Bruno Guglielminetti:
[
0:01] Jérôme Colombin à Paris, bonjour.
Jérôme Colombain:
[
0:04] Salut, Bruno Guglielminetti à Montréal.
Bruno Guglielminetti:
[
0:06] Jérôme, très heureux de te retrouver encore cette semaine pour faire le tour du monde, le tour de la planète, et d'offrir notre regard transatlantique aux gens qui nous écoutent, qui nous regardent dans certains cas. Tu me permets de faire le sommaire?
Jérôme Colombain:
[
0:21] Alors, vas-y, j'allais t'en prier.
Bruno Guglielminetti:
[
0:24] En question de vous montrer la liste d'épiceries, de sujets qu'on veut aborder cette semaine. Notamment, évidemment, on va revenir sur les midterms américaines, les élections qui sont passées cette semaine. Beaucoup d'impact dans le monde des technologies. Il y a des gens qui ont perdu gros. Je pense que c'est le moins qu'on puisse dire. Après Microsoft, Canva et d'autres entreprises sont en train de faire de la réduction d'employés. En France, d'ailleurs, on va en parler particulièrement. Vous êtes touchés. On va rester en France parce qu'il y a des nouvelles vagues de cyberattaques. On reviendra là-dessus. Du côté du commerce en ligne et particulièrement du commerce agentique, il y a Google et Microsoft qui ont annoncé deux grosses annonces qui pourraient changer l'expérience des gens qui magasinent en ligne. Et on en profitera peut-être pour faire un clin d'œil à cette révolution qui se passe chez toi, Jérôme, ta nouvelle vie avec l'agent IA.
Jérôme Colombain:
[
1:20] Si tu veux, je te raconterai ma vie.
Bruno Guglielminetti:
[
1:22] Bonjour, tu vas vouloir. Alors, sinon, bien évidemment, on va parler, bien je dis évidemment, c'est pas évident, mais de plus en plus, on en parle et on veut vous aider à vous faire une tête là-dessus. C'est l'utilisation de l'IA qui doit être, je sais de bien présenter ça, qui doit être repensé par rapport à l'IA en réseau et l'IA local. De plus en plus, on voit des initiatives intéressantes et ça, bien on va pouvoir en parler. Puis sinon, petit clin d'œil à la fin, si on a du temps, on va parler de Hubert parce qu'il donnait des nouvelles d'eux.
Bruno Guglielminetti:
[
2:06] Géraud, commençons d'abord avec cette fameuse soirée qui a fait presque un, les Anglais diraient un reset dans la politique américaine. Et donc, tsunami, bluenami, comme les disent les analystes américains, sur les États-Unis, c'est la vague démocrate qui a déferlé, qui prend le contrôle des deux côtés. Bon, ça, c'est le changement politique chez les Américains, mais concrètement, ça a eu aussi un impact dans le domaine de la technologie.
Jérôme Colombain:
[
2:37] Oui, parce qu'en fait, on s'est aperçu que la campagne pour ces élections s'était faite énormément sur l'opposition aux data centers, les fameux centres de données qui permettent de faire tourner l'intelligence artificielle. Alors, toi comme moi, on l'avait déjà évoqué dans nos podcasts, on savait que ça commençait à gueuler aux États-Unis, dans de nombreux États. Et là, effectivement, c'est une claque, on peut dire ça comme ça, parce qu'il y a plusieurs États américains, notamment le Texas, la Géorgie, l'Ohio, etc., qui concentrent à eux seuls près de 40% des projets de développement de data centers, parce qu'on sait que les États-Unis continuent à construire énormément de data centers.
Jérôme Colombain:
[
3:23] Dans ces États-là, ce sont des gouverneurs démocrates qui ont été élus et qui s'étaient clairement engagés contre les data centers. Ils disaient qu'il fallait soit suspendre carrément, soit faire un moratoire, attendre un peu, soit surtout, et c'est peut-être ça le plus légitime en fait, faire en sorte que l'implantation de ces data centers soit mieux encadrée, qu'elles ne partent pas dans tous les sens parce qu'effectivement, ça provoque des nuisances. Alors, ça bouche un peu le paysage pour les voisins. Ça leur prend aussi, ça leur fait monter leur note d'électricité parce que les mécanismes comme ça de facturation au niveau des zones géographiques entières font que s'il y a des data centers, c'est la maison d'à côté qui va avoir sa note d'électricité montée. Les problèmes d'eau aussi, les problèmes de bruit. Enfin bref, les gens sont remontés comme des pendules contre les data centers. Il faut dire aussi que les démocrates ont largement surfé sur cette vague. Ils se sont appuyés là-dessus pour un peu agiter le mécontentement de la population et ils s'en sont servis comme la levée électorale. Mais le résultat est là.
Bruno Guglielminetti:
[
4:31] C'est intéressant parce que tu parlais de l'Ohio, mais moi, je regardais ça du point de vue du Texas, qui demeure pour moi quand même l'exemple même d'un État qui a investi dans les centres de données. Évidemment, il y avait de l'argent de Mosque qui était derrière ça, et puis après Meta et compagnie, mais ils sont tous partis au Texas, s'installer. Mais là, ils ont l'air fin parce qu'avant l'élection, il y avait eu un moratoire sur la construction de nouveaux centres de données. Et là, maintenant que les représentants… Bien, ce n'est pas compliqué. À Washington, maintenant, il ne reste plus qu'un républicain pour représenter tout le monde. Et le gouverneur, maintenant, est démocrate et la plupart des représentants du Texas sont démocrates aussi. Qu'est-ce qui va advenir de tous ces investissements qui avaient été faits, qui étaient en passe d'être faits, mais en tout cas, de l'argent qui a été déboursé? Il y a bien des gens qui ont l'air le cac et bas après ces élections-là.
Jérôme Colombain:
[
5:27] Oui, et au-delà de ça, on peut se poser la question de savoir si ça risque de freiner le développement de l'intelligence artificielle aux États-Unis, en fait. Quelles vont être les conséquences concrètes? Est-ce que ça veut dire que ces entreprises, les OpenAI, Anthropic, etc., SpaceX, comment ils s'appellent ? SpaceX AI maintenant ?
Bruno Guglielminetti:
[
5:51] Oui, SI.
Jérôme Colombain:
[
5:52] Voilà. Est-ce qu'ils vont être en mesure de fournir toute la puissance de compute, comme on dit, de puissance de calcul qu'ils promettent, dont ils ont besoin pour faire face à la demande, etc. ? C'est une vraie question. Est-ce que ça ne va pas un peu freiner le développement de l'IA ? Alors après, ça vient se conjuguer avec un autre phénomène qui est aussi l'efficience des modèles qui s'améliorent tout le temps et qui, en fait, ont besoin de moins de puissance pour faire la même chose. Il y a eu des études récentes qui montraient que les modèles qu'on utilise tous les jours, ils consomment moins de tokens que ce qu'ils ont consommé avant ou que les versions précédentes consommaient pour arriver à faire la même chose, en fait, exactement.
Bruno Guglielminetti:
[
6:34] Et ça, c'est une bonne nouvelle, mais le problème, c'est qu'il y a de plus en plus de gens qui utilisent. Et voilà, bien sûr. Et donc, on n'arrive pas à balancer parce que tu as tout à fait raison. Si on restait à 100 utilisateurs, que de bonnes nouvelles parce que ça coûterait moins cher, l'énergie en serait moins épris, sauf que ce n'est pas ça le problème. C'est que là, on vend à tout vent l'intelligence artificielle qui est adoptée par les utilisateurs individuels, mais aussi les organisations. Et là, la demande pour ça est au plafond.
Jérôme Colombain:
[
7:05] La demande augmente et puis en plus vu que les prix baissent la demande va augmenter encore plus il y a un effet rebond en fait
Bruno Guglielminetti:
[
7:15] C'est intéressant la notion de prix parce que dépendamment à qui on parle, il y a des offres effectivement qui descendent et ça coûte moins cher. Les modèles demandent moins, mais de l'autre côté, comme il y a tellement un grand usage qui est fait de l'IA, ça fait qu'en bout de ligne, à la fin du mois, pour les entreprises, la facture d'IA, elle commence à grimper. Parce qu'elles se retrouvent tellement partout dans leur organisation, ceux qui ont déjà pris le virage, que ça commence à leur coûter cher. Je pense que c'est le meilleur exemple, puis on reviendra sur le sujet, mais c'est par exemple Apple qui est obligé de revisiter le budget de ses ingénieurs qui utilisent de l'IA. Maintenant, la plupart le font, mais bon, ce n'est pas évident. Mais donc, gros impact.
Jérôme Colombain:
[
7:57] Alors, l'impact, oui, il y a de l'impact immédiat. On va voir s'il y a vraiment un gros impact parce qu'il y a tellement d'enjeux derrière, je veux dire, entre les promesses électorales et ce que feront véritablement ces nouveaux gouverneurs, il y a peut-être une marge. C'est intéressant quand même à regarder parce que, comme toujours, ce qui se passe aux États-Unis arrive ensuite dans les autres pays. Donc, je ne sais pas comment ça se passe chez vous au Canada, mais chez nous en France, il commence aussi à y avoir un petit peu d'opposition aux data centers. Évidemment, de toute façon, les data centers, c'est comme les antennes de téléphonie mobile. On en veut, on en veut parce qu'on en a besoin, mais on n'en veut pas près de chez soi. Donc, oui, oui, vous nous mettez des antennes, mais mettez-les plus loin, s'il vous plaît. Oui, c'est un peu le problème. Après, honnêtement, je pense que les choses sont mieux faites chez nous, c'est mieux encadré, on ne fait pas n'importe quoi, ça nuit moins aux populations locales, mais l'inconvénient, c'est que comme c'est tellement bien encadré, il y a beaucoup de réglementations et ça prend très longtemps. Et c'est Octave Claba, le patron de VHcloud, qui avait poussé un coup de gueule récemment en disant qu'il faut 4 ans pour avoir toutes les autorisations pour pouvoir commencer à construire un data center. Donc là, c'est aussi une autre forme de difficulté qui freine le développement de l'intelligence artificielle.
Bruno Guglielminetti:
[
9:09] Il y a peut-être des chances que ça commence à ressembler comme ça aux États-Unis.
Jérôme Colombain:
[
9:13] Oui, ça va se passer comme ça. Alors, tu as vu qu'il y en a un qui a pris une claque aussi dans l'histoire et qui en tire d'ailleurs des conclusions. C'est ton ami Elon Musk. J'adore dire ça à chaque fois, ton ami Elon Musk.
Bruno Guglielminetti:
[
9:28] Bien sûr, mon ami Elon Musk.
Jérôme Colombain:
[
9:29] Oui, on sait que vous êtes intime. Non, puisqu'Elon Musk, alors déjà, il a pris une claque parce qu'il avait énormément investi contre la campagne des démocrates et pour faire pencher la balance en faveur des républicains. Il avait dépensé 445 millions de dollars, je crois, pour
Bruno Guglielminetti:
[
9:45] Soutenir les… Je pense qu'on était auprès d'un demi-milliard, oui.
Jérôme Colombain:
[
9:48] Oui, c'est ça. Bon, voilà. Finalement, ça n'a servi à rien. Et il est concerné parce que lui, le premier, est en train de construire des super data centers, Gigafactory, etc. Comment ça s'appelle, ce n'est pas Gigafactory, c'est une espèce d'énorme truc monstrueux.
Bruno Guglielminetti:
[
10:04] Je ne sais pas le nom, mais c'est un énorme. Et dans deux États, il y a celui qui était au Texas et je pense que c'est en Louisiane qu'ils sont en train de construire la prochaine.
Jérôme Colombain:
[
10:13] Oui, peut-être.
Bruno Guglielminetti:
[
10:14] Des choses comme ça.
Jérôme Colombain:
[
10:15] Oui. Et tu as vu, le garçon qui est quand même loin d'être un imbécile, il faut bien le dire, qui a pas mal d'humour en plus. Il a fait un tweet, tout de suite, il a posté un message sur X en disant que finalement, l'idée de faire des data centers dans l'espace était plutôt attrayante. Tu m'étonnes.
Bruno Guglielminetti:
[
10:36] Et Google a commencé à tester son IA.
Jérôme Colombain:
[
10:40] Oui, Google est en train de le tester. Oui, tout à fait. Ils sont en train de faire des tests. Mais voilà, c'est-à-dire qu'on sait que c'est son projet, Elon Musk. Et effectivement, ça résoudrait ses problèmes de nuisance sur Terre. Plutôt que de foutre le bordel dans les prairies sur Terre, aller donc foutre le bordel dans l'espace, au fond. C'est intéressant parce qu'il y a beaucoup de gens, et non des moindres, et des gens très compétents. et moi, j'ai vu passer pas mal de prises d'opposition à ce sujet-là qui disent, mais c'est n'importe quoi, parce qu'on ne peut pas refroidir des data centers dans l'espace. Il y a ceux qui disent, mais si, en fait, on peut, si on tourne, si on se met dans la position opposée au soleil, etc. On est sur des défis physiques et technologiques hyper intéressants, en fait.
Bruno Guglielminetti:
[
11:23] Tu vois, peut-être qu'avec l'arrivée de l'ordinateur quantum, dans cinq ou dix ans, on va arriver à calculer des solutions. Oui, oui, oui, peut-être. Soyez optimistes.
Jérôme Colombain:
[
11:33] Mais nous le sommes !
Bruno Guglielminetti:
[
11:37] Bon, et de ça, on commence à parler de réduction de personnel, de l'optimisme. Mais non, je vais revenir sur le sujet parce qu'en France, vous êtes particulièrement touché par la chose. Il y a les Australiens aussi qui sont touchés cette semaine. Donc, après Microsoft a annoncé une vague d'invitations à quitter l'entreprise, puis là, on parle de dizaines de milliers de personnes. C'est au tour de Canva d'annoncer le départ de gens. En France, il y a Meta, il y a Google qui sont en train de parler de ça. Et je me demande à quoi ça ressemble un peu l'atmosphère chez vous.
Jérôme Colombain:
[
12:14] Pour l'instant, les annonces concernant Meta et Google viennent de tomber, donc il n'y a pas vraiment de réaction. Bon, ce n'est pas non plus des industries françaises historiques. Ce n'est pas Renault, etc. Donc, il y aura moins d'émotions, je pense, dans la presse. Mais c'est vrai que Meta a annoncé une centaine de départs sur 300 salariés. Ça fait quand même un tiers des équipes, principalement des équipes commerciales. Google France aussi, des départs volontaires, pour l'instant, on n'a pas de chiffres. Et puis, je l'ai dit Canva, et je pense que c'est le plus intéressant, en fait, c'est au niveau mondial. Et Canva, on rappelle ce que c'est, donc c'est cette plateforme qui a un petit peu ubérisé Photoshop, déjà, d'une certaine manière, qui permet de faire des créations graphiques directement en ligne, et c'est un outil absolument fantastique qui utilisent aussi bien tous les services de communication dans les entreprises que les entrepreneurs, les solopreneurs, comme on dit, etc.
Bruno Guglielminetti:
[
13:13] Et les millions d'influenceurs.
Jérôme Colombain:
[
13:16] Voilà, voilà. Donc, ça permet de faire des couvertures, des posts pour les réseaux sociaux, des couvertures de vidéos, etc. Toi comme moi, on utilise Canva. Mais là, on est clairement sur une ubérisation, si on peut dire, par l'intelligence artificielle. Parce qu'ils annoncent une réorganisation portant sur 22% des équipes au niveau mondial. Alors, il y a à la fois des licenciements, des changements de postes, des relocalisations, etc. Mais 22%, ce n'est pas rien. On n'a pas les détails, mais on se doute que c'est parce qu'il y avait déjà eu des prémices. On se doute que c'est parce qu'il y a leur fait du mal. Il y a plusieurs explications d'après ce que j'ai compris. Il y a aussi le fait que la croissance de Canva ralentit. C'est une boîte qui a explosé sur ces dernières années. Donc, évidemment, forcément, à un moment, ça se tasse un peu. Tu es obligé d'ajuster le tir. Tous les grands groupes connaissent ça.
Bruno Guglielminetti:
[
14:06] Un peu comme méta quand on est sorti de la pandémie. Bien sûr.
Jérôme Colombain:
[
14:08] Amazon a fait ça. Moi, je me souviens des premières années d'Amazon où il y a eu les premiers plans sociaux. Et puis, on se disait, oh là là, mais finalement, ça ne marche pas si bien que ça, la nette économie. Moi, je me souviens que j'en parlais avec des confrères journalistes. On me disait, mais non, mais attendez, les mecs, ce n'est pas comme ça. Des boîtes comme ça elles explosent et puis après elles ajustent le tir et c'est vrai qu'elles ont elles ajustent elles ont trop embauché à un moment elles sont obligées de débaucher à un autre moment voilà Mais donc, parce que la question de fond, c'est, est-ce que c'est à cause de l'IA ou pas, finalement, tout ça? C'est la question qu'on se pose, tu es d'accord?
Bruno Guglielminetti:
[
14:47] Oui, mais c'est ça, mais c'est un peu particulier parce que dans le fond, Canva goûte un peu à sa sauce. Ils sont arrivés avec une offre en ligne pour justement être une alternative à ce que Adobe offrait, ou d'autres entreprises, offraient en solution logicielle. Mais c'est à leur tour maintenant de goûter à la sauce qu'il y a un petit nouveau qui lui arrive et permet de faire probablement 75 % de ce que tu fais et probablement 100 % de la majorité des fonctions que les gens utilisent sur ton application. Mais maintenant, ils l'ont à l'intérieur d'un forfait qu'ils utilisent pour faire autre chose aussi.
Jérôme Colombain:
[
15:25] Alors ça, ça fait mal. Typiquement, tu veux faire, en ce qui nous concerne par exemple, une couverture de vidéo. Mais pour d'autres personnes, ça va être, je ne sais pas quoi, une plaquette commerciale, publicitaire, un carton d'anniversaire, n'importe quoi.
Bruno Guglielminetti:
[
15:38] Une présentation PowerPoint.
Jérôme Colombain:
[
15:39] Une présentation PowerPoint. Bon, tu vas sur Canva, il y a des centaines de modèles qui sont vachement bien faits, etc. Alors, tu choisis ton modèle, puis tu vas customiser ton modèle, etc. Bon, c'est très bien. Mais aujourd'hui, toi comme moi, qu'est-ce qu'on fait ? On va dans le ChatGPT, on lui dit ce qu'on veut et il nous le sort du début à la fin. Et il y a même un mode, une fonction, je ne sais pas si tu l'as utilisé, qui est génial. Quand ChatGPT, tu as généré ton image, tu lui dis « Présente-la-moi dans Canva pour que je puisse la modifier.
Bruno Guglielminetti:
[
16:09] » Oui, parce que Canva a développé un plugin dans Charge of Tech.
Jérôme Colombain:
[
16:11] Oui, exactement. Oui, mais ils n'avaient pas le choix. Ils n'avaient pas le choix. Il fallait qu'ils fassent rentrer de l'IA. Ils ont fait rentrer de l'IA d'ailleurs. À l'intérieur de Canva, on peut utiliser de l'IA générative, mais qui n'est pas terrible.
Bruno Guglielminetti:
[
16:22] Mais as-tu déjà essayé ça, l'IA, dans Canva?
Jérôme Colombain:
[
16:24] C'est nul.
Bruno Guglielminetti:
[
16:25] Je n'ai jamais été capable de créer quelque chose que je pouvais utiliser. On est d'accord.
Jérôme Colombain:
[
16:30] Jamais. Ça ne marche pas.
Bruno Guglielminetti:
[
16:31] C'est d'une nullité là.
Jérôme Colombain:
[
16:33] Absolue. Oui, c'est affreux. Du coup, quand tu pars de l'autre côté, tu pars du côté de ChatGPT et tu lui dis, rends-moi l'image compatible avec Canva. Et donc, alors là, ça devient un peu technique. C'est pour les gens qui savent un petit peu de quoi on parle sur l'aspect graphique, c'est-à-dire que d'une image aplatie où tout est collé, tu vas te retrouver avec des calques et tu vas pouvoir beaucoup plus modifier des morceaux d'images. Et donc, c'est fantastique. Tu as la puissance des deux, tu as la force des deux mondes. La génération par ChatGPT et puis le travail ensuite par Canva.
Bruno Guglielminetti:
[
17:07] Mais donc, c'est ça. Alors, cette histoire de Canva, moi, je trouvais ça important tant qu'on revienne sur Canva, justement, parce que c'est symptomatique. Là, on parle de Canva, mais il y a d'autres joueurs comme ça qui offrent des services en ligne qui sont impactés par la nouvelle réalité des modèles d'IA qui en font de plus en plus.
Jérôme Colombain:
[
17:22] Puis, il y a le fait que… Alors, après, l'IA a bon dos aussi. Tu te souviens des plans de licenciement qu'il y a eu il y a quelque temps où on dit « Ah, c'est à cause de l'IA, tu parles. » C'était qu'il fallait qu'ils réduisent la voilure et ils font passer ça sur le dos de l'IA. Mais il y a aussi des réaffectations budgétaires où beaucoup de boîtes doivent justement investir dans l'IA et il faut aller chercher de l'argent, c'est notamment dans la masse salariale. Exactement, c'est le cas de Microsoft.
Bruno Guglielminetti:
[
17:54] Jérôme, si tu me permets, on met Canva et compagnie de côté, mais on reste en France parce que je veux absolument que tu nous parles de cette nouvelle vague, et là, je ne parle pas de Godard, je parle de cette nouvelle vague de cyberattaques, notamment, ça rebelote sur les frigos, mais aussi des banques.
Jérôme Colombain:
[
18:16] Qu'est-ce qui se passe chez vous ? Je ne sais pas, on est dans l'œil du cyclone, il y en a tout le temps. Et là, effectivement, c'est carrément un cyberbraquage de banques qui a eu lieu. C'est le Crédit Mutuel Arkea qui a été victime d'une cyberattaque qui lui a coûté, tiens-toi bien, 118 millions d'euros. C'est-à-dire qu'il y a des petits cons qui se sont introduits et qui ont raflé 118 millions d'euros, c'était sur des comptes. Ils les ont ensuite dispatchés sur des tas de banques à droite à gauche, ils les ont transformés. en crypto-monnaies, on ne peut pas du coup les retrouver. Alors, la banque a annoncé que les clients ne seraient pas impactés et qu'ils seraient remboursés. Un peu comme l'affaire de Binance là, aux Etats-Unis, sur les crypto-monnaies, où c'est pareil, on va puiser dans la trésorerie pour dédommager les clients, mais quand même, ça fait un peu flipper. Et une fois de plus, c'est toujours pareil. Ils sont passés par un prestataire externe qui n'était pas au même niveau de sécurité et ils ont remonté le truc et ils ont réussi à faire ce détournement. Donc voilà, c'est un peu toujours le même scénario. Ça, c'est pour la banque.
Bruno Guglielminetti:
[
19:26] Mais parle-nous des frigos.
Jérôme Colombain:
[
19:28] Les frigos, oui, très vite. On se souvient qu'il y a quelque temps, ce sont des grandes chaînes de supermarchés qui ont été touchées. Là, il y a une nouvelle vague contre des réfrigérateurs, des congélateurs de supermarchés, mais pas seulement en France. Il y a 12 pays européens concernés. C'est pareil, même scénario. À distance, les pirates modifient le réglage des températures. Au lieu qu'ils soient en dessous de zéro, ils remontent le truc à plus de 20, 30, 40, 50 degrés. Et résultat, si tu ne t'en appartiens pas tout de suite, eh bien toute la marchandise est à jeter. Donc il y a eu pas mal de nouvelles victimes parmi des chaînes d'alimentation. En Belgique aussi, apparemment ça fait encore plus mal en Belgique, en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni cette fois, encore plus que chez nous. Mais par contre chez nous il y a eu autre chose, c'est l'établissement français du sang qui a été attaqué, c'est un organisme qui stocke toutes les poches de transfusions sanguines, donc évidemment c'est dans des frigos, c'est pour les opérations, pour les accidents, etc. pour pouvoir répondre immédiatement en cas de besoin. Et ils ont été attaqués et on leur a bousillé leur frigo. Heureusement, eux, ils sont un peu plus avancés technologiquement. Ils avaient des alertes, ils s'en sont rendus compte. Ils ont réussi à remettre le truc en route, à déplacer les stocks. Et donc, ils ont annoncé très officiellement qu'il n'y avait pas d'impact sur les stocks de sang. Heureusement.
Bruno Guglielminetti:
[
20:58] Mais c'est intéressant, c'est malheureux, mais c'est intéressant ce dernier exemple-là parce que ça nous démontre, on en parlait un peu de comment on est en train, de voir évoluer les cyberattaques où on est passé d'entreprises qui se faisaient, cyberattaquer puis boucler leur information puis ils étaient rançonnés. Mais là, on est en train de voir des gestes qu'ils portent, puis des frigos à la limite. Il n'y a personne qui meurt de ça, on va chez le voisin ou on mange autre chose. Mais là, quand on commence à s'attaquer à des manches de sang, oui, c'est ça.
Jérôme Colombain:
[
21:31] – Mais ça ne rapporte rien aux pirates,
Bruno Guglielminetti:
[
21:35] C'est sûr. – Non, mais ça ne fait que du mal. Et là, tant mieux. C'est un bel exemple d'être prêt. Imagine-toi dans un pays ou dans un endroit ou un dispensaire où il n'y aura pas ce contrôle-là, la catastrophe que ça peut être.
Jérôme Colombain:
[
21:49] Mais absolument, et c'est pour ça qu'on se demande qui ça peut être derrière, parce que soit ce sont des attaques étatiques, comme on dit, donc ce sont nos amis préférés qui ne nous veulent que du bien, genre la Russie, la Chine et les proxys, pas directement eux, mais bien sûr toute la… Par des tiers. Voilà, par des tiers. Soit c'est ça pour désorganiser, pour nous nuire, soit c'est simplement des petits cons qui font ça, parce qu'il faut savoir aussi comment ça se fait. Il y a un truc que moi, j'ai découvert, c'est vrai que je ne connaissais pas. Tu connais Shodan?
Bruno Guglielminetti:
[
22:23] J'en avais entendu parler, mais c'est toi qui m'as ramené ça en tête.
Jérôme Colombain:
[
22:26] Oui, Shodan, c'est un moteur de recherche, c'est une espèce de Google, mais qui, au lieu de te référencer des sites web, référence tous les objets connectés dans le monde. Alors, c'est aussi bien ta webcam qui surveille ton jardin que les réfrigérateurs de l'établissement français du son.
Bruno Guglielminetti:
[
22:43] Le robot qui fait le ménage chez toi.
Jérôme Colombain:
[
22:45] Voilà, ou les robots, etc. Et surtout, qui indiquent lorsqu'il y a des vulnérabilités, lorsqu'il y a des failles qui ne sont pas comblées, lorsqu'il y a des sécurités qui ne sont pas activées, etc. Donc, tu t'abonnes à Showdance, ça coûte 25 dollars par mois. Et ensuite, tu tapes, tiens, je ne sais pas quoi, je ne sais plus comment s'appelle le fabricant des réfrigérateurs. Là, tu tapes le nom et il te donne la liste de tous les trucs qui sont vulnérables aujourd'hui. Donc après, tu n'as plus qu'à générer un petit script avec Cloud ou ChatGPT. Et puis, tu peux faire des dégâts extraordinaires.
Bruno Guglielminetti:
[
23:23] Ça, c'est si tu veux y aller de façon artisanale, parce que sinon, tu peux demander tout simplement à ton agent d'aller voir quelles sont les failles les moins documentées, puis de monter un script pour y aller. C'est affreux.
Jérôme Colombain:
[
23:36] C'est effrayant, mais bon voilà, maintenant, il faut vivre avec ça et il faut arrêter d'être naïf. Et enfin, on l'a déjà dit souvent, la cyber est une absolue priorité. Il faut faire attention à tous les sous-traitants, tous les gens qu'on a dans son écosystème. Typiquement, le coût des réfrigérateurs, c'est parce que c'est du vieux matériel, qu'ils n'ont pas de système d'alerte, etc. Ben voilà, tu peux plus...
Bruno Guglielminetti:
[
23:58] Oui, puis dans les hôpitaux, c'est la même chose. Attendez la prochaine catastrophe qui va se passer dans un milieu hospitalier, ça ne sera pas beau.
Jérôme Colombain:
[
24:06] Quand tu as des équipements connectés à Internet, tu es obligé de t'assurer que la sécurité est au niveau maximal.
Bruno Guglielminetti:
[
24:16] Écoute, on met ça de côté. Un autre dossier qu'on range dans le classeur et on en reparlera, c'est sûr, plus tard. Je veux attirer ton attention cette fois-ci sur le commerce en ligne parce que deux annonces, coup sur coup, Google et Microsoft qui annoncent des possibilités de commerce agentique en ligne. Dans le cas de Google, c'est donc à partir d'une simple recherche de carrément lancer Gemini pour aller faire un achat chez toi, chez un commerçant, qui aura été évidemment choisi préalablement. Et puis de l'autre côté, la Microsoft qui a décidé d'inclure à l'intérieur de l'expérience copilote une vitrine pour les commerçants. Donc, le défi pour les commerçants, c'est assez amusant parce que dans le cas de Google, les commerçants vont devoir aller s'inscrire, mais dans le cas de Microsoft, à l'heure actuelle, c'est une vitrine pour les commerçants, mais les commerçants vont devoir s'assurer de sortir dans les résultats des IA.
Jérôme Colombain:
[
25:15] C'est du référencement.
Bruno Guglielminetti:
[
25:17] Exactement, et c'est là qu'ils vont devoir travailler fort.
Jérôme Colombain:
[
25:20] Ben oui, mais ça, écoute, moi j'ai envie de dire, enfin c'est génial ce qui est en train d'arriver, ça peut un peu inquiéter les uns et les autres, mais ça veut dire que de plus en plus, on va faire des achats depuis son outil d'IA.
Jérôme Colombain:
[
25:36] Moi, personnellement, ça va. Toi comme moi, on est là-dedans. J'ai en projet de m'acheter une nouvelle caméra pour qu'on puisse faire des visions encore plus belles. J'ai programmé un petit... Oui, c'est une sorte d'agent, une tâche répétitive pour qu'ils me scannent en permanence le prix de cette caméra et qu'ils me disent dès qu'il y a une baisse de prix intéressante. Et l'étape d'après c'est bien sûr que du coup ils puissent l'acheter la mettre dans le panier et que si je suis d'accord je n'ai plus qu'à valider pour payer en fait mais il est évident qu'on va faire de plus en plus des achats comme ça même pour des achats basiques je veux dire tu veux tiens il n'y a plus de lessive et tout plutôt que d'aller sur le site chercher la lessive machin etc il sait quelle lessive tu as l'habitude d'acheter il a compris que tu en avais le dernier baril les derniers paquets que tu avais acheté c'était il y a un mois il n'y en a plus ou il n'y en aura bientôt plus et ils le recommandent automatiquement ou presque automatiquement. Donc, pour les acheteurs, ça va être un vrai service. Moi, j'en suis sûr. C'est tout le commerce argentique qui va se développer. Et pour les vendeurs, effectivement, il va falloir qu'ils soient présents dans les moteurs d'IA. Il faut que, si tu as un commerce, il faut qu'ils remontent dans les résultats. Donc, c'est du référencement naturel comme on parle, mais ça peut être aussi du référencement payant comme tu viens de l'évoquer avec Google, etc. Donc, c'est aussi une nouvelle manne pour les plateformes qui vont…
Bruno Guglielminetti:
[
27:01] Mais ce qui est troublant là-dedans, puis c'est drôle parce que j'en parlais avec quelqu'un de chez Google qui justement travaille sur ça pour le Canada, et ce que je lui disais, c'était qu'ils sont quand même en train de bouleverser l'expérience, utilisateur qui a été développée par les cybermarchands. Et ce n'est pas pour rien que les gens de Amazon ont dit non.
Jérôme Colombain:
[
27:22] Quand tout est arrivé. On ne peut pas faire un achat via un agent sur Amazon, c'est ça?
Bruno Guglielminetti:
[
27:28] Non, c'est ça, on ne peut pas.
Jérôme Colombain:
[
27:29] Pour l'instant, on ne peut pas. Mais par contre, on peut scanner, scruter les prix, comme je le fais moi actuellement.
Bruno Guglielminetti:
[
27:34] Oui, tout à fait. Mais de passer avec Muse et de dire, va me chercher un truc, va m'acheter une paire de bas et de chaussettes, et puis après, reviens-moi avec ça. Sur Amazon, on ne peut pas, et c'est compréhensible, parce qu'Amazon, l'expérience, j'expliquais ça à quelqu'un récemment, Amazon, c'est un peu comme chez Ikea. Tu rentres chez Ikea parce que tu vas aller t'acheter un truc, mais tu te sors avec un panier plein.
Jérôme Colombain:
[
27:56] C'est la sérendipité commerciale.
Bruno Guglielminetti:
[
28:00] Et chez Amazon, c'est la même chose. Tu vas toujours te faire attraper avec quelque chose. Alors, tandis que quand tu demandes à ton agent de regarder, par exemple, pour ta caméra, le jour où la caméra est à un bon prix, que toi, tu es d'accord, pouf, la mission, l'agent, il va acheter la caméra, puis il retourne. Il ne va pas aller acheter. Oui, mais les gens qui achètent cette caméra achètent aussi. Non, ça, ça ne marche plus.
Jérôme Colombain:
[
28:21] Mais ça pourrait marcher, franchement.
Bruno Guglielminetti:
[
28:22] Ça pourrait, mais à l'heure actuelle, ça ne fonctionne pas comme ça. Et c'est pour ça que Walmart, qui, eux, ont dit, « Ah, les utilisateurs de muses, venez, venez, on vous attend. » Eux, ce qu'ils ont développé, c'est que quand ton agent IA à toi te rend chez Walmart, il ne rentre pas par la même porte que toi. Il rentre sur un service d'accueil d'agent IA. Et donc, eux, ils font de la business direct d'agent IA.
Jérôme Colombain:
[
28:45] D'agent à agent.
Bruno Guglielminetti:
[
28:46] Exactement, oui. Mais c'est pour ça qu'ultimement, les cybermarchands vont devoir aussi revoir leur façon de faire pour vraiment répondre à ce marché qui commence de plus en plus à être.
Jérôme Colombain:
[
29:01] C'est très intéressant au niveau du commerce, ce que va changer l'IA agentique. C'est sans doute des difficultés, mais il y a des potentialités énormes.
Bruno Guglielminetti:
[
29:11] Puis, on s'entend. Je lisais un truc ce matin sur le fait que, et puis je m'excuse, je ne me souviens plus de quel site, mais il y avait un site marchand, un gros site marchand qui partageait ces données et qui disait que là, ce qu'il voit, c'est un peu comme toi, c'est énormément de visites d'agents qui viennent vérifier des prix. Il dit qu'on ne commence pas à voir, c'est des agents qui viennent faire la transaction. Mais c'est une question de temps. Dans ce moment, on va en reparler et ça va déjà commencer.
Jérôme Colombain:
[
29:41] Moi je le fais un peu mais pour l'instant ça marche pas très bien mais j'essaye de le faire pour de l'alimentaire
Bruno Guglielminetti:
[
29:46] Mais là arrête parce que ça fait deux fois que tu m'ouvres la porte là moi je vais lever la lampe puis j'entre c'est quoi ta vie maintenant parce que moi ça fait un petit moment que j'ai des agents yachts toi c'est quoi t'as adopté des agents yachts.
Jérôme Colombain:
[
29:58] Moi c'est plus récent c'est vrai et moi en une semaine là j'ai fait un chemin comme de la terre à la lune en termes d'agents C'est incroyable,
Bruno Guglielminetti:
[
30:08] C'est-à-dire que… Qu'est-ce que tu utilises? Qu'est-ce que tu as fait? Donne-nous des exemples.
Jérôme Colombain:
[
30:12] Ce n'est pas tout à fait des agents. En fait, c'est intéressant parce que le terme lui-même pose question. On parle d'IA agentique à partir du moment où l'IA peut faire plus que de répondre à des questions, mais peut faire des actions. Donc, c'est typiquement ça.
Bruno Guglielminetti:
[
30:27] Comme Jiminy, par exemple. C'est le meilleur exemple. Jiminy, au départ, c'est un modèle d'IA, c'est un robot conversationnel, mais on peut lui donner des tâches d'agentique.
Jérôme Colombain:
[
30:36] Mais après, il y a le côté proactif et que tu as souvent expliqué, c'est-à-dire que l'agent, il est là, il fonctionne en permanence et il te suggère des choses. Effectivement, moi, en une semaine, je me suis mis à faire un maximum de choses sur ChatGPT. Je n'écris plus de mails, je le fais par ChatGPT. ChatGPT est connecté à ma boîte mail professionnelle. Donc, quand j'ouvre ChatGPT le matin, il me dit, tiens, tu as telle proposition, tel truc, tel machin, etc. Alors, tu cliques, il te résume le mail et il te propose tout de suite une action. Donc, tu lui dis oui, non, tu peux corriger et modifier l'action, etc. Bon, alors, ce n'est pas nouveau. Il y a des tas de gens qui utilisent ça depuis longtemps. Moi, j'avoue que j'étais très frileux par rapport à ça. Et puis, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais j'ai viré ma cutie. J'ai tout connecté et c'est parti. Alors, c'est peut-être dû au fait, j'ai fait une interview de Carlos Diaz, tu sais, du podcast Silicon Carnet, qui me raconte justement sa vie avec sa quinzaine d'agents IA. C'est une interview qui parle à beaucoup de gens parce qu'elle a super bien marché. C'est bien en audio ou en vidéo.
Bruno Guglielminetti:
[
31:44] Ça a une curiosité, ton interview.
Jérôme Colombain:
[
31:47] Oui, oui, oui, mais c'est très intéressant parce que c'est très concret tout ce qu'il me raconte, etc. Ça m'a un petit peu décoincé. décoincé ça m'a un peu décoincé et puis je fais aussi avec ce qu'on a et il y a des choses qu'on n'a pas Moi, mon fils, je vais te raconter ma vie, mon fils est aux États-Unis, donc il a des choses que moi, je n'ai pas. Et l'autre jour, on a changé des messages.
Bruno Guglielminetti:
[
32:12] Et par exemple, sur ton chat GPT, est-ce que tu as accès à DOT maintenant ?
Jérôme Colombain:
[
32:14] Non, moi, je n'ai pas accès à DOT. Mais lui, il a accès à DOT. Et hier, c'est son DOT qu'il a programmé lui-même qui m'a envoyé un message en me disant « Salut, je suis l'assistant. » Non, je suis l'assistant de… Ok,
Bruno Guglielminetti:
[
32:27] Quand même.
Jérôme Colombain:
[
32:29] Voilà, tu vas bientôt venir le voir. Il est très content. Tu arrives tel jour à telle heure. le retour, etc. Et tout, voilà, c'est super rigolo. Et là, c'est son agent qui me parle. Moi, j'en suis pas encore tôt à ce stade. Alors, je teste aussi l'agent français Captain, qui est une autre interview que j'ai faite la semaine dernière de Michel Lévy-Provençal, qui est l'un des rares agents français, qui, lui, peut être un peu plus proactif, et tu peux lui parler via Telegram. Donc, t'as un peu plus d'interactivité facile, y compris sur le mobile, etc. Mais déjà, dans ChatGPT, tu peux faire des trucs de folie. Et je te dis, moi, j'écris plus de mails, ça passe par ChatGPT. J'ai même connecté, je publie les annonces de mes épisodes sur les réseaux sociaux via ChatGPT. Tu touches du doigt la révolution de ce truc. C'est un truc de fou. Tu n'as plus besoin de savoir comment faire les choses. Il faut juste savoir ce que tu veux faire. Et lui, il se débrouille. Alors, ça coûte cher parce que du coup, ça y est, j'ai craqué. J'ai pris l'abonnement à 100 $ pour Tchadjapiti.
Bruno Guglielminetti:
[
33:37] Oui, parce que là, évidemment, tu augmentes le nombre de jetons que tu utilises. Et c'est ça qui est encore bon marché pour les gens qui utilisent les abonnements. C'est qu'on a encore un escompte formidable. Si tu te branchais en vrai avec une API, ça te coûterait pas mal plus cher que 100 $ par mois.
Jérôme Colombain:
[
33:53] Mais toi aussi, tu as cet abonnement-là.
Bruno Guglielminetti:
[
33:55] Oh, tout à fait.
Jérôme Colombain:
[
33:56] Oui, parce que quand tu l'utilises beaucoup, c'est assez frustrant. Tu commences à avoir des limitations. Tu te dis, ah, ben non.
Bruno Guglielminetti:
[
34:02] La version de 20 $, elle te coupe.
Jérôme Colombain:
[
34:05] À 20 $, c'est fini. Il s'arrête. Tu demandes un truc, il s'arrête.
Bruno Guglielminetti:
[
34:08] C'est presque, oh, je voudrais bien faire cette tâche-là.
Jérôme Colombain:
[
34:13] C'est plus de jetons. Mais ça pousse à la consommation et ça va nous coûter une fortune. Et dans les boîtes, ça leur coûte une fortune.
Bruno Guglielminetti:
[
34:20] Mais je reviens sur un truc que tu disais. Moi, ce que je trouve intelligent, de la part des gens qui font ces outils-là, les agents IA, c'est les façons de communiquer avec eux. Parce que bon, chat GPT, ça va, il y a l'interface de HPD. Mais maintenant, la plupart des agents commencent à avoir leur adresse de courrier électronique. Donc, tu peux carrément l'inclure dans une discussion puis tu peux...
Jérôme Colombain:
[
34:42] Ah oui, oui.
Bruno Guglielminetti:
[
34:43] Moi, c'est déjà arrivé, mon dot avait une discussion avec quelqu'un d'autre et puis il est venu me résumer ce dont ils parlaient ensemble par courriel. On peut les rejoindre par un numéro de téléphone. Donc, on peut tout simplement leur parler au téléphone.
Jérôme Colombain:
[
34:56] Alors, pas chez nous. Si on ne peut pas ouvrir l'application.
Bruno Guglielminetti:
[
34:57] Bon, ça, c'est un détail.
Jérôme Colombain:
[
34:59] Oui. Tu peux leur parler en vocal. Oui. Moi, je parle de plus en plus à l'IA parce que j'en ai marre de faire des prompts à rallonge. Donc, en fait, tu appuies sur le bouton micro et puis tu lui parles. Oui.
Bruno Guglielminetti:
[
35:10] Puis sinon, tu as un truc, on commence à les voir apparaître directement. Ils n'ont pas nécessairement de site web, mais ils sont disponibles par les réseaux sociaux. Je pense à Instinct.
Jérôme Colombain:
[
35:21] Par exemple. Ben voilà, Carlos m'en parle beaucoup de Instinct. Vous l'avez au Canada, Instinct?
Bruno Guglielminetti:
[
35:26] Oui, moi je l'utilise, oui. D'accord. Et c'est un peu particulier parce que où je lui parle par WhatsApp, ou je lui parle par d'autres plateformes. Il a son numéro de téléphone, il a son courriel.
Jérôme Colombain:
[
35:40] Tu l'invites à dîner.
Bruno Guglielminetti:
[
35:42] Non, on n'est pas rendu là. Ça ne devrait pas se rendre là, mais c'est quand même particulier parce qu'on s'entend à Instinct, ce sont des indépendants. Ils ne font pas partie, aujourd'hui, ils ne font pas partie des GAFAM, mais ils ont développé quelque chose de très intuitif et qui te permet de parler à un assistant. Tu sais, ça fait longtemps, et même toi, je pense que tu avais travaillé avec, des gens comme ça, ça fait longtemps qu'il y a des gens qui offrent leur service d'assistant à distance. Sur la planète. Et ce sont des gens à qui tu leur demandais de faire du travail pour toi. Aujourd'hui, avec ces agents IALA, tu peux faire la même chose.
Jérôme Colombain:
[
36:17] Exactement. Oui, parce que tout ce qu'on décrit, ça existe depuis un certain temps dans beaucoup de grandes entreprises. Voilà, c'est très utilisé. Et puis, aussi, c'est utilisé par des geeks comme toi, moi ou d'autres, etc. Mais la vraie révolution, c'est que tout le monde va y venir. Tout le monde va y venir.
Bruno Guglielminetti:
[
36:40] Écoute, le cheval de trois que Meta a inventé et a mis en place avec Muse, qui est en train de se vanter, de se faire valoir auprès de leurs 3 milliards d'utilisateurs, c'est ça, là. C'est le premier contact que M. et Mme Tout-le-Monde peut avoir avec un agent hier. Puis quand tu fais des conférences, genre dans les deux dernières semaines, j'ai fait 6 ou 7 conférences, et les gens m'en parlent après. Ils disent, « Muse, vous n'en avez pas parlé dans votre conférence, mais est-ce que c'est bon ou est-ce que c'est pas bon ils sont curieux par rapport à ça.
Jérôme Colombain:
[
37:14] Oui c'est la démocratisation de l'agent Muse effectivement alors nous on l'a pas pareil ça fait partie des choses qu'on n'a pas mais bon je pense que ouais ouais non mais là on touche du doigt vraiment une révolution et je vois je vois un peu sur les réseaux sociaux les réactions aux extraits d'interviews que j'ai pu passer de Carlos Diaz ou de Michel Lévy-Provençal il y a encore des réactions du genre oui non mais là franchement quelle vie de merde d'utiliser un agent pour caler ses rendez-vous à sa salle de sport ou bien ça ne sert à rien, c'est nul. C'est marrant, c'est toujours les mêmes réactions. Tu sais, c'est la première vague de gens qui te disent c'est nul, ça ne sert à rien. Et puis, dans un an, ils l'utiliseront.
Bruno Guglielminetti:
[
37:57] Ça, c'est comme ton ami qui ne voulait pas de téléphone intelligent.
Jérôme Colombain:
[
38:01] Aujourd'hui...
Bruno Guglielminetti:
[
38:02] Mais tu vois, la meilleure contestation ou opposition à l'agent hier que j'ai vue, ou même à Robo Conversationnel, c'était une artiste peintre qui disait en ligne, moi, je n'ai pas le goût que l'intelligence artificielle fasse des dessins et des peintures à ma place pour que je me tape la vaisselle et le fourneau. Quand ça sera l'inverse, là, ça m'intéressera.
Jérôme Colombain:
[
38:25] Et c'est vrai? C'est vrai, c'est vrai. C'est sûr.
Bruno Guglielminetti:
[
38:29] Tu me permets de fermer ce dossier-là aussi?
Jérôme Colombain:
[
38:32] Ah mais fermons les dossiers, oui.
Bruno Guglielminetti:
[
38:34] Alors imaginons qu'il y ait un classeur et bang, boum, c'est fermé. Je t'amène, il y a un truc que j'ai vu dans l'actualité, puis je me disais, quel beau prétexte pour parler de la réflexion quant à l'usage de l'IA, on reste quand même dans l'IA, mais dans l'usage en réseau et local. Première chose que j'ai vue, c'est Revolut, la banque, la FinTech, qui est très présente de plus en plus, qui maintenant vient de changer. Ils ont laissé Claude pour aller avec une IA chinoise et ils disent avoir économisé, des économies de dix fois ce que ça leur coûtait avant avec Claude.
Jérôme Colombain:
[
39:21] Mais ils la font tourner chez eux.
Bruno Guglielminetti:
[
39:23] Localement.
Jérôme Colombain:
[
39:23] Localement.
Bruno Guglielminetti:
[
39:24] Oui, exactement.
Jérôme Colombain:
[
39:26] C'est-à-dire qu'au lieu d'utiliser l'API, de se connecter sur les data centers d'anthropique, ils font la même chose, mais localement.
Bruno Guglielminetti:
[
39:33] Oui, et ça, ça soulève la question. Parce que de plus en plus, on le voit, puis juste au lancement des derniers Mac Studio et Mac Mini, il y a eu, écoute, ils ont été annoncés, ils ont été mis en vente, il n'y en avait plus.
Jérôme Colombain:
[
39:48] Pourquoi? Oui, parce que les gens ont acheté pour faire ça.
Bruno Guglielminetti:
[
39:51] Oui, pour avoir un petit serveur de modèle d'Ian.
Jérôme Colombain:
[
39:54] C'est ce que tu fais, toi.
Bruno Guglielminetti:
[
39:55] C'est ça? Moi, je fais ça sur mon Mac Studio. Il y a une partie qui est réservée à une IA locale. Mais ce que je trouve intéressant, c'est que là, on commence à avoir cette réflexion et on commence à avoir des exemples comme ça qui remettent en question le modèle qui a été présenté jusqu'à maintenant, c'est-à-dire que tu te branches à distance, par API ou par le web, à un système d'IA, que ce soit chat GPT, d'Antropique ou peu importe, Et tu roules avec ça. Mais ce qui est possible d'être fait maintenant, puis presque, je reprends l'expression, pour monsieur, madame, tout le monde, parce que ça devient vraiment simple. Il y a des applications que tu télécharges, t'installes sur Mac ou Windows, t'installes sur la machine, et ça te permet de créer un petit centre qui est réservé à un modèle d'IA qui est assez puissant et qui peut rouler sur ton ordinateur.
Jérôme Colombain:
[
40:45] Il y en a un qui vient de sortir, tu as vu, qui s'appelle Survival. Oui, c'est un an,
Bruno Guglielminetti:
[
40:49] Oui.
Jérôme Colombain:
[
40:50] Voilà, Survival LLM. Pourquoi survival ? Parce que le message, c'est malin, c'est de dire, tout d'un coup, s'il y a une coupure d'Internet, coupure d'électricité, etc., au moins, vous ne serez pas privé d'intelligence artificielle parce que si vous l'avez localement, si c'est l'électricité, tu seras embêté.
Bruno Guglielminetti:
[
41:08] Après, il faut voir, quand tu regardes des modèles qui sont locales, après, c'est sûr qu'il n'y a pas l'évolution.
Jérôme Colombain:
[
41:17] Il y a des limitations.
Bruno Guglielminetti:
[
41:18] Pardon ?
Jérôme Colombain:
[
41:19] Forcément, il y a des limitations.
Bruno Guglielminetti:
[
41:20] Exactement. Il y a des limitations. Tu sais, je regardais, moi, j'ai testé cette semaine Gwen, si je ne me trompe pas, c'est Alibaba. La dernière mise à jour de cette affaire-là, c'est 2024. Ça fait deux ans d'évolution, puis en deux ans, les modèles, ils font des pirouettes salto quatre fois par en arrière.
Jérôme Colombain:
[
41:40] Ah oui, c'est énorme.
Bruno Guglielminetti:
[
41:41] Et donc, pour certaines tâches, c'est parfait. Ça roule là. Son français, par exemple, est excellent. Il arrive à créer des textes, à faire des trucs, à proposer, à faire de la correction. Mais quand on est dans le plus complexe, parce que l'idée, c'est qu'il ne se branche pas du tout à l'Internet. Donc, vous êtes vraiment en cercle fermé. Peut-être qu'un jour, on va découvrir une porte dérobée, mais pour le moment, quand on voit quelque chose à Pékin, et pour le moment, moi, j'ai décroché de l'Internet et ça roulait très bien, puis ça faisait tout ce que je voulais avec ça.
Jérôme Colombain:
[
42:12] D'accord. Oui, et puis, ça peut être très utile pour tout ce qui est travaux d'écriture, de traduction, de mise en forme, de lecture de documents.
Bruno Guglielminetti:
[
42:20] D'automatisation.
Jérôme Colombain:
[
42:21] D'automatisation. Mais par exemple, ils ont quand même aussi une base de connaissances, même s'ils ne sont pas connectés à Internet. Oui, oui. Mais toi, il y avait une époque où CHLGPT n'était pas connecté à Internet.
Bruno Guglielminetti:
[
42:30] On a vécu cette histoire. Merci, ça ressemble exactement à ça.
Jérôme Colombain:
[
42:36] On a l'impression que c'était la préhistoire, mais c'était il y a deux ans. CHLGPT va avoir...
Bruno Guglielminetti:
[
42:41] Je me souviens de faire des entrevues il y a deux ans en disant, il faut garder en tête que la dernière mise à jour date de décembre 2023.
Jérôme Colombain:
[
42:49] Oui, voilà, c'est ça. Et là, le Survival LLM, il est basé sur Wikipédia, sur, je ne sais pas pourquoi, des manuels de survie aussi. Enfin, il a quand même toute sa base documentaire. Et il s'est entraîné là-dessus.
Bruno Guglielminetti:
[
43:03] Mais donc, c'est à ajouter à votre réflexion. Mais dans bien des cas, je parlais avec des gens qui avaient à voir avec... Dans mes affaires de conférences, je parlais avec des gens qui étaient dans le domaine de l'éducation récemment, et je leur disais, il y a un enjeu ici, et puis en France, vous avez le même type de loi, mais où c'est important maintenant, quand on traite de l'information, que ça soit anonymisé, parce que l'information personnelle, il ne faut pas que ça se promène partout. Bien sûr. Puis même si vous n'avez pas de loi, je vous conseille grandement de le faire, ça va vous éviter des problèmes dans le futur, mais donc, d'avoir une IA qui est locale et où tu sais que le traitement de l'information, ça se fait localement sur la même machine où t'héberges ces fichiers-là de toute façon, et on commence à être dans un environnement plus sécuritaire, et ça vient même jouer dans le contexte, quand on parle de souveraineté numérique, ça vient aussi porter une certaine solution à cet enjeu-là.
Jérôme Colombain:
[
44:01] Sécurité, souveraineté numérique et frugalité. C'est des modèles qui pèsent moins sur les ressources naturelles puisqu'ils font moins appel au data center.
Bruno Guglielminetti:
[
44:12] Puis même sur ton portefeuille.
Jérôme Colombain:
[
44:14] Et donc, sur ton portefeuille, au bout du compte, bien sûr.
Bruno Guglielminetti:
[
44:17] Il n'y a pas de mensualité à payer là-dedans. Une fois que c'est installé, je regarde ma machine. Une fois que c'est installé sur la machine, c'est beau, ça reste là.
Jérôme Colombain:
[
44:24] Non, c'est intéressant, mais il y a pas mal d'entreprises qui se dirigent là-dessus avec notamment des modèles open source. En France, on a Mistral qui est basé là-dessus, qui fournit des modèles pour certains open source et tout. Après, ça a des limitations. Il faut le savoir. Oui, tout à fait. C'est-à-dire que quand tu es habitué à rouler en Rolls-Royce avec un Chad GPT… Tu veux dire en Ferrari ? En Ferrari, ouais.
Bruno Guglielminetti:
[
44:46] Est-ce que ça roule vite ?
Jérôme Colombain:
[
44:47] Plus en Rolls, moi, je dirais. Ah ouais, ok. Tu as tout, le confort, la sécurité, le truc. Tu vois, pour 100 dollars par mois, ok, tu vas revenir à un modèle autonome, ça va t'apporter des avantages, mais c'est comme si tu te mettais à rouler en Zoé électrique. C'est bien, mais ce n'est pas pareil. Ha, ha, ha ! Ce n'est pas la même chose.
Bruno Guglielminetti:
[
45:08] Je ne suis pas sûr du modèle, mais bon, c'est bon.
Jérôme Colombain:
[
45:11] Non, mais elle est bien.
Bruno Guglielminetti:
[
45:12] Mais ça, ça se passe, parce qu'on parle de réflexion d'entreprise, ça se passe dans un contexte où tu as quoi, tu as Apple. On apprenait récemment, je pense que c'est Bloomberg qui a sorti l'histoire, ou Wired, qui disait que là, Apple est en train de réduire le budget qui est alloué à chaque ingénieur et même chaque employé, dans son organisation pour l'utilisation de l'IA.
Jérôme Colombain:
[
45:34] Et donc, par exemple… À combien ils étaient?
Bruno Guglielminetti:
[
45:37] Par exemple, les ingénieurs jusqu'à avant hier, genre, avaient de budget quotidien 300 $.
Jérôme Colombain:
[
45:44] 300 $ par jour.
Bruno Guglielminetti:
[
45:45] Et là, imagine. Et là, maintenant, ils descendent à 200.
Jérôme Colombain:
[
45:47] Par ingénieur.
Bruno Guglielminetti:
[
45:48] Par ingénieur. Et là, ils descendent à 200 et on envisage peut-être de les ramener à 100.
Jérôme Colombain:
[
45:54] Oui, ça va leur faire tout drôle,
Bruno Guglielminetti:
[
45:56] Hein? Écoute, alors eux vont frapper souvent la limite, disant « j'aimerais faire ça pour toi, mais tu n'as plus de jetons. » Et puis parallèlement, les gens qui sont à l'administration, on les ramènerait à 25 $ au quotidien. Mais c'est pour te dire, partout, on est en train justement de rabaisser les prix parce qu'il y a une flambée d'utilisation de biens.
Jérôme Colombain:
[
46:19] On est démarré sur les chapeaux de roue. On avait l'impression qu'on avait un accès total, gratuit. Oui, enfin, en tout cas, pour un prix forfaitaire. Et le problème, c'est qu'on en demande de plus en plus. Avant, tu demandais une image et puis on commençait à dire, « Oh, ce n'est pas bien de demander des images à la Chajipiti quand même, ça consomme plus et tout. » Et maintenant, pour faire une image, tu lui en demandes dix parce qu'elle ne te plaît pas.
Bruno Guglielminetti:
[
46:42] D'ailleurs, c'est ça qu'ils font. Tu demandes une image, il t'en sort une série pour être sûr que tu vas en retrouver une qui va t'intéresser.
Jérôme Colombain:
[
46:50] C'est l'opulence, mais l'opulence a un coût. Alors bon, c'est quand même hyper confortable. Si on va commencer à devoir se restreindre sur la consommation d'IA, c'est logique, mais ce ne sera plus le même confort d'utilisation.
Bruno Guglielminetti:
[
47:04] Oui, mais moi, je rappelle, puisqu'on a l'attention des gens, je rappellerai que l'IA, je pense qu'il faut être conscient de ce que c'est, de ce que ça laisse comme trace. Il faut l'utiliser de façon intelligente, responsable. Et puis il faut penser peut-être que pas toutes les tâches qu'on voudrait faire avec une IA doivent être nécessairement faites par l'IA.
Jérôme Colombain:
[
47:25] Oui. Tu vois, là, je devais programmer la publication d'une vidéo cet après-midi. J'ai failli la faire sur Tchadipiti. Tu disais, ah non, je vais la faire manuellement. J'ai le temps, donc ça prend plus de temps. Oui, mais tu sais pourquoi j'ai fait ça. OK, c'est pour la planète, mais c'est pour mon porte-monnaie aussi parce que je me suis dit je vais garder des tokens pour faire autre chose.
Bruno Guglielminetti:
[
47:46] Oui, Je suis persuadé que c'est d'abord pour la planète.
Jérôme Colombain:
[
47:48] Oui, bien sûr.
Bruno Guglielminetti:
[
47:49] Accessoirement pour ton portefeuille. Non, non, mais je te connais, Jérôme. Bon.
Bruno Guglielminetti:
[
47:55] Si tu me permets, on terminerait avec Uber qui avait la présentation des résultats trimestriels, je pense c'est hier ou avant hier, et je trouvais ça amusant parce que, écoute, Uber, ça va tellement bien, la croissance est solide, c'est partout, mais le problème, parce que tu sais, ils se sont diversifiés, c'est plus, que des courses automobiles, c'est plus que du Uber EAT, c'est maintenant différents services, mais le problème.
Jérôme Colombain:
[
48:23] Ils se sont rendus compte. des parcours en hélicoptère et tout.
Bruno Guglielminetti:
[
48:26] Oui, aussi. Mais ils se sont rendus compte que finalement, à travers tout ça, Là, il commence à y avoir pénurie et c'est une pénurie d'humains pour pouvoir offrir leur service.
Jérôme Colombain:
[
48:37] Bon, ils n'ont pas assez d'humains. C'est-à-dire, eux, ils doivent embaucher alors. Mais ils n'ont qu'à embaucher tous les ingénieurs qui vont être licenciés. Enfin, pas licenciés, mais
Bruno Guglielminetti:
[
48:46] Qui vont être licenciés. Oui, mais c'est ça. Mais il va falloir, s'ils veulent le faire, et c'est un peu la réaction face à ça, c'est qu'ils disent, nous, on offre tout maintenant parce que la technologie nous permet de tout offrir. Mais il manque d'humains pour l'offrir.
Jérôme Colombain:
[
48:59] Mais c'est pour quel type de métier, tu sais ou pas?
Bruno Guglielminetti:
[
49:02] En partant, avec les chauffeurs, avec les services Uber Eats. Il y a de la demande, mais il n'y a pas assez d'ivrains.
Jérôme Colombain:
[
49:09] Oui, mais de toute façon, ils ne sont pas salariés d'Uber, ces gens-là. On le saurait, c'est ce qu'on leur reproche, justement.
Bruno Guglielminetti:
[
49:14] Non, mais c'est ça. Alors, eux, ce qu'ils.
Jérôme Colombain:
[
49:16] Disent… Ils ont besoin de plus de chauffeurs, c'est-à-dire d'utilisateurs de la plateforme.
Bruno Guglielminetti:
[
49:20] Et de livreurs, oui.
Jérôme Colombain:
[
49:21] Et de livreurs.
Bruno Guglielminetti:
[
49:22] Oui. Et donc, la réaction, c'est que, écoutez, avec un constat comme ça, c'est surprenant de voir que vous n'allez pas, parce que les revenus sont là de leur côté, pensez à revoir les tarifs que vous offrez à vos chauffeurs et à vos livreurs pour ne parler que ces deux domaines-là. Puis peut-être que là, vous aurez plus de gens qui sont intéressés à travailler avec vous.
Jérôme Colombain:
[
49:44] Bien sûr. C'est la loi de l'offre et la demande. Ils vont être obligés d'augmenter les rémunérations. Parce que c'est vrai que les rémunérations des chauffeurs Uber, c'est quelque chose. Pas terrible, hein? C'est très variable. C'est un truc de fou. Moi, j'ai appris ça récemment. C'est complètement dingue. La commission que prend Uber sur une course, elle peut aller de 5 %, donc là, c'est super pour le chauffeur, à 45 %.
Bruno Guglielminetti:
[
50:04] Ça dépend de la demande du marché ?
Jérôme Colombain:
[
50:06] Ça dépend. Effectivement, ça dépend de l'offre, etc. L'autre jour, je prends un Uber. En plus, j'allais à l'aéroport, j'avais un avion, donc je ne voulais pas trop traîner, tu vois. Et le chauffeur il s'arrête au feu et tout il me dit combien vous avez payé monsieur pour ça je dis machin et tout Il me dit, ah bon ? Et il commence à regarder, il fait ses calculs, il me dit, parce que je ne sais pas si je vais vous garder, là. Je ne sais pas si je vais la prendre, cette course. Je dis, quoi ? Oui, oui. Il était à deux doigts de me lâcher sur le trottoir parce que la course n'allait pas lui rapporter assez, ce que je peux comprendre. Ce que je peux comprendre, mais...
Bruno Guglielminetti:
[
50:42] Mais une fois qu'il est dans la voiture, c'est un peu gênant.
Jérôme Colombain:
[
50:44] C'est un peu... Bon, finalement, il a été, je ne sais pas, il a été sympa, il a compris que ça pouvait être intéressant pour lui. Il m'a emmené quand même. Mais ça m'a fait tout drôle. J'ai vu le coup, j'allais me retrouver sur le carreau avec ma valise Tu montes dans la voiture et le mec, il dit, finalement, non, ce n'est pas assez cher. Prenez une autre voiture.
Bruno Guglielminetti:
[
51:03] Ça rappelle ce que les chauffeurs de taxi à Paris pouvaient faire aussi. Oui, mais dans une autre époque.
Jérôme Colombain:
[
51:09] C'est une époque révolue et c'est justement ce que Uber a quand même, malgré tout, contribué à faire disparaître.
Bruno Guglielminetti:
[
51:16] Tu vois, à force d'avoir développé un genre de monopole du transport urbain à Paris, ben là, maintenant, c'est ce qui arrive.
Jérôme Colombain:
[
51:23] Oui, oui. Non, mais il y a beaucoup d'avantages, mais il y a aussi beaucoup d'abus, en fait. Ils tirent un peu trop sur le truc. Et enfin, ils se sucrent sacrément. Et en plus, avec une appli qui est abominable, qui est devenue un arbre de Noël, il y en a de tous les côtés. C'est fou. C'est l'horreur, l'horreur.
Bruno Guglielminetti:
[
51:40] Et chaque fois que tu montes dans le vrai menu d'accueil du départ, tu découvres toujours un nouveau service. Ah, ils font ça maintenant.
Jérôme Colombain:
[
51:48] Oui, mais c'est, enfin, je ne sais pas. Quand tu es pressé, tu veux une voiture, t'as pas besoin d'avoir 50 000 offres de faites vos courses, la prochaine fois, aller au spectacle, 5%, 10% de réduction sur...
Bruno Guglielminetti:
[
52:02] Louez-vous une voiture ?
Jérôme Colombain:
[
52:03] Louez-vous une voiture, prochainement sur vos écrans, etc. Enfin, c'est n'importe quoi.
Bruno Guglielminetti:
[
52:11] Bon, bon, bon, bon. Je te sens un tête.
Jérôme Colombain:
[
52:13] Si vous nous entendez, franchement, faites quelque chose, parce que l'appli, c'est devenu... Puisqu'on est dans le chapitre de récrimination. Il y a un truc génial en plus sur le design. Ils ont planqué le... Quand tu veux faire annuler une course, je ne sais pas comment c'est chez vous, et le bouton, il se cache. Il est toujours caché, toujours plus loin, jamais au même endroit, etc. Donc, le temps que tu annules, en fait, c'est trop tard.
Bruno Guglielminetti:
[
52:37] Je ne voudrais pas être mauvaise langue, mais je pense que c'est fait exprès.
Jérôme Colombain:
[
52:41] Sans blague. Ce sont les dark patterns. Oui, c'est les dark patterns. C'est fait exprès pour te...
Bruno Guglielminetti:
[
52:50] – Jérôme, avant que tu te chauffes trop sur les sujets… – Oui.
Jérôme Colombain:
[
52:54] Parce que là, je vais m'énerver, là.
Bruno Guglielminetti:
[
52:55] – Bien, je le sais. Alors, regarde, je prends le dossier, je le remets dans la filière et on ferme ça.
Bruno Guglielminetti:
[
53:00] Avant de te laisser aller, parce que moi, je vais poursuivre de mon côté et toi du tien, j'aimerais bien savoir ce dont vous allez parler, monsieur, dans le monde numérique cette semaine.
Jérôme Colombain:
[
53:09] – Cette semaine dans le monde numérique, je parle politique, enfin presque. L'élection présidentielle arrive et l'IA n'est pas du tout pris en compte, sauf un petit peu par-ci, par-là, par certains. Alors, l'IA et la présidentielle, c'est le titre d'un bouquin signé Olivier Babaud et Laurent Alexandre. Et j'ai le plaisir de recevoir Laurent Alexandre, qui est une figure chez nous en France de la tech. C'est une grande gueule. Il balance tout le temps des... C'est presque un troll sur X. Donc, il est en interview dans Monde Numérique. Et puis, je m'intéresse aussi à un petit réseau social français développé par un monsieur tout seul dans son coin en vibe coding. C'est une nouvelle expérience de déploiement d'une solution complètement par une personne.
Bruno Guglielminetti:
[
53:51] Et comment ça s'appelle ?
Jérôme Colombain:
[
53:53] Ça s'appelle Moody, M-O-U-D-I-E. C'est un réseau limité, notamment pour les enfants, où tu commences par dire si tu vas bien ou si tu vas mal. Voilà, un anti-Facebook. Waouh ! Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet?
Bruno Guglielminetti:
[
54:09] Benoît, c'est la semaine prochaine.
Jérôme Colombain:
[
54:10] Oui, j'allais dire Benoît, excuse-moi.
Bruno Guglielminetti:
[
54:12] Je ne sais pas pourquoi Benoît arrive de temps en temps. Écoute, cette semaine, trois entrevues fort intéressantes, notamment avec Dominique Dany, qui est le président de Move. Move, c'est Move.ai et Neurom qui s'associent ensemble, des boîtes qui sont une dans l'IA et l'autre dans l'expérience web depuis très longtemps. Ils s'associent et ça fait un géant. Ça fait partie de la grande famille publiciste. Google, je parle avec un des patrons de Google Canada pour justement parler de leur nouvelle démarche dans le commerce argentique. Et puis aussi une entrevue avec Tommy James Tremblay qui a mis en ligne depuis un certain temps Sprite AI. Et ça, ça sert à faire de l'imagerie 2D dans le monde du jeu vidéo. Et ce bonhomme-là, c'est intéressant parce que ce qu'il me racontait, c'est qu'au départ, c'était un projet personnel, sauf qu'il l'a oublié en ligne. Et s'est rendu compte qu'il y avait des gens qui venaient de Corée du Sud, d'Angleterre, des États-Unis pour l'utiliser et puis maintenant ils vivent ça.
Jérôme Colombain:
[
55:09] Génial.
Bruno Guglielminetti:
[
55:10] Quand même, hein? Jérôme, je te laisse retourner de ton côté avec tes auditeurs et peut-être une partie des miens. Et puis...
Jérôme Colombain:
[
55:18] Et vice-versa.
Bruno Guglielminetti:
[
55:19] Et puis, on se retrouve la semaine prochaine?
Jérôme Colombain:
[
55:21] Oui, on se retrouve la semaine prochaine. Salut Bruno.
Bruno Guglielminetti:
[
55:23] Salut.