La tech américaine redéfinit les règles du jeu militaire en plaçant les données et l’IA au cœur des stratégies de défense. Derrière les discours idéologiques, une bataille industrielle et commerciale majeure se joue entre anciens géants et nouveaux acteurs.
🎤 INVITÉ : Tariq Krim - Entrepreneur du numérique, créateur de Netvibes et Jolicloud, animateur du think tank et de la newsletter Cybernetica
Rediffusion du 6 mai 2026
Punchlines
- La Silicon Valley a toujours été liée à la défense.
- Demain, la guerre sera une guerre de données et de logiciels.
- Les outils d’analyse militaire et les plateformes grand public reposent sur les mêmes technologies.
- Les manifestes idéologiques sont aussi des arguments commerciaux.
- L’IA permet désormais de construire soi-même ses outils d’analyse.
=================================
🎤 INTERVIEW : Tariq Krim – Entrepreneur, fondateur de Cybernetica
L'essentiel
- La Silicon Valley travaille avec la défense américaine depuis ses origines.
- Le manifeste de Palantir est aussi un argumentaire commercial.
- La vraie bataille oppose les industriels de l'armement aux acteurs de l'IA et du logiciel.
- Avec l'IA générative, la souveraineté ne concerne plus seulement les données mais aussi les méthodes de travail.
=================================
Pourquoi le manifeste de Palantir suscite-t-il autant de réactions ?
Il faut d'abord rappeler que les liens entre la Silicon Valley et la défense américaine ne sont pas nouveaux. Depuis les premiers radars de la Seconde Guerre mondiale jusqu'aux programmes informatiques de la NSA ou de la CIA, les grandes entreprises technologiques ont toujours travaillé avec l'État américain. Palantir s'inscrit dans cette continuité. À mes yeux, le manifeste d'Alex Karp est autant un discours idéologique qu'un argumentaire commercial destiné à convaincre que les technologies de demain sont devenues essentielles à la défense.
En quoi l'arrivée de l'IA générative change-t-elle la donne pour Palantir ?
Pendant longtemps, Palantir a vendu des outils capables d'analyser d'immenses volumes de données afin d'identifier les informations importantes. Aujourd'hui, l'IA générative transforme profondément ce modèle. Des outils comme Claude peuvent permettre à chacun de construire ses propres systèmes d'analyse. C'est une évolution qui menace directement la position de Palantir, qui cherche désormais à proposer une plateforme complète où l'IA guide les décisions et adapte en permanence les usages pour les clients de la défense.
La véritable bataille se joue-t-elle entre les États ou entre les industriels ?
Je pense qu'il existe une bataille beaucoup plus discrète entre les industriels traditionnels de l'armement et les nouveaux acteurs du logiciel. Les fabricants historiques de missiles, d'avions ou de systèmes militaires voient arriver des entreprises qui affirment que les guerres de demain seront gagnées grâce aux données, aux drones, aux robots et au logiciel. Elles se présentent comme les nouveaux défenseurs des intérêts américains et cherchent à prendre la place des industriels historiques.
L'Europe peut-elle développer une alternative crédible ?
Les compétences existent en France et en Europe. Nous disposons d'excellentes briques technologiques et de plusieurs acteurs capables de développer des solutions performantes. En revanche, nous savons moins construire des produits complets, simples à utiliser et immédiatement opérationnels. Avec l'IA, un autre enjeu apparaît : il ne s'agit plus seulement de protéger les données, mais aussi les méthodes de travail et le savoir-faire que les modèles apprennent auprès de leurs utilisateurs.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
[00:00:01] Cet été je vous propose de retrouver quelques-unes des meilleures interviews de Monde Numérique. Innovateurs, experts, observateurs, ils ou elles partagent leurs projets, leurs visions, leurs analyses. Tendez l'oreille, vous ne l'engrapperez pas. Monde Numérique Il y a une bataille vraiment cachée entre ce que j'appelle le complexe industriel 1.0, les classiques, Raytheon, Laura, enfin ceux qui font les missiles, les Boeing, etc.
[00:00:28] Et la nouvelle génération qui veulent prendre leur place en disant demain la guerre c'est des données, du software, des drones. En gros c'est des drones, c'est des robots. Et vous votre quincaillerie en fait qui coûte une fortune, qui a été construite pour la guerre froide avec les technologies de l'ancien monde, ça ne vaut plus rien. Et donc c'est nous les vrais patriotes parce que nous nous défendons les États-Unis avec la technologie de demain et nous nos ingénieurs au lieu d'aller bosser pour faire des apps débiles pour l'iPhone,
[00:00:58] ils vont travailler avec nous pour devenir la nouvelle ligne de front de défense des États-Unis. Bonjour Tariq Krim. Bonjour. Entrepreneur du numérique, créateur de Netvibes, de Joli Cloud, aujourd'hui dirigeant de Cybernetica qui étudie les rapports entre le numérique, la géopolitique, la défense, etc.
[00:01:23] Alors il m'a semblé intéressant de t'inviter dans le monde numérique pour avoir ton analyse sur l'actualité, notamment après une publication qui a fait beaucoup de bruit ces derniers temps, c'est le fameux manifeste de Palantir. On va expliquer en deux mots ce que c'est. Donc Palantir ou plus exactement Alex Karp, donc dirigeant de cette société américaine, peu connu en France, mais c'est une figure de la tech, assez originale d'ailleurs,
[00:01:46] qui a publié autour du 20 avril un manifeste en 22 points tiré de son livre qui était en fait paru l'an dernier qui s'appelle La République Technologique. Et c'est un manifeste qui détaille ce à quoi doit servir la technologie selon lui. Et notamment, il dit que la tech aujourd'hui doit se mettre au service de la défense et de la défense américaine. Et le fait est que, tu me le confirmeras sans doute, il y a plusieurs entreprises aujourd'hui qui ouvertement fournissent des technologies à l'armée américaine,
[00:02:13] Open AI, Anthropic, bon il y a eu des allées-venues, Google récemment qui a officialisé des choses aussi. Ça fait grincer des dents, on crie au techno-fascisme même, en tout cas de notre côté de l'Atlantique. Et tu as consacré ta dernière newsletter à ce sujet, à ce fameux manifeste. Donc, qu'est-ce que tu en penses ? Quel est ton regard là-dessus ? Tout d'abord, c'est vrai que c'est un sujet qui est un sujet intéressant,
[00:02:42] c'est la relation entre la technologie, la Silicon Valley et la défense, qui contrairement à ce qu'on croit est une relation très ancienne, puisque la Silicon Valley est née. Il faut relire ou revoir plutôt cette incroyable présentation de Stephen Blanc, qui est de « Secret History of Silicon Valley », l'histoire secrète de la Silicon Valley, où il explique comment la Silicon Valley a travaillé sur les premiers radars pendant la Deuxième Guerre mondiale
[00:03:05] et qu'au fur et à mesure, la combinaison de plusieurs acteurs ont fait que c'est devenu un endroit de technologie. On a construit des puces, le programme Apollo, on a construit des ordinateurs, notamment pour la NSA et pour tous les services qui avaient besoin d'informatique. Et donc, historiquement, depuis toujours, même Steve Jobs, les gens l'oublient, mais Next, qui était considéré officiellement, donc la société qu'il a fait, on quittait Apple, pour ceux qui ne le sauraient pas, était considérée comme un échec commercial,
[00:03:34] mais on a su après qu'en fait, il vendait ses stations de travail, qui coûtaient assez cher, il faut le dire, à la NSA, la CIA et la Défense, qui avaient justement besoin d'outils avec des capacités graphiques. Et donc, quand on voit Palantir aujourd'hui, qui veut être l'un des principaux fournisseurs de la Défense, en fait, on est dans la continuité d'une histoire et contrairement à ce que l'on entend, effectivement, c'est dans la digne succession de toutes les grandes sociétés
[00:04:03] qui évidemment veulent avoir le gouvernement américain comme client, c'est ça, très bon client, et évidemment, la Défense, dont le budget est colossal, comme client évidemment. Donc voilà, ça c'était la première chose. La deuxième, effectivement, c'est que… Ça c'est l'intérêt que peuvent y trouver les entreprises de tech. Oui. Mais aujourd'hui, il y a aussi un intérêt que peut trouver à ces technologies la Défense américaine. Absolument, c'est-à-dire qu'il y a plusieurs choses qui ont changé par rapport à l'époque.
[00:04:34] Au départ, on avait dû acheter les ordinateurs, du logiciel, et ensuite, les logiciels étaient utilisés comme bon leur semble par l'armée. Donc, tu n'avais pas un impact direct sur l'activité. Il s'est passé plusieurs choses. La première, c'est qu'évidemment, si tu veux, après le 11 septembre, la création qui a vu la création de Palantir, on a commencé à se dire qu'il y avait une opportunité dans la collecte et l'analyse de données.
[00:05:03] C'est intéressant, c'est qu'on a toujours le même chemin. C'est d'abord l'analyse, la collecte des données et l'analyse avec historiquement des grands acteurs comme la NSA qui collectaient les données, mais essentiellement à l'étranger. Et au fur et à mesure, notamment avec le Patriot Act et plein de choses, la loi a un peu évolué. On a commencé à collecter de très grands volumes de données. Et ce qui est intéressant, c'est que ce système d'analyse de très grands volumes de données
[00:05:31] a ensuite été utilisé des années après dans l'Internet grand public puisque tous les outils sur lesquels s'appuient Google, Facebook, toutes les grandes sociétés de la tech commerciale des années après s'appuient en fait sur cette idée que l'on peut maintenant enfin manager des millions, des dizaines de millions, des centaines de millions et puis à un moment donné, dans le cas de quelques entreprises, des milliards d'utilisateurs. Il faut se dire que quand tu as des milliards d'utilisateurs sur Facebook,
[00:05:57] ce sont des gens qui publient chaque jour X photos, qui font X messages. Donc, tu multiplies le nombre d'interactions par le nombre de milliards d'utilisateurs et donc tu te rends compte que tu as besoin de données extrêmement importantes et une partie des technologies qui ont servi déjà à les stocker. Il faut stocker des milliards de photos par jour, c'est-à-dire des services comme Apple, comme Facebook, comme Google, avant même de faire quoi que ce soit, doivent stocker les milliards de photos que les gens postent avec leur téléphone tous les jours, voire dans certains cas plusieurs fois par jour,
[00:06:27] voire même plusieurs fois par minute. Donc, tu as un vrai premier travail. Et le deuxième qui est intéressant, c'est qu'il faut traiter ces données, les organiser, les structurer. Donc, il y a eu en fait pendant des années tout un cercle entre les technologies militaires de surveillance et les outils qui circulent. Ce qui est nouveau en fait… Pardon, vas-y, s'en prie. Et rappelons que c'est ça le travail de ne pas mentir. Oui, absolument. C'est de donner du sens à toutes ces données,
[00:06:56] quelles qu'elles soient, qui circulent à droite à gauche et de les valoriser en fait. Oui, puis de trouver surtout… De les rendre intelligentes. De les rendre intelligentes, certes, mais surtout de trouver, et ça c'est l'obsession évidemment ensuite de la croissance qui a existé sur l'Internet, mais qui est aussi une mutilation militaire et en renseignement. C'est ce qu'on dit en anglais de « needle in a hashtag », donc la fameuse aiguille dans une botte de foin. C'est de trouver des comportements ou des informations
[00:07:25] qui n'apparaissaient pas comme évidentes de premier abord et qui, avec une analyse approfondie, vont permettre de trouver des patterns. Alors, en commerce… Les fameux signaux faibles. Ces fameux signaux faibles qui font que soudain, tu découvres à travers des millions de photos d'Instagram, de Facebook ou de tel service de réseau social, que ça va être la nouvelle tendance et que tu peux déjà en amont discuter avec les gens qui vendent de la publicité. Voilà les tendances, voilà les signaux faibles. C'est exactement la même chose quand tu cherches
[00:07:54] dans des bases de données de personnes, de terroristes ou des choses comme ça. En fait, ce sont les mêmes outils. Donc ces outils, c'est intéressant, ont été un peu développés au même moment. Et tu as toujours eu une différence entre les acteurs à partir des années, on va dire, tout simplement du web 2.0, à l'époque où justement on faisait NetVibes et les débuts de Facebook. Donc un monde d'Internet grand public qui va se construire avec notamment le mobile et le cloud
[00:08:21] pour construire des gigantesques plateformes de données privées et un monde beaucoup plus modeste finalement en termes de taille qui était le monde militaire où là on a besoin de ces techniques pour analyser les choses. C'est ce que l'a fait Palantir. Donc Palantir, au lieu d'aller dans le commerce, enfin d'aller dans le secteur grand public, entre parenthèses, il faut rappeler que Peter Thiel, qui est le fondateur de Palantir, est l'un des premiers investisseurs de Facebook. Donc en fait, il avait, je dirais, il avait Marc Andressen également, qui est l'investisseur,
[00:08:50] un des grands investisseurs de la Vallée. Et l'idée, c'est d'avoir un pied un peu partout. Mais Palantir, au départ, c'est un pari commercial. Et Peter Thiel que tu connais, enfin tu as travaillé dans la Silicon Valley ? Je ne peux pas dire que je le connais vraiment très bien, mais je l'ai rencontré à plusieurs reprises. Et c'est quelqu'un dont j'ai toujours lu avec beaucoup d'intérêt tout ce qu'il disait sur les fondateurs. Moi, j'aime beaucoup son livre Zero to One qui parle d'un sujet qui m'est cher, qui est le moment où tu ne construis rien, tu n'as rien, tu as une idée
[00:09:21] et tu vas formaliser, construire un produit. Et pour moi, ça, c'est un peu la voie royale de la tech. Ce n'est pas copier le produit de quelqu'un d'autre, ce n'est pas adapter le produit. C'est l'essence même de l'entrepreneuriat. Ça devrait l'être. Et moi, ça a toujours été ma conviction et c'est pour ça que je suis fasciné comme toi par des gens comme Steve Wozniak et Steve Jobs qui ont construit l'Apple à partir de rien, des composants qui n'existaient pas ou des gens qui ont inventé l'IBM PC en allant acheter dans les magasins des produits à l'inverse de ce que faisait IBM
[00:09:50] pour construire un PC. Google qui utilise des serveurs Linux pour imaginer une façon de créer des serveurs, des grades de serveurs qui ne coûtent quasiment rien et qui leur ont permis de faire Google sans avoir à dépenser des millions avec des machines et des bases de données qui coûtaient une fortune. Et donc, en fait, tu es dans un moment où effectivement, tu construis de rien quelque chose et ce qui a fait pas lentir, c'est de se dire qu'il y a une opportunité
[00:10:21] de devenir l'outil d'analyse de données. Et donc ça, c'est devenu leur produit commercial, Gotham, qui est ensuite utilisé par les entreprises pour les mêmes raisons. Donc, quelles sont les données dont j'ai besoin ? Quelles sont les informations dans les données que j'ai que je n'avais pas comprises et qui ont énormément de valeur ? Et à partir d'un moment, ce n'est pas lentir est un pari commercial puisque, comme tu le sais, on dépense beaucoup d'argent, mais la société ne décolle pas vraiment. Elle va vraiment décoller ces dernières années
[00:10:49] avec déjà l'arrivée de Trump, pour lequel Thiel a été un fervent supporter, mais aussi avec l'arrivée de l'IA générative. Et comme je l'ai expliqué dans ma newsletter, l'un des principaux responsables des produits de Tchad GPT est un ancien, je crois que c'est le deuxième ingénieur de Palantir. Donc en fait, ce qui est intéressant avec Thiel et Carp, c'est qu'ils ont des antennes un peu partout et à un moment donné, ils comprennent très vite, à mon avis, que c'est une disruption complète,
[00:11:18] y compris vis-à-vis de leurs propres produits. Et c'est là, en fait, que je pense que les produits vont évoluer vers les nouveaux outils qu'ils ont, la fameuse interface Maven, qui est utilisée désormais, qui a été utilisée un peu partout, mais notamment dans la guerre en Iran. Et il faut savoir que, ce que j'ai expliqué dans ma newsletter, c'est que historiquement, le projet Maven avait été proposé à Google
[00:11:44] et les employés de Google se sont rebellés, notamment la plus connue. La plus connue, c'est Meredith Whitaker, que tu connais, puisque c'est maintenant la patronne du service Signal, de messagerie sécurisée. Et donc, Palantir a récupéré ce bébé, et donc très content, évidemment, de l'avoir, et a construit cette offre. Et donc, maintenant, et c'est moi, ça qui me fascine, c'est que, et je reviens à la première question qu'on posait,
[00:12:11] c'est que dans la première génération de relations entre l'armée et la Silicon Valley, tu vendais des produits, les gens faisaient ce qu'ils voulaient avec. Désormais, on te demande d'adapter le produit à des usages. Et c'est la problématique que l'on a aujourd'hui avec Anthropique, qui est un des outils que Claude, pardon, avec Claude, pardon, un des outils que Palantir utilise. Palantir est très malin. Palantir, c'est un agrégateur de solutions. Ils ont vu que Anthropique était une des meilleures solutions.
[00:12:40] Ils ont immédiatement pris cette solution et ils la revendent, packagée avec leurs produits au gouvernement américain. Et donc, d'une certaine manière, ils ont vendu au président et au ministre de la Défense, au ministre de la Guerre, puisqu'il s'appelle comme ça maintenant. Ne vous inquiétez pas, on a une solution, on intègre toutes les solutions qui vont bien. Et effectivement, Palantir a dit, ah non, je ne suis pas d'accord, vous ne pouvez pas utiliser nos outils de telle ou telle manière. Et donc là, c'est la première fois, en tout cas la première fois aussi publiquement,
[00:13:09] qu'une entreprise dit, ma relation avec l'armée, je suis d'accord, mais ce n'est pas un produit que vous achetez et vous en faites ce que vous voulez. C'est un produit que moi, je dois en permanence adapter et vous allez suivre mes règles. On dit en bon français les termes of service. Donc, voilà, si vous voulez utiliser notre service, c'est comme ça. Et si vous ne l'utilisez pas de telle ou telle manière, eh bien, on pourrait être amené à couper le service ou à limiter le service. Évidemment, c'était inacceptable côté ministère de la Défense
[00:13:38] et c'est pour ça qu'on a eu ce fameux bisbille entre les deux sociétés. Entre parenthèseses, depuis Anthropique a lancé Mythos, la prochaine version qui est tellement puissante qu'elle rendrait, semble-t-il, n'importe quel hacker médiocre, hacker de niveau étatique. Qui inquiète beaucoup les entreprises. Exactement, les banques. Et donc là, effectivement, d'après les dernières news que l'on voit poster, la Maison-Blanche,
[00:14:08] bon, la NSA a déjà réadapté, a réadopté Mythos, alors qu'au même moment, le ministère de la Défense dit c'est ce qu'on appelle un supply chain risk. Donc, c'est une société qui peut avoir un certain nombre de risques, qui était normalement une attribution que tu donnes à des entreprises chinoises. Oui, Anthropique a été quasiment blacklisté. C'est ça. Et là, ils reviennent discrètement. Et là, la Maison-Blanche est plus ou moins en train de dire on va revenir avec Anthropique. Et donc, les relations
[00:14:38] sont en train de se réchauffer. Oui. Alors, Tariq, ce qui est super intéressant, c'est que toi, tu ramènes ça à une problématique réellement business, technologique, etc. Alors que le fameux manifeste dont je parlais tout à l'heure, il a été perçu, et notamment, encore une fois, chez nous, en France, etc., comme un manifeste idéologique et de ce fait inquiétant. Il y a eu une émission sur France 2 sur le thème du techno-fascisme, etc.
[00:15:08] Mais toi, tu dis, en fait, tout ça, c'est de l'affichage et c'est un argumentaire commercial de la part d'Alex Carp, avant toute chose. Déjà, alors, je pense qu'il y a plein de choses critiques que l'on peut avoir sur les gens de la Silicon Valley. Alors, j'en connais certains à titre personnel, donc j'ai toujours un regard un peu différent et c'est pour ça que je ne m'exprime pas forcément aussi plus. Avant de passer à la suite de votre épisode, juste un mot de notre partenaire, Deal. Vous le savez,
[00:15:38] si vous êtes dirigeant d'entreprise ou responsable RH, recruter et payer des équipes à l'international, ça peut vite tourner au casse-tête. Il faut jongler avec 5, 6, parfois 10 outils différents. Deal est une plateforme propulsée par intelligence artificielle qui remplace toutes les autres pour les RH, l'IT et la paix. Des entreprises comme Shopify, Revolut, Eleven Labs font déjà confiance à Deal. C'est aussi le cas de Airwalex, la plateforme de référence en financière qui gère et paie plus de 1000 employés dans une quinzaine de pays. Alors, pourquoi pas vous ?
[00:16:08] Pour construire votre équipe internationale avec Deal, rendez-vous sur deal.com slash mondenum. deal.d2el.com slash mondenum. et commencez à développer votre entreprise dès aujourd'hui. Déjà, contrairement à ce qu'on pense dans la Silicon Valley au niveau des entrepreneurs, il y a toujours eu des gens qui étaient plutôt du côté des républicains et des gens qui étaient du côté démocrate. Oui, ce qui est logique. Steve Jobs était plus proche
[00:16:36] des démocrates et puis quelqu'un comme le patron d'Oracle dont les vues politiques sont aussi assez parfois inquiétantes sur l'eugénisme, sur la surveillance, plutôt du côté républicain. Ça ne les a pas empêchés d'ailleurs tous les deux d'être les meilleurs amis du monde. Je sais que c'était une de... La relation entre Larry Ellison et Steve Jobs était une relation très personnelle. C'est pour ça d'ailleurs que Larry Ellison a attaqué Google après sur Java parce que Steve Jobs a toujours cru qu'Android
[00:17:06] avait trahi. Eric Schmidt avait trahi puisqu'il était au bord le jour où effectivement Steve Jobs a dit d'Apple le jour où Steve Jobs a dit on va faire un téléphone. Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'il y a évidemment ce que les gens disent et puis il y a aussi ce que les gens font. Moi, je me suis toujours intéressé beaucoup plus à ce que les gens font. J'ai eu la chance d'aller dans plein de conférences un peu de maîtres du monde comme Davos et tout ça et je vois qu'il y a toujours une différence entre la perception
[00:17:35] du grand public et la réalité des choses. Même avec un personnage comme Elon Musk que tu sens, c'est qu'Elon Musk n'a plus autour de lui la personne qui devrait lui dire bon maintenant arrête de dire des bêtises. Il avait une période que tu as eu l'occasion d'approcher aussi. Oui, j'ai été plusieurs fois et puis je les ai vus lui, sa mère et plein de gens à différentes occasions mais c'est des gens qui ont aussi compris
[00:18:04] que la communication politique et la communication publique c'est un outil. Être extrême apparaît très extrême. C'est un moyen de se différencier. Tu le vois avec Tesla. Moi, je ne sais pas personnellement. Alors au départ, j'étais fasciné par la manière dont tu l'as construit Tesla mais aujourd'hui, entre nous, entre une voiture Tesla et une voiture chinoise dernière génération quand tu vois les technologies, tu te rends compte en fait que désormais, il a énormément capitalisé
[00:18:34] sur son personnage un peu atypique et je pense qu'il y a une partie de mise en scène. Moi, ma théorie à propos de Musk, c'est qu'il a aussi créé ce caractère un peu irascible, imprévisible parce que ça l'empêche aussi d'être attaqué financièrement sur sa société. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si tu veux parier contre lui et qu'il dit quelque chose qui va faire monter très fortement l'action ou la faire baisser très fortement, parce qu'il est imprévisible, c'est difficile
[00:19:03] de vouloir avoir des stratégies financières. Je pense qu'il a consommé un peu une sorte d'antivirus vis-à-vis de tous les raiders et tous les gens qui voulaient attaquer ces entreprises. Maintenant, lui, il est en train de... C'est comme ça que tu le vois. Oui, c'est comme ça que tu le vois. Oui, c'est uniquement guidé par le business, en fait. Je pense qu'il y a ça. Là où tu es d'accord que... Enfin, en France, et ça, c'est le côté un peu intello-français où on voit tout sous le prisme idéologique. Et c'est comme ça que... Alors, Alex Karp, Elon Musk,
[00:19:33] il y a Peter Thiel aussi qui est venu il n'y a pas très longtemps à Paris qui a fait une conférence à la Sorbonne où il a parlé de l'antéchrist et tout. Et tout le monde a essayé de décrypter, de savoir quelle était cette idéologie terrifiante qui se cachait derrière. Pour toi, tout ça, en fait, se ramène au terme du business ? Pas tout, parce qu'il y a évidemment un fond... Alex Karp... Pardon. Alors, Alex Karp est plutôt un démocrate à la base puisqu'il était plutôt anti-Trump. En fait, il pariait et c'est aussi cette stratégie. Il y a un pari sur Trump, l'autre pari sur Hillary Clinton.
[00:20:04] Je pense que il y a ce que les gens pensent vraiment et il y a ce qui marche. Et tu connais le... Ce n'est pas toi que je vais apprendre le syndrome du bon client. C'est-à-dire que tu viens à la télé, tu dis un truc complètement extrême et les gens adorent et donc tu reviens la prochaine fois. On te rend vite la fois d'après et c'est comme ça qu'il y a eu. Et tu dois faire le même scénario. C'est-à-dire qu'à aucun moment tu peux... Bien sûr. Voilà. Et c'est le cas de nombreux politiques qui aiment bien jouer sur les positionnements. Donc, c'est exactement la même chose. Évidemment.
[00:20:33] Avec une autre chose, c'est que je pense qu'à ce niveau d'entrepreneur, déjà, toute la journée, ils ont des gens qui passent le temps à leur expliquer que ce sont des génies qui sont extraordinaires, etc. Donc, si tu veux, à un moment donné, tu n'as plus de gens autour de ton entourage immédiat qui sont capables de te donner une relation à la réalité, même quand tu fais n'importe quoi. Et puis la deuxième, et ça, je l'ai vu avec beaucoup de gens qui ont réussi, c'est qu'il y a un vrai sujet sur l'entrepreneuriat,
[00:21:03] l'entrepreneur qui est en phase d'être irrelevant dans la mesure où son passé devient plus important que son futur, c'est toujours d'écrire soit un livre, ce qui est le cas de Carp, de Thiel, soit d'essayer d'expliquer que ce qui est arrivé n'est pas une forme de chance parce que dans beaucoup de cas, tu as de la chance, un jour, quelque chose se passe et tu as ça et tu as ci ou des rencontres
[00:21:33] importantes, mais ça fait partie d'un plan organisé. Et donc, d'une certaine manière, je n'avais pas à dire que les manifestes... Si on n'est pas à l'origine du chaos, au moins, le faire croire. Fait nion d'en être les organisateurs, comme dit la... Fait nion d'en être les organisateurs, c'était Talleyrand, j'crois. Ou un artiste... Je ne sais plus quel artiste avait dit ça, je ne sais plus, breton ou... Et donc, ce qui est fascinant, c'est qu'il y a aussi de ça. Alors après, je pense que beaucoup de ces acteurs ont complètement perdu
[00:22:02] la boule sur la réalité du monde et qu'ils vivent... C'est un peu inquiétant quand même parce qu'ils ont la réalité du monde entre les mains. Oui, mais là, c'est plus le cas pour Peter Thiel et je ne connais pas très bien Scandicarp ou Musk, mais pour ces gens-là, la réalité est quelque chose que tu peux créer. C'est une... Comment dire ? Comment on disait dans Matrice ? C'est une... C'est une organisation
[00:22:32] que tu peux créer. Tu peux inventer la réalité dans laquelle on est. Elle ne se pose pas à toi, c'est toi qui la fabrique. C'est ça. Un construct. Voilà, je cherchais le terme précis. Et donc, si tu veux... En plus, Thiel est un fan de Gérard sur la violence mimétique, il a toujours imaginé que ses réseaux sociaux, il l'a vu avec Facebook, d'une certaine manière, les gens changent. C'est-à-dire que quand tu es face à tous ces outils, tu n'es plus toi-même,
[00:23:02] tu es une autre personne. Et surtout, on le voit avec la... Même la façon dont les news, dont les informations sont rapportées, c'est que tu as une prime à la folie et tout ce qui devient, qui sort du cadre. Et je pense que... Oui, bien sûr. Plus tu es provocateur, plus ça suscite de l'engagement sur les réseaux et ainsi de suite, et donc de l'audience. Mais derrière ça, je voulais juste revenir sur un point sur l'aspect un peu patriotique,
[00:23:32] c'est que derrière ça, il y a une bataille vraiment cachée entre ce que j'appelle le complexe industriel 1.0, les classiques, Raytheon, Loral, enfin ceux qui font les missiles, Boeing, etc. Et la nouvelle génération qui veulent prendre leur place en disant demain la guerre, c'est des données, du software, des drones. En gros, c'est des drones, c'est des robots. Et vous, votre quincaillerie, en fait, il coûte une fortune qui a été construite pour la guerre froide avec les technologies de l'ancien monde.
[00:24:02] Ça ne vaut plus rien. Et donc, c'est nous les vrais patriotes parce que nous défendons les États-Unis avec la technologie de demain et nous, nos ingénieurs, au lieu d'aller bosser pour faire des apps débiles pour l'iPhone. Je quote, je caricature un peu le manifeste. Ils vont travailler avec nous pour devenir la nouvelle ligne de front de défense des États-Unis et de l'Occident puisque quand ils parlent de Ouest, ils considèrent que c'est l'espace à avoir violemment contre la Chine,
[00:24:32] violemment contre une vision où les États-Unis ne seraient pas en domination technologique totale. Oui, il nous inclut dans la mesure où on accepte les règles du jeu. Mais sans prise en compte d'aucune subtilité, d'aucun pluralisme. Nous sommes des consommateurs. D'ailleurs, c'est ce qui se passe. La DGSI, Airbus, tous les acteurs achètent les produits. Notre rôle aujourd'hui, c'est… Alors voilà, les produits Palantir et autres sont utilisés en France aussi. Bien sûr. Il faut le dire quand même.
[00:25:01] Oui, bien sûr, parce qu'ils ont… Pour moi, il y a deux raisons. La première, c'est qu'ils ont leur utilité dans la stratégie de middle and high stack. Je crois qu'on l'a dit, DGSI a fait ça après le 13 novembre, il y avait des besoins. Et la deuxième chose, c'est que comme nos élites politiques ne sont pas capables aujourd'hui de savoir ce qui est faisable en France, ce qui ne l'est pas, on se retrouve toujours avec un discours marketing
[00:25:31] qui est incroyable. Quand on te dit… Ce que la CIA n'a jamais totalement confirmé, c'est grâce à nos outils qu'on a découvert à Ben Laden. Donc, ils ont aussi toujours utilisé un marketing, sachant que dans le monde du renseignement, qui est un monde plus frais… Grâce aux outils de pas d'entire, tu veux dire ? Voilà, grâce aux outils de pas d'entire. Donc après, ils ont un discours marketing de déploiement. Mais c'est vrai que dans leur vision, nous sommes des utilisateurs. Je ne dirais pas des vassaux, mais plutôt des utilisateurs qui payons pour la bonne technologie. Bon, ce qui est quand même un peu un problème,
[00:26:01] en tout cas, vu de notre point de vue en termes de souveraineté, souveraineté numérique. Mais est-ce qu'il y a des alternatives ? Oui, probablement. En fait, alors, il faut comprendre qu'il y a plusieurs produits, il y a plusieurs générations. La première génération, c'était l'analyse des données. Je pense que ce sont des produits matures. Aujourd'hui, il y a 15 ans, 20 ans, c'était assez nouveau. Il existe des technologies, évidemment. Maintenant, on a basculé dans un autre domaine. Avant, en gros, tu avais un dashboard, donc un tableau de bord
[00:26:30] qui te synthétisait l'information, qui te donnait l'information essentielle. Maintenant, avec l'IA et notamment avec Claude, les dashboards... Tu peux te la faire toi-même. Un, tu peux soit la faire toi-même et c'est ce qui inquiète Palantir parce que moi, ma théorie, c'est que Claude sera capable de disrupter Palantir de la même manière qu'ils sont en train de disrupter quasiment tous les logiciels de software à commencer par Adobe, Figma, Excel, etc. Voilà. Pour toi, le nœud du problème, il est là. C'est-à-dire que Palantir
[00:27:00] est un peu inquiet face à l'avènement des IA génératives et notamment de Claude Code. C'est surtout qu'ils n'ont aucun contrôle sur Anthropik. Aujourd'hui, c'est une boîte qui vient de lever 30 milliards. Je crois que Google va encore mettre des dizaines de milliards. Amazon vient de mettre au pot. Donc, c'est une boîte qui a énormément d'argent, qui a un produit que tout le monde veut, y compris dans les renseignements parce que Claude, comme tu le sais, est intégré dans les renseignements et il paraîtrait qu'alors, on ne sait pas grand-chose,
[00:27:30] mais on sait qu'il est cinq fois plus puissant que celui que toi et moi on peut utiliser quand tu payes 200 dollars par mois. Et donc, ils n'ont aucune prise sur eux. Donc, évidemment que ça les inquiète. Et à côté de ça, ils ont promis à l'administration avec laquelle ils ont des bonnes relations, même plus que des bonnes relations puisqu'ils ont placé leurs hommes un peu partout, que nous, ne vous inquiétez pas, nous, on gère le futur. Adapter le produit et c'est ça que je voulais dire, c'est que maintenant les dashboards vont réfléchir à ta place, te définir les cibles à ta place
[00:28:00] et donc ça pose une autre question qui est effectivement est-ce qu'on peut avoir confiance dans le produit ? Est-ce que le produit n'est pas lui-même idéologisé dès le départ ? Ou est-ce qu'il vaut mieux comme tu l'as dit, comme le fait un bon journaliste, aller directement voir les sources, les recouper, travailler, réfléchir et construire ton propre outil ? Pour moi, c'est ça les deux combats enfin les deux approches qui vont arriver. Celle que propose Claude qui est chaque personne a la capacité de construire son propre système et la vision de Palantir qui est de dire non, non, il y a un seul système, une seule idéologie,
[00:28:30] nous la décidons avec le ministre de la Défense et Trump et c'est ça le produit. C'est pour ça qu'aujourd'hui ils ont beaucoup de succès évidemment avec l'administration actuelle. Alors, je reviens sur les alternatives éventuelles pour l'Europe et pour la France par exemple. Il y a un truc qui s'appelle CHAPS Vision. Oui, j'ai entendu parler, j'avais vu une personne qui travaillait là-bas. Écoute, il y a beaucoup d'outils. La question qui se pose aujourd'hui c'est que et c'est le problème comme tu le sais sur la souveraineté, c'est est-ce qu'on
[00:29:00] souverainise les logiciels qui existaient il y a 10 ans ou est-ce qu'on invente les logiciels d'aujourd'hui ? Et aujourd'hui ce qui est intéressant ce sera de voir dans quelle mesure un acteur comme Mistral est capable avec, il y a plusieurs boîtes, il y a Safran AI qui s'appelait avant Preligence, il y a plein d'expertises dans ce domaine notamment dans le domaine militaire, même si c'est pas je tiens à le préciser je ne suis pas un spécialiste du monde militaire mais il y a beaucoup d'outils. La question ensuite et c'est là le génie de la Silicon Valley ce que tu sais ce que nous savons depuis des années
[00:29:30] c'est que là-bas ils construisent des produits. Nous on a des briques de technologie et avec des gens qui viennent t'expliquer pourquoi telle brique est mieux que telle alors qu'aux US quand tu arrives avec Palantir c'est un truc clé en main c'est t'appuies sur un bouton on te montre la démo c'est comme un film de cinéma comme Enemy of the State si tu rappelles et d'ailleurs ils ont fait une démo de Maven récemment ils ont sorti 2 minutes 30 j'ai récupéré la vidéo que j'avais vue sur ma newsletter et le produit c'est incroyable
[00:29:59] on se croirait dans Person of Interest ou dans une série américaine et donc il y a ce savoir-faire d'interface d'usabilité de projection de l'utilisateur dans l'usage du produit c'est ce sur quoi je pense qu'on a beaucoup à apprendre et je pense qu'on a d'excellentes technologies mais que pour moi le point faible je le dis depuis que j'ai fait NetVive et Jolie Cloud c'est de construire un produit et donc la question aussi c'est dans quelle mesure
[00:30:29] on est prêt en France et en Europe à se dire une grande partie de ces technologies sont finalement assez commoditisées la question c'est pourquoi on développe ces outils et aussi pourquoi et puis après il y a un autre sujet que tu comprends bien c'est que face à des sujets de sécurité nationale il y a beaucoup de gens qui se disent je préfère utiliser une solution réprouvée que d'essuyer les plâtres or aux Etats-Unis à un moment donné il y a quelqu'un qui a dit on va essuyer les plâtres avec Palantir
[00:30:59] donc la question c'est est-ce qu'on le fait est-ce qu'on le fait en temps de paix ou est-ce qu'on le fait en temps de guerre voilà et là il y a un sujet alors il faut savoir qu'en Angleterre Palantir est aussi dans le système de santé donc alors FData Hub là-bas et qui ne disent pas l'entire que ça pose beaucoup de questions sur les données et ce qu'on en fait parce qu'il y a un autre sujet dont personne ne parle c'est que deviennent ces données pas tellement ce qu'il faut comprendre avec une IA c'est que dans le monde d'avant on avait une base de données avec des données qui nous appartiennent
[00:31:28] même si elles sont hébergées sous les serveurs de cloud qui peuvent être accédées par les Etats-Unis avec le Cloud Act aujourd'hui avec l'IA ce qui se passe c'est que l'IA apprend des données apprend des utilisateurs et construit un savoir-faire et ce savoir-faire qu'il possède c'est souvent le créateur de l'IA c'est-à-dire qu'à chaque fois que chacun d'entre nous utilisons Cloud ou ChatGPT les formules qu'on utilise la façon dont on répond la façon dont on se questionne toutes ces données sont finalement collectées et animées
[00:31:58] on le voit avec quasiment tous les logiciels et donc le problème que tu as c'est que chaque service d'intelligence chaque hôpital a une façon de faire un savoir-faire dans l'action et dans l'écriture dans les procès et en fait ce que tu fais c'est que même si tes données restent les tiennes tu donnes accès à tout ça et tout ça devient en fait quelque chose qu'on peut utiliser pour répliquer quasiment à l'identique demain la méthode peut-être que demain
[00:32:28] tu vas sur un dashboard et tu dis est-ce que vous voulez utiliser la méthode de la DGSI du FBI du MISIX et en fait ce sont des méthodes de recherche qui sont toutes propriétaires à chacun de ces services qui auront été modélisées et qui te permettront tu vois de la même manière que tu changes le thème de ton iPhone là tu peux changer les méthodes d'analyse donc il y a un vrai sujet là-dessus de ton dashboard militaire c'est ça ouais c'est assez vertigineux comme préoccupation ouais ouais
[00:32:57] tout à fait merci de nous avoir éclairé Tariq et puis on continue de te lire enfin pour ceux qui sont abonnés à ta newsletter Cybernetica merci d'avoir été dans Monde Numérique merci à toi Jérôme

![🎤 Pourquoi les géants de l'IA veulent devenir les nouveaux marchands d'armes (Tariq Krim, Cybernetica) [REDIF]](https://images.beamly.com/fetch/https%3A%2F%2Fstatic.audiomeans.fr%2Fimg%2Fepisode%2F93cffc3d-d498-488b-9a5e-0fa8d4a9de1b.jpg?w=365)


![🎤 Pourquoi les géants de l'IA veulent devenir les nouveaux marchands d'armes (Tariq Krim, Cybernetica) [REDIF]](https://images.beamly.com/fetch/https%3A%2F%2Fstatic.audiomeans.fr%2Fimg%2Fepisode%2F93cffc3d-d498-488b-9a5e-0fa8d4a9de1b.jpg?w=400)

![🎤 L’IA peut-elle échapper à ses créateurs ? (Frédéric Filloux, journaliste) [REDIF]](https://images.beamly.com/fetch/https%3A%2F%2Fstatic.audiomeans.fr%2Fimg%2Fepisode%2Fbac004ec-7912-4827-b353-870512e7dd7d.jpg?w=400)

![🎤 « Innover, c’est déranger » (Stan Larroque, Lynx) [REDIF]](https://images.beamly.com/fetch/https%3A%2F%2Fstatic.audiomeans.fr%2Fimg%2Fepisode%2Fa9fcda88-c035-42d8-a606-b3cc9873f7ce.jpg?w=400)