Julien Villeret, directeur de l’innovation chez EDF, détaille les avancées majeures de l’impression 3D métallique à grande échelle, une technologie qui transforme les processus de production industrielle.
En quoi l’impression 3D métallique diffère-t-elle de l’impression 3D « classique » ?
On connaît tous les imprimantes 3D de bureau qui impriment des objets en plastique couche par couche. Ce principe a été transposé au monde industriel, avec une technologie bien plus complexe : la fabrication additive métallique. Elle permet de créer des pièces en métal, parfois très grandes, avec un haut niveau de précision. Contrairement aux méthodes traditionnelles dites « soustractives », où l’on retire de la matière d’un bloc, ici on ajoute seulement ce dont on a besoin, ce qui génère moins de déchets et réduit les coûts. En résumé, c’est plus rapide, plus flexible et plus économe.
Quelles sont les applications concrètes dans le secteur de l’énergie ?
Cette technologie est déjà utilisée dans des secteurs comme l’automobile, l’aéronautique ou la défense. Mais chez EDF, nous l'explorons notamment pour le nucléaire. Avec notre filiale Framatome, nous avons imprimé et certifié une roue de pompe destinée à une centrale nucléaire. C’est une pièce essentielle du circuit primaire, qui doit répondre à des normes de qualité extrêmement strictes. En 2024, cette pièce a été installée à la centrale de Cattenom. C’est une première pour EDF, et un signal fort de la maturité de cette technologie.
Quels sont les avantages pour les industriels ?
Ils sont nombreux. D’abord, la possibilité de produire des pièces aux géométries complexes, impossibles à réaliser autrement. Ensuite, la rapidité : on peut prototyper et tester très vite. Et enfin, l'efficacité économique et environnementale : moins de matière utilisée, moins de déchets, et une production à la demande qui limite les stocks. On passe du modèle numérique au modèle physique en quelques heures ou jours. Cette souplesse est particulièrement précieuse dans des environnements industriels exigeants.
Comment est-ce qu’EDF accompagne les startups spécialisées dans ce domaine ?
Nous avons investi dans la startup néerlandaise MX3D, pionnière de l’impression 3D métallique à grande échelle. Ils utilisent une technologie de dépôt d’énergie dirigée, une sorte de micro-soudure automatisée par bras robotisés. Leur réalisation la plus impressionnante reste un pont entièrement imprimé en acier inoxydable, installé dans le quartier Rouge à Amsterdam : 12 mètres de long, 5 tonnes, imprimé en six mois. MX3D sera d’ailleurs présent sur notre espace Impact Bridge EDF à VivaTech, du 11 au 14 juin 2025. Une belle occasion pour découvrir cette révolution technologique de près.





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