Bruno :
[
0:07] Jérôme Colombain à Paris, bonjour.
Jérôme :
[
0:09] Salut Bruno Guglielminetti à Montréal, ravi de te retrouver.
Bruno :
[
0:13] Très heureux. Jérôme, la grande question cette semaine, c'est de savoir, est-ce que tu as parcouru l'encyclique du pape concernant l'intelligence artificielle ?
Jérôme :
[
0:23] Alors, je mentirais en disant que je l'ai lu du début à la fin, parce que c'est quand même un document conséquent, mais bien sûr que je me suis intéressé à cette encyclique, qui est quand même un événement assez étonnant qui a d'ailleurs été repris partout, dans tous les médias. Moi, ce que j'ai fait, écoute, oui, pour essayer de mieux la comprendre, eh bien, je l'ai copié, je l'ai collé dans NotebookLM pour me la faire raconter à deux fois par de l'intelligence artificielle. Et c'est assez intéressant parce que ça te permet d'absorber un peu plus facilement, toute la richesse et tout le contenu de ce texte.
Bruno :
[
1:07] Et toi ? Écoute, confession pour confession, moi, j'ai demandé à deux IA, ChatGPT et Claude, de passer à travers le document et de me dire quels étaient les huit points qu'eux retenaient. Et c'est intéressant parce que l'exercice a permis de voir qu'il y avait quand même des différences entre la... Et c'est un rappel, en ça, quand on demande à une IA de faire un résumé, elle résume mais comme tout bon résumé elle laisse des choses à côté alors d'avoir fait le travail avec les deux IA, ça m'a permis d'attraper pas mal tout le bon puis surtout, de voir quelles étaient les portions qui étaient très importantes et qui étaient ressorties par les deux IA. Mais c'est sûr que, et c'est probablement la première et la dernière fois dans ma vie que je vais lire, je vais prendre du temps pour la lire, cette encyclique-là, parce que là, c'est un sujet qui m'intéresse, parce que normalement, je ne lirais pas les encycliques papales, je ne passe pas mon temps à lire ça.
Jérôme :
[
2:07] Il n'y en a pas beaucoup en même temps.
Bruno :
[
2:09] Il y en a quelques-unes, dans des moments importants de la civilisation.
Jérôme :
[
2:13] Là, c'est la première du pape Léon XIV.
Bruno :
[
2:16] Exactement. Mais ça marque son temps, parce que dans le fond, ce qu'il est en train de nous dire, c'est que c'est aussi important. Toi et moi, on était conscients de ça, puis on en a déjà parlé. Mais ce qu'il dit au monde, c'est que là, on est dans une situation qui est aussi importante pour notre société, pour notre civilisation, que la révolution industrielle.
Jérôme :
[
2:38] Exactement, je pense que c'est ça qui est intéressant, c'est que vraiment il y avait eu déjà une encyclique au moment de la révolution industrielle, au début du XXe, et là c'est vraiment, on est complètement sur la même longueur d'onde j'allais dire, parce qu'en fait…, Quand tu lis, quand tu te fais résumer, quand tu te plonges là-dedans, tu t'aperçois qu'il n'y a pas, effectivement, pour toi et moi qui suivons ça de près, il n'y a pas énormément de nouvelles pistes de réflexion.
Bruno :
[
3:08] Il n'y a pas de révélation.
Jérôme :
[
3:09] Il n'y a pas de révélation. Ça pourrait être le terme pour un texte religieux.
Bruno :
[
3:13] Non, mais c'est ça.
Jérôme :
[
3:14] Il n'y a pas de révélation. Mais c'est une synthèse qui remet vraiment les choses à leur place et qui essaie d'embrasser tous les enjeux autour de l'intelligence artificielle. Donc, voilà la question des armes, peut-être un jour pilotées par l'IA.
Bruno :
[
3:33] Et donc, c'est là où il dit de désarmer l'IA.
Jérôme :
[
3:36] De désarmer l'IA, exactement. La question de la désinformation, qui évidemment déconstruit complètement les sociétés. La question aussi de qui possède les IA. C'est ça qui est intéressant quand il dit que les algorithmes et les données, par voie de conséquence, grâce à nous, grâce à toutes les données qu'on fournit, eh bien, elles se retrouvent détenues entre les mains de quelques-uns et ça commence à poser des problèmes ou ça va poser des problèmes un jour ou l'autre.
Bruno :
[
4:07] Et tu sais, par rapport à ce point-là de qui possède les IA, cette encyclique-là, elle n'est pas banale. Il y a peut-être des gens qui se disent, bon, on s'énerve pour rien, sauf que…, Il y a quand même eu tout un lobby de l'industrie de l'IA américaine qui s'est déplacé à différents moments auprès du Saint-Siège pour aller rencontrer le Saint-Père. Et ça, je ne parle même pas du moment où, puis je me souviens parce que dans les deux cas, j'ai fait des articles, mais en septembre dernier, c'était le pape qui avait convié Yoshua Bengio à venir lui parler parce qu'il avait des questions, il avait un questionnement par rapport à ça. Il y a eu une rencontre qui s'est faite, Mais après, ce qu'on a vu, c'est que quand les gens se sont rendus compte dans l'industrie que le pape était en train de se faire une tête là-dessus et qu'il allait préparer un document, bien là, on s'est mis à s'énerver. Parce que dans certaines régions du monde, le pape a encore son autorité. Et on s'est dit, bien là, s'il est en train de foutre le bordel dans notre business, ce n'est pas une bonne affaire. Alors, ils se sont mis, ils se sont relayés. Non, mais quand même, c'est la petite histoire dans les corridors de Rome. Et dans la cité du Vatican, pas nécessairement à Rome. Et donc, ils ont été rencontrés à quelques reprises pour leur faire valoir leur approche. Et j'avoue que j'ai trouvé ça fort intéressant de les voir aller.
Jérôme :
[
5:26] En plus, il y avait quelqu'un d'Anthropic qui était là. Il y avait le co-créateur, le co-fondateur d'Anthropic. Et c'était quasiment aussi la sacralisation de l'IA Claude. C'était une reconnaissance incroyable pour l'IA Claude d'Anthropic, puisque c'est Anthropic qui a tenu tête à Donald Trump ou en tout cas au comment dire au Pentagone en refusant que son IA soit utilisée pour développer des armes machin après, Franchement, je m'interroge parce que dans l'attitude d'Anthropic, on le sait maintenant, on a mis un peu de temps à le comprendre, mais il y a aussi un positionnement qui est un peu marketing.
Bruno :
[
6:11] C'est le mot que j'avais en tête.
Jérôme :
[
6:13] C'est-à-dire qu'ils veulent passer pour les gentils de l'histoire et en même
Jérôme :
[
6:18] temps, ils sont les premiers à faire peur à tout le monde. Alors moi, j'ai fait un billet spécial cette semaine dans l'hebdo de Monde Numérique parce que ça me paraît important, notamment de rattacher cette encyclique à d'autres phénomènes. Et c'est la montée d'un mouvement d'opposition à l'intelligence artificielle, que je trouve, c'est pas rien quand même. C'est quelque chose qu'on pouvait prévoir on ne savait pas trop à quel moment ça arriverait et là il commence à y avoir des levées de boucliers, des manifestants des manifestations, même aux États-Unis, même des actes de terrorisme ou des craintes d'actes de terrorisme, bon c'est un peu le revers de la médaille finalement de ce business de la peur qui a été initié par beaucoup et notamment aussi par Anthropique, ils ne sont pas blanc-blanc dans l'histoire.
Bruno :
[
7:07] Tout à fait, – Ah non, c'est intéressant. Pour revenir à l'encyclique du pape, moi, il y a un truc qui est venu me chercher, puis ça valait la peine de se le faire dire, c'était à savoir que l'IA, dans le fond, elle a accès à un tas d'informations, puis elle a accès à la connaissance infuse universelle que l'humain a été capable de documenter et qui réside à quelque part où l'IA a accédé à cette information-là. Et puis, dans ça, le pape, dans son document, il rappelle, l'IA peut imiter les fonctions humaines. Mais ce qui différencie l'humain et l'intelligence humaine de l'intelligence machine, c'est quand même que l'humain, lui, a vécu des expériences à travers les siècles, mais que la machine, elle n'a jamais vécu. Et on ne peut pas dire ne vivra jamais parce que ça, le futur, on verra. Mais jusqu'à maintenant, la machine n'a rien vécu de tout ce qu'elle nous raconte. Alors que l'humain, avec un grand H, llui, est passé à travers tout ça. Et ça a teinté la connaissance, ça a teinté le passage des connaissances. Et ça, je trouve ça intéressant parce qu'après, il va falloir voir à partir d'aujourd'hui et vers le futur à quoi ça va ressembler. Mais il y a encore aujourd'hui une différence entre l'homme et la machine, simplement parce qu'un a vécu ce dont l'autre parle.
Jérôme :
[
8:31] Non, mais c'est ce qui fait la valeur d'un texte comme ça, quoi. C'est-à-dire que, voilà, le chef de l'Église catholique, qui pèse quand même plus de 3 milliards, je crois, je ne vais pas dire de bêtises, de chrétiens dans le monde, c'est…, Voilà, donne de la profondeur à ce phénomène. En même temps, ce n'est pas un texte autoritaire, ce n'est pas un règlement.
Bruno :
[
8:59] Ah, c'est un grand texte de réflexion.
Jérôme :
[
9:00] Voilà, c'est un grand texte de réflexion qui pose des fondements, etc. Et à partir de là, chacun va se positionner. Mais ça n'aura aucune, enfin bon, aucune incidence, personne, on pourra reprocher à personne de ne pas suivre l'encyclique sur l'IA.
Bruno :
[
9:14] Mais le plus bel exemple, quand on parle d'impact, c'est, regarde, on est en train d'en parler, puis on s'entend que l'Église et les religions, on n'en parle pas. On n'en a presque jamais parlé.
Jérôme :
[
9:23] Et puis, voilà, là, on ne parle que de la religion chrétienne. Ce n'est pas la seule au monde.
Bruno :
[
9:29] Non, exactement, pas du tout. Ah, c'est ça.
Bruno :
[
9:32] Mais bon, écoute, ça, c'est l'intelligence artificielle selon Rome. Mais de l'autre côté, si on fait un tour de l'autre côté de la planète, moi, ce que j'ai vu passer cette semaine, et j'avoue que je me suis dit, c'est bien la belle histoire du syndicalisme dans le monde de l'année, probablement. Ce sont ces employés de Samsung qui voulaient faire une grande grève pour contester le fait qu'il y a des fabricants qui se sont enrichis de milliards et de milliards avec les besoins de la planète par rapport aux semi-conducteurs et qu'il n'y avait pas de redistribution de cette richesse-là. Même le gouvernement sud-coréen s'est fait appeler à la rescousse. Puis finalement, la direction de Samsung a dit, bon, d'accord, on va redistribuer les gains qu'on a fait. Et ce que ça va, finalement, ce que ça va donner, c'est qu'il y a bon nombre des 70 000 et plus employés de chez Samsung qui travaillent dans le domaine des semi-conducteurs vont recevoir un pactole, une prime, qui tourne autour du 300 000 $ chacun. C'est quand même impressionnant, ça.
Jérôme :
[
10:45] Mais c'est incroyable. C'est un montant historique. C'est un truc de fou.
Bruno :
[
10:50] Non, mais pense au dernier règlement qui s'est passé dans des troubles sociaux en France.
Jérôme :
[
10:53] Personne comme sur 300. Chez nous, les syndicalistes, ils doivent se taper la tête contre les murs. Franchement, ils se sont fait... Alors là, c'est vrai que tu t'es dit qu'ils ont quand même eu raison de faire grève.
Bruno :
[
11:06] Oui, oui, oui. Parce que là, c'est ça, on parle, c'est vraiment des milliards et des milliards que notamment Samsung a engrangé. Et puis, dans le fond, Samsung a acheté la paix. Parce que s'ils arrêtaient de faire la fabrication des semi-conducteurs, le peu de temps qu'ils auraient arrêté, c'était des centaines de millions qu'ils perdaient à tous les jours.
Jérôme :
[
11:27] Et c'est dramatique parce que ça aurait grippé tout le marché mondial des semi-conducteurs, donc de toute la tech, et puis l'économie de Samsung et l'économie de la Corée. Samsung, c'est 12,5% du PIB de la Corée du Sud.
Bruno :
[
11:43] Ah oui, non, c'est énorme. C'est énorme l'impact.
Jérôme :
[
11:46] C'est monstrueux.
Bruno :
[
11:46] Et puis, c'est surtout qu'ils sont arrivés avec le temps à se positionner dans ce marché-là. Alors, évidemment, le gouvernement, là, a été interpellé. Puis, je me souviens parce qu'encore la semaine passée, je suivais très près le dossier. J'essayais de lire des journaux locaux en le faisant traduire. Et on sentait la pression sur le gouvernement parce que là, c'était plus juste une histoire d'une entreprise avec ses employés. C'était, il y avait vraiment des valeurs là-dedans. Il y avait le fait de troubles sociaux importants. Et puis, c'était presque... S'il y avait grève, une grève importante, c'était comme de mettre le genou par terre. Et il n'y a personne au gouvernement qui voulait voir ça.
Jérôme :
[
12:25] Alors, il y a un truc que je ne comprends pas, malgré tout, dans cette histoire-là. Donc, comme tu l'as dit, les primes sont en moyenne de 290 000 euros. L'équivalent de 290 000 euros.
Bruno :
[
12:37] En dollars canadiens, c'est environ 340 000 dollars.
Jérôme :
[
12:40] Voilà, donc c'est quand même pas mal, ça veut dire qu'il y a des gens qui ont dû toucher vraiment, vraiment beaucoup, et d'autres, même ceux qui ont touché moins, je pense que ça devait être très appréciable. 78 000 employés concernés, mais, Mais l'accord n'a été voté qu'à 73 %.
Bruno :
[
12:57] Il y en a qui voulaient avoir plus.
Jérôme :
[
12:59] Donc, il y en avait sans doute qui pensaient, qui espéraient avoir plus. Il y en a qui n'ont pas compris les trucs ou je ne sais pas quoi, mais c'est étonnant. Enfin, pour nous, ça nous paraît astronomique.
Bruno :
[
13:09] Ah non, mais tu as l'impression que ça se passe sur une autre planète. Mais tu vois, cette histoire-là me faisait penser autour de 1996 ou 95-96. Donc, c'est vraiment au tout début de l'Internet. Le jour où Netflix est entré à la bourse, et du jour au lendemain, avec les stock options que tous les employés avaient dans l'entreprise, tout le monde est devenu millionnaire.
Jérôme :
[
13:45] Tout le monde.
Bruno :
[
13:46] Incluant le concierge, incluant la dame qui faisait l'accueil à la porte, et du jour au lendemain, tout le monde a pris ses sous et une bonne partie du personnel est partie.
Jérôme :
[
14:01] Écoute, c'est pas pour dire, mais c'est les merveilles du capitalisme, ça. C'est le capitalisme flamboyant. Oui, mais regarde. C'est ce qui se passe encore aujourd'hui aux États-Unis.
Bruno :
[
14:14] Je le sais, mais Jérôme, imagine-toi, on est en Asie, tu touches 340 000 $. Ou faire la conversion en euros, tu prends ça.
Jérôme :
[
14:26] 290 000, oui.
Bruno :
[
14:28] Tu prends ta retraite, peu importe ton âge, tu prends ta retraite. Tu vas finir le reste de ta vie aux Philippines ou au Vietnam, tranquille, pour passer le reste de ta vie à siroter un petit sirop sur le bord de la plage.
Jérôme :
[
14:41] Oui.
Bruno :
[
14:42] C'est une fortune.
Jérôme :
[
14:43] Moi, je m'emmerderais.
Bruno :
[
14:45] Oui, moi aussi. Mais je pense à des gens qui seraient capables de le faire.
Jérôme :
[
14:48] Mais au moins, tu fais du podcast sans courir après les... Enfin, bref.
Bruno :
[
14:54] C'est une autre histoire.
Jérôme :
[
14:55] C'est une autre histoire.
Bruno :
[
14:56] Mais je voulais t'entendre là-dessus.
Jérôme :
[
14:58] Non, mais oui, qu'est-ce que tu veux que je te dise ? C'est surréaliste, mais bon, c'est aussi, ça illustre la démesure aussi autour de l'emballement de l'IA. Parce qu'aux États-Unis, il y a aussi des fortunes qui se sont faites, qui vont se faire encore grâce à l'IA, grâce à la tech d'une manière générale. Ça fait maintenant 20 ans que le business du numérique explose et que des startups deviennent gigantesques en très peu d'années et qu'à l'arrivée, beaucoup de gens récoltent des bénéfices. Et après, quand nous, en France, on pleurniche, on dit « on n'a pas de startup », etc., effectivement, ça nous renvoie quand même une image assez…
Bruno :
[
15:49] 15, 20, 50 personnes, peut-être 100 personnes qui vont vraiment faire de l'argent quand il y a un coup d'argent qui se fait aux États-Unis. Là, on parle de 70 000 personnes. On parle des ouvriers qui travaillent sur les lignes de montage.
Jérôme :
[
16:02] Je pense que c'est plus que quelques centaines. Ça peut être plus. Après, c'est très codifié. Il y a plein de... Voilà, qui a droit, à quel moment, en fonction de quand tu rentres dans la compagnie, etc. Et puis, tu peux... Puis souvent, ça reste virtuel pendant un certain temps. Tu ne peux pas...
Bruno :
[
16:17] Tu ne peux pas vendre du coup. Tu ne peux pas récupérer l'argent.
Jérôme :
[
16:19] Mais dès qu'il y a une IPO, dès qu'il y a une entrée en bourse, là, cette année, il va y avoir l'IPO d'OpenAI, d'Anthropic aussi, je crois. Il y en a plein qui sont en train de regarder les comptes et qui sont dans les starting blocks parce qu'il va y avoir, là il va y avoir des milliardaires, là bientôt dans les mois qui viennent il va y avoir des milliardaires dans la Silicon Valley, des nouveaux milliardaires.
Bruno :
[
16:39] Mais tu as raison quand tu dis ça, mais moi c'est l'image de l'ouvrier sur la ligne de montage bien sûr, moi je trouve ça formidable tant mieux pour lui.
Jérôme :
[
16:47] C'est génial, tant mieux pour lui voilà il était sur le bon cheval ouais.
Bruno :
[
16:53] Et puis voilà Dis donc, c'est toi qui disais qu'on peut faire des podcasts tranquilles, mais on peut aussi aller courir d'un côté et de l'autre. Cette semaine, je t'ai vu courir du côté de chez... Je ne sais pas si tu as couru, mais je t'ai vu chez Amazon parce que toi, mon chanceux, tu as pu expérimenter avant tout le monde sur la planète Alexa en français.
Jérôme :
[
17:16] Sur la planète, non, mais en France, oui, j'étais parmi les premiers.
Bruno :
[
17:20] Je m'excuse, mais en français, vous êtes les premiers en France à l'avoir, ce n'est pas disponible ailleurs.
Jérôme :
[
17:26] Aux États-Unis.
Bruno :
[
17:28] Pas en français.
Jérôme :
[
17:29] Ah, pas en français. Non, non, bien sûr.
Bruno :
[
17:31] Oui, alors vous êtes les premiers. Tu étais le premier à pouvoir entendre avec ça.
Jérôme :
[
17:34] S'exprimer en français. Alors, pas tout à fait parce qu'il y a des bêta-testeurs, mais qui ne sont pas connus. Il y a eu une phase de bêta-test. Après, il y a une phase d'accès restreint. Donc, tout le monde peut y accéder à condition d'avoir un appareil compatible. Il suffit de faire la demande et on est sur une liste d'attente. Et pour l'instant, c'est gratuit. Et après, ça va devenir payant. Mais écoute, bien sûr, moi, j'attendais ça avec impatience parce que je suis un utilisateur et je le dis très honnêtement, je suis un utilisateur assidu d'Alexa depuis le début. Je l'ai adopté. Il fait fonctionner ma maison.
Bruno :
[
18:10] Tu nous fais une démonstration pour les gens qui regardent la vidéo qui t'éteint les lumières ?
Jérôme :
[
18:15] Non, fais pas ça. Mais je pourrais, je pourrais.
Bruno :
[
18:20] Tu peux tout faire chez toi avec ça.
Jérôme :
[
18:22] Les lumières, les volets, Les caméras, j'en ai pas beaucoup.
Bruno :
[
18:27] Les portes, les enfants.
Jérôme :
[
18:28] Les portes, exactement. Fais la salade, va faire les courses, bute le chien.
Bruno :
[
18:35] Mais donc, c'était quoi ? Qu'est-ce que t'as eu comme expérience quand t'étais là-bas ?
Jérôme :
[
18:39] Alexa+, c'est le confort de la discussion vocale qu'on a. Qu'on connaît aujourd'hui avec ChatGPT ou avec Gemini, mais dans l'univers Alexa. Parce qu'Alexa était très bien à l'époque, mais maintenant, c'était devenu un truc complètement basico-basique avec juste des mots-clés, en fait. Il faut lui dire les bonnes phrases au bon moment et tout. Donc là, ça va beaucoup plus loin. Alors, pour être tout à fait franc, je ne l'ai pas encore à la maison. Je l'ai essayé lors de la démonstration qui m'a été faite à Paris dans le showroom d'Alexa. Donc, j'ai vu un peu à quoi ça ressemblait, mais le déploiement pour l'avoir à la maison c'est imminent. Elle peut être grossière. Elle peut être grossière. Non, parce qu'elle dit...
Bruno :
[
19:23] Non, mais tu l'as censurée.
Jérôme :
[
19:24] Comme vache qui pisse.
Bruno :
[
19:25] Oui, ben voilà, tu l'as dit.
Jérôme :
[
19:27] C'est elle qui s'auto-censure.
Bruno :
[
19:29] Ah, c'est elle ?
Jérôme :
[
19:29] Oui, c'est elle. Non, non, non, parce qu'en fait, elle a vraiment été, ils ont voulu la localiser au maximum, c'est-à-dire, c'est pas le tout de parler français, mais qu'elle connaisse les expressions françaises, qu'elle ait une culture française. Donc, quand ça arrivera au Canada, elle vous parlera québécois. Elle ne vous parlera pas... De poutine. Voilà, elle vous parlera de Poutine, elle vous parlera de tabernacle, elle vous parlera de... Voilà, comme ça. Ce sera votre français à vous. Et non seulement le langage, mais tout ce qu'il y a derrière. Je te dis, les allusions, les... Comment on appelle ça ? Les expressions, etc. Donc ça, c'est assez marrant. Et comment ils ont fait ça ? En plus, elle est vraiment française. Ils l'ont entraînée avec... Elle fonctionne avec un LLM de Mistral.
Bruno :
[
20:20] Ah, quand même !
Jérôme :
[
20:22] Et elle a été formée avec ça. Bon, tout ça, c'est très sympa. Après, les fonctionnalités plus avancées, ça va être la possibilité, par exemple, d'accéder à des services, de réserver un restaurant, de faire une recherche de location de vacances ou d'hôtels. Tout ça, c'est bien. Le problème, c'est que ça ralentit un petit peu les interactions parce que quand tu lui poses une question, elle met en branle plein de mécanismes. En réalité, ça fait appel à plein de moteurs d'intelligence artificielle derrière. Donc, ça prend du temps et il ne faut pas que ce soit du temps au détriment des commandes simples pour allumer les lumières, etc. C'est là où je n'ai pas encore vraiment pu le tester parce qu'aux États-Unis, les premiers retours disaient que ce n'était pas très satisfaisant. Ça ralentissait les commandes basiques et il y a des gens qui étaient même revenus à l'Alexa d'avant.
Bruno :
[
21:18] Oh quand même !
Jérôme :
[
21:18] Donc ce n'est pas très bon. Moi je ne me prononce pas puisque je n'ai pas encore pu vraiment l'expérimenter sur la durée. Après il y a des trucs géniaux je trouve, l'utilisation de la caméra et notamment le fait qu'elle puisse te regarder et elle regarde comment t'es habillée, elle te dit ah non là tu sais aujourd'hui il va pleuvoir c'est mieux que de te dire : eh bien aujourd'hui il va faire 17 degrés, maximale de 21 et puis d'ailleurs il y a un avis de tempête Bon, ça, ça gave. Si on demande la météo à Alexa le matin, ce n'est pas parce qu'on s'intéresse à la climatologie, c'est parce qu'on veut savoir comment s'habiller. Et ça, je pense que c'est là qu'est l'intérêt. Donc, voilà, voilà. Mais moi, je suis ravi. J'ai une nouvelle copine et j'espère qu'on va faire des grandes choses ensemble. Alors, pour les gens qui nous écoutent, il faut leur dire que l'Alexa+, en plus, là, c'est pas mal ce qu'ils ont fait Amazon, est compatible avec une grande majorité des appareils Alexa disponibles sur le marché.
Bruno :
[
22:12] Oui, dans les dernières générations, c'est ça ?
Jérôme :
[
22:14] Oui, mais même, il n'y a vraiment que les plus anciens sur lesquels on ne pourra pas l'installer. Mais sinon, pour tous les autres, c'est possible et ça prend encore plus de valeur pour ceux qui ont donc une caméra et un écran, puisque les appareils Echo, les Echo Show qui ont ça, c'est plutôt pas mal.
Bruno :
[
22:29] Jérôme, tu me permets de faire un angle canadien à cette histoire-là, parce que quand j'en ai parlé, j'ai fait un texte pour célébrer l'arrivée d'Alexa+ en France. D'ailleurs, elle est arrivée en Italie le mois dernier. Il semble que ça a été la folie parce que finalement, Alexa Plus avait pris la culture italienne. Elle lui demandait des recettes de pâtes et elle les faisait presque avec toi. Mais donc, c'est ça. Pendant que vous, maintenant, vous avez accès à ça, enfin, certains vont l'avoir très bientôt, incessamment, sous peu, le Canada français attend toujours. Et j'ai écrit mon papier là-dessus et j'ai eu vent. il y a des informations qui sont venues, qui me sont parvenues en disant, ben écoutez, c'est pour très.
Jérôme :
[
23:13] Très...
Bruno :
[
23:14] Non, c'est Alexa qui m'a contacté. Tout simplement pour me dire que ça allait être proposé très bientôt. On ne peut pas donner de date, on ne sait pas, mais on m'a dit que c'était très bientôt et que je devais même me préparer mentalement à pouvoir l'essayer.
Jérôme :
[
23:32] Je vous le souhaite, je vous le souhaite.
Bruno :
[
23:35] Oui, puis évidemment en version localisée, parce que la langue française au Canada rien à voir avec celle qui est en France et surtout tout l'aspect culturel tu sais la blague de il pleut comme une vache qui pisse ici, tu vois ça m'a frappé cette histoire-là vous l'utilisez pas ça, Pas du tout.
Jérôme :
[
23:56] Écoute, j'espère pour vous que ça va arriver très vite. Je nous le souhaite. C'est un vrai plus, mais on va voir si ça marche, si ça prend. Est-ce que ça fera venir vers Alexa deux nouveaux utilisateurs ? Je ne sais pas.
Bruno :
[
24:09] Mais le fait que, au Canada, mais particulièrement au Québec, le fait qu'une bonne partie de la population qui achète en ligne soit membre du programme Prime d'Amazon et que le service va être offert gratuitement à ces gens-là, moi, j'ai l'impression que la courbe d'adoption va être plus rapide qu'une autre borne ou quelque chose comme ça. Quand les gens vont le voir et qu'ils vont voir qu'ils peuvent l'utiliser gratuitement.
Jérôme :
[
24:37] Oui, oui. Après, tu vois, par exemple, la réservation de restaurant par la voix. J'en discutais avec mon fils qui est aux États-Unis et chez qui, d'ailleurs, j'avais testé ce système. Alors, on l'avait fait, on l'avait réservé.
Bruno :
[
24:51] Oui, bien, ça existe déjà au téléphone.
Jérôme :
[
24:53] Voilà, c'était sympa, mais enfin, ils ne l'utilisent pas tous les jours.
Bruno :
[
24:56] Non. Sinon, ça revient cher.
Jérôme :
[
25:00] De quoi ? D'aller au resto ? Oui, mais ce n'est pas le fait de réserver qui coûte cher.
Bruno :
[
25:05] Non, c'est d'aller manger là-bas.
Jérôme :
[
25:07] Ne dites pas n'importe quoi, M. Guglielminetti, s'il vous plaît.
Bruno :
[
25:09] Bon, M. Colombain, on va parler de Meta, mais je veux juste t'entendre rapidement. Je suis curieux de savoir si tu oserais le faire. Il y a une entreprise qui s'est rendue célèbre il y a quelques années. Une jeune boîte, une jeune pousse qui est dans le marché boursier. C'est Robinhood dont je parle qui aide les gens qui ne sont pas habitués à boursicoter à faire des transactions, à acheter des titres, à en revendre. Mais je ne suis pas là pour parler de la qualité du service. Mais ce qui m'intéressait, puis je voulais t'entendre là-dessus, c'est que Robinhood a annoncé cette semaine qu'ils ont annoncé. Ils ont confirmé. Ils n'ont pas fait de déclaration officielle. Mais ils ont confirmé qu'à partir de maintenant, des utilisateurs de Cloud ou de Cursor pouvaient brancher leur agent IA pour faire des transactions en leur nom. Pas comme consultant, pas « qu'est-ce que tu penses, fais-moi un tableau comparatif », non. Tu mets ton agent IA là, puis à partir de là.
Jérôme :
[
26:09] C'est lui qui gère. Ben, écoute, ça me paraît pas….
Bruno :
[
26:13] Est-ce que t'oserais, toi ?
Jérôme :
[
26:15] Oui, j'oserais. Alors, je ne vais pas jouer toutes mes économies là-dessus. Déjà, je n'en ai pas beaucoup. Mais à partir du moment où tu décides de faire des placements, le placement, tu arbitres toujours entre le risque et la sécurité. Et pour certains placements plus risqués, eh bien, tu le fais quelque part en te disant que tu peux perdre ce que tu mets. Donc, au fond, le perdre parce que le placement est mauvais et que, je ne sais pas quoi, ça ne rapporte pas ce que ça devrait, tu perds même ton capital, etc. Le risque, tu le prends déjà. Donc, prendre ce risque-là, Parce que simplement, tu le fais avec un agent, pourquoi pas ? C'est un risque de plus. Surtout si c'est pour voir, et puis après, ça dépend dans quelle proportion.
Jérôme :
[
27:06] Voilà, je ne sais pas s'il y a des gens qui ont les moyens de le faire sur plusieurs centaines de milliers d'euros ou de dollars, tant mieux pour eux. Après, là où je trouve que c'est logique aussi, c'est que, tu l'as dit, il y a beaucoup de gens qui utilisent l'IA générative pour demander des conseils boursiers. Et ça, moi, j'ai entendu, je ne le fais pas moi personnellement, mais j'ai entendu beaucoup de retours assez différents. Il y a des gens qui en sont très heureux, très satisfaits, ça leur a permis de faire des belles opérations et d'autres apparemment qui ont connu, qui ont eu des déboires, bon voilà, pas très heureux, mais entre demander à une IA ce qu'elle en pense et puis lui dire, bah tiens au fait si t'as l'opportunité, fais-le et après il faut voir, est-ce que, où se situe la validation ? Est-ce que quand même, il te demande, au moment d'investir, de valider pour payer ?
Bruno :
[
27:54] Ben, c'est justement, justement, la validation, c'est que tu lui dis, là, le portefeuille roule avec. Et tu lui donnes les clés, là.
Jérôme :
[
28:02] Ouais. Ben, c'est un peu, tu sais, comme il y a eu des expériences de faire tourner des entreprises, des commerces. Et en Suède, actuellement, il y a un café. qui a été conçu par une IA. Alors, c'est une entreprise qui fait ça et en plus, c'est un peu expérimental. Donc, on est complètement dans de l'investissement sans certitude de retour sur investissement. Mais je ne trouve pas ça débile. Franchement, je ne trouve pas ça débile.
Bruno :
[
28:30] Mais tu vois, tu dis ça, mais dans le cas de ce café-là où c'est l'IA qui est le gérant de l'endroit.
Jérôme :
[
28:36] Oui, ça ne s'est pas très bien passé.
Bruno :
[
28:37] Ben non, on devrait voir l'inventaire. De temps en temps, il commande un paquet de trucs qui n'est pas sur le menu.
Jérôme :
[
28:44] Ce n'est pas un problème. Moi, j'en ai parlé sur le monde numérique et je trouve que c'est une très bonne nouvelle parce que ça veut dire que toutes les bêtises ont été faites, ou en tout cas un certain nombre de bêtises ont été faites, et ces bêtises-là, elles vont servir à aller plus loin. Et à améliorer. Et notamment, c'est intéressant, pourquoi elle s'est plantée ? C'est pour une faiblesse vraiment inhérente à l'intelligence artificielle, c'est pour une question de mémoire. C'est-à-dire que contrairement à un être humain, elle n'a pas assez d'espace mémoire pour retenir tout ce qu'elle devrait faire pour que le business soit rentable. C'est-à-dire qu'au début, elle sait qu'elle doit créer un magasin, elle sait qu'elle doit vendre du café, Elle sait qu'elle doit acheter de la matière première et puis faire du bénéfice. Et puis, au fur et à mesure qu'elle dépense ses tokens à faire ce qu'elle doit faire, elle oublie ses objectifs. C'est quoi mon métier déjà ? Qu'est-ce que je fais dans la vie ? C'est quoi mon boulot déjà ? Du coup, elle fait n'importe quoi. Et au moment de faire les courses, elle se dit, tiens, mais je vais commander 250 litres d'huile d'olive parce que comme je suis en train de faire les courses, c'est normal, tout le monde achète de l'huile d'olive. Sauf qu'elle a oublié qu'elle vendait du café Exactement. C'est intéressant.
Bruno :
[
29:58] Mais pour en revenir avec le système qui est offert maintenant chez les gens de Robinhood, je me posais moi la question, Une fois que c'est fait, c'est en place et tu utilises un agent IA pour gérer ton portefeuille, je me dis, de l'autre côté, quand il y a une machine qui va recevoir les ordres transactionnels, est-ce qu'elle va faire un choix entre le fait que que l'ordre vienne d'une machine, d'un agent IA, ou l'ordre vient d'un système bancaire qui est géré par des humains ? Par exemple, ou un bureau de courtier qui vient par une... Ce bout-là, il reste encore à chercher.
Jérôme :
[
30:39] Et pourquoi, c'est-à-dire, qu'est-ce que tu crains ?
Bruno :
[
30:42] Je ne crains pas, mais je me demande si le récepteur des demandes de transaction, un jour, fera la différence entre je vais prioriser les agents IA et puis les requêtes qui sont faites par des bureaux. On s'entend, tout est informatisé. Il n'y a pas un courtier qui téléphone pour dire « Vendez 200 de telle compagnie, puis j'achète 5 000 de l'autre. » Ça ne se fait plus, ça.
Jérôme :
[
31:06] C'était le Moyen Âge, ça.
Bruno :
[
31:07] Oui, mais c'était des beaux films aussi. Mais je me demande, au niveau machine, si à un moment donné, il va y avoir des priorisations par rapport à ça. Enfin, c'est la question que je lance dans l'univers.
Jérôme :
[
31:19] Je ne connais pas assez la finance pour savoir quels seraient les impacts. Est-ce qu'ils ont le droit de faire ça ? Pourquoi ils le feraient ? On pourrait demander à un spécialiste.
Bruno :
[
31:29] Jérôme, moi, c'est une parenthèse que je voulais faire. Je voulais t'entendre.
Jérôme :
[
31:32] Non, mais c'est amusant, c'est amusant.
Bruno :
[
31:33] Je veux t'amener sur le dernier sujet dont on avait dit qu'on parlerait cette semaine.
Jérôme :
[
31:38] Ça continue, mais on ne s'arrête plus.
Bruno :
[
31:40] Non, mais écoute, c'est Bruno qui veut savoir ce que Jérôme pense.
Bruno :
[
31:46] Donc, Meta... Cette semaine, on a l'impression qu'ils sont en train de chercher des revenus. Ils ont annoncé qu'ils sont en train de faire des tests sur Meta AI, qui va donc monétiser l'utilisation de leur intelligence artificielle. Et puis, à côté de ça, on découvre qu'ils vont mettre des forfaits, genre ça va s'appeler Facebook+, WhatsApp+, Instagram+, et ça va donner plus de personnalisation à ton expérience d'utilisation des réseaux sociaux. Qu'est-ce que tu en tires, toi, comme leçon de ces annonces-là ?
Jérôme :
[
32:22] Je ne suis pas très surpris parce que je pense que c'est un peu l'histoire de tout le numérique d'une manière générale. Et ça devait arriver quelque part pour les réseaux sociaux. De toute façon, c'est comme ça que ça marche. Le numérique, il nous appâte au début avec du gratuit. Et puis après, il faut passer à la caisse.
Bruno :
[
32:42] C'est comme la drogue.
Jérôme :
[
32:44] C'est comme la drogue.
Bruno :
[
32:45] Exactement.
Jérôme :
[
32:45] Exactement. D'ailleurs, on risque d'avoir des sacrées surprises avec l'intelligence artificielle.
Bruno :
[
32:52] Quand on va payer le vrai prix.
Jérôme :
[
32:54] Quand on va payer le vrai prix, oui. Parce que si tu payes ton petit forfait à 20 euros au ChatGPT, OpenAI, ça lui coûte combien ? 100 fois plus cher, 1 000 fois plus cher. Enfin, on n'a pas les chiffres exacts, mais c'est monumental. En fait, c'est totalement sous-payé. Donc, c'est juste pour nous appâter. Alors après, le bénéfice, les gens qui vont payer ça, est-ce que ça vaut le coup ? Je ne sais rien, c'est pour personnaliser. Je pense que c'est un premier pas. Et est-ce que c'est bien ou est-ce que c'est mal ? Franchement, il faudrait voir quels peuvent être les bénéfices. Le bénéfice, ça peut peut-être être plus de, comment dire, on peut être en droit de réclamer plus de choses. Par exemple, peut-être de limiter l'accès à nos données personnelles, dans ce cas-là, en contrepartie d'un paiement. Ça avait été déjà évoqué d'ailleurs ouais.
Bruno :
[
33:49] Mais aujourd'hui on n'est pas du tout là.
Jérôme :
[
33:50] C'est que de la personnalisation c'est un début c'est pour faire du fric c'est comme les jeux gratuits où tu paies dans les jeux en freemium où tu paies pour avoir plus, et est-ce que ça ne pourrait pas aussi être bénéfique en termes de peut-être pour assainir un petit peu je veux dire finalement les réseaux sociaux, sont gratuits alors là ce n'est pas l'accès, on pourra toujours se connecter mais peut-être que demain il faudra vraiment payer pour, simplement ouvrir un compte sur un réseau social ou simplement poster un message. Il y a des trucs qui commencent aussi à arriver sur X. Sur X, si tu n'as pas un abonnement premium, ta visibilité diminue. Tu es moins visible. Donc après, tu prêches dans le désert, tu fais des super posts, personne ne les lit, etc. Donc, tu es tenté de payer pour que ça ait vraiment un sens. Mais il ne faut pas perdre de vue que, par exemple, toutes les fermes à trolls, qui polluent les fils d'information, les fils de réseaux sociaux avec des saloperies, moi j'en ai marre sur X, tu vois tous ces trolls, tous ces bots qui ne sont là que pour poster des commentaires négatifs, pour énerver les gens, pour faire de l'engagement, si demain ça leur coûte une fortune à ces gens-là, à ces fermes à trolls.
Jérôme :
[
35:14] Ils y réfléchiront peut-être à deux fois. Donc le côté payant peut avoir un certain intérêt. Mais bon, on n'en est pas encore là. C'est un ballon d'essai, je pense, pour Meta pour l'instant.
Bruno :
[
35:29] C'est sûr que, eux, ça leur permet de tester l'intérêt des utilisateurs. Et puis, s'ils vont chercher 1 % de leurs milliards d'utilisateurs, ça sera ça. C'est des revenus qui vont rentrer.
Jérôme :
[
35:43] Après, comme les employés de Meta vont faire grève pour avoir eu un intéressement, il va falloir passer à la caisse, comme chez Samsung.
Bruno :
[
35:50] C'est à suivre. Jérôme, maintenant que tu nous as généreusement parsemé de tes réflexions.
Jérôme :
[
35:58] Oui. Mon encyclique t'a plu ?
Bruno :
[
36:02] Jusqu'à maintenant, oui. C'était de la musique à mes oreilles. Mais donc, je veux t'interpeller maintenant pour savoir, dans Monde Numérique cette semaine.
Jérôme :
[
36:09] Je ne suis pas dans Monde Numérique, oui.
Bruno :
[
36:11] De quoi tu vas nous parler ? Qu'est-ce qui te reste encore à parler ?
Jérôme :
[
36:15] Alors, cette semaine dans Monde Numérique, les amis, c'est fromage et dessert parce que j'ai quatre invités, quatre interviews. Donc, la contrepartie, c'est qu'elles seront assez courtes et il faudra aller écouter les versions intégrales la semaine prochaine. Mais notamment, je me suis intéressé à un service très innovant, très sympa qui a été lancé cette semaine en France. C'est une intelligence artificielle sur X pour faire du fact-checking des faits scientifiques. Ça s'appelle Céleste, Mon IA Céleste, et ce qui est intéressant c'est que c'est comme Grok, on peut le convoquer à travers un message, on lui pose une question et par exemple si tu as, comme ça s'est produit cette semaine le premier jour eh bien une déclaration, il y avait une déclaration d'une spécialiste de je ne sais plus trop quel organisme qui nous expliquait qu'on mourait de chaud mais qu'il fallait s'y faire parce que la climatisation c'est hors de question, pas de climatisation en France parce que ça pollue trop, c'est mal, etc. Ça te fait rire parce que vous, vous avez la clim partout au Canada, comme aux États-Unis, comme dans plein de pays. Mais nous, non. Nous, il faut expier le réchauffement climatique, si tu veux. Et donc, on n'y a pas le droit.
Bruno :
[
37:29] Mais vous êtes les souffre-douleur dans la planète.
Jérôme :
[
37:31] On est les souffre-douleur dans la planète qui, accessoirement, a 70 % de son énergie bas carbone grâce au nucléaire. Donc, on n'est franchement pas les plus polluants. Mais ce n'est pas grave. On va expier jusqu'au bout. Bref, et donc, mon IA Céleste, quand tu l'interroges là-dessus, la question était très précisément, est-ce que c'est mauvais pour le porte-monnaie et c'est mauvais pour l'environnement d'installer une pompe à chaleur ou bien de faire isoler sa maison d'abord ? Et elle dit non, non, vous pouvez tout à fait commencer par installer une pompe à chaleur et il te prouve par A + B scientifiquement à partir de data.
Jérôme :
[
38:08] Et donc c'était le contraire de ce que disait la dame en question à la télé, Donc la démarche, c'est celle-ci. Cette IA se veut hyper sérieuse. Elle s'appuie sur des articles, puisqu'elle émane d'un site d'information, qui s'appelle Les Électrons libres et qui est assez sérieux, et aussi sur une base de données dont j'ai oublié le nom, mais qui est essentiellement un réservoir à statistiques, en réalité, et elle fait le mix entre tout ça. Voilà, donc je parle de ça. Je parle aussi d'Alexa+, cette semaine, bien sûr, dans Monde Numérique, avec une interview du directeur général d'Amazon France. Et puis, je poursuis ma réflexion sur l'éclairage sur la tech dans la santé. Récemment, il y avait un gros salon à Paris sur la santé qui s'appelle SantExpo, avec deux interviews. D'abord, une DSI qui explique comment, aujourd'hui, quels sont les enjeux dans l'hôpital public et dans l'organisation publique de la santé en France, qui est très importante chez nous, face aux nouveaux risques de cybercriminalité et autres. Et puis aussi, les innovations en matière de santé, et ça, on en parle également avec mon invité, le spécialiste de Capgemini. Voilà pour le programme, cher ami, je t'ai tout dit.
Bruno :
[
39:27] Je suis... Et merci beaucoup.
Jérôme :
[
39:29] De quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet, Bruno ?
Bruno :
[
39:32] – Ah bien, écoute, de mon côté, je me suis réservé un peu de temps parce que je savais que j'aurais une grande conversation avec toi cette semaine. Tu me gâtes. Et puis, j'ai une autre grande conversation que je vais proposer aux auditeurs de mon carnet. Et celle-là, on l'a enregistrée cette semaine, en milieu de semaine. Ça a été fait au Chico-Tel Elizabeth, à Montréal. C'était organisé par le Cercle canadien. C'est un rendez-vous des PDG, des grandes organisations canadiennes dans le monde des affaires. Et j'avais, on m'a demandé d'animer une discussion entre Valérie Pisano, qui est la PDG du Mila à Montréal, et Joëlle Pineau, qui est la directrice de l'IA chez Cohere. Cohere, c'est l'OpenAI canadien. Et à partir de ce moment-là, ça a été une pirouette d'agenda, mais d'avoir ces deux femmes-là qui parcourent la planète parce qu'elles sont demandées de la part des gouvernements, des grandes entreprises pour leur point de vue et leur réflexion sur la question de l'IA. Alors, de les avoir les deux pendant 40 minutes avec moi et de leur poser toutes les questions et de terminer le 40 minutes et de savoir qu'il y avait encore 20 minutes de questions à poser. Écoute, on a fait une salle comble et ça a fini avec innovation et vous pourrez entendre le résultat. C'est une discussion fort intéressante. Alors, je la partage avec les autres. Je parle avec une autre...
Jérôme :
[
40:57] Tu fais toujours ça le comble, là. Tu fais toujours ça le comble. À Montréal, il y a Michael Jackson et toi, en général.
Bruno :
[
41:04] Et Michael, d'ailleurs, a décidé de ne plus venir à Montréal.
Jérôme :
[
41:08] Exactement.
Bruno :
[
41:09] Ce que tu vois. Est-ce qu'il y a une causalité ? Je ne le sais pas, mais bon. Il n'y est plus à Montréal.
Jérôme :
[
41:13] Non, on ne saura jamais.
Bruno :
[
41:15] Et autre invité dont je voudrais glisser un mot, c'est l'auteur d'un livre qui s'intéresse à l'éducation, à l'état de l'éducation au Québec, et pose des grandes questions, parce que finalement, c'est après 25 ans, à surveiller, à réfléchir et à observer le monde de l'éducation, elle est en train de voir qu'on est dans un carrefour et il y a des gens qui veulent rester dans la vieille façon de faire et il y en a d'autres qui arrivent avec des nouvelles façons de faire et là, c'est d'amener ça sur la table en disant là, il va falloir faire un choix. Et donc, elle veut provoquer la discussion, autant au niveau de la partie civile que de la partie gouvernementale et je l'accueille à mon microphone pour en parler.
Jérôme :
[
41:56] Ah là là. Toujours là où il faut être, mon cher Bruno.
Bruno :
[
42:00] Je sais. Je sais. C'est difficile, mais je sais. Jérôme Colombain, je tiens à te remercier d'avoir pris tout ce temps-là à ton agenda. Je sais que tu as eu une semaine de fou, mais d'avoir pris ce temps-là avec moi pour parler, pour partager tes réflexions.
Jérôme :
[
42:13] Je te renvoie les remerciements. J'étais évidemment ravi de t'accueillir également cette semaine dans Monde Numérique. Et si tu es d'accord, je te donne rendez-vous la semaine prochaine.
Bruno :
[
42:22] Avec grand plaisir, on se retrouve la semaine prochaine Salut camarade, ciao ciao.