Thomas Serval:
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0:01] Et avec l'avènement de l'intelligence artificielle générative, depuis deux ans, on s'est rendu compte qu'on allait pouvoir créer des agents intelligents qui allaient remplacer la plupart des métiers de la conception, du développement et de la fabrication des objets connectés.
Monde Numérique :
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0:22] Bonjour Thomas Serval.
Thomas Serval:
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0:23] Bonjour.
Monde Numérique :
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0:25] Baracoda, société française, vous êtes un amie du CES de Las Vegas. Cette année, vous présentez un outil qui est assez étonnant. Est-ce qu'on peut dire que c'est du no-code, c'est-à-dire par intelligence artificielle, mais pour les produits physiques, c'est ça ?
Thomas Serval:
[
0:40] Absolument. En fait, ça fait 20 ans qu'on fait des objets connectés et on a un peu appris toutes les erreurs qu'il ne faut pas faire. Et on se rend compte que la plupart des objets connectés ont les mêmes faiblesses. La connectivité, la cybersécurité, la gestion de la donnée, le respect de la vie privée, enfin toutes les problématiques qui, quand on le fait pour la première fois, sont en général mal faites, et on a décidé depuis huit ans de fabriquer une plateforme qu'on utilisait d'abord en interne pour développer nos propres innovations, et avec l'avènement de l'intelligence artificielle générative, depuis deux ans, on s'est rendu compte qu'on allait pouvoir créer des agents intelligents qui allaient remplacer la plupart des métiers de la conception, du développement et de la fabrication des objets connectés.
Thomas Serval:
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1:19] Depuis deux ans, on itère, et le mois dernier, on arrive maintenant à partir vraiment d'une expression de besoins, ce qu'on appelle un Product Required Document.
Monde Numérique :
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1:27] Donc c'est pour les professionnels, pour les entreprises ?
Thomas Serval:
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1:29] C'est pour les créateurs, les innovateurs, les designers, les centres de R&D des grandes entreprises. Et ce que ça permet de faire, ça permet de démocratiser la fabrication d'objets.
Monde Numérique :
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1:38] Et comment ça fonctionne ? Comment ça marche ?
Thomas Serval:
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1:41] Alors ça marche à partir d'indigences artificielles génératives qu'on essaie de comprendre en langage. Les expressions en langage naturel et après ça utilise des technologies qu'on appelle du RAG donc en fait ça utilise des bibliothèques qu'on a déjà fabriquées et comme on joue au Lego et ça reprend des Lego Par exemple.
Monde Numérique :
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1:58] Je veux fabriquer alors par exemple vous, vous avez aussi la marque Colibri qui fait une brosse à dents connectée pour les enfants moi je veux lancer une brosse à dents très innovante qui fera je sais pas quoi qui aura la radio intégrée, je dis n'importe quoi, comment je procède ?
Thomas Serval:
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2:13] Alors vous allez écrire, je veux faire une de brosses à dents qui... Vous voulez qu'en... qui va faire... En français, en langage naturel. En langage naturel, en anglais, en chinois, toute la langue que vous voulez, enfin... On sépare d'une centaine de langues, qui fait ça. Vous allez essayer, si vous êtes assez évolués, de décrire à quoi ressemble l'application en faisant des dessins, en disant... Je voudrais qu'il y ait une... En dessin, un outil qu'on appelle Figma dans la plupart du temps, avec des écrans, vous décidez les écrans que vous voulez. D'accord. L'ordinateur va vous poser des questions pour essayer de voir tous les blind spots, tous les trucs que vous avez oubliés. Par exemple, est-ce que vous voulez quelle durée de la batterie ? Est-ce que vous voulez avoir de... Est-ce que vous voulez que ça coûte 50 dollars ? Est-ce que ça coûte 20 dollars ? Et à partir de là, il va vous recommander un microprocesseur, va continuer et va vous demander si c'est ce que vous voulez. Vous avez peut-être choisi quelque chose d'autre. Et après, il va vous dire, ben voilà, est-ce que tu veux un écran ? Est-ce que tu veux des boutons ? Quelle est la durée de la batterie ? En vous posant des questions, jusqu'à arriver à ce qu'on appelle une description physique-thérée. Et à partir de là, il va générer le code dont vous avez besoin pour pouvoir le mettre dans l'application et dans ce qu'on appelle dans le semi-conducteur. Ouais. Et il va générer ce qu'on appelle le routage du PCB, c'est-à-dire la partie de la carte électronique. Et il va générer à partir de là une bibliothèque qui va pouvoir être intégrée dans une application mobile et du code qui va être intégré chez Azure ou chez AWS. Et de bout en bout, vous avez une solution avec juste un seul ingénieur dans votre équipe au lieu de 25. Pour vous donner un ordre de grandeur.
Thomas Serval:
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3:36] Faire un objet connecté, c'est environ 6 mois qu'on en fabrique chez nous, plus à peu près 3 mois d'industrialisation. Là, les 6 mois de conception deviennent quelques jours.
Monde Numérique :
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3:46] Incroyable. Alors oui, c'est le pendant de ce qu'on voit aujourd'hui pour les applications. Absolument. C'est du webcoding comme Lovable, mais pour les objets connectés. Est-ce que ça peut aller jusqu'à la fabrication, par exemple, avec une imprimante 3D ?
Thomas Serval:
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4:00] — Alors on a... on présente au CV, justement, un partenariat... — En tout cas, pour... pour des... — ...mock-up, pour des paquettes ? — Ouais, on... on présente un partenariat avec... euh... une société qui s'appelle DPCB, qui était spécialisée dans le routage. Alors... on va effectivement faire de l'impression... Alors ça sera pas de l'impression 3D, parce que c'est pas de... De la résine... ...en 3 dimensions, mais ça va... ça permet d'aller fabriquer... De donner ce qu'on appelle un fichier gerbert, qui est le terme technique, à un... quelqu'un qui fait des PCB, qui est une usine en... où que vous voulez
Thomas Serval:
[
4:24] dans le monde, ça, c'est très intéressant. Et ça permet de le faire, et ça permet de rendre... des petites séries pour des besoins un peu spécifiques, tout à fait fabricables en quelques jours.
Monde Numérique :
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4:33] Oui, ça peut concerner par exemple des objets connectés pour des applications très spécifiques d'entreprise.
Thomas Serval:
[
4:38] Oui, le militaire ou la santé, tous les métiers où il n'était plus possible de fabriquer, parce que d'abord il fallait le faire en Chine et c'était très loin, et que la compétence n'était plus là. En fait, on peut réindustrialiser et recréer, effectivement comme le 3D printing, pour que les objets de la conception jusqu'à leur mise à disposition soient
Thomas Serval:
[
4:57] faisables à côté de chez vous.
Monde Numérique :
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4:59] Merci beaucoup Thomas Serval de Baracoda.
Thomas Serval:
[
5:02] Merci.