Remi Cadene:
[
0:01] On a développé en neuf mois, donc on a un temps record, à la fois l'intelligence
Remi Cadene:
[
0:07] artificielle du robot, donc le cerveau du robot, ce qui lui permet d'apprendre en temps réel. Donc on a créé cette nouvelle méthode qui s'appelle Real-Time Learning. Puis le deuxième, c'est le corps du robot. Et donc, nous, on développe tout. Il y a software, hardware, des pieds, des jambes, au corps, aux bras, aux mains, à la tête.
Monde Numérique :
[
0:39] Bonjour Rémi Cadene.
Remi Cadene:
[
0:41] Bonjour.
Monde Numérique :
[
0:42] Vous êtes CEO et fondateur de la société UMA, toute jeune entreprise de robotique française. Vous n'avez que quelques mois d'existence. Vous avez été créé en...
Remi Cadene:
[
0:55] Octobre 2025.
Monde Numérique :
[
0:57] Voilà, donc au moment où on enregistre cette interview, vous n'avez même pas un an. Enfin, la compagnie n'a même pas un an. Et vous vous lancez sur ce marché qui est à la fois très excitant, mais qui commence à être aussi... Il y a beaucoup de monde. Les robots humanoïdes. Vous pouvez nous présenter un petit peu, Uma ? Quelle est la philosophie ?
Remi Cadene:
[
1:15] Eh bien, chez UMA, Universal Mechanical Assistant, on crée en fait un assistant mécanique universel. Donc un robot humanoïde. On crée deux robots, un robot sur roue et un robot avec des jambes. Et ce sont des robots qui ont des capacités de dextérité, qui peuvent manipuler tout un tas d'objets et qui sont intelligents, qui peuvent s'adapter et apprendre. Et le but c'est de les déployer le plus rapidement possible dans des centres logistiques dans un premier temps et puis ensuite pour participer d'une réindustrialisation. C'est ça, la mission, et de le faire avec les robots qui sont le plus safe, le plus sécurisé possible et les plus capables.
Monde Numérique :
[
2:04] Alors, vous allez nous expliquer ça en détail. D'abord, je disais une entreprise très jeune. Donc, en neuf mois, qu'est-ce que vous avez fait ? Où en êtes-vous ? Parce que le robot, il n'existe pas encore.
Monde Numérique :
[
2:15] Enfin, il commence à peine à exister sous forme de prototype.
Remi Cadene:
[
2:18] Ça, eh bien, en fait, on a développé en neuf mois, donc on a un temps record, à la fois l'intelligence artificielle du robot, donc le cerveau du robot, ce qui lui permet d'apprendre en temps réel. Donc on a créé cette nouvelle méthode qui s'appelle Real-Time Learning, l'apprentissage en temps réel, comme quand vous vous apprenez, pour la première fois à nouer les lacets, vos parents vous apprennent, vous montrent, et puis ensuite, par une séquence d'essais et d'erreurs des fois, et bien très rapidement vous allez, apprendre et vos mains vont savoir le faire de façon quasi innée. Et donc c'est cette capacité très rapide d'apprentissage qu'on développe dans ces robots. Et puis le deuxième, c'est le corps du robot. Et donc nous on développe tout. Il y a software, hardware, des pieds, des jambes, au corps, aux bras, aux mains, à la tête. Et du coup on a développé en 9 mois notre premier prototype qu'on appelle version 0 version 0 et qui a été designé assemblé à Paris, Et qui tient debout tout seul, qui peut être contrôlé, qui peut bouger la tête, manipuler certains objets.
Monde Numérique :
[
3:38] Qui tient le coup quand on le bouscule aussi.
Remi Cadene:
[
3:39] Exactement, on témoigne de ça parce qu'on a essayé de le faire tomber.
Monde Numérique :
[
3:45] C'est un grand défi de la robotique, l'équilibre et de faire en sorte que si
Monde Numérique :
[
3:48] on le pousse, il puisse retrouver, ne pas se casser la figure.
Remi Cadene:
[
3:51] Exactement, et c'est vraiment la clé du développement de ces robots. C'est qu'ils soient assez intelligents, assez adaptables pour être robustes dans plein d'environnements et surtout être le plus sécurisé possible, être conscient de l'environnement et donc ne pas tomber, être aussi léger. Et donc voilà, safety c'est extrêmement important pour nous, c'est les fondations de ce qu'on fait. Et on est persuadé que les entreprises qui gagneront dans cette robotique, il y a plein d'acteurs, le marché est très grand, Mais les entreprises qui gagneront, ce sont celles qui créent la confiance dans cette nouvelle robotique qui va être amenée à être très présente dans nos vies.
Monde Numérique :
[
4:35] La confiance, qu'est-ce que vous voulez dire par là ? C'est-à-dire le fait que les robots ne soient pas dangereux ?
Remi Cadene:
[
4:39] Exactement, qu'ils soient des assistants mécaniques universels, qui soient, les plus à même de nous aider au quotidien, à la fois dans l'industrie, pour participer de la réindustrialisation, des besoins d'indépendance des pays, mais en plus de ça, même dans les laboratoires de recherche, où ils pourront sûrement accélérer en biologie tout un tas de manipulations d'objets, liés à la recherche, et donc d'accélérer la recherche, les temps de recherche, et puis aussi éventuellement dans vos maisons, où ils seront, des assistants qui permettront de... C'est une technologie qui permettra d'augmenter la qualité de vie pour tous.
Monde Numérique :
[
5:30] C'est votre vision.
Remi Cadene:
[
5:32] Oui, c'est pour ça qu'on crée cette robotique-là.
Monde Numérique :
[
5:35] C'est très difficile de faire un robot. On voit, il y a beaucoup d'annonces partout dans le monde, en Asie, aux Etats-Unis, en Europe, en France. Et puis, en même temps, il faut faire la part des choses. Entre les jolies vidéos, on voit des robots qui sautent. En fait, ils sont télécommandés et puis ils ne peuvent pas faire ça très longtemps parce qu'ils chauffent, parce qu'au bout d'un moment, ils peuvent se casser la figure, etc. Et puis, la vision que vous décrivez, on en est quand même encore assez loin, finalement.
Remi Cadene:
[
6:00] Eh bien oui, mais il y a des challenges techniques, effectivement. Mais en fait, ça évolue très rapidement. En fait, on arrive à atteindre des capacités. Il y a seulement deux ans, on était encore très, très loin. Même d'imaginer certaines prouesses que ces robots sont capables d'effectuer. Donc, je pense que les choses, justement, avancent rapidement. Et il faut faire le pari.
Remi Cadene:
[
6:28] Que l'innovation va s'accélérer et va permettre de développer ces robots. Nous, notre but, c'est à la fin de l'année d'avoir quelques robots dans des centres, chez des customers, des clients, des partenaires, déployés et qui arrivent à automatiser des tâches, des tâches qui peuvent être assez pénibles.
Monde Numérique :
[
6:50] Par exemple, quel type de tâches ? Alors, on voit, vous faites des démonstrations ici au siège de Uma à Paris, d'un robot, tout au moins d'un bras robotique qui trie des pièces, c'est des chevilles de bricolage de différentes couleurs et qui peut les remettre, bien les ranger comme il faut. Ça fait rêver tous les parents qui ont des enfants désordonnés. On se dit qu'un jour, peut-être le robot pourra ranger la chambre des enfants, même si c'est mieux que ce soit les enfants qui le fassent eux-mêmes. Mais est-ce que ça, c'est difficile pour en arriver là ?
Remi Cadene:
[
7:19] Eh bien, oui, c'est un énorme challenge de pouvoir aller dans des environnements qui sont totalement déstructurés, désorganisés et pouvoir faire tout un tas de tâches. Et c'est pour ça que nous, on s'attaque à la logistique en premier, en Europe, là où le besoin est en fait un des plus forts au monde. Il y a énormément de centres logistiques, de traitements, de colis, avec beaucoup de personnes qui font ce travail qui est assez pénible et puisant. Il y a des secteurs où 60% des personnes partent après un an, parce qu'ils sont trop complexes. Ce sont des secteurs où on est persuadé que cette robotique peut permettre, d'accélérer les choses et de répondre à un besoin.
Monde Numérique :
[
8:10] Donc, selon vous, les robots, ce n'est pas fait pour prendre la place des humains et les jeter dehors, mais c'est plutôt pour faire ce que les humains n'ont plus envie de faire aujourd'hui ?
Remi Cadene:
[
8:18] Effectivement. Effectivement, il y a des secteurs où, le savoir-faire et les personnes, en fait, tend à devenir de plus en plus rares. Et les nouvelles générations sont beaucoup plus intéressées par d'autres métiers. Et donc, ce sont ces besoins-là que nous, on vise à adresser en premier, Et il y a aussi un aspect qui pour nous est encore plus important, c'est qu'on fait face à une crise démographique, notamment en Europe, où on est déjà en dessous du seuil de renouvellement. Donc on est à 1,6 et le seuil est à 2,1. Donc on est déjà dans une pente où le nombre total de populations tend à diminuer. Ça crée aussi des tensions entre générations ça crée tout un besoin et surtout, une part de la valeur économique qui tend à manquer qui va dans ces prochaines années manquer, et donc pour maintenir le contrat social et même le renforcer on pense que ces robots vont être très très importants et critiques et ça, ça va accélérer, le développement de ces robots et c'est une dynamique démographique, cette dynamique démographique qui touche tous les pays du monde. Donc, c'est ça qui va motiver cette robotique aussi.
Monde Numérique :
[
9:45] Donc, il y a un marché énorme, ce qui explique aujourd'hui la profusion d'entreprises comme la vôtre, je dirais.
Remi Cadene:
[
9:52] Exactement. Non seulement le marché, mais aussi le fait que la technologie devient possible. Et puis, en Asie...
Monde Numérique :
[
10:01] Alors, possible, mais bon, on le voit, on n'est pas encore au bout du chemin. Il y a encore des choses que les robots n'arrivent pas à faire,
Monde Numérique :
[
10:09] n'arrivent pas même sur la durée. C'est quoi les grands défis, les grosses difficultés aujourd'hui ? Les points de blocage ?
Remi Cadene:
[
10:17] En fait, le premier, c'est vraiment l'intelligence artificielle. C'est qu'on commence à développer de nouvelles techniques qui sont entre la recherche et l'ingénierie. Pour avoir ces réseaux de neurones artificiels un peu les mêmes que ceux qui sont utilisés sur ChatGPT, sur le chat de Mistral et autres, et qui permettent de s'adapter à tout un tas de tâches. Et donc ça, c'est le premier défi. Il y a aussi trois points, en fait. C'est la vitesse d'apprentissage qui est clé. La vitesse d'apprentissage sur une nouvelle tâche qu'on va essayer d'apprendre au robot.
Monde Numérique :
[
10:57] Ça, c'est votre point fort ?
Remi Cadene:
[
10:59] Effectivement, nous, avec la méthode, unique, c'est le real-time learning, donc l'apprentissage en temps réel, on se concentre sur des vitesses d'apprentissage qui sont les meilleures au monde.
Monde Numérique :
[
11:14] On peut avoir une idée, c'est quoi la vitesse d'apprentissage d'un robot ?
Remi Cadene:
[
11:17] Alors, nous, c'est justement un des points clés, donc on n'a pas encore communiqué dessus.
Monde Numérique :
[
11:24] Ah, c'est votre secret.
Remi Cadene:
[
11:24] C'est secret, on le fera sûrement bientôt. Et puis ensuite, il y a un deuxième aspect, c'est à quel point le robot peut opérer de façon autonome pendant des heures, sans intervention humaine.
Monde Numérique :
[
11:39] C'est-à-dire pour qu'il ne se trompe pas, pour qu'il ne tombe pas en panne, pour qu'il ne chauffe pas trop, etc.
Remi Cadene:
[
11:44] Alors, il y a cet aspect hardware, mais il y a le côté software. Parce qu'en fait, il y a beaucoup de tâches qui aujourd'hui ne sont pas automatisées, des tâches très répétitives, mais 1% du temps, Il y a un petit problème, une petite chose imprévue qui n'a pas été programmée, qui fait que le robot s'arrête et qu'on est obligé d'intervenir.
Monde Numérique :
[
12:04] Comme les voitures autonomes, comme certains modèles de voitures autonomes.
Remi Cadene:
[
12:07] Effectivement. Alors pour les voitures autonomes, il y a le côté aussi sécurité routière. Ce n'est pas juste des voitures totalement autonomes, mais il peut y avoir un assistant de conduite qui les rend utiles et qui fait qu'on peut récolter des données, assez précises et pas trop chères pour les robots. En fait, c'est coûteux. Et donc, ces données de tâches qui ratent de cas vraiment à la marge, ce sont les données qui sont les plus précieuses et qui permettent d'entraîner des robots qui sont robustes à ces petits problèmes sur des chaînes d'assemblage, sur des chaînes de traitement logistique. Et donc, avec ces nouvelles méthodes d'IA, l'idée, c'est de pouvoir arriver. C'est d'avoir les méthodes pour y arriver, pour arriver à avoir assez d'intelligence, pour que le robot se débrouille et qu'il n'y ait pas besoin d'intervention.
Monde Numérique :
[
13:08] Alors, il faut dire que vous, Rémi Cadenne, vous n'êtes pas un perdreau de l'année, malgré votre jeune âge. Vous avez de l'expérience dans ce domaine. Vous avez travaillé chez Tesla. Vous avez travaillé également chez Hugging Face. Donc, votre cœur d'expertise, c'est l'intelligence artificielle et l'apprentissage.
Remi Cadene:
[
13:28] Effectivement, j'ai fait un doctorat à Sorbonne, université, où j'ai travaillé sur tout ce qui est intelligence artificielle, réseau de neurones pour le langage et la vision. Ensuite, j'ai fait un postdoc à Brown University pour tout ce qui est Neuroscience et IA. Et puis ensuite, j'ai travaillé pendant quasiment cinq ans, une window, un temps de quasiment cinq ans, où j'ai pu voir les balbutiements de Tesla AI, pour la voiture autonome vers le déploiement à large échelle sur des millions de voitures qui opèrent en temps réel. Donc, j'ai pu voir en fait le déploiement de ces IA. Donc, de passer de la recherche à l'application et en plus à l'évolution et au scaling de cette nouvelle technologie. Et puis ensuite je suis revenu sur un peu mes racines de chercheurs.
Remi Cadene:
[
14:19] Et de chercheurs dans l'open source en fait et dans l'open research et donc j'ai créé le robot chez Egingface, qui est une bibliothèque de fonctions et d'outils pour cette nouvelle technologie d'IA pour la robotique, et qui permet de démocratiser cette technologie et donc on a fédéré plein de communautés dans le monde des étudiants, des chercheurs qui utilisaient notre petit bras de robot qui coûte 100 dollars, 100 euros, à assembler en fait soi-même et à pouvoir déjà commencer à faire
Remi Cadene:
[
14:54] une sorte de recherche et atteindre l'état de l'art sur ces petits robots.
Monde Numérique :
[
14:58] D'accord. Quels sont les profils des gens qui travaillent avec vous aujourd'hui chez UMA et combien êtes-vous ?
Remi Cadene:
[
15:04] Alors nous, on est une trentaine. 70% de ce qu'on fait c'est du software et de l'IA 30% c'est du hardware donc, on a des personnes spécialisées aussi dans l'électronique, dans la mécanique dans le design, on a des gens qui ont du savoir faire sur les mains sur le design de mains qui ont des capacités d'extérité on est une équipe très soudée, il n'y a pas de département, très séparé le but c'est de créer une innovation à la frontière qui combine l'IA le software et le hardware on a trois bureaux celui de Paris qui est en plein centre de Paris, Boulevard Haussmann. Et on a un énorme espace avec...
Monde Numérique :
[
15:50] Au siège de la BPI ? Dans le même bâtiment que la Banque Publique d'Investissement ?
Remi Cadene:
[
15:55] C'est totalement un hasard. On a réussi à trouver ce lieu qui est sous les toits.
Monde Numérique :
[
16:01] Mais qui vous a aidé à voir le jour ou pas ?
Remi Cadene:
[
16:05] Eh bien, on était en contact parce que BPI est un acteur très important. Mais non, c'est vraiment un hasard qu'on ait trouvé dans les mêmes locaux de la BPI. Et de créer. D'ailleurs, on est trois entreprises. Il n'y a pas juste UMA, mais on partage un peu ce lieu en commun.
Monde Numérique :
[
16:22] Et qui sont vos investisseurs aujourd'hui ?
Remi Cadene:
[
16:26] Eh bien, c'est très international, mais c'est comme le fait qu'on n'est pas juste en France. On est incorporé en France, mais on a aussi un labo à Genève, et on a toute une partie go-to-market à Londres. Et donc, nos investisseurs viennent d'horizons très différents. Pour des projets aussi ambitieux et long terme comme le nôtre, on a des structures qui ont toute cette expertise globale, notamment un VC US qui s'appelle Greycroft. Et puis, on a des VCs aussi au Silicon Valley, mais de différents horizons, Inde, Corée du Sud. Et on a bien sûr plusieurs Européens avec des business angels comme Nicolas Rosberg, comme Thomas Wolff, qui est le chef de Gingface, comme le CEO aussi de Gingface, Clément Delangue.
Remi Cadene:
[
17:18] Et on a aussi Yann LeCun comme conseiller scientifique.
Monde Numérique :
[
17:22] D'accord. Votre concept de robot, justement, il rejoint la notion des world models de Yann Lequin, qui dit, pour faire court, que l'IA ne sera véritablement performante que le jour où elle pourra apprendre aussi vite qu'un enfant, qu'un robot puisse apprendre simplement en lui montrant deux, trois fois une tâche à effectuer. Vous êtes sur cette ligne-là ?
Remi Cadene:
[
17:49] Oui, bien sûr. Moi, je suis très inspiré par Yann Lequin, qui est un chercheur d'exception. Et les World Models, ce sont ces nouvelles boîtes à outils dans l'IA qui est à la frontière.
Monde Numérique :
[
18:05] Mais c'est ce que vous utilisez, vous ?
Remi Cadene:
[
18:07] Alors nous, on considère que le World Model, ça va nous être très utile pour tout l'aspect sécurité. Parce qu'on produit un mouvement, notre IA produit un mouvement et notre world model va être capable de prédire les conséquences de ce mouvement.
Monde Numérique :
[
18:27] Si je donne une gifle à un humain, ça peut lui faire très mal.
Remi Cadene:
[
18:31] Exactement. Et si ça lui fait pas mal, on apprend de... Mais bon, l'idée, c'est souvent d'être beaucoup plus sympathique. Et donc les world models ça permet de prédire les conséquences les conséquences c'est plutôt, qu'est-ce qui se passe quand je fais tomber une tasse, bon bah on entend un bruit, peut-être qu'elle va se casser ça dépend du matériau, donc en fait on peut apprendre plein de choses sur le monde et en plus à des horizons plus ou moins longs, donc à faire de la planification et donc ces world models vont être clés à la fois pour accélérer l'apprentissage de la physique du monde réel, pour la sécurité, pour si la prédiction n'est pas idéale, eh bien, en fait, on ne va pas activer le mouvement, on va attendre que le chemin du mouvement soit absolument clair et sécurisé. Et puis, le troisième aspect, c'est tout ce qui est planning et planification à différents horizons. Donc ça, c'est vraiment les aspects que le world model peut aider, et bien sûr, nous, notre but c'est d'être aussi à la frontière et d'être plus que juste une entreprise industrielle c'est vraiment d'être à la frontière de la recherche fondamentale.
Monde Numérique :
[
19:46] Je reviens sur votre prototype de robot. Pour l'instant, ce n'est qu'un prototype. Il est un peu nu, c'est une grosse machine, il y a beaucoup de ferraille. Comment vous le voyez à long terme ? Il aura une allure un peu plus sympathique, un peu plus élégante ?
Remi Cadene:
[
20:03] Moi, je le trouve déjà très élégant.
Monde Numérique :
[
20:06] Oui, parce que vous voyez ça avec une vie, un œil de chercheur.
Remi Cadene:
[
20:12] C'est vrai qu'en fait, nous, notre but, c'est d'être les plus rapides possibles.
Monde Numérique :
[
20:16] Oui, c'est ça. Il faut rappeler qu'en neuf mois, vous avez fait tout ça en partant de zéro.
Remi Cadene:
[
20:21] Exactement.
Monde Numérique :
[
20:21] À la fois la machine, le software, les use cases envisagés, etc.
Remi Cadene:
[
20:26] La stratégie go to market. On a parlé à une cinquantaine de clients qu'on avait présélectionnés. On a fait des visites d'usines. On a récolté tout un tas de données pour l'apprentissage de ces robots. Et alors, le design du robot.
Monde Numérique :
[
20:41] Oui, le design.
Remi Cadene:
[
20:42] Le design du robot. Pourquoi il va ressembler ? Eh bien, nous, notre vision, c'est qu'à terme, on a besoin de robots humanoïdes. Parce que ces robots, s'ils ont un corps qui est similaire au nôtre, ils vont apprendre beaucoup plus rapidement. Ils vont aussi pouvoir se mouvoir dans des environnements qui sont similaires, à la fois dans les usines, mais aussi dans les usines où peut-être certains auront des roues au début, mais à terme, ils auront peut-être des jambes. Et ils peuvent être déployés aussi dans tout un tas d'environnements comme dans les maisons à terme. Et puis aussi, il leur faut des mains avec cinq doigts pour manipuler nos outils, pour manipuler les différents objets. Donc ça, c'est vraiment notre vision. Et puis en plus, il faut un robot qui donne une impression de calme, de compétence et qui soit approchable.
Monde Numérique :
[
21:41] Et comment on fait tout ça ?
Remi Cadene:
[
21:42] Eh bien, on travaille beaucoup sur le design. On travaille sur la réflexion, d'une technologie qui est à ses débuts. Qui va être amené à être développé énormément. Et donc, il faut qu'on le fasse de la meilleure façon possible, de la façon la plus sécurisée possible. Il faut qu'il soit léger. Il faut que ce robot vraiment donne envie de l'avoir autour de nous, en fait.
Monde Numérique :
[
22:05] Alors, vous avez commencé à montrer quelques images de ce à quoi ça pourrait ressembler. Il a un petit air d'Optimus, moi, je trouve, ou même de figure et eye. En fait, voilà, ces robots qui ont une espèce de vêtement texture. Non, vous n'êtes pas d'accord ?
Remi Cadene:
[
22:17] Qu'est-ce qu'il différencie ? Là, ce qu'il différencie, c'est que justement, on peut lui mettre des vêtements. Alors, ce sont des vêtements techniques, mais ça reste différent d'Optimus et de figure qui, eux, n'ont pas de vêtements.
Monde Numérique :
[
22:30] Qui n'ont pas...
Remi Cadene:
[
22:31] Exactement.
Monde Numérique :
[
22:32] Lequel a une espèce de... Comme ça, de...
Remi Cadene:
[
22:34] Ah oui, mais ce n'est pas un vêtement.
Monde Numérique :
[
22:35] De peau, de... Ce n'est pas un vêtement.
Remi Cadene:
[
22:38] C'est quelque chose qui cache l'intérieur du robot, mais ce n'est pas un vêtement.
Monde Numérique :
[
22:42] Mais ce n'est pas un robot, c'est une poupée que vous faites. On pourra l'habiller en fonction de ses humeurs.
Remi Cadene:
[
22:47] En fait, nous, on a ce vêtement, un vêtement qui est en fait plus ou moins technique, les jeans notamment, et qui nous permettent de nous adapter à notre environnement. Et on pense que si on veut créer un robot qui soit le plus généraliste possible, il faut qu'il puisse s'adapter. Et donc, oui, on va avoir différents types de vêtements, de couleurs.
Monde Numérique :
[
23:08] De couleurs.
Remi Cadene:
[
23:09] Effectivement.
Monde Numérique :
[
23:10] Robots gris, jaunes, rouges.
Remi Cadene:
[
23:12] Effectivement, il faut aussi que ça soit identifiable comme un robot de loin. On pense que c'est un monde, on n'est pas en train de copier absolument l'humain.
Monde Numérique :
[
23:23] Mais ses capacités. Vous faites quand même, par exemple, le choix de lui mettre une tête, un visage, un regard. D'autres, je ne sais pas si c'est un concurrent, mais Vandercraft, par exemple, le robot de Vandercraft n'a pas de tête. Pourquoi vous faites ce choix-là ?
Remi Cadene:
[
23:42] Alors nous, c'est le design qu'on appelle North Star, donc c'est la vision en fait, un peu long terme et donc on va développer nos robots, on a déjà ce prototype qui a aussi une tête et qui va être développée dans ce sens, mais sur le court terme, notre but c'est aussi de développer un vrai produit, sur roue avec des capacités de dextérité. Donc on est sur des stratégies où on a une qui est un peu plus long terme et une un peu plus court terme, on est très pragmatique on s'adapte aussi.
Remi Cadene:
[
24:15] Il y a plein d'idées dans l'air, tout le monde est en train de tester différents aspects nous on pense que ces robots qui sont intelligents il faut qu'ils aient une capacité à interagir avec le monde et en fait, une tête une apparence humaine c'est comme les les IA, digitales elles ont une interface qui est le langage naturel et qui nous permet très facilement de les prendre en main mes parents ont pris en main ces IA très facilement, même avec le langage maintenant on peut leur parler, et bien les robots ça va être la même chose, il leur faut une interface qui soit naturelle, il faut qu'on puisse savoir leur intention, que quand ils regardent un endroit on puisse comprendre qu'ils sont intéressés par cet endroit là et qu'ils vont aller dans cette direction Il y a toute une interaction à travailler et on pense qu'avoir, un corps qui est humanoïde, c'est peut-être le format le plus pertinent sur le long terme.
Monde Numérique :
[
25:13] Bon, très bien. Grosse ambition, surtout l'ambition de partir dans toutes les directions en même temps. En tout cas, à la fois la recherche, l'intelligence, le hardware et puis la commercialisation aussi à laquelle vous pensez déjà. Mais c'est un marché qui est quand même de plus en plus embouteillé.
Monde Numérique :
[
25:33] Si vous deviez, pour, résumer, les caractéristiques de UMA, c'est quoi par rapport à la concurrence ?
Remi Cadene:
[
25:40] Alors, embouteillé parce que les enjeux sont quand même très importants. À terme de répondre aux challenges notamment démographiques par contre c'est un marché qui n'a pas encore été capturé ce sont des nouveaux types de robots, je pense que c'est comme un peu l'automobile il y a énormément de marques, après il y a des marques qui sont très innovantes et qui avancent des fois un peu plus rapidement que d'autres, mais voilà on peut imaginer qu'il y aura de la place pour tout le monde le besoin est sûrement très important, et donc c'est pour ça que nous on existe pour développer un acteur aussi qui commence en Europe avec, une ambition globale et alors ce qui est unique chez UMA c'est qu'on développe déjà absolument tout il y a software robotique qu'on a une stratégie go to market qui est extrêmement précise et pertinente, et qu'aussi on a une stratégie de scaling de cette technologie. En construisant des robots qui ont une capacité de construire d'autres robots.
Monde Numérique :
[
26:51] Vous êtes déjà à penser au moment où vos robots fabriquons d'autres robots.
Remi Cadene:
[
26:54] Exactement. Je pense que ça va être un des avantages compétitifs et clés de cette technologie qu'on développe. Le smartphone a mis 12 ans depuis le premier iPhone à atteindre le nombre d'humains sur Terre. Et donc avec ces robots qui créent d'autres robots, on peut potentiellement aller encore plus vite. Et donc voilà, ça c'est un des aspects donc on est à la frontière de ce qui se fait en IA on peut co-designer le hardware on a la stratégie go-to-market
Remi Cadene:
[
27:23] et la stratégie de production sur le long terme.
Monde Numérique :
[
27:25] Et à quelle échéance ? Vous avez déjà des dates, des bornes des étapes prévues ?
Remi Cadene:
[
27:30] On a un plan étape par étape et là, le premier but c'est de déployer quelques robots sur roues avec des capacités de dextérité chez des clients à la fin de l'année et de montrer la valeur de cette technologie, sa première milestone, et puis ensuite, on ne les a pas encore décrites, mais on a déjà plein d'idées et plein de milestones en tête pour l'année d'après.
Monde Numérique :
[
28:00] Merci beaucoup, Rémi Cadene, CEO et cofondateur de UMA.