🎤 L’IA devient physique : small AI, robots et lunettes connectées au CES (Patrice Duboé, Capgemini)
Monde Numérique28 janvier 202607:48

🎤 L’IA devient physique : small AI, robots et lunettes connectées au CES (Patrice Duboé, Capgemini)

Au CES de Las Vegas, l’intelligence artificielle a confirmé son entrée dans une phase de maturité. Robots, lunettes connectées et modèles plus petits illustrent une IA qui s’ancre désormais dans le monde physique.

Interview : Patrice Duboé, Directeur de l’innovation pour l’Europe du Sud chez Capgemini

En partenariat avec Capgemini

Punchlines

  • L’IA devient une infrastructure du monde physique.

  • Les petits modèles d'IA remplacent les grands modèles généralistes.

  • L'arrivé des humanoïdes s'accélère.

  • Les lunettes connectées créent de nouveaux usages quotidiens... et de nouveaux problèmes.

L’IA au CES a-t-elle connu un tournant cette année ?

On ne parle pas d’un tournant brutal, mais clairement d’une évolution vers une phase de maturité. Après l’arrivée des GPT, puis des LLM et des agents, le CES a mis en avant ce que beaucoup appellent désormais le Physical AI. L’IA devient une infrastructure que l’on déploie partout, notamment dans le monde physique, comme on a pu le constater au CES de Las Vegas.

Que signifie concrètement cette notion de Physical AI ?

Il s’agit d’IA embarquée dans des objets réels. On l’a vue dans les robots, en particulier les humanoïdes, qui vont fortement accélérer à partir de 2026. On en trouve déjà dans les usines et sur les stands des salons. Ils sont encore en phase d’apprentissage, mais la dynamique est très nette et montre que l’IA sort des seuls environnements logiciels.

Pourquoi parle-t-on de plus en plus de small AI et de edge computing ?

La tendance est aux modèles plus petits, très spécialisés, alimentés par des données de qualité. Cela permet de mieux maîtriser la donnée, de répondre aux enjeux de souveraineté et de sécurité, et d’éviter de tout envoyer dans le cloud. C’est la même logique que le edge computing, appliquée aujourd’hui à l’intelligence artificielle.

Les lunettes connectées commencent à arriver. Quelles conséquences ?

On voit enfin des usages concrets, comme la traduction simultanée en temps réel. L’IA embarquée apporte une meilleure autonomie, plus de rapidité et une précision impressionnante. Tous les lunetiers investissent massivement car c’est un objet du quotidien. Mais cela soulève aussi de vraies questions de confidentialité, notamment sur le fait d’être filmé sans forcément s’en rendre compte.

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Patrice Duboé: [0:01] Donc, on va un petit peu vers le small AI, la notion de edge qu'on a vue dans Patrice Duboé: [0:05] le cloud. On met les données en bordure de cloud pour ne pas inonder le cloud. Et on voit cette même tendance aujourd'hui avec l'intelligence artificielle que l'on veut maîtriser avec des petits modèles qui sont très spécifiques et qui vont embarquer un petit peu tout le monde physique. Monde Numérique : [0:25] Bonjour Patrice Duboé. Patrice Duboé: [0:27] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [0:28] Directeur de l'innovation pour l'Europe du Sud chez Capgemini. On se retrouve comme chaque mois en partenariat entre Capgemini et Monde Numérique pour faire le point sur les tendances. Et j'aimerais qu'on revienne avec vous, Patrice, sur le CES de Las Vegas. Alors, c'est intéressant de voir un peu à froid, comme ça, quelques semaines après l'événement, ce qu'on peut en retenir. Et dans un domaine qui vous est cher et que vous avez particulièrement examiné, qui est l'intelligence artificielle, est-ce que ce CES a été un tournant en matière d'IA ? Patrice Duboé: [0:57] Alors, ce que c'est un tournant, c'est une évolution, c'est sûr. Ça fait plusieurs années qu'on parle d'IA au CES, et comme dans toutes ces innovations dans notre métier, j'irais qu'on arrive vers une phase de maturité. Il y a 3-4 ans, c'était l'arrivée de chez le GPT, c'est arrivé dans le grand public, ensuite on a parlé des LLM, ensuite on a parlé l'an dernier des agents, il y a ces petits bouts de code qui nous aident à accélérer. Et là, je crois que le maître mot pour cette année, c'est ce qu'ils ont appelé le Physical AI. C'est-à-dire que l'IA devient une infrastructure et on met de l'IA partout et surtout dans le monde physique. Ce n'est pas uniquement de l'IA pour les développeurs, pour les codeurs, mais on a vu beaucoup d'IA dans les robots. On en est parlé la dernière fois. 2026, c'est vraiment l'année où les robots, les humanoïdes vont accélérer. On en voit dans les usines, on en voit dans les salons et ces robots, ils sont alimentés à l'IA. Et donc, c'est intéressant de voir que l'IA... Monde Numérique : [1:54] Comment ça l'être ? Parce qu'on voit aussi que certains sont encore un peu vides. Ils ont encore un peu la tête vide pour certains. Patrice Duboé: [2:02] Tout à fait. Il y a quelques années, dans les salons, on voyait un bras robotisé qui nous a amené un petit cocktail. Aujourd'hui, on en voit qu'ils jouent un petit peu aux cartes ou au bounto, mais ce n'est pas encore ça. Monde Numérique : [2:13] Il y en avait qui boxaient au CES. Patrice Duboé: [2:15] Exactement. Il y a encore beaucoup d'entraînement sur ces robots. Mais ce qui est intéressant, c'est la tendance. On voit encore une fois, Verunia, qui est plus maîtrisée, qui est plus petite, Le mettre au mot à Vegas, c'est un petit nom, ce n'est pas du LLM, ça ne consomme pas trop. C'est une IA, encore une fois, qui est maîtrisée avec des données de qualité. Donc, ça répond aussi à une notion de, on parle beaucoup de souveraineté, de sécurité. On doit maîtriser sa donnée, elle ne part pas dans le domaine public. Donc, on va un petit peu vers le small AI, la notion de edge qu'on a vu dans Patrice Duboé: [2:44] le cloud. On met les données en bordure de cloud pour ne pas inonder le cloud. Et on voit cette même tendance aujourd'hui avec l'intelligence artificielle que l'on veut maîtriser avec des petits modèles qui sont très spécifiques et qui vont embarquer un petit peu tout le monde physique avec en priorité encore une fois cette année les humanoïdes qui étaient un petit peu sur tous les stands. Monde Numérique : [3:02] Donc, Physically High, ça veut dire ça ? Ça veut dire de l'IA en dehors des ordinateurs, d'une certaine manière ? Patrice Duboé: [3:11] On va dire, oui, de l'IA embarqué. On va embarquer ça, on a vu, par exemple, dans les lunettes. On a vu les premiers exemples, les Google Glass, il y a quelques années, qui ne duraient pas trop longtemps, qui étaient plutôt moches, avec une définition qui n'était pas excellente. Aujourd'hui, on voit que l'IA embarqué dans les lunettes amènent une définition qui est quand même bluffante, avec une rapidité, avec une autonomie, avec une précision. Et on voit que tous les lunetiers, en fait, ont intégré ça dans la stratégie. Ils vont tous investir des millions pour prendre cette part du marché qui est estimée à plusieurs dizaines de milliards dans les années qui viennent. Pourquoi ? Parce que c'est un objet du quotidien que tout le monde peut porter et vous aurez votre téléphone embarqué en haut dans les lunettes. Même la traduction simultanée, vous avez pu voir des exemples où vous avez un espagnol, un anglais qui parle, Et puis, ce sont les lunettes qui vont traduire en temps réel le langage. Donc là, on voit, il y a quand même du concret. Il y a des choses qui sont très intéressantes. Après, on peut se poser d'autres questions sur la confidentialité. Ça, c'est un autre point qui peut être traité. Monde Numérique : [4:16] Oui, parce que ces lunettes, il y a l'aspect information projetée pour la personne qui porte les lunettes, mais il y a aussi l'aspect caméra, puisqu'effectivement, ces lunettes peuvent filmer, prendre des photos, etc. Moi, j'ai pu tester à Las Vegas les lunettes de méta. Alors, ça pose un certain nombre de questions. Vous vous intéressez à ces questions-là, les questions de vie privée qui peuvent être soulevées demain par ces nouveaux outils ? Patrice Duboé: [4:42] Oui, on se les pose à deux titres. D'abord, en tant que citoyen, souhaitez-vous être filmé tout le temps ? On voit tous les débats qui sont en France. Et lorsqu'une ville souhaite installer des caméras connectées, les questions sont légitimes et se posent. Est-ce que l'on souhaite être filmé 24 heures sur 24 par des personnes qui portent des lunettes au restaurant, au cinéma ? Ça pose des vraies questions. Et puis, au niveau professionnel, là, on peut aller plus loin. Vous avez pu voir cette semaine certains problèmes qui arrivent dans les tribunaux. Vous savez, dans les tribunaux, on n'a pas le droit de filmer pour plein de raisons. parce que c'est confidentiel, parce qu'on ne veut pas que l'on puisse voir quelles sont les personnes qui ont accompagné un prévenu ou quels sont les juges qui ont infligé une peine. Donc, on n'a pas le droit de filmer. Et on commence à voir de plus en plus de téléphones portables qui arrivent à passer les filtres et qui filment. Donc, quid demain, si les personnes viennent avec des lunettes, comment repérer une lunette qui intègre une caméra ? C'est pratiquement invisible. Donc, on voit que des nouveaux problèmes de confidentialité vont se porter. Monde Numérique : [5:42] Ça se voit, mais il faut s'approcher. Patrice Duboé: [5:43] Exactement, donc je pense que ça fera encore plus de contrôle. Monde Numérique : [5:46] Plus de contrôle où, effectivement, ça peut peut-être aller vers encore plus de huis clos dans les tribunaux, ce qui ne serait pas très démocratique, on va dire. Donc, ces outils nous amènent encore très, très loin, comme d'habitude. Monde Numérique : [6:01] Et puis, il y a une autre question aussi qui se pose et qui ne s'est pas tellement posée finalement au CES de Las Vegas, c'est tout ce qui touche à l'impact environnemental des technologies. Mais je sais que vous avez quand même repéré 2-3 trucs qui montraient qu'on allait par certains côtés un peu dans le bon sens. Patrice Duboé: [6:16] Dans la bonne direction dans la majorité des stands ou des keynotes on a vu les nouvelles annonces d'NBA c'est obligatoire au CES avec les nouvelles puces Rubin Alpamayo qui sont faites pour amener encore plus de puissance aux robots, aux automobiles qui est toujours un grand domaine à Vegas, on a vu AMD qui a également sorti le Ryzen mais dans le domaine des PC portable, on voit quand même quelques petites initiatives qui sont à souligner, en particulier Lenovo, qui a sorti le dernier modèle, Lenovo ThinkPad, que tout le monde connaît, c'est quand même, un PC phare, et donc, ils ont sorti le ThinkPad X1 Carbon, mais qui est conçu pour être, facilement réparable, et on sait que c'est un thème qui est cher aujourd'hui, on sait que si on veut protéger la planète, l'empreinte carbone, c'est pas uniquement à la consommation lorsqu'on utilise le PC, mais surtout pour le produire. Et si chaque fois qu'on a une petite panne sur une puce on va changer tout le PC là ça pose un vrai problème de réparabilité et donc Lenovo a pris ce thème là et je trouve que c'est tout à fait louable de fournir des PC professionnels de grande qualité que l'on peut réparer pour changer des composants Patrice Duboé: [7:25] et pas uniquement l'ensemble de la machine Merci. Monde Numérique : [7:29] Patrice Duboé directeur d'innovation pour l'Europe du Sud chez Capgemini on a pris un peu de recul sur la technologie merci à vous. Patrice Duboé: [7:38] Merci beaucoup.
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