🎤 Interview – L’IA devient la nouvelle interface, selon Microsoft (Xavier Perret)
25 novembre 202523:47

🎤 Interview – L’IA devient la nouvelle interface, selon Microsoft (Xavier Perret)

L’IA conversationnelle, l’arrivée des agents intelligents et leur intégration profonde dans Windows 11 transforment l’usage du PC, entre gain de productivité, sécurité renforcée et protection des données personnelles.

L’IA conversationnelle, l’arrivée des agents intelligents et leur intégration profonde dans Windows 11 transforment l’usage du PC, entre gain de productivité, sécurité renforcée et protection des données personnelles.

Interview : Xavier Perret, Directeur Cloud Azure & IA, Microsoft France

L’IA devient la nouvelle interface : qu’est-ce que cela change pour les utilisateurs ?

L’IA transforme profondément la manière dont on interagit avec nos appareils. Comme le dit Satya Nadella, AI is the new UI. Concrètement, sous Windows 11, la barre de tâches devient un point d’entrée intelligent : plus besoin d’ouvrir l’application adéquate, je lui parle directement. Je peux lui demander de configurer mon PC, diagnostiquer un souci, lancer un agent de recherche ou créer un document. Et avec les nouveaux PC équipés de NPU, l’IA peut travailler en tâche de fond : je délègue une synthèse, une enquête documentaire, et pendant ce temps je fais autre chose. On entre dans un modèle beaucoup plus naturel et productif, pour les particuliers comme pour les entreprises.

Pourquoi cette nouvelle génération d’agents IA est-elle plus pertinente ?

Nous sommes arrivés à un stade de maturité où les agents ne se contentent plus de converser : ils agissent. Ce qui manquait auparavant, c’était l’ancrage dans le contexte. Aujourd’hui, grâce à des technologies comme Microsoft Fabric ou WorkIQ, on réconcilie données structurées et non structurées pour offrir une compréhension beaucoup plus fine. Les agents deviennent spécialisés et adaptés aux usages réels. Je me suis par exemple créé un agent dédié à la randonnée sur plusieurs jours : il calcule mes itinéraires, dénivelés, temps de marche… un vrai assistant expert. Cette pertinence change tout dans l’adoption.

Comment garantir la sécurité, la confidentialité et éviter les dérives ?

La confiance repose sur plusieurs piliers. D’abord, la sobriété des données : n’utiliser que ce qui est nécessaire. Ensuite, un cadre clair : les données des clients restent leurs données et restent en Europe, dans des infrastructures conformes comme Azure avec ses régions européennes. Mais l’enjeu majeur d’aujourd’hui, c’est l’observabilité : s’assurer que les agents font bien ce qu’on leur demande, pouvoir vérifier, auditer, détecter un jailbreak, ou une tentative malveillante. Nous intégrons désormais des gardes-fous natifs, y compris des IA qui surveillent les IA, au sein de plateformes comme Foundry. Et nous insistons sur un point : ne pas tomber dans la surconfiance. Un agent reste faillible ; il aide, mais il ne remplace pas le jugement humain, surtout dans les décisions à impact.

Ces évolutions sont-elles déjà accessibles ?

Pour beaucoup, oui. Certaines capacités de Windows 11 sont déjà disponibles, et les nouveaux PC avec NPU débloquent encore plus de scénarios. Les outils liés à Fabric ou à WorkIQ existent déjà dans les entreprises. Nous ne parlons pas d’une technologie futuriste à 5 ans : c’est un mouvement en cours, que chacun peut commencer à explorer dès maintenant à travers Copilot et les nouveaux agents IA.


Xavier Perret: [0:01] Dit autrement, alors Satya Nadella, notre PDG, depuis quelques années, Xavier Perret: [0:04] dit que l'IA, c'est AI is a new UI, c'est-à-dire l'IA et la nouvelle interface utilisateur. En gros, je vais converser finalement différemment. Donc, ça passe déjà dans la barre de tâches finalement, d'avoir cette intelligence dans la barre de tâches pour qu'elle comprenne mon contexte. Et je n'ai pas besoin d'aller chercher l'application qui va bien dans mon menu de barre de tâches entre les produits Office, voire les autres applications. Je vais pouvoir lui parler, comme je vais parler à mon Outlook, comme je vais parler à mon Office potentiellement. Monde Numérique : [0:38] Bonjour Xavier Perret. Xavier Perret: [0:40] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [0:41] Directeur Cloud Azure et IA chez Microsoft, Microsoft France. Bienvenue dans le monde numérique. Pour parler de cet événement Microsoft qui vient d'avoir lieu, c'est la grande fiesta annuelle baptisée Ignite. C'est donc des annonces, une profusion d'annonces signées Microsoft, à la fois à destination du grand public et des entreprises. C'est intéressant qu'on puisse faire un petit décryptage ensemble. Donc, le cap, on l'a compris, pour Microsoft, c'est de l'IA, de l'IA et de l'IA à tous les étages. Xavier Perret: [1:11] Oui, oui. Alors, vous l'avez dit, Jérôme, Ignite, c'est un des événements. En fait, on en a un peu un tous les six mois. C'est Ignite. Puis il y a Build, qui est plus vers les développeurs. Puis je rappelle que Microsoft, son premier marché, c'est presque les développeurs derrière, puisque Microsoft et Windows, c'est une plateforme. Donc, c'est une plateforme pour développer, pour le grand public et puis pour le marché entreprise. Et effectivement, on a confirmé lors des setting lights, j'allais dire, un certain nombre d'annonces. Xavier Perret: [1:36] Structurante sur la façon, finalement, de développer des agents IA. Voilà, là, on est dans une phase, finalement, où, à un moment, on est en train d'intégrer des agents, c'est-à-dire où je délègue, finalement, des tâches. Alors, que ça soit sur Windows, on va en parler de ce que ça veut dire sur, c'est-à-dire, le Windows 11 et puis les nouveaux PC copilotes et surface, derrière, mais aussi pour le marché entreprise. Donc, ça, on va trouver sur les bases de données. Alors, ça s'appelle Fabric, Fondry. Donc, c'est un concept qui s'appelle IQ, IQ, voilà. C'est une forme aussi de knowledge, ce n'est pas le quotient intellectuel. Pour préciser, c'est cette notion qui est finalement, moi individuel, moi employé, j'ai plein d'informations à disposition. C'est parfois dans des silos de données, c'est parfois à droite, à gauche. Et évidemment, un agent IA ou NIA pourrait parler à cette base de données-là, ce moment-là, ce contexte-là. Et c'est une espèce de surcouche intelligente qui va finalement fusionner l'ensemble de ces données, de ces graphes, de ces relations entre données, on voit bien qu'on a des contextes, on se connaît, on ne se connaît pas, on est à un niveau, à un niveau deux, etc. Pour que les agents IA qu'on va déployer, qu'on va utiliser soient plus pertinents, soient finalement correspondent aux tâches dont j'ai envie. On a beaucoup vu que ce soit du sur-mesure. Xavier Perret: [2:51] Contextualisé, personnalisé, on a vu des IA qui hallucinaient parfois, on se pose beaucoup de questions. Xavier Perret: [2:57] Le Ignite, cette année, est très focalisée sur ce déploiement, cette facilité de déploiement d'IA, qu'on va appeler aussi observable, c'est-à-dire sur lequel je vais être capable de contrôler ce qu'il me fait, c'est-à-dire finalement être sûr qu'il fait ce qu'il dit, il dit ce qu'il fait quelque part. Voilà, c'est ça la thématique, on va dire, d'Ignac, dans une direction très industrielle, évidemment, puisque c'est la force de Microsoft, c'est-à-dire c'est le scale, derrière, et donc ça veut dire quoi ? C'est-à-dire que Windows 11, ça fait partie finalement de cette stratégie, c'est-à-dire que sur mon PC, je vais finalement être capable de déléguer des agents IA qui vont travailler pour moi quelque part d'une certaine façon. Monde Numérique : [3:31] Alors concrètement, ça se traduit par quoi ? De quelle manière est-ce qu'on va vraiment pouvoir bénéficier de ça sur Windows 11 ? Xavier Perret: [3:36] Sur Windows 11 et puis sur les PC aussi qui ont des capacités supplémentaires, qu'on appelle des NPU. Tout le monde connaît les CPU, les compute, pour les GPU, pour l'IA en particulier dans le cloud, et puis les NPU, c'est des Neural Process Unit. Monde Numérique : [3:52] Donc c'est une puce dédiée, enfin c'est plus de puissance informatique pour l'IA. Xavier Perret: [3:55] Exactement, et spécialisée pour l'IA, exactement pour ce qu'on appelle l'inférence IA, c'est-à-dire pour finalement faire fonctionner cette IA. Et donc, une fois qu'on a ça, finalement, ou dans le cadre de Windows 11, derrière, on va se retrouver avec une interaction différente du PC. Dit autrement, alors Satya Nadella, notre PDG depuis quelques années, dit que l'IA, c'est « AI is a new UI ». C'est-à-dire l'IA et la nouvelle interface utilisateur. En gros, je vais converser finalement différemment. Donc, ça passe déjà dans la barre de tâches, finalement, d'avoir cette intelligence dans la barre de tâches pour qu'elle comprenne mon contexte. Et je n'ai pas besoin d'aller chercher l'application qui va bien dans mon menu de barre de tâches entre les produits Office, voire les autres applications. Je vais pouvoir lui parler. Monde Numérique : [4:35] On peut directement parler à Copilot depuis la barre de tâches, en fait. Xavier Perret: [4:38] Comme je vais parler à mon Outlook, comme je vais parler à mon Office potentiellement. Donc, c'est évidemment sur mon PC, ça va être directement. Il y a plein de tâches que j'aimerais faire mets-moi en fond noir, je ne sais pas j'ai un problème d'informatique sur mon PC il ralentit, est-ce que tu peux me diagnostiquer ce qui se passe, tiens, je voudrais lancer un agent researcher, celui qui est dans Copilot, qui va vraiment faire quelque chose de profond directement depuis l'interface je vais demander, depuis la barre d'entrée, le point d'entrée unifié, de me faire finalement cette tâche, donc la première partie c'est vraiment la conversation Alors, voix, c'est naturel, mais finalement, directement, sans me poser la question Xavier Perret: [5:16] où est-ce que je vais. Donc, on voit bien que ça va changer la façon d'interagir. Et puis, la deuxième partie qu'on a aussi annoncée, qui est une évolution dans Windows 11 et dans ses nouveaux PC, c'est le fait qu'il va pouvoir faire des tâches de fond. C'est-à-dire que quand on entre dans le monde agent, ce qui est intéressant, ce n'est pas seulement d'être dans un monde conversationnel, je recherche des documents, j'attends qu'il m'ait trouvé le bon document, etc. C'est de dire, tiens, crée-moi un document, une note de synthèse basée sur tous mes documents qui sont sur mon PC, vas-y fais le travail et puis pendant ce temps moi je fais autre chose, Donc, finalement, j'ai délégué ça. Dans le PC, il va y avoir une espèce d'enclave, finalement, qui va travailler avec ce neural processus unique, en background. Et puis, pendant cela, moi, je vais faire autre chose. Je vais regarder un film en attendant. Xavier Perret: [6:00] J'ai été sur mon Word, je vais faire d'autres tâches, j'ai regardé mes mènes. Et puis, au moment où il a fini, ça y est, j'ai fini. Est-ce que ça te convient ? Etc. Donc, on voit bien qu'à la fois, on va avoir cette interface, l'interaction qui va évoluer, qui va me faire gagner du temps. Puis le deuxième, ça me fait gagner du temps, parce que là, peut-être que je peux être vraiment multitâche, finalement. Et Mutuitage, ce n'est pas juste partager mon écran 4 et essayer de faire 4 choses à la fois en même temps. Monde Numérique : [6:23] Donc, on sent que ça s'adresse aussi bien finalement aux professionnels qu'aux particuliers, parce que le spectre est très large. Xavier Perret: [6:29] D'abord, la sphère pro-perso, on connaît finalement, j'ai mes usages en pro qui sont les mêmes qu'en perso, c'est que j'ai envie de gagner du temps. Donc, nous, on a une optique effectivement très entreprise aussi, de dire finalement, c'est Windows on va aussi répondre à des besoins d'employés Xavier Perret: [6:44] pour gagner du temps et va automatiquement de manière hybride se connecter au produit Microsoft. Et c'est ça aussi la force. C'est-à-dire que Windows 10 est une plateforme, mais du coup, je vais pouvoir utiliser 365 copilotes, Pour aussi faire des choses plus évoluées, Teams, Office, Outlook, des dashboards, qui est le produit que souvent tout le monde connaît, qui s'appelle Power BI dans le monde d'entreprise, pour créer des dashboards. Donc finalement, je vais avoir une continuité et je n'ai plus à me poser la question, il faut que j'aille dans Excel, il ne faut pas, etc. derrière. Monde Numérique : [7:13] Xavier, est-ce que vous pensez chez Microsoft que cette intégration comme ça, encore plus simple, encore plus profonde, encore plus simple, ça va rapprocher les utilisateurs de l'IA ? Parce qu'on a l'impression que depuis l'avènement des IA génératives, alors vous avez mis du Copilot partout. Il y en a dans Word, dans Excel, il y en a déjà quand même dans Windows. Partout, on a des petites fenêtres qui nous suggèrent d'utiliser Copilot. Et on sait que les retours ne sont pas forcément excellents. Les gens trouvent ça, beaucoup d'utilisateurs trouvent ça assez intrusif. Les gens ne savent pas forcément quels bénéfices ils peuvent en tirer, etc. Donc, c'est une manière de dire, bon, ok, là, finalement, On n'est pas arrivé la première fois, on va essayer autrement ? Xavier Perret: [7:55] Non, c'est plus profond que ça. Je pense qu'on est dans un moment intéressant où le... Évidemment, il y a une porte d'entrée, donc il faut quand même une porte d'entrée, Xavier Perret: [8:05] mais le contexte importe plus que la porte d'entrée demain. C'est-à-dire qu'on voit bien que 3 ans, 4 ans après Tchad GPT, la notion d'agent, c'est vraiment une capacité d'un agent ou d'une IA, pas seulement à converser, mais à faire des tâches qui me font gagner du temps. Et qu'on n'était peut-être pas encore dans ce moment de maturité de ces agents capables de faire des choses beaucoup plus évoluées telles que je l'attendais. Si je prends un cas qui, moi, me concerne, c'est Researcher dans 305 Copilote, la capacité de créer des notes de synthèse extrêmement élaborées dans lesquelles je vais le faire travailler comme je disais en tâche de fond ça ça n'existait pas il y a trois ans on découvre un chat GPT où finalement il me crée des choses un document Word mais en fait ce qui m'intéressait moi c'était j'ai plein de données sur mon marché en l'occurrence c'est le cloud et Azure en France, créez-moi une note de synthèse trouve-moi les endroits pertinents c'est faire une enquête. Monde Numérique : [8:50] Quasiment une enquête documentaire c'est. Xavier Perret: [8:53] L'équivalent. Monde Numérique : [8:54] Du deep research chez chat GPT etc. Xavier Perret: [8:56] Exactement donc en fait Du coup, il n'y avait peut-être pas ces agents spécialisés suffisamment. Et en fait, c'est ceux-là qu'on va vouloir utiliser. C'est comme un collaborateur spécialisé, finalement. Donc, j'en ai un aujourd'hui qui, finalement, va me piocher tous les éléments de ma base de données clients, mon CRM. Par exemple, pour savoir, quand moi je vais discuter en interne sur certains clients, je vais avoir tout le contexte du client. Je vais avoir un meeting qui va se prévoir qu'est-ce que ça me suggère de raconter. Donc, c'est des agents spécialisés ancrés sur, finalement, le contexte. Et je pense qu'on a vu une première génération, on va dire, d'intelligence artificielle qui savait répondre à des capacités, on va dire, de créativité extrêmement fortes, mais pas suffisamment adaptées au contexte. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on butait probablement sur comment je l'ancre sur le contexte. Vous le savez, il y a eu beaucoup de discussions sur les IA hallucines, ils sont trop complaisants. ce qu'on a lancé justement donc IQ dont je parlais c'est d'essayer de réconcilier finalement cet ancrage de contexte, pour qu'il soit pertinent, pour qu'il puisse répondre à mon problème. Donc, mon IA, moi, enfin, mes agents, ils sont sur des problématiques spécifiques métiers derrière. Xavier Perret: [10:08] Je peux faire un exemple, du coup, personnel, parce que finalement, je me suis créé un agent très spécialisé parce que je suis savoyard et j'adore faire des randonnées. Et la problématique de la randonnée, il faut comprendre que c'est, alors, sur plusieurs jours, pour être très clair, et donc, moi, ce qui m'intéresse, c'est d'avoir le meilleur, évidemment, on peut suivre les GR, etc., mais d'avoir la carte, donc de créer la carte, de savoir combien de temps je vais mettre parce que le temps compte plus que le kilométrage ça va dépendre du dénivelé et donc si je faisais un agent qui dit crée-moi la carte, tu vas faire quelque chose de pas tellement adapté j'ai créé un agent spécialisé un agent qui va me créer la carte qui va me faire quelque chose de très précis qui répond à un vrai besoin et qui à la fin je veux une carte en 7 jours comment je fais ça avec le kilométrage, le temps passé etc. Où je puisse programmer parce que dans le monde d'entreprise c'est pareil ce qui s'est passé c'est qu'on a eu trop tendance à dire il ne répond pas bien à ma question. Xavier Perret: [10:57] On les a peut-être mal cadré Et donc, on a cette perception d'expérience parce qu'il manquait finalement, alors là, c'est une stack technique, mais le mariage des données structurées et non structurées. Non structuré, c'est mon comportement, en gros. Structuré, c'est mon nom, mon prénom, etc. Et là, aujourd'hui, il y a une grosse évolution technologique sur cette stack-là. Chez nous, chez Microsoft, ça s'appelle Fabrique. C'est un investissement de probablement 8 ans pour avoir sorti Microsoft Fabrique. C'est un des produits les plus utilisés dans le monde d'entreprise qui va faire cette réconciliation et cette forme d'intelligence que les agents IA vont appeler. Monde Numérique : [11:32] C'est-à-dire qui fait encore mieux la traduction entre des ordres pas forcément très cohérents, des instructions qui peuvent être un peu floues. Xavier Perret: [11:42] Oui, et finalement, sa traduction quelque part par rapport à un contexte. Dans l'environnement entreprise, on a l'équivalent, ça s'appelle WorkIQ. Alors, Work porte bien son nom. C'est, en fait, quand je suis, moi, sous Windows et sous les outils Microsoft Office, finalement, j'ai mon graphe. Mon graphe, c'est quoi ? C'est l'ensemble, évidemment, de mes documents, de mes Word, etc. Mais c'est aussi l'organisation, la façon dont elle est structurée, mes interactions, potentiellement. Et c'est tout ça qui fait la valeur de ma collaboration. Et donc, c'est cette intelligence-là, cette surcouche d'intelligence, qu'on appelle parfois la couche sémantique. Xavier Perret: [12:13] C'est cette traduction entre j'ai des bases données plates, je rajoute de l'intelligence dessus, et c'est cette intelligence-là que va appeler les agents et les IA et ça, ça donne une pertinence qui n'a rien à voir dans aujourd'hui ce qui est copilote, on n'avait pas forcément cette perception de 305 copilote il y a 3 ans quand c'est sorti, là il y a eu un gros effet, d'adaptabilité j'allais dire mais surtout de pertinence. Monde Numérique : [12:36] Ça veut dire que c'est plus facile à utiliser. Xavier Perret: [12:37] ? c'est à la fois, c'est surtout si ça répond à mon besoin plus simplement c'est plus facile à utiliser, donc je vais l'utiliser plus donc je vais gagner du temps, Et donc, je pense que le côté gain de temps pour passer du temps à des choses qui font plus sens, discuter, converser, aligner, discuter avec des clients, avec les organisations, avec les collaborateurs, ça a plus de sens dans mon métier que d'aller rechercher un document pour préparer un meeting éventuellement. Donc, c'est là la différence. Je vais gagner beaucoup plus de temps en faisant ça. Monde Numérique : [13:07] Xavier Perret, alors une IA très personnelle, très personnalisée, c'est bien. Comment éviter que ça devienne, que ce soit aussi trop intrusif et puis un peu trop curieux et trop dépendant des données privées des utilisateurs ? Et d'ailleurs, où vont les données privées ? Si pour faire mon programme de randonnée, je suis obligé de tout dire sur ma condition physique, ma santé, etc., Quelle garantie en termes de données personnelles ? Xavier Perret: [13:40] Alors, il y a plusieurs, donc c'est bien, vous reprenez l'exemple comme ça, c'est parfait. D'abord, il y a, donc nous, on a une politique assez claire là-dessus. D'abord, quand vous construisez, soit personnellement, j'allais dire, comme mon exemple, ou une entreprise, il y a toujours quand même la question de se poser de la sobriété des données et de se dire les données que j'utilise qui servent vraiment à mon objectif de façon raisonnée. Dans le cas de la randonnée, je n'ai pas besoin de mettre mes données de santé, pour simplifier. Monde Numérique : [14:06] Oui, je prenais un exemple comme ça, mais bon. Xavier Perret: [14:07] Mais c'est important, parce que dans la définition même du besoin, l'idée, ce n'est pas de mettre toutes les données, y compris celles qui ne seraient pas pertinentes. Ensuite, le deuxième élément, et ça c'est vrai sur, évidemment, le cloud Azure, c'est vrai sur Microsoft 365, on a des engagements extrêmement forts de déploiement, c'est-à-dire que les données restent les données des clients, elles restent en Europe. Ça, c'est un engagement extrêmement fort qui est, je pense, 8 ans de développement pour s'assurer que les données qui sont stockées en Europe, toutes les données, les métadonnées, les services qui vont être appelés, restent dans l'Union européenne, pour être précise. Monde Numérique : [14:39] Oui, alors ça, c'est vrai. Alors, petite parenthèse, puisque vous en parlez, c'est vrai que c'est important. Évidemment, il y a en ce moment toute une quête de souveraineté numérique et donc on se méfie énormément des gens américains. Mais vous, vous dites depuis un certain temps, faites-nous confiance, on a fait des data centers en Europe, on est à l'abri des grandes oreilles américaines, etc., etc. Xavier Perret: [15:03] Pour être précis, on va déployer effectivement en Europe, on va développer l'écosystème européen. Je pense qu'on a annoncé un certain nombre de choses avec d'ailleurs des startups et puis aussi l'IA européenne. Je pense à Mistral, on a fait beaucoup de choses avec Mistral aussi. On déploie en Europe, on déploie des infrastructures spécifiques pour l'Europe. C'est important. Dans tous les pays, c'est vrai en France, puisqu'on a depuis très longtemps d'ailleurs deux régions qui sont plusieurs d'Atlantinsettaires en France, c'est vrai en Europe. Donc on continue et on a des engagements donc c'est plus que faites-nous confiance c'est qu'on a des engagements extrêmement précis, sur la façon dont on va gérer les données qui sont des engagements au plus haut niveau y compris par exemple d'avoir au niveau sécurité un panel de sécurité un certain nombre de choses autour de ça ce qui est important aussi c'est qu'on va déployer, des infrastructures comme je disais spécifiques mais qui vont aussi développer l'écosystème européen, donc on est quand même sur une optique où euh, On va être compliant, je vais y arriver, sur la réglementation évidemment européenne. On est RGPD évidemment en Europe, mais dans le monde entier d'ailleurs, dans la façon dont on se l'est approprié depuis bien nombre d'années derrière. Si on est un acteur américain, on déploie en fait sur des infrastructures spécifiques en Europe avec un certain nombre de conditions. Monde Numérique : [16:21] Donc l'enjeu aussi, c'est de vous assurer la confiance des utilisateurs. Xavier Perret: [16:25] En fait, le sujet, alors évidemment c'est un sujet légitime, mais oui, on pourrait passer, je pense, un podcast complet sur ce sujet-là. Xavier Perret: [16:34] Moi, je voudrais vraiment doubler sur l'IA en particulier sur les agents. Le sujet, il est plutôt de plus en plus sur le fait que si je commence à déployer des agents, que ce soit en entreprise ou autre, est-ce qu'il fait exactement ce que je veux qu'il fasse ? C'est-à-dire, est-ce que si je le considère presque comme un collaborateur qui est mon bras armé, finalement, sur un centre de tâche ingrate, comment je m'assure que, finalement, il va correctement faire les actions que j'aimerais qu'il fasse ? Comment je vais pouvoir l'observer comment je vais pouvoir finalement en toute confiance lui déléguer les tâches comment je vais pouvoir éventuellement vérifier voire auditer ce qu'il fait, et ça c'est ce qu'on appelle l'observabilité c'est aussi un élément important dans cette semaine dans les annonces Ignite c'est toute la batterie d'outillage qui va permettre de déployer des agents dans des environnements de confiance justement puisqu'on va s'assurer qu'on est capable de les observer, derrière. Et ça va. Et ça, c'est vraiment le sujet du moment, en fait. C'est-à-dire, si je veux commencer à déployer des IA ou des agents IA qui répondent à des besoins légitimes, ou d'entreprises, ou personnels, je veux quand même m'assurer que je continue à les contrôler, que c'est moi qui, finalement, maîtrise le niveau de délégation que je veux qu'ils fassent, finalement, derrière. Et donc ça, c'est le vrai sujet, on va dire, sur lequel on va déployer énormément de nouveaux services. Je vais en prendre un, parce qu'on oublie parfois qu'il y a au niveau de la sécurité, puisque que vous en avez un petit peu parlé. Monde Numérique : [17:52] Je vais vous poser la question. Xavier Perret: [17:54] Jailbreak, voilà. Jailbreak, c'est quoi ? Je pense que vous le savez comme moi, c'est je veux déployer une relation client à base d'IA ou d'agent IA. Évidemment, il y a des petits malins toujours dans mes clients ou non-clients qui vont vouloir lui faire dire ce qu'il n'a pas le droit de dire. C'est-à-dire jouer autour, faire des phrases alambiquées pour, j'allais dire, le perturber, pour éventuellement qu'il me donne des données que je n'aurais pas le droit. Ça appelle des filets de données potentielles. Monde Numérique : [18:23] Ce qui peut mener à des cyberattaques avec des conséquences gravissimes. Xavier Perret: [18:26] Exactement. Donc nous, de façon intégrée dans ce qui s'appelle Fondry, qui est encore une factory pour déployer des agents et de l'IA, on a intégré, un certain nombre de services, et il y en a un qui exactement va, c'est d'autres IA finalement, qui vont surveiller ces IA pour dire là, attention, c'est un jailbreak potentiel, donc soit je te préviens, soit je bloque, soit je bloque, soit je te fais répondre non, je n'ai pas le droit de te répondre, etc. Donc, on oublie qu'il y a tout un panel autour de sécurité pour déployer en toute confiance finalement ces agents ou ces IA. Monde Numérique : [18:56] Mais malgré tout, vous mettez en garde vos utilisateurs, ne serait-ce que sur votre site, vous indiquez, attention, au risque d'hallucination et même au risque en termes de cybersécurité. Xavier Perret: [19:09] Nous, on est très conscients, j'allais dire, et d'ailleurs, on publie ce qu'on appelle les blueprints, c'est-à-dire la manière dont nous-mêmes, on a déployé ou des agents, pour nous-mêmes, pour nos ressources techniques, pour les call centers, pour même moi, en tant qu'employé, en tant que directeur commercial finalement d'une entité, pour les vendeurs. Et on est très conscients que la user experience et la capacité finalement de s'approprier ce AI, c'est extrêmement important. C'est vrai qu'il ne faut pas mentir, c'est une IA à la fin. Donc, à la fin, elle est faillible comme tout être humain est faillible. Et donc, dans toutes les expériences qu'on recommande d'ailleurs, et c'est celles qu'on voit directement dans Bing, donc au pilote, je pense qu'on est extrêmement vigilant à ne pas créer une surconfiance. En Américain, on appelle ça un lover reliance. Lover reliance, c'est quoi ? C'est je délègue tellement que finalement, je ne me pose plus la question et je vais prendre comme acquis ce qu'il va me dire. Voilà. On a historiquement plus de l'under reliance, de la sous-confiance et ah non, non, ça ne marche pas, je n'y crois pas. On est entré dans une phase où ce risque existe et il faut être conscient recommandé, ben oui, on est sur, nous, on va mettre en place une batterie d'outils finalement pour éviter, voilà, cadrer la sécurité mais surtout s'assurer qu'il n'hallucine pas, qu'il ne va pas faire des fuites de données comme j'en ai parlé, etc. Et donc, l'expérience utilisateur qu'on va déployer ou que nos clients même ou nos partenaires vont déployer, doivent quelque part prendre en compte ça aussi. Et c'est important, un agent IA reste, un agent numérique. Monde Numérique : [20:29] Il y a une forme de risque partagé. Xavier Perret: [20:31] C'est parce que risque partagé, c'est aussi, je pense, selon moi, le fait de dire que ce n'est pas un humain. On ne cherche pas à comparer agent et humain. On reste à se dire que c'est l'humain qui maîtrise. J'ai des collaborateurs, etc. Mais j'ai peut-être des agents spécialisés. Xavier Perret: [20:46] Ça reste des agents spécialisés. Et donc, ils sont faillibles. Mais comme le sont mes collaborateurs, un apprenti, etc., c'est juste qu'on a tendance peut-être à l'oublier parce qu'on a tendance à une surconfiance potentielle vis-à-vis de cette ou la technologie en général et je pense que votre podcast Jérôme l'exprime assez bien souvent sur cette question de la technologie et comment on l'appréhende, le côté anthropomorphique et du coup nous on va valoriser finalement des expériences on s'assure que systématiquement, est-ce qu'il a bien répondu à la question attention il peut effectivement, parfois halluciner donc on est toujours en vérificateur d'autant plus si la décision à prendre par rapport à les données qu'a générées l'IA elle a un impact, et je pense que c'est là-dessus il y a énormément de moments où il n'y a pas d'impact créer un document Word m'aider à créer, rapidement pour qu'on puisse le relire un peu d'impact j'allais dire, fort par contre dans des moments où il y a de l'impact là on a un comité éthique auquel on peut aider mais on est plutôt on va s'assurer qu'on ne va pas déployer des IA qui pourraient complètement pas seulement remplacer des processus mais en tout cas qui effectivement pourraient aboutir des mauvaises décisions et des impacts sur nos écosystèmes, nos personnes, nos collaborateurs. Monde Numérique : [21:58] Après, ça relève un peu, ça relève de la responsabilité de chaque entreprise. Xavier Perret: [22:02] Oui, on va avoir une guidance, un blueprint, comme je le disais, on va être, voilà, le niveau de sévérité et quelque part, les high acts européens racontent ça. Ils racontent, il y a des niveaux de criticité, il y a beaucoup d'endroits où il n'y a pas d'impact et donc là, on est vraiment dans une logique finalement de créer de la valeur simplement par déléguer des tâches mais qu'effectivement, plus on va être dans ce processus cœur, il faut être conscient, il ne faut pas tomber dans la surprenance, comme je disais. Monde Numérique : [22:27] Enfin, l'AI Act dont l'entrée en vigueur réelle risque d'être repoussée, mais ça, c'est un autre sujet. Xavier Perret: [22:34] Oui, mais qui n'empêche pas quand même de faire ce que je viens de dire, en l'occurrence. Monde Numérique : [22:38] Anticiper, oui. Bon, formidable, ça va arriver quand, tous ces nouveaux joujoux dans les différents outils Microsoft ? Alors, il y en a qui sont déjà là, il y en a d'autres qui vont... Xavier Perret: [22:48] C'est ce que j'allais dire, en fait, il y en a qui sont déjà là, il y en a sur l'évolution de Windows 11, ça dépend du niveau, mais on peut déjà créer, on peut déjà utiliser des modèles en local et commencer à déployer des agents finalement. Évidemment, dans les nouveaux PC, encore plus qu'ils ont cette capacité technologique, tout ce qui est autour des bases de données dont j'ai parlé, de WorkAQ, c'est en fait déjà là. Donc, on n'est pas dans un prospectif de dans 3 ans ou dans 5 ans. Monde Numérique : [23:14] Voilà, et donc, libre à chacun d'aller tester tout ça, d'aller l'essayer, de s'adresser à son copilote pour lui demander toutes sortes de choses. Merci beaucoup, Xavier Perret, responsable Cloud Azure chez Microsoft France. Cloud Azure et intelligence artificielle, c'est bien ça. Xavier Perret: [23:32] C'est lié, en fait. C'est difficile à dissocier. Merci beaucoup, Gérôme. Monde Numérique : [23:36] Merci, Xavier.
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