Patrice Duboé:
[
0:01] On voit bien l'avantage de faire intervenir des robots humanoïdes plutôt que des humains dans des environnements dangereux.
Patrice Duboé:
[
0:08] Donc, on préfère envoyer un robot humanoïde qui va devoir manipuler de l'uranium ou des composants assez dangereux à la place d'un humain. Et l'humain va se concentrer sur les tâches moins dangereuses, va pouvoir le piloter. Donc, c'est aussi une création de nouveaux emplois.
Patrice Duboé:
[
0:26] On le voit sur chaque révolution qui arrive. on voit toujours la crainte, est-ce que ça va remplacer l'humain ? Nous, on parle plutôt d'augmentation de l'humain.
Monde Numérique :
[
0:42] Bonjour Patrice Duboé.
Patrice Duboé:
[
0:44] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[
0:45] Directeur de l'innovation pour l'Europe du Sud chez Capgemini. Ravi de vous accueillir à nouveau dans le monde numérique pour ce rendez-vous mensuel en partenariat avec Capgemini pour parler ce mois-ci de robots et d'intelligence artificielle. Il s'est passé plein de choses ces dernières semaines, Patrice, en matière de robotique avec beaucoup d'annonces, essentiellement des annonces venant des États-Unis, de la Chine. Et du coup, on en oublierait un peu qu'il se passe aussi des choses chez nous. Et d'ailleurs, dans le même temps, vous avez dévoilé, vous, Capgemini, un robot qui est en train d'être élevé, si je puis dire, en partenariat et en collaboration avec la société Orano. Il s'appelle OXO. Est-ce que vous pouvez nous en parler un peu de ce OXO ?
Patrice Duboé:
[
1:30] Tout à fait. Alors, effectivement, on voit de plus en plus d'annonces qui arrivent, surtout du soleil levant. Alors, on parle plus aujourd'hui d'humanoïdes sur cette nouvelle tendance qui va au-delà de la robotique. Vous avez peut-être vu la vidéo assez impressionnante de Ubitech ce week-end où on voit une armée d'humanoïdes qui sort d'une usine. C'est le Walker S2. Donc, aujourd'hui, il y a plusieurs modèles.
Monde Numérique :
[
1:54] On n'est pas sûr que ça réconcilie tellement les humains avec les robots.
Patrice Duboé:
[
1:58] Aujourd'hui, non. Mais ce qui va être intéressant en discussion, c'est de voir comment on se projette et quelles collaborations, si possible. Nous pouvons trouver entre des robots, des humanoïdes et des humains. Effectivement, on parle beaucoup de ça. Je pense qu'après l'IA, dans les mois qui suivent, je pense que les robots et les humanoïdes vont reprendre la main. Bien entendu, ils embarquent de l'IA et de l'IA générative. Effectivement, lors du salon du nucléaire, il y a quelques jours, le WNE, nous avons communiqué. Avec Orano sur ce nouveau robot humanoïde qui s'appelle OXO.
Patrice Duboé:
[
2:32] Orano, le monde du nucléaire, on voit bien un environnement contraint, des usines où l'humain n'est pas forcément le bienvenu. Dans ce cas-là, pour répondre à la première question, on voit bien l'avantage de faire intervenir des robots humanoïdes plutôt que des humains dans des environnements dangereux. On préfère envoyer un robot humanoïde qui va devoir manipuler de l'uranium ou des composants assez dangereux à la place d'un humain. Et l'humain va se concentrer sur les tâches moins dangereuses, va pouvoir le piloter. Donc, c'est aussi une création de nouveaux emplois. On le voit sur chaque révolution un petit peu qui arrive. On voit toujours la crainte. Est-ce que ça va remplacer l'humain ? Nous, on parle plutôt d'augmentation de l'humain. Et on l'a vu sur toutes les révolutions. Oui, il y a des métiers qui peuvent disparaître, mais ça fait créer encore plus d'emplois. On le voit sur ces humanoïdes, ils ne vont pas arriver tout seuls, il faut les programmer. On parle de mois de programmation, on ne parle pas de quelques heures ou quelques semaines. Il y a la maintenance, donc c'est aussi des métiers, pas que pour les cols blancs, mais pour les cols bleus. L'idée, c'est plutôt de voir quelle répartition du travail pour toujours amener un travail plus agréable, avec plus de valeur pour l'humain et confier au robot, comme ça a été le cas depuis plus d'un siècle, avec toute la partie automatisation. Répartir, on va dire, les tâches et concentrer sur l'humain,
Patrice Duboé:
[
3:56] les tâches à valeur ajoutée.
Monde Numérique :
[
3:57] Alors, parlons un peu justement de ce travail de programmation. Donc, vous dites que ça peut prendre des mois parce que ça consiste en quoi exactement ? C'est lui apprendre à faire ce qu'il devra faire ?
Patrice Duboé:
[
4:08] Oui, en fait, je dirais que c'est la principale différence entre les robots classiques. On imagine bien un bras robotisé dans une usine d'assemblage de voitures. On a tous vu ces dernières années dans des cocktails, un petit robot qui serre les verres. Donc là, on voit bien, la tâche, elle n'est pas très compliquée. Il faut prendre un verre, faire un petit mélange et le servir. Lorsqu'on part de l'humanoïde, on va se rapprocher du monde humain. Donc, lorsqu'on sort le robot de sa boîte, tout reste à faire. C'est comme un enfant qui naît. Il faut lui apprendre à parler, à voir, à sentir, à se déplacer. Donc là, ce n'est pas en quelques heures qu'on va lui apprendre tout ça. Par exemple, lorsqu'on a commencé à travailler avec notre lab Aya Robotics, c'est un Experience Lab, on a acquis une petite dizaine de ces humanoïdes et nous avons réparti les tâches en fonction de plusieurs équipes, donc plusieurs qui sont en France, à Toulouse, à Paris, une qui est en Espagne, une qui est aux États-Unis. Une équipe va se concentrer sur la parole, une autre sur la perception, une autre sur le mouvement et donc chaque équipe va avancer et c'est un petit peu comme un bloc en fait, On va assembler les briques logicielles qui vont permettre aux robots de devenir plus autonomes, de pouvoir interagir, de pouvoir répondre à des actions, de pouvoir prendre certaines décisions également par rapport à un environnement qu'il va appréhender.
Patrice Duboé:
[
5:32] Et qu'il va apprendre à maîtriser. Donc, une grosse différence, encore une fois, un bras robotisé, vous l'aviez tout vu, on pouvait lui apprendre des manipulations. En fait, on prenait le bras, on le bougeait, on lui faisait répéter la manipulation, il l'a enregistré et en quelques heures, il pouvait répéter. Là, on est vraiment sur une perception du monde avec la perception pratiquement des cinq sens humains.
Monde Numérique :
[
5:58] Oui. Alors, on comprend que ce robot, il ne sera pas destiné comme certains à vider le lave-vaisselle ou à changer l'eau des fleurs à la maison, etc. C'est beaucoup plus, j'allais dire, sérieux ou en tout cas, c'est beaucoup plus industriel.
Monde Numérique :
[
6:14] Est-ce que c'est... Du coup, ça semble être une vision un peu plus raisonnable, un peu moins tape à l'œil, mais d'un point de vue technique, ça veut dire que votre robot, il n'a pas besoin d'être totalement autonome. Il peut être en partie téléguidé, en fait. Là, le fait qu'il soit opéré à distance, finalement, n'est pas un problème, c'est ça ?
Patrice Duboé:
[
6:34] En fait, on va avoir plusieurs...
Monde Numérique :
[
6:36] Ou alors, vous essayez au contraire d'aller vers l'autonomie.
Patrice Duboé:
[
6:38] Alors, la cible ultime, c'est toujours d'avoir un équipement qui est totalement autonome. On l'a vu sur les voitures, on a commencé avec des conduites assistées et le graal, c'est d'arriver au dernier état d'automatisation où en fait, l'objet, qu'il soit une voiture, un robot, une humanoïde, soit totalement autonome. Mais on peut très bien avoir différentes étapes. La question est, alors effectivement, pour arroser des plantes, ça fait un petit peu cher pour le robot. Mais par contre, on va avoir différents types d'usages. On imagine bien le premier usage, d'ailleurs, les derniers humanoïdes qui sont sortis, l'usage, il est très clair, la cible, elle est le marché automobile. Aujourd'hui, on voit très bien, surtout en Chine, les grands leaders mondiaux de véhicules électriques sont chinois. Donc, ils ont commencé à équiper leurs chaînes de production, d'abord avec des robots classiques et maintenant avec des humanoïdes. Côté États-Unis, Tesla fait la même chose avec son robot Optimus. Et Elon Musk a été très clair en disant que nos usines seront populées par des robots humanoïdes des Optimus. D'ailleurs, ces robots aujourd'hui, ils savent changer leur batterie en trois minutes. Donc, on voit bien le côté autonomie qui a également progressé.
Monde Numérique :
[
7:49] Ils changent leur batterie eux-mêmes.
Patrice Duboé:
[
7:51] Exactement. Vous pouvez voir des vidéos. Ils prennent leurs bras. Ils prennent une batterie. Ils la remettent dans son dos. Ils sont un peu comme les pigeons. Ils voient à 360 et ils ont les bras qui peuvent faire le tour, ce qui n'est pas notre cas. Donc, en trois minutes, il peut changer la batterie. Il peut porter des charges de 15 kg. Donc, on voit bien qu'on est dans un environnement qui est humain. Mais on peut avoir aussi le domaine de la santé. Vous savez que les Japonais sont assez friands de ça. Lorsqu'on a vu les premiers petits robots, les Peppers, les Naio, il y a quelques années, ils étaient dans des maisons de retraite pour amener un petit peu une compagnie. C'est tout aussi louable d'amener un côté un petit peu humain et de notre côté, amener une productivité dans des usines. Vous l'avez également vu dans des aéroports, parfois dans des salons, vous voyez les petits robots qui passent avec un plateau pour ramasser des assiettes ou des verres. Donc là, on n'est pas sur les mêmes coûts. La question, c'est rapport coût et sur l'investissement. donc on peut avoir différents types de robots à différents types de prix, différents types de complexités et qui vont s'adapter par rapport à des tâches qui sont différentes.
Monde Numérique :
[
8:55] Comment est-ce que vous analysez, vous, chez Capgemini, l'impact de la robotique
Monde Numérique :
[
9:00] et l'acceptation de la robotique ? Est-ce que vous savez un peu comment ça va se passer au niveau, pour employer des grands mots, sociétal, juridique aussi ? Un robot qui blesse une personne dans un aéroport, qu'est-ce que ça va donner ? Pas accidentellement, bien sûr.
Patrice Duboé:
[
9:17] Effectivement, ça, c'est les premiers changements que l'on voit jusqu'à aujourd'hui. Si vous avez pu voir ces robots-là dans des environs de production, on a très souvent des zones séparées. Imaginez les grands entrepôts d'Amazon ou autres, vous avez des zones pour robots et des zones pour humains. Pourquoi ? Parce que justement, en environnement contraint, le robot s'est calculé et puis on va dire s'il y a un petit choc, il n'y a pas d'impact humain. Donc aujourd'hui, on est plutôt sur des zones réservées, une partie pour les robots, voire humanoïdes, une autre pour les humains, mais ça, ça a changé. Vous allez par exemple à San Francisco, vous allez voir des véhicules totalement autonomes, des taxis autonomes qui n'ont plus de chauffeur, plus aucun chauffeur et qui cohabitent avec des véhicules pilotés par les humains. Donc, on voit qu'on a déjà franchi un premier cap et on commence à voir ça dans les usines. Effectivement, il y a des contraintes légales. C'est pour ça qu'on ne voit pas ces voitures en France parce que la contrainte légale en France est beaucoup plus forte qu'elle ne peut l'être en Chine ou aux US. Donc, on peut imaginer que les recherches et l'usage vont avancer plus vite dans certains pays ou dans certains états parce que les règles ne sont pas les mêmes. La responsabilité n'est pas la même.
Monde Numérique :
[
10:29] Est-ce que ça ne va pas retarder l'adoption des robots en Europe ?
Patrice Duboé:
[
10:31] C'est une grande question. Il y a des questions qui se posent en France et au niveau de l'État pour savoir, doit-on créer des zones un petit peu particulières ? On avait créé des zones franches par rapport à certains aspects. Est-ce qu'on doit avoir des zones d'expérimentation ? Ça peut être le cas pour les drones. On sait que c'est toujours pareil. En Chine, ils ont pu développer très vite les drones parce qu'ils n'avaient pas les mêmes contraintes. Donc, si on veut ne pas prendre trop de retard, Doit-on avoir des zones où on peut faciliter l'innovation, en ayant un petit peu moins de contraintes au niveau légal pour pouvoir permettre à l'innovation d'accélérer ? Parce qu'on sait qu'aujourd'hui, pour pouvoir réussir, il faut innover à l'échelle. Si on reste dans un petit lab avec quelques personnes, on n'aura pas le retour. Donc, c'est important de travailler sur ces points-là également.
Monde Numérique :
[
11:24] On dit souvent que l'Europe et la France sont en retard en matière de développement de robots. Là, ce OXO, en fait, à l'origine, c'est un robot chinois de la marque Unitree, très connu, qui était présent à VivaTech. On savait que ça allait commencer à être commercialisé, etc. Et vous faites le choix d'acquérir ces robots pour lui mettre de l'intelligence à l'intérieur. Est-ce que c'est ça, finalement, la solution pour rattraper le retard ? Pour acheter le hardware d'un côté et puis mettre toute l'intelligence et développer l'intelligence localement, adaptée à nos contraintes, à la fois en termes de contraintes commerciales, des contraintes juridiques, etc. Est-ce que c'est ça la solution ? Mais est-ce que ce n'est pas aussi un problème de perte un peu de souveraineté, la fameuse souveraineté numérique et technologique ?
Patrice Duboé:
[
12:12] Alors, pour faire simple, la première réponse, elle est simple, c'est nous n'avons pas le choix. Aujourd'hui, tous les robots avec un minimum de qualité et d'expérience, ils sont essentiellement asiatiques, voire américains avec l'Optimus de Tesla. Mais aujourd'hui, si on veut avancer, si on veut un humanoid français, malheureusement, on n'en a pas sur le marché. Donc, effectivement, aujourd'hui, le choix est de prendre en gros les robots de la partie hardware à l'étranger, et par contre, de développer toutes les compétences, tous les algorithmes, tout l'entraînement par rapport à l'intelligence artificielle. Et tout ça, on le fait aujourd'hui avec nos équipes en France, dans notre lab, et c'est dans ce cadre que nous travaillons avec nos clients, où l'intelligence, elle est faite par nos équipes de façon souveraine. Les données restent concentrées dans des environnements qui sont limités. Donc là, on n'est pas sur un humanoïde qui va échanger sur le cloud, sur Internet. Donc, on est dans un périmètre qui est fermé, un environnement qui est clos. Si on voulait comparer avec un cloud privé ou un cloud public, c'est un petit peu la même chose. Donc là, pas de risque de fuite. Sur toute l'intelligence qui est mise dans ces humanoïdes, on parle de mois de programmation, on n'est pas sur des heures ou des jours, dont la complexité est réelle, et c'est ça qui amène la valeur pour ces nouveaux humanoïdes.
Monde Numérique :
[
13:40] Et donc, on n'a pas à craindre de fuite de données ou de switch kill, le fait de couper le fonctionnement de ces robots à distance, etc.
Patrice Duboé:
[
13:52] C'est une question de conviction. On pourrait dire qu'il y a des backdoors, comme ça a été le cas. Certains ont dit que lorsqu'on a voulu travailler sur le réseau 5G, il fallait bannir les routeurs Huawei des cœurs de réseau. C'était le cas pour certains opérateurs en France. Aujourd'hui, sur cette partie-là, on considère que le risque est maîtrisé. Encore une fois, on n'est pas sur des objets connectés, on n'est pas au cœur du réseau de l'opérateur. Donc, le niveau de risque est différent et on considère aujourd'hui que le risque est maîtrisé et qu'on sait avoir une totale autonomie et garantir la souveraineté de ces objets.
Monde Numérique :
[
14:28] Combien ça coûte un robot comme ça quand vous l'achetez et puis quand vous le revendez ou quand vous, je ne sais pas comment ça fonctionne, si vous allez le louer ou autre à vos clients ?
Patrice Duboé:
[
14:38] Lorsqu'on parle de l'achat sur ces robots, on va dire, de qualité industrielle, les prix peuvent aller de quelques dizaines de milliers d'euros à 100 000, voire 200, 300 000 pour les plus complexes. Donc là, c'est le prix à l'achat. Mais lorsque vous ouvrez la boîte, le robot ne sait rien faire. Il ne sait même pas se tenir debout.
Monde Numérique :
[
14:59] Mais ça, c'est le prix du robot nu ?
Patrice Duboé:
[
15:00] C'est le prix du robot totalement nu. C'est le prix du hardware.
Monde Numérique :
[
15:02] D'accord.
Patrice Duboé:
[
15:03] Et donc ensuite, il faut tout lui apprendre. Aujourd'hui, nous, on travaille sur des projets complets. Donc, ce n'est pas tant qu'on ne va pas dire qu'on va vous revendre ce robot à tel prix. C'est-à-dire qu'on va travailler notre client pour pour amener l'humanoïde, le robot dans l'environnement du client et lui apprendre des tâches particulières, un cas d'usage, un cas métier. C'est tout un programme, ce n'est pas comme un PC que l'on va vendre. Là, en fait, on va vendre l'expérience et tout le projet, c'est même plus un programme qu'un projet. Donc, ce n'est pas tant quel est le prix du robot lorsqu'il est terminé, parce que ce n'est pas quelque chose qui est, on va dire, du one shot. On ne va pas répliquer ça, chaque client a sa contrainte, sa cible et son environnement. Donc en fait, c'est un programme complet comme on vend un projet aujourd'hui digital ou de transformation.
Monde Numérique :
[
15:56] C'est indispensable pour rester dans la course, la course à tout point de vue technologique, économique, énergétique aussi.
Patrice Duboé:
[
16:03] Aujourd'hui, je pense que nous n'avons pas le choix. On voit bien, c'est comme si on avait refusé la taylorisation ou les chaînes de production. À partir du moment où on sait faire avec des robots, des tâches qui vont coûter moins cher, qui vont avoir moins de risques pour les humains c'est évident qu'il faut aller là-dessus après le débat qui se pose aujourd'hui c'est est-ce qu'on a besoin d'humanoïdes, donc en gros de robots à forme humaine pour être plus performants et donc vous pouvez avoir deux perceptions, certains qui disent.
Monde Numérique :
[
16:33] Il y a plusieurs écoles.
Patrice Duboé:
[
16:35] Voilà pourquoi un robot doit avoir deux bras, deux jambes dans la nature, est-ce que c'est le plus simple, est-ce qu'on n'a pas plutôt un gyropode, est-ce qu'on n'a pas plutôt à mettre un robot sur une boule qui va être plus précise, plus adaptable, et puis l'autre clan qui dit, en fait, si on regarde bien le monde que l'on a construit, il est fait pour être utilisé par des humains. Donc aujourd'hui, dans un email, vous avez des escaliers. Et c'est vrai qu'un robot sur une boule dans un escalier, c'est compliqué. Donc, en fait, on a quand même construit le monde à notre image. Et dans ce cadre-là, une usine, elle a été construite pour des humains. Et donc, c'est là où l'humanoïde a toute sa place, parce qu'il va vraiment remplacer l'humain dans ses tâches complexes. Et donc, c'est vrai qu'avoir deux bras, deux jambes, dans ce cas-là, c'est intéressant. Si on va sur Mars, la réponse sera peut-être différente, parce qu'on n'a pas encore construit une planète à notre image. Mais aujourd'hui, s'ils voulaient intervenir dans des environnements construits par les humains, ils ont été construits pour les humains, avec deux bras, deux jambes, dans la majorité des cas.
Monde Numérique :
[
17:33] Oui, c'est intéressant ce que vous dites. Ça, c'est pour l'environnement qu'on a construit, mais à l'inverse, dans la nature, comme vous disiez, il y a peut-être d'autres formes à développer.
Patrice Duboé:
[
17:42] Tout à fait. Donc peut-être que dans...
Monde Numérique :
[
17:42] Des robots limaces ou je ne sais quoi.
Patrice Duboé:
[
17:44] Exactement. Enfin, là, on voit dans la nature, il y a des animaux qui se déplacent beaucoup mieux que nous. Si vous allez en montagne, vous n'irez jamais aussi vite qu'un chamois ou qu'un isard dans la montagne. et si vous allez sous l'eau, vous n'irez jamais aussi vite qu'un requin ou qu'un autre type de poisson. Donc là, encore une fois, c'est pour ça que quand je disais que chaque projet est particulier, aujourd'hui, on a des cas de projets avec des humanoïdes. On va voir d'autres cas de projets qui seront plus sur des bras robotisés ou d'autres types de robotisation. On parle de plus en plus de mimétisation de la nature ou de nature hacking. Donc, comment copier de nature ? Parce qu'aujourd'hui, dans beaucoup de camps, en fait, c'est la nature qui amène les meilleures réponses. Il y en a encore beaucoup à apprendre au niveau sociétal, au niveau échange.
Patrice Duboé:
[
18:29] On le voit sur comment mieux comprendre les fourmis lorsqu'elles échangent, les abeilles. Donc là, il y a encore beaucoup de choses à copier de la nature.
Monde Numérique :
[
18:39] Merci Patrice Duboé, directeur de l'innovation pour l'Europe du Sud chez Capgemini.
Patrice Duboé:
[
18:43] Merci beaucoup.