Michel Lévy Provençal:
[
0:01] C'est à peu près ce qui se passe avec ce qu'on est en train de vivre comme débat autour de la voiture autonome.
Michel Lévy Provençal:
[
0:07] Quand tu achètes une voiture autonome, tu acceptes d'avoir une responsabilité quand tu es actif des fonctions d'automatisation. C'est comme ça que ça se passe. C'est-à-dire que tu dois garder les mains sur le volant, tu dois rester maître en fait. Or, pour rester maître à bord quand tu es un agent, il faut que tu aies le minimum possible d'informations et de maîtrise et de contrôle de ton agent. C'est pour ça qu'il est fondamental de conserver le contrôle.
Monde Numérique :
[
0:38] Les agents d'intelligence artificielle, on en parle beaucoup, mais vous le savez, il y en a plein parmi les agents américains, principalement, qui ne sont pas disponibles en Europe, en France. Alors, heureusement, il y a des Frenchies qui travaillent sur le sujet. Et du coup, il existe des agents français. On va parler tout de suite de Qapten avec son fondateur, Michel Lévy-Provençal. Salut, Michel.
Michel Lévy Provençal:
[
0:59] Salut Jérôme.
Monde Numérique :
[
1:00] De la société Brightness. Et désormais aussi à la tête de ce Qapten. Alors ça s'écrit Q-A-P-T-E-N.
Michel Lévy Provençal:
[
1:09] Oui.
Monde Numérique :
[
1:10] Et c'est un agent IA. Tu m'en avais parlé de ci, de là, mais on avait l'impression qu'au début, c'était quelque chose d'un peu confidentiel. C'était une espèce d'outil de travail, si j'avais bien compris, pour tes clients. Et là, maintenant,
Monde Numérique :
[
1:23] ça devient un produit à part entière. Alors, est-ce que tu peux nous présenter Captain ?
Michel Lévy Provençal:
[
1:27] Oui, bien sûr. Écoute, Captain est né il y a maintenant un peu plus de 7, 8 mois, je dirais. Sur la base d'une idée assez simple, c'est qu'on voyait apparaître progressivement sur le marché des solutions qui permettait pas simplement de développer des chatbots, mais véritablement de développer des agents. Pour les auditeurs, la différence entre un chatbot et un agent.
Monde Numérique :
[
1:50] C'est qu'un chatbot...
Michel Lévy Provençal:
[
1:51] Oui, tu as raison.
Monde Numérique :
[
1:51] Il faut bien rappeler ce que c'est.
Michel Lévy Provençal:
[
1:52] De quoi on parle. Tu poses une question au chatbot et il te répond. Un agent agit par définition, c'est-à-dire qu'il est dans un environnement où il a accès à des outils, il a accès à une mémoire, il a accès aussi à une capacité d'orchestration, de planification, et il est capable de répondre, non pas à une question, mais à une mission. C'est-à-dire qu'on lui donne un objectif et il se débrouille pour trouver le parcours nécessaire pour atteindre cet objectif-là. C'est la grande différence entre un agent et un chatbot. Et quand on a commencé, il y avait en gros deux technologies qui permettaient de déployer des agents, de nouvelle génération. Ce n'est pas une technologie tout à fait récente. C'était Hermès et OpenClaw deux technologies open source, Et donc, j'avais commencé à travailler en solopreneur sur cette technologie pour mes propres besoins, les besoins de quelques clients, en mettant en place, un open-clos très simple d'accès. Pas besoin d'être un geek, pas besoin d'acheter un Mac, pas besoin, mais en quelques clics, d'installer ta propre instance open-clos.
Monde Numérique :
[
3:01] Open-clos, dont on avait beaucoup parlé à l'époque, parce qu'on découvrait ce truc-là qui pouvait faire miner une chose, y compris des bêtises d'ailleurs.
Michel Lévy Provençal:
[
3:09] Oui, alors ça s'est beaucoup amélioré, ça s'est beaucoup sécurisé. Et aujourd'hui, Captain est destiné à des indépendants, des solopreneurs, des freelances ou même des patrons de PME qui veulent avoir un assistant IA qui réalise des tâches de manière plus ou moins autonome. Et c'est très accessible parce que tu n'as pas besoin d'avoir de connaissances techniques, tu n'as pas besoin de payer cher, tu as en gros deux types d'abonnements, un abonnement à 40 euros, un abonnement à 100 euros, dans lequel il y a déjà aussi des crédits IA, parce qu'évidemment un agent a besoin de tokens et a besoin de crédits IA.
Monde Numérique :
[
3:44] Oui, c'est la première brique en fait, et derrière il va attaquer des modèles, c'est ça ?
Michel Lévy Provençal:
[
3:48] C'est ça, exactement. Donc on est très agnostique en matière de modèles, c'est-à-dire que, tu citais tout à l'heure des agents qui sont apparus sur le marché, Il y a Dots d'OpenAI, il y a Anthropik Duet, il y a Grogbot, Instinct, Muse de Meta. Mais chacun de ces agents utilise évidemment les modèles de son provider. Donc, Dots va utiliser plutôt des modèles de chat GPT. Pareil pour Anthropik, plutôt les modèles Anthropik. Nous, nous sommes totalement agnostiques. Donc, on propose aujourd'hui un peu plus de 30 modèles. On met à jour notre base de modèles en permanence. C'est-à-dire à chaque fois qu'un nouveau modèle arrive sur le marché, 24 heures plus tard, il est disponible sur Captain. À tel point qu'aujourd'hui, par exemple, tu peux démarrer une action avec un modèle, te rendre compte que finalement, ce modèle est trop onéreux par rapport à l'action que tu lui demandes et basculer sur un modèle moins cher ou un modèle plus rapide ou un modèle plus intelligent. Et tu gardes le contexte de ton action. C'est ça qui est aussi très utile.
Monde Numérique :
[
4:53] D'accord. Mais donc, il faut choisir. Ce n'est pas un mix qui se fait de manière transparente. C'est l'utilisateur qui décide de quel modèle il veut utiliser.
Michel Lévy Provençal:
[
5:01] Alors, les deux sont possibles. C'est-à-dire qu'on a proposé par défaut pour les utilisateurs qui ne veulent pas rentrer dans ce niveau de détail, trois types de modèles. Un modèle nano, qui est très économique pour les tâches quotidiennes. Un modèle optimal et un modèle genius, qui est le plus onéreux, mais le plus intelligent. L'utilisateur choisit une de ces trois options et on se charge du reste. Ça, c'est pour les utilisateurs qui ne veulent pas se poser de questions et qui n'ont pas besoin de choisir des modèles spécifiques. On a un mode avancé où là, tu peux choisir spécifiquement le modèle que tu veux par rapport à la tâche que tu lui donnes.
Michel Lévy Provençal:
[
5:41] Et donc, c'est là que la trentaine de modèles et quelques est disponible dans Captain.
Monde Numérique :
[
5:46] D'accord. Alors, qu'est-ce qu'on peut faire avec ce Captain, très concrètement ?
Michel Lévy Provençal:
[
5:50] Écoute, on peut faire plein de choses. D'abord, je vais donner mes cas d'usage parce que c'est ceux que j'utilise au quotidien. Captain, par exemple, répond à mes mails. C'est-à-dire qu'à chaque réception de mails, il est capable de, naviguer dans mes dossiers, dans mon Notion, dans mon agenda et de construire une réponse pertinente aux mails que je reçois.
Monde Numérique :
[
6:14] Enfin, répondre à tes mails, quand même, il n'est pas dans ton cerveau. Il ne sait pas si, je ne sais pas, la proposition commerciale qu'on te fait va t'intéresser ou pas.
Michel Lévy Provençal:
[
6:25] C'est vrai. Après, à force de converser avec lui, il me connaît de mieux en mieux. Donc, il construit une mémoire de nos conversations. Il construit ce qu'on appelle dans le jargon un harness, c'est-à-dire qu'il a un certain nombre de règles, il a un certain nombre de préférences. Tout est transparent dans Captain. On peut consulter d'ailleurs son harness et on peut même le modifier, ce qui est moins le cas chez d'autres acteurs. Et pour le cas des mails, il prépare les réponses, mais il ne les envoie pas. Je lui ai demandé, ça c'est un élément de sécurité très important, de toujours les conserver en brouillon et de m'avertir quand des mails sont en brouillon et que je dois valider. Ça, c'est un premier exemple.
Michel Lévy Provençal:
[
7:05] Ensuite, évidemment, il y a un certain nombre de tâches que j'ai programmées dans Captain. Il y en a une qui est très utile, c'est de détecter des incohérences dans mon agenda ou dans des rendez-vous que je peux prendre ou finalement dans les tâches que je peux réaliser. Je te donne un exemple. Il y a une semaine, j'avais un rendez-vous quotidien à 9h30 avec mes développeurs. Et donc, ce rendez-vous tombait exactement au même moment où je prenais un train. J'avais complètement zappé et mon capitaine me dit la veille au soir, « Attention, demain matin à 9h30, tu ne vas pas pouvoir faire ton call habituel. Est-ce que tu veux qu'on le déplace ? » Donc, il pousse cette proposition. Il est proactif. Donc, je lui réponds « Oui, oui, je veux que tu le déplaces, trouve un créneau. » Il me dit « J'ai trouvé un créneau, ce serait 17h30. Est-ce que tu veux que je déplace le rendez-vous et que je prévienne tes interlocuteurs et vérifie s'ils sont disponibles ? » Je dis « Oui, juste oui. » Et il l'a fait. Et donc, ce type d'action extrêmement simple sont les capacités que Qapten a par défaut, mais surtout des capacités qu'on peut... Qu'on peut améliorer, qu'on peut modifier, on peut créer ses propres routines dans Qapten en fonction de, finalement, ses propres workflows, ses propres processus, ses propres habitudes.
Monde Numérique :
[
8:29] Mais on peut modifier des choses qu'il a lui-même mises en œuvre, mises en route, mais tu n'es pas obligé de t'embêter à tout programmer à la base, comme c'était un peu le cas au début, en fait.
Michel Lévy Provençal:
[
8:38] C'est ça. On propose un catalogue de routines par défaut. On a une dizaine de routines qu'on peut choisir et qu'on peut installer. Mais en plus de ça, on peut développer ses propres routines. Et c'est là que la puissance de Captain intervient. C'est quand on commence, véritablement à s'habituer à l'outil, en fait, le champ des possibles s'ouvre.
Monde Numérique :
[
9:02] Tu parlais des e-mails, alors par exemple, là je t'ai contacté par e-mail pour te proposer cet enregistrement, c'est Captain qui m'a répondu ou c'est toi ?
Michel Lévy Provençal:
[
9:09] Alors c'est Captain qui a préparé le brouillon, et c'est moi qui ai modifié légèrement le brouillon, parce que, comme il n'avait pas identifié de discussion entre nous, je trouvais que le ton avec lequel il te répondait était un tout petit peu trop formel, donc j'ai modifié un peu. Cher monsieur, je vous remercie. Il ne t'a pas à vous voyer,
Michel Lévy Provençal:
[
9:29] mais je l'ai trouvé un peu formel.
Monde Numérique :
[
9:31] D'accord, OK. Alors, jusqu'où ça peut aller ? Parce que j'ai interviewé récemment Carlos Diaz, que tu connais bien, à San Francisco, qui lui aussi, alors on ne développe pas, mais utilise abondamment toutes sortes d'agents. Et il me disait, mais moi, c'est open bar chez moi, j'ai donné accès à tout. Et mes agents. Alors, il y en a un qui réserve mes séances de sport, de coaching et qui me fait des débriefs après. Il y en a évidemment beaucoup pour le travail. Il y en a qui me réservent des sessions, des repas au restaurant avec des amis sans que je ne sois au courant de rien. Jusqu'où on va avec Captain ?
Michel Lévy Provençal:
[
10:11] Écoute, tout ce que tu cites là est totalement possible. Ah oui, complètement possible avec Captain. Je pourrais te citer des utilisateurs qui apprennent le jazz à la guitare avec Captain, des utilisateurs qui répondent à des appels d'offres automatiquement avec Captain, d'autres qui apprennent toutes sortes de choses avec Captain. Donc aujourd'hui, vraiment, la possibilité qu'on a de déployer ces agents est très, très simple parce qu'ils sont capables de naviguer sur le web, donc potentiellement aller ouvrir une page web remplir un formulaire se loguer, avec ton login mot de passe etc ils sont capables d'interagir avec des applications sur le cloud, Aujourd'hui, Captain propose à peu près 150 connecteurs à différents types d'applications.
Monde Numérique :
[
11:05] Ah oui, donc c'est-à-dire quoi ? Notion ?
Michel Lévy Provençal:
[
11:08] Oui, Notion, Gmail, ton calendrier, Drive, la suite Microsoft équivalente, Slack, Teams, Dropbox, Upspot, Salesforce, etc.
Monde Numérique :
[
11:25] Il faut quoi pour qu'il y ait cette connexion ? Il faut que les services en question aient développé une API et du MCP ? C'est quoi ?
Michel Lévy Provençal:
[
11:34] Alors, on a deux options. On a une première option qui est très simple, qui nécessite d'installer un outil gratuit qui s'appelle Maton d'ETI, qui est en réalité un agrégateur de services externes. Donc, une fois que tu as installé Maton d'OTI, tu récupères une clé API, tu la mets dans Qapten et en un clic, tu choisis les applications sur lesquelles tu veux te connecter.
Monde Numérique :
[
11:55] D'accord.
Michel Lévy Provençal:
[
11:56] Et à ce moment-là, tu ne poses pas de questions. C'est vraiment très, très simple. C'est un seul clic. Et sinon, on a une option qui est un peu moins simple, mais qui ne passe pas par ce tiers, qui consiste à effectivement utiliser ce qu'on appelle les plugins de Qapten, où là, soit on passe par du MCP, soit on passe par des API qui sont implémentées dans les plugins de Qapten. C'est un peu moins simple, c'est un peu moins fluide, mais ça évite de passer par ce tiers.
Michel Lévy Provençal:
[
12:25] C'est aussi une question parfois de sécurité parce qu'on a certains utilisateurs qui veulent maîtriser complètement la chaîne pour des raisons évidentes de sécurité. Il faut savoir que Qapten est hébergé en Europe. L'ensemble de nos infrastructures sont en Europe. et, Les modèles que nous utilisons, on est totalement transparent sur les zones d'hébergement. Et depuis un mois maintenant, on est compatible avec Mistral qui propose les derniers modèles chinois les plus intéressants, les plus pertinents, hébergés en France. Donc, tu as potentiellement une solution.
Monde Numérique :
[
12:57] C'est-à-dire chimie et compagnie ?
Michel Lévy Provençal:
[
12:59] C'est principalement GLM 5.3 et GLM 5.3 Flash qui sont très performants pour l'âge antique. Et donc, Qapten est une solution potentiellement 100% souveraine. C'est-à-dire qu'elle est hébergée en Europe. Les modèles peuvent être hébergés en Europe via Mistral. Et si on n'utilise pas Maton, mais on utilise les plugins Qapten, avec un système d'information local, on a toute la chaîne d'agentique qui est en Europe.
Monde Numérique :
[
13:28] D'accord. Donc, c'est intéressant, cette dimension souveraineté, effectivement. La dimension sécurité. J'y reviens parce que, oui, tout le monde n'a pas forcément envie de…, On peut avoir de l'appréhension quand on lui demande d'aller sur des sites marchands. Est-ce que je peux lui donner accès à mes comptes bancaires, par exemple ?
Michel Lévy Provençal:
[
13:49] Le principe qu'on a voulu implémenter dans Qapten, c'est d'abord la transparence, sur les choix que fait l'agent. Et pour ça, comme je te disais, on donne accès à l'ensemble des fichiers de configuration de ton agent. Fichier explicite, c'est-à-dire ce que tu as donné à ton agent et fichier implicite, ce que l'agent a déduit des conversations que tu as pu avoir avec lui. Parce que l'agent apprend au fur et à mesure que tu travailles avec lui un certain nombre d'éléments te concernant Il peut récupérer.
Monde Numérique :
[
14:20] Par exemple ton historique de chez le GPT ou.
Michel Lévy Provençal:
[
14:22] Claude Oui, il est capable de se connecter il faut que tu le demandes, mais on a un connecteur qui permet de récupérer non seulement les historiques de conversation mais aussi les GPTs, les skills ou les jams des trois principaux acteurs donc tu peux retrouver en fait tout ton passif à l'intérieur de Captain, Pour revenir sur la question de la sécurité, c'est très important d'avoir la transparence. Ensuite, quand tu connectes des applications, Tu as deux niveaux de sécurité. Un niveau dur, qui consiste à dire, quand tu connectes une app, est-ce que cette app, d'abord, est connectée ? Il faut que tu le précises, il faut que tu le demandes explicitement, sinon, par défaut, ils ne les connectent pas. Deuxièmement, tu précises le niveau de droit d'accès de ton agent à cette application. Est-ce que c'est simplement en lecture ou est-ce que c'est en lecture et écriture ? Ce qui est très important, parce que si tu ouvres, par exemple, tes comptes bancaires.
Monde Numérique :
[
15:16] Oui, ça peut avoir du... Oui, ça peut avoir du sens, je ne sais pas, tu dis, tiens, aide-moi à gérer un peu mon épargne et tu l'autorises même à faire des virements à droite à gauche.
Michel Lévy Provençal:
[
15:26] Exactement. Donc là, il faut un accès en écriture sur tes comptes bancaires. Donc, ça demande déjà explicitement une autorisation qui est une autorisation dure. C'est-à-dire que si tu laisses uniquement les accès en lecture, il ne pourra pas accéder aux virements, par exemple. Il ne pourra que lire l'information.
Monde Numérique :
[
15:42] D'accord.
Michel Lévy Provençal:
[
15:43] Et puis, il y a un deuxième niveau.
Monde Numérique :
[
15:44] Et là, on est sûr à 100 %, pardon.
Michel Lévy Provençal:
[
15:46] Là, on est sûr parce qu'en réalité, c'est l'API qui ouvre ou ferme. Bon, après, si l'API est buggée, c'est le problème de ton provider. Mais là, c'est vraiment l'API qui autorise ou non l'accès aux droits. Et puis, il y a un autre niveau qui est, Peu moins dur, je dirais, parce qu'il fait appel au harness et comme tout harness, eh bien, ça n'est pas binaire, ça n'est pas, comment dire, totalement.
Michel Lévy Provençal:
[
16:18] Noir ou blanc. C'est comme tous les LLM, c'est-à-dire que comme c'est statistique, il va interpréter tes contraintes. Tu vas lui donner des instructions et tu vas lui dire, quand tu utilises par exemple mon compte bancaire, je veux explicitement que tu me demandes deux fois la validation avant d'effectuer un virement. Ça, c'est quelque chose que tu peux dire en langage naturel à ton agent. Dans la très grande majorité des cas, il va suivre des instructions. Mais c'est un peu moins sécurisé que la couche qui est dessous, qui est la couche qui donne les droits en écriture ou en lecture seule à ton système. Pourquoi ? Parce qu'évidemment, un LLM, ça interprète une instruction et parfois, ça peut passer au travers des mailles. Mais le fait d'avoir accumulé plusieurs couches de sécurité renforce de manière globale la sécurité de ton agent. Et c'est sur ça qu'on travaille. Transparence, niveau de sécurité dur et niveau de sécurité via le harness de l'agent.
Monde Numérique :
[
17:20] Oui, parce que derrière ça, Michel, il y a une notion de responsabilité. Et c'est un peu la question qui se pose de plus en plus pour les agents, pour les LLM, etc. S'il y a un bug, si ça déraille, c'est pas un bug, c'est plutôt une hallucination ou un truc qui se passe de travers. Qui est responsable ? Et aux États-Unis, on se dirige vers une responsabilité de plus en plus des fournisseurs de technologies. Donc finalement, tu es responsable vis-à-vis de tes clients dans cette histoire-là, non ?
Michel Lévy Provençal:
[
17:48] En réalité, ce qui se passe... C'est à peu près ce qui se passe avec ce qu'on est en train de vivre comme débat autour de la voiture autonome. Quand tu achètes une voiture autonome, pour l'instant, elles ne sont pas disponibles en Europe, dans certains pays d'Europe. En France, pas vraiment le cas. Tu acceptes d'avoir une responsabilité quand tu es actif des fonctions d'automatisation. C'est comme ça que ça se passe. C'est-à-dire que tu dois garder les mains sur le volant, tu dois rester maître, en fait, à bord. Or, pour rester maître à bord quand tu es un agent, il faut que tu aies le minimum possible d'informations et de maîtrise et de contrôle de ton agent. C'est pour ça qu'il est fondamental de conserver le contrôle. Je ne pense pas que nous allions vers une logique de responsabilité des providers de solutions. Je pense que si on pose la question en matière de droit, on va probablement se diriger vers un modèle qui ressemble assez aux assurances civiles. Tu sais, quand tu fais un accident ou quand tu... En réalité, si tu arrives à démontrer, en fait, que tu n'es pas initiateur... Oui, tu es responsable.
Monde Numérique :
[
18:56] Mais tu es de bonne foi.
Michel Lévy Provençal:
[
18:58] Voilà, tu es de bonne foi. Eh bien, il y a une responsabilité civile qui agit. Et donc, tu as une assurance qui est liée à cette responsabilité civile. Je pense qu'on se dirige sur un modèle comme celui-là pour la raison que j'ai citée tout à l'heure. C'est qu'un système qui embarque des LLM ne pourra jamais être 100% déterministe. Pourquoi ? Parce que, par essence, c'est de la statistique. Donc, il y a toujours une petite part d'incertitude qui est de plus en plus petite, mais qui existe néanmoins, et qu'il faut savoir gérer. Et cette part de hasard, peut-être que la meilleure des solutions, c'est effectivement l'assurance responsabilité civile, l'équivalent de la responsabilité civile qu'on connaît par ailleurs, par exemple, sur les problèmes d'accident de la route.
Monde Numérique :
[
19:48] Au fond, c'est comme un être humain. La meilleure personne avec les meilleures compétences, y compris professionnels, etc., on n'est pas à l'abri qu'elle est un pète au casque et tout d'un coup, elle déraille.
Michel Lévy Provençal:
[
20:05] J'aurais presque envie de dire que plus on avance, plus je pense que les agents seront plus performants.
Monde Numérique :
[
20:13] Oui, ça arrive pas peut-être moins souvent qu'ils sont humains.
Michel Lévy Provençal:
[
20:16] Voilà, et que les erreurs seront plus humaines que techniques ou agentiques. Donc, non, et alors ce qui est très important, et moi je suis très clair là-dessus, c'est qu'à partir du moment où on utilise un agent, il faut le faire en conscience. Ce que tu disais tout à l'heure à propos de Carlos, quand il connecte, par exemple, ses comptes bancaires, etc., ou connecte une carte bancaire, je pense qu'il faut mettre des limites. Tu crées une carte bancaire virtuelle.
Monde Numérique :
[
20:45] C'est ce qu'il fait.
Michel Lévy Provençal:
[
20:46] D'ailleurs. Tu mets un montant maximum associé à cette carte bancaire et qui fait que même si l'agent pète les plombs, au moins, tu as un filet de sécurité qui est la limite de ta carte bancaire.
Monde Numérique :
[
20:56] Ça n'ira pas très loin, effectivement. OK. Alors, on comprend.
Monde Numérique :
[
21:01] Tu as donné quelques exemples de ce qu'on pouvait faire. Cet outil-là, pour les gens qui n'ont jamais essayé, c'est plutôt pour un cadre professionnel ou pour un cadre personnel ? Parce que le cadre personnel, alors il est sympa, ça nous fait rêver. Toi, moi, on est des geeks, etc. On a envie de faire plein de trucs avec. Mais il n'y a pas forcément de choses indispensables qu'on a envie de faire faire à un agent aujourd'hui dans la vie quotidienne.
Michel Lévy Provençal:
[
21:25] D'abord, on est au tout début de cette révolution. C'est-à-dire que je pense que dans les mois qui viennent, on va tous avoir des agents. Et on ne va pas en avoir qu'un seul. On va avoir des agents qui vont être spécialisés et qui vont faire différents types de tâches. Ça, c'est le premier point. Je pense qu'aujourd'hui, la valeur des agents se mesure particulièrement pour des entrepreneurs ou des acteurs solos qui ont besoin de faire beaucoup de choses.
Monde Numérique :
[
21:51] Et il y en a de plus en plus.
Michel Lévy Provençal:
[
21:52] Et il y en a de plus en plus. Et en tout cas, c'est comme ça qu'a été conçu Captain. Il a été conçu pour répondre aux besoins des entrepreneurs solos, des freelancers, pour les aider à faire toutes sortes de choses parce qu'ils sont noyés dans différentes tâches et il peut prendre le dessus. Il y a un point sur lequel on est en train de travailler et qui, à mon avis, va aussi améliorer la qualité des agents, surtout quand on travaille en équipe. C'est que pour l'instant, on parle beaucoup d'agents individuels. Mais demain, et nous, on travaille là-dessus aujourd'hui, en ce moment-là, on devrait sortir une version bêta d'ici deux ou trois semaines. Les agents vont travailler entre eux de manière autonome. C'est-à-dire qu'on est en train de créer une sorte de réseau social d'agents. Ton agent et mon agent, avant de nous voir dans cette émission, auraient pu, en rejoignant une room, une captain room, une pièce de dialogue, échanger entre eux, préparer l'émission et nous envoyer des comptes rendus qui nous permettraient d'être prêts un peu plus, peut-être.
Monde Numérique :
[
22:58] C'est vrai.
Michel Lévy Provençal:
[
22:59] Et donc ça, c'est ce qui va se passer dans les mois qui viennent. C'est-à-dire que les agents vont préparer, pas de leur côté simplement, mais en groupe, en socialisant un certain nombre de tâches qui vont nous faciliter la vie. À tel point que demain, on pourra imaginer, je ne sais pas, prenons le cas d'un événement de networking, par exemple, plutôt que d'aller à l'événement un petit peu perdu, sans savoir qui rencontrer ou que faire, on pourra lâcher nos agents, dans un espace de network virtuel, qu'ils rencontrent l'ensemble des acteurs, nous préparent une liste de personnes à rencontrer réellement, en préparant les conversations et nous faire gagner énormément de temps. On pourrait imaginer que, plutôt que de faire un benchmark avant d'acheter un frigo ou une machine à laver ou ton prochain voyage, toute la famille se regroupe dans une salle virtuelle et échange entre agents pour arriver à trouver le meilleur voyage qui puisse convenir à tout le monde. Ça, ça paraît dingue, mais ça ne l'est pas du tout.
Monde Numérique :
[
24:01] Mais on va y venir.
Michel Lévy Provençal:
[
24:01] On va y venir.
Monde Numérique :
[
24:03] Et justement, sur l'aspect commerce, parce que j'ai l'impression qu'il y a plein de potentialités à ce niveau-là, ces agents font un peu le prolongement de ce qu'on faisait déjà avec les chatbots, c'est-à-dire par exemple, on veut acheter une machine à laver, une paire de pneus pour la voiture, n'importe quoi. Plutôt que de taper sur Google, de se taper des dizaines de sites, d'avis, etc. Là, on peut aller encore plus loin avec un agent ?
Michel Lévy Provençal:
[
24:26] Oui, bien sûr. Aujourd'hui, tu peux demander à Captain, par exemple, de te faire un benchmark sur tous les téléphones, du marché et te choisir en fonction de tes préférences, en fonction de tes habitudes, puisqu'il a accès aussi à tes habitudes, celui qui te semble être le plus pertinent. Alors, il a plein de manières de le faire. Soit il fera du search traditionnel parce qu'il a les API qu'il faut pour aller chercher sur les moteurs de recherche. Soit sur certains sites, il n'est pas possible d'accéder à ces informations. Il va ouvrir un navigateur, il va aller naviguer sur le site, récupérer des informations et faire des comparaisons. Donc ça, oui, c'est des tâches qui sont faites quotidiennement.
Monde Numérique :
[
25:08] Et y compris de dialoguer avec des professionnels parce qu'il y a des choses pour lesquelles, par exemple, tu n'as pas les infos sur les sites. Je ne sais pas, je dis n'importe quoi. Un déménagement, tu as besoin de discuter avec la personne.
Michel Lévy Provençal:
[
25:17] Écoute, oui, je l'ai fait, il n'y a pas plus tard que cet été. J'avais besoin de... En fait, je partais en vacances et j'avais besoin d'envoyer des mails à une quinzaine, c'est un peu bête, mais à une quinzaine de campings dans le sud de la France, du côté de Gap. Et je ne me voyais pas le faire. Et donc, j'ai demandé à mon capitaine de, lister les différents campings qui correspondaient à mes préférences, d'identifier soit les adresses mail, soit les pages sur lesquelles il y avait des formulaires pour envoyer des messages, de rédiger les questions que je voulais poser, de les envoyer et de m'avertir quand j'avais des réponses. C'est ça qui est important. Et ça, il le fait.
Monde Numérique :
[
26:03] Il t'avertit comment ? Il t'envoie un mail ? C'est dans l'interface du projet ?
Michel Lévy Provençal:
[
26:07] Aujourd'hui, Captain est disponible via l'interface de Captain qui est en web, en mobile ou en desktop. Il est disponible via WhatsApp et il est disponible via Telegram. Donc là, en l'occurrence, il est capable d'envoyer des mails. Donc, il m'a envoyé des mails. Mais sinon, ce que j'utilise le plus souvent en réalité, c'est vraiment Telegram. C'est-à-dire qui me push Telegram et sur mon iPhone et c'est très léger parce que t'as pas besoin de bande passante en fait t'envoies un simple message même dans des zones extrêmement reculées, le message passe et tout se passe sur le serveur donc t'as pas réellement besoin d'énormément de bande passante, j'utilise énormément Telegram.
Monde Numérique :
[
26:46] Écoute ça ouvre plein de perspectives chacun peut trouver sa propre utilisation de ce type d'outils donc merci beaucoup Michel Lévy-Provençal, Qapten Q-A-P-T-E-N Captain.com Captain.com, Merci Michel Merci Jérôme.