🎤 L’affrontement invisible des géants technologiques (Tariq Krim, Cybernetica)
Monde Numérique06 mai 202632:12

🎤 L’affrontement invisible des géants technologiques (Tariq Krim, Cybernetica)

La tech américaine redéfinit les règles du jeu militaire en plaçant les données et l’IA au cœur des stratégies de défense. Derrière les discours idéologiques, une bataille industrielle et commerciale majeure se joue entre anciens géants et nouveaux acteurs.

Interview : Tariq Krim, entrepreneur du numérique

Tariq Krim est le créateur de Netvibes et Jolicloud. Il a longtemps travaillé dans la Silicon Valley. Aujourd'hui, il anime le think tank et la newsletter Cybernetica.

Punchlines

  • La Silicon Valley a toujours été liée à la défense.
  • Demain, la guerre sera une guerre de données et de logiciels.
  • Les outils d’analyse militaire et les plateformes grand public reposent sur les mêmes technologies.
  • Les manifestes idéologiques sont aussi des arguments commerciaux.
  • L’IA permet désormais de construire soi-même ses outils d’analyse.

Quel regard portez-vous sur le manifeste de Palantir et son appel à mobiliser la tech pour la défense ?

La relation entre technologie et défense n’est pas nouvelle. La Silicon Valley s’est construite en grande partie grâce à des projets militaires, dès la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, Palantir s’inscrit dans cette continuité : devenir fournisseur de la défense américaine est une stratégie logique pour une entreprise technologique. Ce qui change, c’est l’ampleur et la centralité des données dans ces nouveaux usages.

Qu’est-ce qui a évolué dans cette relation entre la tech et l’armée ?

Avant, on vendait des outils que l’armée utilisait librement. Aujourd’hui, les entreprises adaptent leurs produits en continu aux besoins militaires. Les technologies d’analyse de données, développées notamment après le 11 septembre, sont devenues centrales. Ce sont les mêmes principes qui ont permis l’essor des géants du web : collecter, stocker et analyser des volumes massifs de données pour détecter des signaux faibles.

Pourquoi ces débats sont-ils souvent perçus comme idéologiques en Europe ?

Il y a une différence entre ce que les acteurs disent et ce qu’ils font réellement. Les discours, parfois très radicaux, servent aussi à se positionner et à se différencier. Ce sont des outils de communication. Derrière, il y a surtout des logiques de marché, de concurrence et de positionnement stratégique. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’idéologie, mais le moteur principal reste souvent le business.

Quelle est la vraie bataille en cours aujourd’hui ?

C’est une bataille entre l’ancien complexe militaro-industriel et une nouvelle génération d’acteurs technologiques. Les nouveaux entrants affirment que la guerre de demain reposera sur les drones, les logiciels et les données. Ils remettent en cause les équipements traditionnels, coûteux et hérités de la guerre froide. Leur objectif est clair : devenir la nouvelle ligne de front de la défense.


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Tariq Krim: [0:01] Il y a une bataille vraiment cachée entre ce que j'appelle le complexe industriel 1.0, les classiques, Raytheon, Laura, ceux qui font les missiles, les Boeing, etc., et la nouvelle génération qui veulent prendre leur place en Tariq Krim: [0:14] disant « Demain, la guerre, c'est des données, du software, des drones. » En gros, c'est des drones, c'est des robots. Et vous, votre quincaillerie, en fait, qui coûte une fortune, qui a été construite pour la guerre froide avec les technologies de l'ancien monde, ça ne vaut plus rien, et donc c'est nous les vrais patriotes parce que nous défendons les Etats-Unis avec la technologie de demain et nous nos ingénieurs au lieu d'aller bosser pour faire des apps débiles pour l'iPhone ils vont travailler avec nous pour devenir la nouvelle ligne de front de défense des Etats-Unis. Monde Numérique : [0:52] Bonjour Tariq Krim, entrepreneur du numérique, créateur de Netvibes, de JoliCloud, aujourd'hui dirigeant de Cybernetica, qui étudie les rapports entre le numérique, la géopolitique, la défense, etc. Alors, il m'a semblé intéressant de t'inviter dans le monde numérique pour avoir ton analyse sur l'actualité, notamment après une publication qui a fait beaucoup de bruit ces derniers temps, c'est le fameux manifeste de Palantir. On va expliquer en deux mots ce que c'est. Donc, Palantir ou plus exactement Alex Karp, dirigeant de cette société américaine, peu connu en France, mais c'est une figure de la tech, assez originale d'ailleurs, qui a publié autour du 20 avril un manifeste en 22 points tiré de son livre qui était en fait paru l'an dernier qui s'appelle La République Technologique. Et c'est un manifeste qui détaille ce à quoi doit servir la technologie, selon lui. Et notamment, il dit que la tech, aujourd'hui, doit se mettre au service de la défense et de la défense américaine. Et le fait est que, tu me le confirmeras sans doute, il y a plusieurs entreprises aujourd'hui qui ouvertement fournissent des technologies à l'armée américaine, OpenAI, Anthropik, bon, il y a eu des allées et venues, Google récemment qui a officialisé des choses aussi. Ça fait grincer des dents, on crie au techno-fascisme même, en tout cas de notre côté de l'Atlantique. Et tu as consacré ta dernière newsletter à ce sujet, à ce fameux manifeste. Donc, qu'est-ce que tu en penses ? Quel est ton regard là-dessus ? Tariq Krim: [2:20] Tout d'abord, c'est vrai que c'est un sujet qui est un sujet intéressant, c'est la relation entre la technologie, la Silicon Valley et la défense. Tariq Krim: [2:30] Qui contrairement à ce qu'on croit est une relation très ancienne, puisque la Silicon Valley est née. Il faut relire ou revoir plutôt cette incroyable présentation de Stephen Blanc, qui est de « The Secret History of Silicon Valley », l'histoire secrète de la Silicon Valley, où il explique comment la Silicon Valley a travaillé sur les premiers radars pendant la Deuxième Guerre mondiale et qu'au fur et à mesure, la combinaison de plusieurs acteurs ont fait que c'est devenu un endroit de technologie. On a construit des puces, programme Apollo, on a construit des ordinateurs, notamment pour la NSA et pour tous les services qui avaient besoin d'informatique. Et donc, historiquement, depuis toujours, même Steve Jobs, les gens l'oublient, mais Next, qui était considéré officiellement, donc la société qu'il a fait en quittant Apple, pour ceux qui ne le sauraient pas, était considéré comme un échec commercial, mais on a su après qu'en fait, il vendait ses stations de travail, qui coûtaient assez cher, il faut le dire, à la NSA, à la CIA et à la Défense, qui avaient justement besoin d'outils avec des capacités graphiques et donc quand on voit Palantir aujourd'hui qui veut être l'un des principaux fournisseurs de la Défense, en fait on est dans la continuité d'une histoire et contrairement à ce que l'on entend effectivement c'est dans la digne succession de toutes les grandes sociétés qui évidemment veulent avoir le gouvernement américain comme client. Tariq Krim: [3:52] C'est ça, Donc voilà, ça c'était la première chose. La deuxième, effectivement, c'est que…. Monde Numérique : [4:02] Ça c'est l'intérêt que peuvent y trouver les entreprises de tech. Tariq Krim: [4:06] Oui. Monde Numérique : [4:06] Mais aujourd'hui, il y a aussi l'intérêt que peut trouver à ces technologies la défense américaine. Tariq Krim: [4:13] Absolument, c'est-à-dire qu'il y a plusieurs choses qui ont changé par rapport à l'époque. Au départ, tu as acheté les ordinateurs, du logiciel, et ensuite les logiciels étaient utilisés comme bon leur semble par l'armée. Donc, tu n'avais pas un impact direct sur l'activité. Il s'est passé plusieurs choses. La première, c'est qu'évidemment. Tariq Krim: [4:34] Si tu veux, après le 11 septembre, la création, qui a vu la création de Palantir, on a commencé à se dire qu'il y avait une opportunité dans la collecte et l'analyse de données. C'est intéressant, c'est qu'on a toujours le même chemin. C'est d'abord l'analyse, la collecte des données et l'analyse avec historiquement des grands acteurs comme la NSA qui collectait les données, mais essentiellement à l'étranger. Et au fur et à mesure, notamment avec le Patriot Act et avec plein de choses, la loi a un peu évolué. et on a commencé à collecter de très grands volumes de données. Et ce qui est intéressant, c'est que ce système d'analyse de très grands volumes de données a ensuite été utilisé des années après dans l'Internet grand public puisque tous les outils sur lesquels s'appuient Google, Facebook, toutes les grandes sociétés de la tech commerciales des années après s'appuient en fait sur cette idée que l'on peut maintenant enfin manager des millions, des dizaines de millions, des centaines de millions et puis à un moment donné, dans le cas de quelques entreprises, des milliards d'utilisateurs. Il faut se dire que quand tu as des milliards d'utilisateurs sur Facebook, ce sont des gens qui publient chaque jour X photos, qui font X messages. Donc, tu multiplies le nombre d'interactions par le nombre de milliards d'utilisateurs et donc, tu te rends compte que tu as besoin de données extrêmement importantes. Et une partie des technologies qui ont servi déjà à les stocker, parce qu'il faut stocker des milliards de photos par jour, c'est-à-dire des services comme Apple, comme Facebook, comme Google. Tariq Krim: [6:02] Avant même de faire quoi que ce soit, elles doivent stocker les milliards de photos que les gens postent avec leur téléphone tous les jours, voire dans certains cas plusieurs fois par jour, voire même plusieurs fois par minute. Donc, tu as un vrai premier travail. Et le deuxième qui est intéressant, c'est qu'il faut traiter ces données, les organiser, les structurer. Donc, il y a eu pendant des années, tout un cercle entre les technologies militaires de surveillance et les outils qui circulent. Ce qui est nouveau en fait... Pardon, vas-y, s'il vous plaît. Monde Numérique : [6:32] Et rappelons que c'est ça le travail de ne pas d'en tir. Tariq Krim: [6:35] Oui, absolument. Monde Numérique : [6:36] C'est de donner du sens à toutes ces données, quelles qu'elles soient, qui circulent à droite à gauche, et de les valoriser, en fait. Tariq Krim: [6:47] Oui, et puis de trouver surtout... Monde Numérique : [6:48] De les rendre intelligentes. Tariq Krim: [6:49] De les rendre intelligentes, certes, mais surtout de trouver, et ça c'est l'obsession, évidemment, ensuite de la croissance qui a existé sur l'Internet, mais qui est aussi une organisation militaire et en renseignement. C'est ce qu'on dit en anglais de needle in a hashtag donc la fameuse aiguille dans une botte de foin c'est de trouver des comportements ou des informations qui n'apparaissaient pas comme évidentes, de premier abord et qui avec une analyse approfondie vont permettre de trouver des patterns alors en commerce les fameux signaux faibles ces fameux signaux faibles qui font que soudain tu découvres à travers des millions de photos de Instagram de Facebook ou de tel service de réseau social que ça va être la nouvelle tendance et que tu peux déjà en amont discuter avec les gens qui vendent de la publicité, voilà les tendances, voilà les signes faibles, c'est exactement la même chose quand tu cherches dans des bases de données. Tariq Krim: [7:40] De personnes, de terroristes ou des choses comme ça. En fait, Tariq Krim: [7:42] ce sont les mêmes outils. Et donc, ces outils, c'est intéressant, ont été un peu développés au même moment. Et tu as toujours eu une différence entre les acteurs à partir des années, on va dire, tout simplement du web 2.0, à l'époque où justement on faisait NetVibes et les débuts de Facebook. Donc un monde d'Internet grand public qui va se construire avec notamment le mobile et le cloud pour construire des gigantesques plateformes de données privées. Et un monde beaucoup plus modeste finalement en termes de taille qui était le monde militaire où là on a besoin de ces techniques pour analyser les choses. Et c'est ce que l'a fait Palantir. Donc Palantir au lieu d'aller dans le commerce enfin d'aller dans le secteur grand public, Entre parenthèses, il faut rappeler que Peter Thiel, qui est le fondateur de Palantir, est l'un des premiers investisseurs de Facebook. Donc, en fait, il avait Marc Andressen également, qui est un des grands investisseurs de la Vallée. L'idée, c'est d'avoir un pied un peu partout. Mais Palantir, au départ, c'est un pari commercial. Monde Numérique : [8:42] Et Peter Thiel, que tu connais ? Je peux pas dire que je le connais vraiment très bien. Tariq Krim: [8:47] Mais je l'ai rencontré à plusieurs reprises. et c'est quelqu'un dont j'ai toujours lu avec beaucoup d'intérêt tout ce qu'il disait sur les fondateurs moi j'aime beaucoup son livre Zero to One, qui parle d'un sujet qui m'est cher qui est le moment où tu ne construis rien tu n'as rien tu as une idée et tu vas formaliser construire un produit et pour moi ça c'est un peu la voie royale de la tech, c'est pas copier le produit de quelqu'un d'autre c'est pas aderter c'est l'essence même de l'entrepreneuriat ça devrait l'être et moi ça a toujours été ma conviction et c'est pour ça que je suis fasciné comme toi par des gens comme Steve Wozniak et Steve Jobs qui ont construit l'Apple à partir de rien, des composants qui n'existaient pas, où les gens qui ont inventé l'IBM PC en allant acheter dans les magasins des produits à l'inverse de ce que faisait IBM pour construire un PC. Google qui utilise des serveurs Linux pour imaginer une façon de créer des serveurs, des grades de serveurs qui ne coûtent quasiment rien et qui leur ont permis de faire Google sans avoir à dépenser des millions avec des machines et des bases de données qui coûtaient une fortune. Et donc, en fait, tu es dans un moment où effectivement, tu construis de rien, quelque chose et ce qui n'a fait pas lentir, c'est de se dire qu'il y a une opportunité. Tariq Krim: [10:04] De devenir l'outil d'analyse de données. Et donc ça, c'est devenu leur produit commercial, Gotham, qui est ensuite utilisé par les entreprises pour les mêmes raisons. Donc, quelles sont les données dont j'ai besoin ? Quelles sont les informations dans les données que j'ai que je n'avais pas comprises et qui ont énormément de valeur ? Et à partir d'un moment, ce Palantir est un pari commercial puisque, comme tu le sais, on dépense beaucoup d'argent, mais la société ne décolle pas vraiment. Elle va vraiment décoller ces dernières années avec déjà l'arrivée de Trump, pour laquelle Thiel a été un fervent supporter, mais aussi avec l'arrivée de l'IA générative. Et comme je l'ai expliqué dans ma newsletter, l'un des principaux responsables des produits de Tchad GPT est un ancien, je crois que c'est le deuxième ingénieur de Palantir. Donc en fait, ce qui est intéressant avec Thiel et Carp, c'est qu'ils ont des antennes un peu partout et à un moment donné, ils comprennent très vite, à mon avis, que c'est une disruption complète, y compris vis-à-vis de leurs propres produits. Et c'est là, en fait, que je pense que les produits vont évoluer vers les nouveaux outils qu'ils ont. Tariq Krim: [11:13] La fameuse interface Maven qui a été utilisée désormais un peu partout, mais notamment dans la guerre en Iran. Et il faut savoir que, ce que j'ai expliqué dans My Newsletter, c'est que historiquement, le projet Maven avait été proposé à Google et Google, les employés de Google se sont rebellés, notamment la plus connue, c'est Meredith Whitaker que tu connais puisque c'est maintenant la patronne du service Signal, de messagerie sécurisée. Et donc, Palantir a récupéré ce bébé et est donc très content évidemment de l'avoir et a construit cette offre. Et donc maintenant, c'est moi ça qui me fascine, c'est que, et je reviens à la première question qu'on posait, c'est que dans la première génération de relations entre l'armée et la Silicon Valley, tu vendais des produits, les gens faisaient ce qu'ils voulaient avec. Tariq Krim: [12:03] Désormais, on te demande d'adapter le produit à des usages. Et c'est la problématique que l'on a aujourd'hui avec Anthropik, qui est un des outils que Claude, pardon, avec Claude, un des outils que Palantir utilise. Palantir est très malin. Palantir, c'est un agrégateur de solutions. Ils ont vu que Anthropik était une des meilleures solutions. Ils ont immédiatement pris cette solution et ils la revendent, packagée avec leurs produits au gouvernement américain. Et donc, d'une certaine manière, ils ont vendu au président et au ministre de la Défense, au ministre de la Guerre, puisqu'il s'appelle comme ça maintenant, ne vous inquiétez pas, on a une solution, on attaque toutes les solutions qui vont bien. Et effectivement, Palantir a dit « Ah non, je ne suis pas d'accord, vous ne pouvez pas utiliser nos outils de telle ou telle manière. » Et donc là, c'est la première fois, en tout cas la première fois aussi publiquement, qu'une entreprise dit ma relation avec l'armée je suis d'accord, Mais ce n'est pas un produit que vous achetez et que vous en faites ce que vous voulez, c'est un produit que moi je dois en permanence adapter et vous allez suivre mes règles, on dit en bon français les termes of service. Tariq Krim: [13:09] Donc voilà, si vous voulez utiliser notre service, c'est comme ça et si vous ne l'utilisez pas de telle ou telle manière, eh bien on pourrait être amené à couper le service ou à limiter le service. Évidemment, c'était inacceptable côté ministère de la Défense et c'est pour Tariq Krim: [13:22] ça qu'on a eu ce fameux bisbile entre les deux sociétés. Entre parenthèses depuis Anthropical a lancé Mythos la prochaine version qui est tellement, puissante qu'elle rendrait semble-t-il n'importe quel hacker médiocre en hacker de niveau étatif et donc qui inquiète beaucoup les entreprises exactement les banques et donc là effectivement. Tariq Krim: [13:47] D'après les dernières news que l'on voit poster, la Maison-Blanche, la NSA a déjà réadapté Mythos, alors qu'au même moment, le ministère de la Défense dit que c'est ce qu'on appelle un supply chain risk. C'est une société qui peut avoir un certain nombre de risques, qui était normalement une attribution quotidienne à des entreprises chinoises. Monde Numérique : [14:08] Oui, Anthropik a été quasiment blacklistée. Tariq Krim: [14:11] C'est ça. Et là, ils reviennent discrètement. Et là, la Maison-Blanche est plus ou moins en train de dire on va revenir avec Anthropique et donc les relations sont en train de se réchauffer. Monde Numérique : [14:26] Ouais. Alors, Tariq, ce qui est super intéressant, c'est que toi, tu ramènes ça à une problématique réellement business, technologique, etc., alors que le fameux manifeste dont je parlais tout à l'heure, il a été perçu et notamment, encore une fois, chez nous, en France, etc., comme un manifeste idéologique, et de ce fait inquiétant, il y a une émission sur France 2 sur le thème du techno-fascisme, etc. Mais toi, tu dis en fait tout ça, c'est de l'affichage et c'est un argumentaire commercial de la part d'Alex Carpe, avant toute chose. Tariq Krim: [15:01] Déjà, je pense qu'il y a plein de choses critiques que l'on peut avoir sur les gens de la Silicon Valley. J'en connais certains à titre personnel, donc j'ai. Tariq Krim: [15:13] C'est pour ça que je ne m'exprime pas forcément aussi publiquement là-dessus. Mais déjà, contrairement à ce qu'on pense dans la Silicon Valley, au niveau des entrepreneurs, il y a toujours eu des gens qui étaient plutôt du côté des républicains et des gens qui étaient du côté démocrate. Oui, ce qui est logique. Steve Jobs était plus proche des démocrates et puis quelqu'un comme le patron d'Oracle, dont les vues politiques sont aussi assez parfois inquiétantes sur l'eugénisme, sur la surveillance, plutôt du côté républicain. Ça ne les a pas empêchés d'ailleurs tous les deux d'être les meilleurs amis du monde. La relation entre Larry Ellison et Steve Jobs était une relation très personnelle. C'est pour ça d'ailleurs que Larry Ellison a attaqué Google après sur Java parce que Steve Jobs a toujours cru qu'Android avait trahi, Eric Schmidt avait trahi puisqu'il était au bord le jour où Steve Jobs a dit, d'Apple, le jour où Steve Jobs a dit on va faire un téléphone. Tariq Krim: [16:09] Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'il y a évidemment ce que les gens disent et puis il y a aussi ce que les gens font. Moi, je me suis toujours intéressé beaucoup plus à ce que les gens font. J'ai eu la chance d'aller dans plein de conférences un peu de maîtres du monde comme Davos et tout ça et je vois qu'il y a toujours une différence entre la perception du grand public. Tariq Krim: [16:32] Et la réalité des choses. Même avec un personnage comme Elon Musk, ce que tu sens, c'est qu'Elon Musk n'a plus autour de lui la personne qui devrait lui dire « Bon, maintenant, arrête de dire des bêtises. Monde Numérique : [16:45] » Et le neuf que tu as eu l'occasion d'approcher aussi ? Tariq Krim: [16:48] Oui, j'ai été plusieurs fois. Et puis, je les ai vus lui, sa mère, et plein de gens à différentes occasions. Mais c'est des gens qui ont aussi compris que la communication politique et la communication publique, c'est un outil. Être extrême, apparaître extrême, C'est un moyen de se différencier. Tu le vois avec Tesla. Moi, je ne sais pas personnellement. Alors, au départ, j'étais fasciné par la manière dont tu l'as construit Tesla. Mais aujourd'hui, entre nous, entre une voiture Tesla et une voiture chinoise, dernière génération, quand tu vois les technologies, tu te rends compte en fait que désormais, il a énormément capitalisé sur son personnage un peu atypique. Et je pense qu'il y a une partie de mise en scène. Moi, ma théorie à propos de Musk, c'est qu'il a aussi créé ce caractère un peu irascible, imprévisible, parce que ça l'empêche aussi d'être attaqué financièrement sur sa société. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si tu veux parier contre lui et qu'il dit quelque chose qui va faire monter très fortement l'action ou la faire baisser très fortement, parce qu'il est imprévisible, c'est difficile de vouloir avoir des stratégies financières. Je pense qu'il a construit un peu une sorte d'antivirus vis-à-vis de tous les raideurs et tous les gens qui voulaient attaquer ces entreprises. Maintenant, lui, il est dans une... Monde Numérique : [18:07] Ah ouais, c'est comme ça que tu le vois. Ouais, d'accord. C'est uniquement guidé par le business, en fait. Tariq Krim: [18:13] Je pense qu'il y a ça. Monde Numérique : [18:15] Là où tu es d'accord que... Enfin, en France, ça, c'est le côté un peu intello-français, où on voit tout sous le prisme idéologique. Et c'est comme ça que, ben voilà, alors Alex Karp, Elon Musk, il y a Peter Thiel aussi, qui est venu il n'y a pas très longtemps à Paris, qui a fait une conférence à la Sorbonne, où il a parlé de l'antéchrist et tout, et tout le monde a essayé de décrypter, de savoir quelle était cette idéologie terrifiante qui se cachait derrière. Pour toi, tout ça, en fait, se ramène au terme du business ? Tariq Krim: [18:42] Pas tout, parce qu'il y a évidemment un fond. Alex Karp est plutôt un démocrate, à la base, puisqu'il était plutôt anti-Trump. En fait, il pariait. C'est aussi cette stratégie. L'un parie sur Trump, l'autre parie sur Hillary Clinton. Je pense que, Il y a ce que les gens pensent vraiment et il y a ce qui marche. Et tu connais le... Ce n'est pas toi que je vais apprendre, le syndrome du bon client. C'est-à-dire que tu viens à la télé, tu dis un truc complètement extrême et les gens adorent. Et donc, tu reviens la prochaine fois. Monde Numérique : [19:15] Et on te rend vite la fois d'après. Tariq Krim: [19:17] Et tu dois faire le même scénario. C'est-à-dire qu'à aucun moment, tu peux... Bien sûr. Voilà. Et c'est le cas de nombreux politiques qui aiment bien jouer sur les positionnements. Donc, c'est exactement la même chose. Monde Numérique : [19:26] Évidemment. Tariq Krim: [19:27] Avec une autre chose, c'est que je pense que dans les... niveau d'entrepreneur, déjà un, toute la journée, ils ont des gens qui passent le temps à leur expliquer que ce sont des génies qui sont extraordinaires, etc. Si tu veux, à un moment donné, tu n'as plus de gens autour de ton entourage immédiat qui sont capables de te donner une relation à la réalité, même quand tu fais n'importe quoi. Et puis la deuxième, et ça je l'ai vu avec beaucoup de gens qui ont réussi, c'est qu'il y a un vrai sujet sur l'entrepreneuriat, l'entrepreneur qui a, qui est en phase d'être irrelevant dans la mesure où son passé devient plus important que son futur, c'est toujours d'écrire soit un livre, ce qui est le cas de Carpe, de Thiel, soit d'essayer d'expliquer que ce qui est arrivé n'est pas une forme de chance, parce que dans beaucoup de cas, tu as de la chance, un jour quelque chose se passe et tu as ça et tu as ci, ou des rencontres importantes, mais ça fait partie d'un plan organisé. Et donc, d'une certaine manière, je n'avais pas à dire que les manifestes... Monde Numérique : [20:35] Si on n'est pas à l'origine du chaos, au moins le faire croire. Tariq Krim: [20:38] Fait nion d'en être les organisateurs, comme dit là. Monde Numérique : [20:40] Fait nion d'en être les organisateurs, c'était Talleyrand, je crois. Tariq Krim: [20:43] Oui, ou un artiste, je ne sais plus quel artiste avait dit ça, je ne sais plus, breton. Et donc, ce qui est fascinant, c'est qu'il y a aussi de ça. Alors après, je pense que beaucoup de ces acteurs ont complètement perdu la boule sur la réalité du monde et que ils vivent c'est un peu. Monde Numérique : [21:01] Inquiétant quand même parce qu'ils ont la réalité du monde entre les mains. Tariq Krim: [21:03] Oui mais alors là c'est plus le cas pour Peter Thiel et je connais pas très bien Scandicarp ou Musk mais, Pour ces gens-là, la réalité est quelque chose que tu peux créer. C'est une... Comment dire ? Comment on disait dans Matrice ? C'est une organisation que tu peux créer. Tu peux inventer la réalité dans laquelle on est. Elle ne s'impose pas à toi. Monde Numérique : [21:32] C'est toi qui la fabrique. Tariq Krim: [21:33] C'est ça. Un construct. Je vais chercher le terme précis. Et donc, si tu veux... En plus, Thiel est un fan de Gérard sur la violence mémétique, il a toujours imaginé que ses réseaux sociaux, il l'a vu avec Facebook, d'une certaine manière les gens changent, c'est-à-dire que quand tu es face à tous ces outils tu n'es plus toi-même, tu es une autre personne et surtout, on le voit avec, même la façon dont les news, dont les informations sont rapportées, c'est que tu as une prime à la entre guillemets, la folie et tout ce qui devient, qui sort du cadre. Et je pense que... Oui, bien sûr. Monde Numérique : [22:15] Plus tu es provocateur, plus ça suscite de l'engagement sur les réseaux et ainsi de suite. Et donc de l'audience. Tariq Krim: [22:22] Mais derrière ça, je voulais juste revenir sur un point, sur l'aspect un peu patriotique, c'est que derrière ça, il y a une bataille, vraiment cachée entre ce que j'appelle le complexe industriel 1.0, les classiques, Raytheon, l'Oral, enfin ceux qui font les missiles, les Boeing, etc. Et la nouvelle génération qui veut prendre leur place en disant « Demain, la guerre, c'est des données, du software, des drones. » En gros, c'est des drones, c'est des robots. Et vous, votre quincaillerie, en fait, qui coûte une fortune, qui a été construite pour la guerre froide avec les technologies de l'ancien monde, ça ne vaut plus rien. Et donc, c'est nous les vrais patriotes, parce que nous défendons les États-Unis avec la technologie, Et nous, nos ingénieurs, au lieu d'aller bosser pour faire des apps débiles pour l'iPhone, je caricature un peu le manifeste, ils vont travailler avec nous pour devenir la nouvelle ligne de front de défense des États-Unis. Et de l'Occident, puisque quand ils parlent de Ouest, ils considèrent que c'est l'espace à avoir, donc violemment contre la Chine, violemment contre une vision où les États-Unis ne seraient pas en domination technologique totale. Monde Numérique : [23:31] Oui, il nous inclut dans la mesure où on accepte les règles du jeu, mais sans prise en compte d'aucune subtilité, d'aucun pluralisme. Tariq Krim: [23:43] Nous sommes les consommateurs. D'ailleurs, c'est ce qui se passe. La DGSI, Airbus, tous les acteurs achètent les produits. Notre rôle aujourd'hui, c'est… Oui. Monde Numérique : [23:50] Alors voilà, les produits Palantir et autres sont utilisés en France aussi, il faut le dire quand même. Tariq Krim: [23:55] Oui, bien sûr, parce qu'ils ont… Pour moi, il y a deux raisons. La première, c'est qu'ils ont leur utilité dans la stratégie de Middle-in-Histack. Je crois qu'on l'a dit, Jesse a fait ça après le 13 novembre, où il y avait des besoins. Et la deuxième chose, c'est que comme nos élites politiques ne sont pas capables aujourd'hui de savoir ce qui est faisable en France, ce qui ne l'est pas, on se retrouve toujours avec un discours marketing qui est incroyable quand on te dit, ce que la CIA n'a jamais totalement confirmé c'est grâce à nos outils qu'on a découvert à Ben Laden, donc ils ont aussi toujours utilisé un marketing sachant que dans le monde du renseignement qui est un monde plus fous grâce aux outils. Monde Numérique : [24:39] De pas d'entir. Tariq Krim: [24:40] Voilà grâce aux outils de pas d'entir donc après ils ont un discret marketing de déploiement mais c'est vrai que dans leur vision nous sommes des utilisateurs je ne dirais pas des vassaux mais plutôt des utilisateurs qui payons pour la bonne technologie. Monde Numérique : [24:53] Bon ce qui est quand même un peu un problème en tout cas, vu de notre point de vue, en termes de souveraineté, souveraineté numérique. Mais est-ce qu'il y a des alternatives ? Tariq Krim: [25:01] Oui, probablement. En fait, il faut comprendre qu'il y a plusieurs produits, il y a plusieurs générations. Tariq Krim: [25:07] La première génération, c'était l'analyse des données. Je pense que ce sont des produits matures. Aujourd'hui, il y a 15 ans, 20 ans, c'était assez nouveau. Il existe des technologies, évidemment. Maintenant, on a basculé dans un autre domaine. Avant, en gros, tu avais un dashboard, donc un tableau de bord qui te synthétisait l'information, qui te donnait l'information essentielle. Maintenant, avec l'IA et notamment avec Cloud. Monde Numérique : [25:32] Tu peux te la faire toi-même. Tariq Krim: [25:34] Un, tu peux soit la faire toi-même, et c'est ce qui inquiète Palantir, parce que moi, ma théorie, c'est que Claude sera capable de disrupter Palantir de la même manière qu'ils sont en train de disrupter quasiment tous les logiciels de software, à commencer par Adobe, Figma, Excel, etc. Monde Numérique : [25:50] Voilà, pour toi, le nœud du problème, il est là. C'est-à-dire que Palantir est un peu inquiet face à l'avènement des IA génératives et notamment de cloud code ? Tariq Krim: [26:01] C'est surtout qu'ils n'ont aucun contrôle sur Anthropik aujourd'hui c'est une boîte qui vient de lever 30 milliards je crois que Google va encore mettre des dizaines de milliards Amazon vient de mettre au pot donc c'est une boîte, qui a énormément d'argent qui a un produit que tout le monde veut y compris dans les renseignements parce que Claude, comme tu le sais est intégré dans les renseignements et il paraît Drake alors on ne sait pas grand chose mais on sait que, il est 5 fois plus puissant que celui que toi et moi on peut utiliser quand tu payes 200 dollars par mois. Tariq Krim: [26:30] Et donc ils n'ont aucune prise sur eux donc évidemment que ça les inquiète et à côté de ça, ils ont promis à l'administration avec laquelle ils ont des bonnes relations même plus que des bonnes relations puisqu'ils ont placé leurs hommes un peu partout, que nous, ne vous inquiétez pas, nous on gère le futur d'ailleurs on va pouvoir adapter le produit et c'est ça que je voulais dire c'est que maintenant les dashboards vont réfléchir à ta place te définir les cibles à ta place et donc ça pose une autre question qui est effectivement est-ce qu'on peut avoir confiance dans le produit est-ce que le produit n'est pas lui-même, idéologisé dès le départ ou est-ce qu'il vaut mieux comme tu l'as dit comme le fait un bon journaliste aller directement voir les sources les recouper travailler réfléchir et construire ton propre outil c'est pour moi c'est ça les deux combats enfin les deux approches qui vont arriver, celle que propose Claude qui est chaque personne a la capacité de construire son propre système et la vision de Palantir qui est de dire non non il y a un seul système une seule idéologie, nous la décidons avec le ministre de la Défense et Trump, et c'est ça le produit. C'est pour ça qu'aujourd'hui, ils ont beaucoup de succès, évidemment, avec l'administration actuelle. Monde Numérique : [27:33] Alors, je reviens sur les alternatives éventuelles pour l'Europe et pour la France, par exemple. Il y a un truc qui s'appelle Chaps Vision. Tariq Krim: [27:40] Oui, j'ai entendu parler, j'avais vu une personne qui travaillait là-bas. Écoute, il y a beaucoup d'outils. La question qui se pose aujourd'hui, c'est que, et c'est le problème, comme tu le sais, sur la souveraineté, c'est est-ce qu'on, souverainise les logiciels qui existaient il y a dix ans ou est-ce qu'on invente les logiciels d'aujourd'hui et aujourd'hui ce qui est intéressant ce sera de voir dans quelle mesure un acteur comme Mistral, est capable il y a plusieurs boîtes il y a Safran AI qui s'appelait avant Preligence il y a plein d'expertises dans ce domaine, notamment dans le domaine militaire même si c'est pas je tiens à le préciser je ne suis pas un spécialiste du monde militaire mais il y a beaucoup d'outils la question ensuite et c'est là le génie de la Silicon Valley ce que tu sais ce que nous savons depuis des années c'est que là-bas ils construisent des produits, Nous, on a des briques de technologie avec des gens qui viennent t'expliquer pourquoi telle brique est mieux que telle. Alors qu'aux US, quand tu arrives avec Palantir, c'est un truc clé en main. Tu appuies sur un bouton, on te montre la démo. C'est comme un film de cinéma, comme Enemy of the State, si tu te rappelles. D'ailleurs, ils ont fait une démo de ma veine. Récemment, ils ont sorti 2 minutes 30. J'ai récupéré la vidéo que j'avais vue sur ma newsletter. Et le produit, c'est incroyable. On se croirait dans Person of Interest ou dans une série américaine. Et donc, il y a ce savoir-faire d'interface, d'usabilité, de projection de l'utilisateur dans l'usage du produit. Tariq Krim: [29:06] C'est ce sur quoi je pense qu'on a beaucoup à apprendre et je pense qu'on a d'excellentes technologies, mais pour moi, le point faible, et je le dis depuis que j'ai fait NetVive et Jolie Cloud, c'est de construire un produit. Et donc, la question aussi, c'est dans quelle mesure on est prêt à... En France et en Europe à se dire, une grande partie de ces technologies sont finalement assez commoditisées. La question, c'est pourquoi on développe ces outils et aussi pourquoi. Et puis après, il y a un autre sujet que tu comprends bien, c'est que face à des sujets de sécurité nationale, il y a beaucoup de gens qui se disent, je préfère utiliser une solution réprouvée que d'essuyer les plâtres. Or aux États-Unis, à un moment donné, il y a quelqu'un qui a dit, on va essuyer les plâtres avec Valentin. Tariq Krim: [29:53] Donc la question c'est est-ce qu'on le fait est-ce qu'on le fait en temps de paix ou est-ce qu'on le fait en temps de guerre voilà c'est. Tariq Krim: [30:00] Et là il y a un sujet alors il faut savoir qu'en Angleterre Palantir est aussi dans le système de santé donc dans Health Data Hub là-bas qui disent Palantir ça pose beaucoup de questions sur les données et ce qu'on en fait parce qu'il y a un autre sujet dont personne ne parle c'est que deviennent ces données, pas tellement ce qu'il faut comprendre avec une IA c'est que dans le monde d'avant on avait une base de données avec des données qui nous appartiennent, même si elles sont hébergées sous des serveurs de cloud qui peuvent être accédées par les États-Unis avec le Cloud Act. Aujourd'hui, avec l'IA, ce qui se passe, c'est que l'IA apprend des données, apprend des utilisateurs et construit un savoir-faire. Et ce savoir-faire qu'il possède, c'est souvent le créateur de l'IA. C'est-à-dire qu'à chaque fois que chacun d'entre nous utilisons Cloud ou ChatGPT, les formules qu'on utilise, la façon dont on répond, la façon dont on se questionne, toutes ces données sont finalement collectées et animées. On le voit avec quasiment tous les logiciels. Et donc, le problème que tu as, c'est que chaque service d'intelligence, chaque hôpital a une façon de faire, un savoir-faire dans l'action et dans l'écriture, dans les procès. Et en fait, ce que tu fais, c'est que même si tes données restent les tiennes, tu donnes accès à tout ça et tout ça devient en fait quelque chose qu'on peut utiliser pour répliquer quasiment à l'identique demain la méthode tu vois peut-être que demain tu vas sur un dashboard et tu dis est-ce que vous voulez utiliser la méthode de la DGSI du FBI. Tariq Krim: [31:27] Du MI6 et en fait ce sont des méthodes de recherche qui sont toutes propriétaires à chacun de ces services qui auront été modélisées et qui te permettront tu vois de la même manière que tu changes le thème de ton iPhone là tu peux changer les méthodes d'analyse, donc il y a un vrai sujet là-dessus de ton dashboard militaire c'est ça c'est. Monde Numérique : [31:47] Assez vertigineux comme préoccupation ouais ouais tout à fait merci de nous avoir éclairé Tariq, et puis on continue de te lire enfin pour ceux qui sont abonnés à ta newsletter Cybernetica merci d'avoir été dans Monde Numérique. Tariq Krim: [32:02] Merci à toi Jérôme.
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