🎤 Quand les lunettes deviennent des assistants intelligents (Denis Cohen-Tannoudji, EssilorLuxottica)
Monde Numérique21 avril 202616:04

🎤 Quand les lunettes deviennent des assistants intelligents (Denis Cohen-Tannoudji, EssilorLuxottica)

Les lunettes connectées s’imposent comme le nouveau terrain d’innovation technologique. Entre intelligence artificielle, audio augmenté et capteurs de santé, elles pourraient transformer notre quotidien bien au-delà de la simple correction visuelle.

Interview : Denis Cohen-Tannoudji, responsable des technologies émergentes chez EssilorLuxottica

Punchlines

  • Les lunettes sont le nouveau wearable après les montres connectées.
  • La lunette devient une interface naturelle avec l’IA.
  • L’audio augmenté améliore la compréhension sans isoler.
  • Les données captées posent des défis éthiques majeurs.
  • Le poids et l’énergie restent les contraintes clés.

Les lunettes sont-elles en train de devenir un objet technologique à part entière ?

Oui, clairement. Les lunettes ne sont plus seulement un dispositif de correction visuelle, elles deviennent un véritable objet connecté. C’est même le nouveau wearable qui émerge après les montres et les écouteurs. On a déjà des lunettes capables de prendre des photos, passer des appels ou interagir avec une intelligence artificielle. Le fait d’avoir une caméra et des écouteurs intégrés permet d’interroger un agent IA de manière presque continue.

Quelles sont les innovations les plus prometteuses aujourd’hui ?

Il y a plusieurs axes très forts. D’abord, l’audio augmenté, avec des lunettes capables d’améliorer l’intelligibilité des conversations en environnement bruyant, sans isoler l’utilisateur. Ensuite, les fonctions de santé : la position des lunettes permet de capter des données inédites, comme la fatigue cognitive ou potentiellement l’activité cérébrale. Enfin, on travaille aussi sur des verres intelligents avec affichage intégré ou adaptation dynamique de la luminosité, ce qui ouvre la voie à des usages en réalité augmentée.

Quelles sont les principales limites technologiques ?

La contrainte majeure, c’est le poids. Une paire de lunettes doit rester très légère, autour de 25 à 30 grammes. Cela limite la taille de la batterie et donc la quantité d’énergie disponible. Toutes les fonctions doivent être extrêmement optimisées, notamment grâce à des puces capables de faire de l’intelligence artificielle embarquée avec une très faible consommation et une latence minimale.

Les enjeux éthiques sont-ils un frein au développement ?

C’est un sujet central. Les lunettes peuvent capter des images, du son, voire demain des données beaucoup plus sensibles. Il faut donc encadrer les usages, garantir la transparence et protéger la vie privée. Il y a aussi des questions autour de l’entraînement des IA à partir de données humaines. On travaille sur des solutions comme l’anonymisation et on s’entoure d’experts en éthique pour rendre ces technologies acceptables.


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Denis Cohen Tannoudji: [0:01] On s'aperçoit aussi que les lunettes IA sont portées aussi de façon assez massive par des, on appelle ça des émétropes, donc des gens qui n'ont pas besoin de correction visuelle, mais qui se mettent à porter des lunettes parce que la fonction est tellement intéressante, à la fois sur l'agent IA, mais sur le fait que c'est aussi un substitut d'AirPods, Denis Cohen Tannoudji: [0:19] pour reprendre une marque sur le marché. Ça permet de téléphoner de façon beaucoup plus naturelle sans avoir à sortir ces trucs dans les oreilles et les faire tomber par terre, etc. Monde Numérique : [0:38] Bonjour Denis Cohen-Tannoudji. Denis Cohen Tannoudji: [0:40] Bonjour. Monde Numérique : [0:41] Vous êtes responsable des technologies émergentes au sein du groupe Essilor Luxotica. On a l'impression que les lunettes aujourd'hui, ça devient une espèce de terrain de jeu pour l'innovation technologique ou en tout cas un nouvel univers. On est bien au-delà de simplement avoir une paire de verres correcteurs devant les yeux en réalité. Denis Cohen Tannoudji: [1:01] Oui, alors c'est un objet qui est très porté dans le monde déjà. Il y a à peu près 600 millions de gens qui portent des lunettes de façon permanente tous les jours quand on est myope. Mais effectivement, c'est en fait le nouveau wearable qui émerge après les montres connectés, les bracelets connectés, les écouteurs connectés. Et ça a plusieurs opportunités, plusieurs possibilités qui sont en fait assez élevées. La première, bien sûr, la première chose que les gens connaissent, puisque c'est vraiment ça qui a établi la catégorie, c'est les lunettes IA, donc la Ray-Ban Meta et la Oakley Meta, qui, à l'origine, étaient surtout pour... On va dire prendre des photos, des vidéos, écouter de la musique, passer des appels téléphoniques. Mais en fait, la présence de la caméra et des écouteurs dans les lunettes permet d'interroger un agent IA de façon presque continue. Monde Numérique : [1:59] Alors, ce n'est quand même pas un produit super, super répandu. Denis Cohen Tannoudji: [2:03] Ce n'est pas répandu, mais ça a émergé depuis deux ans. Monde Numérique : [2:06] C'est en train d'émerger, très clairement. Denis Cohen Tannoudji: [2:07] Mais ça ne va pas s'arrêter là, puisqu'on a aussi lancé une nouvelle catégorie de produits, où on s'est aperçu qu'on pouvait aider les gens qui commençaient à être un peu presbiacousistes, c'est-à-dire une perte d'acuité auditive à partir de 55 ans, on va dire 10 ans après la presbycie, et que la lunette a été un des meilleurs dispositifs pour adresser des gens qui n'ont pas encore besoin d'une aide auditive, qui jouent surtout sur l'augmentation du son, mais de jouer sur l'intelligibilité des conversations en environnement bruyant. La lunette aux nuances audio, elle a effectivement des technologies qui sont très intéressantes puisqu'elle a une série de petits microphones et également des écouteurs qui permet avec un traitement du signal assez sophistiqué d'augmenter le son mais de façon directionnelle tout en ayant les oreilles ouvertes puisqu'il Denis Cohen Tannoudji: [2:56] n'y a pas d'écouteurs dans les oreilles. Dans la branche, il y a des petits écouteurs qui sont des sortes de lasers acoustiques, des micro-miroirs acoustiques qui envoient de façon assez collimatée le son dans le canal auditif et donc ça permet pour une personne qui commence à être un tout petit peu dure d'oreille mais qui ne veut surtout pas porter d'aide auditive puisque c'est un stigma social, d'être beaucoup plus à l'aise dans des situations sociales où il faut comprendre des conversations en milieu brillant. Monde Numérique : [3:24] Oui, un restaurant Un restaurant. Denis Cohen Tannoudji: [3:27] Une réunion de travail, une réunion de famille Et c'est important puisqu'on s'aperçoit que la faculté de bien entendre, de bien comprendre des conversations, c'est aussi une façon de se prémunir de baisse de faculté cognitive pour les personnes âgées. Par comparaison de la Ray-Ban Meta, c'est une fonction plutôt médicale. On a d'autres programmes de R&D qui vont venir sur le marché relativement proches. C'est effectivement d'aller aussi sur le terrain des wearables, des objets portables connectés, avec des fonctions de santé ou de bien-être pour mesurer des paramètres de santé. Aujourd'hui, on mesure essentiellement avec des montres et des bracelets connectés, mais qu'on pourrait mesurer avec des lunettes, d'autant plus que le fait qu'on porte la lunette devant les yeux, à côté des oreilles et sur la tête, permet de mesurer des paramètres de santé qu'on ne peut pas mesurer autrement. Monde Numérique : [4:26] D'accord. Denis Cohen Tannoudji: [4:27] Typiquement, dans ce qu'on appelle en anglais un eye tracker, un oculomètre, permet en fait de mesurer, par exemple, de la fatigue cognitive, une absence d'attention. Il y a d'autres capteurs qu'on peut imaginer, c'est de mesurer les ondes cérébrales. Ce qu'on appelle de l'électroencéphalographie. Alors bien sûr, il faut qu'on ait la capacité de détecter des signaux qui soient utiles. Pour l'instant, on mesure très peu de choses. On est en phase de recherche, mais on pourrait mesurer aussi l'humeur, l'anxiété. On pourrait aussi l'utiliser comme un... On va dire une interface home machine, c'est à dire que si par exemple j'ai ma lunette nuance audio que je commence à mal entendre, à mal comprendre ce qui se passe, le système pourrait détecter que j'entends mal et déclencher la fonction d'augmentation auditive automatiquement voilà donc il y a d'autres, un dernier, aspect pour couvrir un peu votre question on travaille aussi sur rendre le verre intelligent et pas uniquement la monture de lunettes. Denis Cohen Tannoudji: [5:28] Et donc vous avez pu voir qu'on a commencé à mettre des fonctions de display Denis Cohen Tannoudji: [5:33] dans des verres avec la métarrayband display. On essaye de rendre ça encore plus léger et le moins épais possible parce qu'il y a un petit rajout d'épaisseur du fait qu'il y a un composant optique à l'intérieur. Donc, on travaille sur l'holographie et puis on travaille aussi sur comment moduler la lumière dans le verre de façon électronique et non plus de façon induite par des ultraviolets. Donc, on a une technologie pour assombrir ou éclaircir de façon beaucoup plus rapide et de façon beaucoup plus à la demande ou en fonction de l'usage. C'est ce qu'on appelle un verre électrochromique. Donc, c'est des projets qu'on a en recherche pour l'instant, mais qui participent à l'innovation dans les lunettes connectées et qui permettent aussi, par exemple, pour la réalité augmentée, de pouvoir offrir une gestion du contraste de l'image virtuelle de façon beaucoup plus confortable, puisque en situation de forte luminosité, ça pourrait venir s'assembler automatiquement, pour pouvoir voir l'image virtuelle de façon beaucoup plus nette. Monde Numérique : [6:31] Les lunettes, c'est l'objet connecté, le wearable du futur, selon vous ? Denis Cohen Tannoudji: [6:35] C'est sans doute... Pas le seul, mais c'est sans doute une nouvelle catégorie qui va émerger du fait qu'on arrive de plus en plus à intégrer des composants électroniques dans une lunette, qui est un défi, parce que une lunette, la plupart, le poids moyen d'une lunette que les gens portent aujourd'hui, c'est entre 25 et 30 grammes, vert compris. Donc c'est très léger. Donc les gens qui sont amétropes, qui sont par nécessité obligés de porter une lunette tout le temps, pour bien voir, sont habitués à avoir des lunettes qui sont légères et des verres qui sont le mieux possible. Ça fait plusieurs décennies qu'il y a un Luxottica qui travaille dessus. Donc, on ne peut pas se permettre d'altérer le confort et la performance d'une lunette sous prétexte qu'elle va devenir intelligente. Monde Numérique : [7:23] Donc, c'est principalement le poids. Denis Cohen Tannoudji: [7:25] Le poids. Et donc, du coup, indirectement, c'est la taille de la batterie, l'énergie embarquée qu'il faut intégrer dans la lunette et donc, toutes les fonctions électroniques qu'on développe nécessite d'être très très basse consommation, et donc ça nécessite d'avoir sans doute des fonctions qui sont supportées par des nouvelles puces électroniques qui optimisent en fait l'énergie des composants et aussi pour certaines fonctions la latence de certaines fonctions. Monde Numérique : [7:52] Mais ce n'est pas une contrainte qui vous limite dans les fonctionnalités quand même ? Denis Cohen Tannoudji: [7:55] C'est la contrainte, donc c'est pour ça que pour l'instant on ne peut pas tout faire dans l'arrêt bas de méta, on ne peut pas tout faire dans la nuance audio, mais on travaille pour innover et pour rendre les choses plus performantes donc c'est pour ça qu'on travaille sur des puces qui permettent de faire de l'IA embarqué, typiquement la petite start-up qu'on a racheté il y a un peu plus d'un an à Sofia Antipolis, permettra à terme dans la nuance audio de faire de l'augmentation de la voix humaine que le système reconnaisse la voix humaine et augmente que la voix et pas le bruit en plus de l'aspect formage d'ondes que propose déjà nuance audio Et pour ça, il faut pouvoir traiter... L'IA qui permet ça, mais de le faire dans la linette, pour qu'il y ait une latence extrêmement courte. S'il faut aller dans le cloud et revenir, ça prend une à deux secondes. Là, on est plutôt dans les millisecondes. Et donc, c'est pour ça qu'il faut que ça soit très basse consomme en même temps. Et donc, on a été obligé de trouver et de développer des puces spécifiques pour des fonctions d'y embarquer à très faible consommation, très faible latence. Ça, c'est une contrainte de physique et de logiciel qui est très, très importante. Monde Numérique : [9:03] Alors vous le disiez, les lunettes, l'avantage c'est qu'énormément de gens en portent, mais il y a quand même des gens qui ont la chance de ne pas en porter. Denis Cohen Tannoudji: [9:10] Tout à fait. Monde Numérique : [9:11] Et est-ce que vous pensez qu'un jour on achètera des lunettes pour l'aspect fonctionnalité ? Denis Cohen Tannoudji: [9:17] Même les gens qui n'ont pas besoin de lunettes achètent des lunettes, en général des lunettes de soleil. Historiquement, c'est un point fort de la partie Luxottica du groupe. Et donc on s'aperçoit aussi que les lunettes IA sont portées aussi de façon assez massive par des on appelle ça des émétropes donc des gens qui n'ont pas besoin de correction visuelle mais qui se mettent à porter des lunettes parce que la fonction est tellement intéressante à la fois sur l'agent IA mais sur le fait que c'est aussi un substitut d'AirPods en fait pour reprendre une marque sur le marché ça permet de téléphoner de façon beaucoup plus naturelle sans avoir sortir ces trucs dans les oreilles et les faire tomber par terre, etc. Donc on voit qu'il y a aussi des gens qui achètent Nuance Audio alors qu'ils n'ont pas besoin de lunettes correctrices. Parce qu'ils veulent pour la situation sociale où ils ont besoin de bien entendre Denis Cohen Tannoudji: [10:12] sans qu'ils soient stigmatisés en ayant quelque chose dans les oreilles. Monde Numérique : [10:14] D'accord. On sent qu'avec les lunettes, il y a toujours cette question de l'acceptation sociale finalement. Et notamment, il y a quand même un problème qui se pose avec les lunettes qui permettent de filmer, qui ne sont pas très appréciées, il faut bien le dire. Il y a quand même un peu de réticence, de méfiance par rapport à ça. Si véritablement ça se développe, si tout le monde se met à porter des lunettes permettant de filmer tout le monde, tout et n'importe quoi dans la rue, est-ce que vous ne risquez pas de vous retrouver face à un problème qui risque de vous dépasser un peu ? Denis Cohen Tannoudji: [10:43] C'est un vrai sujet. C'est un sujet d'ailleurs qui nous... Monde Numérique : [10:48] Comment vous l'abordez ce sujet ? Vous y réfléchissez ? Denis Cohen Tannoudji: [10:50] D'abord, on essaie d'influencer notre partenaire qui a un rôle majeur dans le développement de la partie logicielle du produit, donc des fonctionnalités qu'apporte la lunette. Effectivement, on essaie qu'il y ait des règles qui soient les plus éthiques possibles. On se fait conseiller dans notre nouveau conseil scientifique consultatif par une professeure d'éthique, bioéthique médicale et d'éthique IA, pour rendre les choses acceptables. Donc on essaie de finitement que les règles soient claires. Monde Numérique : [11:23] Parce que le risque, c'est les dérives de ça. Denis Cohen Tannoudji: [11:24] Les dérives, les abus. En principe, quand on filme, on notifie avec une petite LED qui indique qu'on filme ou qu'on prend une photo. Donc ça, c'est un sujet qui avait déjà été abordé avant même que la fonction d'IA soit vraiment mise en avant. Mais la fonction IA, en fait, pose d'autres problèmes aujourd'hui, puisque, en fait, ça permet d'entraîner, en fait, des agents d'IA sur des expériences humaines. En fait, la plupart des agents IA qui sont sur le marché, les ChatGPT, les Cloud, les Gemini, sont entraînés sur des données qui ne sont pas des données d'expérience humaine. Et donc la tentation effectivement des lunettes IA c'est de pouvoir personnaliser en fait son agent en fonction de ses habitudes mais ça pose des vrais problèmes, on n'a pas tranché. Monde Numérique : [12:12] Collecter des données. Denis Cohen Tannoudji: [12:14] Mais après il y a des outils d'anonymisation il y a toutes des pratiques de recherche qu'on se pose sur l'IA pour rendre les choses la confiance dans l'IA, la confiance dans les données la façon dont c'est géré Mais donc, on se fait aussi aider par un autre membre du conseil scientifique consultatif, qui est un professeur de mathématiques italien, médaille-file de mathématiques, Alessio Figali, pour voir comment on peut avoir des technologies qui permettent d'avoir une anonymisation des données pour protéger la vie privée. Donc, il y a aussi des problématiques de recherche pour rendre les choses beaucoup plus éthiques. Monde Numérique : [12:56] Oui, parce qu'il doit être tentant, et il va être tentant pour les fournisseurs de ces solutions, de capter de la donnée, par exemple, pour, vous le disiez, entraîner des IA pour ensuite, demain, équiper des robots, etc. Si c'est avec l'accord de l'utilisateur, pourquoi pas ? Denis Cohen Tannoudji: [13:14] Tout à fait. On peut très bien imaginer qu'il y ait des volontaires qui portent des lunatiens pour fournir des données, pour entraîner des IAC qui puissent permettre à des robots d'être un peu plus humains. Monde Numérique : [13:23] Si en plus ils sont rémunérés pour ça, par exemple. Denis Cohen Tannoudji: [13:26] Donc ça, c'est des choses qu'envisagent. On a beaucoup d'entreprises aux Etats-Unis, en Chine, parce que la robotique est un secteur de l'avenir également. Et c'est effectivement une des sources. Et ça peut aller loin. Je vous parlais de l'électroencephalographie. Aujourd'hui, quand on utilise une lunatia, on n'a pas le feedback de ce que ressent la personne, à part éventuellement si elle s'exprime et qu'on capte ce qu'elle dit. Mais demain, on peut imaginer que... Monde Numérique : [13:55] Ou qu'on capte ce qu'elle filme, ce qui est arrivé à Méta, et qui a récupéré des images très, très intimes. Denis Cohen Tannoudji: [14:00] Très problématique. Mais une autre source éventuellement de défi, c'est qu'on pourrait aussi mesurer le ressenti de la personne. Monde Numérique : [14:10] Des lunettes qui captent le ressenti de la personne. Denis Cohen Tannoudji: [14:13] Il y a énormément, et pas forcément que dans les lunettes, il y a beaucoup de recherches, il y a beaucoup de start-up à Paris d'ailleurs, qui travaillent sur l'électro-encéphalographie pour permettre de mesurer l'état cognitif, l'état émotionnel des personnes. Monde Numérique : [14:27] D'accord. Denis Cohen Tannoudji: [14:28] Ça peut intéresser des enseignes de grande distribution, des parfumeurs, des producteurs de vin, parce qu'en fait, on veut savoir finalement ce que ressentent les gens. On m'offre un parfum nous on est à l'intersection d'autres industries qui se posent aussi des questions de comment on peut mesurer et il n'y a pas qu'avec des lunettes mais c'est vrai que la lunette comme elle est sur le nez et les branches des lunettes passent derrière les oreilles on est au contact de la tête et du cerveau, il y a d'autres diverses qui permettent de faire de l'OJ c'est de mettre des choses dans les oreilles Dans le canal auditif, c'est aussi un endroit relativement pertinent pour mesurer de l'EG. Monde Numérique : [15:12] Mais ce sont des endroits très intimes, finalement. Denis Cohen Tannoudji: [15:15] Ah oui, oui, oui. Monde Numérique : [15:16] Parce qu'il y a vraiment l'intimité des gens. Denis Cohen Tannoudji: [15:19] Voilà, mais je pense qu'Apple, qui a des dizaines de millions de gens qui portent des Apple Watch, ils ont plein de données sur la vie des gens, déjà. Monde Numérique : [15:28] Oui, bien sûr. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'ils font beaucoup de... Denis Cohen Tannoudji: [15:33] Mais il faut savoir le gérer de façon éthique et sécuritaire. Monde Numérique : [15:37] C'est pour ça qu'ils mettent beaucoup en avant la question de la protection de la vie privée, etc., qui est absolument fondamentale. Oui, tout à fait. Écoutez, c'est passionnant. C'est super intéressant. Donc, merci beaucoup, Denis Cohen-Tannoudji, responsable des technologies émergentes chez Essilor. Denis Cohen Tannoudji: [15:54] Enchanté, un plaisir. Merci.
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