🎤 L’IA transforme la production audiovisuelle en Chine (Shanhui Zhang, CGTN)
Maison Connectée05 mai 202622:38

🎤 L’IA transforme la production audiovisuelle en Chine (Shanhui Zhang, CGTN)

L’intelligence artificielle bouleverse déjà la production audiovisuelle en Chine, en réduisant drastiquement les coûts et les temps de création. Entre opportunités industrielles et risques juridiques, Shanhui Zhang décrypte une transformation profonde du cinéma et des séries.

Interview : Shanhui Zhang, présentatrice et chroniqueuse à China Global Television Network

Punchlines

  • Un épisode peut être généré en trois heures avec l’IA
  • Le coût tombe à 25 à 30 euros
  • Les équipes deviennent beaucoup plus petites
  • Les bons acteurs deviennent encore plus essentiels
  • Le droit doit s’adapter à la technologie

Comment l’IA transforme-t-elle concrètement la production audiovisuelle en Chine ?

Aujourd’hui, l’IA intervient dans toute la chaîne de production, de l’écriture au montage, en passant par le storyboard, les effets visuels et même la génération de scènes entières. Des plateformes comme iQIYI testent déjà ces outils avec des bibliothèques d’IP et des agents intelligents. On peut produire un petit clip de 2 à 3 minutes en seulement trois heures avec une seule personne.

Quel impact sur les coûts et l’organisation des équipes ?

Avant, un projet complet nécessitait plusieurs métiers et une organisation lourde. Aujourd’hui, le coût peut tomber à environ 25 à 30 euros pour une production courte. Cela permet à de petites équipes, voire à une ou deux personnes, de créer du contenu audiovisuel, ce qui réduit fortement les barrières d’entrée.

Cette évolution menace-t-elle les métiers du cinéma ?

Il y a un impact, mais certains éléments restent irremplaçables, comme les idées et les émotions humaines. Les bons acteurs deviennent même plus importants, car les machines ne reproduisent pas encore certaines expressions ou sentiments naturels. L’IA pourrait donc faire émerger des talents plus exigeants.

Quels sont les principaux risques liés à ces technologies ?

Il existe des risques liés au droit à l’image, à l’utilisation non autorisée de visages, et surtout aux deepfakes. Une fois un visage intégré dans un modèle, il peut être utilisé à mauvais escient. Cela pose la question d’un cadre juridique encore incomplet face à ces usages.


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Shanhui Zhang: [0:01] Gérer un projet de A à Z, c'est à peu près 2 000 euros par mois. Alors qu'aujourd'hui, si on voit, par exemple, en générant un épisode complet de mini-série avec l'intelligence artificielle, vous aurez besoin de combien de personnes et combien de temps ? Eh bien, vous aurez besoin d'une seule personne en trois heures pour pouvoir générer ce petit clip de deux, trois minutes. Ça représente à peu près 25 euros à 30 euros. Monde Numérique : [0:38] Bonjour, Shanhui Zhang. Shanhui Zhang: [0:40] Bonjour, Jérôme. Monde Numérique : [0:42] Ravi de te retrouver depuis la Chine. Tu es présentatrice et chroniqueuse à China Global Television Network et tu t'intéresses beaucoup aux technologies, notamment pour nous en parler dans le monde numérique. Il y a un sujet qui a fait beaucoup de bruit jusqu'à chez nous, ici en France. C'est cette décision de la plateforme Ichiyi, qui est un peu le Netflix chinois, je crois, de créer une base de données de comédiens virtuels générés par intelligence artificielle. Est-ce que tu peux nous raconter ça ? Shanhui Zhang: [1:16] En fait, c'est l'une des plateformes les plus importantes en Chine pour tout ce qui est la création de vidéos. Et aujourd'hui, en fait, ils veulent tester... Shanhui Zhang: [1:25] L'intégration de l'intelligence artificielle dans toute la chaîne de production. Ça veut dire à la fois l'écriture, le storyboard, et puis la prévisualisation, le montage, l'effet visuel, ou encore la génération d'images et aussi des scènes entières en intelligence artificielle. Et par exemple, iCII a récemment lancé une plateforme professionnelle de production audiovisuelle avec l'intelligence artificielle, avec des bibliothèques de IP, ce sont les propriétés intellectuelles, mais ce sont surtout les IP autour duquel des vidéos vont pouvoir être créées autour d'une idée. Et puis, avec ces ressources d'acteurs numériques et aussi des dizaines d'agents intelligents couvrant presque tout le processus créatif. Donc là, c'est juste un exemple avec ITE. Et puis, par exemple, il y a aussi d'autres plateformes comme Tencent Vidéo. De son côté veut peut-être aller plus loin avec les petits clips créatifs de 2 minutes, 3 minutes pour ensuite explorer à partir de ces tests complètement générés avec l'intelligence artificielle, ensuite de se lancer un massif d'avantages dans les séries, dans les films plus longs pour les contenus plus narratifs et plus complets. Donc c'est très intéressant parce qu'en fait on voit aujourd'hui, nous avons moins le besoin. Shanhui Zhang: [2:49] Des spécialistes. Par exemple, les acteurs, les vrais acteurs à intégrer de temps. Et aussi, le coût de production va beaucoup baisser dans l'avenir. Et là-dessus, j'ai fait un petit calcul. Par exemple, aujourd'hui, l'exemple... Je prends un exemple. Normalement, pour des salaires aujourd'hui en Chine, par exemple, les producteurs capables de gérer un projet de A à Z, c'est à peu près 2000 euros par mois. Sous-titrage ST' 501. Shanhui Zhang: [3:15] 2000 euros par mois alors qu'aujourd'hui si on voit par exemple en générant un épisode complet de mini-série avec l'intelligence artificielle vous aurez besoin de combien de personnes et combien de temps ? Eh bien vous aurez besoin d'une seule personne en 3 heures pour pouvoir générer ce petit clip de 2-3 minutes mais en fait qu'est-ce que ça représente derrière comme coût personnel ? Ça représente à peu près 25 euros à 30 euros donc à peu près 200 renminbi, dans le monnaie local en Chine. Donc, en fait, ça baisse considérablement les paris d'entrée pour les individus et aussi, ça favorise davantage, je pense, ce sont les petites équipes. Les équipes, surtout les PME, voire une ou deux personnes peuvent déjà établir un petit PME dans l'audiovisuel. Et en fait, c'est un grand impact, c'est une grande influence sur le coût de production. Parce que si on imagine aujourd'hui un épisode de production, c'est à peu près 200 renminbi, donc environ 25 à 30 euros. Et juste pour trois heures, dans ce cas-là, en fait, traditionnellement, il fallait une personne pour écrire le scénario, une personne pour le tournage, les acteurs, les maquilleurs, les metteurs en scène, et ensuite aussi pour la post-production. Donc en fait, finalement, aujourd'hui, on voit que le coût de production a été forcément réduit avec l'intelligence artificielle. Monde Numérique : [4:45] Ouais, alors on comprend l'intérêt financier, tu dis que ça va peut-être permettre plus de production de la part de petits producteurs indépendants, des créateurs, effectivement, qui vont pouvoir fabriquer ça quasiment dans leur chambre pour pas grand-chose, etc. Ça, c'est l'aspect positif, mais est-ce que les professionnels du cinéma, que ce soit les comédiens ou même d'autres professions, risquent pas un peu, ils vont pas voir les choses de la même manière, ça leur prend leur travail ? Shanhui Zhang: [5:14] Je pense qu'effectivement, ça peut avoir un impact dans leur travail. Mais après, il y a quelque chose qui est irremplaçable par la machine. C'est par exemple les idées. Et puis aussi, je pense que c'est toujours important d'avoir de bons acteurs. Parce qu'en fait, je pense que c'est aussi important et intéressant de voir l'émergence de l'intelligence artificielle. Ça rend le travail d'un acteur banal. Moins compétitifs par rapport à l'intelligence artificielle. Dans ce cas-là, ça veut dire que nous aurons vraiment besoin de très, très bons acteurs parce qu'il y a des sentiments, parce qu'il y a quelques sentiments sur le visage, quelques réactions naturelles que les machines, aujourd'hui, ne peuvent pas encore générer. Donc, je pense que, justement, ça, c'est un outil qui va faire ressortir de très bons acteurs en Chine et puis aussi de très bons réalisateurs qui savent à la fois utiliser l'intelligence artificielle et qui savent aussi apporter cette touche qui ne peut pas être remplacée par l'intelligence artificielle pour rendre un travail. Shanhui Zhang: [6:14] Spectaculaire et qui touche vraiment les gens. Mais après, bien sûr, derrière, il y a aussi des risques. Par exemple, est-ce qu'il s'agit des utilisations non autorisées avec des photos personnelles ? Est-ce qu'il y a un problème de droit d'image ou encore le tenue, ce qu'ils mettent ? Est-ce que c'est avec ou sans le consentement pour générer les personnages de l'intelligence artificielle ensuite les utiliser surtout dans de différents scénarios. Est-ce que la personne en question est au courant ? Et puis bien sûr, il y a aussi ce risque de deepfake. Le problème, c'est qu'une fois le visage est complètement intégré dans un modèle d'intelligence artificielle, il peut peut-être être utilisé pour des fins criminelles ou encore pour les fausses vidéos, pour les vidéos d'arnaques ou de faux discours. Nous l'avons souvent vu sur les réseaux sociaux et en fait, finalement, ce n'est pas du tout le cas. Alors qu'on a l'impression que la personne a dit Shanhui Zhang: [7:08] ça, alors que ce n'est pas du tout le cas. Donc je pense que ça, effectivement, c'est un risque. Donc derrière, ça veut dire que nous avons besoin d'un cadre juridique en Chine, juridique plus clair pour bien identifier dans quel cadre nous allons pouvoir utiliser ces types de photos et ces types de droits d'auteurs. Monde Numérique : [7:27] Parce que pour l'instant, ce cadre n'existe pas. Shanhui Zhang: [7:29] Pour le moment, ce cadre existe, mais je pense qu'au fur et à mesure qu'il y a le développement de l'intelligence artificielle, la loi et le côté législatif, bien sûr, ça revient toujours un tout petit peu en retard du développement de la technologie. Et le plus que la technologie se développe, le plus que le droit actuel et la loi actuelle doivent s'adapter. Par exemple, aujourd'hui, la loi actuelle en Chine couvre le droit de l'image dans le code civil, et ça couvre déjà l'utilisation non autorisée, mais pas encore les cas complexes dans l'intelligence artificielle. Par exemple, les cas comme réutilisation transformatrice, l'usage interscène, ou encore la création de paroles, ou la création des actes inexistants. Et tout cela, je pense que ça n'a pas encore été intégré, parce que c'est toujours le cas, on voit de la technologie se développer, et puis on rencontre un problème, et puis ensuite, cela pousse à une amélioration du code civil, ou encore de rendre ce cadre judiciaire et juridique plus complet. Monde Numérique : [8:36] Mais alors, ce que tu as l'air de dire, finalement, Chandoui, c'est que l'initiative de Ichi, donc, de créer cette base de données d'Avatar, et qui s'est faite avec l'accord des acteurs, c'est-à-dire qu'il y a une centaine d'acteurs, de comédiens professionnels, qui ont donné leur accord pour être référencés dans cette base, qui va permettre ensuite à des créateurs de les utiliser pour faire des films, et donc ils seront payés, etc. Mais en fait, c'est une manière de mettre un peu d'ordre dans le système, c'est ça ? Shanhui Zhang: [9:07] Là, il faudrait que je vérifie encore, est-ce que parmi ces personnes, ces centaines de personnes, est-ce qu'il s'agit de vraies personnes ou il s'agit, ça peut peut-être aussi être des personnes ensuite, des personnages ? Monde Numérique : [9:22] Oui, c'est-à-dire qu'il y a deux choses. Il y a les vrais acteurs dont on crée des doubles numériques. Et là, c'est le cas pour Ichiyi. Ils ont accepté. Et puis, il y a également la génération de contenu avec de faux personnages entièrement générés par intelligence artificielle. Il n'y a plus de droits à payer à des acteurs au départ, puisqu'il n'y en a pas. Shanhui Zhang: [9:44] Sur cela, il faudrait que je vérifie. Mais en fait, c'est vrai qu'aujourd'hui, depuis quelque temps, nous avons vu un système ou un phénomène très intéressant. C'est qu'en fait, aujourd'hui, les internautes chinois ont tendance à reprendre, une séquence dans un film. D'il y a 40 ans qui était très populaire en Chine ensuite de faire la deuxième création voire la troisième création quatrième création derrière c'est par exemple vous pouvez imaginer un scénario ça peut être un scénario très rigolo en utilisant, ces gens, ces visages, pour recréer une nouvelle histoire ou un nouveau scénario. Donc là-dessus, justement, c'est un rapport avec le droit d'image. Est-ce qu'ils ont le droit de l'utiliser ? Et surtout, ces personnages-là, ce sont les acteurs d'il y a 40 ans, aujourd'hui encore l'utilisation de leurs images. Est-ce que ça pose problème ? Je pense que ça, ça reste encore une zone floue à exploiter. Mais sur IT, je pense qu'il faut, de mon côté, il faut que je méfie. Est-ce que parmi ces centaines de personnes, il s'agit de 100% des acteurs physiques où il peut y avoir aussi des productions ou des avatars complètement géniales ? Monde Numérique : [10:59] Oui, on sait qu'il y a quelques semaines, il y a le moteur Seedance qui a été lancé, qui est le générateur chinois d'images vidéo et qui est absolument incroyable. Et d'ailleurs, ça a provoqué un problème avec les États-Unis, avec Hollywood, qui ont dit qu'ils s'étaient entraînés avec des films hollywoodiens, etc. Et du coup, la vidéo de démonstration, qui a fait beaucoup, beaucoup de bruit partout, elle reprenait les visages de Brad Pitt, de Tom Cruise, etc. Monde Numérique : [11:27] Mais au-delà de ça, en Chine, c'est déjà une réalité des contenus générés par l'intelligence artificielle ? Il y a déjà des séries qui sont entièrement générées par l'intelligence artificielle ? Shanhui Zhang: [11:39] Oui, il y a déjà des projets qui sont déjà comme ça et par exemple aussi il y a beaucoup de projets aujourd'hui qui annoncent le plus que vous êtes avec l'intelligence artificielle, le plus que ça peut provoquer la curiosité du marché parce que tout le monde, le public chinois, veulent savoir et veulent comprendre comment l'intelligence artificielle peut ensuite donner un coup de pouce à la création. Humaine. Par exemple, aujourd'hui, l'industrie... Monde Numérique : [12:03] Mais le public, il ne se pose pas ces questions-là. Le public, il veut qu'on lui raconte des histoires, et puis soit ça plaît, soit ça ne plaît pas, non ? Shanhui Zhang: [12:10] Mais aujourd'hui, en fait, pour le public, si eux, ils voient des images ou encore des vidéos, si c'est généré partiellement ou entièrement par l'intelligence artificielle, il faut le déclarer sur la vidéo. Monde Numérique : [12:23] D'accord. Shanhui Zhang: [12:23] Faire comprendre à tout le monde que c'est généré avec l'intelligence artificielle. Mais ce qui s'est passé, c'est que lors des grands événements, comme le Festival dans l'international du film de Beijing, en fait, le discours dominant est devenu assez clair. C'est qu'aujourd'hui, la créativité reste humaine, mais l'intelligence artificielle peut devenir un outil d'exécution extrêmement puissant. Donc là, en fait, on voit déjà une tendance dans l'industrie cinématographique de la Chine qu'il est important de faire appel à l'intelligence artificielle dans la production. Et puis, il y a aussi plusieurs projets de films assistés par l'intelligence artificielle qui sont déjà présents aujourd'hui, avec les gens tellement différentes, avec la science-fiction, avec les arts martiaux, avec les aventures, l'histoire. Donc je pense que l'objectif c'est aussi essayer de rendre l'industrie cinémone graphique. Shanhui Zhang: [13:15] Plus vite qu'il y a des productions, plus de bonnes productions et en même temps aussi d'explorer avec l'intelligence artificielle une nouvelle esthétique chinoise à l'intelligence artificielle. Donc, en fait, c'est aussi comment mieux se servir de l'intelligence artificielle pour mieux servir à parler de la Chine, parler de sa propre vision esthétique, bien sûr cinématographique. Et puis, de l'autre côté, on voit aussi apparaître des projets beaucoup plus liés à l'économie réelle, c'est-à-dire comment, avec l'intelligence artificielle. Shanhui Zhang: [13:48] Les vidéos peuvent véritablement générer du bénéfice dans le marché. Par exemple, aujourd'hui, il y a certaines micro-séries utilisant l'intelligence artificielle pour raconter des savoir-faire artisanaux, pour raconter des produits agricoles ou encore des histoires locales. En fait, l'intérêt est qu'en faisant, de recréant ces vieux ateliers, ces paysages agricoles, Parce qu'en fait, on sait que si c'était dans un vrai film ou dans un vrai tournage, il faut tout faire pour faire le scénario, pour faire le champ, le paysage. Et en fait, aujourd'hui, avec l'intelligence artificielle, on voit que la scène historique, voire les scènes imaginaires, sont beaucoup plus difficiles, beaucoup plus faciles à les produire. Et ensuite, cela permet à les petites entreprises ou encore aux territoires locaux, aux administrations locales, de produire du contenu de marques avec une vraie qualité et avec des idées beaucoup plus ambitieuses. Après, ils peuvent ensuite plaire, proposer un contenu qui va plaire au marché et qui vont, en fait, avec des effets spéciaux qui ne coûtent pas cher, produire des plans de transition magnifiques pour répondre aux besoins du public chinois. Donc là, je pense que ça représente un vrai, vrai, vrai marché audiovisuel. Monde Numérique : [15:15] Oui, voilà, il y a plusieurs marchés. Ce dont tu parles, c'est du documentaire presque. Ce n'est pas comme de la fiction, ce n'est pas comme une série de fiction avec une histoire, etc. Et puis, effectivement, il faut faire la distinction entre des contenus qui peuvent être 100% générés par l'IA et puis la réalité, c'est plutôt que l'IA va s'insérer de plus en plus et va être utilisée par tout le monde de plus en plus pour faire des petites choses, des scènes intermédiaires, ce dont tu parles, des cascades, des choses comme ça, des morceaux de films en réalité. Shanhui Zhang: [15:47] C'est ça qui est intéressant, c'est de se poser la question, quelle est la place de l'intelligence artificielle en Chine ? Est-ce que c'est l'IA qui remplace le cinéma ou c'est l'IA qui est en train d'obliger toute l'industrie à repenser la manière de produire, la manière de raconter et diffuser ces histoires ? Déjà, en fait, ce qui s'est passé, c'est que nous avons vu certaines universités, spécialisées dans la cinématographie en Chine, Ils ont déjà annoncé pour certaines universités la fermeture de certaines de leurs spécialités, parce qu'aujourd'hui, avec le développement de la technologie, on repose cette question. À quoi sert d'enseigner à la traditionnelle ? À quoi sert d'enseigner les techniques que le monde utilisait, Shanhui Zhang: [16:31] le public utilisait il y a 20 ans ou il y a 30 ans ? Il faut aujourd'hui s'adapter à de nouvelles tendances, à partir du moment où des choses tellement simples qui peuvent être générées par l'intelligence artificielle, alors ce n'est plus nécessaire de le faire artisanalement, traditionnellement. Monde Numérique : [16:46] Bien sûr, c'est ça la vraie question. Shanhui Zhang: [16:50] Mais en même temps, nous avons vu que c'est en train de créer de nouveaux métiers. C'est-à-dire, peut-être à l'avenir, ce sera aussi un changement dans l'enseignement, dans l'audiovisuel. C'est qu'il faudrait que les professeurs enseignent, les étudiants, que tel départ, il faudrait qu'ils s'habituent à l'intelligence artificielle. Tel départ, tel leur première production, il faudrait qu'ils déjà intègrent. Shanhui Zhang: [17:14] Des techniques ou encore les images, ou encore les productions des rythmes, des personnages, des tensions, de scénarios, des émotions, qui sont créées, à l'aide de l'intelligence artificielle. Mais après, attention, il ne faut pas que ça soit 100% remplacé par l'intelligence artificielle, sinon à quoi sert l'homme ? Donc, je pense que peut-être l'intelligence artificielle, par exemple, je pense au cas à Nanjing, au centre de Chine. Nanjing, c'est une grande ville en Chine qui est très forte aujourd'hui, par exemple, qui est très renommée pour son histoire déjà, pour son très très longue histoire. Et puis, c'est aussi une belle ville qui a un district qui s'appelle les Sitia, qui expérimente les chaînes complètes de production de microséries pour parler de l'histoire locale, avec les lieux de tournage, avec les centres créatifs, avec les plans d'investissement, avec les concours de création rapide à l'aide de l'intelligence artificielle. Shanhui Zhang: [18:11] En fait, l'idée, c'est de créer une nouvelle industrie culturelle hybride et qui permet de faire en sorte que des productions avec l'intelligence artificielle deviennent plus rapides et qui coûtent moins cher. Donc, je pense que ça, c'est une nouvelle évolution aujourd'hui qui est encouragée par la Chine. Tu as le point d'explorer davantage, effets spéciaux et des champs de possibilités pour la production audiovisuelle et cela plaît justement au public chinois parce qu'on se demande toujours comment Shanhui Zhang: [18:42] faire, comment mieux faire. Monde Numérique : [18:43] Oui bien sûr c'est incroyable parce qu'on voit qu'une fois encore sur ce terrain là effectivement vous êtes très en avance, dans les usages, dans les technologies et justement toi en tant que spectatrice, est-ce qu'il t'est déjà arrivé de regarder ce genre de contenu Et qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que c'est satisfaisant ? Est-ce que ça peut procurer les mêmes émotions que, par exemple, avec des vrais acteurs ? Shanhui Zhang: [19:14] Ça peut, pour moi, je pense que ça peut effectivement provoquer les mêmes émotions, mais peut-être les héroïnes ou les avatars qu'ils auraient créés artificiellement sont trop beaux ou trop belles pour que je puisse mieux les intégrer dans la situation. Mais par exemple, là ces derniers jours, ce que j'ai remarqué sur Internet, c'est que les internautes, pour faciliter la compréhension d'une situation, pour ceux qui apprennent l'anglais, parce qu'au départ, il y a 20 ans, quand les Chinois apprenaient l'anglais, c'était à travers les conversations. « Bonjour, je m'appelle, blablabla, j'aurai besoin de réserver un restaurant. » Aujourd'hui, c'est à l'aide de l'intelligence artificielle, les internautes chinois font en sorte d'intégrer cette conversation dans une circonstance réelle, entre guillemets. Donc en fait, vous voyez une dame et un monsieur qui s'appellent pour réserver un restaurant, pour tout ce qui est conversationnel. Donc en fait, ça aide largement les élèves. Shanhui Zhang: [20:16] Comprendre la situation. Et puis, aussi avec les créations des personnages, avec la génération des vidéos, on voit aussi, ce qui est intéressant, c'est aussi l'imagination des internautes chinois, parce que cela va pouvoir libérer davantage les imaginations des internautes chinois. Ça veut dire qu'aujourd'hui, la création d'une vidéo n'est plus réservée à un petit nombre de personnes, n'est plus réservée à une petite équipe ultra technologique. C'est qu'aujourd'hui, la création d'une vidéo c'est accessible à tout le monde à tout le monde comme l'a été la. Monde Numérique : [20:49] Oui, comme la musique, comme la musique est devenue accessible à tout le monde. Shanhui Zhang: [20:53] Exactement. Monde Numérique : [20:54] La création musicale. Shanhui Zhang: [20:56] C'est ça. Et donc, cela permet à toutes les imaginations de tout le monde. Par exemple, là, tout à l'heure, j'ai pris un exemple. Certains internautes chinois ont utilisé les séquences, ou utilisé l'image et le visage de plusieurs acteurs dans des cinémas, dans les films d'il y a 40 ans, pour ensuite, aujourd'hui, créer une histoire, mais une histoire avec le fond, qui est drôle, qui correspond à des thèmes d'aujourd'hui, ça s'appelle une reproduction mais une reproduction chacun a sa propre version et chacun une fois que vous avez votre propre version créée avec l'intelligence artificielle et peut-être aussi les internautes chinois vont ensuite les publier sur internet partager avec le monde et ensuite attirer davantage des internautes qui vont suivre cette personne qui sait comment utiliser l'intelligence artificielle et ensuite ça devient peut-être un autre business une autre chaîne de création du bénéfice pour cette personne, justement à l'aide de l'intelligence artificielle pour générer davantage de revenus ou encore, par exemple, faire des coopérations avec des marques pour ensuite faire des publicités. Voilà, donc je pense que ça peut être une nouvelle opportunité pour les internautes chinois d'émanciper leur imagination et puis en tirer du bénéfice. Monde Numérique : [22:15] Merci beaucoup pour ce coup d'œil sur l'IA au service de la création vidéo et même du cinéma et de la production audiovisuelle. Merci. Shanhui Zhang de China Global Television Network. Shanhui Zhang: [22:27] Merci. Merci pour l'invitation.
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