Monde Numérique :
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0:11] Le Bluenami sera-t-il fatal à l'IA aux États-Unis ? La vague bleue démocrate aux élections de mi-mandat remet en question de nombreux projets liés à l'intelligence artificielle.
Monde Numérique :
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0:21] L'opposition au data centers aurait fortement motivé le vote des Américains. Quelles conséquences aux États-Unis, mais aussi pour nous en Europe ?
Monde Numérique :
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0:35] L'actu tech, c'est aussi cette semaine une nouvelle vague de licenciements dans plusieurs entreprises de technologie, notamment en France. ChatGPT qui grignote de plus en plus du terrain au moteur de recherche Google. Et puis Meta qui prépare un robot humanoïde. Dans le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti, cette semaine, on parle justement de l'impact des élections américaines sur l'IA, et de la nouvelle vague des cyberattaques en France contre des réfrigérateurs à nouveau et aussi dans d'autres pays d'Europe et puis aussi contre une banque. Et ça, c'est une première. Les politiques ne comprennent rien à l'IA. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Laurent Alexandre. Dans un nouveau livre, selon l'essayiste commentateur de l'actu tech depuis des années, 2027 sera l'élection présidentielle de la dernière chance. Laurent Alexandre est l'invité de Monde Numérique. Enfin, créer un réseau social sans rien connaître à la programmation informatique, c'est possible aujourd'hui grâce au Vibe Coding. Le créateur de Moody nous présente son appli et nous raconte comment il a fait. Bienvenue à l'écoute de Monde Numérique, L'Hebdo du 7 novembre 2026.
Invité :
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1:52] Monde Numérique, Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
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1:58] Je suis ravi de vous retrouver pour ce nouvel épisode de L'Hebdo. Comme chaque samedi, 50 minutes de news, de décryptage, d'interviews. Monde Numérique est disponible sur toutes les bonnes plateformes de podcast et aussi en application mobile grâce à GoodBarber, le spécialiste français de la création d'applications en no-code, c'est-à-dire sans avoir besoin de programmer. En quelques clics, on peut générer sa propre appli iOS, Android ou Progressive Web App. Et si vraiment vous en avez besoin, les spécialistes de GoodBarber sont là pour vous aider à aller plus loin. La nouvelle appli de Monde Numérique est disponible sur tous les stores.
Monde Numérique :
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2:31] L'actu de la semaine, ce qu'il ne fallait pas rater dans le monde de la tech, est tout d'abord de l'autre côté de l'Atlantique. C'est d'abord cette chute spectaculaire du Nasdaq, l'indice boursier des valeurs technologiques aux États-Unis, de près de 6,5 % juste après l'annonce des résultats des élections, qui ont vu la victoire, la large victoire des démocrates aux dépens des républicains. Mais c'est aussi, ces indices boursiers, le signe d'une inquiétude, car le basculement de la Chambre des représentants ne risquait-il pas de ralentir le développement de l'intelligence artificielle aux États-Unis. En effet, les résultats de ces élections sont notamment le reflet d'une forte opposition des populations aux data centers. Environ la moitié des centres de données présents ou à venir aux États-Unis se trouvent dans des États qui ont basculé dans le camp démocrate. Grand perdant de cette élection, le Texas notamment. Nouveau refuge des acteurs de la tech, avec une grosse concentration de ces data centers, notamment ce qu'on appelle le neocloud, c'est-à-dire ces centres de données dédiés à l'intelligence artificielle. Et puis au Texas, un autre grand perdant, c'est Elon Musk, qui avait pourtant financé à coup de centaines de millions de dollars la campagne républicaine.
Monde Numérique :
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3:40] Au passage, ça montre d'ailleurs que le patron de X, qu'on accuse bien souvent de faire ce qu'il veut avec les esprits des électeurs via son réseau social, n'est peut-être pas aussi influent que ce qu'on croit. Alors, quelles conséquences concrètes faut-il attendre ? Le développement de l'IA aux États-Unis risque-t-il de marquer le pas ? Des projets vont-ils être mis de côté ? La réglementation sera-t-elle renforcée, ce qui va ralentir le développement des neocloud ? Selon les analystes, environ 30 % des nouvelles capacités de centres de données aux États-Unis pour 2028 seraient menacées. Et en plus, s'il y a un désintérêt des investisseurs, la fameuse bulle de l'IA.
Monde Numérique :
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4:15] Ne finira-t-elle pas par éclater ? Cela pourrait aussi avoir des conséquences en Europe. D'abord parce que la grogne anti-data center ne demande qu'à faire tache d'huile. Mais aussi peut-être des conséquences positives, en fait, positives dans le négatif. Si la réglementation américaine s'alourdit et se rapproche finalement de ce qui existe en Europe, ça pourrait aussi simplifier la mise en conformité des entreprises qui sont présentes des deux côtés de l'Atlantique et même réduire un peu certaines tensions commerciales. En revanche, ça ne fera pas forcément l'affaire des États-Unis dans le cadre de leur bataille technico-commerciale avec la Chine. Bref, une fois de plus, la politique et même la géopolitique rejoint la tech. Alors, j'en dis pas plus pour l'instant parce qu'on y revient largement tout à l'heure dans le débrief Transat avec Bruno Guglielminetti à Montréal.
Monde Numérique :
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5:03] Et pendant ce temps, on resserre les effectifs dans les entreprises de tech après Microsoft qui annonçait 60 000 départs volontaires la semaine dernière. Cette semaine, l'annonce vient d'Australie avec l'entreprise Canva, cette société spécialisée dans la création graphique en ligne, qui annonce une réorganisation touchant 22 % de ses équipes. Alors des licenciements, des changements de postes, des relocalisations, Canva semble victime directement de l'intelligence artificielle qui permet de plus en plus de générer des contenus graphiques. En France aussi, Meta préparerait une centaine de départs sur 300 salariés, principalement dans les équipes commerciales. Et puis Google France également confirme des offres de départs volontaires, mais sans fournir de chiffres à ce jour. Enfin, au niveau global, Amazon a supprimé plus d'un millier de postes en octobre. Pourquoi tout cela ? Est-ce qu'il y a un lien entre ces différentes réductions d'effectifs ? Eh bien, certainement, la course à l'intelligence artificielle, pas forcément par le remplacement des hommes par l'IA, mais aussi par des réorientations budgétaires. Toutes ces entreprises ont besoin d'argent pour investir dans les installations d'IA.
Monde Numérique :
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6:16] Tiens, et conséquence de certains licenciements, conséquence anecdotique, mais je voulais vous en dire un mot cette semaine, des développeurs licenciés par des grosses entreprises de tech ont décidé de se venger, en quelque sorte, en faisant concurrence aux entreprises dans lesquelles ils travaillaient. Ainsi, le mouvement Occupy SaaS a été lancé en octobre cette année. SaaS, ce sont les Software as a Service, donc tous ces services disponibles en ligne directement dans le navigateur, et dont on dit depuis un certain temps qu'ils sont menacés par le boom de l'intelligence artificielle, ces développeurs réunis au sein de ce groupe ont décidé de lancer des produits concurrents grâce à l'IA. Alors pas question de copier le code, évidemment, de ces solutions parce que ce serait totalement illégal, mais en revanche, ils font ce qu'on appelle du reverse engineering. Ils partent des manuels d'utilisation et des outils eux-mêmes pour générer des outils similaires. Ils ont commencé à s'attaquer à des piliers du secteur, avec une appli qui s'appelle notamment Zero Othai, qui vise à remplacer les services d'identification. Une initiative qui illustre un certain retour de bâton technologique, où on prend l'IA qui nous a fait du mal, pour faire du mal à nos bourreaux, entre guillemets. Bon, c'est l'éternelle histoire de l'arroseur arrosé.
Monde Numérique :
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7:32] Quelques nouvelles de nos amis, les IA, justement. Avec d'abord OpenAI qui se lance dans la chasse aux hackers, avec GPT-6 Cyber, un nouveau modèle spécialisé dans la cybersécurité. Capable de détecter des failles informatiques, mais aussi de les exploiter pour tester leur dangerosité. OpenAI affirme avoir découvert, grâce à lui, 81 vulnérabilités inédites dans Firefox, par exemple. Une IA tellement puissante qu'elle est classée au niveau de risque critique et donc réservé seulement à des professionnels habilités. De son côté, Claude veut devenir votre conseiller financier personnel. Surfant sur le fait que de plus en plus de gens utilisent l'IA pour gérer leur patrimoine financier aujourd'hui, Anthropic lance Personal Finance, une fonction qui permet de connecter ses comptes bancaires pour analyser ses dépenses, repérer les abonnements inutiles, anticiper ses factures, etc.
Monde Numérique :
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8:23] Claude peut consulter les données, mais pas toucher à l'argent, il ne peut pas effectuer des virements. Pour l'instant, c'est réservé aux abonnés payants américains. Cela dit, on peut faire la même chose avec d'autres outils d'IA. D'ailleurs, je vous en parlais récemment dans le grand débrief de ce mois-ci. Enfin, Meta donne de la voix à Muse, son assistant IA. On peut désormais converser oralement avec Muse, tandis qu'un petit avatar animé réagit en temps réel. Il fait des gestes, il a des expressions de visage, etc. Ça le rend plus humain, plus naturel aussi, peut-être plus troublant également. Mais de toute façon, on n'aura pas le loisir d'y goûter, en tout cas si vous résidez dans l'Hexagone, parce qu'il n'est pas disponible en Europe comme d'hab.
Monde Numérique :
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9:05] Vous faites peut-être partie de ces gens qui s'adressent de plus en plus à l'intelligence artificielle lorsqu'ils recherchent des informations plutôt qu'à un moteur de recherche classique. Eh bien, OpenAI vous dit merci. L'entreprise californienne a annoncé cette semaine un chiffre qui fait beaucoup de vagues. Le volume de recherche sur ChatGPT a bondi ces derniers mois. Il représenterait aujourd'hui l'équivalent de 20 % de celui de Google. Alors, c'est OpenAI qui l'annonce. Pour l'instant, le chiffre reste difficile à vérifier. Mais n'empêche, il est plausible. Si on se base sur 16 milliards de recherches quotidiennes estimées pour Google, ça signifierait que ChatGPT, lui, en traite plus de 3 milliards par jour. C'est colossal, et notamment par rapport à d'autres moteurs de recherche comme Bing, qui plafonnent au contraire face à Google. Donc c'est la confirmation de la place de plus en plus forte de l'IA générative pour la recherche d'informations en ligne.
Monde Numérique :
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10:00] Mais si tout d'un coup, l'intelligence artificielle n'était plus disponible, Que ferions-nous à cause d'une panne, d'une coupure d'électricité ou d'une cyberattaque ? Heureusement, voici l'IA de survie, Survival LLM, une intelligence artificielle de survie qui fonctionne sans connexion Internet. C'est une application gratuite pour Mac et Windows qui vient d'être dévoilée. Un système que vous installez sur votre ordinateur localement et qui n'a pas besoin de se connecter au web. Il est déjà gavé d'un certain nombre de connaissances, jusqu'à 1,5 million d'articles provenant de Wikipédia, de WikiMed, pour la santé, des manuels de survie, etc. Alors bien sûr, il ne peut pas se mettre à jour, et ses connaissances non plus, mais c'est peut-être une alternative au fameux LLM traditionnel qui oblige à se connecter, à payer aussi de plus en plus. Les tests du développeur de cette application indiquent qu'entre 55 et 86 % de bonnes réponses. Voilà, si vous voulez essayer, donc Survival LLM.
Monde Numérique :
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11:04] Non content de faire dans le réseau social et dans l'intelligence artificielle, Meta se met à la robotique avec un robot humanoïde dévoilé il y a peu. Il s'appelle Max. Max, conçu en partenariat avec une société chinoise, Fourier Intelligence. Il s'agit d'un robot d'un mètre cinquante, pesant 48 kilos, qui possède un écran sur le visage pour afficher des expressions et qui devra, lorsqu'il sera opérationnel, pouvoir être vraiment utile à la maison pour plier le linge, faire le lit, ranger la vaisselle. Un deuxième modèle aussi, Max 2, serait également en préparation, qui lui serait capable de monter les escaliers en plus. Alors, aucune commercialisation n'est prévue pour ces robots humanoïdes, qui sont plus pour l'instant encore des expérimentations au sein du groupe Meta. Mais l'objectif est clair, c'est d'aller sur le terrain aujourd'hui, enfin pas encore vraiment occupé, mais prochainement, on le sait, occupé par Optimus de Tesla ou encore par la startup Figure. Il est vrai que Meta ne fait pas encore dans la robotique mais en revanche ils ont déjà l'intelligence artificielle avec notamment Meta AI.
Monde Numérique :
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12:11] Écrire sans toucher le clavier et sans prononcer le moindre son, c'est la promesse d'une startup américaine subvocale qui a présenté récemment.
Monde Numérique :
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12:21] Une innovation, une paire de lunettes connectées capables de détecter la voix et surtout la parole silencieuse. Alors c'est une entreprise issue du célèbre incubateur Y Combinator qui vient de lever 1 300 000 dollars pour ce dispositif de parole silencieuse.
Monde Numérique :
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12:38] Ça fonctionne de manière non-invasive, heureusement, un système qui détecte les mouvements des muscles liés à la parole en analysant le visage. Et ainsi, on peut parler à son ordinateur avec, paraît-il, un débit de 200 mots par minute, exactement comme si on avait un micro. Sauf que si, par exemple, on est dans un open space, eh bien, on ne dérange personne. Ça a un certain intérêt aujourd'hui, car on s'adresse notamment de plus en plus à l'intelligence artificielle de manière vocale. C'est beaucoup plus intéressant que de taper des prompts à rallonge interminable. Donc, c'est une interface plutôt prometteuse. Ces lunettes subvocales, ça rappelle ce que fait également une start-up israélienne du nom de Q.ai, qui a été rachetée récemment par Apple en janvier dernier, et qui propose aussi une technologie d'intelligence artificielle pour reconnaître les murmures et même la parole silencieuse, en analysant les micro-mouvements du visage. Ça, c'est pour Apple. Pour l'instant, ils ne l'ont pas encore utilisé, implémenté, ni commercialisé officiellement, mais on pense que ça pourrait faire son apparition un jour ou l'autre dans les AirPods ou dans des lunettes connectées Apple. Voilà donc ces sub-vocals qui seront proposés à la vente. Les précommandes sont déjà ouvertes aux États-Unis au prix de 499 dollars, livraison pas avant le premier trimestre 2027.
Monde Numérique :
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14:01] Et on termine par une news française, une news très pratique. C'est l'opérateur Orange qui a lancé un service gratuit permettant d'identifier les entreprises qui nous appellent par téléphone avant même qu'on décroche. Ça s'appelle Branded Call, un service gratuit, donc je l'ai dit, qui affiche le nom de l'entreprise. Ça fonctionne sur tous les smartphones, sans abonnement supplémentaire ni application à installer. Il faut juste s'inscrire auprès d'Orange Business ou des partenaires. Et ça repose sur un mécanisme d'authentification certifié pour éviter l'usurpation d'identité. Donc ça s'adresse aux entreprises, ce sont elles qui doivent faire la démarche de s'inscrire. À noter que juste avant Orange, Bouygues Telecom, opérateur concurrent, avait également développé cette appli. C'est plutôt positif. Alors, ce n'est pas pour bloquer les appels indésirables. Il y a d'autres applis pour ça, notamment une appli anti-spam Orange également. Mais ça sert donc à authentifier les appels légitimes pour être sûr que c'est bien votre banque qui vous appelle, par exemple, pour vous expliquer que vous avez soudain un prélèvement totalement inattendu. Ça devrait donc permettre d'éviter ce qu'on appelle les escroqueries aux faux conseillers, à condition que votre banque ait fait la démarche de s'inscrire.
Monde Numérique :
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15:14] Avant de passer à la suite, une communication commerciale de l'entreprise F2R2 à propos de Frogans, partenaire de Monde Numérique L'Hebdo. Frogans, dont je vous parle depuis plusieurs mois, c'est un nouveau standard de publication en ligne. Un Internet tranquille, sans publicité, tous azimuts, respectueux de la vie privée, avec des contenus qui sortent des fenêtres du web classique. La première grande révolution d'Internet, c'était la vitesse de connexion, grâce au haut débit. Selon les créateurs de Frogans, la seconde sera la vitesse d'utilisation des contenus. Pour financer le déploiement de cette technologie née en France, F2R2 ouvre à nouveau son capital au public, avec une nouvelle offre de titres à différents niveaux d'investissement à partir de 1 000 euros et jusqu'à des montants beaucoup plus élevés. Pour connaître les conditions de l'offre de titres ouvertes au public, déposées à l'AMF et le document d'information, rendez-vous sur f2r2.fr. Attention, investir comporte un risque en perte de capital.
Monde Numérique :
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16:07] Allez, c'est le moment d'établir la connexion hebdomadaire avec l'autre côté de l'Atlantique, là-bas, au Canada, pour retrouver mon camarade Bruno.
Invité :
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16:23] Jérôme Colombain à Paris, bonjour.
Monde Numérique :
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16:25] Salut, Bruno Guglielminetti à Montréal.
Invité :
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16:28] Jérôme, très heureux de te retrouver encore cette semaine pour faire le tour du monde, le tour de la planète et d'offrir notre regard transatlantique aux gens qui nous écoutent, qui nous regardent dans certains cas.
Monde Numérique :
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16:39] Aussi.
Invité :
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16:40] Géraud, commençons d'abord avec cette fameuse soirée qui a fait presque un les Anglais diraient un reset dans la politique américaine. Tsunami bluenami comme le disent les analystes américains, sur les États-Unis, c'est la vague démocrate qui a déferlé, qui prend le contrôle des deux côtés bon ça c'est le changement politique chez les Américains, mais concrètement ça a eu aussi un impact dans le domaine de la technologie.
Monde Numérique :
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17:09] Oui, parce qu'en fait, on s'est aperçu que, la campagne pour ces élections s'était faite énormément sur l'opposition au data center, les fameux centres de données qui permettent de faire tourner l'intelligence artificielle. Alors, toi comme moi, on l'avait déjà évoqué dans nos podcasts, on savait que ça commençait à gueuler aux États-Unis, dans de nombreux États. Et là, effectivement, c'est une claque, on peut dire ça comme ça, parce qu'il y a plusieurs États américains, notamment le Texas, la Géorgie, l'Ohio, etc., qui concentrent à eux seuls près de 40 % des projets de développement de data centers, parce qu'on sait que les États-Unis continuent à construire énormément de data centers. Eh bien, dans ces États-là, ce sont des gouverneurs démocrates, donc, qui ont été élus, et qui s'étaient clairement engagés contre les data centers. Ils disaient qu'il fallait soit suspendre carrément, soit faire un moratoire, attendre un peu, soit surtout, et c'est peut-être ça le plus légitime en fait, faire en sorte que l'implantation de ces data centers soit mieux encadrée.
Monde Numérique :
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18:19] Qu'elles ne partent pas dans tous les sens, parce qu'effectivement, ça provoque des nuisances. Alors, ça bouche un peu le paysage pour les voisins. Ça leur prend aussi, ça leur fait monter leur note d'électricité parce que les mécanismes comme ça de facturation au niveau des zones géographiques entières font que s'il y a des data centers, c'est la maison d'à côté qui va avoir sa note d'électricité montée. Les problèmes d'eau aussi.
Monde Numérique :
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18:44] Les problèmes de bruit. Enfin bref, les gens sont remontés comme des pendules contre les data centers. Il faut dire aussi que les démocrates ont largement surfé sur cette vague. Ils se sont appuyés là-dessus pour un peu agiter le mécontentement de la population et ils s'en sont servis comme la levée électorale. Et le résultat est là.
Invité :
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19:03] C'est intéressant parce que tu parlais de l'Ohio, mais moi, je regardais ça du point de vue du Texas, qui demeure pour moi quand même l'exemple même d'un État qui a investi dans les centres de données. Évidemment, il y avait de l'argent de Musk qui était derrière ça. Et puis, après, Meta et compagnie, ils sont tous partis au Texas installer. Mais là, ils ont l'air fin parce qu'avant l'élection, il y avait eu un moratoire sur la construction de nouveaux centres de données. Et là, maintenant que les représentants, bien, ce n'est pas compliqué. À Washington, maintenant, il ne reste plus qu'un républicain pour représenter tout le monde. Et le gouverneur, maintenant, est démocrate et la plupart des représentants du Texas sont démocrates aussi. Qu'est-ce qui va advenir de tous ces investissements qui avaient été faits, qui étaient en passe d'être faits, mais en tout cas de l'argent qui a été déboursé? Il y a bien des gens qui ont l'air le caquet bas après ces élections-là.
Monde Numérique :
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19:59] Oui, et au-delà de ça, on peut se poser la question de savoir si ça risque de freiner le développement de l'intelligence artificielle aux États-Unis. Quelles vont être les conséquences concrètes ? Est-ce que ça veut dire que ces entreprises, les OpenAI, Anthropic, SpaceX, SpaceX AI maintenant ?
Invité :
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20:23] Oui, SI.
Monde Numérique :
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20:24] Voilà. Est-ce qu'ils vont être en mesure de fournir toute la puissance de compute, comme on dit, de puissance de calcul, qu'ils promettent, dont ils ont besoin pour faire face à la demande, etc. ? C'est une vraie question. Est-ce que ça ne va pas un peu freiner le développement de l'IA ? Alors après, ça vient se conjuguer avec un autre phénomène, qui est aussi la baisse, l'efficience des modèles qui s'améliorent tout le temps, et qui, en fait, ont besoin de moins de puissance pour faire la même chose. Il y a eu des études récentes qui montraient que les modèles qu'on utilise tous les jours, ils consomment moins de tokens que ce qu'ils ont consommé avant ou que les versions précédentes consommaient pour arriver à faire la même chose, en fait, exactement.
Invité :
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21:06] Et ça, c'est une bonne nouvelle. Mais le problème, c'est qu'il y a de plus en plus de gens qui utilisent.
Monde Numérique :
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21:10] Et voilà, bien sûr.
Invité :
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21:12] On n'arrive pas à balancer parce que tu as tout à fait raison. Si on restait à 100 utilisateurs, que de bonne nouvelle, parce que ça coûterait moins cher, l'énergie en serait moins épris. Je trouve que ce n'est pas ça le problème. C'est que là, on vend à tout vent, l'intelligence artificielle qui est adoptée par les utilisateurs individuels, mais aussi les organisations. Et là, la demande pour ça est au plafond.
Monde Numérique :
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21:37] La demande augmente. Et puis en plus, vu que les prix baissent, la demande va augmenter encore plus. Il y a un effet rebond, en fait.
Invité :
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21:46] C'est intéressant la notion de prix parce que, dépendamment à qui on parle, il y a des offres, effectivement, qui descendent et ça coûte moins cher. Puis, les modèles demandent moins. Mais de l'autre côté, comme il y a tellement un grand usage qui est fait de l'IA, ça fait qu'en bout de ligne, à la fin du mois, pour les entreprises, la facture d'IA, elle commence à grimper. Parce qu'elles se retrouvent tellement partout dans leur organisation, ceux qui ont déjà pris le virage, que ça commence à leur coûter cher. Je pense que c'est le meilleur exemple, puis on reviendra sur le sujet, mais c'est par exemple Apple qui est obligé de revisiter le budget de ses ingénieurs qui utilisent de l'IA. Maintenant, la plupart le font, mais bon, ce n'est pas évident. Mais donc, gros impact.
Monde Numérique :
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22:30] Alors, l'impact, oui, il y a de l'impact immédiat. On va voir s'il y a vraiment un gros impact parce qu'il y a tellement d'enjeux derrière, je veux dire, entre les promesses électorales et ce que feront véritablement, ces nouveaux gouverneurs. Il y a peut-être une marge. C'est intéressant quand même à regarder parce que, comme toujours, ce qui se passe aux États-Unis arrive ensuite dans les autres pays. Donc, je ne sais pas comment ça se passe chez vous au Canada, mais chez nous en France, il commence aussi à y avoir un petit peu d'opposition aux data centers. Évidemment, de toute façon, les data centers, c'est comme les antennes de téléphonie mobile. On en veut, on en veut parce qu'on en a besoin, mais on n'en veut pas près de chez soi. Donc, oui, oui, vous nous mettez des antennes, mais mettez-les plus loin, s'il vous plaît. Oui, c'est un peu le problème. Après, honnêtement, je pense que les choses sont mieux faites chez nous. C'est mieux encadré, on ne fait pas n'importe quoi, ça nuit moins aux populations locales. Mais l'inconvénient, c'est que comme c'est tellement bien encadré, il y a beaucoup de réglementations et ça prend très longtemps. Et c'est Octave Klaba, le patron de OVHcloud, qui avait poussé un coup de gueule récemment en disant qu'il faut 4 ans pour avoir toutes les autorisations pour pouvoir commencer à construire un data center. Donc là, c'est aussi une autre forme de difficulté qui freine le développement de l'intelligence artificielle.
Invité :
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23:41] Il y a peut-être des chances que ça commence à ressembler comme ça aux États-Unis.
Monde Numérique :
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23:45] Oui, ça va se passer comme ça. Alors, tu as vu qu'il y en a un qui a pris une claque aussi dans l'histoire et qui en tire d'ailleurs des conclusions. C'est ton ami Elon Musk. J'adore dire ça à chaque fois, ton ami Elon Musk.
Invité :
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24:00] Bien sûr, mon ami Elon Musk.
Monde Numérique :
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24:01] Oui, on sait que vous êtes intime. Non, puisqu'Elon Musk, alors déjà, il a pris une claque parce qu'il avait énormément investi contre la campagne des démocrates et pour faire pencher la balance en faveur des républicains. Il avait dépensé 445 millions de dollars, je crois, pour.
Invité :
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24:17] Soutenir les… Je pense qu'on était auprès d'un demi-milliard, oui.
Monde Numérique :
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24:20] Oui, c'est ça. Finalement, ça n'a servi à rien. Et il est concerné parce que lui, le premier, est en train de construire des super data centers, Gigafactory, etc. Comment ça s'appelle ce pas Gigafactory ? C'est une espèce d'énorme truc là, monstrueux.
Invité :
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24:36] Je ne sais pas le nom, mais c'est un énorme. Et dans deux États, il y a celui qui était au Texas et je pense que c'est en Louisiane qu'ils sont en train de construire la prochaine.
Monde Numérique :
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24:45] Oui, peut-être. Quelque chose comme ça. Et tu as vu, le garçon qui est quand même loin d'être un imbécile, il faut bien le dire, et qui a pas mal d'humour en plus. Il a fait un tweet, tout de suite, il a posté un message sur X en disant que finalement, l'idée de faire des data centers dans l'espace était plutôt attrayante. Tu m'étonnes.
Invité :
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25:08] Et Google a commencé à tester son IA.
Monde Numérique :
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25:12] Oui, Google est en train de le tester. Oui, tout à fait. Ils sont en train de faire des tests. Mais voilà, c'est-à-dire qu'on sait que c'est son projet à Elon Musk. Et effectivement, ça résoudrait ses problèmes de nuisance sur Terre. Plutôt que de foutre le bordel dans les prairies sur Terre, aller donc foutre le bordel dans l'espace. C'est intéressant parce qu'il y a beaucoup de gens, et non des moindres, et des gens très compétents. et moi j'ai vu passer pas mal de prises d'opposition à ce sujet-là qui disent mais c'est n'importe quoi parce qu'on ne peut pas refroidir des data centers dans l'espace. Il y a ceux qui disent mais si en fait on peut si on se met dans la position opposée au soleil, etc. On est sur des défis physiques et technologiques hyper intéressants en fait.
Invité :
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25:55] Tu vois peut-être qu'avec l'arrivée de l'ordinateur quantum dans 5 ou 10 ans, on va arriver à calculer des solutions.
Monde Numérique :
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26:03] Oui, peut-être.
Invité :
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26:04] C'est un optimiste.
Invité :
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26:08] Jérôme, je veux absolument que tu nous parles de cette nouvelle vague. Et là, je ne parle pas de Godard. Je parle de cette nouvelle vague de cyberattaques. Notamment, ça rebelote sur les frigos, mais aussi des banques. Qu'est-ce qui se passe chez vous?
Monde Numérique :
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26:25] Je ne sais pas, on est dans l'œil du cyclone, il y en a tout le temps. Et là, effectivement, c'est carrément un cyberbraquage de banques qui a eu lieu. C'est le Crédit Mutuel Arkéa qui a été victime d'une cyberattaque qui lui a coûté, tiens-toi bien, 118 millions d'euros. C'est-à-dire qu'il y a des petits comptes qui se sont introduits et qui ont raflé 118 millions d'euros. C'était sur des comptes. Ils les ont ensuite dispatchés sur des tas de banques à droite à gauche. Ils les ont transformés en crypto-monnaies. On ne peut pas, du coup, les retrouver. Alors, la banque a annoncé que, les clients ne seraient pas impactés et qu'ils seraient remboursés, un peu comme l'affaire de Binance aux États-Unis, sur les crypto-monnaies, où c'est pareil, on va puiser dans la trésorerie pour dédommager les clients, mais quand même, ça fait un peu flipper. Et une fois de plus, c'est toujours pareil. Ils sont passés par un prestataire externe qui n'était pas au même niveau de sécurité, et ils ont remonté le truc et ils ont réussi à faire ce détournement. C'est un peu toujours le même scénario.
Invité :
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27:32] Aïe, aïe, aïe.
Monde Numérique :
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27:33] Ça, c'est pour la banque.
Invité :
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27:34] Mais parle-nous des frigos.
Monde Numérique :
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27:36] Les frigos, oui, très vite. On se souvient qu'il y a quelque temps, ce sont des grandes chaînes de supermarchés qui ont été touchées. Là, il y a une nouvelle vague contre des réfrigérateurs, des congélateurs de supermarchés, mais pas seulement en France. Il y a 12 pays européens concernés. Et c'est pareil, donc même scénario. À distance, les pirates modifient le réglage des températures. Au lieu qu'ils soient en dessous de zéro, il remonte le truc à plus 20, 30, 40, 50 degrés et résultat, si tu ne t'en aperçois pas tout de suite, eh bien, toute la marchandise est à jeter. Donc, il y a eu pas mal de nouvelles victimes parmi des chaînes d'alimentation, En Belgique aussi, apparemment ça fait encore plus mal en Belgique, en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni cette fois, encore plus que chez nous. Mais par contre chez nous il y a eu autre chose, c'est, l’Établissement français du sang qui a été attaqué, c'est un organisme qui stocke toutes les poches de transfusions sanguines, donc évidemment c'est dans des frigos, c'est pour les opérations, pour les accidents, etc. pour pouvoir répondre immédiatement en cas de besoin. Et ils ont été attaqués et on leur a bousillé leur frigo. Heureusement, eux, ils sont un peu plus avancés technologiquement. Ils avaient des alertes, ils s'en sont rendus compte. Ils ont réussi à remettre le truc en route, à déplacer les stocks. Et donc, ils ont annoncé très officiellement qu'il n'y avait pas d'impact sur les stocks de sang. Heureusement.
Invité :
[
29:06] Mais c'est intéressant, c'est malheureux, mais c'est intéressant ce dernier exemple-là parce que ça nous démontre, on en parlait un peu de comment on est en train, de voir évoluer les cyberattaques où on est passé d'entreprises qui se faisaient, cyberattaquer puis boucler leur information puis ils étaient rançonnés. Mais là, on est en train de voir des gestes qu'ils portent, puis des frigos à la limite. Il n'y a personne qui meurt de ça. On va chez le voisin ou on mange autre chose. Et là, quand on commence à s'attaquer à des poches de sang... Oui, c'est ça.
Monde Numérique :
[
29:40] Mais ça ne rapporte rien aux pirates, c'est sûr.
Invité :
[
29:43] Non, mais ça ne fait que du mal. Et là, tant mieux. C'est un bel exemple d'être prêt. Imagine-toi dans un pays ou dans un endroit ou un dispensaire où il n'y aura pas ce contrôle-là, la catastrophe que ça peut être.
Monde Numérique :
[
29:57] Mais absolument, et c'est pour ça qu'on se demande qui ça peut être derrière, parce que soit ce sont des attaques étatiques, comme on dit, donc ce sont nos amis préférés qui ne nous veulent que du bien, genre la Russie, la Chine et les proxys, pas directement eux, mais bien sûr toute la...
Invité :
[
30:14] Par des tiers.
Monde Numérique :
[
30:16] Voilà, à part des tiers. Soit c'est ça pour désorganiser, pour nous nuire, soit c'est simplement des petits cons qui font ça, parce qu'il faut savoir aussi comment ça se fait. Il y a un truc que moi j'ai découvert, je ne connaissais pas, tu connais Shodan ?
Invité :
[
30:31] J'en avais entendu parler, mais c'est toi qui m'as ramené ça en tête.
Monde Numérique :
[
30:35] Oui, Shodan, c'est un moteur de recherche, c'est une espèce de Google, mais qui, au lieu de te référencer des sites web, référence tous les objets connectés dans le monde. Alors, c'est aussi bien ta webcam qui surveille ton jardin que les réfrigérateurs de l’Établissement français du sang. Enfin, tous les outils connectés du monde. Voilà, ou les robots, etc. Et surtout, qui indiquent lorsqu'il y a des vulnérabilités, lorsqu'il y a des failles qui ne sont pas comblées, lorsqu'il y a des sécurités qui ne sont pas activées, etc. Donc, tu t'abonnes à Shodan, ça coûte 25 dollars par mois. Et ensuite, tu tapes, tiens, je ne sais pas quoi, je ne sais plus comment ça s'appelle le fabricant des réfrigérateurs. Là, tu tapes le nom et il te donne la liste de tous les trucs qui sont vulnérables aujourd'hui. donc après, tu n'as plus qu'à générer un petit script avec Claude ou ChatGPT et puis, tu peux faire des dégâts extraordinaires.
Invité :
[
31:32] Ça, c'est si tu veux y aller de façon artisanale. Oui, ça, c'est artisanal. Parce que sinon, tu peux demander tout simplement à ton agent d'aller voir quelles sont les failles les moins documentées, puis de monter un script pour y aller. C'est affreux.
Monde Numérique :
[
31:44] C'est effrayant. C'est effrayant, mais bon, voilà, maintenant, il faut vivre avec ça et il faut arrêter d'être naïf. Et enfin, on l'a déjà dit souvent, la cyber est une absolue priorité. Il faut faire attention à tous les sous-traitants, tous les gens qu'on a dans son écosystème. Typiquement, le coût des réfrigérateurs, c'est parce que c'est du vieux matériel, qu'ils n'ont pas de système d'alerte, etc. Voilà, tu peux plus vivre.
Invité :
[
32:07] Oui, et dans les outils, c'est la même chose. Attendez la prochaine catastrophe qui va se passer dans un milieu hospitalier, ça ne sera pas beau.
Monde Numérique :
[
32:14] Quand tu as des équipements connectés à Internet, tu es obligé de t'assurer que la sécurité est au niveau maximal.
Monde Numérique :
[
32:24] Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet?
Invité :
[
32:27] Benoît, c'est la semaine prochaine.
Monde Numérique :
[
32:28] Oui, j'allais dire Benoît, excuse-moi.
Invité :
[
32:30] Je ne sais pas pourquoi Benoît arrive de temps en temps. Écoute, cette semaine, trois entrevues fort intéressantes, notamment avec Dominique Dany, qui est le président de Move. Move, c'est Move.ai et Neurom qui s'associent ensemble, des boîtes qui sont une dans l'IA et l'autre dans l'expérience web depuis très longtemps, ils s'associent et ça fait un géant. Ça fait partie de la grande famille Publicis. Google, je parle avec un des patrons de Google Canada pour justement parler de leur nouvelle démarche dans le commerce agentique. Et puis aussi une entrevue avec Tommy James Tremblay qui a mis en ligne depuis un certain temps Sprite AI. Et ça, ça sert à faire de l'imagerie 2D dans le monde du jeu vidéo. Et ce bonhomme-là, c'est intéressant parce que ce qu'il me racontait, c'est qu'au départ, c'était un projet personnel, sauf qu'il l'a oublié en ligne. Et il s'est rendu compte qu'il y avait des gens qui venaient de Corée du Sud, d'Angleterre, des États-Unis, pour l'utiliser. Et puis maintenant, il y a envie de ça.
Monde Numérique :
[
33:27] Génial.
Invité :
[
33:28] Quand même, hein? Jérôme, je te laisse retourner de ton côté avec tes auditeurs et peut-être une partie des miens. Et puis...
Monde Numérique :
[
33:36] Et vice-versa.
Invité :
[
33:37] Et puis, on se retrouve la semaine prochaine.
Monde Numérique :
[
33:39] Ouais, on se retrouve la semaine prochaine. Salut, Bruno.
Invité :
[
33:41] Salut.
Monde Numérique :
[
33:42] Et retrouvez l'intégrale du débrief transatlantique sur le fil du podcast Monde Numérique en date du 6 novembre où, tiens, et je vous parle notamment de ma vie avec les agents IA.
Invité :
[
34:05] Monde Numérique, le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
[
34:12] C'est une des grandes gueules de la tech, il ne mâche pas ses mots, que ce soit à la télé, à la radio ou sur les réseaux sociaux. Laurent Alexandre est l'invité de Monde Numérique cette semaine pour un éclairage sur l'aspect politique de la tech à l'approche de l'élection présidentielle. Bonjour Laurent Alexandre.
Invité :
[
34:31] Bonjour.
Monde Numérique :
[
34:32] Médecin, essayiste, observateur et commentateur de l'évolution des technologies depuis longtemps, tu cosignes avec Olivier Babeau un nouveau livre qui s'intitule « Il y a la présidentielle de la dernière chance » aux éditions Buchet-Chastel. Comme toujours, un livre très documenté, en prise avec l'actualité de la tech, qui mêle à la fois des faits avérés et de la prospective. C'est un peu un cri d'alarme, ce bouquin. Alors, pourquoi est-ce que 2027 serait, la présidentielle de la dernière chance ?
Invité :
[
35:02] Parce qu'on est à un point de rupture sur l'intelligence artificielle, tout le monde le voit bien. On commence à sentir dans tous les métiers le choc de l'intelligence artificielle. Ça ne veut pas dire que le travail va mourir demain matin et que la fin du monde est au coin de la rue. Mais la transformation, la vague technologique avance. Et 2027 est l'année où l'intelligence artificielle va dépasser l'intelligence de la totalité des humains ou de la quasi-totalité des humains. Dans les derniers tests, ChatGPT et Claude ont 151 de quotient intellectuel, c'est-à-dire qu'il n'y a qu'un Français, un Européen sur 3000, qui est aussi intelligent que ChatGPT et Claude. Et l'IA, en moyenne, gagne 1,5 point de quotient intellectuel par mois, c'est-à-dire 18 points par an. On l'a vu avec les mathématiciens, au printemps dernier, il y a encore beaucoup de grands mathématiciens qui disaient que l'intelligence artificielle ne saurait pas faire de mathématiques de haut niveau. Et on a vu la panique depuis fin août, début septembre, avec la succession des annonces par ChatGPT et par Claude de résolutions de problèmes mathématiques.
Invité :
[
36:10] C'est-à-dire quand on est manager, quand on est prof, quand on est politicien, il ne faut pas faire la même connerie que les mathématiciens, c'est-à-dire d'être en déni complet de ce qui arrive. Les mathématiciens n'ont pas préparé leur métier, n'ont pas préparé leurs élèves, leurs doctorants, leurs post-docs, Ils n'ont pas réfléchi à l'intelligence artificielle parce qu'ils étaient en déni. Et donc, ils se sont retrouvés à prendre un pavé dans la tronche début octobre. Et on a vu les témoignages du grand mathématicien français, médaille Fields 2022, Hugo Duminil-Copin, qui dit « J'ai tellement pleuré, j'ai tellement pleuré que j'en ai réveillé ma fille. Villani dit « C'est une ambiance de fin du monde », etc. Et ça, c'est bien le témoignage que les mathématiciens n'ont absolument pas réfléchi au futur. N'ont absolument pas regardé l'évolution technologique. On pensait que l'IA serait un assistant. On découvre que c'est notre remplaçant.
Monde Numérique :
[
37:09] Alors, c'est vrai que ça avance très, très vite. C'est du déni. C'était aussi un peu peut-être de la naïveté ou en tout cas de...
Invité :
[
37:16] Parce que le système éducatif ne prépare pas du tout les gamins. J'ai tweeté hier, parce que j'étais très en colère, contre les présidents d'universités qui ont fait une tribune sur l'avenir de l'université française. Là, il y a tous les grands noms de l'université française, tous les présidents de grandes universités, etc. Et ils disent ce qu'il faut faire pour adapter l'université française dans les années qui viennent. Ils parlent de climatisation, de mètre carré, de conditions de travail des étudiants. Il n'y a pas. Une seule fois l'expression intelligence artificielle. À aucun moment, pour le futur de l'université française, il ne parle de l'intelligence artificielle. Et donc, j'ai tweeté que je pense qu'il faut changer la loi sur la gouvernance des universités et qu'il faut limoger les présidents d'universités et les remplacer par des gens qui comprennent le choc à venir, non, par des gens plus intelligents, des gens qui ne vivent pas dans le passé, parce que le résultat de tout ça, c'est qu'on n'adapte pas l'université et l'enseignement supérieur à l'intelligence artificielle et ce sont nos gamins qui vont payer l'addition. Et en tant que père de famille nombreuse, je suis scandalisé de l'inadaptation totale de l'université.
Invité :
[
38:38] Qui ne s'adapte pas aux méthodes de personnalisation permises par l'IA et qui ne réfléchit pas un instant au métier auquel il faut préparer les jeunes à l'ère de l'intelligence artificielle. Les politiques ne sont pas tous nuls en IA. Il y a des politiques qui comprennent bien l'IA. Au Parti socialiste, à Jérôme Guedj, même s'il a raté la primaire, il connaît bien l'IA, vraiment bien l'IA. Tu as Gabriel Attal qui vraiment connaît très très bien l'IA. À côté de ça, tu as des politiques qui ne comprennent pas l'IA et qui ne l'utilisent pas, comme Édouard Philippe, qui est probablement aujourd'hui le candidat le plus en retard par rapport à la technologie et par rapport au développement de l'IA. Alors pour les politiques, il y a une partie des politiques qui n'y connaissent rien et qui se contentent d'annonner les notes de leurs conseillers alors même qu'ils ne se servent pas de ChatGPT ou de Claude. Et puis tu as des politiques qui comprennent bien, qui ont pigé, mais qui ne savent pas trop quoi dire.
Monde Numérique :
[
39:36] Tu arrives à l'Élysée, c'est quoi là où les premières mesures ?
Invité :
[
39:40] La première mesure, c'est changer les hommes.
Invité :
[
39:45] Il faut limoger tous les hauts fonctionnaires qui ne comprennent pas l'IA, tous les préfets qui ne comprennent pas l'IA, tous les ambassadeurs qui ne comprennent pas l'IA, tous les directeurs d'administration centrale qui ne comprennent pas l'IA. Et il faut remplacer tous les ministres qui ne comprennent pas l'IA par des ministres qui comprennent les conséquences sociales, économiques, éducatives de l'intelligence artificielle. Donc, la première tâche est de remplacer dans tout l'appareil d'État les gens qui vivent au XXIe siècle par des gens qui ont compris l'enjeu. Et c'est en changeant les hommes qu'on va changer la politique. Tu ne peux pas avoir une politique géniale décidée à l’Élysée sur l'intelligence artificielle si tu as dans la haute fonction publique et puis dans l'appareil d'État des gens qui n'y comprennent rien. Donc, le remplacement, nous connaissons plein.
Invité :
[
40:39] De gens qui connaissent vraiment très bien ces sujets et qui pourraient prendre des places dans l'appareil d'État, qui pourraient prendre des places dans les directions d'administration centrale, etc. Il y a un capital humain, sauf que ces gens-là ne participent pas au pouvoir, et qu'on a gardé plein de gens extrêmement poussiéreux. Et tout ça est assez ridicule et tout ça est dangereux. Et on n'a plus le temps d'être dans ces jeux politiciens minables où tu as des gens qui ont des fortes responsabilités et qui ne comprennent rien à l'IA et qui font semblant et qui font croire et c'est un mensonge qu'ils utilisent l'IA.
Invité :
[
41:19] Parce que beaucoup de gens pensent encore que l'intelligence artificielle est un outil pour reprendre cette expression complètement idiote de Luc Julia, et ils n'ont pas compris que l'IA en fait est une nouvelle espèce intelligente, ça n'est pas un outil. Et la coexistence entre l'espèce la plus intelligente sur Terre, l'intelligence artificielle, et puis la deuxième espèce la plus intelligente sur Terre, c'est-à-dire l'humanité, cette coexistence est extrêmement difficile à imaginer. Et pour reprendre ce qu'on disait tout à l'heure sur les mathématiciens, il est quand même dingue qu'en six mois, les mathématiciens, soient passés de l'IA ne saura jamais faire vraiment des mathématiques à l'IA est en train de nous remplacer et je passe mes journées à pleurer, à pleurnicher et je demande du Prozac à mon médecin. Tu vois, ça montre à quel point les gens ne sont pas préparés et aussi à quel point la technologie galope. Donc, on est passé très très très vite d'une IA qui était franchement mauvaise, un GPT-3.5 qui était rigolo mais avait un taux d'hallucination de 55 %.
Invité :
[
42:26] À des IA ultra-puissantes, plus intelligentes que la quasi-totalité des humains et qui n'ont presque plus d'hallucination. Claude est à 1,4 % d'hallucination, GPT-6 est à 0% quasiment. C'est-à-dire que la grande faiblesse de l'IA qui était le taux d'hallucination est en train de disparaître. En 1500 jours, on est passé de 55 % de taux d'hallucination chez chaque GPT à 0%. La vague est impressionnante. L'intelligence artificielle voit son coût divisé par 40 pour un token d'une qualité donnée par an.
Invité :
[
43:05] Le QI galope, on l'a vu. Le taux d'hallucination diminue. Et les capacités d'analyse et les capacités agentiques deviennent absolument impressionnantes. Il y a 48 heures, j'ai demandé à Claude de m'expliquer une étude scientifique vraiment compliquée, sur laquelle je séchais, très longue, un PDF immense, avec des notions que je n'arrivais pas à piger. Claude m'a sorti en quelques secondes une analyse de l'étude. C'était bouleversant d'intelligence. C'est-à-dire que j'aurais fait moins bien, en un mois que Claude a fait en 17 secondes.
Monde Numérique :
[
43:46] Est-ce qu'il faudrait confier notre destin à l'IA ? Est-ce qu'elle s'en sortirait mieux que des humains ? Une IA présidente ?
Invité :
[
43:51] Bien sûr que l'IA gouvernerait mieux que les politiques. Comme l'IA soigne mieux que les médecins, comme l'IA est meilleure en mathématiques que les mathématiciens, comme elle va devenir supérieure dans tous les domaines.
Monde Numérique :
[
44:04] Mais elle serait rationnelle et la politique n'est pas rationnelle, elle est plus souvent émotionnelle.
Invité :
[
44:08] Il ne faut pas permettre à l'IA de prendre des décisions sans notre autorisation. Il ne faut pas confier le pouvoir à l'IA. Et ça, ce débat, il s'est beaucoup accéléré depuis 72 heures dans la Silicon Valley, chez Amodei, chez Altman, etc. Donc ce débat sur la place qu'on laisse à l'intelligence artificielle dans la décision finale, dans la politique, il ne fait que commencer.
Monde Numérique :
[
44:36] Merci Laurent-Alexandre. On renvoie donc à ce livre co-écrit avec Olivier Babeau. IA, la présidentielle de la dernière chance aux éditions Buchet-Chastel.
Invité :
[
44:47] Merci.
Monde Numérique :
[
44:56] Un réseau social limité à 50 contacts et à seulement quelques interactions. Et surtout un réseau social créé par quelqu'un qui ne connaissait rien du tout à la programmation informatique. C'est français, ça s'appelle Moody, M-O-U-D-I-E. Je reçois son créateur. Bonjour Grégory Laroche-Vernay.
Invité :
[
45:13] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[
45:15] Alors à quoi ressemble ce réseau social ? Si on le compare, c'est quoi ? C'est plutôt du X ? C'est plutôt du Facebook ? C'est plutôt du WhatsApp ?
Invité :
[
45:22] Non, alors en fait, c'est un réseau social dont le principe, c'est d'avoir une notification quotidienne pour partager son mood, c'est-à-dire son humeur, à son cercle proche.
Monde Numérique :
[
45:35] Ah, d'où le nom alors.
Invité :
[
45:35] Ouais, exactement. Donc, on partage son humeur. Donc, il y a une présélection de 35 moods qui ont été référencés. On peut cependant faire un mood personnalisé. On choisit l'intensité de son humeur. On choisit de partager une photo ou non, un partage de position ou non. Et on l'envoie donc à son cercle proche, effectivement limité à 50 contacts.
Monde Numérique :
[
45:54] D'accord. Pourquoi limité à 50 contacts ?
Invité :
[
45:57] Alors en fait, j'avais eu une lecture un jour sur ce qu'on appelle le nombre de Dunbar, qui est un sociologue et anthropologue britannique du début du XXe, qui explique qu'on a potentiellement 5 amis, 50 proches et 150 connexions humaines. C'est le cerveau qui nous indique ça, qu'on serait limité.
Monde Numérique :
[
46:17] Ça s'adresse à qui ? Plutôt aux jeunes ou à tout le monde ?
Invité :
[
46:22] Alors, j'ai tendance à dire que ça s'adresse à tout le monde, à tous ceux qui veulent sortir un peu de ce côté performatif des réseaux sociaux. Je crois, moi, j'ai déjà des applications pour des parents dont les enfants, par exemple, s'en vont à droite, à gauche, d'avoir leur mood une fois par jour. En fait, en tant que parent, on est quand même très content. Et puis à la fois, ça peut être à la sortie du lycée, un groupe d'amis qui était très solide et qui s'en va de ci, de là et qui vont du coup télécharger Moody pour se partager justement, pour ne pas perdre le fil et perdre le contact et dans une relation surtout qui est vraie et sincère. Il y a cinq interactions possibles.
Monde Numérique :
[
47:03] Alors, justement, parce qu'il n'y a pas de like, je disais, c'est ça ?
Invité :
[
47:06] Exactement, mais pour autant, il y a cinq interactions. Donc, je vais vous expliquer un peu le truc. Donc, on peut réagir soit par un texte, soit par un vocal.
Monde Numérique :
[
47:15] Donc, un commentaire.
Invité :
[
47:16] Oui, c'est ça, exactement. Soit par un vocal, comme on connaît tous. Soit par un mood aussi. On répond à un mood par un mood. Et par un appel et par une fonctionnalité se retrouver. C'est-à-dire que, déjà, sur les cinq interactions, il n'y a pas d'émoji, il n'y a pas de pouce levé, il n'y a pas de truc comme ça. En fait, moi, je trouve que c'est aujourd'hui trop facile et pas assez engageant dans les relations qu'on a les uns avec les autres, de mettre juste par facilité un pouce pour dire « bon ben voilà, je trouve que c'est super ». Là, j'aimerais que ce réseau, ça soit quelque chose qui aille plus en profondeur dans les relations. Donc l'idée, c'est quand même non pas les gens s'isolent à droite à gauche, mais au contraire, qu'ils se rapprochent les uns des autres.
Monde Numérique :
[
47:57] Mais ça va être quel type de mood, justement ? C'est quoi ? C'est « Ah, j'ai le blues, je suis super content ».
Invité :
[
48:03] Oui, alors après, c'est exactement ça. Il y a les moods qui se déclinent sur les moods un peu assez positifs. Surexcités, festifs, câlinous, super lover. Ce sont des moodies comme ça.
Monde Numérique :
[
48:15] Ah, mais ça, c'est prédéfini.
Invité :
[
48:17] Ceux-là sont prédéfinis.
Monde Numérique :
[
48:18] D'accord, ok, d'accord.
Invité :
[
48:19] Après, il y a un peu des moods qui correspondent un peu à la vie quotidienne. Et puis, il y a des moods un peu plus sombres, parce qu'on a le droit de dire quand ça va pas, et surtout à son cercle proche, il y a des moods pas ouf des moods flemmes des moods bout du rouleau et d'ailleurs, moi j'en ai fait l'expérience j'ai un de mes copains qui un jour, m'a fait un mood pas ouf, je me suis dit que j'allais l'appeler sur mon trajet de retour du bureau et justement c'est précisément aussi dans cette fonctionnalité là que j'espère, avoir une adoption importante.
Monde Numérique :
[
48:52] Oui, c'est là où on voit le côté plus vertueux, on va dire.
Invité :
[
48:56] Oui, c'est un peu ça l'idée, exactement.
Monde Numérique :
[
48:58] Donc, vous l'avez développé vous-même en la programmant, c'est quoi ? C'est ce qu'on appelle du vibe coding, c'est-à-dire que vous avez développé avec l'IA ?
Invité :
[
49:07] En fait, j'ai utilisé Claude à 80 % et ChatGPT pour les 20 autres pour cent. Et tout ça, comme si j'avais une équipe de développeurs, un responsable juridique, un responsable de cybersécurité j'ai essayé de travailler tous les sujets pour que ça soit quand même, une application robuste et c'est incroyable, c'est-à-dire que moi, je vous le dis, je ne sais pas écrire une ligne de code aujourd'hui, Moody ça a mis 15 mois pour voir le jour sur mon temps libre et j'ai la maîtrise de l'architecture j'ai un certain nombre de lignes de commande aujourd'hui que, je maîtrise mais par contre, écrire du code, je sais pas le faire c'est pas votre métier c'est quand même incroyable ce do it yourself qui est possible de faire avec l'IA.
Monde Numérique :
[
50:01] Vous avez pu en faire une appli quoi.
Invité :
[
50:03] ?
Monde Numérique :
[
50:04] Android iPhone les deux ?
Invité :
[
50:06] Ouais exactement sur App Store et Google Play exactement.
Monde Numérique :
[
50:10] Effectivement c'est l'IA qui fait tout mais ça prend du temps non j'imagine quand même.
Invité :
[
50:14] Alors ça prend du temps j'ai dû y passer j'ai essayé de faire une estimation, je crois que j'ai dû passer entre 450 et 500 heures, malgré tout, sur 15 mois. Donc, ça fait peut-être une petite dizaine d'heures par semaine, sur du temps libre. Mais c'est très gratifiant, en fait. Parce que ça avance, chaque fois qu'on s'y met, on voit que ça avance.
Monde Numérique :
[
50:37] Le point faible, on le sait, sur le vibe coding, c'est notamment la sécurité, la cybersécurité. Alors bon, les IA sont censées en tenir compte, mais... Voilà, vous avez pu verrouiller au maximum.
Invité :
[
50:49] Oui, carrément. C'est un sujet que j'ai abordé avec Claude assez rapidement. Enfin, assez rapidement. Dans la dernière ligne droite avant la publication, on a vraiment abordé toutes les vulnérabilités. Donc, il y en avait quand même un certain nombre. On les a toutes résolues.
Monde Numérique :
[
51:06] Après, il y aura des mises à jour à faire.
Invité :
[
51:08] Exactement. Il y a toute la RGPD. Ça, c'est l'aspect juridique. Exactement, tout l'aspect juridique. Donc tous ces sujets-là sont très bordés et quand je demande aujourd'hui aussi bien à ChatGPT qu'à Claude de me faire un audit de ce qui a été réalisé en 15 mois, les deux me confirment que ça a été un travail très sérieux, voire même au-dessus d'un certain nombre de choses qui sont réalisées par l'air ils sont fiers.
Monde Numérique :
[
51:34] D'elles les IA ont.
Invité :
[
51:35] L'a bien bossé tu sais, c'est mieux que les concurrents il y a toujours ce côté t'es très fort Ouais.
Monde Numérique :
[
51:42] T'es très fort, exactement. Mais non, c'est toi.
Invité :
[
51:47] C'est ça, exactement.
Monde Numérique :
[
51:48] Ouais, d'accord.
Invité :
[
51:49] Et puis après, il y a l'apprentissage de l'IA aussi, c'est-à-dire sans cesse, les manager et les coachés et puis surtout les challenger pour sans cesse savoir quels sont les... Parce qu'en fait, on apprend assez rapidement que l'IA veut nous trouver des solutions rapides.
Monde Numérique :
[
52:05] Toujours.
Invité :
[
52:06] Et toujours rapides et à vouloir contourner des problèmes. Alors même que c'est pour ça qu'il faut les challenger, pour essayer de trouver la rigueur et la robustesse dans chaque chose qu'on fait, parce que sinon, en fait, elle nous embarque. Et donc, ça, c'est un apprentissage de manière aussi autodidacte qui est réalisé sur les 15 mois, en se disant là, en fait, on ne va pas faire comme tu dis, on va essayer de trouver d'autres options qui me paraîtraient à moi beaucoup plus rigoureuses.
Monde Numérique :
[
52:27] Et jusqu'où on peut aller tout seul comme ça, selon vous ?
Invité :
[
52:30] Franchement, je ne sais pas.
Monde Numérique :
[
52:32] Donc, vous êtes l'exemple type de l'entrepreneur décrit par Sam Altman qui dit que, voilà, une personne seule pourra faire le boulot d'une boîte entière désormais c'est incroyable.
Invité :
[
52:45] Je n'ai pas d'autres mots. C'est-à-dire que c'est incroyable. C'est beau.
Monde Numérique :
[
52:50] Merci Grégory Delaroche-Vernay. Donc, Moody, M-O-U-D-I-E, et qu'on trouve à la fois sur iPhone et sur Android.
Invité :
[
52:59] Un grand merci, Jérôme. Sous, Musique Musique.
Monde Numérique :
[
53:08] Musique Musique Musique Musique Musique Comme d'habitude, retrouvez les interviews de Monde Numérique en version intégrale la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique. Mardi, mon entretien avec Laurent Alexandre où on va beaucoup plus loin encore dans l'analyse de l'IA et des transformations qui nous attendent dans la société et puis surtout de la... Société Radio-Canada l'attitude des politiques face à cela. Et puis, il est disponible en vidéo également sur la chaîne YouTube de Monde Numérique. Merci d'avoir écouté cette émission. Je vous donne rendez-vous samedi prochain, as usual. Vous pouvez retrouver tous les épisodes de Monde Numérique sur toutes les apps de podcast, ainsi que sur le site mondenumérique.info et dans l'application Monde Numérique signée GoodBarber. N'hésitez pas à aller écouter, même regarder mon entretien avec Carlos Diaz à propos des agents IA parce que vous êtes très nombreux à vous intéresser à ce sujet pour savoir concrètement ce qu'on peut faire aujourd'hui avec des agents IA. Et puis la semaine prochaine, tenez-vous bien, on parlera aussi de l'intelligence artificielle au service des finances cette fois-ci. Comment gérer son portefeuille, en tout cas son patrimoine même jusqu'à la feuille d'impôt grâce à l'IA. Rendez-vous dans L'Hebdo.
Monde Numérique :
[
54:29] Je vous souhaite une très bonne semaine, pleine de tech, salut !