Monde Numérique :
[
0:11] Attention, ça va faire mal, il arrive, le modèle d'IA le plus puissant du monde. En tout cas, c'est ce que dit OpenAI en parlant de GPT-6 Astra. La nouvelle version de GPT vient de sortir. Bref, ça démarre sur les chapeaux de roue en cette rentrée de septembre. La course à l'IA continue plus que jamais. On va en parler dans ce nouvel épisode de Monde Numérique, l’Hebdo.
Monde Numérique :
[
0:36] On va parler aussi d'Elon Musk qui est en train de réinventer la manière de se déplacer avec le Cybercab, taxi-robot officiellement lancé cette semaine. On ira faire un tour à Berlin avec mon camarade Bruno Guglielminetti. Des nouveautés high-tech et des gadgets à gogo. À propos de gadgets, tiens, il y en a un qui a retenu notre attention. C'est cette brosse à dents équipée d'une caméra. Pour quoi faire ? On va tout vous dire. Et puis dans cet épisode, on reviendra aussi sur le changement de direction à la tête d'Apple. C'est officiel, John Ternus prend les rênes de la marque à la pomme en remplacement de Tim Cook, pour le meilleur et pour le meilleur très certainement. Les interviews de la semaine, on va parler cybersécurité avec Benoît Grunemwald, on reviendra sur les attaques à répétition de ces dernières semaines, pour essayer de comprendre ce qui s'est passé exactement et puis surtout quels enseignements en tirer. Autre sujet, faut-il réinventer l'école à l'ère de l'intelligence artificielle ? Une vraie question en cette période de rentrée scolaire qu'on va se poser avec mon invité Boris Walbaum, auteur d'un livre sur le sujet. Enfin, vous découvrirez un inventeur indépendant qui a mis au point une main robotique hyper sophistiquée. Bienvenue à l'écoute de Monde Numérique, l'hebdo du 5 septembre 2026.
Invité :
[
1:52] Monde Numérique, Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
[
1:59] Ah oui, c'est la rentrée et je suis vraiment ravi de vous retrouver pour ce nouvel épisode de l'hebdo. On avait fait un break pendant l'été, mais je ne vous avais pas abandonné, puisque à la place de l'hebdo chaque samedi, c'était le débrief transat avec mon camarade Bruno. Rendez-vous qui prend de plus en plus d'importance, ce qui fait que d'ailleurs, on va continuer à faire grossir ce rendez-vous. Il est de plus en plus long, on n'arrive plus à s'arrêter. Et puis, petit changement, le débrief transat sera désormais programmé pour le vendredi. Donc dès le vendredi, vous pourrez vous mettre plein de news tech dans les oreilles. Et puis je vous retrouverai ensuite le samedi pour l'hebdo. Voilà, l'hebdo pour ceux qui débarquent. C'est un vrai magazine, plus de 50 minutes avec des news, du talk, des interviews. Des interviews souvent en version courte, ramassées. Et puis si vous en voulez plus, vous retrouverez les versions intégrales quelques jours plus tard. Donc la semaine prochaine en l'occurrence, avec même les versions vidéo. Voilà, c'est le début, pas de l'année, mais c'est la rentrée et évidemment, je suis plein d'énergie. C'est logique, tout comme vous, j'en suis sûr. Donc, on va parler de tech tous ensemble cette semaine encore.
Monde Numérique :
[
3:13] Alors l'actu, on ne change pas les bonnes habitudes. Eh bien, ça tourne autour de l'intelligence artificielle avec une très grosse annonce cette semaine. En fin de semaine, c'est la sortie du nouveau GPT. Rappelez-vous, c'était il y a un peu plus d'un an, l'été dernier, OpenAI, il lançait GPT-5. Il en avait fait un vrai événement. Et puis ça s'était finalement assez mal passé parce que GPT-5 avait beaucoup déçu, pas mal de ratés. Bon, après, ils ont rattrapé le coup. Mais un an après, ils annoncent une nouvelle version GPT-6 Astra présentée comme l'IA la plus puissante. Alors, c'est le plus puissant pour la marque OpenAI mais ce serait aussi quasiment, l'IA la plus puissante du marché. Donc, cette IA a été entraînée, ce modèle a été entraîné sur plus de 100 000 GPU, ce qui en fait l'entraînement le plus massif jamais mené par OpenAI.
Monde Numérique :
[
4:07] Et la particularité, c'est que ce GPT-6 Astra ne se contente plus seulement de répondre à vos questions comme le fait ChatGPT, mais il est maintenant capable d'utiliser tout seul un ordinateur. Il y a une vidéo, un peu de démonstration, promo, marketing, qui a été publiée sur les réseaux sociaux, mais qui dit beaucoup de choses et qui montre tout ce qu'on peut faire avec. Alors, par exemple, on peut lui dire, tiens, dans le cadre professionnel de remplir ce qu'on appelle un formulaire de CRM, on va lui dire, retrouve le dossier de ce client, ajoute le dernier échange qu'on a eu ensemble, indique qu'une relance est nécessaire et programme tout ça dans mon agenda. Eh bien, GPT-6 peut naviguer dans vos logiciels, utiliser vos applicatifs, exécuter cette succession d'actions, alors que vous ne faites que lui demander.
Monde Numérique :
[
4:55] D'arriver à un certain résultat et lui, il se débrouille. C'est tout à fait la logique de la fameuse IA agentique. Ce qui est étonnant, c'est qu'en plus, si on fait ça à la voix, à la commande vocale, on est sur un truc complètement révolutionnaire, complètement nouveau. Autre exemple donné par OpenAI, vous recherchez un appartement, au lieu de passer deux heures à aller consulter des sites spécialisés, ouvrir 50 annonces, comparer, etc. Vous donnez vos critères à l'IA qui va faire un premier tri à votre place et qui va, ça c'est la promesse, finir par vous trouver ce que vous voulez. OpenAI dit que ça prendrait à peine 10 minutes contre 6 heures pour un humain. Bref, une fois de plus, on monte une marche, c'est spectaculaire, les réactions sont nombreuses et aussi des réactions d'inquiétude. Parce qu'Astra, ce nouveau modèle, serait le seul à franchir ce qu'on appelle le seuil critique en matière de cybersécurité. C'est-à-dire qu'il peut identifier et exploiter des vulnérabilités inconnues sur des systèmes protégés sans aucun guidage humain. En gros, ça veut dire que tout le monde peut se transformer en hacker et en cybermalfaiteur. Bon, alors non, c'est pas si simple parce que... En principe, tout cela est verrouillé, tout cela est protégé. OpenAI dit avoir renforcé l'entraînement du modèle pour qu'il refuse les requêtes cyber qui pourraient vraiment porter préjudice.
Monde Numérique :
[
6:15] A noter aussi qu'il est diffusé avec un dispositif de surveillance qui permet, en théorie, de l'arrêter s'il sort de son cadre. Et ça, ça fait penser évidemment à ce qui s'est passé cet été avec justement des modèles d'OpenAI qui étaient en préparation. Ça devait être ce GPT-6 qui est sorti de son cadre d’entraînement et qui est allé attaquer, on en a beaucoup parlé, les serveurs de Hugging Face et puis…
Monde Numérique :
[
6:36] D’autres sites également. Enfin, autre élément qui inquiète les chercheurs, c'est qu'Astra utiliserait une technique de raisonnement dite de récurrence opaque qui rend la chaîne de pensée plus difficile à surveiller. Bon, alors, voilà, ça c'est ce qu'on dit après, ça fait un moment, me semble-t-il de toute façon, qu'on a un peu perdu le fil sur le raisonnement, des modèles, à part les chercheurs qui sont vraiment au cœur du truc, on n'arrive plus trop à savoir comment ils pensent enfin, si on peut parler de pensée ces modèles d'IA, l'accès à ce GPT-6 Astra, ne sera pas pour tout le monde dans un premier temps il sera d'abord réservé à, un groupe restreint d’organisations, puis ensuite il arrivera dans les versions payantes de ChatGPT, donc ChatGPT Plus, Pro, Business, Enterprise, et puis bien sûr aux développeurs qui utilisent l'API. Sam Altman, le patron d'OpenAI, a présenté ce modèle en parlant, en citant le mot magique d'AGI, Intelligence Artificielle Générale, cette fameuse AGI, cette quête permanente. C'est un peu contredit par certains experts qui ont fait des benchmarks très précis et qui disent que bon, en fait, on n'en est pas là, ça ne répond pas exactement aux critères, On ne va pas rentrer dans ce genre de débat qui est un vrai débat de spécialistes. Mais une chose est sûre, on marque visiblement, on fait un nouveau saut générationnel. C'est très prometteur et aussi, bien sûr, un peu angoissant.
Monde Numérique :
[
8:02] Les concurrents d'OpenAI n'ont pas l'intention, malgré tout, de lui laisser complètement le champ libre. Et cette semaine, Anthropic a également annoncé deux nouvelles versions de Claude. Il s'agit de Claude Fable 5.1 et Claude Mythos 5.1 également. Ses modèles sont moins chers, plus performants en programmation, selon la société américaine, et dotés de garde-fous, là encore, en matière de cybersécurité. Et Fable 5.1 surpasserait et surpasse Fable 5, ce qui paraît logique, mais également Opus 5 et le concurrent GPT 5.6. Mythos, lui, ça c'est le modèle pour la cybersécurité, aurait résolu, par exemple, un bug logiciel et créé des protéines efficaces en laboratoire. Laboratoire virtuel, bien entendu. Donc, il a fait ses preuves. Fable 5.1 qui aurait aussi cartographié une portion de Vénus avec d'anciennes données radar. Voilà ce qu'ils peuvent faire, ces nouveaux modèles, de nouveaux modèles de Claude. Et du côté de Google, un nouveau Gemini également. Voici Gemini 3.8 Flash. Gemini 3.8 Flash qui met l'accent, nous dit Google, sur le raisonnement multi-étapes, le développement logiciel et les agents autonomes.
Monde Numérique :
[
9:20] Il surpasserait ses concurrents sur des benchmarks de développement logiciel et de raisonnement. Il y a également une version Flash Cyber, spécialement dédiée, comme son nom l'indique, à la cybersécurité. Gemini 3.8 Flash est disponible pour les abonnés Google AI Pro et Ultra et via, les API sans changement de tarif, ce qui est plutôt appréciable.
Monde Numérique :
[
9:43] On continue l'actu de la semaine en matière d'intelligence artificielle avec, malgré tous ces beaux nouveaux modèles, une grosse panne cette semaine. Et c'était assez étonnant parce qu'en fait, tous les modèles sont tombés en panne tous en même temps. Claude, ChatGPT, Gemini et même Grok, le service de SpaceX d'Elon Musk. C'était le jeudi 3 septembre. Petit à petit, les uns après les autres se sont mis à cafouiller. Il était environ 21h30 heure française. Que s'est-il passé ? Pourquoi tous ces modèles d'IA ont-ils déraillé tous en même temps ? Quel est le point commun ? Eh bien, en fait, l'explication viendrait du service d'Elon Musk lui-même. Et d'ailleurs, il y a eu une mise au point publique de la part de la société SpaceX qui a présenté ses excuses pour une panne majeure survenue dans son centre de données Colossus à Memphis, dans le Tennessee. Et oui, parce qu'aujourd'hui, en fait, ce super centre de données Colossus est tellement puissant que SpaceX loue des capacités de calcul à ses concurrents.
Monde Numérique :
[
10:47] Voilà pourquoi il y a eu cet effet domino. Et si ChatGPT était en rade, on ne pouvait pas aller sur Claude ou sur Grok pour prendre le relais, puisque ça ne marchait pas non plus. Bon, tout a été réglé et remis en route. Et vendredi, tout fonctionnait bien. L'entreprise, évidemment, affirme qu'elle a pris des mesures correctives pour éviter que ça se reproduise. Mais en tout cas, ça montre bien aussi cette dépendance au sein même du secteur de l'IA, puisque finalement, tous les modèles semblent interdépendants les uns des autres. Alors, même s'il y a des redondances qui font que les pannes ne sont pas toutes avec le même impact et au même moment et pour tout le monde en même temps, n'empêche.
Monde Numérique :
[
11:23] SpaceX ici a montré qu'il pouvait créer un véritable point de défaillance unique qui pouvait toucher d'un seul coup toute l'industrie de l'intelligence artificielle.
Monde Numérique :
[
11:33] Et on passe à autre chose avec l'autre très grosse annonce de la semaine. C'est une voiture, c'est la voiture du futur. Alors, ce n'est pas encore le taxi volant, mais c'est quand même le taxi sans volant. Et oui, le Cybercab est là. Le Cybercab, c'est ce véhicule 100% autonome de la marque Tesla. Il a été lancé officiellement, pour l'instant, uniquement au Texas, dans quelques villes du Texas, Austin, Houston, etc.
Monde Numérique :
[
12:02] Au total, à peine 45 véhicules qui ont été mis en circulation, sur invitation, mais on a vu immédiatement des tas de vidéos inonder les réseaux sociaux, car ça y est, le service est commercialisé, même si c'est de manière restreinte. Alors ce Cybercab, c'est quoi ? C'est donc une voiture autonome sans volant, sans pédale, sans chauffeur, des véhicules avec un look très futuriste, doré. Pourquoi doré ? Parce que cela illustre la période dorée dans laquelle nous entrons à expliquer Elon Musk, avec même un système de recharge par induction. Donc on n’a besoin de personne pour aller brancher un câble pour recharger le véhicule. Elle se met directement sur une espèce de dalle comme ça par l'arrière et qui va venir comme quand on recharge un smartphone en posant simplement le smartphone sur la plaque à induction. C'est un véhicule qui est assez massif, qui est assez gros en apparence, mais qui pourtant ne contient que deux places pour deux passagers, avec quand même un gros espace aussi pour transporter des valises ou toutes les charges qu'on veut, qui serait même compatible pour les fauteuils roulants, Tesla a insisté là-dessus, et puis avec un système de portière.
Monde Numérique :
[
13:12] Ces fameuses portières papillons qui s'ouvrent vers le haut. Bon, c'est assez étrange, pas sûr que ce soit l'idéal, par exemple dans une ville française, Je vois bien des portières se faire arracher par des camionnettes ou décapiter les gens qui passent sur le trottoir à ce moment-là. En tout cas, c'est joli. Et puis surtout, du point de vue technique, ces véhicules Cybercabs fonctionnent avec le système FSD de Tesla, le Full Self Driving, c'est-à-dire uniquement avec des caméras et de l'intelligence artificielle, pas de lidar, pas de radar, etc. Et pour la première fois, c'est du FSD non supervisé, c'est-à-dire qu'il n'y a personne pouvant reprendre la main si besoin. Évidemment, on va voir ce que ça donne à l'usage. Tesla affirme que d'abord, il arrive très bien à conduire, même si on sait que le FSD ne fonctionne pas, ou très mal dans des conditions météo difficiles comme la pluie ou la neige, etc.
Monde Numérique :
[
14:03] Mais ça peut malgré tout s'améliorer. Et on entre donc avec ce véhicule, il faut bien le dire, dans vraiment un nouveau paradigme avec l'objectif d'une meilleure sécurité si ce sont des machines qui conduisent. Et puis, avec peut-être plus de souplesse, le but du jeu sera que ce Cybercab puisse être utilisé par des compagnies de taxi. Alors, pour l'instant, pas question de voir des Cybercabs sur les routes françaises. Ce n'est pas demain la veille. En revanche, ça progresse un petit peu en matière de voitures autonomes, puisque cette semaine, le ministre des Transports s'est entretenu avec Elon Musk par visioconférence. Et ils se sont mis d'accord pour tester, alors non pas le Cybercab, mais les véhicules Tesla classiques avec du FSD supervisé, donc avec un pilote derrière. Comme ça commence à se faire dans quelques pays européens, ça a commencé à Amsterdam, aux Pays-Bas, etc.
Monde Numérique :
[
14:56] Tesla va prêter deux véhicules au ministère des Transports qui a donc décidé d'autoriser des expérimentations pour peut-être un jour un déploiement un peu plus large de ce type de technologie. Et en tout cas, si l'on en croit les réseaux sociaux, on a l'impression qu'il y a une attente de plus en plus forte pour ce type de véhicule qui, rappelons-le, devrait faire baisser les accidents, rendre des services à des gens qui même ne peuvent pas rouler. Je pense très souvent, je l'ai déjà dit dans ce podcast, aux personnes âgées qui ont encore une vie sociale, mais qui n'ont plus forcément les moyens de conduire en toute sécurité leur véhicule. On va peut-être vers... Alors, vous allez me dire, il y a déjà des taxis et autres, mais il y a aussi une question de prix. Là, il se trouve qu'au Texas, eh bien, le Cybercab coûte beaucoup moins cher que un Uber, même si c'est peut-être un prix de lancement. Il y aura certainement une équation économique à trouver. Mais voilà, une fois de plus, Tesla, en l'occurrence Elon Musk, ouvre une porte, nous emmène dans une nouvelle direction et on a hâte de voir jusqu'où on va aller.
Monde Numérique :
[
15:55] Cet épisode de Monde Numérique vous est proposé en partenariat avec Frogans, le pionnier de l'informatique spatialisée. Comme les inventions dont je vous parle dans ce podcast, Frogans ouvre une nouvelle voie. C'est une manière innovante de diffuser du contenu sur Internet à travers des sites d'un nouveau genre, plus visuel et plus libre, qui sortent du cadre du web traditionnel. Les sites Frogans sont optimisés pour tous les écrans, y compris les casques de réalité augmentée, grâce à une technologie ouverte respectueuse de la vie privée. C'est un véritable outil de création propulsé par un nouveau langage basé sur le XML, accessible en bêta à tous les développeurs professionnels. Frogans, c’est un projet français tourné vers l'Internet de demain. Pour en savoir plus, rendez-vous sur f2r2.fr. f2r2.fr Et merci à Frogans de soutenir Monde Numérique.
Monde Numérique :
[
16:48] Le débrief transatlantique, c'est la suite de Monde Numérique l'hebdo. On prend les bonnes habitudes. Chaque semaine, on retrouve mon camarade Bruno Guglielminetti de l'autre côté de l'Atlantique, à Montréal, pour passer en revue les actus de la semaine. La version longue intégrale du débrief de cette semaine est en ligne sur le fil du podcast Monde Numérique. Daté du vendredi 4 septembre. Tout de suite le meilleur de ce débrief. On part à Berlin.
Invité :
[
17:15] Jérôme Colombain à Paris, bonjour.
Monde Numérique :
[
17:17] Salut, Bruno Guglielminetti à Montréal.
Invité :
[
17:20] Il y a un grand événement qui est un peu le coup d'envoi de l'automne et de la nouvelle saison de la tech. C'est l'IFA de Berlin, l'édition 2026, qui est un rendez-vous auquel tu as souvent participé. Et cette année, je pense que ça nous réserve des choses intéressantes. En tout cas, de ce qu'on est en train de voir poindre à l'horizon.
Monde Numérique :
[
17:41] Apparemment, il y a une marque qui revient, qui est une marque mythique, qui avait complètement disparu et qui refait son apparition, c'est Packard Bell.
Invité :
[
17:48] Ah !
Monde Numérique :
[
17:49] C'est étonnant, ça.
Invité :
[
17:50] Je ne l'ai pas vu, ça.
Monde Numérique :
[
17:51] Oui, c'est Packard Bell, mais qui était une marque américaine et qui est relancée par Acer. Et Acer, si je ne m’abuse, c'est une marque taïwanaise.
Invité :
[
18:00] Oui, oui.
Monde Numérique :
[
18:00] Donc, j'ai l'impression que c'est encore un rachat de licence ou un truc comme ça.
Invité :
[
18:03] Oui, un peu comme Nokia.
Monde Numérique :
[
18:06] Etc.
Invité :
[
18:07] Kodak et compagnie.
Monde Numérique :
[
18:08] Et avec un positionnement qui est assez marrant parce que c'est des produits bon marché. Pas trop cher et fun, très fun coloré, machin, etc alors ils ont notamment annoncé un ordinateur portable à 500 euros mon ami, le DotBook un petit ordi de 14 pouces et puis d'autres choses, voilà, on va pas trop s'étendre là-dessus. Sinon il y a Samsung qui a également présenté un ordi portable bon marché qui s'appelle, je ne sais plus comment, d’ailleurs : le Galaxy Book 6 et lui il est à 800 euros quand même alors c'est du bon marché un peu plus cher mais évidemment si je te dis ordinateur portable tu comprends pourquoi ces gens là font ça, C'est clairement la réponse. C'est la réponse au MacBook Neo d'Apple.
Invité :
[
18:56] Oui. Et puis aussi, tu as les Google Books qui sont dans le paysage.
Monde Numérique :
[
19:01] Oui, mais les Chromebooks ?
Invité :
[
19:04] Oui, mais qui viennent remplacer les Chromebooks. Ah bien là, on va avoir toute une discussion. À quoi te sert un ordinateur ? Si c'est pour faire du travail, si le Google Book peut te servir à faire ça comme un MacBook peut te servir, ça dépend.
Monde Numérique :
[
19:17] Si tu veux jouer.
Invité :
[
19:18] C'est sûr que ce n'est pas le bon.
Monde Numérique :
[
19:19] Non, non, mais je veux dire, c'est avec tous les trucs dans le cloud, etc. Ils en sont encore là. J'espère que je ne dis pas des bêtises. J'ai un peu lâché le… Je ne suis plus trop au courant de ça. Je vais me faire tuer s'il y a des spécialistes du Chromebook qui m'écoutent. Donc, mea culpa.
Invité :
[
19:32] Mais c'est une nouvelle génération. C'est ça qui va être lancé très bientôt.
Monde Numérique :
[
19:35] Oui. Bon, puis sinon, j'ai vu qu'il y avait Xiaomi aussi. Alors, c'est pareil. Bon, je ne suis pas à l'IFA, mais franchement, j'ai vu dix fois le stand de Xiaomi, que ce soit à l'IFA ou ailleurs.
Invité :
[
19:44] Et ça se ressemble.
Monde Numérique :
[
19:44] C'est un peu pareil maintenant. Alors, tu as des voitures, des smartphones et de la maison connectée. Ça, c'est la nouveauté. Parce qu'ils ont un concept, c'est leur truc « human car home ». « Human car home ». Ok, si tu le dis en français.
Invité :
[
19:57] C'est quoi ?
Monde Numérique :
[
19:58] Ça fait « humain, voiture, maison ».
Invité :
[
20:01] Je pensais que c'était de l'allemand que tu me disais. « Human car home ».
Monde Numérique :
[
20:05] « Human car home ». Tu veux que je te le dise en allemand ? Voilà, il est loin, mon allemand. Je ne saurais même plus dire… Non, je ne sais plus. « Mensch », non, je ne sais plus. Bref. Donc, la voiture, c'est la SU7, la SU7 Ultra. Il y a aussi la SU7 Max et puis il y a un concept car. Franchement, je pense que c'est ce qu'on a eu au CES de Las Vegas.
Invité :
[
20:26] Mais ça ne fait pas sérieux comme nom de voiture, une SU7.
Monde Numérique :
[
20:28] Une SU7, ça me fait toujours rire depuis le premier jour. Mais enfin, il ne faut pas trop rigoler parce qu'elle se vend comme des petits pains en Chine.
Invité :
[
20:34] Je sais. C'est populaire, hein.
Monde Numérique :
[
20:38] Et puis, ils ont des produits pour la maison connectée, qui est sous une sous-marque, enfin, un étendard qui s'appelle Mijia et qui va arriver en Europe. Alors, plein de produits pour la maison connectée, lave-linge connecté, réfrigérateur connecté, climatiseur connecté. Et c'est des produits pas chers.
Invité :
[
20:57] Tu ne m'as pas encore parlé du truc que moi j'ai vu.
Monde Numérique :
[
21:01] Alors, vas-y.
Invité :
[
21:03] Je veux t'entendre sur la Wi-Fi 8.
Monde Numérique :
[
21:06] La quoi ? Le Wi-Fi 8. Ça, c'est le dossier de François Sorel, ça, les gigabits et les… Non.
Invité :
[
21:14] Non, mais quand même, c'est intéressant. Puis on s'entend, la norme n'a pas encore été adoptée. Attends, mais tu as dit quoi, là?
Monde Numérique :
[
21:18] Tu as dit la Wi-Fi ?
Invité :
[
21:20] Oui.
Monde Numérique :
[
21:20] Tu as dit la Wi-Fi ?
Invité :
[
21:22] Oui.
Monde Numérique :
[
21:22] Mais tu cherches quoi? Tu veux que je t'envoie le… Je veux te provoquer? Tu veux que je t'envoie le FBI chez toi? Depuis quand on dit la Wi-Fi dans un podcast tech, Bruno?
Invité :
[
21:33] Oui, oui, toi, tu parlerais du Wi-Fi, là.
Monde Numérique :
[
21:35] Non, mais je dis le Wi-Fi. Le Wi-Fi, c'est un garçon, le Wi-Fi.
Invité :
[
21:38] Ah oui, c'est un garçon.
Monde Numérique :
[
21:39] Mais oui. Mais bon, franchement, c'est un combat qu'on est en train de perdre parce que je le vois partout. J'ai vu ce matin une vidéo sur les réseaux sociaux avec carrément le titre « La Wi-Fi ». Ben non, c'est… Non.
Invité :
[
21:53] Mais à l'époque, on parlait du Wi-Fi.
Monde Numérique :
[
21:55] Oui, c'est le Wi-Fi. Oui.
Invité :
[
21:57] Non, mais on parlait du Wi-Fi. De toute façon, on ne sait pas ce que ça veut dire.
Monde Numérique :
[
21:59] Wi-Fi. Ça ne veut rien dire parce que c'est un mot très bizarre qui a été construit, un peu en référence à la hi-fi, mais en fait, ce n'est pas tout à fait vrai. Ça, c'est une explication qu'on a trouvée après. On a dit que ça veut dire wireless fidelity. C'est bon, enfin bref.
Invité :
[
22:17] J'avais fait une capsule là-dessus sur le monde connecté. Je ne me souviens plus comment ça s'appelle.
Monde Numérique :
[
22:22] J'avais fait un épisode spécial. Alors, le Wi-Fi 8, vas-y, parle-nous du Wi-Fi 8.
Invité :
[
22:26] Non, non, mais je voulais juste mentionner que c'est une des premières apparitions publiques en Occident. Mais c'est important de savoir que la norme n’a pas encore été acceptée. Sauf qu'on commence à voir poindre des produits qui nous annoncent qu'ils seront compatibles avec le Wi-Fi.
Monde Numérique :
[
22:41] Mais c'est toujours comme ça, en fait. Le Wi-Fi, c'est une norme qui est en discussion permanente. À chaque fois, ils sont en train de plancher sur les versions successives. Et parallèlement, tu as les constructeurs qui, eux, bidouillent des trucs dans leur coin et ils anticipent souvent sur la norme.
Invité :
[
22:59] Déjà que le Wi-Fi 7, ce n'est pas partout. On t'imagine parler du Wi-Fi 8, mais bon, c'est pour montrer dans quel chemin ça s’en va.
Monde Numérique :
[
23:08] Qu'est-ce qu'il aura de plus, le Wi-Fi 8, d’après toi ?
Invité :
[
23:10] Toujours plus rapide.
Monde Numérique :
[
23:11] Oui, bien sûr. Non, le truc, c'est toujours plus rapide, moins vulnérable aux interférences et plus de portée.
Invité :
[
23:20] C’est ça ? C'est ce que j'allais dire. Puis probablement qu'il y a un volet cybersécurité qui sera plus avancé.
Monde Numérique :
[
23:24] Oui, c'est pas mal, ça.
Invité :
[
23:25] Parce que rendu avec cette vitesse-là, tu peux te permettre d'avoir des trucs qui sont très bien chiffrés et plus qu'avec la norme actuelle.
Monde Numérique :
[
23:33] Oui, c'est vrai, c'est vrai. Sachant qu'il y a toujours une difficulté technique, c'est que plus tu augmentes le débit et plus tu diminues la portée en général. Ça marche toujours inversement en proportionnel.
Monde Numérique :
[
23:47] Dyson, on connaît ses aspirateurs, ses sèche-cheveux, les ventilateurs, tout ça. Et voilà qu'il lance une brosse à dents. Mais alors attention, la brosse à dents. Une brosse à dents avec caméra.
Invité :
[
24:01] C'est un centre de données, cette affaire.
Monde Numérique :
[
24:02] Écoute, moi, quand j'ai vu ça, d'abord, j'ai rigolé. Je me suis dit, mais c'est n'importe quoi. C'est vraiment, tu sais, je surf sur la vague, je te mets la technologie. Et puis après, en y réfléchissant, en regardant un peu en détail le truc, que je n'ai pas testé, et puis notamment en lisant l'excellent papier que tu as fait sur Mon Carnet.
Invité :
[
24:22] J'ai fait en regardant plusieurs fois la même vidéo.
Monde Numérique :
[
24:25] Oui, mais finalement, c'est assez intéressant. D'abord, il y a l'aspect hygiène. C'est quoi ? Pourquoi il y a une caméra ? Parce que c'est une brosse à dents électrique, évidemment, qui, avec cette petite caméra, va regarder s'il n'y a pas des saletés entre les dents.
Invité :
[
24:41] Déjà.
Monde Numérique :
[
24:41] Et s'il y a des saletés, elle envoie un jet.
Invité :
[
24:45] Et c'est exactement le son qui est fait.
Monde Numérique :
[
24:47] Ça fait « pssst » comme ça ? Oui, voilà. Donc, techniquement, wow, quoi. C’est une caméra de 0,1 mégapixel, c'est ça?
Invité :
[
24:59] Assez bas. On s’entend que ce n’est pas de la HD, mais c'est assez pour reconnaître l'endroit, reconnaître s'il y a de l'obstruction. Non, je dis des bêtises.
Monde Numérique :
[
25:08] Ce n'est pas 0,1, c'est 100 000 pixels. Bon, c'est n'importe quoi. Je ne sais pas. Joker, je ne sais pas combien de pixels.
Invité :
[
25:19] Alors, cette caméra-là, elle permet justement de voir à l'intérieur. D'ailleurs, c'est quelque chose parce que la brosse à dents fonctionne en autonome, donc tu peux tout simplement la passer, puis elle va faire son travail.
Monde Numérique :
[
25:29] Ça, c'est bien, parce que moi, j'aime bien me promener dans la maison quand je me brosse à dents.
Invité :
[
25:32] Bon, tu vois, mais évidemment, il ne faut pas que tu oublies de remplir la brosse à dents avec de l'eau.
Monde Numérique :
[
25:37] Oui, ça, ça va être casse-pieds.
Invité :
[
25:39] Ben oui, donc il y a ça. Sauf qu'une fois que ça s'est fait, donc tu peux y aller en autonome et te promener dans ton appartement en te brossant les dents et en faisant garrocher de l'eau dans la bouche ou sinon ce que tu peux faire c'est que tu peux ouvrir ton application et regarder le spectacle.
Monde Numérique :
[
25:56] C'est horrible. Tu me dis que tu regardes ce que tu as entre les dents.
Invité :
[
26:00] Exactement.
Monde Numérique :
[
26:01] C'est dégueulasse. Pardon, mais je n'ai pas du tout envie de voir ce que… Mais c’est tout ?
Invité :
[
26:06] Ce que ça te propose.
Monde Numérique :
[
26:08] Ah, ça me dégoûte.
Invité :
[
26:09] On n'arrête pas la technologie. Est-ce qu’on pourrait parler d’un changement à la tête d’Apple ?
Monde Numérique :
[
26:14] Parce qu'on sait que… C'est beaucoup moins intéressant.
Invité :
[
26:16] Mais… Attends, une pomme par jour tient le médecin éloigné.
Monde Numérique :
[
26:21] Oui, c'est vrai. One Apple Day. Ah, c'est joli. Très joli.
Invité :
[
26:25] Voilà.
Monde Numérique :
[
26:26] Oui, Apple a un nouveau patron. Tout le monde s'est excité là-dessus en début de semaine parce que c'est un événement qui a eu lieu entre le 31 août et le 1er septembre. C'était un événement annoncé quand même parce que, voilà, John Ternus va succéder à Tim Cook. Son nom est connu depuis le printemps dernier et effectivement, ça s'est fait très officiellement. Donc, Tim Cook a quitté son poste le 31 août. John Ternus a pris ses nouvelles fonctions le 1er septembre. Tu as vu que...
Invité :
[
26:58] Est-ce que tu as lu sa publication sur X?
Monde Numérique :
[
27:00] Oui, il ne s'est pas foulé au niveau...
Invité :
[
27:02] Wow, il a été inspiré ce jour-là, lui. Hello!
Monde Numérique :
[
27:06] Voilà, hello. Si les keynotes, ça se passe comme ça, ça va être bien. Hello, this is the new product. Amazing, iPhone 44. Amazing, iPhone 45. And one more thing. Non, mais il a l'air bien, ce John Ternus. En plus, il a dit qu'ils allaient annoncer un produit de fou le 9 septembre, la semaine prochaine. On se demande ce que ça va être. Peut-être une voiture comme Xiaomi.
Invité :
[
27:35] Oui, mais c'est quand même, je ne dirais pas symptomatique, mais symbolique, que le changement se fasse juste avant le keynote.
Monde Numérique :
[
27:45] C'est hyper bien réglé, moi, je trouve. Le timing depuis, le printemps dernier, tout s'est hyper bien enchaîné. Oui.
Invité :
[
27:59] Puis tu vois, moi, je passais pour un faux parce qu'il y a un an, je disais que Tim Cook allait partir. Et puis après, il y avait eu des « Non, moi, je ne pars pas ».
Monde Numérique :
[
28:11] C'est vrai qu'on... Oui, oui, oui. On se posait la question et tout, Mais moi, rappelle-toi, on en avait parlé ensemble et dans le grand débrief et tout. Moi, ce que je disais, c'est que de toute façon, ils ne pouvaient pas dire oui,
Monde Numérique :
[
28:22] peut-être. T'imagines?
Invité :
[
28:23] Puis on retourne en Europe pour celle-là parce que cette semaine, on apprenait que la Commission européenne a décidé, maintenant en regardant les chiffres d'utilisation sur votre territoire, qu'on changeait de statut pour ChatGPT, Reddit et Roblox. Maintenant, ils sont classés parmi les grands et donc ils devaient montrer patte blanche.
Monde Numérique :
[
28:43] Et oui, et tu sais pourquoi ? Parce qu'ils sont devenus trop gros, plus de 45 millions d'utilisateurs, donc ils tombent sous le coup du DSA, et ça veut dire qu'ils vont devoir se mettre en conformité avec toute la réglementation du DSA, alors ça concerne plein de choses.
Monde Numérique :
[
29:00] La diffusion de contenu illicite, les effets sur les mineurs, la désinformation, notamment en politique, etc.
Monde Numérique :
[
29:09] Et ils ont 4 mois pour se mettre en conformité, sinon il y aura des amendes. Et je trouve que c'est intéressant parce que, parallèlement à ça, il y a une étude qui a été publiée cette semaine, qui est une étude de Reporters sans frontières, et qui prouve que les chatbots d'intelligence artificielle ne sont pas neutres dans l'accès à l'information, et qu'ils peuvent contribuer à faire de la désinformation lorsqu'ils reprennent des infos, qu'ils sont allés piocher sur des sites qui, par ailleurs, sont interdits, chez nous en France ou en Europe. Et notamment tout ce qui est Russia Today, Spoutnik, etc., des sites russes qui sont... On ne va pas rentrer dans ce débat, mais on sait que sur ces sites-là, il y a du bon et du dégueulasse. Ce sont des sites de propagande. Ce ne sont pas des sites d'information, c'est des sites de propagande. Eh bien, ChatGPT, Claude et Grok, quand tu leur poses des questions, certaines questions sur certains sujets, ils te mettent les infos qu'ils ont trouvées sur Russia Today, sur Spoutnik ou sur Izvestia, etc., sans aucune réserve. Et du coup, ils te balancent ça comme parole d’évangile. Ils se sont rendus compte aussi que Gemini de Google et même Vibe, qui est le chatbot de Mistral, faisaient la même chose. Il n'y en a qu'un qui se tient à peu près bien, c'est Meta AI. Meta AI qui refuse de fournir accès.
Monde Numérique :
[
30:32] À ces informations. Voilà.
Invité :
[
30:34] En tout cas, on va voir. Mais est-ce qu'il y a eu des répercussions par rapport à… Est-ce que les gens d'OpenAI se sont dit « Diantre, on va se retirer du marché » ou… Non.
Monde Numérique :
[
30:45] Non, non, pas pour l'instant. Non, parce que, écoute, je pense qu'ils ont dû l'anticiper et puis ce n'est pas une raison valable.
Monde Numérique :
[
30:54] On termine avec cette news de la catégorie rétro qui est assez étonnante. C'est le retour du Tamagotchi.
Invité :
[
30:59] Écoute, toi, avais-tu joué à ça ou est-ce que tu en avais eu un à l'époque, il y a 30 ans quand c'est sorti?
Monde Numérique :
[
31:04] – Honnêtement, je crois que j'en ai rapporté un à la maison, mais c'était plus pour les enfants que pour moi-même.
Invité :
[
31:08] – Vous l'avez laissé mourir de sa belle mort?
Monde Numérique :
[
31:11] – Oui, c'est possible. Dans d'affreuses souffrances, il me semble.
Invité :
[
31:16] – Il n'arrêtait pas de se plaindre. Mais je rappelle, un Tamagotchi, c'était un genre de petit médaillon qu'on achetait dans le commerce. Et l'idée, c'était qu'il fallait s'en occuper. Alors, il avait ses besoins, il le mentionnait. Il fallait lui tenir compagnie, le faire manger, le faire boire en appuyant sur des boutons.
Monde Numérique :
[
31:33] Ça, c'était super chronophage aussi.
Invité :
[
31:35] Ben oui, puis ça rendait les parents fous parce que les enfants se disaient, ben, occupe-toi de mon Tamagotchi pendant que je vais à l'école. Et puis là, bon. Et puis tout ça pour dire qu'on pensait que c'était parti. Puis de temps en temps, ça revient dans l'actualité. Et imaginez-vous que 30 ans plus tard, il y a le fabricant de, j'oublie son nom, mais c'est les gens de Ben...
Monde Numérique :
[
31:56] Bandai?
Invité :
[
31:57] Bandai, exactement.
Monde Numérique :
[
31:58] Bandai, oui.
Invité :
[
31:59] Qui ont la franchise, qui ont décidé de faire revivre la chose. Sauf que là, vous ne le chercherez plus, votre Tamagotchi. C'est une bague. Donc, c'est sous une forme de bague. Il est là. Et vous allez l'avoir au bout de vos doigts, c'est le cas de le dire. Pour info, c’est 42,68 dollars canadiens. Et ça vous permet donc d'acheter cette petite bidule-là qui va vous demander de votre temps, de l'attention. Sérieusement, je ne comprends pas pourquoi on voudrait avoir ça encore dans nos mains. Mais c'est reparti de plus belle. et je suis certain qu'ils vont en vendre, Quelques centaines de milliers, sinon des millions.
Monde Numérique :
[
32:35] Certainement. C'était un médaillon, en fait. Et maintenant, en fait, ils ont réussi à le miniaturiser encore plus.
Invité :
[
32:42] Ça a pris deux ans pour travailler là-dessus et arriver à le miniaturiser. Mais on ne peut pas dire vraiment que c’est la prouesse de la technologie. C’est la faute de la technologie.
Monde Numérique :
[
32:54] Voilà pour le débrief Transat version courte, ce qui est déjà pas mal. Donc, vous imaginez la version longue. Elle est longue, elle est très longue elle est de plus en plus longue, plus d'une heure cette semaine, à retrouver sur le fil du podcast Monde Numérique, en audio et puis également sur la chaîne YouTube et sur mondenumerique.info, en vidéo si ça vous tente, Monde Numérique.
Invité :
[
33:23] Le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
[
33:36] Et on passe à la partie interview de cette émission, comme chaque semaine, avec trois invités cette semaine. On va parler d'une main robotique fabriquée, dans un garage, quasiment. On va parler également de l'impact de l'intelligence artificielle sur l'école. Gros, gros débat, gros sujet. Mais avant cela, on va revenir sur ces fameuses cyberattaques qui ont eu lieu cet été. Les interviews qui vont suivre sont proposées en version complète. Si vous écoutez Monde Numérique, l'hebdo premium sur Apple Podcasts. Sinon, retrouvez-les en épisodes séparés la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique.
Monde Numérique :
[
34:14] Bonjour, Benoît Grunemwald.
Invité :
[
34:16] Bonjour, Jérôme.
Monde Numérique :
[
34:17] Expert cybersécurité chez ESET, on se retrouve en partenariat avec ESET pour faire le point sur ces attaques parce qu'on a plein de questions, bien sûr. Et la première, c'est tout naturellement, on a envie de se dire, mais pourquoi cette multiplication d'attaques ? Est-ce qu'il y a un lien entre tout ça ? Est-ce qu'il y a une espèce de terrible fatalité ?
Invité :
[
34:39] Alors, il y a un lien, mais il n'y a pas de fatalité. Le lien, c'est que nos sociétés se numérisent. L'Occident, mais pas que, se numérise. Et quand on numérise quelque chose, une société en particulier, eh bien, on va créer des vulnérabilités, on va créer des portes d'entrée, des portes d'entrée pour que l'on puisse à la fois travailler à distance, que l'on soit agent de l'État ou même dans des sociétés privées. Et ces portes, si elles sont mal sécurisées, vont permettre à des cybercriminels de rentrer.
Monde Numérique :
[
35:08] C'est-à-dire que les attaques qui sont produites tout récemment, ce n'est pas forcément des génies de l'informatique en réalité. Par exemple, est-ce qu'on sait s'ils ont utilisé les tout derniers outils d'intelligence artificielle hyper sophistiqués, style Mythos et autres, pour mener ces attaques ?
Invité :
[
35:27] A priori, non. Sans avoir encore trop de détails d’analyse sur les attaques, on peut assez facilement penser qu'ils n'en ont pas eu besoin. Ils ont pu utiliser de l'intelligence artificielle parce qu'on sait qu'une attaque, ça se fait en plusieurs étapes. On sait et on imagine aussi aisément qu'ils ont pu acheter ce qu'on appelle des accès légitimes sur une place de marché telle qu’un forum, dans le dark web, sur lequel on va trouver ce que l'on appelle des initial access brokers, c'est-à-dire des entreprises cybercriminelles qui vont récolter des logins, des mots de passe, pourquoi pas aussi des codes, des jetons pour les accès de type MFA, Multi-Factor Authentication, le fameux code à six chiffres que l'on a sur son téléphone et qui change toutes les minutes.
Monde Numérique :
[
36:12] Ah oui, donc qui proviennent peut-être d'autres piratages qui ont eu lieu précédemment, par piratage ou captation par toutes sortes de moyens, par du phishing notamment, j'imagine.
Invité :
[
36:21] Exactement, et c'est une sorte d'économie circulaire, c'est-à-dire que les fuites de données revendiquées cet été, vendues, vont servir à la fois à générer de l'argent, à ceux qui vont acheter la base, mais vont également servir à recréer d'autres scams et d'autres arnaques qui elles-mêmes vont finir par réalimenter, l'accès initial avec des logins, des mots de passe qui sont valables.
Monde Numérique :
[
36:45] Oui, parce que notamment l'attaque contre la DGFiP, donc l'administration fiscale, on dit que l'un des moyens d'accès, ça a été tout simplement l'usurpation d'un identifiant, d'un mot de passe. Malgré la double authentification, c'est ce que tu disais, le 2FA.
Invité :
[
37:01] Exactement, le 2FA aurait été lui aussi usurpé. Je me souviens notamment de l'échange dans le chat quand Lapsus$ a été démantelé par les forces de l'ordre. Certains disaient je n'arrive pas à passer le MFA et son collègue cybercriminel lui disait insiste lourdement, insiste la nuit, tu vas voir, il va finir par craquer.
Monde Numérique :
[
37:23] Oui, c'est ça.
Invité :
[
37:24] Et donc, en fait, ils ont envoyé des requêtes, des requêtes, des requêtes. Ils se faisaient parfois passer par le support technique et à un moment, l'employé au milieu de la nuit il disait bon allez c'est bon alors au lieu d'éteindre son téléphone qui aurait été le réflexe il appuyait à un moment sur « confirmer », peut-être sans faire exprès, par lassitude, et là ils avaient accès aux comptes.
Monde Numérique :
[
37:42] Ça c'est terrible on reçoit des tas de demandes de confirmation au début on dit non puis au bout d'un moment on se dit bon ça doit être un bug allez je valide j'ai envie de dormir.
Invité :
[
37:52] C'est ça exactement.
Monde Numérique :
[
37:53] Parce qu'il y a de l'humain finalement derrière à chaque fois à chaque fois, il y a une dimension humaine.
Invité :
[
37:59] Et c'est d'ailleurs aussi ce qui caractérise ces groupes d'attaquants, c'est qu'ils ne sont pas des génies techniques. Ils sont malins, mais ce ne sont pas des développeurs de folie qui vont analyser des firewalls de dernière génération pour trouver des failles. Eux vont travailler sur l'ingénierie sociale, c'est-à-dire la faille humaine.
Monde Numérique :
[
38:21] Benoît, parlons un peu des conséquences de ces attaques. Donc voilà, on s’émeut parce que les attaques ont lieu. Après, on se dit, qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Si je fais partie des 700 000 Français concernés par les fuites de données de la DGFiP, par exemple, qu'est-ce qui peut m'arriver concrètement ?
Invité :
[
38:41] Je vais classer en trois catégories les conséquences, les attaques et les modes opératoires et sous forme de pyramide. Tout en haut, on va dire un peu, si on prend le parallèle avec les casinos, qu'on a les baleines. Ce sont les gros clients, ceux à qui les escrocs vont aller tenter d'extorquer en une ou deux fois, peut-être 10 000, 20 000 euros, peut-être plus. Et ceux chez qui ils potentiellement peuvent avoir des visites là où la cybercriminalité va rencontrer la criminalité traditionnelle et donc avoir des visites à domicile. On l'a vu par exemple avec les fuites liées à la FFTIR. C'est toujours difficile de relier une fuite à une action, mais là vraisemblablement entre la fuite de la FFTIR et des visites de faux gendarmes ou de faux policiers dans les domiciles, ça semble cohérent. Et puis ensuite au milieu de la pyramide, On va avoir ceux à qui on va faire des arnaques dont le montant sera moins élevé. Les messages seront très personnalisés, mais moins personnalisés que sur les baleines. Et là, on va plutôt viser des arnaques, qui restent quand même intéressantes pour les cybercriminels, de 1 000, 3 000, 5 000 euros en un coup, généralement. C'est un peu plus évolué. Il y a de l'IA qui va aider à peaufiner tout ça. On descend déjà un peu plus dans la masse. Et puis ensuite, il y a vraiment.
Invité :
[
40:01] Monsieur et madame tout le monde, qu'ils soient d'ailleurs dans les deux catégories du dessus, ou simplement parce qu'ils existent dans leur vie numérique, et bien là, on va leur envoyer des e-mails, encore une fois, un peu améliorés grâce à l'intelligence artificielle, mais beaucoup moins profilés. Et eux, ça peut être des étudiants, comme on l'a vu avec la fuite de l'éducation nationale, à qui on va demander 10 euros, 20 euros en fonction de leur pouvoir d'achat, ou des personnes, citoyens, lambda, à qui on va proposer des arnaques finalement celles que l'on voit habituellement, très certainement remises au goût du jour parce que c'est ça qui fait la différence et le scénario que l'on n'avait pas encore vu et qui va nous hameçonner.
Monde Numérique :
[
40:39] Dernière question, question rituelle. Comment faire pour se protéger au mieux contre ce risque ?
Invité :
[
40:46] Alors, pour se protéger, c'est assez simple. On va considérer qu'il y a trois types d'informations sur nous. Celles que l'on ne peut pas changer, numéro de sécurité sociale. Celles que l'on peut changer, mais c'est pénible. L'adresse, si on déménage. Le RIB, on change de banque, on change de compte. Et puis celles qu’on peut changer facilement, l'adresse e-mail. Et il faut considérer ces trois types d'informations en fonction des messages qui vont arriver et de la façon dont on va se protéger. Par exemple, toujours utiliser plusieurs adresses e-mail, une adresse e-mail marketing, une adresse e-mail pour discuter avec l'administration, une adresse e-mail pour discuter avec ses proches. Si on reçoit sur l'adresse e-mail qui sert à l'administration un message qui dit « Hey, vous vous êtes abonné à Amazon Prime pour 499 euros », on sait d'ores et déjà que ce n'est pas vrai parce que ça, c'est notre adresse e-mail pour l'administration. Et comme c'est compliqué de gérer tout ça, le gestionnaire de mots de passe est notre sauveur. C’est un peu le GPS du numérique. On va lui donner les différents comptes. Il va créer les mots de passe. Il va enregistrer les adresses e-mail. Quand on va arriver sur le site, que ce soit dans l'application ou sur notre téléphone ou sur l'ordinateur, il va s'occuper de tout. Et c'est quand même extrêmement pratique pour se protéger et puis faire en sorte d’avoir de bons mots de passe partout.
Monde Numérique :
[
41:56] Et je me permettrais de rajouter un conseil, si tu me le permets, Benoît, parce que, d’après ce que moi je vois autour de moi, comme nous tous. Surtout, pensez-y avant, pensez-y maintenant, pendant que vous n'avez pas de problème. C'est exactement comme le fait d'installer une serrure sur la porte de son domicile. On y pense dès le premier jour. On ne se dit pas, après avoir été cambriolé, tiens, au fait, il faudrait peut-être que je mette une porte avec une clé. Il faut prendre le temps, avant, de s’organiser, de faire tout ce que tu viens de conseiller.
Invité :
[
42:29] Et d'avoir une bonne hygiène numérique. Et d'ailleurs, on retrouve plein de ressources sur cybermalveillance.gouv.fr. Vous avez énormément de guides. On a un blog qui s'appelle WeLiveSecurity.
Monde Numérique :
[
42:40] Merci, Benoît Grunemwald, expert cybersécurité chez ESET, que l'on retrouve régulièrement sur Monde Numérique. Salut.
Monde Numérique :
[
42:54] La révolution de l'intelligence artificielle bouscule en profondeur l'éducation. Aujourd'hui, les élèves utilisent ChatGPT pour faire leurs devoirs. Les profs et les parents ne savent plus quoi faire face à ça. Mais est-ce qu'il ne faudrait pas carrément réinventer l'éducation ? Bonjour Boris Walbaum.
Invité :
[
43:10] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[
43:11] Vous êtes président et fondateur du Forward College, auteur du livre Éducation.IA. Vous avez notamment conseillé le gouvernement sur les questions d'éducation et d'intelligence artificielle. Qu'est-ce que ça change l'IA dans l'éducation nationale ?
Invité :
[
43:28] Alors, très clairement, ça met à mal notre modèle d’éducation. C'est la révolution qui est nécessaire parce qu'évidemment, les devoirs, il y a de la triche massive. Si on laisse juste les enfants utiliser l’IA comme bon leur semble, évidemment, ils prennent des raccourcis. Or, l'éducation, l'effort, malheureusement, il n'y a pas de raccourci, il faut un peu transpirer. Et ça, c'est une réalité qui demeure et que l’IA est en train de court-circuiter.
Monde Numérique :
[
43:54] Mais comment est-ce qu'il faudrait réagir ? Parce qu'une fois qu'on a dit ça, j'ai l'impression que le corps enseignant est un peu désemparé, ne sait pas trop quoi faire. On parle de réinventer l'enseignement. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Invité :
[
44:07] En fait, fondamentalement, il faut d'abord redéfinir ce que c'est que la mission de l'éducation. Parce que qu'est-ce qu'on cherche à faire au travers de l'éducation si c'est, former des gens qui ont toutes les connaissances pour être médecin super mais, à un moment, déjà aujourd’hui l’IA va être meilleure. Donc, est-ce que c'est vraiment ça qu'il faut faire ? Donc, la mission de l'éducation, je pense qu'elle est très simple. Quand on ne sait pas ce qui va se passer, on peut dire deux choses. Les humains qui vont réussir demain seront des gens qui sauront bien interagir avec les machines. Donc, comprendre la technologie, et pas simplement savoir l'utiliser, comprendre comment elle fonctionne, quand est-ce qu'elle est pertinente, comprendre les opportunités que ça ouvre, c'est un travail intellectuel. Il faut creuser et comprendre ces technologies, et, en même temps, évidemment, en maîtriser l’usage. Après, on ne maîtrise jamais la technologie, parce qu’elle est toujours plus intelligente que vous, mais quand même, il y a des choses qu’on peut faire. Donc ça, on le sait : demain, il y aura des machines partout. Il faut avoir une sorte de culture technologique et ça ne veut pas dire être bon en maths ça ne veut pas dire savoir la créer ça veut dire juste comprendre comment elle marche. Vous n’avez pas besoin de mathématiques pour comprendre comment ça marche : ce sont des concepts qui peuvent s’expliquer relativement facilement La deuxième chose qui sera fondamentale, et encore plus que la première — mais je suis un peu provocateur en le mettant dans cet ordre-là —, c’est qu’on sait que les gens, demain, auront du succès quand ils sauront bien interagir avec les autres humains, c’est-à-dire créer des contacts, ce que les humains font de moins en moins.
Invité :
[
45:36] D’aller vers l’autre, y compris quand on a des idées différentes. Donc, on voit bien que la solitude, la polarisation, le phénomène de bulle, c’est un phénomène qui isole et qui nous détricote de cette dimension sociale. On est aussi des animaux sociaux, comme vous le savez. Et donc, ça, c'est extrêmement dangereux, mais c'est aussi créer la confiance et aussi savoir influencer dans le bon sens, savoir travailler en équipe et toutes ces choses-là. Donc, ces deux choses-là, savoir interagir avec les machines, les comprendre, savoir interagir avec les humains, ça paraît tout bête. Est-ce que notre école le fait bien aujourd'hui ? Pourquoi on apprend ? Quelle est la chose la plus compliquée que tout humain apprend ?
Invité :
[
46:16] C’est de savoir marcher. On a mis très longtemps avant que les robots sachent marcher. C’est de savoir parler sa première langue. On le fait sans prof, sans IA, sans entraînement, sans bouquin, sans examen, etc. On le fait pourquoi ? On le fait par amour pour nos parents. On le fait parce qu'on a envie de les rejoindre. On a envie de communiquer avec eux. Et si on ne comprend pas, et ça la psychologie l'a établi, si on ne comprend pas qu'au cœur de l'envie d'apprendre, il y a la relation sociale, alors après ça prend la forme de l'inspiration, ça prend la forme du mimétisme, ça prend la forme de la comparaison sociale, compétition, émulation, etc. Mais si on ne cultive pas ça, la relation sociale, c'est le carburant de l'apprentissage. Si vous êtes tous isolés les uns à côté des autres, si le modèle est complètement individualiste, vous tuez ce moteur qui fait que les enfants sont capables de faire des sauts d'apprentissage extraordinaires. Donc, il faudrait revenir un peu à cette vérité fondamentale que nos systèmes, y compris dans le reste de l'Europe, ont largement oublié. Mais c'est une transformation humaine considérable parce qu'en fait, les profs aujourd'hui se sentent attaqués par ces machines avec lesquelles ils rentrent en compétition, tel qu’est défini leur poste. Or, il faudrait qu'ils aient une approche très différente. Eux, ils doivent allumer cette étincelle d'envie.
Invité :
[
47:36] D'apprendre par la relation qui se fait avec eux comme source d'inspiration et avec les autres élèves. Deuxième élément, c'est vraiment retrouver la relation sociale comme carburant. Le deuxième élément, c'est dire, on ne peut pas se concentrer uniquement sur l'intelligence. La machine va le faire mieux que nous, si ce n'est déjà le cas. Donc, il faut se dire, mais c'est quoi les talents humains ? Ce n'est pas que l'intelligence, c'est-à-dire les raisonnements, ce qu'on appelle l'intelligence cognitive, les raisonnements et les connaissances. C'est aussi les relations sociales, l'intelligence sociale. Vous, en tant qu'intervieweur, vous avez une compétence sociale pour créer une forme de conversation, une sorte de chaleur et de confort qui fait qu'on a l'impression, à tort ou à raison, que les gens se livrent, qu'il y a quelque chose d'authentique qui se passe. Ça, c'est un savoir-faire. L'intelligence émotionnelle, c'est fondamental.
Monde Numérique :
[
48:25] Ce que vous décrivez, Boris Walbaum, ça fait un peu penser à des pédagogies alternatives qui ont été mises en œuvre ici ou là. On ne sait pas trop si c'est avec du succès ou pas, d'ailleurs. Mais est-ce qu'il n'y a pas quand même des fondamentaux, ce qu'on appelle les humanités, que ce soit la langue, vous l'avez citée, mais aussi connaître le monde, la géographie, l'histoire, les maths bien évidemment non pas pour devenir mathématicien mais pour forger son cerveau et le forcer à raisonner mieux encore. Alors…
Invité :
[
49:02] Ce que je vous ai dit, ce n’est pas de la pédagogie alternative, c’est ce que dit la science aujourd’hui. Il n’y a aucun doute sur la confirmation par la science du fait que la classe inversée, évidemment sous certaines conditions, etc., sur le fait que la relation sociale est le moteur de l’apprentissage, sur le fait que l’investissement dans l’intelligence sociale, que l’investissement dans l’intelligence émotionnelle, c’est clé. Et donc, au fond, et comme vous le disiez au début, au fond de la compétence IA, la maîtrise de l'IA, ou plus exactement la capacité à utiliser l'IA, il y a les compétences intellectuelles. La rigueur, la capacité à poser des questions, l'esprit critique pour filtrer ce qui est dit par l'IA, etc. Donc, on revient, et c'est pour ça que je parlais de Renaissance, on revient à des vérités fondamentales.
Monde Numérique :
[
49:47] Boris Walbaum, qu'est-ce que vous diriez aux enseignants aujourd'hui ? À un professeur de collège, de lycée ? Comment faire ?
Invité :
[
49:57] D’abord, je pense qu’il ne faut pas être seul pour affronter ça. C'est un énorme défi. Il y en a qui vont appréhender ça de façon positive, qui sont enthousiasmés par l'innovation. Mais beaucoup voient ça comme une remise en cause très profonde, comme on l'a dit, de l'éducation et donc de leur rôle. Et je crois que passer un moment à reconnaître et à partager les émotions qu'on ressent là-dessus, c'est important. Parce que les profs sont quand même très seuls et ils sont face à des élèves qui, eux, n’attendent pas pour utiliser l’IA, n’attendent pas pour un peu défier les profs là-dessus, pour un peu contourner les règles, etc. Reconnaître qu’émotionnellement, c’est dur, parce que si on est pris par l’émotion, par l’angoisse, etc., c’est très difficile de réfléchir. Et seul, c’est très difficile de réfléchir. Ce sont des sujets hyper complexes, hyper fondamentaux, donc je pense que trouver des espaces de parole avec des collègues, dans le cadre d'associations, peu importe, de syndicats et autres, je pense que c'est extrêmement important. Et d'expression, vraiment. Et puis après, il y a vraiment un mélange, je pense, d'ambition et d'humilité. D'ambition pour dire.
Invité :
[
51:12] Il faut qu'on change profondément quelque chose. Il faut croire, à un moment, qu’on peut changer les choses de façon profonde. Et si les profs individuellement n'y croient pas, le ministre aura beau faire tout ce qu'il veut, etc., ça ne marche pas. On le sait, cette machine a énormément de mal à fonctionner. Le top-down dans l'éducation, c'est quand même très compliqué, surtout à l'échelle d'un pays comme la France. C'est de créer cette étincelle, d'entretenir cet appétit d'apprendre par la relation sociale en créant une classe qui vit, qui bruisse et qui n’est pas assise à écouter quelqu'un qui parle, l'essentiel du temps. Et je sais qu'en primaire, c'est déjà des choses qui se font, etc. Donc, c'est très difficile de parler de l'éducation en général. Mais comment sentir cette énergie chez les enfants, cet appétit d'apprendre et l'entretenir ? Je pense que c'est ça qui est absolument fondamental. Les parents ne peuvent pas lutter seuls. Moi, je l’ai fait : lutter contre mes trois enfants, etc., c’est une guerre. On passe tous par là.
Monde Numérique :
[
52:13] Merci beaucoup, Boris Walbaum, président de Forward College et auteur d’Éducation.IA.
Invité :
[
52:20] Merci beaucoup, Jérôme.
Monde Numérique :
[
52:29] On parle beaucoup de robots humanoïdes et on sait que l'une des difficultés en matière de robotique, c'est de fabriquer des mains robotisées suffisamment performantes, capables de rivaliser avec les mains humaines. Alors, il y a beaucoup de recherches au sein des labos, des sociétés spécialisées pour cela, mais il y a aussi des initiatives étonnantes dans des garages qui émanent de particuliers, des inventeurs et avec des résultats spectaculaires. On en parle avec mon invité Didier Vançon, qui a mis au point lui-même, tout seul comme un grand, une main robotique. Il nous explique la particularité de cette main.
Invité :
[
53:09] En fait, dans un premier temps, j'ai fait ce premier prototype de main. Ça m’a pris six mois, moi, à faire ce premier prototype. Et j’ai vu que ce que je faisais était bien meilleur que ce qui existait sur le marché. Et au même moment, on commençait à parler des robots humanoïdes qui commençaient à arriver et on parlait de robots humanoïdes pour l'aide aux tâches ménagères, à l'industrie dans les usines, dans l'espace et là, je me suis dit : bingo, j’ai un bras, autant toucher ce marché-là. Mais pour ça, il fallait que la dextérité soit bien plus grande. Ça me permettait de pouvoir manipuler chaque doigt un par un, avec une fluidité, j’avais toute la partie design qui était organique, mais il manquait encore de la dextérité, je n'avais pas 24 degrés de liberté. Et c'est là que je me suis lancé dans ce projet fou de développer ce modèle-là, ce prototype V2, on va dire, donc UM1-Evo, l'évolution. Et là, j'ai étudié énormément la biomécanique, la cinématique. J'ai remis en cause certaines revues ou certains concepts biomécaniques, notamment des concepts de Kapandji. Au niveau de l’articulation trapézo-métacarpienne, c'est une articulation très complexe.
Monde Numérique :
[
54:36] À la base du pouce.
Invité :
[
54:37] C'est ça ? À la base du pouce, c'est entre le carpe et le pouce. Il y a une petite articulation qui permet de faire l'opposition. Suivant les revues, elle a entre 2 et 3 degrés de liberté. En gros, il y a 2 degrés de liberté, un peu comme un cardan, on va dire. Et un troisième qui réalise, soi-disant, une autorotation.
Monde Numérique :
[
55:02] Le pouce peut tourner, c'est ça ?
Invité :
[
55:04] Sur lui-même, l’antéposition et la rétroposition. J’ai réussi mécaniquement à créer cette opposition du pouce.
Monde Numérique :
[
55:11] Le fameux mouvement. Et ça, vous dites que c'est meilleur que ce qui existe sur le marché.
Invité :
[
55:16] Voilà, oui, oui. Déjà, je peux avoir la rétroposition. La rétroposition, ça permet d'avoir le pouce en arrière.
Monde Numérique :
[
55:23] D'accord, c'est-à-dire que le pouce se met un peu vraiment comme un pouce humain. Il peut se repousser vers l'arrière.
Invité :
[
55:28] C'est-à-dire que si je mets ma main à plat...
Monde Numérique :
[
55:29] Mais c'est vraiment utile, ça ? Ça sert à quoi ?
Invité :
[
55:30] J'expliquerai la philosophie. Pourquoi j'en suis venu à vouloir forcément reproduire les mouvements de la main ? Parce qu'il y en a, ils vont dire, il n'y a pas besoin. Il y a juste besoin d'une fonction. La fonction, c'est de prendre un objet. Une pince, ça suffit. Non, moi, dans la philosophie... Ma philosophie, cette vision de la main, j'ai voulu aller très, très loin. C'était tout d'abord pour une acceptation visuelle et psychologique. C'est-à-dire qu'un patient, quand il met sa main, je n’avais pas envie qu'il ait une pince, une pince immobile.
Monde Numérique :
[
56:04] Qu'il soit limité dans ses mouvements.
Invité :
[
56:06] Je voulais vraiment que ça soit le plus naturel possible, qu'on ait l'illusion que ça soit vraiment sa main. Et en plus de ça, comme elle est sur mesure, elle est vraiment identique à sa main.
Monde Numérique :
[
56:14] D'accord. Didier Vançon, on voit que vous êtes très fier de votre main et vous avez raison parce qu'elle a l'air particulièrement sophistiquée. C'est un projet qui en est où en fait aujourd'hui ? Je disais que vous avez fait ça dans votre garage, vous l'avez montré à des spécialistes, vous avez des pistes de développement, vous voulez garder secret le mécanisme. Comment est-ce que vous voyez les choses ?
Invité :
[
56:35] Donc en fait, j'ai dévoilé le projet seulement il y a un peu plus d'une semaine, deux semaines. Le but, c'est de pouvoir vendre le prototype, les connaissances techniques qui y sont associées. Il y a eu beaucoup de connaissances qui ont été retranscrites dans cette main. Les logiciels qui ont été développés pour réaliser cette main.
Monde Numérique :
[
56:58] Quelle est votre cible, en fait ? Vous, c'est vraiment conçu comme une main, comme une prothèse pour les personnes handicapées qui ont perdu une main ?
Invité :
[
57:06] Alors, ça, c'était l'origine.
Monde Numérique :
[
57:07] Grâce à la captation.
Invité :
[
57:09] Principalement, ce bras a été développé pour la robotique humanoïde. Je suis un peu sorti du domaine de la prothèse, bien que toutes les technologies qui s'y trouvent à l'intérieur peuvent servir pour la prothèse.
Monde Numérique :
[
57:22] D'accord. Donc c'est un bras qui peut être monté sur un robot humanoïde ?
Invité :
[
57:26] Ah oui, carrément. D'accord.
Monde Numérique :
[
57:27] Comment vous vous situez ? Vous pensez que ça pourrait vraiment être équipé sur des robots, dans des usines ou ailleurs ?
Invité :
[
57:36] Je pense que, carrément, ça peut servir surtout dans le domaine ménager ou le domaine industriel ou même dans l'espace. Pourquoi ? Parce que comme on a un mouvement extrêmement proche de l'humain, il suffirait qu'un opérateur avec des gants, etc., puisse manipuler à distance, par exemple dans des zones à risque, des objets. Et là, on a vraiment la dextérité de la personne qui commande. Pareil dans l’espace : on peut envoyer des robots et, avec un opérateur sur Terre, on va pouvoir, comme un avatar, manipuler les objets de manière très, très précise.
Monde Numérique :
[
58:17] Qu'est-ce qu'elle peut faire que ne peuvent pas faire les autres mains du marché ou les autres mains en préparation ?
Invité :
[
58:23] Alors, j'ai essayé de faire en sorte que ça puisse tout faire dans le domaine de la main humaine.
Monde Numérique :
[
58:30] Vous savez qu'il y a un test souvent qu'on évoque, c'est le fait de casser un œuf d'une seule main au-dessus d'une poêle. Parce qu'il faut à la fois un mouvement sec, un peu de force, mais aussi beaucoup de sensibilité, etc. Est-ce que votre main, elle peut faire ça ?
Invité :
[
58:47] En termes de maintien de l’œuf, il n'y a aucun problème. Il le tient de manière sensible ou de manière forte. Je peux régler l'effort.
Monde Numérique :
[
58:54] Et voilà, elle est capable de savoir quand il faut serrer plus ou moins fort ?
Invité :
[
58:59] Alors, il y a plusieurs types de capteurs. Sur ce prototype-là, il n'y en a qu'un. C'est simplement le retour des actionneurs. Pour l'instant, parce qu'en fait, le but, c'est de développer un gant proprioceptif qui, lui, va permettre d'avoir le toucher, sentir la texture, la chaleur, les appuis et surtout la proprioception. En fait, ça permettrait d’exclure tous les capteurs qu’on pourrait mettre, par exemple, dans des articulations, ou des capteurs d’orientation rotative, d’accélérométrie, etc. En fait, ce gant-là permettrait aux robots si on l'équipe d’une IA par exemple de connaître sa position dans l’espace sans avoir à le voir avec des caméras ou avec des capteurs autres que des capteurs d'accélérométrie ou rotatifs, etc.
Monde Numérique :
[
59:51] Voilà, Didier Vançon, inventeur d'une main robotique do-it-yourself en quelque sorte. Retenez bien son nom parce que vous risquez d'en entendre parler prochainement, dans les prochaines semaines. Et c'est la fin de cet épisode de l'hebdo de Monde Numérique. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. L'hebdo de la rentrée, j'espère que ça vous a plu. On se retrouvera comme d'habitude chaque samedi. On continue, on ne change pas une équipe qui gagne. Cinquième année de Monde Numérique. Parlez de ce podcast à vos amis, faites-le connaître autour de vous. Abonnez-vous également à la newsletter afin de recevoir chaque jour le sommaire de l'épisode qui vient de paraître. La semaine prochaine, un petit coup d'œil sur le programme, parce que Monde Numérique c'est quasiment un épisode par jour alors mardi, vous retrouverez l'interview intégrale de Benoît Grunemwald à propos de la cybersécurité, mercredi retour sur cette main robotique, et puis vendredi, nouvel épisode du débrief transat avec mon camarade Bruno Guglielminetti, avant l'hebdo du samedi.
Monde Numérique :
[
1:01:11] N'hésitez pas à me faire part de vos remarques, vos commentaires sur tout, sur le choix des sujets, sur la longueur de cette émission, sur les différents formats, sur la programmation, sur les jours d'écoute. Dites-moi aussi, tiens, à quel moment vous écoutez Monde Numérique ? C'est très intéressant, évidemment, pour moi de le savoir afin de m'adapter au mieux. Voilà, je vous souhaite une très bonne semaine, pleine de tech, écoutez plein de podcasts. Salut !