Monde Numérique :
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0:10] Cette semaine, on plonge dans les profondeurs d'Internet, ou plutôt, on s'élève dans les hauteurs, on parle de cloud, de nuages informatiques. Il est au cœur du fonctionnement de millions d'entreprises à travers le monde, de tous les services que nous utilisons au quotidien. On en parle à l'occasion de l'événement annuel d'AWS, la filiale cloud d'Amazon, à Las Vegas, focus sur les innovations au cœur des réseaux, avec de l'IA, des agents intelligents, le directeur général d'AWS France, Julien Grouès, est mon invité.
Monde Numérique :
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0:45] Et puis ce n'est pas tout, on recevra plusieurs startups présentes à Las Vegas également et qui innovent grâce au cloud. On parle d'analyse de la voix avec Pyanotte, de recherche intelligente dans les vidéos avec Moments Lab ou encore DIA au service de la pub avec Dailymotion. On retrouvera mon camarade Bruno Guillerminetti pour un débrief transatlantique complet consacré à l'événement. Dans le même temps, à Paris se tenait un autre événement consacré au cloud organisé par le français Scaleway. Je reçois son directeur général, Damien Lucas. Avec lui, on abordera les enjeux, les nouveautés. On va encore beaucoup parler d'IA. Bref, un épisode très tech, très business aussi, très cloud et très cool. Restez à l'écoute. Bienvenue dans Monde Numérique l'hebdo du 6 décembre 2025.
Invité :
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1:49] Monde numérique, Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
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1:57] Ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de Monde numérique, l'hebdo, l'hebdo. Chaque samedi, 50 minutes de news, de talk, d'interviews consacrés au meilleur de la tech. Plus d'une heure et sans pub si vous êtes abonné à la version longue sur Apple Podcasts ou Spotify. Sinon, retrouvez les interviews et le débrief transatlantique en version intégrale en épisodes séparés la semaine prochaine. Bienvenue donc à Las Vegas pour cet épisode de Monde Numérique. Las Vegas, vous vous dites quoi, c'est déjà le CES ? Eh bien non, pas du tout. Le salon CES aura lieu comme chaque année en janvier prochain. Mais en fait, chaque année également, un mois avant, c'est AWS, Amazon Web Services, la filiale cloud du gérant Amazon, qui investit les lieux pour un événement presque aussi gros que le CES. Une vitrine énorme sur tout un tas de technologies. Cette année, Amazon m'a invité à suivre cet événement. J'ai donc décidé tout naturellement de le partager avec vous. On y reviendra avec mes invités tout à l'heure. Mais avant cela, on ne déroge pas la règle. Comme d'habitude, un coup d'œil sur l'actu tech de la semaine.
Monde Numérique :
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3:01] Et on commence par cette alerte rouge envoyée par Sam Altman, le PDG de Poney High, aux employés de sa compagnie cette semaine, selon une indiscrétion du média The Information. Alerte rouge, code red. En effet, la start-up reine de l'IA, pourtant maison mère de Chagipiti, serait en panique face à Google. Et oui, car le dernier modèle d'intelligence artificielle de Google, Gemini 3 Pro, on en a déjà parlé dans ce podcast, lancé le mois dernier, fait un véritable carton. Reconnu comme l'un des meilleurs du moment, il surpasserait GPT 5.1, pourtant la dernière version du modèle d'OpenEye, et ça, si on peut dire, Sam Altman l'a un peu au travers de la gorge.
Monde Numérique :
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3:43] Google, qui pourtant avait connu des difficultés, rappelez-vous au début de la révolution des IA génératives, serait donc en train de reprendre du poil de la bête, et ça ne rigole pas. Tandis que de son côté, Tchadjipiti plafonne, entre guillemets, avec seulement 800 millions d'utilisateurs hebdomadaires à travers le monde, tandis que Sam Altman espérait dépasser le milliard à la fin de l'année. Du coup, le patron d'OpenAI demande d'urgence à ses équipes de cravacher dans trois directions. Améliorer le modèle pour qu'il soit plus efficace, plus rapide, avec moins d'erreurs. Améliorer aussi la personnalisation de ChatGPT pour que chaque utilisateur ait une version adaptée à ses besoins. Et puis surtout, travailler sur un nouveau modèle ou en tout cas une amélioration de la génération d'images car la technologie actuelle de GPT, d'OpenAI, paraît dépassée face au nouveau Nano Banana Pro de Google. On en a parlé également, qui fait lui aussi des merveilles et surtout à toute vitesse. Voilà, OpenAI en PLS face à Google. Et pourtant, dans le même temps, selon une indiscrétion, peut-être téléguidée d'ailleurs, c'est le moment qu'aurait choisi OpenAI pour se lancer prochainement, sans doute, dans la publicité. Et oui, la pub pourrait arriver dans le chat GPT. Alors, on ne sait pas du tout encore sous quelle forme, mais ce sera certainement de la publicité ciblée, basée sur notre historique de conversation avec le chatbot.
Monde Numérique :
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5:05] Évidemment, voilà de quoi susciter certaines réactions négatives. Alors, moi, j'avoue que personnellement, je suis plutôt partisan de la publicité ciblée, même s'il ne faut pas être naïf. Ce qui veut dire que si c'est au prix, malgré tout, d'une exploitation exagérée des données personnelles, partage avec des tiers, si c'est mal anonymisé, etc., là, ça devient un problème. Mais sur le principe, pourquoi se plaindre d'une publicité qui s'adresse directement à nous, en fonction de nos goûts ? En tout cas, on verra bien. Pour l'instant, ce n'est pas officiel, mais la fin de l'année s'annonce donc plutôt mouvementée pour la firme californienne.
Monde Numérique :
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5:38] Du côté d'Apple, on a du mal, visiblement, avec l'intelligence artificielle. Et cette semaine, il y a eu du changement à la tête de la division IA au sein de la marque américaine. On a pris le départ, en effet, du grand patron de l'intelligence artificielle d'Apple, John Gianandrea, qui devrait quitter la firme au printemps prochain, printemps 2026. Il était là depuis 2018. Il avait été une des grandes figures de l'IA chez Google précédemment. Et à l'époque, ça avait été une prise de guerre, d'ailleurs, pour Apple. Sa mission était claire, améliorer Siri, l'assistant intelligent d'Apple, et structurer toute la stratégie d'intelligence artificielle de la marque. Mais on sait que ça piétine sérieusement. Il y a eu des faux départs, des annonces avec des résultats et une réalité qui n'étaient pas du tout à la hauteur des annonces et des promesses. Siri reste très en retard et on attend toujours le lancement d'un nouveau Siri. Alors, pour succéder à John Gianandrea, c'est un autre poids lourd du secteur, en réalité qui arrive et qui vient de chez Microsoft, Amar Subramania. Il était l'un des responsables de Microsoft AI.
Monde Numérique :
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6:41] Apple réussira-t-il à combler son retard avec cette réorganisation ? La marque prépare pour 2026 normalement une nouvelle version de Siri qui devrait s'appuyer, on le sait désormais, sur un modèle très avancé, potentiellement en partenariat avec Google, en attendant ensuite des modèles d'IA maison. Et puis dans le grand mercato de la Silicon Valley, C'est Meta qui n'hésite pas à aller dépouiller son concurrent Apple. Cette semaine, il a recruté Alan Dye, ex-responsable du design chez Apple, pour diriger un nouveau studio de conception au sein de Meta. Un transfert, là encore, stratégique qui en dit long sur le grand mouvement de plaque tectonique au cœur de la Silicon Valley.
Monde Numérique :
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7:23] Méta, justement, serait-il en train d'abandonner progressivement le métaverse ? Selon un article du New York Times, le groupe de Mark Zuckerberg s'apprêterait à réduire très fortement les moyens consacrés à son unité dédiée au métaverse. L'entreprise prévoit en effet des coupes importantes à partir de l'année prochaine, qui pourraient entraîner des licenciements dès le mois de janvier. Rappelez-vous, le projet de métaverse remonte à 2021, c'est l'année où Facebook devient méta. Mark Zuckerberg avait présenté ce métavers comme l'avenir d'Internet. Donc, sa vision, une vision d'espace virtuel immersif où on pourrait travailler, jouer, interagir sous forme d'avatar. Meta a investi plus de 50 milliards de dollars dans cette ambition, principalement via cette vision Reality Labs. Mais Reality Labs perd de l'argent depuis des années. Les usages ne décollent pas. Les produits ne sont pas vraiment là. Les casques de réalité virtuelle ne se vendent pas au niveau attendu. Horizon Worlds n'a pas trouvé son public. Et on sait que le métaverse, le concept même, bat de l'aile depuis un certain temps. Donc, d'après le New York Times, Meta va réduire d'environ 30% le budget de ses activités métaverses. La priorité se déplaçant, mais ça avait déjà été amorcé, vers l'intelligence artificielle. Un domaine jugé plus stratégique et plus rentable à court terme. Un choix qui marque un tournant. Meta ne renonce pas officiellement au métaverse, mais le projet passerait donc au second plan.
Monde Numérique :
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8:45] Une annonce intéressante qui concerne les gros de ce monde numérique, mais qui nous intéressera, nous, pauvres utilisateurs au premier chef. C'est un accord entre Amazon, Amazon Web Services et Google Cloud. Un accord inédit qui prévoit de lancer un service baptisé Multi Cloud. Le but, relier leurs infrastructures très facilement. Alors, vous allez me dire, oui, OK, qu'est-ce que ça change ? Eh bien, ça change que ça devrait améliorer la stabilité d'Internet. Les grosses pannes Internet, notamment celles qu'on a connues récemment, ne seront peut-être bientôt plus qu'un lointain souvenir. C'est-à-dire qu'en cas de problème chez un fournisseur, les entreprises pourront basculer rapidement sur l'autre et ça devrait donc garantir une meilleure continuité de service. C'est plutôt une bonne nouvelle. Reste à savoir si cette espèce d'association entre mastodontes ne risque pas de poser d'autres problèmes.
Monde Numérique :
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9:39] Mistral, Mistral AI, la start-up française d'intelligence artificielle, lance une nouvelle famille de modèles d'IA. Il s'appelle Mistral 3. C'est toute une gamme de modèles, en réalité, qui seront destinés à un certain nombre de tâches complexes. Il y a plusieurs versions. Il y a un grand modèle qui sera destiné aux tâches complexes et plein de petits modèles plus légers qui pourront fonctionner directement sur des appareils du quotidien. Smartphone, ordinateur portable, drone même, ou encore tout autre type d'objet connecté. L'idée, c'est de rendre l'IA accessible et pas seulement dans d'immenses centres de données coûteux. C'est ce qu'on appelle le Edge. On fait travailler les modèles d'IA directement sur les processeurs dans les appareils mobiles. Autre élément différenciant, tous ces modèles seront publiés en open source, comme la plupart du temps chez Mistral, ce qui permettra aux entreprises de les utiliser, de les adapter, de les intégrer dans leurs propres produits sans contraintes, contrairement aux modèles plus fermés d'OpenAI, de Google ou de Microsoft. Puis Mistral AI a également présenté Magistral, une interface plus simple pensée pour les utilisateurs non techniciens, par exemple entreprise, administration, équipe métier, etc., afin de leur permettre d'exploiter la puissance de ces nouveaux modèles sans écrire une seule ligne de code.
Monde Numérique :
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11:01] Avant de passer à la suite de cette émission, savez-vous que les premiers sites web s'affichaient dans une simple fenêtre toute grise ? Aujourd'hui, le web a progressé, les sites sont beaucoup plus riches, mais ils restent enfermés dans la fenêtre du navigateur. Bref, ça n'a pas vraiment évolué. Eh bien, faire sortir Internet du cadre, c'est ce qu'on propose Frogans, partenaire de Monde Numérique, avec des sites libres, fluides, qui s'affichent directement sur votre écran, sans navigateur, sans bordure, sans limite. Alexis Tamas, cofondateur de Frogans.
Invité :
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11:28] Si je prends, par exemple, l'environnement d'un ordinateur classique, traditionnel, le fait de publier un site Frogan sur un écran de cette nature-là va permettre d'avoir son contenu superposé aux autres fenêtres et donc de permettre aux internautes, aux visiteurs, de rester en contact permanent avec mon contenu.
Monde Numérique :
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11:44] Pour en savoir plus sur Frogan, retrouvez l'interview complète d'Alexis Tamaz, cofondateur, sur mondenumérique.info. Et pour tout savoir sur cette technologie particulièrement innovante, rendez-vous sur le site f2r2.fr. F2r2.fr, Allez, il est temps de passer à la suite de cette émission. Et comme je vous l'ai dit, nous sommes à Las Vegas. Alors, avec des invités qu'on va retrouver dans un instant pour plonger dans l'univers du cloud. Et comme d'habitude, tout d'abord, on retrouve mon camarade Bruno Guglielminetti du podcast Mon Carnet de Montréal. Mais cette semaine, nous sommes tous les deux du même côté de l'Atlantique. Le débrief transatlantique. Salut Bruno Guglielminetti, à Las Vegas.
Invité :
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12:34] Bien, c'est Jérôme Colombin à Las Vegas.
Monde Numérique :
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12:37] On s'y était engagé la semaine dernière.
Invité :
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12:38] Je te remercie d'avoir justement tenu parole. Et puis, pour les gens qui nous écoutaient la semaine dernière, bien, c'est ça, je t'ai invité à venir au ReInvent. Tu n'étais pas certain, puis finalement, bien, très bien fait.
Monde Numérique :
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12:49] J'ai bien fait, je suis ravi d'être là. Alors, Bruno, il faut qu'on explique exactement ce que c'est que ReInvent. Toi, tu es un habitué. Ça fait plusieurs années que tu viens. Compte-nous le décor.
Invité :
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12:57] Depuis 2019, j'ai la chance d'être invité année après année. Donc, c'est ça, c'est l'événement annuel pour AWS, d'inviter à la fois des gens qui s'intéressent à ce qu'ils font, mais surtout aussi, Il y a quand même 60 000 personnes qui viennent sur Las Vegas.
Monde Numérique :
[
13:13] C'est ça qu'il faut.
Invité :
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13:13] Pour ça, c'est des gens qui viennent prendre des formations et c'est surtout des gens qui viennent obtenir aussi des certifications.
Monde Numérique :
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13:20] Moi, c'est la première fois, effectivement, que je découvre cet événement. Ce qui est étonnant, c'est que ça se passe au même endroit que là où a lieu le CES de Las Vegas.
Invité :
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13:28] Et plus particulièrement, le Eureka Park, c'est juste au-dessus.
Monde Numérique :
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13:31] Voilà, exactement. Alors moi, je m'attendais à quelque chose quand même d'un peu plus modeste, mais c'est de la folie. Surprise, oui. Des marées humaines, on se fait marcher dessus. Il y a des dizaines d'exposants. Alors, ça, c'est pour l'ambiance. Maintenant, sur le fond, ce n'est pas exactement la même chose. Ce n'est pas le même registre.
Invité :
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13:47] Non, c'est une entreprise qui vient présenter avec ses partenaires.
Monde Numérique :
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13:50] Oui. Il faut rappeler, moi, je rappelle toujours ce chiffre. AWS, ils font tourner à peu près 30 % des sites Web du monde entier. Donc, c'est de la flèche. Et pas que les sites Web, en plus. Toutes les infrastructures aussi.
Invité :
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13:59] Oui, et puis on s'en est rendu compte récemment. Parce que quand il y a eu une panne, bien là, c'est à ta misère de reconnaître tous ceux qui étaient des clients de AWS et qu'ils ne le mentionnaient pas nécessairement.
Monde Numérique :
[
14:09] Donc, pas de gadgets comme au CES, par contre. Pas de trucs grand public. On est vraiment dans du B2B. Donc, c'est très professionnel.
Invité :
[
14:16] Et c'est très geek aussi.
Monde Numérique :
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14:18] C'est très geek. Mais c'est ça qui est intéressant, c'est que c'est quand même une vitrine super intéressante sur l'évolution de la technologie et notamment cette année, l'intelligence artificielle. Cette année encore, l'intelligence artificielle.
Invité :
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14:30] Tu vois, là-dessus, moi, c'est de ça que je voulais discuter avec toi. Moi, j'ai l'impression que cette année, c'est un peu comme un repositionnement pour eux. Déjà l'an dernier, ils nous avaient présenté la génération Nova, puis on sentait que l'intelligence artificielle, ça faisait partie de l'œuvre.
Monde Numérique :
[
14:43] Alors, Nova, il faut qu'on dise aux gens qui nous écoutent, ce sont leurs propres modèles d'IA, ce qu'on appelle des modèles fondations. Donc, c'est équivalent à un GPT, à un LAMA, etc.
Invité :
[
14:51] Exactement.
Monde Numérique :
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14:52] Voilà, qui fournissent pour les entreprises, en fait.
Invité :
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14:55] Oui. Là, cette année, le positionnement, c'est vraiment, écoutez, demain, là, Ça va être des agents IA par milliard. Nous, on peut vous aider pour embarquer dans le train. Et c'est ça qui est impressionnant.
Monde Numérique :
[
15:08] Les agents IA qui sont ces outils d'IA qui peuvent sortir du cadre, aller effectuer eux-mêmes des différentes tâches.
Invité :
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15:15] Il y a Sébastien Stromer qui est un des communicateurs d'AWS en Europe. D'ailleurs, qu'on salue parce que c'est quelqu'un qui nous écoute autant sur mon carnet que mon numérique. Et il me disait hier, j'ai bien aimé sa présentation. Un agent IA, c'est un peu comme un passeur de plat. C'est-à-dire que l'IA, en tant que tel, que ce soit une Nova chez AWS ou que ce soit un chat GPT ou un cloud, ça va faire la fondamentale, ça va te faire de la stratégie, ça va te faire l'ordonnancement des choses. Sauf que ça te prend des petits soldats pour aller faire des tâches, revenir, mais ça spécialisé sur une tâche, pas avoir la vue d'ensemble. Et les agents IA...
Monde Numérique :
[
15:56] Qu'est-ce qui s'est le plus marqué dans les annonces qui ont été faites? Parce qu'il y a eu plein d'annonces très techniques, etc. Les agents, ils ont même leur processeur parce que leur stratégie, c'est quand même de tout faire. Depuis le processeur qui va servir à entraîner les modèles et puis à les faire tourner, l'inférence, jusqu'aux agents, les modèles fondations, etc. Ils veulent tout faire.
Invité :
[
16:16] Il y a un truc, moi, que je trouve drôlement intéressant, mais je ne l'ai pas encore essayé et c'est une question de temps. Et à la maison, en tout cas, les gens qui nous écoutent, qui nous regardent, moi, je porte votre attention là-dessus. C'est le modèle Omni, qui a été présenté. Et lui, là, si vous êtes un créateur, vous travaillez avec du texte, avec de la vidéo, avec du son, avec de l'image, avec de la voix, Ça, ça devrait attirer votre attention parce qu'on m'a montré des tests, on m'a montré des exemples et c'est vraiment intéressant et c'est puissant. Ça peut tout faire. C'est un multimodal. Ça peut tout faire. Alors, quand on est dans le domaine de la création, tu le sais, quand on travaille sur des images ou des textes ou de la vidéo ou des photos, on en prend un, on en prend l'autre. Ils ont chacun leur spécialité. Mais lui, Omni, il est vraiment fait pour les gens qui font la création, notamment des gens de pub. Et moi, je suis allé sur mon modèle.
Monde Numérique :
[
17:11] Tu recommandes Omni.
Invité :
[
17:12] Je veux vraiment l'essayer. Puis voir concrètement si à travers une semaine, dans mes tâches, je suis capable d'utiliser seulement un modèle. Et ce serait celui-là.
Monde Numérique :
[
17:22] Tu es un explorateur, Bruno. Ah oui, qu'est-ce que tu veux. Oui, non, je voulais t'amener sur la question de la souveraineté numérique qui est une notion qui veut dire beaucoup de choses. Mais c'est vrai que moi, c'est ça que je trouve intéressant. C'est intéressant d'être ici au cœur de l'événement d'AWS. On est aux États-Unis, tu as plein de startups qui sont là, qui veulent innover, faire du business, etc. Et puis, moi, j'arrive avec mon regard de petit français et je me dis, mince, mais on est dans la... Enfin, tu vois ce que je veux dire. On ne pourra jamais rivaliser.
Invité :
[
17:51] Mais c'est pour ça que ton président est en Chine, là, en train de parler aux Chinois pour leur dire, amenez votre technologie chez nous.
Monde Numérique :
[
17:58] Oui, alors, je ne sais pas s'il y a une bonne idée d'aller se rapprocher des Chinois pour essayer de s'affranchir des Américains.
Invité :
[
18:03] Mais c'est pour te montrer comment vous êtes dans la...
Monde Numérique :
[
18:07] Alors, il ne faut pas se laisser impressionner par le show, par le gigantisme qu'on vient de décrire. Mais en revanche, sur la force de ces entreprises, là, c'est AWS. Mais les trois géants du cloud, c'est AWS, Google et Microsoft. Mais où sont les Européens, où sont les Français ? Ils sont morts. Et c'est normal. Et on y arrivera, on ne pourra jamais. Et moi, je suis une startup française ou américaine aujourd'hui. J'ai besoin de cloud parce que tu ne peux rien faire si tu n'as pas du cloud. Tu développes une solution, quelle qu'elle soit. Il faut que tu la fasses héberger, que tu aies les meilleurs outils, etc. Mais c'est logique qu'ils aillent finalement chez l'un de ces acteurs. Et on pourra... C'est terrible à dire, mais il ne nous restera que des miettes.
Invité :
[
18:48] Oui.
Monde Numérique :
[
18:49] Je pense que des acteurs européens peuvent exister, mais ils n'auront que les miettes.
Invité :
[
18:54] Tout à l'heure, je mentionnais OVH, c'est un peu la réalité. C'est-à-dire que quand on tombe dans le domaine de la souveraineté numérique, on se dit qu'on va garder l'essentiel précieux chez nous sur des serveurs européens, branchés sur de l'européen.
Monde Numérique :
[
19:08] Oui, alors après, parce qu'il y a certains domaines où on ne va pas mettre ça sur des clouds américains. Tout ce qui est défense, tout ce qui est finance, etc.
Invité :
[
19:15] Mais données sensibles.
Monde Numérique :
[
19:16] Mais tout ce qui est business, allons-y, mais bon.
Invité :
[
19:20] Mais c'est pour ça que je trouve intéressant la formule qui a été annoncée, on revient avec AWS, de leur AI Factory.
Monde Numérique :
[
19:29] Où eux… Oui, alors ça, voilà, il faut qu'on en parle. Parce que tous les deux… Mais ils font tous ça. Microsoft va faire ça aussi. Et je crois Google, peut-être.
Invité :
[
19:37] Oui, bien, probablement, parce qu'il va suivre. Mais l'idée là-dedans, c'est ça.
Monde Numérique :
[
19:39] Je ne vais pas dire expliquer nous ça, oui.
Invité :
[
19:40] Mais l'AI Factory, l'idée, c'est d'aller s'installer chez… On s'entend, là, ce n'est pas la petite PME qui commence, là. Mais c'est vraiment que ce soit un gouvernement ou que ce soit une grande entreprise. AWS, ce qu'ils disent, c'est que, bien, écoutez, vous montez une infrastructure de serveur, vous payez la facture d'électricité et nous, on arrive avec notre équipement puis on vous permet d'utiliser nos services. Alors, s'arrachez-vous, c'est sur votre territoire, c'est sur vos appareils, mais vous pouvez profiter, évidemment, moyennant paiement de notre savoir-faire. Ça, je trouve ça intéressant comme liste. Oui, parce que ça clôt le bec à plein de gens qui disaient « Ouais, mais c'est sur des serveurs américains. » Non, ça, ça règle cet aspect-là. Sauf qu'il y a quand même un branchement et il y a sûrement des tests qui vont être faits pour voir l'étanchéité de la chose.
Monde Numérique :
[
20:31] Est-ce que vraiment, il y a un pare-feu entre l'Europe et les États-Unis avec un système comme ça?
Invité :
[
20:35] Oui. Parce qu'à un moment donné, il va y avoir du data, des données qui vont être traitées, qui vont travailler. Puis à un moment donné, si ça part sur le réseau et que ça sort du territoire français, pour prendre votre exemple, bien là, on commence à aller tourner sur le réseau d'ailleurs. Donc, il y aurait un droit de regard.
Monde Numérique :
[
20:53] Il y a une histoire récente, Bruno, qui est complètement fou.
Invité :
[
20:56] On parle d'OVH, là.
Monde Numérique :
[
20:57] Complètement fou avec OVH. Mais alors, ça, c'est dingo. C'est vous, les Canadiens, qui nous tirez une balle dans le dos, là?
Invité :
[
21:04] Pas du tout, on teste.
Monde Numérique :
[
21:05] Vous nous tirez une balle dans le dos?
Invité :
[
21:06] Non, non, pas du tout.
Monde Numérique :
[
21:07] On teste. Attends, attends.
Invité :
[
21:08] L'idée là-dedans, c'est que… On explique. Oui, il y a une entreprise qui a hébergé des données chez OVH. Les serveurs de ce client-là, les données résident sur des serveurs qui sont en Europe. Et donc, à un moment donné, il y a eu un différent, il y a eu une cause et il y a un juge canadien qui a dit, je veux avoir accès à ces informations-là.
Monde Numérique :
[
21:29] Dans le cadre d'une enquête pour des crimes, etc.
Invité :
[
21:32] Exactement. Et là, ce qui arrive, c'est qu'OVH, qui lui se dit l'unique porteur du flambeau de la souveraineté numérique, est dans une belle situation. Parce qu'il est en train de vivre ce dont on parle depuis longtemps, c'est-à-dire la possibilité de voir un gouvernement, en guillemets, étranger, demandaient à avoir accès à des données qui sont sur un autre territoire, mais à un fournisseur qui offre le service localement dans le pays où le juge réclame ça.
Monde Numérique :
[
21:56] – C'est ça le problème.
Invité :
[
21:57] – Et c'est ça le problème. Et donc, qu'il réponde à un, c'est-à-dire qu'il réponde par la positive au juge et lui donne accès à ces informations-là, il est dans la merde. Mais de l'autre côté, s'il ne le fait pas, au Canada, il va être dans la merde. Parce que là, il travaille contre la justice canadienne.
Monde Numérique :
[
22:15] – Ce n'est pas tenable.
Invité :
[
22:16] Non, et là, c'est la première entreprise dans le genre qui se retrouve avec la patate chaude à décider, bien, qu'est-ce qu'on fait?
Monde Numérique :
[
22:23] Mais c'est fou. Tu es d'accord qu'on s'attendait à ce que ces problèmes d'intrusion comme ça, on disait, regardez, c'est des serveurs des sociétés américaines implantés en Europe. La justice américaine va venir nous prendre nos données, etc. Qu'est-ce qui se passe? En fait, c'est une entreprise française avec des serveurs en France. Qui se fait attaquer par un pays étranger, puis alors même par les États-Unis, le Canada, qui est notre ami, en principe, plus presque que les Américains aujourd'hui.
Invité :
[
22:50] Oui, mais on s'entend que le client qu'ils hébergent est dans une histoire criminelle.
Monde Numérique :
[
22:54] Le problème, c'est parce qu'OVH a une représentation officielle, une filiale officielle au Canada, donc de droits canadiens, etc.
Invité :
[
23:03] Mais donc, c'est la première fois où on retrouve un cas de figure qui va illustrer le reste. Alors évidemment, ça va être intéressant de voir. Est-ce que ça va se terminer en cours? Est-ce que ça va être un jeu d'avocacerie? Il faudra voir comment ils vont sortir de ça. Mais en attendant, c'est ça. Alors, AWS et puis d'autres vont arriver maintenant avec leur solution, la cavalerie qui va débarquer chez vous.
Monde Numérique :
[
23:23] Et iFactory. Ça ne va pas être bon pour les entreprises locales de cloud, mais ce sera bon pour le business. Alors, de quoi tu parles dans ton carnet cette semaine?
Invité :
[
23:31] Je ne suis pas original de reInvent.
Monde Numérique :
[
23:32] Évidemment.
Invité :
[
23:33] Alors, d'un bord à l'autre. Évidemment, j'étais contente d'avoir cette partie-là avec toi pour faire le survol. Mais je parle avec un des dirigeants canadiens pour parler d'AWS au pays, au Canada. Et puis aussi, je parle notamment d'IA et d'Info Nuagique dans le monde du jeu, dans le monde du sport, avec Carl Edwin Michel qui a fait le voyage pour venir courir ces angles-là. Et puis aussi, des invités, notamment des clients d'AWS pour parler vraiment de ce que ça veut dire, ces nouveaux changements qui sont annoncés. Eux les ont vécus. Je pense notamment à un développeur qui nous dit comment ça a changé sa façon de travailler et comment ça remet en question sa façon de travailler comme développeur parce que ça soulève des questions, dans maintenant ce que ça peut amener à faire. Alors, ça sert à ça. Bref, ça vous permet d'aller encore plus loin dans la discussion qu'on a eue.
Monde Numérique :
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24:29] Merci, Bruno. Je renvoie mes auditeurs à l'écoute de ton carnet et n'hésite pas à faire de même de ton côté.
Invité :
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24:35] Écoute, puisque tu m'obliges, j'invite les gens qui sont en train de nous écouter sur mon carnet d'aller faire un tour du côté de chez vous. Et puis à tous, je vous dis à la semaine prochaine. Et à toi aussi.
Monde Numérique :
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24:44] Et on se retrouve la semaine prochaine dans le débrief transatlantique comme chaque semaine. Salut.
Invité :
[
24:59] Monde numérique, le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
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25:07] Le cloud, c'est donc le fil conducteur de cet épisode spécial de Monde numérique à Las Vegas, à l'occasion de l'événement d'Amazon. Si le sujet vous intéresse, j'en profite pour vous signaler également qu'il y a plusieurs articles à lire pour aller plus loin encore sur le site mondenumérique.info. Le cloud, ce concept pourtant un peu abstrait que l'on ne voit pas, ce moteur silencieux d'Internet qui fait fonctionner aujourd'hui tous les services que nous utilisons au quotidien. Les interviews qui vont suivre sont proposées en version intégrale. Si vous écoutez Monde Numérique, l'hebdo premium sur Apple Podcasts ou Spotify, sinon retrouvez-les en version complète en épisodes séparés la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique comme d'habitude. Bonjour Julien Grouès.
Invité :
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25:51] Bonjour.
Monde Numérique :
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25:51] CEO de AWS France et Europe du Sud, AWS filiale du groupe Amazon spécialisé dans le cloud. Il faut rappeler que le cloud, à une époque, c'était surtout du stockage. Aujourd'hui, ça devient de la puissance de calcul à part entière. Et ça devient aussi, eh bien, surtout des outils pour faire de l'IA. Donc l'an dernier, vous dévoiliez les modèles Nova, vos propres modèles, c'est-à-dire vos GPT ou vos Lama à vous, en fait. Cette année, évidemment, logiquement, c'est la suite. Nova 2, à qui ça se destine, ces outils ?
Invité :
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26:23] Alors, depuis le début, notre approche dans l'IA, c'était de fournir à nos clients le plus grand choix possible de modèles. En fait, on est persuadé qu'il faut utiliser plusieurs modèles dans les entreprises pour répondre aux bons cas d'usage. Des gros modèles, lorsqu'on en a besoin. Des plus petits, spécifiques, lorsqu'on en a besoin aussi. Ça permet d'aller plus vite.
Invité :
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26:43] Ça coûte moins cher et ça permet de développer ces cas d'usage. Donc, on a décidé de développer l'année dernière Nova avec quatre modèles qui permettaient de répondre à certains cas d'usage. Et ce qu'on cherche, c'est le rapport puissance-coût pour offrir à nos clients des solutions peu chères avec des résultats extrêmement fiables. Effectivement, cette année, on est dans la continuité avec Nova 2. Mais il y a deux annonces à mon avis, surtout sur Nova 2, qui sont impressionnantes. C'est toujours, on se concentre sur le rapport qualité-coût. Mais aussi maintenant avec des modèles multimodaux qui permettent de traiter la voix, le texte, la vidéo, et aussi avec nos modèles maintenant Nova, qu'on peut entraîner avec les données des entreprises, NovaForge. Et donc, on utilise les données des entreprises qui restent chez elles, les modèles leur appartiennent pour former leur modèle sans avoir plus besoin de ce qu'on appelait avant les fine-tunés. Donc avant, on prenait un modèle et on l'entraînait avec des données de l'entreprise. Maintenant, les entreprises peuvent prendre leurs données, les intégrer dans les datasets de la recherche du modèle et avoir un modèle spécifique pour eux, basé sur Nova, mais avec leurs propres données. Et ensuite, elles le déploient dans leurs propres infrastructures cloud. Et ça, ça va être extrêmement performant.
Monde Numérique :
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27:56] C'est ce qu'on appelle des modèles fondations, c'est ça ? Oui, exactement. Qui sont entraînés avec les données des entreprises.
Invité :
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28:02] Parce qu'avant, on avait deux approches pour les entreprises. Soit vous créez votre propre modèle.
Monde Numérique :
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28:06] Ça coûte très cher. Ce que certains essayent de faire et pas forcément avec bonheur.
Invité :
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28:10] Non, ça coûte très cher.
Monde Numérique :
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28:11] Ça coûte cher.
Invité :
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28:12] Il faut les mettre à jour fréquemment. On voit déjà l'évolution de tous les modèles sur les dernières années. Si vous travaillez encore avec un modèle qui a trois ans, il n'y aura pas les mêmes performances que ceux d'aujourd'hui. Ou sinon, l'approche était de prendre un modèle existant, de le réentraîner un peu sur ses propres données. Et là, maintenant, on a combiné les deux. Et je pense que les résultats vont être vraiment impressionnants.
Monde Numérique :
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28:29] Alors, malgré tout, et malgré toute l'énergie, la puissance financière que vous pouvez mettre là-dedans, ce n'était pas votre cœur de métier, initialement, de faire des modèles d'IA. Est-ce que... Est-ce que ce n'est pas risqué de vouloir trop en faire ?
Invité :
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28:42] Alors moi, je pense que ça répond aux besoins des clients. Et dans ce domaine-là, il y aura plein de modèles qui vont réussir. Nous, ça permet d'offrir un modèle aux clients qui souhaitent les utiliser. Mais à côté de ça, on a annoncé aussi les nouveaux modèles Mistral qui sont disponibles sur Bedrock.
Monde Numérique :
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28:57] Bedrock, c'est une espèce de place de marché interne sur laquelle on va trouver tous les modèles du marché.
Invité :
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29:03] Oui, c'est une plateforme de développement d'applications à base d'IA dans laquelle vous choisissez les modèles que vous allez utiliser. La plupart des entreprises qui utilisent Bedrock, et c'est un de nos services les plus utilisés en ce moment, choisissent et utilisent différents modèles en fonction de leur cas d'usage.
Monde Numérique :
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29:17] C'est des modèles open source ?
Invité :
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29:18] Alors, il y a des modèles open source et d'autres qui ne le sont pas. Par exemple, ceux d'Entropic ne sont pas open source. Donc, ça permet de choisir les modèles les plus adaptés. Ça permet aussi de les comparer. Et tout ça de manière sécurisée et d'opérer ces modèles dans son propre environnement cloud, parce que la sécurité est primordiale, comme toujours. Donc, vous déployez Bedrock dans votre environnement cloud à vous. Tout ce qui s'y passe, ça reste chez vous. C'est vos données, vos comptes, vos modèles, vos résultats. Et rien retourne sur Internet. Et c'est ça que cherchent les entreprises.
Monde Numérique :
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29:47] L'autre mot-clé, c'est agent. Les fameux agents, l'IA agentique. Votre PDG, Matt Garman, a parlé d'une société à venir avec des milliers, un milliard d'agents. Ça veut dire quoi, concrètement ?
Invité :
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30:04] En fait, on voit aujourd'hui que tout ce qui est IA agentique arrive à l'échelle, arrive à maturité, alors que ce sont des technologies quand même assez récentes. Mais on voit les entreprises qui déploient des agents. Alors, on a trois grands cas d'usage aujourd'hui dans le déploiement des agents. Le premier, c'est les call centers et la transformation de l'expérience client. On l'a vu avec des exemples comme Lyft, qui utilise des agents pour gérer les relations avec les chauffeurs. Donc, Lyft, service type Uber aux États-Unis. Et donc ça, on est sur la transformation du call center, où, effectivement, c'est assez envisageable que des agents répondent à des questions des clients.
Monde Numérique :
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30:41] Les agents, c'est-à-dire, pardon, excusez-moi de vous interrompre, mais c'est-à-dire qu'avant l'IA, elle se contentait de nous conseiller, les agents, c'est l'IA qui fait elle-même le boulot.
Invité :
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30:48] En fait. Donc, elle est capable d'analyser, de prendre des actions, et ça, dans la durée, en gardant la mémoire de ce qui s'est passé. Donc, ça permet d'avancer sur des tâches. Donc, c'est pour ça que dans un call center, ça fonctionne. L'autre, et c'est surtout là où on a eu beaucoup d'annonces cette semaine, c'est autour du développement logiciel. Donc là, les agents qui aident à transformer le code et arrivent à les moderniser, qui gèrent la sécurité, qui gèrent le pen test. Aujourd'hui, on a l'agent qui s'appelle Kiro, qui est absolument fantastique, qui permet de développer des applications à partir des specs. On a les agents de sécurité qui permettent de tester, les agents de DevOps qui permettent de s'assurer que ça fonctionne. Donc aujourd'hui...
Monde Numérique :
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31:28] De vrais ingénieurs virtuels.
Invité :
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31:29] En fait. Des ingénieurs virtuels qui sont toujours en veille. Qui accompagnent, qui sont en veille, qui peut faire des tâches sur plusieurs jours, sur plusieurs semaines, sur plusieurs mois et qui accompagne. Et donc, on voit cette transformation. Et ce qui m'a frappé, moi, dans toutes les annonces aujourd'hui, c'est comment déjà ces technologies sont utilisées par les entreprises. Elles en tirent de la valeur. Adjun Core, qui est la plateforme sur laquelle les entreprises développent les agents pour les gérer. Parce qu'encore une fois, il faut mettre la gouvernance, la sécurité en place. Tout ça, c'est fait avec Adjuncore. Aujourd'hui, c'est plus d'un million d'utilisateurs déjà.
Monde Numérique :
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31:59] Alors, ça me fait rêver. En même temps, qu'est-ce que vous répondez aux entreprises qui disent « Oui, mais bon, moi, l'IA générative, on a fait une tête comme ça. » Il y avait un article dans Les Echos il y a quelques jours qui disait qu'après avoir dépensé beaucoup d'argent, un certain nombre d'entreprises se disaient « Mais je ne vois pas le retour sur investissement.
Invité :
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32:16] » Alors, il ne faut pas se tromper dans l'approche du déploiement de l'IA générative. Il faut, quand on part du problème en se disant « Tiens, j'ai l'IA générative, je vais essayer de l'appliquer, ça ne marche pas. » Ce qu'il faut, c'est dire « Voilà les problèmes que j'ai, voilà mes cas d'usage. », Quels sont les cas d'usage sur lesquels je peux appliquer l'IA générative et avoir de la valeur ? Les entreprises qui le déploient et qui le déploient correctement voient une amélioration, une augmentation de leur chiffre d'affaires et de leurs bénéfices aux alentours de 7-10% d'après les dernières études que nous avons faites. Mais pour ça, il faut le faire correctement. Donc, il faut partir du problème et trouver la solution. Ce n'est pas parce qu'on a un marteau que tout est inclus. Par contre, on peut, en repartant des problèmes, on voit les cas d'usage qui ont été démontrés ici. Les exemples sont absolument fantastiques, que ce soit Visa, Adobe ou ces entreprises qui témoignent de comment elles utilisent. Il y a de la valeur à aller chercher, mais il faut partir des problèmes et leur apporter des solutions via l'IA.
Monde Numérique :
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33:11] Autre point un peu d'inquiétude par moment, l'éternelle question de la souveraineté numérique. Vous offrez une batterie d'outils aux entreprises, etc. Mais vous savez aussi bien que moi que vu de France, c'est schizophrénique comme position. C'est-à-dire qu'on a envie, évidemment, d'utiliser tout ça. Et puis, en même temps, il y a une espèce de crainte par rapport aux plateformes américaines. Une crainte qui se traduit même avec des conséquences, puisque l'Union européenne a ouvert une enquête concernant AWS et Microsoft qui pourrait vous placer sous le régime du DMA. Donc, ça vous imposera des contraintes supplémentaires, toujours pour essayer de protéger un peu la concurrence européenne et les intérêts européens. Comment est-ce que vous répondez à cette problématique, que ces inquiétudes par rapport à la souveraineté numérique. Je suis une start-up française. Il est légitime aussi que je me demande si j'ai tout intérêt à aller directement chez Amazon ou à trouver un autre acteur plus européen ?
Invité :
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34:06] Alors, les objectifs des start-up aujourd'hui, c'est de se créer, de se développer, d'aller très vite.
Monde Numérique :
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34:12] La start-up n'est pas forcément le bon exemple. Ce serait plutôt le problème pour les grosses entreprises.
Invité :
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34:15] Alors, je termine sur la start-up quand même parce que c'est intéressant, parce que ça répond aussi au sujet des entreprises. Je développe et je veux me déployer mondialement. Et donc, les entreprises, les start-up, elles ne sont pas spécifiquement dans un pays. ce qu'elles veulent, c'est se déployer extrêmement rapidement et donc l'utilisation de la technologie du cloud d'AWS, ça les aide. Nous, Moi, je suis persuadé que pour que les entreprises françaises soient souveraines, elles doivent être performantes. Pour être performante, elles doivent avoir accès au meilleur de la technologie, au meilleur prix, mais elles doivent le faire en conscience et en confiance.
Monde Numérique :
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34:46] Merci beaucoup, Julien Groès, CEO de AWS France et Europe du Sud. Nous étions ici à Las Vegas, au cœur de l'événement ReInvent 2025.
Invité :
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34:56] Merci d'être là.
Monde Numérique :
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34:58] Cet événement organisé par Amazon, c'est aussi l'occasion de découvrir et de rencontrer énormément de startups dans des domaines très divers. J'ai notamment rencontré la société Pyanotte, qui travaille sur un domaine assez spécial, la diarisation vocale. De quoi s'agit-il ? C'est la capacité d'identifier des locuteurs différents dans un enregistrement audio grâce à l'intelligence artificielle. Explication du cofondateur de Pyanotte, Vincent Molina.
Invité :
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35:25] Le cœur de la technologie, c'est d'être capable d'identifier des personnes qui parlent dans un audio, dans une conversation. Et on est capable de le faire aujourd'hui dans toutes les langues de la Terre. On a construit une technologie qui est centrée sur le son de la voix. Et donc, on a aujourd'hui des utilisateurs de San Francisco à Bangalore. Et on est très utilisé en plein du scale.
Monde Numérique :
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35:41] Et comment faites-vous ? Alors, est-ce qu'on peut rentrer un petit peu dans la technique tout en restant accessible ? Comment est-ce que c'est possible ?
Invité :
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35:47] On est une vraie société d'intelligence artificielle. Donc, on a créé, et quand je dis « on », c'est en particulier mon cofondateur, Yves Bredin, qui a créé des modèles, donc des réseaux de neurones qui, à la fois, sont capables de segmenter l'audio et puis d'identifier des groupes de paroles qui font des locuteurs.
Monde Numérique :
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36:05] Il n'y a pas des risques de confusion malgré tout, parfois ?
Invité :
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36:08] Alors, c'est toute la complexité de ce qu'on fait aujourd'hui. C'est-à-dire que, normalement, un réseau de neurones, on lui donne des choses à apprendre et puis il répète ce qu'il a appris à l'entraînement. Notre spécificité, c'est qu'on ne peut pas entraîner nos modèles avec toutes les voix de la Terre. Donc, il doit, à chaque fois, être capable d'identifier des voix qui n'a jamais vu à l'entraînement. D'où la complexité est probablement l'une des raisons pour lesquelles on est à peu près les seuls à faire au monde aujourd'hui. Et donc cette complexité, elle est aujourd'hui traitée par ces réseaux de neurones et on ne fait pas de liage génératif, mais on peut se tromper aussi. Et donc du coup, aujourd'hui nos modèles sont les meilleurs, mais loin d'être parfaits.
Monde Numérique :
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36:43] Est-ce que c'est un système qui pourrait permettre de faire du doublage automatique de films ?
Invité :
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36:46] Alors, on est pareil.
Monde Numérique :
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36:48] Du sous-titrage, en tout cas ?
Invité :
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36:49] Oui, puisqu'en fait, quand on veut sous-titrer ou quand on veut poser une voix de synthèse sur un film, on a besoin de poser la voix au bon moment. Et donc, le bon moment, c'est là qu'on intervient, d'être capable de dire à tel centième de seconde ou dixième, millième de seconde, il y a un changement de voix et donc vous pouvez poser la voix au bon endroit.
Monde Numérique :
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37:06] Vos pistes de développement pour le futur, c'est quoi ? C'est d'aller encore plus loin dans l'analyse et la génération de ces métadonnées ?
Invité :
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37:13] Oui, il y a à la fois la profondeur des métadonnées qu'on va vouloir donner à nos clients. Et puis, il y a aussi tout ce qu'on a évoqué aujourd'hui, tout ce qu'on fait aujourd'hui depuis maintenant plus de 15 ans, c'est ce qu'on appelle du traitement, enfin du batch, c'est-à-dire après que notre conversation ait eu lieu. Maintenant, les usages en temps réel sont là. Et donc, du coup, notre prochaine étape de développement produit, c'est de partager ces technologies en temps réel. On peut imaginer par exemple des cas d'usage comme de la transcription d'événements sportifs ou en temps réel, ce genre de choses, avec des intensités et de la voix qu'on a envie de conserver.
Monde Numérique :
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37:49] Merci beaucoup Vincent Molina de Pyanotte. Après le son, l'image et toujours l'intelligence artificielle. Comment retrouver facilement des séquences particulières dans des enregistrements vidéo, y compris de très vieux enregistrements ? Eh bien, c'est le savoir-faire de la startup Moments Lab, son CEO Phil Petitpont.
Invité :
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38:11] Par exemple, je produis Masterchef, je veux fabriquer un top 5 des meilleurs plats de poissons depuis le début de l'histoire de Masterchef. Je vais pouvoir aller prompter mon agent qui va aller chercher tous ces morceaux de vidéos pour créer une compilation en l'espace de deux minutes, là où aujourd'hui c'est presque impossible. Ça prendrait beaucoup de temps à un humain de pouvoir faire.
Monde Numérique :
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38:31] Et comment ça fonctionne ? L'IA analyse véritablement le contenu des images, l'audio également ?
Invité :
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38:36] Exactement. C'est un modèle qu'on dit multimodal, puisqu'il va analyser tous les éléments qu'un humain pourrait voir ou pourrait entendre, ou même prendre des métadonnées descriptives, soit le lieu de tournage par exemple. Et on va mélanger toutes ces sources de données pour décrire tout ce qui se passe dans la vidéo, scène by scène, scène par scène. Et on va pouvoir après utiliser un agent qui va regarder toutes ces données et extraire, ah bah tiens, à une minute, Il y a un plat de poisson de Masterchef et celui-ci peut être intéressant pour telle audience.
Monde Numérique :
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39:08] Qui sont vos clients aujourd'hui ? Qui utilise cette technologie ?
Invité :
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39:10] Alors nous, on travaille, on a commencé en France, donc on travaille avec TF1, on travaille avec M6, on travaille avec tous les grands ayant droit de contenu média ou sport. On travaille aussi avec la Fédération Française de Football, par exemple, qui a 100 ans d'archives. On travaille avec beaucoup d'acteurs en Allemagne, au Royaume-Uni également. Et maintenant, depuis quelques années, on commence à s'étendre également aux États-Unis où on va travailler avec des très grands acteurs américains qu'on n'a souvent pas le droit de mentionner, mais qui ont des volumes de contenus qui sont absolument démentiels.
Monde Numérique :
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39:40] Qui travaillent plutôt du côté de la Californie et qui font des films, c'est ça ?
Invité :
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39:42] Il y en a quelques-uns qui travaillent dans l'actualité à New York aussi. Donc, on a vraiment sur les deux côtes, effectivement. Et ce qui est assez passionnant, c'est qu'ils ont cette envie de pouvoir réutiliser ce stock de contenus auprès d'audiences qui n'ont pas forcément, de par leur génération, vu ces contenus-là ou jouer sur le côté un petit peu nostalgie, de dire « Friends, les meilleurs moments où Joey dit telle chose ou autre », on va pouvoir les remettre et en quelques minutes réussir à régénérer du revenu à partir d'un stock qui peut soit un long tail du catalogue ou autre, soit qui ne générait plus de valeur jusqu'après.
Monde Numérique :
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40:21] Alors, vous parlez de contenu de divertissement, mais vous avez dit que vous travaillez aussi avec des médias d'information.
Invité :
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40:27] Absolument, oui.
Monde Numérique :
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40:28] Donc, ça peut s'appliquer aussi pour l'information.
Invité :
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40:30] Oui, absolument. Il y a un enjeu très fort. Je prends un exemple sur un plateau. Alors, je ne sais pas lesquels on a le droit de mentionner comme client, donc je ne vais pas faire d'impair. Il y a une émission qui est très connue en France, qui parle souvent de politique, et où ils sont assez spécialistes de reprendre. Il y en a beaucoup.
Monde Numérique :
[
40:48] Il y en a plusieurs, mais bon.
Invité :
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40:49] Et il y a un enjeu, en fait, quand il y a typiquement un homme politique qui intervient sur un plateau, de pouvoir très rapidement aller fact-checker, en fait, ce qui se passe. Et là, en deux secondes, en fait, l'agent peut aller vérifier, OK, non, mais il a dit qu'il baisserait les taxes, en fait, à ce moment-là. On leur trouve l'extrait et en une minute pendant un débat on est capable d'aller ressortir un extrait qui va contredire ou pousser ou infirmer ce que par exemple un homme politique aurait pu dire c'est un des cas d'usage je.
Monde Numérique :
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41:14] Crois que je vois à quelle émission on fait allusion mais est-ce que c'est des choses qui sont utilisées en direct également.
Invité :
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41:19] Oui absolument notre modèle travaille également sur des flux vidéo live qui nous permettent d'extraire en quasi temps réel des informations des insights des angles de façon à pouvoir valoriser en fait des contenus en live, donc typiquement le Davos par exemple, on va réussir à extraire, synthétiser des conférences qui peuvent se passer plusieurs fois en parallèle ou autre, et l'enjeu justement c'est de pouvoir aider les journalistes à comprendre ce qui se passe et à sortir vraiment juste du report des faits, mais à les pouvoir creuser et investiguer sur des temps qui sont beaucoup plus courts. Le journaliste d'investigation aujourd'hui ça prend énormément de temps, ça coûte très cher, et avec ces outils-là on peut réduire l'effort pour, en l'espace de cinq minutes, une heure ou deux, réussir à arriver à quelque chose qui est beaucoup plus poussé que juste en fait rapporter un fait qui s'est produit, par exemple, pour l'inlevément.
Monde Numérique :
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42:09] Merci beaucoup. On pensera à vous maintenant quand on regardera des séquences courtes extraites d'émissions plus longues ou des reprises, notamment, vous l'avez dit, pour les déclarations politiques. Merci beaucoup, Phil Petitpont, CEO de Moments Lab.
Invité :
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42:24] Merci.
Monde Numérique :
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42:27] L'intelligence artificielle et notamment ce que l'on appelle les agents IA, c'est aussi désormais un levier pour la publicité. C'est notamment ce qu'a mis en place une entreprise historique du numérique, la société Dailymotion. Son CTO, David Ramblewski, nous explique cette démarche.
Invité :
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42:45] Vous avez des encarts publicitaires, pour le dire simplement. Ces encarts publicitaires vont être utilisés pour aller chercher, par le biais des annonceurs, la bonne audience, les bonnes cibles marketing.
Monde Numérique :
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43:00] On parle beaucoup des agents IA, c'est-à-dire vraiment l'IA qui peut faire elle-même des choses et pas simplement nous aider à les faire. Est-ce que c'est des choses que vous utilisez, que vous allez utiliser ? Est-ce que ce que vous décrivez aujourd'hui, on peut parler d'agents IA ou pas ?
Invité :
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43:14] On peut commencer à parler d'agents IA avec ça. Et en 2025, on a formé nos ingénieurs avec AWS dans un guild incubator pendant quelques semaines. Donc, ils commencent à utiliser cela en production. Et je pense qu'en 2026, on va beaucoup plus utiliser tous ces agents IA. Ça peut être effectivement pour améliorer l'expérience utilisateur au global, au travers d'un lecteur vidéo amélioré. Ça peut être aussi pour tout ce qui est outillage en production, pour faciliter la vie des ingénieurs.
Monde Numérique :
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43:49] Est-ce qu'en tant qu'acteur français, vous confiez tous vos œufs à un grand acteur américain sans état d'âme ?
Invité :
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43:57] Alors, on a pris, c'est une bonne question, on a pris la décision, je vous dis, en 2023 de partir vers un cloud service provider qui est AWS, donc qui est américain. On a pris cette décision qui n'est pas une décision idéologique, mais pragmatique. On avait besoin d'un acteur qui nous permette de former nos ingénieurs et qui nous permette de prendre les virages technologiques à venir. Donc, effectivement, on a choisi AWS pour cela. Et comme l'expliquait Julien tout à l'heure, on leur fait confiance également pour mettre en place toutes les modalités pour sécuriser notamment la souveraineté européenne et plus récemment le AI Act.
Monde Numérique :
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44:39] Oui, la réglementation européenne.
Invité :
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44:41] Tout à fait.
Monde Numérique :
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44:41] Merci beaucoup David Ramblewski, CTO de Dailymotion.
Invité :
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44:45] Merci Jérôme.
Monde Numérique :
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44:51] Voilà pour cette plongée au cœur du cloud à Las Vegas à l'occasion de l'événement ReInvent d'AWS. D'autres interviews seront disponibles prochainement sur le fil du podcast Monde Numérique. En attendant, on s'intéresse à un autre événement qui avait lieu également cette semaine, de l'autre côté de l'Atlantique, en France, à Station F pour être précis. C'est la société Scaleway, filiale du groupe Iliad, spécialisée dans le cloud, qui tenait elle aussi son grand événement annuel Pulse AI. Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir son directeur général, Damien Lucas. Bonjour Damien Lucas.
Invité :
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45:24] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
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45:26] CEO de Scaleway, opérateur européen de cloud. Alors, lors de votre sommet AI Pulse, vous avez beaucoup insisté sur l'idée d'ouverture, notamment vers l'open source. Est-ce que c'est la meilleure voie aujourd'hui pour marquer votre différence et vous imposer face à la concurrence, notamment celle des grands acteurs américains ?
Invité :
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45:46] C'est toujours intéressant de savoir ce qui se fait ailleurs. Et notamment, il y a beaucoup de choses qui se font en open source. Et nous, chez Scaleway, on va intégrer tous les modèles open source de manière à pouvoir les faire tourner dans un environnement souverain, contrôlé, indépendant des technologies américaines. Ça, c'est quelque chose qu'on fait. La logique des Apple, c'est de pouvoir ouvrir pour que tout le monde sache ce qui se fait aujourd'hui dans le domaine. Et la logique de Scaleway, pour le coup, c'est de s'assurer qu'on peut offrir, tout cet écosystème dans un contexte très européen et aussi indépendant que possible des grandes technologies américaines.
Monde Numérique :
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46:25] Mais si, Damien Lucas, si je suis créateur de start-up, de PME aujourd'hui, que j'ai besoin de puissance informatique pour faire de l'IA ou même de la robotique, pourquoi est-ce que je choisirais Scaleway plutôt qu'un Google, un AWS ? Alors, uniquement pour des questions de souveraineté, est-ce que je suis sûr que j'aurai ce dont j'ai besoin et au prix au meilleur prix du marché parce qu'il y a aussi un côté commercial il ne faut pas le nier.
Invité :
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46:51] La question est intéressante, et je vais commencer par reprendre, parce qu'on parle de souveraineté, et puis le mot souveraineté est finalement un peu galvaudé, donc tout le monde n'entend pas exactement la même chose par la souveraineté. Un certain nombre de nos clients, dont des startups, aujourd'hui choisissent Scaleway pour cette logique de souveraineté, et en réalité cette logique de souveraineté, c'est deux axes. L'immunité aux lois extraterritoriales, en l'occurrence aux lois extra-européennes, puisque Scaleway, on est vraiment européen, et donc on est complètement immune aux lois extra-européennes, on est soumis évidemment aux lois européennes. Et l'autre élément, c'est l'indépendance technologique vis-à-vis des hyperscalers américains et des hyperscalers chinois. Et ça, c'est deux éléments qui répondent à deux besoins de nos clients qui sont très différents. D'un côté, la question, c'est comment ils vont protéger la donnée de leurs clients ? Et ça, c'est l'immunité aux lois extraterritoriales. De l'autre, c'est comment protéger leur business si demain, pour une raison ou pour une autre, les tarifs des services américains exportés en Europe changeaient, doublaient. Si les conditions d'exportation des services américains en Europe changeaient, et on a vu les restrictions notamment sur les GPU dont on parlait tout à l'heure. C'est une question du coup, maîtriser le risque sur son business.
Monde Numérique :
[
48:21] Et donc, nos clients.
Invité :
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48:21] Ils nous choisissent pour ces deux raisons-là. Ils nous choisissent également parce qu'aujourd'hui, on est moins cher. On est moins cher que les hyperscalers. Et ça, on ne le dira jamais assez. Aujourd'hui, les hyperscalers sont dans une situation, de quasi-monopole. À trois, ils contrôlent à peu près tout le marché et ils pratiquent des prix relativement élevés. Aujourd'hui, chez Scalway, on est en mesure d'être significativement moins cher parce qu'on fait les choses différemment. C'est l'ADN de notre groupe je rappelle, Scalway ça fait partie du groupe Iliad, et dans ce contexte là on fait les choses différemment de manière à pouvoir offrir un prix moins cher que les hyperscalers.
Monde Numérique :
[
49:02] Comment vous expliquez qu'ils continuent à séduire finalement c'est quoi, il y a un problème de communication, il y a une espèce de suivisme de ne pas vouloir prendre de risque de sortir des voilà des sentiers battus.
Invité :
[
49:21] Oui, je pense que vous avez raison de dire ça. C'est une combinaison de ces différents facteurs. D'abord, c'est les acteurs les plus établis, et donc c'est plus simple. Ils ont aujourd'hui, et je pense qu'il faut le reconnaître, une couverture produit qui est extrêmement large.
Monde Numérique :
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49:42] Oui, c'est ce qu'on dit souvent, c'est qu'ils arrivent à coller à tous les besoins de chaque entreprise, ce que n'arrivent pas forcément à faire les acteurs européens.
Invité :
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49:49] Exactement. Moi, je suis très transparent sur la question. Chez Scaleway, on a à peu près 30% des produits d'AWS. AWS, c'est 600 produits. Je vous parlais de cette boîte à outils tout à l'heure. Dans la boîte à outils d'AWS, vous avez 600 outils. Par exemple, vous pouvez être très efficace si vous avez 600 outils pour faire toutes les tâches possibles et imaginables. Vous êtes très efficace. Chez Scaleway, on en a à peu près 30%. C'est à peu près 200 produits. Ce qui est important de comprendre, c'est qu'on couvre 90% des besoins. Donc on ne couvre pas 100% des besoins, pas encore, mais on couvre 90% des besoins. Et donc dans 90% des cas, c'est assez simple de migrer chez Scaleway plutôt que chez AWS. Et donc ça, c'est un élément qui est important, mais il reste les 10% des cas. Il reste que c'est une décision quelque part courageuse. Il y a quelques années, on disait « Nobody got fired for having chosen IBM ».
Monde Numérique :
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50:51] Oui, personne ne se fera virer pour avoir choisi IBM.
Invité :
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50:53] Aujourd'hui, je pense qu'on peut l'appliquer avec les grandes technologies du cloud. Donc, il y a des décisions à prendre, des décisions courageuses, et on l'a vu. On a vu notamment, et je tiens à le souligner, un certain nombre de décisions politiques dans ce cadre-là. France Télévisions, France Télévisions qui décide de basculer toute son infrastructure chez Scalway, la ville de Copenhague et on sait à quel point la dépendance à Microsoft était un problème pour le Danemark la ville de Copenhague décide de basculer toute son infrastructure chez Scalway plus proche de nous, la ville de Toulouse qui décide de basculer toute sa infrastructure chez Scalway et ce mouvement là, c'est un mouvement qu'on voit arriver de manière de plus en plus, régulière et de manière de plus en plus certaine et donc ce qui nous manque essentiellement aujourd'hui, c'est de la commande. Donc on est en capacité de le faire. La technologie est là, les acteurs sont là. On a la chance en plus de vivre une transformation technologique, une vraie rupture technologique qui est liée à l'IA qui va amener toutes les entreprises à se reposer la question de quel sera le bon cloud pour les 5 ou les 10 prochaines années. On a des vrais champions européens. Il ne reste plus qu'à le faire, mais ce n'est vraiment pas trop tard.
Monde Numérique :
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52:11] Merci beaucoup Damien Lucas, CEO de Scaleway. Merci pour cette interview dans le monde numérique. Voilà, c'est la fin de cet épisode un peu spécial de Monde Numérique depuis Las Vegas. A noter, je le répète, toutes les interviews seront retrouvées en version intégrale, en épisode séparé prochainement sur le fil du podcast. Donc abonnez-vous si ce n'est pas déjà fait, activez les notifications. Et puis vraiment, je vous invite à écouter les versions intégrales. Vous allez voir qu'on va même assez loin dans les problématiques de développement informatique, d'IA, d'agent, d'IA agentique, etc. Si c'est votre secteur d'activité n'hésitez pas à plonger là-dedans ça devrait vous intéresser et puis des articles également sur le site mondenumérique.info et des vidéos sur la chaîne YouTube.
Monde Numérique :
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53:10] À noter très bientôt un nouveau podcast Maison Connecté, une déclinaison de Monde Numérique spécialement consacrée à la domotique à la Maison Connecté, vous pouvez vous abonner dès maintenant le podcast existe, il est disponible sur toutes les plateformes Le premier épisode arrive le 10 décembre. En attendant, je vous souhaite une très bonne semaine, pleine de tech. Je vous dis à samedi prochain. Salut !