☕️ Grand Debrief Mai 26 – Course à l'IA : Mistral peut-elle sauver la France ?
Maison Connectée31 mai 202601:01:50

☕️ Grand Debrief Mai 26 – Course à l'IA : Mistral peut-elle sauver la France ?

Mistral dévoile ses ambitions : faut-il y croire ? • Google pousse les agents IA dans tous ses services • Alexa+ transforme l’assistant vocal en compagnon domestique • La contestation anti-IA monte autour des emplois, de l’énergie et des data centers.

Avec Free Pro, le meilleur de Free pour les entreprises

Avec François Sorel (BFM Business) et Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)

Mistral, l’espoir français de l’IA souveraine

Nous ouvrons ce Grand Débrief avec Mistral AI, qui a organisé son AI Now Summit au Grand Palais, à Paris, avec une ambition claire : ne pas seulement produire des modèles, mais maîtriser toute la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle. La stratégie B2B de Mistral, fondée sur l’intégration sur mesure de l’IA dans les grandes entreprises comme BMW, EDF ou CMA CGM, sera-t-elle payante ? Surtout : permettra-t-elle à la la France et à l’Europe de prendre une vraie place face aux géants américains et chinois ?

Google I/O : les agents IA entrent dans le quotidien

La conférence Google I/O marque l’autre grand moment du mois, avec une avalanche d’annonces autour de Gemini, de la recherche augmentée, des lunettes connectées et des agents autonomes. Nous nous demandons si Google est en train de reprendre l’avantage dans la bataille de l’IA, notamment en intégrant ses outils au cœur de l’expérience utilisateur. Monde Numérique a consacré plusieurs contenus au sujet, dont un Zoom Tech sur Google I/O 2026 et un épisode sur l’IA agentique qui bouscule le Web.

Alexa+ : l'IA générative démocratisée

Nous parlons ensuite d’Amazon et d’Alexa+, qui promet un assistant vocal beaucoup plus intelligent, capable de réserver une table, piloter la maison connectée ou dialoguer de manière plus naturelle. François Sorel insiste sur l’avantage des acteurs qui disposent déjà d’enceintes et d’un écosystème matériel installé dans les foyers. Monde Numérique a publié un Zoom Tech consacré au lancement d’Alexa+ en France et à son passage à l’IA générative.

La vague anti-IA qui monte

Dernier grand sujet : la contestation contre l’intelligence artificielle, visible dans les manifestations contre les data centers, les craintes pour l’emploi et les réactions d’hostilité dans certaines universités. Nous distinguons plusieurs ressorts : la peur classique des nouvelles technologies, la crainte plus légitime d’un bouleversement du travail, et le refus local d’accueillir des infrastructures très consommatrices d’énergie ou d’eau. Monde Numérique a également traité cette montée de la fronde anti-IA dans son Hebdo du 30 mai. La Silicon Valley est-elle responsable de ce climat de peur ?

Bonus

On a bien galéré pour enregistrer cet épisode ! Rendez-vous à la fin pour un aperçu des coulisses 😅


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Jérôme : [0:06] Mistral va souffler fort, attention les yeux, la pépite française de l'intelligence Jérôme : [0:11] artificielle dévoile ses ambitions. Est-ce le vent qui fera décoller la France en IA ? On en parle dans cet épisode de Monde Numérique, le grand débrief. On va parler aussi de Google. Ce mois-ci, c'était les annonces de la Google I/O qui ont marqué l'actualité. On va s'interroger un peu pour savoir où tout cela nous emmène et puis si ça va changer la face du web, notamment, avec les agents. Enfin, qu'est-ce que c'est que cette vague anti-IA qui semble monter ici et là ? L'ex-patron de Google hué par des étudiants, des data centers qui énervent des militants un peu partout en Europe, aux États-Unis. D'où vient cette colère ? Qui est responsable ? On parle de tout ça ce mois-ci dans le Grand Débrief de Monde Numérique. Avec mes petits camarades que j'ai le plaisir d'accueillir Salut petit chenapan, François Sorel et Bruno Guglielminetti Nous sommes. François : [1:06] Les petits chenapans de Jérôme Colombain. Jérôme : [1:08] C'est sympa Ça vous plaît les petits chenapans ? J'adore Les amis, merci d'être là, je suis ravi on a eu des galères techniques insurmontables et inimaginables avant de pouvoir démarrer, Mais c'est parti pour cette nouvelle édition du Grand Débrief de Monde Numérique, épisode du mois de mai 2026. Cette émission vous est proposée avec le soutien de FreePro, le meilleur de Free pour les entreprises. FreePro, c'est un opérateur pour les indépendants, les TPE, les PME, mais aussi les grandes organisations à travers leurs solutions experts. Connectivité, cloud, télécom, cybersécurité, FreePro couvre l'ensemble des besoins numériques des entreprises avec des solutions souveraines. Les infrastructures, les technologies et les équipes sont opérées en France. FreePro maîtrise la chaîne de valeur des données de bout en bout. En plus, des équipes d'experts dédiées accompagnent les projets au plus près grâce à une dizaine d'agences réparties sur le territoire. Expertise, proximité, simplicité. Pour en savoir plus, rendez-vous sur freepro.com. Monde Numérique, le grand débrief. Bon, moi, ça m'a épuisé ce qu'on vient de faire depuis 30 minutes avant d'appuyer sur le bouton rec. Vous, vous étiez mort de rire. François : [2:27] Ah là là, merci Jérôme. parce que là, on commence avec 36 minutes de retard, mais qu'est-ce qu'on a ri ? Merci beaucoup. Le Jérôme Comédie Club, ça c'était bien. Oh là là là là là là. Jérôme : [2:38] J'ai été trahi par la technologie comme d'habitude. Je ne remercie pas. François : [2:42] On avait l'impression d'avoir un savant fou spécialisé dans l'audio qui pétait un câble. Il y avait des bruits de larsen partout, des échos et toi qui disais des insanités. Jérôme : [2:53] C'était terrible. François : [2:54] C'était tellement drôle. Bruno, on a ri quand même. Jérôme : [2:58] Merci beaucoup Jérôme, sérieusement. Bruno : [3:00] Si tu cherches une troisième carrière je pense que la comédie technologique, c'est pour toi C'est vrai. François : [3:07] Je pourrais faire un sketch Je pense qu'on aurait dû passer un bout parce que franchement les gens auraient adoré vous auriez adoré Vous voulez en. Jérôme : [3:15] Voir un bout, un petit bout de ce making-of ? Oui, un petit bout Je regarde ce que j'ai dans les tiroirs si je peux vous passer un bout de ce making-of mémorable. Bruno : [3:23] Peut-être à la toute fin, Alors, les gens, quand ils auront écouté, restez jusqu'à la fin. Jérôme : [3:28] Tu vois, l'homme de radio, il faut teaser jusqu'à la fin. C'est vrai. François : [3:32] Teasons jusqu'au bout. Jérôme : [3:33] Bon, du coup, là, on est quand même sur une installation de fortune. Donc, je suis sur un iPhone. Donc, j'ai une incrustation avec les cheveux verts. Bruno : [3:40] Au prix que c'est vendu en iPhone, je peux dire que c'est une installation de fortune. Jérôme : [3:45] C'est vrai. François : [3:46] Quand tu n'as plus que l'iPhone. Bruno : [3:47] Ce n'est pas le plus cheap. Ça coûte une fortune. Jérôme : [3:49] Oui. Bon, malgré tout, on y est. Donc, on va essayer de faire cette émission proprement. Et puis merci pour votre patience les gars c'est vraiment cool parce qu'en plus je déteste faire perdre du temps aux gens je le dis, j'ai été trahi par une grande marque je le dis ou pas, une grande marque espagnole d'accessoires et de périphériques, Elgato si vous pouviez éviter les mises à jour comme ça, réparer des bugs que je vous ai signalés pour finalement faire péter toute mon installation il n'y a plus rien qui s'allume une tragédie, donc merci beaucoup, Reprenons nos esprits. François : [4:26] Heureusement que Jérôme n'est pas pilote de la mission Artemis. Jérôme : [4:30] Ah, t'imagines-là. Sinon, là, on était perdus dans l'espace. François : [4:33] T'imagines, on est à 6 000 km d'altitude et tous les voyants sont éteints. Qu'est-ce qu'on fait ? J'ai mis à jour le firmware. Appelez-moi les Espagnols. Enfin, le cauchemar, quoi. Bruno : [4:45] J'imagine la capsule qui continue à attendre autour de la Lune. François : [4:47] C'est ça, c'est ça. Et nous, tu sais, complètement ahuris par cette situation. Enfin, bref. Jérôme : [4:55] Bon, j'avais préparé un texte bien sérieux, tout ça, pour introduire les différents sujets. Et je voulais tout d'abord qu'on parle de cet événement qui est tout récent, en fait. C'était le 28 mai, jeudi 28 mai, sous la verrière du Grand Palais à Paris. C'était l'endroit qui avait accueilli, donc on s'en rappelle le sommet de l'IA en février 2025. Et bien là, c'était une espèce d'autre sommet de l'IA, mais un show privatisé par Mistral. Mistral AI, la startup qui faisait son événement baptisé AI Now Summit, avec pas mal d'annonces concernant Mistral, bien entendu, mais en tout cas aussi une vraie ambition affichée sur place. Et moi, j'avais envie qu'on commence par ça, parce qu'au-delà des annonces qui concernent une entreprise privée en particulier, je voudrais vous poser la question très solennellement à l'un et à l'autre, et surtout à toi, François, qui étais aux premières loges, parce que tu étais sur place, tu as fait Tech & Co sur place, avec interview d'un des cofondateurs de Mistral. « Selon vous, Mistral peut-elle sauver la France ? », En matière d'IA, j'entends bien. François : [6:02] C'est une question compliquée, ça. Bruno : [6:05] Oui ou non ? Jérôme : [6:06] Oui ou non ? Merci. On passe au deuxième sujet. Bon, vous voyez bien ce que je veux dire. C'est que j'ai l'impression qu'on met énormément d'espoir dans cette entreprise, qui fait quand même tout ce qu'elle peut pour aller dans le bon sens. Il multiplie les produits, les contrats. Donc ils sont sur tous les fronts ils ont même annoncé qu'ils envisageaient peut-être un jour de fabriquer leur propre processeur donc il y a une super énergie il y a une grosse volonté, il y a des moyens il y a aussi des moyens financiers, et quand on sait où on se situe nous par rapport aux acteurs tout-puissants américains et chinois on se dit, voilà, est-ce qu'on a raison de croire en Mistral est-ce que c'est, l'avenir de la France évidemment je caricature Mais est-ce que vraiment, ça va nous permettre de prendre une place prépondérante en matière d'IA ou simplement de sauver les meubles ? François : [7:04] Alors, c'est important et intéressant parce que c'est vrai qu'il ne faut pas, je pense, mettre frontalement et comparer Mistral à OpenAI, à Anthropic, etc. Parce que les échelles d'investissement n'ont rien à voir. Quand on parle de milliards chez Mistral, on parle en dizaines ou centaines de milliards chez OpenAI. Bruno : [7:24] Là, on est dans 1 milliard chez Anthropic. François : [7:26] 1 milliard de valorisation. Tu as raison. Avec cette levée de 65 milliards hier. Mais... Je trouve que Mistral, ils sont plutôt intelligents parce qu'ils essaient justement de faire autre chose. Et je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on a l'impression qu'ils s'éloignent petit à petit du B2C. C'est-à-dire que le chat existe toujours. Maintenant, ça a été rebaptisé Vibe. Mais bon, on voit que c'est un outil qui est plus tourné vers les entreprises et les salariés. Et puis tout ce qu'ils proposent après, c'est par exemple des grandes industries européennes. comment on peut leur apporter de l'IA. Et ils font ça de manière assez intelligente en allant directement dans le cœur du réacteur de l'entreprise. Alors, ça peut être BMW, ça peut être EDF, ça peut être CMA CGM aussi. Enfin, il y en a pas mal. Ils ont signé et annoncé pas mal de contrats avec des grosses boîtes. Et si tu veux, leurs ingénieurs vont, avec toute l'équipe des DSI, etc., voir comment ils vont pouvoir intégrer, distiller de l'IA. Ce que ne fait pas OpenAI, en fait. OpenAI, ils vendent des services un petit peu sur étagère. Et je pense que c'est ça qui est plutôt malin, c'est de personnaliser et de faire de la joaillerie, si tu veux, pour les industries. François : [8:46] Ils font carrément venir des équipes entières, dans les boîtes qui vont rester des semaines et des semaines pour intégrer l'IA, tu vois. Donc, c'est vraiment du sur-mesure. Et ce qui est intéressant aussi, et après, je laisserai la parole à Bruno, c'est qu'ils ont annoncé leur volonté d'être sur tous les maillons de la chaîne de l'IA. C'est-à-dire qu'ils ne font pas que, on va dire, des LLM. Ils veulent avoir des data centers, ils veulent stocker de la donnée, ils veulent avoir du cloud et proposer, si tu veux, une offre autonome et donc souveraine en matière d'IA. Et je trouve que c'est très malin. Ils se démarquent des géants américains. Et autant j'étais un peu dubitatif sur l'avenir de Mistral, mais là je trouve qu'ils ont, Il y a quelque chose. Voilà. Après, on verra si la recette prend ou pas, mais c'est plutôt intéressant. Jérôme : [9:41] Voilà. C'est pour ça que moi, je voulais vraiment avoir votre avis à la fois toi, François, qui étais à cet événement, qui a couvert. Et puis, Bruno, qui voit ça de plus loin, évidemment, avec plus de recul de l'autre côté de l'Atlantique au Canada. Comment est-ce que tu perçois les choses? Bruno : [9:58] Je pense que pour l'histoire de Mistral, le point tournant, ça sera cette semaine. Et exactement pour les raisons sur lesquelles François a mis l'accent, l'idée de maintenant contrôler toute la chaîne pour offrir ses services aux organisations, je pense que c'est ça la clé qui va les différencier de tous les autres et qui va permettre à la France et aussi à tout le reste de l'Europe de se dire, nous avons un acteur qui peut nous servir. Et c'est là où est toute la différence et c'est là où ils n'étaient pas encore. Il fallait qu'ils fassent ce pas-là. Là, c'est fait. Maintenant, comment ils vont y arriver? Est-ce qu'ils vont réussir? Parce que c'est quand même énormément d'investissements, beaucoup d'infrastructures. Il y a un savoir-faire qui n'est pas nécessairement dans la boîte. Je pense au centre de données. Je pense à la fabrication des microprocesseurs. Mais bon, on peut aller acquérir ces ressources-là, mais ça ne se fait pas du jour au lendemain. Mais au moins, il y a une vision. Et souvent, dans ce contexte-là, c'est ça qui manque. Là, vous l'avez. Mais de l'autre côté, il y a d'autres acteurs. Jérôme : [10:55] Et une vision ambitieuse. C'est très ambitieux. Bruno : [10:58] C'est très ambitieux. Oui. Mais tu vois, de l'autre côté, il y a d'autres acteurs aussi qui sont dans le décor. Et je vous parlerai, en fier canadien que je suis, de Cohere, qui est une compagnie qui est là depuis les tout débuts de l'IA, au même moment qu'Enthropic et OpenAI. Jérôme : [11:18] Et qui fait quoi, Bruno? des LLM aussi? Bruno : [11:20] Cohere. C-O-H-E-R-E. Et c'est une entreprise canadienne qui fait exactement ce qu'Anthropic a fait dès le départ, c'est-à-dire miser sur le volet B2B. Et eux, ils se sont lancés là-dedans. Bon, ce qu'on connaît d'Anthropic, c'est leur cloud, mais il y a un gros volet de B2B. Et donc, Cohere, eux se sont dit, on ne va pas aller dans le B2C, on ne va pas servir M. et Mme Tout-le-monde, on s'enligne sur les entreprises. Et eux, maintenant, ils sont partout sur la planète. Le mois dernier, ils ont fait la plus récente acquisition. C'était Aleph Alpha, qui est un acteur allemand, qu'ils ont acheté. Ils ont intégré les équipes là-dedans. et eux sont en train de s'installer un peu partout à travers la planète et c'est l'alternative à un Anthropic ou à un OpenAI. Ils sont en train de s'installer. Ils ont l'oreille des gouvernements, ils ont l'oreille des grandes entreprises et eux, ils lèvent leur drapeau en disant, nous, on est canadiens. Puis vous le savez, si on fait un peu de géopolitique à l'heure actuelle, il y a un énorme rapprochement entre le Canada et l'Europe. Bruno : [12:22] Mistral a intérêt à rouler vite parce qu'il y a Cohere a déjà des pieds, un des pieds qui est en Europe, eux, ils arrivent pour jouer. Puis, ils arrivent pour faire de la business. Donc, Mistral, il n'est pas tout seul à vouloir se positionner là. La différence, c'est que Mistral, il est installé en France, pardon, financé par l'extérieur, mais quand même, il est identifié à la France. Et vous avez des acteurs tiers, je parle de Queer, mais il y en a d'autres aussi dans l'échiquier mondial qui ne sont pas américains, qui ne sont pas chinois, qui vont vouloir aussi aller se positionner dans ce domaine-là. Mais là, Mistral a envoyé un message clair, nous, on s'en va par là. Et moi, je pense que pour vous, c'est une excellente nouvelle. Jérôme : [13:04] Et ça prouve, oui, François, ça prouve qu'il y a vraiment une volonté de créer quand même des alternatives, même si, comme tu l'as dit, ils ne marchent pas exactement sur les mêmes plates-bandes. Mais c'est de dire, non, tout n'est pas forcément aux États-Unis ou en Chine. Bruno : [13:20] Exactement, oui. François : [13:22] Dernière chose, quand on écoute attentivement Arthur Mensch, mais aussi les deux autres cofondateurs de Mistral, il y a quand même quelque chose d'intéressant, c'est l'électricité. Parce qu'on se rend compte aujourd'hui que c'est véritablement le nerf de la guerre, peut-être même plus que la guerre des processeurs, il faut de l'énergie. Et beaucoup, beaucoup, beaucoup d'énergie. Arthur Mensch l'a dit et répété il va falloir avoir un plan, de réindustrialisation de création de sources d'énergie, sans doute le nucléaire, il ne faut pas se voiler la face à la fois en France mais aussi en Europe et ça va coûter beaucoup beaucoup d'argent parce que c'est l'électricité qui est le cœur de tout cela en fait, on n'est pas trop mal en France avec notre politique de décarbonation de l'électricité et notamment l'électricité nucléaire. Jérôme : [14:16] Oui, on a beaucoup d'énergie. On a beaucoup d'électricité avec du surplus. Et elle est bas carbone. C'est ça. Mais elle est inscrite dans... François : [14:25] C'est pas mal. Jérôme : [14:27] Mais elle est inscrite dans un marché européen, etc. François : [14:29] C'est ça qui complexifie un peu les choses. Bruno : [14:31] Mais je vous pose la question, est-ce que Mistral pourrait faire un partenariat avec des gens ou de Airbus ou d'Ariane et de s'envoyer des centres de données dans l'espace? Est-ce qu'ils vont jouer aussi de ce côté-là? Jérôme : [14:43] Je ne sais pas. François : [14:43] C'est une bonne question, ça. Ils n'en ont pas parlé. Jérôme : [14:45] Ils n'en ont pas parlé. Bruno : [14:46] Parce qu'il y a ça. Puis, je vous rappelle que l'Europe est quand même entourée d'une masse d'eau assez importante. Il y a tout le volet de l'énergie qui est générée. Les centres de données qui sont installés dans les océans, ça aussi, c'est quelque chose qui peut être intéressant, qui peut être innovant. Puis, on commence à voir ces formules. Des façons alternatives d'aller chercher l'énergie ou de profiter de l'énergie naturelle. Et j'ai l'impression que s'ils veulent pousser l'enveloppe, ça va être de ce côté-là qu'ils vont faire la différence. François : [15:15] Après, bon, voilà, tout ça coûte beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent. Est-ce que Mistral va avoir les reins assez solides pour pouvoir, eh bien, encore une fois, peut-être avoir de nouvelles levées de fonds ? C'est la question, en fait. C'est la question. Jérôme : [15:30] Et puis, est-ce qu'ils auront le soutien institutionnel et politique ? Est-ce qu'ils sont compris ? Je ne sais pas si vous avez vu, suivi l'intervention d'Arthur Mensch devant la commission d'enquête parlementaire à l'Assemblée nationale. Bruno : [15:47] Où il n'y avait personne ? Jérôme : [15:48] Où il n'y avait personne. C'est tellement significatif. C'était un exposé hyper important, fondamental de la situation, etc. Bien sûr, il défend le point de vue de sa compagnie, mais avec une vision qui était macro, qui était limpide. Il expliquait extrêmement bien les enjeux, l'importance de l'énergie, comme tu le disais, le fait qu'aujourd'hui, la puissance, c'est d'acheter des tokens. Pour faire des tokens, il faut des gigawatts, etc. Et comment était la France par l'Europe par rapport à tout ça ? Et un, il n'y avait personne pour l'écouter, à part trois députés. Et tout ce qui en est ressorti, enfin, moi, je trouve ça scandaleux, cette vidéo de la présidente de la commission d'enquête, qui est donc une députée écologiste, je crois, qui a fait une vidéo pour faire rigoler tout le monde sur le fait qu'il avait parlé de trillions... Au moment où il voulait parler de trilliard, parce que dans sa tête, ça s'est mélangé avec les trillons en anglais, etc. Mais c'était pathétique, je veux dire, de tout ce qui a été exprimé, c'est tout ce qui ressort, c'est qu'il a confondu, pour une erreur de traduction, une confusion entre l'anglais et le français, il a eu l'air de se tromper dans les chiffres. Et on met ça sur le dos d'une stratégie quasiment complotiste qui vise à embrouiller tout le monde, pour embobiner tout le monde, pour faire passer. François : [17:12] Je ne sais pas si vous avez vu. Jérôme : [17:14] C'est complètement fou. François : [17:15] Il y a un député qui a dit oui, mais ce data center que vous allez faire, etc., ça va avoir un impact environnemental. On en est encore là. C'est-à-dire que pour lui, le fait de créer un bâtiment dans des champs, ça va avoir un impact environnemental. Jérôme : [17:30] Ah oui, forcément, tu fais une maison, tu fais une piscine dans ton jardin, ça a un impact environnemental. Alors bien sûr, ce n'est pas la même échelle. François : [17:37] C'est logique. Jérôme : [17:38] Mais qu'est-ce qu'on cherche derrière ? Mais qu'est-ce qu'on cherche derrière ? François : [17:42] Mais tu sais quoi ? Je pense qu'il y a une telle méconnaissance de ce sujet et personne ne prend au sérieux ce sujet-là. Jérôme : [17:47] Personne ne prend au sérieux. François : [17:48] Alors, je ne dis pas, peut-être pas personne, mais en tous les cas, beaucoup trop de personnes ne le prennent pas au sérieux. Et c'est dramatique, c'est dramatique ? Jérôme : [17:56] C'est une faillite, vraiment, et de la part des politiques, c'est fou. Alors ça bouge un peu quand même, il y en a qui se bougent un peu, mais on ramène tout à des luttes idéologiques et on met ça sur le fait que c'est la grande puissance de l'argent des Américains, ce truc, c'est complètement fou. Tiens, je ne sais pas si vous avez vu, alors à l'inverse, un article dans TechCrunch qui vient de sortir, TechCrunch qui est quand même un média américain qui fait un peu autorité en matière de tech, et qui se pose la question, et ça revient à la question initiale que je vous posais, pourquoi Paris pourrait être la ville la plus importante en matière d'intelligence artificielle en dehors de la Silicon Valley ? Ils font tout un papier, notamment sur Mistral. Ils parlent de Mistral et tout. Ils parlent aussi d'VivaTech. Bon, en expliquant qu'à VivaTech, il y a un an à peine, les discussions, c'était essentiellement les chatbots, les assistants virtuels, les expérimentations au grand public, etc. Et aujourd'hui, l'attention se porte sur l'infrastructure, la cybersécurité, le déploiement en entreprise, toutes les réalités complexes de l'intégration de l'IA. Donc, il y aurait quand même une vraie prise de conscience par beaucoup d'entreprises, en tout cas. Bon, alors, il faut relativiser. En lisant l'article, on découvre aussi qu'il y a un partenariat entre VivaTech et TechCrunch. Bruno : [19:16] Merci, Jérôme, d'avoir mentionné. Jérôme : [19:18] Il faut dire les choses comme elles sont. Mais là, c'est un article qui expose le truc et qui est quand même sans doute... C'est des journalistes, ce n'est pas un billet promotionnel. Ça a été fait par des journalistes de TechCrunch. À l'occasion du partenariat avec VivaTech, dont ce sera la 10e édition, eh bien, ils font un peu le point et ils se veulent effectivement très optimistes vis-à-vis de la France et de Paris, ce qui, de toute façon, est bon à prendre en termes d'image. Bruno : [19:42] Vous en avez besoin. C'est ça qu'il faut. Jérôme : [19:44] On en a besoin, exactement. Bon, voilà. Donc, Mistral, go, go, go ! On compte sur eux. Pour l'instant, j'ai l'impression, je trouve qu'ils ne font pas de faux pas. Il me semble. Je ne sais pas ce que tu en penses, François. Pour l'instant, il n'y a pas de... Bruno : [19:57] Ils ne font pas beaucoup de pas. Alors là, je pense qu'ils prennent le temps. Jérôme : [20:01] Peut-être qu'un jour, ils vont se planter sur un truc ou sur un autre. Tu sais ici, une parole de travers, ça peut te briser une carrière. Bruno : [20:09] Oui, mais là, cette semaine, ils ont fait un grand pas. Mais quand je le compare avec le reste de l'industrie, ce ne sont pas les plus bavards, ce ne sont pas les gens qui font les plus grandes annonces. Jérôme : [20:18] Non. Bruno : [20:18] Dans ce contexte-là, ce qu'ils font, ils le font, ils s'y réfléchissent. Et moi, je reviens à ce que François disait. On sent cette semaine qu'il y a une vision qui a été présentée par le grand patron, mais aussi par les cofondateurs. Moi, j'ai écouté l'entrevue que François a fait, la longue entrevue avec un cofondateur. Écoute, c'était probablement pas le meilleur porte-parole pour l'entreprise, mais on apprend quand même cette volonté, où ils veulent aller. Puis moi, je trouve que c'est sain d'avoir… Puis gardez en tête, c'est rare, les entreprises, si je les compare aux autres boîtes, Ils n'ont pas nécessairement plusieurs porte-parole. Mais dans le cas de Mistral, chez vous, il y a le grand patron qui parle sur la scène principale, mais tu as aussi le CTO qui accorde une longue entrevue dans un média. Moi, je trouve ça simple. François : [21:05] Oui. Après, ce qui sera un petit peu le juge de paix, c'est le chiffre d'affaires et l'argent qui va rentrer. C'est le business. Parce que c'est ça aussi qu'il faudra scruter. Est-ce que l'argent va rentrer ? Est-ce que les clients vont être nombreux ? Quel est le business model, en fait ? C'est ça. Jérôme : [21:26] Bien sûr. François : [21:26] Et pour l'instant, voilà, il faudra voir. Jérôme : [21:29] Oui, mais François, tu as raison. Mais regarde, les géants dont on parle, Anthropic, OpenAI, etc., ils ne sont pas vraiment profitables. Enfin, on ne sait pas trop. C'est très obscur. En plus, comme ils préparent leur entrée en bourse, ils ont tendance à gonfler les chiffres. On n'arrive pas à savoir combien coûte exactement l'IA. Quand on paye des petits abonnements à 20 euros ou même 200 euros, on sait que tout ce qu'on fait avec, en réalité, ça coûte 10 fois, 100 fois, 1000 fois plus aux entreprises. Ils sont toujours quand même dans une phase d'investissement. C'est les investisseurs qui payent. Aujourd'hui, c'est les investisseurs qui payent l'IA. Oui, ils ont des revenus, mais Et heureusement aussi qu'ils ont le soutien de tous les fonds de pension et autres, et des investisseurs. Bon, voilà. Bruno : [22:11] Et c'est pour ça que, et puis je reviens sur quelque chose que j'ai vu passer hier, c'est pour ça que l'avenir pour le consommateur, là on ne parle pas des grandes entreprises, mais l'avenir pour les consommateurs, ce seront les petites entreprises, les petits modèles de langage qui seront locaux, qu'on installera sur notre téléphone et qui ne coûteront pas des milliers de tokens parce que tout sera fait à partir de notre téléphone. Jérôme : [22:36] C'est ce que dit Luc Julia depuis longtemps. C'est ce que dit aussi Yann LeCun. Bruno : [22:41] Et d'ailleurs, les gens d'Apple, c'est ceux qui sont en train de travailler. Dans le nouveau Siri, j'ai fait un papier là-dessus. Le nouveau Siri, ça va être quoi? Ça va être des petits LLM qui vont avoir été, pas LLM, mais des modèles de langage qui vont avoir été entraînés par un énorme Gemini qui va leur donner assez d'autonomie pour être capable de rouler sur les nouveaux iPhones. Et puis, à l'occasion, quand la demande sera trop complexe, elle sera envoyée sur les serveurs de Gemini, de Google, puis même à la limite, elle pourrait être traitée par des processeurs de NVIDIA qui seront autorisés par Apple. Mais je suis content de voir qu'Apple a compris que l'avenir, il est aussi dans le local, dans l'IA pour les téléphones, pour les ordinateurs, et c'est là où ça va changer. Et c'est là, le jour où les gens vont comprendre ça et qu'ils vont miser là-dessus, que les fabricants vont endosser cette marche-là, tu peux voir, tu peux penser que malheureusement, ça va faire aussi moins de revenus probablement pour des plus grands, parce que les gens vont comprendre qu'ils peuvent être plus autonomes et que ça coûte moins cher d'utiliser ça sur leur appareil, plutôt que tout le temps relancer un OpenAI ou un cloud ou autre outil sur Internet. Jérôme : [23:57] Très bien. Allez, on passe à la suite. La suite du Grand Débrief, bon, toujours dans des conditions techniques un petit peu précaires, en tout cas pour la vidéo, je m'en excuse. Ça picote et ça brille, ça scintille de tous les côtés, on fera mieux la prochaine fois, mais normalement le son est bon. Jérôme : [24:19] Autre événement ce mois-ci, on va remonter un petit peu plus tôt dans le mois, c'était le 19 mai exactement et c'était en Californie. La grand messe annuelle de Google, la fameuse Google I/O avec cette année, plus que jamais, à l'honneur de l'IA et même des agents IA, des agents partout. On en a beaucoup parlé les uns et les autres, chacun dans nos médias. Avec un petit peu de recul, j'avais envie qu'on y revienne quand même parce que c'est quand même assez important comme événement du mois de mai, sachant qu'en plus, en juin, il y aura le pendant côté Apple. Donc, je vous pose là encore une question très solennellement. Google est-il en train de reprendre la main dans la grande bataille de l'intelligence artificielle, et surtout, qu'est-ce que ça va changer pour nous, utilisateurs, et au-delà même, pour l'écosystème numérique. Est-ce qu'ils ne sont pas en train de secouer un peu le cocotier, y compris au point de faire du mal à certains qui risquent de se prendre des noix de coco sur la tête ? Qu'en pensez-vous, les amis ? C'est une belle image, non ? François : [25:20] Une question très tropicale. Bruno, je te laisse avec les noix de coco. Bruno : [25:23] Oui, j'en prends une et je t'offre l'autre, François. François : [25:26] Vas-y. Jérôme : [25:26] C'est gentil. Bruno : [25:27] Je suis comme ça. Moi, oui. La réponse est oui. Oui, parce qu'ils ont, depuis janvier, ils ont pris une avance sur la compétition. Je pense que le plus beau symbole de ça, C'est le jour où Apple a annoncé officiellement que c'est Google qui allait créer la nouvelle génération de Siri. Je pense qu'on venait de couronner le champion. Ça, c'est une chose. De l'autre côté, au niveau des services, ce qui a été longuement présenté lors de leur messe en Californie, c'est de voir l'ultime intégration de tous ces agents IA dans notre environnement, que ce soit en ligne, que ce soit en téléphone, puis même à quelque part aussi sur notre ordinateur. Mais ce qui remet le fondement même de leur business, parce qu'au départ, Google, c'est un moteur de recherche. Et là, il est tellement en train d'amener de l'IA qui traite l'information avant de la fournir aux demandeurs, aux requérants, que là, on est en train de changer l'expérience. Et il y a même une réaction. Vous avez probablement remarqué, il y a eu des téléchargements du fureteur, par exemple, DuckDuckGo, qui, à certaines journées, ont monté à 70 % de ce qu'était d'habitude. Jérôme : [26:49] Oui, DuckDuckGo, c'est concurrent, en fait. C'est un concurrent de Google. Bruno : [26:51] Exactement, qui, lui, est basé sur la confidentialité. François : [26:54] La vie privée, etc. Bruno : [26:55] Oui, mais c'est pour vous montrer, les gens sont tellement bousculés dans leur utilisation de bons vieux outils qui sont là depuis longtemps, que là, ils se disent, je ne veux pas que ça change trop. Puis, pour quelqu'un qui est hyper consommateur de ce genre de trucs-là, et dans l'environnement de Google, je me dis, non, mais où ça va finir? Moi, ça fait un an que j'ai donné toutes les clés de ma vie à Google à partir de mon téléphone. La vie est merveilleuse. Je me dis, mais qu'est-ce qu'ils veulent me rajouter de plus? Jérôme : [27:27] Oui. François : [27:28] Même les sous-vêtements de Bruno sont à Google. Bruno : [27:31] Oui, ils sont branchés maintenant. François : [27:32] Ils savent tout sur lui. C'est terrible. Jérôme : [27:36] En plus, nous, on est vieux. On se dit, de toute façon, on s'en fout. Faites ce que vous voulez avec notre vie privée. Non, je plaisante. Mais oui, tu as donné les clés, c'est-à-dire que le moteur Gemini sait tout de toi et peut faire plein de choses à partir de tout ce qu'il sait de toi. C'est ça. Y compris pour le travail, mais aussi pour ta vie personnelle. Bruno : [27:59] C'est lui qui gère depuis des mois mes communications téléphoniques. D'ailleurs, c'est drôle, je n'ai jamais été aussi peu embêté par personne parce qu'il répond toujours au téléphone à ma place et il fait un tri pour savoir ce que je veux, je ne veux pas. À la fin de la journée ou des fois, 48 heures plus tard, je disais, ah, quand même, il y a telle personne, telle personne qui m'ont téléphoné, mais bon, je ne voulais pas leur parler, alors c'est pas ça que moi. Jérôme : [28:21] Ça tombe bien, oui. François : [28:21] Il ne faut pas t'appeler si on est dans une situation d'urgence. Exactement. Jérôme : [28:26] Non, parce que l'urgence, justement, ce sera trié, non? Tu le vois. François : [28:32] Encore faut-il avoir confiance au tri de Gemini. Bruno : [28:35] Jusqu'à maintenant, ils ne se sont pas trompés. François : [28:37] Si tu fais une crise cardiaque. Bruno : [28:40] Je ne te plaît. François : [28:41] Dépêche-toi. Jérôme : [28:41] Laissez un message. Bruno : [28:42] J'ai pas lu dans les chroniques nécrologiques que quelqu'un était mort en essayant de me rejoindre. C'est déjà une bonne nouvelle. Mais de l'autre côté, c'est la même chose pour les courriels. Les courriels, maintenant, moi, ça fait longtemps, le courrier électronique, pour ceux qui ne connaissent pas le mot courriel. Jérôme : [28:56] Les e-mails avec C'est... Bruno : [28:59] Oui, ça fait des mois que Gemini passe à travers mon courriel, gère, me fait des résumés de conversation. Maintenant, j'ai pris une habitude. Quand ça fait presque une relation épistolaire, quand vous avez fait une dizaine de courriels de va-et-vient, moi, je regarde juste le résumé pour savoir, ah oui, c'était de ça dont on parlait à la genèse. Et puis après, j'embarque tout de suite dans la dernière réponse. Et c'est là où ça facilite la vie quand on décide de lui céder les clés de sa vie. Mais ça, c'est un pas, c'est de franchir le Rubicon. Et ça, je pense que ce n'est pas tout le monde qui est prêt à le bac. François : [29:37] Non, et puis en plus, toi, tu as un profil taillé pour ça. Bruno : [29:41] Oui, j'ai un bon profil, oui. François : [29:43] Voilà, tu as un très bon profil. Les deux, d'ailleurs. Bruno : [29:45] Merci. François : [29:45] Le droit et le gauche sont parfaits. Bruno : [29:46] Comme ça, c'est bon. François : [29:48] C'est tellement beau. Bruno : [29:49] Parfait. Jérôme : [29:49] Vous êtes bête, hein? Oui, monsieur, et on en est fiers et on l'assume et on l'assume François ça t'a bouleversifié t'as une noix de coco à toi ? Ne parlez pas ensemble. François : [30:03] Pas ensemble les amis s'il vous plaît pardon vous avez dit quoi monsieur. Jérôme : [30:07] Et nous disions, et toi, ta noix de coco, est-ce que les annonces Google t'ont bouleversifié ? François : [30:13] Oui, oui, oui. Alors, il y avait beaucoup d'annonces, beaucoup, beaucoup d'annonces. Ça, c'était pour la forme. Après, oui, bien sûr, plein de choses intéressantes. Le search qui est boosté à l'IA. Il y avait aussi cet outil qui détecte les fake videos. Je ne sais pas si vous avez vu ça, si vous avez suivi, qui est très intéressant. Parce qu'il va falloir quand même trouver une solution un jour à toutes ces vidéos générées par l'IA et qui ne sont pas marquées comme telles. Et visiblement, Google travaille là-dessus. Il y a eu cette annonce aussi, alors qu'il y a un peu plus hardware, un peu plus sexy des lunettes avec Samsung. Ça, c'est intéressant de voir que, officiellement, Google rentre dans la danse et sans doute à la fin de l'année, avant la fin de l'année, sortira une ou deux paires de lunettes avec des partenaires aussi stylistiques de lunettes. Parce qu'il faut la tech, mais après il faut aussi des montures plutôt jolies, donc ça c'est intéressant d'autant que bon, avec Samsung ils ne prennent pas trop de risques, c'est quand même un très bon partenaire, et donc oui il y avait plein de choses intéressantes après, moi je me méfie, de toutes ces technologies parce que moi je ne vais pas aussi loin que Bruno, tu vois dans l'utilisation de l'IA, je n'ai pas encore véritablement confiance, je travaille encore un peu à l'ancienne Je me sers de tous ces outils, mais de manière assez méfiante, on va dire. Jérôme : [31:41] Mais les agents, tu n'y es pas encore. Bruno : [31:45] Mais un jour, non. Jérôme : [31:47] Moi non plus. Moi, j'avoue que les agents, je... Mais ce n'est pas de la réticence, c'est un peu du manque de temps, parce que j'ai plein d'envie, mais on ne sait pas trop par quel bout prendre le problème. Il faut du temps, visiblement, pour implémenter des solutions qui valent le coup, notamment au point de vue boulot. Et on sait qu'à l'arrivée, le résultat n'est pas forcément là. Moi, j'ai essayé de faire des choses, d'automatiser, certains trucs pour mon podcast, etc. Mais je me suis vite heurté aux limites du système, des trucs tout bêtes, mais uploader, downloader un fichier, il a du mal à le faire, etc. Bref. Bruno, tu voulais dire quelque chose ? Bruno : [32:27] Non, non, non, non. Tu parles de ton fichier et des outils d'automatisation. Dans ce contexte-là, je pense qu'il y a encore avantage à travailler avec des professionnels. Moi, c'est ce que j'ai fait. Jérôme : [32:37] Pour l'instant, on a encore besoin des humains. Bruno : [32:40] Oui, oui, tout à fait. Regarde mon projet des 10 versions de 120 secondes de tête. Jérôme : [32:45] Ah oui, ça, c'est génial. Bruno : [32:45] Tout seul, je n'aurais pas été capable de le faire. François : [32:48] Non, non, non, c'est sûr. Bruno : [32:48] Mais avec une boîte à ProductivIA, pour ne pas les nommer, ces gens-là, ça a pris deux semaines, mais c'est presque un truc clé en main. C'est un truc clé en main qu'ils m'ont développé. Et là, toute la chaîne de production, j'ai déposé l'enregistrement de mon bulletin de nouvelles du jour, que la voix, même pas le billage, que la voix, et ils me produisent dix versions aussi bonnes que si moi, je les avais faites dans chacune des langues en faisant le montage de chaque émission. C'est bluffant. Puis avec une validation de la qualité comparative à la version originale, c'est bluffant. Mais jamais, personnellement, je serais arrivé à faire quelque chose comme ça. J'avais besoin d'humains qui connaissent la boîte et qui savent faire et programmer. Jérôme : [33:32] C'est super. Tu as une IA qui traduit, qui te double. On dirait que c'est toi qui parle japonais, qui parle arabe, qui parle tout ça. Et tu as une autre IA qui vient derrière et qui évalue la qualité de la traduction et du doublage. Bruno : [33:44] Exactement. basé sur le texte original français. Il ne fait que ça, cet agent IA-là. Il y en a cinq qui travaillent en symbiose pour arriver à produire ces bulletins-là. Mais c'est fascinant de les voir aller. Et puis ça, vous le savez, un agent IA, c'est une fraction de seconde pour faire des gestes. Alors, en dix minutes, tu as dix bulletins de nouvelles qui sont faits. Il faut le faire. François : [34:05] Version marseillaise, ça, ça n'a pas besoin de l'IA pour le faire. Bruno : [34:08] Non, là, je peux le faire tout seul. Il n'y a pas de problème ! Jérôme : [34:14] Ah, ça, ça vaut 10 000 dollars ! François : [34:16] Ah, moi, ça, ça vaut ! Jérôme : [34:17] Le Québécois avec l'accent marseillais. François : [34:19] Notre ami québécois qui fait l'accent marseillais, ça, je peux vous dire que ça vaut... Ça vaut son poids de cacahuètes. Bruno : [34:25] Je peux te parler de Mistral des heures et des heures. Jérôme : [34:31] On dirait... François : [34:31] Oh, mon Dieu ! Jérôme : [34:32] C'était comment la série, là ? Une série qui se passe à Marseille avec... Ah, zut ! C'est des Parisiens qui essayent d'avoir l'accent de Marseille et c'est un carnage. Ils se sont fait tuer par les Marseillais. François : [34:47] Bon, c'est la nuit au Québec, donc ils s'en foutent. Jérôme : [34:49] Oui, ils s'en foutent. Les Marseillais ne t'atteindront pas. Merci. Bon, écoutez. François : [34:55] Mais le jour où tu vas à Marseille, parle normalement. Voilà, c'est ça la question. Tu vois, c'est pas à peine que tu prennes l'accent marseillais. Bruno : [35:00] Non, non, ils comprennent très bien l'accent québécois. Merci. Jérôme : [35:04] François, tu avais suggéré qu'on dise un mot, c'est un peu dans la même veine d'Amazon et d'Alexa+. François : [35:10] Oui, juste un petit mot, parce que c'est la conf' actu aussi de cette semaine. Et je trouve que c'est très intéressant parce que là, on passe véritablement à un usage de l'IA générative massif pour des millions de gens. Alors, il y avait déjà ChatGPT, mais ChatGPT, il fallait quand même, malgré tout, s'y mettre, etc. Bon, il y a plein de gens qui le font, mais là, il y a énormément d'utilisateurs qui ont Alexa et qui vont se retrouver avec un Alexa qui va devenir beaucoup plus intelligent, beaucoup plus intelligent, qui va pouvoir réserver ta table de resto. Ça, c'est cool quand même, sans être obligé de prendre ton téléphone. Peut-être demain, commander ton Uber. Attends, imagine, tu dis à Alexa, commande-moi un Uber pour aller à Gare de Lyon. Ça te prend cinq secondes, alors que sur ton téléphone, tu vois, Enfin, je veux dire, il y a vraiment un truc intéressant. Et puis, toujours avec cette couche IoT qui, moi, me plaît, qui n'y a pas chez OpenAI et qui n'y a pas, alors que Gemini et que Google a, bien sûr. Mais en tout cas, le fait de pouvoir aussi commander toute ta maison avec cette intelligence de créer des phrases, des scénarios dans un langage naturel, moi, je trouve ça top. Jérôme : [36:25] Ça, c'est super. François : [36:25] Et on se rapproche. Et tu sais quoi ? On parle beaucoup de robotics. ça va être un peu comme si on avait un robot à la maison et je trouve ça très intéressant, il me tarde de pouvoir le tester, et de voir ce que ça donne, si la promesse est tenue parce que il y avait un truc qui m'embêtait lors de leur démo c'est qu'il y avait énormément de latence je ne sais pas si vous avez remarqué ça, mais tu vois, tu commandes tu réserves une table, tu as 5 secondes entre chaque requête c'est un peu bon quand même parce que derrière ils. Jérôme : [36:56] Mettent en branle plein de choses avant tu avais un outil qui te répondait là ça fait fonctionner plein de trucs derrière. François : [37:02] Oui parce que là ta table il faut qu'ils appellent TheFork que l'API TheFork réponde qu'ils voient s'il y a une disponibilité de table qu'ils valident etc mais bon tout ça va être optimisé j'en suis sûr. Bruno : [37:15] Et la bonne nouvelle là-dedans, c'est de voir la localisation du produit. Et d'ailleurs, nous, du côté de l'Atlantique au Canada, on attend toujours la version canadienne-française. Jérôme : [37:28] C'est fou ça. Bruno : [37:30] Oui, et ça, ça va arriver très bientôt, c'est ce qu'on me dit chez Amazon, mais je vous envie, parce que d'être rendu là avec Alexa, d'avoir quelque chose qui est déjà plus intéressant au niveau de l'expérience utilisateur, ça, ça va aider des gens. Puis, tu sais, François, là, je comprends l'idée de latence, mais imagine dans l'expérience où de plus en plus de gens utilisent ce type d'outil-là, même dans sa version précédente, pour briser l'isolement. Il y a des gens d'un âge certain qui n'ont plus de visite nécessairement de leur amie, de leur enfant, puis ils se retrouvaient avec cette bidule-là, puis ils avaient des conversations avec. Mais on s'entend, ça n'a rien à voir avec la conversation qu'ils pourront avoir aujourd'hui avec un outil comme ça, puis ils pourront vraiment avoir une conversation. Et ça, moi, je trouve ça pertinent, même d'un niveau de santé sociale. François : [38:21] Non, mais c'est vrai, ça peut être un outil contre la solitude. Jérôme : [38:24] C'est intéressant parce que là, vous positivez quelque chose qui, jusqu'à présent, a toujours été négativé ou négativisé. C'est-à-dire qu'au contraire, le discours consistait à dire attention et à mettre en garde contre le fait de parler à une IA comme si elle était humaine, de faire trop d'anthropomorphisme, de trop se confier, du coup, de se retrouver trop dépendant. Le discours est beaucoup sur, attention, c'est qu'une machine. Et toi, Bruno, mais moi, je trouve que c'est intéressant, ce point de vue, parce que il est beaucoup plus réaliste, en réalité. C'est de dire, mais non, mais OK, il y a peut-être des petits risques de confusion et autres, mais ça peut être un vrai support émotionnel, voire psychologique, etc. Notamment pour des gens qui ont des situations de solitude, qui sont réelles. Bruno : [39:15] Et on parle probablement de centaines de milliers, sinon de millions, juste en France, de gens qui se retrouvent seuls à passer ou à écouter de la radio ou à écouter de la télé. Mais on s'entend, ces médias-là, c'est toujours d'un seul sens. C'est eux qui nous envoient de l'information. Là, ils se retrouvent avec un appareil qu'on peut leur laisser et avec lequel ils peuvent avoir, aujourd'hui, ils peuvent avoir une discussion de ce qui n'existait pas auparavant. Moi, je trouve ça génial. Parler à personne et parler à une machine, pour bien des gens, ça va faire toute une différence. François : [39:47] Le meilleur pour ça, à mon avis, c'est ChatGPT Voice. Vraiment, qui est impressionnant. Bruno : [39:51] Tout à fait, t'as raison. François : [39:53] Mais Alexa+, c'est vrai, peut avoir ce rôle, parce qu'en plus, il y a cette enceinte qui a été conçue pour. Jérôme : [39:58] Ben oui. François : [39:59] La bonne nouvelle, c'est qu'aussi, les vieilles enceintes fonctionneront avec Alexa+. Ça, c'est plutôt cool. Il suffit d'avoir un abonnement Prime pour que ça fonctionne. Alors, je dis « il suffit », parce que finalement, quand tu vois que tout ce que peut t'apporter Prime, c'est plutôt une bonne affaire. Franchement, notamment en France, où ça ne coûte pas encore très, très cher. Mais tu sais, ça me fait rire ce que tu dis, Jérôme, t'as raison il y a plein de gens qui vont dire oui, est-ce que c'est pas triste de parler à une machine mais est-ce que c'est pas triste finalement de ne pas parler, parce que c'est le problème le problème c'est que c'est bien beau de dire ça mais, ces personnes, souvent, les personnes âgées sont seules et c'est mieux que rien, c'est pas l'idéal je suis d'accord, l'idéal ça serait d'avoir quelqu'un avec eux, etc. Et peut-être qu'ils auront cette chance d'avoir quelqu'un avec eux une ou deux heures par jour. Mais le reste du temps, D'avoir un assistant qui va pouvoir répondre à tes questions, qui va pouvoir partager les mêmes passions que toi, parce qu'il y a ça aussi, te cultiver, détecter aussi des maladies sous-jacentes. Jérôme : [41:01] Oui, il y a ça aussi. Et puis, t'envoyer de la musique, etc. François : [41:06] Moi, je suis persuadé qu'avec toute cette data que ces IA vont pouvoir récolter, on va pouvoir détecter des maladies, notamment des maladies neurodégénératives, simplement avec le temps, quand la personne discutera, tu vois. Et donc, il y a plein de trucs hyper intéressants. Bruno : [41:25] Et François, tu as raison, parce que je pense qu'il y a un mois ou deux, je faisais une entrevue dans mon carnet avec justement une entreprise québécoise qui est en train de créer des outils comme ça et qui permet, c'est une petite borne qui est là. Et bon, ils n'avaient pas Alexa Plus. Là, ils sont branchés sur Anthropic ou OpenAI au niveau du LLM qu'ils utilisent. Mais c'est ce que c'est. C'est un appareil qui est là pour avoir une conversation avec la personne, mais aussi engranger de l'information au niveau de l'éloquence de la personne, de la présence d'esprit de la personne. Et à un moment donné, quand il y a des changements, puis ça, c'est un choix que les gens peuvent faire, c'est de dire, bien, alerter des proches. Si vous remarquez des changements dans son comportement, des absences dans son comportement, il est possible d'aviser. Et ça, c'est dans les résidences de personnes âgées. Ils sont en train d'équiper ça et ça permet d'avoir un surplus de services et de supervision des gens, dans certains cas, où ils acceptent de le faire. François : [42:22] Et dernière chose, si je puis me permettre, je trouve que là, toutes ces compagnies qui ont déjà un écosystème avec du hardware et des enceintes ont une avance incroyable sur les autres. Je pense notamment à OpenAI. OpenAI a sans doute l'assistant vocal le plus efficace, mais le problème, c'est que tu ne peux pas t'en servir. Ou alors, il faut que tu prennes ton téléphone, que tu appuies sur un bouton. C'est impossible. Et je pense qu'OpenAI devrait sortir aussi l'enceinte comme ça. Bruno : [42:50] Mais ce qui s'est servi ? François : [42:52] Ouais, ça vient, mais tu vois, ils nous font patienter avec leur smartphone, IA, etc. Mais ils devraient sortir déjà une enceinte toute simple, connectée à ChatGPT. Parce que, Ça serait une porte d'entrée sur plein de choses qui seraient intéressantes. Bruno : [43:10] Tu es un visionnaire, mais j'ai l'impression que c'est ça qu'ils vont nous annoncer en plus de leur téléphone. Jérôme : [43:14] Oui, mais il faudrait qu'ils l'annoncent vite. François : [43:16] Tu vois. Parce qu'Apple est en train de se préparer avec un Siri intelligent. Il y a déjà Google Home qui est passé à Gemini. Il y a Alexa, tu vois. Il commence à avoir du monde. Jérôme : [43:26] Mais tu sais, François, ce que tu dis, le fait que ce soit tellement facile à utiliser, etc., moi, ça me rappelle ce que nous vous expliquiez il y a de longues années déjà. Tu sais, Rafik Smati, qui... Non pas Rafik Smati, pardon, je salue Rafik au passage, mais ce n'était pas lui, c'était Raphaël Adjian, Raphaël Adjian, qui nous disait... François : [43:45] Oui, Raphaël Adjian. Jérôme : [43:47] Internet va devenir pervasif, et l'IA va devenir pervasive. Ça veut dire qu'elle est partout à la fois. Et c'est vrai, moi j'ai des Alexa quasiment dans toutes les pièces de la maison. Du coup, quand je dis Alexa, il y en a toujours un qui va me répondre. Donc je ne me soucie plus de savoir où je dois être ou sur quel bouton je dois appuyer pour communiquer. Elle est là, comme quelqu'un. Alors, si je suis un peu loin, évidemment, il faudra peut-être que je parle un peu plus fort, mais comme quelqu'un, tu vois, qui est dans une autre pièce de la maison. Donc, il y a ce côté pervasif qui est super important et tu as raison de le souligner, François. Et après, sur l'analyse, juste un mot, et sur l'analyse de la voie, l'analyse des pathologies, moi, j'ai interviewé il y a quelques temps une startup que tu connais peut-être qui s'appelle Callyope et qui a développé un système qui permet justement, de diagnostiquer des pathologies mentales, de la dépression principalement, mais aussi d'autres choses, uniquement par l'analyse de la voix, la manière dont on parle, la manière de moduler les mots, comment les mots sortent de la gorge, de machin, etc. Juste comme ça, c'est une IA qui peut dire si cette personne est soit réellement dépressive, soit il y a un terrain dépressif, etc. Donc, c'est exactement ce que tu dis. ces technos existent déjà en fait. François : [45:05] Mais on ne se rend pas compte de la puissance de tout ça, parce que même en situation d'urgence, imagine une personne âgée se sent mal, etc. Alexa, je me sens mal, appelle les pompiers. Tu vois, c'est tellement plus simple que d'appuyer sur un bouton. Jérôme : [45:20] Prendre un téléphone. François : [45:21] Tu vois, je veux dire, et même demain, je suis persuadé que ces IA détecteront les chutes simplement avec les micros ou avec des capteurs. Enfin, il y a plein de trucs. Et ça, vivement que ça arrive, vivement que ça arrive, parce que ça va permettre à plein de personnes de rester le plus longtemps possible chez eux avec un minimum d'assistance, tu vois. Et c'est passionnant. Jérôme : [45:48] Bon, alors, on est là à chanter les louanges de l'IA parce qu'on est, nous, un peu techno-addict. Mais est-ce que vous entendez, les amis, cette petite musique, cette petite musique inquiétante, je dirais, de la contestation qui commence à monter autour de nous et sur le thème de l'intelligence artificielle ? Alors, ça se manifeste de différentes manières. Aux États-Unis, il commence à y avoir des manifs anti-IA. Il y a eu une prise de parole d'Eric Schmidt, l'ancien patron de Google, dans une université qui a été huée par des étudiants lorsqu'il a prononcé le mot Artificial Intelligence. Il y a des manifestations plus ou moins actives, ou en tout cas des mouvements, des pétitions, etc., en Europe, à Berlin, je crois qu'il y en a eu en France aussi, contre les implantations de data center, pour notamment les raisons qu'on exposait tout à l'heure. Jérôme : [46:40] Et puis, je dirais, alors on ne va peut-être pas tout mettre sur le même plan, Mais il y a eu ce mois-ci la fameuse encyclique du pape sur l'intelligence artificielle qui expose de manière très large tous les risques de dérive, les risques de danger pour l'humanité de l'IA. Donc, tout ça entre un peu en résonance. Bref, moi, j'ai l'impression qu'il y a une espèce de début de vague anti-IA. Ce n'est pas encore un tsunami. Mais est-ce que ça ne va pas ? Est-ce que ça ne risque pas d'aller plus loin ? Et comment expliquer ce phénomène ? Est-ce que ça vous parle ? Est-ce que vous avez senti ce truc-là ? François, Bruno ? François : [47:19] Moi, je pense qu'il y a deux choses. Il y a les réfracteurs aux nouvelles technologies. Ils ont toujours existé. Rappelle-toi, Jérôme, il y a 25 ans, quand les smartphones étaient arrivés, moi, j'avais des copains qui disaient « moi, jamais je n'ai un smartphone ». Jérôme : [47:35] Exactement. François : [47:35] Tu n'arrivais pas à les joindre sur les téléphones portables ? Ils n'en voulaient pas. Ils n'en voulaient pas de téléphones portables. Et puis, six mois après, c'était les premiers envoyés d'SMS. Jérôme : [47:44] Exactement. François : [47:44] Ça. Non, mais c'est vrai. C'est tout à fait vrai. Jérôme : [47:47] Il faut le dire. François : [47:47] Rappelle-toi aussi les réfractaires au paiement sur Internet. Pendant des années, il y a plein de gens qui disaient « Moi, ma carte bleue, jamais je la mettrai sur Internet, parce que j'ai tellement peur. » Et puis, paf, tu vois, aujourd'hui... Et donc, il y a cette première partie, si tu veux, des réfractaires qui, d'une manière, on va dire presque compulsive, sont contre l'innovation. Ça me fait penser aussi au taxi robot à San Francisco au début il y avait une vague de mécontentement des gens qui jetaient des cônes, devant les voitures pour qu'elles s'arrêtent et puis même je crois qu'il y en a qui ont reçu des pierres ça allait un peu loin et puis finalement maintenant tout est rentré dans l'ordre et je suis persuadé que les mecs qui jetaient des cônes maintenant c'est les premiers à avoir l'appli Waymo pour prendre un robot taxi, ça c'est la première partie puis après je pense qu'il y a une deuxième partie, des gens qui se disent cette IA va piquer mon job. Et là, on peut les comprendre. Enfin, moi, je trouve que là, c'est beaucoup plus compréhensible. François : [48:56] Comme réflexion, parce que tu te dis, il est peut-être encore temps d'arrêter, en fait, cet emballement sur l'IA avant que ça fasse exploser notre système social, si tu veux, et notre société, et même notre civilisation. Donc, ceux-là, je les comprends un peu mieux. Je ne suis pas persuadé que le fait de manifester soit la meilleure solution. Moi, je pars du principe qu'il vaut mieux essayer d'embrasser ces technologies pour mieux les maîtriser et mieux les dompter pour que, justement, tu puisses en sortir grandi et à la limite encore plus nécessaire dans l'organisation de ton travail. Mais ça se comprend, on peut comprendre parce qu'il y a plein de gens qui, nous on est dedans, etc. On peut comprendre qu'il y ait des gens qui soient un peu stressés par ça. Bruno : [49:44] Tu parlais de deux catégories François, moi j'en rajoute une troisième, il y a les gens qui sont de l'école de pas dans ma cour, et là Jérôme tu mentionnais les centres de données, ça fait quelques mois, pour ne pas dire un an qu'on commence à voir aux États-Unis la contestation maintenant quand il y a des projets qui sont amenés dans les municipalités pour avoir la création d'un centre de données. Les gens ont vu ce qui s'est passé en Arizona, les gens ont vu ce qui s'est passé au Texas, où l'eau potable, elle disparaît parce qu'ils la siphonnent pour refroidir leur système. Et puis, l'électricité, la facture est partagée avec la collectivité pour arriver à payer l'énergie que ça prend pour faire rouler ça. Et puis, le pire, c'est que ça ne crée pas nécessairement toujours de l'emploi, parce que les boulots qui sont demandés pour monter ces centres de données-là, des électriciens, des plombiers, Ça ne court pas les rues dans des petites municipalités. Il y en a un, il y en a deux, il y en a trois, mais il n'y en a pas une cinquantaine ou une centaine comme ils vont en avoir besoin pour monter des grands centres de données. Donc, il y a cette contestation-là qui est là pour, en disant, oui, je n'ai rien contre l'IA, mais venez pas installer ça chez nous. Et ça, je le vois souvent, ça. François : [50:52] Oui, mais ça a toujours existé. Bruno : [50:53] Oui, tout à fait. François : [50:54] En France, on a connu ça avec les centres Amazon. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais il y avait... Bruno : [50:58] Même les centrales nucléaires. François : [51:00] Même les centrales nucléaires. Je trouve que tu as raison, mais ça rejoint un peu ma première catégorie. C'est-à-dire que c'est vraiment des gens qui sont contre l'innovation, d'une manière... Voilà, qui ont peur aussi peut-être de ces changements, tu vois. Mais oui, il y a aussi l'aspect environnemental. Tu as raison. Jérôme : [51:18] Je pense qu'il y a des choses très concrètes. Ce que tu dis sur les data centers, On comprend les inquiétudes, mais on sait aussi que c'est des choses qui pourront être solutionnées. C'est peut-être parce que tout s'est fait de manière un peu débridée. C'est les États-Unis, etc. Bon, il y a moyen d'encadrer un peu tout ça. Sur l'énergie, on en parlait en début d'émission. Bien sûr qu'il va falloir trouver d'autres sources d'énergie. Il ne faut pas faire n'importe quoi. au début des cryptos en Chine, il y avait des villages qui se retrouvaient privés d'eau parce que, ou je ne sais plus quoi, enfin, c'était dramatique parce qu'on installait des fermes de minage de bitcoin et ça pompait pareil, l'eau, l'énergie, etc. Bon, Tout ça, tu peux encadrer... François : [51:56] Mais ça, bon, c'est des cas extrêmes. Heureusement qu'il n'y en a pas... Ça ne court pas les rues. Jérôme : [52:00] Tu vois. Ça, on ne connaît pas vraiment ça en France et en Europe parce que, justement, chez nous, c'est beaucoup plus réglementé. Il n'y a pas beaucoup de data center non plus. Mais après, le syndrome que tu évoquais, Bruno, le pas dans ma cour, ça veut dire... C'est aussi comme les gens qui disent... Ah, mais tu sais, dans les villages... Ah, mais nous, on n'a pas de réseau. Monsieur l'opérateur, faites quelque chose. On ne veut pas être une zone blanche. OK, on va vous mettre une antenne. Ah non, pas d'antenne. Non, non, non, ça vous met. Ah bon, mais oh mec, tu veux quoi ? Tu veux de l'IA ? Tu veux basculer dans le 21e siècle ? Tu veux pouvoir profiter de tout ce que ça va t'apporter ? Même si pour l'instant, tu ne ouvres pas encore trop ? Oui, il y a peut-être un prix à payer. Alors bien sûr, quand tu habites à côté du data center, tu ne vois pas les choses de la même manière. Bon, ça, c'est des choses concrètes. Après, il y a une deuxième sur les interrogations par rapport à l'emploi et par rapport à tout ce que ça pourrait déstabiliser dans la société, ce que tu évoquais, François. Là, c'est quand même encore beaucoup plus vague. On ne sait pas trop où on va. Et moi, la question que je pose, et que je posais pas plus tard que ce week-end dans Monde Numérique, j'ai fait un petit édito pour dire aussi que la faute, c'est peut-être celle des grands. Jérôme : [53:06] Décisionnaires et justement des grandes entreprises d'intelligence artificielle. Et je pense très clairement à des gens comme Elon Musk, Sam Altman, Dario Amodei, qui depuis des mois, voire des années, agitent le chiffon rouge en disant, mais l'IA, vous ne vous rendez pas compte, ça peut être le diable, l'IA, ça peut être la fin de l'humanité, ça va prendre votre travail. Ils font peur. Pourquoi ils font peur ? Parce qu'il y a un business de la peur. C'est un argument marketing pour frapper les esprits, attirer les investisseurs, malgré tout. Et puis aussi pour peut-être attirer l'attention de l'État pour qu'il y ait de la réglementation afin de brider les autres, les concurrents qui vont trop vite. Parce qu'ils sont dans une espèce de train où ils sont obligés tous d'aller de plus en plus vite. Donc si personne siffle à la fin de la récré, eh bien ça va continuer comme ça. Mais à force d'avoir fait ça, c'est eux aussi qui ont instillé cette peur. Et alors moi j'en parle ce week-end parce qu'il y a un truc qui m'a frappé, là c'est un entrepreneur américain qui a fait un poste qui s'appelle « J'accuse », en reprenant l'image du billet de l'article d'Émile Zola à propos de l'affaire Dreyfus, « J'accuse la Silicon Valley d'avoir bousillé le rêve de l'intelligence artificielle ». Et je trouve que ce point de vue est assez intéressant. Ils sont en partie responsables, ces gens-là. François : [54:24] Mais tu as vu que, alors c'est intéressant parce que la plupart des personnalités de l'IA que tu citais sont revenus un petit peu sur leur point de vue. Jérôme : [54:33] Eh bien voilà, exactement, comme par hasard. François : [54:35] Que ce soit Dario Amodei, Sam Altman aussi, et puis même Arthur Mensch, qui, il y a quelques mois de cela, disait effectivement, on peut s'attendre quand même à une chute vertigineuse des emplois à cause de l'IA, et qui, là, revient sur ses propos en disant, finalement, on s'est peut-être un peu trop emballés et l'IA ne va pas être aussi destructrice, en tout cas, pas tout de suite, d'emplois. Donc, tu vois, en fait, on est tellement sur un truc nouveau que personne ne dit tout et n'importe quoi. Jérôme : [55:06] Oui, mais je pense que ça apporte de l'eau à mon moulin parce que ça prouve aussi que c'est peut-être une prise de conscience du fait qu'ils sont allés trop loin et que ça peut se retourner contre eux, cette espèce de discours de peur. François : [55:16] Oui, il y a aussi cette prise de conscience. Il y a cette prise de conscience aussi de se dire qui sont en train de se tirer une balle dans le pied en disant, en accusant l'IA de tous les maux. Jérôme : [55:23] Bien sûr ! François : [55:24] D'un coup, j'ai l'impression qu'ils sont un peu plus intelligents en se disant « On va calmer le jeu, on va arrêter d'être anxiogène avec ce truc-là, on verra bien ce qui va se passer. » Voilà, tu vois. Jérôme : [55:34] Évidemment ! François : [55:36] Comme si tu disais, le monsieur de Danette disait, « Ouais, bon, écoutez, n'en mangez pas plus d'un pot par mois parce que vous allez grossir. Jérôme : [55:42] Tu vois. François : [55:43] Il ne dira jamais ça. » Il devrait me le dire. Il devrait me le dire souvent, mais il ne le dit pas. Bruno : [55:50] Pour ajouter de l'eau à ton moulin, Jérôme, il y a aussi les déclarations de gens comme, c'est quoi, c'est le patron de l'apprentissage profond de chez NVIDIA qui, dans une entrevue, on en a déjà parlé, je pense, dans le debrief, dans une entrevue de façon presque inoffensive, mais sans trop y penser, a dit que finalement, il s'est rendu compte qu'avec tous les gens qu'il a, je ne le cite pas mot à mot, avec tous les gens dont il s'est départi qu'il a foutu dehors pour que leur travail soit remplacé par l'IA, finalement, ils sont en train de se rendre compte que ça coûte beaucoup plus cher d'utiliser une IA que d'utiliser des humains. Et ça, on le voit de plus en plus dans des grandes entreprises. Uber, ils ont fait le même constat. Et là, il y a comme une prise de conscience parce qu'il y a des entreprises qui ont investi énormément dans les deux dernières années et elles commencent à faire la colonne des chiffres. Elles se disent : finalement, avec des humains qui faisaient le même travail, peut-être avec plus de temps, mais ça coûtait beaucoup moins cher. Alors, il y a ça aussi. J'ai l'impression qu'il y a une prise de conscience. Il fallait passer par là parce qu'il y avait des chantres qui nous avaient abreuvés de leurs chiffres et de leurs prédictions. Et là, on fait un réajustement du tir. Jérôme : [57:04] Exactement. Bon, écoutez, voilà. Je pense qu'on a été très mesurés et assez exhaustifs sur tout ce qu'on peut dire sur l'IA aujourd'hui. Non, mais c'est vrai. Comme dit François, on ne sait pas trop où on va. Donc, vous avez gagné une noix de coco chacun, les amis. Bruno : [57:21] Ouais ! François : [57:22] Ah, super ! Jérôme : [57:24] Merci beaucoup. Je fais la livraison. Merci. Ouais, je fais la livraison. Non, mais c'est toi qui vas venir la chercher. Tu viens bientôt. Bruno : [57:30] OK, je vais aller la chercher. Jérôme : [57:32] Bruno, tu viens bientôt. ou pas ? Tu viens à VivaTech ? Bruno : [57:35] Oui, je serai je valide VivaTech Voilà ! François : [57:38] Bon, trouver des noix de coco à Paris, il faut te lever toi quand même. Jérôme : [57:41] Bon, on me trouve tout à Paris. Bruno : [57:43] Au marché de la douane de Rungis. Jérôme : [57:48] Oui, c'est on trouve. François : [57:49] Rungis peut-être, mais bon, c'est pas l'endroit idéal. Vous me êtes allé aux Bahamas. Bruno : [57:54] C'est vrai. François : [57:55] Bon, VivaTech, aux Bahamas, pas gagné. Jérôme : [57:58] Bon, en tout cas, tu seras le bienvenu. On t'attend mi-juin pour le dixième anniversaire de VivaTech. C'est pas rien. quand même. Ce salon que même les Américains nous ont vu. Merci beaucoup, les amis. Bruno : [58:09] En tout cas, merci TechCrunch. Jérôme : [58:10] En tout cas, merci TechCrunch. Désolé pour les galères techniques, aussi bien à vous deux qu'aux gens qui nous regardent. Et puis, je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouvel épisode du Grand Débrief. Et surtout, on donne rendez-vous à tous nos auditeurs, téléspectateurs sur nos médias respectifs. Continuez à vous suivre. François sur BFM Business tous les soirs du lundi au jeudi. C'est ça ? Pour Tech & Co, la quotidienne. Et Bruno sur tous les écrans de la Terre, dans toutes les langues tous les jours le mec il peut pas être plus partout c'est incroyable Alexa est pervasive mais Bruno est pervasif tu soulèves une cocotte, il y a un couvercle, il y a du Bruno dessous, dans votre langue en plus, donc continue à suivre 120 secondes de tech et ton carnet et puis vous qui êtes sur Monde Numérique actuellement, continuez bien sûr à écouter, regardez Monde Numérique abonnez-vous, parlez-en à vos amis on vous dit à très bientôt, ciao bye bye, Le grand débrief de Monde Numérique vous était proposé en partenariat avec FreePro, le meilleur de Free pour les entreprises. Jérôme : [59:20] Je suis enregistré, juste pour le plaisir. C'est démoniaque. Oh là là. Mais François, ça me rappelle que la production technique, c'est un métier en soi. C'est un métier, bien sûr. C'est pas une question de mais oui, mais putain, les Espagnols, je les déteste. Les cours en plus. Oh là là. Oui, oui, oui. Oui, oui, oui. Jérôme : [59:46] Attends, j'en meurs. Pourquoi j'ai pas les écouteurs sur l'iPhone ? Oh mon Dieu ! J'ai jamais vu ça. J'aurais voulu enregistrer cet écran. C'était tellement bien. Oh non ! Alors là, il me dit que je suis sur l'AirPods Pro. On dirait qu'il y a une cigale qui est rentrée dans ton bureau. Il me dit que je suis sur l'AirPods Pro et je ne m'entends pas. Oh mon Dieu, on a l'impression que tu es sur la lune avec Artemis. Mars, Mars, voilà la Lune. Mars. Voyants, voyants, voyants, voyants. Arrête, c'était une mise à jour de Elgato qui m'a foutu dans une mouise c'est pas possible oh putain, Espace. Frontière de l'infini. Ça y est. Attends, là, je vous aide. On va enregistrer avec l'iPhone. Oh putain, alors là, t'as le son d'un DJ des années 80. Jérôme : [1:01:12] Arrête, arrête. C'est déporté. Oh putain, il y a quelqu'un qui m'appelle. C'est vraiment pas le moment. C'est le gâteau. Vraiment pas, tu vois. C'est le gâteau qui t'appelle. Il n'y a plus rien qui marche avec la chaîne. Bonjour. Comment s'est passé la mise à jour que nous avons faite depuis l'Espagne ? Je ne vous entends plus. Ah, ça, c'est embêtant. Ah, l'histoire de Jérôme. Oh là là là là. Ah, merci. C'était presque thérapeutique. Ah ouais, ça fait du bien, un pétage de câble. Bon.
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