France début 2025 à propos des contenus sur X jugés problématiques, voire carrément illégaux. La justice reproche aussi à X un manque de transparence en matière d'algorithmes de recommandations. Et rappelons qu'Elon Musk avait été convoqué par la justice française le 20 avril dernier en audition libre, mais il n'est pas venu. Au passage, il avait qualifié les juges d'attardé mentaux, ce qui évidemment ne va pas forcément arranger son cas. Donc l'affaire continue et sur le fond, en fait, X est soupçonné d'avoir privilégié la visibilité des messages les plus clivants afin d'augmenter l'audience du réseau social, quitte à mettre en avant des propos qui tombent sous le coup de la loi. Monde Numérique : [5:38] Pendant ce temps, aux Etats-Unis, on envisage également d'encadrer un peu mieux l'intelligence artificielle, en tout cas en matière de cybersécurité. La Maison-Blanche a annoncé en effet qu'elle réfléchissait à un mécanisme pour évaluer les modèles d'IA qui présentent des risques en matière de cybersécurité. Dans le collimateur, c'est le système Mythos d'Entropique, vous savez, ce super modèle d'IA jugé très performant en cybersécurité parce qu'il est capable de détecter des vulnérabilités que même les humains n'arrivaient pas à détecter, et aussi, malheureusement, s'il est exploité par des groupes malveillants, de perpétrer des cyberattaques d'un nouveau genre particulièrement dangereuse. Donc, la Maison-Blanche veut garder Mythos pour elle, et pour cela, elle va donc, en principe, créer un groupe qui sera chargé d'évaluer les caractéristiques de chaque modèle d'IA en matière de cybersécurité afin de bloquer ceux qui pourraient être les plus dangereux. Un décret présidentiel devrait fixer les choses prochainement. Monde Numérique : [6:43] L'IA, en effet, est un accélérateur potentiel de cybercriminalité et avec une nouvelle menace qui plane depuis quelques jours et qui a fait pas mal la une de l'actualité. Des appels téléphoniques permettant de cloner votre voix par intelligence artificielle. Vous avez peut-être déjà reçu ces appels silencieux. Le téléphone sonne, on répond, on dit allô, allô, mais au bout du fil, il n'y a personne. Eh bien, on a pu lire ces derniers jours toute une série d'articles et voir une série de reportages relativement alarmistes sur ce phénomène expliquant qu'en fait, il s'agirait d'une nouvelle forme de cyber-arnaque. Car cette technique servirait avant tout à enregistrer votre voix pour ensuite la cloner afin de mener des cyber-attaques, de tromper des amis ou de la famille pour leur soutirer de l'argent. Alors au départ, c'est un article de la firme de cybersécurité Bitdefender, Un article paru l'an dernier qui avait révélé cette menace potentielle et cet article est ressorti tout récemment. Il a été repris par différents médias français, notamment le Parisien. Donc l'affaire est remontée à la surface. En réalité, attention, pas de panique, parce que ce n'est pas simplement en disant allô au téléphone qu'on va arriver à cloner votre voix pour générer des messages plus longs, permettant ensuite de mener des cyberarnaques. Il faut plus de matière initialement pour faire ça. Monde Numérique : [8:10] Donc en fait, cette cyberattaque vise très certainement beaucoup plus à vérifier que la ligne téléphonique est bien attribuée à une personne physique. Ça valide en quelque sorte le numéro de téléphone et ensuite ça permet de revendre des fichiers sur le Darknet pour malgré tout procéder ensuite à des cyberattaques. Donc, ne fantasmons pas. Certes, ces appels anonymes émanent probablement de cyberpirates, mais ce n'est pas avec ça que vous risquez votre vie, contrairement à ce qu'on a pu entendre ici et là dans certains médias récemment. Monde Numérique : [8:45] La polémique de la semaine en matière d'intelligence artificielle, on la doit à Google. Un chercheur a révélé que si vous utilisez le navigateur Chrome, sans que vous vous en rendiez compte, celui-ci installe sur votre ordinateur un très gros fichier de 4 Go, appelé Gemini Nano. De quoi s'agit-il ? C'est un modèle d'IA conçu pour tourner localement sur l'ordinateur. Alors, un truc qui occupe une place mémoire de cette taille, ça sert à quoi ? Eh bien, selon Google, c'est notamment utilisé pour la détection d'escroqueries via le navigateur. Et s'il est téléchargé localement sur le disque dur, c'est pour qu'il puisse s'exécuter en local plutôt que dans le cloud afin de ne pas envoyer d'informations vers les serveurs de l'entreprise et donc, au final, pour mieux respecter la confidentialité des données. Google assure que le modèle se désinstalle automatiquement si véritablement l'ordinateur manque de place et que donc ça n'aurait pas d'impact majeur sur la performance de votre machine, du moins en principe. Monde Numérique : [9:51] Du côté de chez Microsoft, est-ce qu'on ne serait pas en train un peu de lever le pied en matière d'intelligence artificielle Copilot ? Après en avoir mis partout, il semble que Microsoft ait décidé de jouer un peu la modération. Et cette semaine, c'est la nouvelle dirigeante de Xbox qui a annoncé l'arrêt d'un projet visant à intégrer Copilot dans la Xbox pour le gaming. L'idée, c'était que les joueurs puissent demander un coup de main à Copilot lorsque, par exemple, ils étaient bloqués dans un jeu. Donc, une tentative de plus pour installer l'intelligence artificielle de Microsoft dans une solution Microsoft. On sait que la firme en a mis à peu près partout, dans Windows, dans Office, etc. Mais dans Windows aussi, elle a décidé de lever le pied parce que finalement, elle s'aperçoit que ça ne booste pas véritablement l'usage de Copilot et en plus, ça provoquerait presque un effet de rejet de la part des utilisateurs, avec des conséquences pas très bonnes finalement en termes d'image de marque. Monde Numérique : [10:56] Allez, on termine par Google, qui a décidé de s'occuper de votre santé avec trois annonces, en fait, cette semaine. Tout d'abord, le lancement d'un nouveau bracelet, le Fitbit Air, un bracelet connecté, donc un peu comparable aux produits Whoop ou Bevel. Donc, c'est un bracelet qui va capter toutes vos données physiques, notamment lorsque vous faites du sport, pour vous aider aussi à rester en bonne santé. Par ailleurs, Google a décidé que l'application Fitbit, qui lui appartient, allait être renommée Google Health, la santé selon Google. Elle va intégrer de l'intelligence artificielle et il y aura un coach IA pour, moyennant un abonnement premium, pour vous dispenser des conseils personnalisés. Monde Numérique : [11:42] Voilà, donc une offensive de Google dans le domaine de la santé, du suivi sportif aussi, un chemin déjà exploré par Apple ou par Samsung, Mais contrairement aux produits d'Apple ou de Samsung, le bracelet de Google n'est pas une montre connectée, mais bien simplement un bracelet uniquement dédié à la collecte de ces données de santé. Monde Numérique : [12:10] Avant de poursuivre, un mot de Frogans, partenaire de l'hebdo de monde numérique. Réinventer Internet depuis la France. Est-ce que c'est possible ? C'est le pari ambitieux de Frogans qui sera bientôt présenté aux développeurs. Le projet a été pensé dès l'origine pour un déploiement global avec un registre des adresses Frogans opéré à l'échelle internationale dans plus de 170 langues. Monde Numérique : [12:31] Bref, une ambition française mais clairement mondiale. Alexis Tamas, cofondateur de Frogans. Invité : [12:36] Le projet, par sa nature, nécessitait une approche internationale d'entrée de jeu. C'était essentiel pour avoir une approche globale, on va dire, du sujet, soit des Américains, des Chinois, etc., des Européens. Et puis aussi, pour anticiper aussi ce développement, une branche locale en Chine. Et puis une antenne locale aussi, dont la création vient d'être finalisée aux États-Unis, à Washington, par l'OP3FT, qui est en charge de la standardisation de Frogans. Monde Numérique : [12:58] Pour en savoir plus sur Frogans, rendez-vous sur le site f2r2.fr. Le débrief transatlantique. Salut Bruno Guglielminetti à Montréal. Invité : [13:10] Salut Jérôme Colombain à Paris. Monde Numérique : [13:12] Bruno, cette semaine, ce sont encore les géants de la tech, toujours les mêmes, qui font l'actu. Et notamment du côté de Meta et Google, on commence très sérieusement à parler d'agents intelligents, mais des agents IA pour tout le monde. C'est bien ça? Invité : [13:28] Oui, c'est un peu la grande surprise parce que ça fait un bon six mois qu'on ne parle presque que d'agents IA. Et là, mais la plupart des fois où on en parle, on sent bien que c'est pour les développeurs, pour ce qu'on appelle en anglais les early adapters ou les grandes entreprises. Mais là, cette semaine, on a la confirmation qu'à la fois Google avec son Gemini et Meta avec son Rémi. Rémi étant le nom de son agent IA, veulent développer des agents IA pour monsieur et madame tout le monde. Et donc, évidemment, ce que ça va prendre pour le départ, c'est faire un saut, un acte de foi, et donner accès à beaucoup d'informations et beaucoup d'outils à ces IA-là. Mais une fois qu'ils auront accès à ça, ça veut dire qu'elles pourraient gérer notre courrier électronique, elles pourraient gérer nos rendez-vous, gérer notre vie. Dans le fond, ce qu'on veut faire, c'est qu'on a souvent parlé du téléphone, en tout cas dans le cas d'Apple et de Google, on a toujours ou presque toujours parlé d'un assistant pour la vie au quotidien. Dans le fond, là, tu as deux entreprises, Meta et Google, qui veulent vraiment se positionner comme étant l'assistant virtuel qui va se trouver là-dessus et qui va les aider à tout faire. Monde Numérique : [14:44] On sait que c'est une voie d'avenir de toute manière. Apple va bien finir aussi par y aller un jour ou l'autre. Invité : [14:50] Probablement qu'ils vont nous annoncer ça le mois prochain. Monde Numérique : [14:54] Mais ça pose quand même un certain nombre de questions, parce que pour que ce soit efficace, ce type d'agent, on comprend bien que ça va au-delà d'un simple chatbot à qui tu poses des questions et qui se connecte un peu sur le web pour trouver des réponses. Là, vraiment, ils fouillent dans tout ce qui te concerne, dans toutes tes données à toi. Donc moi, je te pose la question, est-ce que tu es prêt à ouvrir l'intégralité de ton univers personnel à Meta, par exemple ? Est-ce que tu es prêt à donner accès à tous tes dossiers à Meta? Invité : [15:22] Très honnêtement, à Meta, non, mais Google, je l'ai déjà fait. Parce qu'en utilisant la dernière version du OS sur le téléphone, sur mon Pixel, j'ai vraiment tout ouvert les écoutilles. Mais là, on s'entend, c'est de l'IA général et on est beaucoup plus dans la recherche d'informations. Mais là, ce dont on parle, cette nouvelle génération qui serait des agents IA qui travailleraient pour toi, ils vont aussi aller dans la prévictivité. Exactement. Et donc, ça veut dire que, je ne sais pas moi si tu as une conversation avec quelqu'un et tu te dis, j'irais bien faire un voyage dans le sud. On est habitué de voir, j'allais dire, pop-upé, des publicités qui nous annoncent des voyages dans le sud. On se dit, ah tiens, ils nous écoutent. Ben non, parce qu'il y a plusieurs informations qui, en bout de ligne, disent que c'est le genre de truc qui pourrait peut-être t'intéresser. La saison donne pour ça. Sauf que là, avec un agent il y a ultimement, il pourrait peut-être te réserver une place avec le billet d'avion, puis avec l'hôtel. Et là, tu serais en fâcheuse situation. Je pousse sur le crayon, mais ça pourrait aller jusque-là. Monde Numérique : [16:28] Mais on n'en est pas là. Et puis, c'est rigolo de parler de ça, parce que moi, je viens d'aller passer quelques jours, effectivement, un peu dans le sud pour m'aérer. Et j'avais préparé ça avec Tchad GPT, mais pas de manière agentique. Je ne lui ai pas donné accès à tout ça. Et c'est encore un peu embryonnaire, parce que sur les choix, en fait, on s'aperçoit qu'il faut quand même toujours mettre son grain de sel pour que ça marche. Mais je pense que derrière ça, Le fait qu'on donne les clés et qu'on donne quasiment presque notre identité à un agent qui va agir pour nous, ça pose de manière hyper vive la question de la confiance, la confiance dans les acteurs qui vont faire ça. Parce que moi, je meurs d'envie d'avoir un agent comme ça, mais effectivement, il ne faut pas que ce soit n'importe quelle compagnie qui mette le nez dans mes affaires. Invité : [17:25] Non, puis si tu regardes le bilan des deux protagonistes en place, et là on ne parle pas d'Apple parce qu'ils n'ont pas encore annoncé, c'est sûr que si c'était Apple, leur historique quant à la défense et à la sauvegarde de l'information personnelle est pas mal, ils sont en haut du palmarès, mais je pense à Google qui arrive quand même à bien faire les choses, mais Meta, c'est affreux. C'est vraiment l'enfant pauvre quand on vient de parler du respect de la vie privée des gens. Monde Numérique : [17:57] C'est pour ça que je parle de confiance, parce que Meta, malheureusement, a grillé complètement son capital confiance. Ça y est, on a compris que c'était une entreprise qui exploitait et qui surexploitait les données personnelles. Bon, OK, tant mieux pour eux, mais il va falloir en payer le prix. Ils ne pourront pas aller très loin dans l'accès à nos datas. Et ça va être, de plus en plus, on va avoir une attitude de protection par rapport à tout ça. Invité : [18:22] Mais cela étant dit, ces entreprises vont quand même bien. Parce que cette semaine, il y a quoi? Il y a l'entente entre XAI et Anthropic. Anthropic qui signe quoi? C'est un chèque de 200 milliards pour utiliser énormément de puissance. Monde Numérique : [18:40] Oui, voilà, en fait, c'est ça, c'est Anthropik qui va utiliser les serveurs de X et notamment le fameux Colossus. Invité : [18:48] Le Monde Numérique : [18:49] Colossus One, qui. Invité : [18:51] Est donc l'un des… Monté avec les puces de NVIDIA ? Monde Numérique : [18:53] Oui, c'est l'un des deux super gros data centers d'Elon Musk, montés initialement pour faire tourner XAI. Donc, en fait, ils vont louer cette puissance-là à Anthropic, ce qui va permettre à Anthropic, en gros, d'accepter plus de clients, ou en tout cas, pour chaque client, de donner accès à plus de puissance, à plus de requêtes. Je pense que c'est ça, ça va se traduire par ça de manière très pratique, parce que c'est des data centers qui seront utilisés pour l'inférence. Donc, c'est pour l'utilisation de l'IA, ce n'est pas pour l'entraînement des modèles d'IA. Mais visiblement, ils avaient un problème, un déficit en termes de puissance. Donc, ça va leur ouvrir pas mal de portes. Mais derrière ça, en fait, Musk a en plus complètement réorganisé XAI. Invité : [19:37] Oui, parce qu'on l'a vu, c'est cette semaine, un soir, on se couche et XAI existe. Et puis, au lendemain matin, on se réveille et XAI n'existe plus. C'est devenu SpaceX AI, donc SpaceX et l'AI à côté. Et c'est ça, l'un a été happé par l'autre. Et puis, il faut rappeler qu'il y a quand même un XAI, bon, ce n'est pas que de l'IA, parce que récemment, ils avaient fait l'acquisition, on s'entend, c'est de la consanguinité, on joue dans la même famille, mais ils avaient été chercher le réseau X, qui maintenant était géré par XAI. Et là, maintenant, XAI passe et est tapé, un peu comme l'étoile noire. Il prend tout ce qui est autour. Et là, c'est SpaceX et AI qui existent. Et ça, c'est juste avant l'entrée en bourse. C'est ça qui est un petit peu... Monde Numérique : [20:34] C'est pas innocent, c'est stratégique. Et que va devenir Grock alors dans l'histoire? Invité : [20:39] Ben Grock va... Pour le moment, on ne dit pas qu'on va fermer. Monde Numérique : [20:44] J'espère que ceux qui nous écoutent arrivent à suivre. Oui, alors voilà, XAI est absorbé par SpaceX, mais Grock qui était la créature de XAI liée à X réseaux sociaux. Bref, que va devenir Grock? Invité : [20:58] Bon, tu me permets de faire une parenthèse et de m'excuser en moment personnel ainsi qu'au tien. Bien, aux gens qui ne suivent pas, soyez rassurés, ça va durer encore 30 secondes et ça va être beau. Mais donc, c'est ça, Grock, qui était quand même l'IA générative pilotée par XAI, qui là, maintenant, se fait happer comme les autres activités de XAI dans la sphère de SpaceX et AI. Monde Numérique : [21:21] Donc, Grock ne disparaît pas. Invité : [21:23] Non, je te rassure, tu vas quand même pouvoir faire tes photos, tes vidéos. Là-dessus, c'est un problème. Monde Numérique : [21:29] Je ne l'utilise pas beaucoup, mais les quelques fois que j'utilise, il faut reconnaître qu'il travaillait C'est assez bluffant. Oui, oui, il travaille bien, Grock. C'est vrai que le côté transformation de photos et de vidéos, c'est amusant. Tu fais ça un peu… Une fois. Invité : [21:42] Deux fois, mais après, c'est fini. Monde Numérique : [21:43] Tu fais ça, voilà, tu as une soirée en famille, tu t'amuses et puis après, tu passes à autre chose. Invité : [21:49] Mais tu parlais de Colossus en faisant mon papier sur le sujet pour mon carnet. J'ai fait la recherche et je me suis rendu compte que Colossus, l'énergie qui va vendre à…, en tout cas qu'il est capable de dégager pour rendre service aux gens d'entropique, c'est l'équivalent annuel de 250 000 foyers. Monde Numérique : [22:11] Oui, ça se compte en gigawatts maintenant. La puissance des data centers se compte en gigawatts. Invité : [22:17] Oui, mais ce qui est énorme, c'est que justement, pour revenir sur ce que tu disais, c'est même pas pour augmenter ou former l'IA, c'est que pour répondre à la demande des gens qui utilisent Cloud et Cloud Code et Cowork. C'est fou, là. Monde Numérique : [22:32] Oui, c'est dingue. Ben, écoute, c'est pas grave, hein. Bientôt, on va se passer de chauffage, mais on aura de l'IA. Invité : [22:40] Oui. Et de l'autre côté... Monde Numérique : [22:42] Après, tu pourras choisir l'IA ou le chauffage. Invité : [22:45] Ben, tu pourras réchauffer ta place avec l'IA. Mais tu te rends compte que dans le point de presse qui avait été organisé par les gens, ben, le point de presse, en tout cas, quand il y a eu cette annonce d'Entropique et de... Les gens de X&I, à l'époque où X&I existait encore, Ils ont parlé, de toute cette colonne de serveurs et de centres de données qu'on aurait un jour dans l'espace. Alors, pour eux, c'est quelque chose qui s'en vient de plus en plus de façon importante. Monde Numérique : [23:17] Mais moi, je pense que de toute façon, on va aller vers une espèce de saturation en termes de data center. En plus, socialement, ça ne va pas passer parce qu'il y a un problème environnemental. Tu viens de le dire, c'est des consommations gigantesques. Et donc, un, il n'y aura plus assez d'électricité. Et deux, si on commence à surconsommer, donc à polluer, etc., eh bien oui, les data centers dans l'espace que tout le monde a considérés comme un truc d'allumé, mais en quelques mois, ça commence à prendre et ça va prendre tout son sens. Et ça va apparaître comme une des solutions sans doute vertueuses pour faire de l'intelligence artificielle. Invité : [24:04] Oui, mais alors là. Monde Numérique : [24:05] Autant te dire que nous, l'Europe, on est mort. On est mort de chez mort parce qu'on commence à peine à construire des data centers sur le sol et eux, ils sont en train de travailler de le mettre dans l'espace, de les mettre dans l'espace parce qu'on s'aperçoit que sur Terre, c'est limité. Invité : [24:21] Oui, mais tu vois, en même temps où ces gens-là sont en train de penser à mettre des centres de données sur Terre, cette semaine, on entendait parler le cofondateur de PayPal et de Palantir, Peter Thiel, qui, lui, vient d'investir dans une entreprise qui veut installer des centres de données flottants. Au beau milieu de la mer. Monde Numérique : [24:42] De la mer. Pour profiter des mouvements des vagues, pour créer de l'énergie. Invité : [24:46] Exactement. Monde Numérique : [24:46] Mais c'est extraordinaire. C'est génial. Invité : [24:48] Ah non, c'est... En tout cas, l'imagination humaine est impressionnante. Monde Numérique : [24:53] Oui, exactement. Mais c'est pour ça qu'il ne faut pas être effrayé par... Oui, ça peut être effrayant, c'est un peu vertigineux, mais je veux dire, ce n'est que la suite, comme tu dis, de l'imagination humaine et de l'histoire humaine même. Bon, si on revient à des choses très terre-à-terre, Et pour parler encore d'Elon Musk, il y a le procès avec Sam Altman qui continue. Invité : [25:14] Est-ce que tu suis ça, toi ? Monde Numérique : [25:15] Ah, mais attentivement, moi, tous les jours. Non, je ne suis pas ça en détail, mais je trouve que c'est intéressant parce que ça pose des questions de fond. Et puis surtout, on en apprend de belles sur les rapports d'Elon Musk avec OpenAI au moment d'OpenAI, et puis les rapports d'Elon Musk avec Sam Altman. Et c'est intéressant parce qu'on essaie de comprendre ce qui a pu se passer au moment où ça a clashé entre Altman et Musk. Il y a deux options. Enfin, moi, je vois ça comme ça. Eh bien, Et Musk a tourné le dos à Open AI parce qu'il estimait qu'il n'allait plus œuvrer au service de l'humanité, si on peut dire, mais ça c'était le beau discours. Et il disait que l'IA était dangereuse, il ne fallait pas que ça devienne une machine à profit et il fallait que ça reste une noble cause, etc. Bon, ce qui pouvait avoir une réalité économique dans la mesure où ça peut être le moyen d'attirer des talents. Et il disait, Musk, attention, on est en train de prendre du retard. Et c'est ça qui est très intéressant, c'est qu'on s'aperçoit qu'en fait, il avait compris à ce moment-là que le vrai danger, c'était Google. C'était Google DeepMind. Et Musk était en panique devant les progrès de Google DeepMind et de Demi Sassabis. Monde Numérique : [26:32] Et donc, il demandait à… Il voulait mettre le paquet sur OpenAI et que OpenAI mette les bouchées doubles. Et pendant ce temps, Sam Altman, lui, commençait à vouloir en faire une entreprise lucrative. Et Musk disait, non, il faut qu'on reste une non-profit parce que c'est ça qui va intéresser les talents. Il faut attirer le maximum de talent pour rattraper DeepMind. Mais en réalité, derrière ça, Il semble que tout ça, ce n'était pas tout à fait vrai et qu'il savait déjà et il avait déjà perçu aussi qu'il fallait aller vers quelque chose que OpenAI devait malgré tout se transformer en entreprise lucrative. Donc, il a mené une espèce de double jeu qui est typiquement mosquien, en fait. Invité : [27:24] Oui, parce qu'au même moment où il disait « Non, non, mais il faut que ce soit une OBNL, il faut que ce soit pour l'intérêt de la planète, de l'humanité », il était quand même en train de démarrer son XAI de son côté. Et ça, ce n'était pas pour faire du bénévolat. Monde Numérique : [27:39] Oui, mais alors, est-ce qu'il a démarré XAI? Invité : [27:41] C'est un peu après. Monde Numérique : [27:43] C'est un peu après. Invité : [27:44] On est d'accord. Monde Numérique : [27:45] C'est parce qu'il s'est frité avec OpenAI qu'il a démarré XAI. Invité : [27:50] Oui, mais ce qui est intéressant dans son plaidoyer, quand il dit, c'est à croire que lui, il voulait vraiment qu'il y a soit pour l'humanité. Mais finalement, il a quitté... Ça, c'est la belle histoire, on s'entend. Mais si c'était vraiment ça qu'il voulait, de l'autre côté, il quitte l'endroit, puis un an plus tard, il va démarrer une entreprise full commerciale. Monde Numérique : [28:11] Tu as raison, ce n'est pas logique. Invité : [28:12] Ben non, c'est ça. Monde Numérique : [28:13] Non, et en réalité, le fin mot de l'histoire, et ce qu'on commence à voir aussi à travers ce procès, c'est qu'en fait, il voulait prendre le pouvoir sur Poney High, et que Sam Altman et d'autres en interne ne l'ont pas laissé faire. Il a même essayé d'acheter le directeur de l'époque en lui proposant une Tesla, en lui disant, tiens, si je te file une Model 3, est-ce que tu es d'accord pour signer le truc, etc. Et c'était ça, c'était une lutte de pouvoir. En réalité, il voulait prendre le leadership. Invité : [28:42] Et moi, c'est beaucoup plus cette histoire-là dans laquelle je crois. Quand tu regardes un peu son histoire, il y a rarement fait des trucs uniquement pour l'humanité. Monde Numérique : [28:51] Non, non, non, bien sûr. Non, mais de toute façon, malheureusement, je veux dire, c'est pas un philanthrope, il y a très peu de vrais philanthropes. Mais ça aurait pu être pour l'humanité, sachant que c'était une bonne raison pour développer le truc. Tu vois que, voilà, si effectivement, ça pouvait être un argument pour attirer les meilleurs talents, etc. Invité : [29:12] Mais je suis d'accord avec ce que tu dis mais dans la bouche de quelqu'un d'autre, Pourquoi? Monde Numérique : [29:17] Tu penses que Elon Musk est le plus inhumain de tous? Invité : [29:21] Non, mais je pense que ce n'est pas le pire. Non, je suis d'accord avec toi, mais en fait, de philanthropie, il ne loge pas à cette adresse-là. Et puis, quand tu regardes les choses qu'il a fait, toutes les avancées qu'il a faites, essentiellement, oui, c'est pour l'avancement scientifique, c'est pour l'avancement financier, mais ultimement, tout ça va dans sa poche. Monde Numérique : [29:45] Oui mais, on peut pas ramener Musk à simplement un mec qui veut de l'argent il est déjà multi multi milliardaire oui mais c'est ce qu'il a fait. Invité : [29:56] Qu'ils l'ont rendu. Monde Numérique : [29:57] Multi multi. Invité : [29:59] Paypal quand tu as. Monde Numérique : [30:00] Fait Paypal oui mais je te rappelle qu'il a tout remisé il a failli tout perdre il a failli tout perdre deux fois il a fait tapis deux fois pour relancer des nouvelles boîtes c'est quand même un type qui a au-delà que ce soit pour l'humanité ou pas, l'un des rares qui a un véritable dessin. Il a un dessin mégalomaniaque, mais réel pour le devenir de l'humanité. Enfin, on connaît l'histoire. Aller sur Mars pour sauver l'humanité, parce qu'un jour la planète disparaîtra, c'est évident, et que le seul moyen de faire perdurer la race humaine, c'est de l'envoyer dans les étoiles. Et tout converge vers cet objectif ultime. Invité : [30:45] Mais c'est sa vision. C'est sa vision qui est délirante. Monde Numérique : [30:50] Qui est science-fiction, mais qui, jour après jour, il nous montre qu'il arrive quand même, petit à petit, à poser des briques. Et c'est ça qui, quelque part, force le respect, malgré tout. Invité : [31:01] Comme homme de fer comme visionnaire, il est très fort, mais bon, on ne peut pas nécessairement toujours partager son point de vue. Monde Numérique : [31:08] Bien sûr, mais parce qu'il n'est pas fait pour vie sur Terre, ce mec. Invité : [31:11] C'est lui et son grand-père qui prêchait pour la technocratie ou quelque chose comme ça. Monde Numérique : [31:16] Oui, ça, c'est le grand truc. Invité : [31:21] Dans son sang. Monde Numérique : [31:22] Tout à fait. Ah, vaste débat, ça nous a emmené loin, Bruno, tout ça. Invité : [31:27] Écoute, je te dis la semaine prochaine. Monde Numérique : [31:29] Oui, toi aussi. Salut, Bruno. et retrouvez le débrief Transat en intégralité parce que là ce n'était qu'un apéritif en épisode séparé la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique. Invité : [31:54] Monde Numérique le meilleur de la tech. Monde Numérique : [31:59] Ils sont à l'origine du premier robot humanoïde européen et aussi du premier exosquelette robotique. C'est la société Vandercraft. Le cofondateur Jean-Louis Constanza est mon invité cette semaine dans la série Innovateur, un format long en audio et en vidéo sur le fil du podcast Monde Numérique. Et vous allez dans un instant pouvoir écouter un extrait de cette émission. Avant cela, on va parler IA et cybersécurité. L'intelligence artificielle apporte le meilleur comme le pire, notamment pour les entreprises. L'IA, les agents IA, qu'est-ce que ça change ? Quels sont les risques ? Très concrets pour les petites comme pour les grandes entreprises, c'est l'objet tout de suite de l'interview avec mon premier invité. Les interviews qui vont suivre sont proposées en version intégrale. Si vous écoutez mon numérique hebdo premium sur Apple Podcast ou sur Spotify, sinon retrouvez-les en épisodes séparés la semaine prochaine sur le fil de ce podcast. La cybersécurité à l'ère de l'intelligence artificielle, on en parle, série spéciale de Monde Numérique en partenariat avec Frogans Orange Cyberdefense. Nous sommes d'ailleurs chez Frogans Orange Cyberdefense avec mon invité Émilie Brochette. Bonjour. Invité : [33:12] Bonjour. Monde Numérique : [33:13] Alors c'est vrai que l'IA rentre dans les entreprises plus ou moins vite, avec plus ou moins de succès, etc. Mais en tout cas avec son lot de nouvelles menaces et on a l'impression que ces menaces elles sont multiformes en réalité. Si on devait en retenir deux, trois, qu'est-ce qui vous frappe le plus ? Invité : [33:31] On les découvre déjà au fur et à mesure. En réalité, le premier risque, on va dire, qui a d'ailleurs fait des gros titres, c'est la fuite de données. C'est ce qu'on a commencé à appeler le shadow AI, en réponse un peu historique au shadow IT. Le shadow AI, c'est vos collaborateurs finalement qui vont aller sur ChatGPT faire leurs tâches professionnelles, mais avec des comptes personnels potentiellement gratuits et qui vont divulguer sans forcément s'en rendre compte un certain nombre d'informations qui peuvent être après récupérées, soit par des personnes malveillantes, on va dire, soit typiquement carrément par le fournisseur de l'IA qui, dans ses conditions générales, finalement, peut avoir mis le fait qu'il réutilise vos données, donc vos interactions, ce qu'on appelle les promptes, tout ce que vous allez dire à l'IA, copier-coller, ou documents uploadés, et il peut les réutiliser pour réentraîner son prochain modèle et le remettre à disposition du public. Le cas le plus connu, c'était une perte de code propriétaire, donc des ingénieurs de Samsung qui ont voulu corriger du code propriétaire dans un tchat GPT grand public. Monde Numérique : [34:26] Et le code s'est retrouvé ailleurs, c'est ça ? Invité : [34:27] Le code s'est retrouvé intégré à la base de connaissances de tchat GPT et d'autres utilisateurs y ont eu accès. Comment perdre ces belles informations qui sont précieuses à imaginer sur des formulations chimiques. Il y a beaucoup de choses finalement qui sont précieuses à certaines entreprises. Chacune différente selon leur typologie de métier. Mais ça, c'est des informations qu'elles doivent garder justement en interne. Monde Numérique : [34:48] Comment est-ce qu'on lutte contre ça ? Invité : [34:50] Alors, on lutte contre ça déjà en étant conscient. C'est ce qu'on disait, c'est la première étape, c'est être conscient des risques. Et donc là, il faut de la sensibilisation à ce sujet-là. Et puis derrière, on va essayer de mettre en place finalement des outils qui vont permettre de nous assurer une visibilité. On va essayer de découvrir finalement en installant sur les postes de travail, sur les navigateurs, notamment des entreprises, les flux. Qui va sur quoi ? On va savoir qu'un tel est allé sur TGPT, est allé sur Jimena, etc. On peut aller même plus loin. Après, ça dépend des besoins de l'entreprise, volonté d'entreprise, des réglementations, bien entendu. On peut aller jusqu'à. Monde Numérique : [35:23] Savoir les prompts. Il y a un côté surveillance. Invité : [35:24] Il y a un côté surveillance, effectivement. On s'est rendu compte que, quel que soit le métier dans l'entreprise, tout le monde utilise de l'IA. D'ERH au juridique, en passant par le marketing, les labos. Et je pense qu'on le fait aussi beaucoup d'un point de vue personnel. Et donc on lisse un petit peu finalement les usages et on attend que dans l'entreprise, on ait les mêmes facilités finalement d'interaction avec l'IA. Monde Numérique : [35:45] Et puis, est-ce qu'il y a également des solutions plus techniques ? Invité : [35:48] Oui, en fait, c'est ce qu'on appelle les outils de Shadow AI. Ça va être des dérivés d'outils qui existaient, qui ont un petit peu évolué avec des petites briques pour se concentrer sur la partie IA et qui vont finalement vous proposer différentes choses. Vous pouvez installer sur des navigateurs des plugins qui vont un peu contrôler sur quel site vous allez et notamment via une bibliothèque où ils auront listé tous les sites d'IA. Alors, sites d'IA, pure player, ou alors des sites avec de l'IA intégré qui n'étaient pas des sites d'IA à la base. Monde Numérique : [36:16] C'est vrai que ça se développe aussi, ça ? Invité : [36:18] C'est ce qu'on appelle les IA intégrés. Et ça, sur la partie navigateur, les éditeurs arrivent à bien le contrôler. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'on l'a aussi sur les applicatifs qui sont installés sur les postes de travail, qui avaient été validés par les DSI, les équipes sécu, mais qu'eux ont fait justement des upgrades de fonctionnalités IA. Et là, ça remet un petit peu les choses en perspective. Ça veut dire que là, finalement, l'IT, la sécu, devraient véritablement réviser toutes les applications qui avaient été validées auparavant, qui maintenant ont intégré de l'IA, parce qu'on ne sait pas comment ils ont intégré de l'IA. Donc, il faut vraiment aller se renseigner auprès des fournisseurs de ces applicatifs. OK, là, l'IA, qu'est-ce qu'elle fait sur le poste ? Qu'est-ce qu'elle va chercher comme données ? Où elle traite ces données ? On est quand même... Monde Numérique : [36:58] Chez qui elle les envoie ? Invité : [36:59] Exactement. Dans une géopolitique qui est de plus en plus complexe. Là, c'est vraiment important pour les entreprises européennes et françaises de s'assurer que tous leurs fournisseurs d'IA traitent leurs données en Europe et pas aux Etats-Unis. Et puis s'assurer que leurs données sont bien propres, parfois même qu'elles sont effacées après traitement. Il y a tout un tas de choses dont il faut s'assurer là-dessus. Et donc ces outils-là, soit un plugin navigateur qui va tracer tout ça, Qui va permettre non seulement d'avoir de la visibilité, mais aussi d'appliquer des politiques de sécurité. On va pouvoir dire, tiens, tu ne vas pas sur le chat GPT. Ou alors, tu as le droit d'aller sur le chat GPT, mais en fait, tu ne vas pas pouvoir copier-coller telle typologie de documents. Monde Numérique : [37:33] Ça, on peut le bloquer. Invité : [37:34] On peut le bloquer physiquement. Exactement. En fait, c'est couplé à une autre technologie qui existe depuis très longtemps, mais qui était assez laborieuse à mettre en place, qu'on appelait le Data League Prevention, Data Loss Prevention Protection, DLP, pour ce modo. Et ça, ça permettait de classifier finalement les données, de les découvrir, de les classifier, et d'appliquer des politiques derrière de protection. Ça avait été mis sous le tapis parce que c'était quand même laborieux d'explorer ces données, etc. Quand maintenant, tout le monde est créateur de données, en réalité, dans une entreprise, et vous avez les données structurées, qui sont vraiment en base de données, et vous avez les données non structurées, des fichiers Excel, des Word, des petites choses qui traînent un petit peu de partout, des PDF. Donc ça, c'était un peu difficile à appréhender. Et en fait, ce qui est intéressant, c'est que l'IA Générative, elle va booster finalement le DLP. Pourquoi ? De deux façons. On va avoir le DLP qui va utiliser lui-même maintenant l'IA génératif pour scanner les documents, et notamment les documents non structurés, et du coup, vous permettre de les classifier un peu automatiquement, en tout cas, vous proposez des classifications. On réduit la charge laborieuse et en plus de ça, du coup, le DLP va permettre de protéger la donnée maintenant qui devient hyper accessible via les IA. Quand vous avez, on va dire, un copilote qui est connecté à votre office 365, où vous n'avez pas forcément bien classifié, vous n'avez pas fait bien la gestion des partages de documents, parce que devoir mettre 20 mails de collaborateurs pour dire qu'il n'y a qu'eux qui ont accès, etc. On met en public, gentiment, et en fait, toute la boîte a accès. Et on peut avoir de la fuite de données à l'intérieur d'une boîte, et ça peut être problématique. Monde Numérique : [38:59] Bien sûr. Invité : [39:00] Donc, les DLP aident également à ça. Donc, on a cette partie vraiment navigateur DLP. Et puis, quand on veut aller sur le poste de travail, on va devoir aller sur des technologies qu'on appelle Endpoint, EDR, qui, elles, on installe des sortes d'agents, on va dire. Rien à voir avec les agents IA, il faut faire attention là-dessus. Mais ça, ça va permettre justement de voir tout ce qui se passe sur le poste de travail. Enfin, tout. Dans la mesure du nécessaire. Et donc ça, pareil, ça va gérer justement la fuite de données, les accès sur les sites navigateurs, mais aussi les installations, si j'installe un open-clos, un clos de code, etc., sur mon poste de travail. Monde Numérique : [39:37] Ça, il faut être cascadeur pour installer un open-clos sur son ordinateur de travail. Invité : [39:42] Après, on peut tout à fait installer l'application de ChatGPT. On n'est plus sur le navigateur, mais on a ChatGPT en application. Donc voilà. Monde Numérique : [39:49] Donc ça, c'est le Shadow AI. les joies du Shadow AI et comment y faire face, mais il n'y a pas que ça. Invité : [39:57] J'y rajouterais même. En fait, le Shadow AI, vous avez deux types. Vous avez le Shadow AI dont on a beaucoup parlé là d'usage. Vos collaborateurs utilisent l'IA générative, potentiel de fuite donnée, mais vous avez aussi maintenant de plus en plus le Shadow AI de création. Monde Numérique : [40:10] C'est-à-dire ? Invité : [40:11] Et en fait, on est tous devenus capables de développer avec ce qu'on appelle le Vibe Coding. Grâce à l'IA générative et aux agences antiques notamment, plus besoin de savoir développer, on va se reposer sur ces IA qui savent le faire, qui ont lu des Reddit, des forums de geeks, etc. Enfin, des githubes. Qui savent tout à fait coder. Et derrière, on leur explique juste ce qu'on veut. Donc, en fait, on est tous développeurs. C'est vraiment l'ère du tous développeurs. Tout le monde est en capacité, maintenant, de se créer des petits applicatifs, de se créer des petits agents via des studios d'agentique. Et donc, on se retrouve face à des gens qui n'ont pas les connaissances de sécurité, qui n'ont pas les connaissances de réglementation face à la donnée, qui ne connaissent même pas les risques, finalement, qui se retrouvent à créer des nouveaux systèmes d'IA dans les environnements aussi de l'entreprise. Monde Numérique : [40:55] Mais alors, comment contrôler ça ? Invité : [40:57] Là, c'est pareil, sensibilisation, première chose à faire. Et puis après, il y a des technologies pareilles qui s'installent, notamment dans la partie cloud, pour scanner, si vous voulez, vos environnements cloud et découvrir qu'il y a des petits malins qui ont commencé à faire des petites choses un petit peu partout sans que personne les ait contrôlés. Monde Numérique : [41:12] Même si ça part d'un bon sentiment pour. Invité : [41:14] Développer une petite. Monde Numérique : [41:15] Appli, pour être plus efficace. Invité : [41:18] C'est vraiment pas malsain à la base du tout, tout le monde a envie d'aller plus vite, de me faire mieux, etc l'IA est un moyen et c'est très accessible à tout le monde maintenant. Monde Numérique : [41:27] C'est un peu toujours la même histoire dans une entreprise, finalement, entre des collaborateurs qui veulent avancer, etc. Et puis, la DSI, la CECI qui sont obligés de serrer la vis. Invité : [41:37] Tout le monde n'est pas conscient des risques et des problématiques de réglementation, etc. Eux le sont plus et donc, effectivement, ils essayent de nous guider dans nos folies. Monde Numérique : [41:46] Alors, il n'y a pas que le shadow AI. Il y a également d'autres manières de s'en prendre aux entreprises par le biais de l'intelligence artificielle. Et notamment via les chatbots de plus en plus. Invité : [41:58] Tout à fait. Il y a de plus en plus d'entreprises qui ont créé des chatbots pour s'aider. Donc, la première génération, c'était vraiment des chatbots diagénératifs, notamment support client, ce genre de choses. Monde Numérique : [42:08] Donc, ouvert vers l'extérieur. Invité : [42:09] Ouvert vers l'extérieur. Là, pareil, premier cas sur le marché, on va dire, c'est Air Canada. Qui avait mis donc gentiment un chatbot à disposition de ses utilisateurs, de ses clients. Et il y a un client qui a finalement négocié, entre guillemets, les remboursements de billets d'avion qui n'étaient pas autorisés dans les conditions générales de vente avec le chatbot diagénératif. Il a réclamé son dû à Air Canada, qui lui a dit non, non, c'est pas dans nos conditions générales de vente. Donc non, celui-ci les a attaqués au tribunal. Et le tribunal a décrété que cet agent finalement, ce chatbot IA, était un représentant de la société. Et donc sa parole faisait foi pour la société. Et donc Air Canada a été condamné. Ça fait un peu penser finalement au prix affiché dans les supermarchés, c'est le prix payé en caisse. Voilà, c'est le même principe. Et donc là, on s'est rendu compte qu'il fallait vraiment maîtriser ces IA génératives. Il fallait les guider véritablement parce qu'elles peuvent être détournées. Et vous allez avoir plusieurs risques. On peut avoir des risques justement d'images, typiquement des risques justement juridiques. On va avoir des tribunaux, des choses comme ça. On peut avoir des risques aussi vraiment liés aux légaux. Il y a plein de choses vraiment où il faut faire très attention là-dessus là c'est des utilisateurs on va dire lambda mais on peut aussi avoir des groupes d'attaquants qui se disent bah tiens ce chatbot de GNI il est connecté à des données très intéressantes je vais essayer d'aller les récupérer ou en tout cas de le faire dérailler. Invité : [43:27] Typiquement si vous avez un chatbot de e-commerce qui commence à générer pas mal de votre flux finalement de revenus parce qu'il est en capacité de générer des contrats des choses comme ça et de signer des affaires avec les clients ou de mettre au panier enfin ce genre de choses on peut aussi décréter qu'on va l'attaquer pour lui faire un déni de service. Donc là, vous comptez un petit peu les sous qui... Monde Numérique : [43:47] Donc là, ça le bloque, ça l'empêche de fonctionner. Invité : [43:49] Ça l'empêche de fonctionner. En fait, on l'attaque avec plein, plein de requêtes. Le déni de service, ça existe depuis très longtemps. Et là, c'est un peu la même façon, sauf que c'est comme si on n'arrête pas de lui parler, de lui parler, il n'a pas le temps de s'occuper de qui que ce soit. Et puis, boum, voilà. Monde Numérique : [44:02] Merci beaucoup, Émilie Brochette, spécialiste solutions, IA et business chez Orange Cyberdéfense. Salut Jean-Louis Constanzar. Invité : [44:16] Bonjour. Monde Numérique : [44:17] Co-fondateur de la société Vandercraft, qui est l'une des rares pépites start-up européennes qui fabriquent des robots humanoïdes qui occupent le plus clair de ton temps, je crois. Donc Calvin 40, c'est comme ça qu'il s'appelait quand il était présent. Invité : [44:33] Calvin 40, c'est le premier. Monde Numérique : [44:34] C'est le premier, oui. Invité : [44:34] Parce qu'on a voulu fêter le fait que... En fait, je remonte un peu dans l'histoire. Donc on a cette idée de faire un robot humanoïde il y a trois ans. On commence à travailler dessus. Monde Numérique : [44:44] Vous avez l'exosquelette et vous vous dites, on va aller vers l'humanoïde. Invité : [44:48] C'est une plateforme à partir de laquelle on peut monter un humanoïde. Et il n'y avait pas encore... Tesla commençait à parler de l'humanoïde. Les Chinois bougeaient un petit peu. C'était vraiment l'émergence du marché. Et puis, on avance un peu. Et à ce moment-là, Renault vient nous voir, il y a deux ans à peu près, en disant, en fait, on a envie de maîtriser cette technologie. De la part de Renault, c'était archi-visionnaire. Personne ne pensait encore à ça. Mais la maîtrise de la technologie te permet déjà de te fournir toi-même. C'est vrai à l'échelle d'une grande entreprise, Il ne faut pas toujours fabriquer un objet dont on a besoin quand on est en entreprise. Mais là, c'est tellement stratégique et c'est vrai à l'échelle d'une entreprise et c'est vrai à l'échelle d'un pays ou d'un continent ou d'une union. Ceux qui n'auront pas de robots humanoïdes, qui n'auront pas la maîtrise de la technologie, la maîtrise de l'industrie, sont voués à être définitivement déclassés. Pourquoi ? Parce que ces robots vont créer ou remplacer des emplois. Je dis bien créer et remplacer. Et s'il faut payer 40 000 euros à une entreprise chinoise pour aller remplacer un emploi dont je n'ai plus le contrôle parce que ce n'est pas moi qui fais le robot. Donc, je ne peux pas dire ce que j'ai envie que le robot fasse. Je perds la contrôle de ma politique d'emploi et très largement de ma politique économique. Monde Numérique : [45:58] Oui, mais on peut quand même... Par exemple, les robots humanoïdes chinois aujourd'hui sont exportés. On en fait venir en France des Unitry ou autres et on les prend comme ça, brutes, on prend la machine et puis on leur met le software qu'on veut à l'intérieur. Invité : [46:11] Oui, alors il n'y a pas un robot qui marche ni qui marchera dans les douze mois qui viennent, selon ce schéma-là. En plus, les robots de unitriques, ils sont fabuleux. C'est une chouette boîte. Ils ne portent pas des charges. Ils ne peuvent pas porter. Monde Numérique : [46:23] Ils dansent bien, mais ils ne portent rien. Invité : [46:25] Oui, parce qu'en fait... Alors, je reprends l'histoire de Calvin. Ou tu veux qu'on continue dans cet axe ? Monde Numérique : [46:33] Bon, alors, reviens à Calvin. Invité : [46:34] Oui, donc l'histoire de Calvin. 40, parce qu'on l'a développé en 40 jours, ce qui prouve qu'on avait vraiment la plateforme. On a vraiment développé du 13 février de l'an dernier, 2025, à partir de Ève, qui est un exosquelette. Et 40 jours plus tard, on faisait la démonstration à Luca De Meo, qui était le président de Renault à l'époque. Et on portait des pneus. Et ils portaient 40 kilos. Donc 40, c'est à la fois les 40 jours et les 40 kilos. Et les 40 kilos, c'est vraiment important, parce que porter des charges lourdes en usine, c'est vraiment important. Pourquoi ? Les charges sont dimensionnées au maximum qu'un humain peut porter, selon la réglementation. C'est pareil pour les bagagères France, c'est 23 kilos. 23 ou 25 selon les pays et 25 kilos pendant 8 heures plusieurs fois par minute, Je ne sais pas s'il y a un autre robot que Calvin sait le faire. Donc, c'est une perf, en fait. On est vraiment positionné en haut de gamme sur les robots costauds. Et donc, on a développé Calvin au fur et à mesure. Pour Renault, les différents cas d'usage chez Renault, porter des pneus, porter des caisses. Monde Numérique : [47:38] Il est en activité. Invité : [47:40] Et Renault a montré, le 10 mars, a montré une vidéo lors de son Investor Day, a montré une vidéo de Kelvin qui porte les pneus dans l'usine d'Odway en production et alors qui porte deux pneus à la fois, ce qu'un humain ne peut pas faire, ce qui permet de rattraper la cadence parce que le robot est un peu plus long que l'humain, mais comme on en prend deux à la fois, et c'est très spectaculaire parce que c'est deux pneus de 21 pouces qui pèsent 14 kg chacun, donc on a 28 kg, comme ça, 4 fois par minute, enfin 2 fois par minute dans notre cas, donc... Et pendant huit heures d'affilée. C'est vraiment le travail du robot pour les prochaines années. Prendre un job dangereux, parce que les gens restent très peu dans ces jobs-là. Ils font mal au dos. Monde Numérique : [48:23] Pénible. Invité : [48:24] C'est super pénible, ce n'est pas drôle du tout. Que ce soit des pneus, des pièces métalliques, des caisses, etc. Prendre un job dangereux, pénible et améliorer au passage la productivité et ne plus avoir de risque humain dans les usines. Monde Numérique : [48:39] Mais alors tu dis qu'il tient plusieurs heures, mais on sait qu'un robot, il faut lui changer ses batteries, enfin, il faut le recharger, il chauffe aussi. En fait, c'est une machine, c'est une machine. Invité : [48:48] Oui, exactement, il chauffe. Alors, changer les batteries, on ne le fait pas encore parce que ce n'est pas super utile, mais notre bloc batterie est devant ou derrière le corps du robot. Et nos exosquelettes ont déjà des batteries soappables, c'est-à-dire on peut retirer la batterie, en mettre une autre. Et donc, il n'y a rien de plus simple, en fait, que de changer les batteries. Le robot change ses batteries ou on lui change ses batteries. Parmi toutes les tâches que fait le robot honnêtement ça sera la plus simple, et comme toujours on le repousse dans le calendrier parce qu'on sait qu'il faut 3 ingénieurs, 3 mois et on le fera le moment venu donc les batteries ne sont vraiment pas un problème, il y a d'autres questions de stratégie de souveraineté de contrôle de la chaîne de valeur on peut en parler si tu veux, et le robot chauffe donc il faut effectivement, je ne vais pas encore dire quoi faire mais il faut gérer cet échauffement des moteurs toutes les machines chauffent donc toutes les machines ont un refroidissement que ce soit un PC un ventilateur ou un refroidissement liquide une voiture un avion on. Monde Numérique : [49:55] A vu lors de la course qui a eu lieu. Invité : [49:57] Il n'y a pas longtemps on leur met des glaçons dans le dos exactement pour refroidir. Monde Numérique : [50:02] On n'y pense pas spontanément. Invité : [50:04] C'est parce que c'est un marathon on ne va pas s'amuser à mettre des glaçons dans le dos d'un robot industriel ou d'un robot qu'on aura à la maison. Il faut qu'il y ait un refroidissement et on sait comment faire, oui, bien sûr. Monde Numérique : [50:23] C'est fini pour cet épisode de l'hebdo du 8 mai 2026. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. Retrouvez les versions intégrales de ces interviews, y compris celles de Jean-Louis Constanza en version longue et en vidéo sur le fil du podcast Monde Numérique et sur la chaîne YouTube de Monde Numérique. Merci pour votre fidélité. Vous êtes de plus en plus nombreux à écouter ce podcast et à être abonné. Continuez, parlez-en à vos amis. N'hésitez pas à commenter également sur votre plateforme d'écoute. C'est possible en fonction de là où vous écoutez cette émission ou bien sur les réseaux sociaux ou encore sur le site mondenumérique.info. Monde Numérique : [51:10] Mondes numériques, c'est chaque semaine l'hebdo et puis les autres jours de la semaine des interviews, des chroniques, des débriefs, etc. Des tas de formats différents pour suivre l'actu tech au plus près. Sans jargon, accessible à tous je suis très heureux de vous accompagner depuis toutes ces années et on continue, voilà, je vous dis donc rendez-vous samedi prochain pour un nouvel épisode de Libdo d'ici là, passez une bonne semaine, pleine de tech salut.
Technologies,Numérique,