Christophe Batiard:
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0:01] C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on peut avoir des agents qui vont être capables
Christophe Batiard:
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0:04] d'interagir directement avec les contrôleurs réseau pour reconfigurer le réseau. Si je prends la partie Wi-Fi, à la fois sur les problématiques d'interférence en Wi-Fi, à la fois sur du troubleshooting et à la fois sur des problèmes protocolaires, des problèmes hardware et ce genre de choses.
Monde Numérique :
[
0:28] Chaque année, le géant chinois Huawei présente toutes ses nouveautés à l'occasion d'un événement international, Huawei Connect. Nous y sommes, c'est à Shanghai, en Chine, en partenariat avec Huawei. Un déballage de nouveautés, on plonge au cœur des réseaux, des data centers, de l'intelligence artificielle, avec mon invité Christophe Batiard. Bonjour. Vous êtes CTO de Huawei Europe. Cet événement est gigantesque, est-ce que vous pouvez nous rappeler un petit peu, nous présenter un petit peu de quoi il s'agit ?
Christophe Batiard:
[
0:57] Alors, c'est l'événement annuel de Huawei au niveau mondial. On a d'autres événements similaires un peu partout dans le monde, mais là c'est vraiment le plus grand événement. On reçoit entre 30 et 40 000 personnes, à peu près. C'est un événement qui accueille surtout des entreprises. On est plutôt là, tourné sur le monde des entreprises. On a d'autres événements pour des opérateurs et la partie consumer. D'ailleurs, on a lancé un produit, là, il y a quelques jours, un nouveau téléphone. Ouais. Le Mate X2, mais c'est pas dans mon domaine. Là, on est vraiment sur un événement entreprise. Donc on a... on a tout type de clients qui viennent du monde entier.
Monde Numérique :
[
1:30] Alors c'est gigantesque, ça fait penser à, j'allais dire presque, le CES de Las Vegas, sauf que c'est en Chine. Ça se tient sur deux espaces d'exposition.
Christophe Batiard:
[
1:40] Oui, plus d'autres bâtiments à côté. Donc effectivement, on a un hall, c'est l'équivalent du parc des exposés de Versailles, à peu près, mais que Huawei. Donc oui, c'est un petit peu grand, mais c'est normal, ça représente un peu la taille de l'entreprise et de ce qu'elle est capable de faire. Donc on couvre un peu tous les domaines.
Monde Numérique :
[
1:59] Voilà, on rappelle que vous êtes dans des tas de domaines, parce qu'il y a les smartphones, que beaucoup de gens qu'on connaît évidemment, mais surtout aussi les réseaux, et puis dans des tas de secteurs différents qu'on va évoquer ensemble, mais d'abord peut-être les principales nouveautés, les grandes tendances cette
Monde Numérique :
[
2:15] année, qu'est-ce que vous annoncez à l'occasion de cet événement ?
Christophe Batiard:
[
2:17] Alors, je vais parler à deux niveaux. Le premier, au niveau européen, on va surtout améliorer tout ce qui va être sécurité, sécurité des réseaux, et tout ce qui va être aussi, résilience des solutions. Ça, c'est un gros point sur lequel les clients font un focus, quand on regarde à peu près tous les analystes. On sait que c'est là-dessus. Et tout ce qui va être aussi automatisation. Alors, il y avait longtemps qu'on avait automatisé des choses, mais là, on est capable aujourd'hui d'aller utiliser de l'intelligence artificielle pour faire ça. Euh... Et puis après, au deuxième... à un niveau encore plus haut, euh... pour ce qui n'est pas en Europe, malheureusement, on peut pas tout commercialiser partout, pour tout un tas de raisons. On est capable aujourd'hui d'aller euh... utiliser des LLM, pour aller piloter du réseau, de la data, et puis après, de faire du full stack en intelligence artificielle, c'est-à-dire à la fois couvrir tous les besoins en infrastructures, donc euh... de la capacité de calcul, le stockage au réseau, et toute la partie software.
Monde Numérique :
[
3:13] De l'IA à l'intérieur du réseau, à l'intérieur des data centers. On sait ce qui est présenté, c'est amusant, juste derrière vous, au sein de la partie datacom.
Monde Numérique :
[
3:23] Qu'est-ce que ça apporte aujourd'hui ? Vous avez dit résilience, sécurité, etc. Résilience, c'est-à-dire concrètement ?
Christophe Batiard:
[
3:29] Alors la résilience, c'est qu'en fait, les réseaux aujourd'hui sont analysés en temps réel. Alors je dis aujourd'hui pour les gens qui nous découvrent, mais ça fait déjà un certain temps qu'on le fait. On analyse les réseaux en temps réel et on a des softs algorithmiques d'intelligence artificielle. qui sont embarqués, directement, et qui permettent en fait de créer des alertes ou de rediriger du trafic, si nécessaire, automatiquement. Donc on évite de perdre des paquets, on évite euh... on évite d'avoir des réseaux qui s'arrêtent.
Monde Numérique :
[
3:53] Donc de la redondance, qui renvoie automatiquement...
Christophe Batiard:
[
3:55] À la fois de la redondance physique, mais aussi une capacité à... à rediriger automatiquement le réseau. C'est-à-dire que si on peut avoir de la redondance, mais si le réseau est pas capable de sa... d'être... analysé en temps réel, euh... ce qu'il faut du temps réel, on est... on est pas capable de... de faire ça, donc il faut cette double capacité, et puis euh... par-dessus ça, la capacité aussi du réseau à se reprogrammer.
Monde Numérique :
[
4:16] — C'est-à-dire ?
Christophe Batiard:
[
4:17] — C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on peut avoir des agents qui vont être capables d'interagir directement avec les contrôleurs réseau pour reconfigurer le réseau. Si je prends la partie Wi-Fi, à la fois sur les problématiques d'interférence en Wi-Fi, à la fois sur du troubleshooting, et à la fois sur... sur... des problèmes protocolaires, des problèmes... hardware, ce genre de choses. — — Evidemment, l'agent va pas venir tout seul avec son tournevis changer le hardware, ça, non, on en est pas là. Mais par contre, il est capable, typiquement, de... de rediriger dynamiquement du trafic ou de détecter si on a des pertes de paquets ou de la latence qui est inhabituelle.
Monde Numérique :
[
4:50] Et du coup là après finalement c'est l'agent qui va donner des ordres aux humains.
Christophe Batiard:
[
4:54] C'est à peu près ça oui c'est bien traduit je n'ai pas je n'ai pas marketé comme ça mais oui c'est ça l'agent va dire il est capable de dire à un humain attention le réseau va pas bien là dois-je intervenir, voilà on en est on en est là pour ce qui est de l'Europe en Chine en fait il pose plus les questions il peut intervenir tout seul.
Monde Numérique :
[
5:15] Alors ce que vous décrivez, c'est vraiment ce que le grand public et l'utilisateur lambda ne voient pas en réalité, mais qui assure la continuité de services pour tout le monde.
Monde Numérique :
[
5:24] C'est pour les réseaux des entreprises dont vous parlez ? C'est aussi pour les télécoms ?
Christophe Batiard:
[
5:29] Oui, c'est aussi pour les télécoms. Les softs d'IA sont adaptables à peu près sur tous les types de réseaux. Donc il y a effectivement la capacité de délivrer automatiquement des services sur des réseaux telco. dans du WAN notamment aujourd'hui le provisioning des services il peut être fait automatiquement par des contrôleurs SDN et le monitoring du réseau aussi, tout ce qui va être slicing de réseau, c'est-à-dire empiler les couches de service, dans un seul tuyau capacitaire, en fait. Ouais.
Monde Numérique :
[
5:57] Pour pouvoir prioriser. Alors voilà, slicing, ça veut dire... en bon français, on découpe en tranches...
Christophe Batiard:
[
6:02] On fait des tranches.
Monde Numérique :
[
6:02] On fait des tranches, et concrètement, ça sert à quoi ?
Christophe Batiard:
[
6:05] Alors, ça sert à pouvoir assurer de la qualité de service sur des... soit pour des utilisateurs définis, soit pour des devices définis, soit au niveau applicatif. Donc si je prends le cas d'un opérateur, l'opérateur va pouvoir vendre de la qualité de service en tranche à des clients et donc monétiser cette qualité de service. Si je prends le cas d'un hôpital un hôpital lui son angle va être différent s'il monitore un patient il va vouloir lui, être sûr que le monitoring du patient passe avant le flux de la télévision ou de la téléphonie ou d'un autre flux moins critique.
Monde Numérique :
[
6:40] Ou envoyer par exemple réserver une partie du réseau pour des secours.
Christophe Batiard:
[
6:45] Exactement, ou pour de la télémédecine, ou pour de l'imagerie par exemple.
Monde Numérique :
[
6:49] Ouais.
Christophe Batiard:
[
6:49] Parce que les flux sont très gros en imagerie, donc il faut être capable de... d'avoir des flux qui soient dédiés.
Monde Numérique :
[
6:54] C'est-à-dire que par exemple dans un hôpital, s'il y avait du réseau euh... wifi, bah vous vous dites que c'est plus important de passer les radios que, euh... les patients qui sont en train de scroller sur TikTok.
Christophe Batiard:
[
7:04] Exactement, c'est ça l'idée. Euh... parce qu'on est capable de reconnaître le type de device, alors c'est de manière anonyme, hein, c'est pas... c'est pas quelque chose où on... on identifie l'utilisateur, mais quelqu'un qui se connecte en Wi-Fi avec un device, donc on sait quel device, est en train d'être utilisé, on sait quelle application il utilise, parce qu'en fait on n'a pas besoin de décrypter le flux, on le voit, et on a les bases de données de connaissances pour identifier le type de flux. Et à partir de là, on sait se dire, bah là, quelqu'un est en train de regarder TikTok, c'est pas prioritaire.
Monde Numérique :
[
7:31] Ouais. Alors, ça, c'est dans le domaine de la santé, notamment. Il y a d'autres domaines
Monde Numérique :
[
7:38] dans lesquels vous êtes présents, dans l'éducation, je crois.
Christophe Batiard:
[
7:40] Aussi. Oui, dans l'éducation, on a... Alors, il y a trois ans qu'on a sorti le Wi-Fi 7. On a participé quasiment à un quart de la norme, le Wi-Fi 7. C'est pour ça qu'on avait pas mal d'avance. Et un des points critiques qu'on a résolus dans la partie éduc, euh, notamment dans les universités, c'est tout ce qui va être « online teaching », euh, tous les cours en ligne, euh, qui sont en même temps en présentiel. Là, y a des problématiques, parce que, bah, il faut que le... le tableau blanc numérique, on appelle ça comme on veut, chez Huawei, y a une offre là-dessus d'ailleurs, soit euh, connecté, donc en Wi-Fi, en général, c'est... c'est non filaire, mais y a aussi les étudiants qui se connectent dans l'amphi, qui euh, scrollent, qui euh, regardent des cours, qui... enfin voilà, enfin, qui font plein de choses, et donc, y faut être capable de prioriser ça, et de gérer tout le trafic, euh, de plusieurs centaines de personnes en un seul endroit, donc des scénarios de haute densité. Et ça, pour ça, on a développé des technologies supplémentaires par rapport au Wi-Fi Set. On a des algorithmes spécifiques, en plus, par rapport à ça.
Monde Numérique :
[
8:35] Mais qui sont dans la... qui respectent la norme Wi-Fi Set, ou vous faites cavalier seul ?
Christophe Batiard:
[
8:39] C'est au-delà.
Monde Numérique :
[
8:40] D'accord.
Christophe Batiard:
[
8:41] C'est au-delà. Ah ouais ? Oui, on est... n'importe quel device peut l'utiliser, hein.
Monde Numérique :
[
8:45] Ça pose pas des problèmes d'interopérabilité ?
Christophe Batiard:
[
8:48] Pas du tout. Pas du tout, parce qu'en fait, n'importe quel device peut l'utiliser. Ce sont des choses qui sont, en fait, de la coordination entre nos propres access points, dans un amphi, par exemple, qui évitent des interférences. Donc en réalité, il n'y a pas de problématique d'interop avec n'importe quel autre système. C'est simplement de la gestion fréquentielle, en fait, entre les différents access points Wi-Fi, ce qui fait qu'on est plus efficace. Donc là, c'est des choses que nous, on a ajoutées en gestion capacitaire.
Monde Numérique :
[
9:14] Et qui peut-être après se retrouveront dans la norme Wi-Fi 8, alors ?
Christophe Batiard:
[
9:17] Peut-être.
Monde Numérique :
[
9:17] Ouais. Ouais, c'est intéressant.
Monde Numérique :
[
9:21] J'ai vu des choses aussi, j'ai vu une expérience, une démonstration, là, tout à l'heure, pour accélérer le débit, parce qu'évidemment c'est toujours la quête d'un meilleur débit aussi d'une meilleure sécurité en réduisant le bruit électronique c'est ça ?
Christophe Batiard:
[
9:39] Il y a plusieurs manières de faire soit on crée des filtres avec de l'algorithmique, on a aussi une autre, ça c'est la première solution elle est logicielle, la deuxième c'est, d'améliorer le signal, tout simplement Donc ça c'est de l'amélioration de signal. Alors ça se fait en Wi-Fi, mais ça se fait aussi en optique. On a ça aussi dans les... dans le... les Interconnection One, par exemple. Ouais. Ça c'est... on est... on est sur de l'amélioration de signal. Euh... et puis, euh... on a un autre... on a un autre... une autre feature dans le... dans le Wi-Fi, si je reviens au Wi-Fi.
Monde Numérique :
[
10:08] Ouais.
Christophe Batiard:
[
10:09] C'est la capacité de changer le... le... on appelle ça le Beamforming, pardon pour l'anglicisme. Euh... le... le faisceau... le faisceau de... Wi-Fi, tout simplement. Quand un utilisateur se déplace.
Monde Numérique :
[
10:23] D'accord.
Christophe Batiard:
[
10:23] Donc en fait là on est capable de tracer en temps réel un utilisateur qui se déplace dans un bâtiment.
Monde Numérique :
[
10:27] Et ça sert à quoi ?
Christophe Batiard:
[
10:28] Et bah ça sert à améliorer expérience client. Parce que quand vous passez d'une... quand vous vous déplacez par rapport à une antenne, en fait euh... bah la distance fait que vous perdez toujours un peu de capacitaire. Le deuxième vous augmentez la latence, et surtout quand vous changez d'antenne et que vous faites ce qui s'appelle un roaming, donc le fait de passer d'une antenne à une autre, bah ils... si le ro... si les antennes peuvent pas vous suivre physiquement, au niveau du roaming, elles vont... vous allez à un moment... à un risque de perte de signal. alors que là en fait on est capable d'avoir une antenne qui discute avec l'autre d'accord qui va dire attention l'utilisateur là est en train de passer chez toi ok et va changer les deux faisceaux pour qu'ils se synchronisent sur le même utilisateur de manière à ce qu'il ya un d'hiver qui soit si, sans couture donc quand on passe dans un couloir quand on passe ça c'est une ça c'est une des possibilités on en a encore d'autres allez-y, dans on a des cas d'usage typiquement dans des centres logistiques où les robots peuvent pas supporter de pertes de paquets Bah oui, s'ils sont autonomes, ils se bougent tout seuls, hein, c'est pour le cas d'un entrepôt automatisé. Euh... Et on peut absolument pas perdre de paquet. Donc là, on a... on a changé, en fait, la manière de d'autre de... pour ces devices-là, de se réauthentifier, quand on change d'un access point à une autre. Et en fait, on partage l'... l'authentification de manière à avoir une zéro perte de paquet. Donc ça, c'est... Y a que nous qui le faisons. Et y a des chances que ce soit aussi dans le Wifi 8.
Monde Numérique :
[
11:42] On peut dire que vous réorientez aujourd'hui vos réseaux pour faire de la place aux robots demain ?
Christophe Batiard:
[
11:47] En fait, les robots, pour nous, c'est juste un device de plus.
Monde Numérique :
[
11:50] D'accord.
Christophe Batiard:
[
11:50] À date, à date. Pourquoi ? Parce qu'ils ont besoin de... d'éviter de perdre des paquets, ils ont besoin de pas avoir de latence, ils ont besoin d'être capables de se géolocaliser. Alors, sauf s'ils ont un GPS intégré tout seul.
Monde Numérique :
[
12:05] Enfin, GPS en indoor, c'est pas terrible.
Christophe Batiard:
[
12:07] Bah, le problème, voilà, c'est que ça marche pas très bien. Euh... Ça, y a beaucoup de constructeurs qui l'ont oublié. Euh... Mais euh... C'est pas... C'est pas quelque chose pour nous de... de... Ça reste un device, en fait. Donc les réseaux qu'on a taillés aujourd'hui en Wifi 7, euh... Ils sont déjà taillés pour ça. Donc, avoir la capacité de gérer à la fois de la latence, de la perte de paquets, prioriser, comme je disais tout à l'heure, et surtout, y a pas que la partie Wifi qui a été... qui a été taillée pour ça, y a surtout la partie Campus. Donc, comme je disais, capable de prioriser des applications dans le réseau, jusqu'au cœur de réseau. D'accord. Et ça, quelque part, peu importe le device qu'on va choisir de prioriser, on sera capable de le faire.
Monde Numérique :
[
12:42] Le Wi-Fi, aujourd'hui, on a l'impression que c'est beaucoup plus que simplement une connexion sans fil.
Christophe Batiard:
[
12:47] Oui. Oui. Nous, on parle même maintenant de Wi-Fi 7 Advanced, en fait. Alors, ça fait un peu marketing. Mais parce que dedans, on est plutôt en train d'essayer de converger les mondes, physiques avec le monde digital. Dans nos antennes, on a intégré des capacités de sécurité spatiales qui brouillent les couches physiques et non pas juste logiciels. Donc ça, c'est typiquement de la sécurité niveau zéro, au niveau 1, niveau zéro. On a la capacité de détecter des gens dans des bâtiments. Alors, de manière totalement anonyme, hein, parce qu'on fait, c'est de la réflexion d'onde.
Monde Numérique :
[
13:23] C'est ce que vous disiez, à la fois pour améliorer le service, mais aussi pour la sécurité.
Christophe Batiard:
[
13:27] Oui, ça peut être pour... Alors, nous, on se connecte ensuite à des écosystèmes avec lesquels on est partenaire. On peut avoir des... des gens qui travaillent dans le Smart Building, par exemple, qui vont détecter... Nos antennes vont détecter une personne, sans savoir qui c'est. Et ensuite, on va envoyer cette information à un écosystème qui va dire, ben voilà, moi, basé sur ça, est-ce que... Est-ce qu'il y a normalement quelqu'un dans cette pièce, oui ou non ? Alors ça peut être dans l'hôtellerie, euh... pour qu'une femme de ménage puisse intervenir, hein, soit une femme de chambre puisse venir et faire la chambre. Euh... ça peut être aussi dans des endroits où il est censé y avoir personne, dans des zones dites confidentielles. Ça peut être aussi, tout simplement, dans l'utilisation d'un bâtiment. Donc là, en remontant l'information, on peut... allumer le chauffage, ou euh... ou l'air conditionné, éteindre la lumière, allumer les écrans... Donc on est... on est vraiment dans du partage de... de capteurs, en fait, euh...
Christophe Batiard:
[
14:14] et l'intégration de tout... tout ça dans... dans un monde réel.
Monde Numérique :
[
14:16] D'accord. Ok. vous me montriez tout à l'heure en faisant une petite visite du stand ce que vous avez développé ce que vous commercialisez aussi en matière de ce qu'on appelle le calcul haute fréquence enfin le HPC.
Christophe Batiard:
[
14:32] Oui la plupart des clients le savent pas forcément mais on est un des principaux constructeurs mondiaux sur tout ce qui est data center, la Chine a des besoins que l'Europe peut-être ne perçoit pas pas toujours et donc Donc quand on fait des choses sur ces sujets-là, que ce soit en IA ou en HPC, on a utilisé de l'IA. Nous, on utilise de l'IA pour améliorer les réseaux, c'est assez rigolo. Et du réseau pour améliorer la gestion de l'IA. Là, on a fait l'inverse, on a utilisé l'IA pour améliorer le réseau. En étudiant, en fait, les problématiques liées au calcul en HPC, on a créé des algorithmes spécifiques qu'on implémente dans nos équipements, qui permettent d'améliorer la capacité et la stabilité du réseau sur des calculs HPC. En gros, ça évite d'arrêter des calculs pour des raisons de plantage de réseaux. Et on fait la même chose en IA. Forcément sur des algorithmes différents. On est capable d'étudier en fait ce qui sort des GPU. En les étudiant, on est capable de connaître ce qui... comment gérer le trafic à l'intérieur du réseau, pour éviter un plantage de réseau. Quand on sait qu'une GPU, ça coûte plusieurs dizaines de milliers d'euros, et que quand on les arrête au bout de trois jours de training, et qu'il en fallait sept... Voilà. — Et faut recommencer... — Donc ça fait partie... En fait, simplement, c'est parce que c'est un retour d'expérience. — D'accord. — On a un retour d'expérience immense en Chine sur ça. Puisque la Chine a... bah... toute sa... toute sa stack d'hier, hein. — Ouais.
Monde Numérique :
[
15:50] — Et...
Christophe Batiard:
[
15:51] Et... et fort de ça, bah en fait, on a... on a redesigné les réseaux pour ça.
Monde Numérique :
[
15:54] Là, on parle d'entraînement des modèles ?
Christophe Batiard:
[
15:56] Tout.
Monde Numérique :
[
15:56] Ça peut être sur l'inference.
Christophe Batiard:
[
15:58] Ça peut être sur du training pur, et puis après, l'utilisation de LLM classique. D'accord. Donc, c'est applicable dans tous les cas. Donc, on est capable de faire des clusters immenses avec plus de 1000 nœuds qui utilisent ce genre de technologie. Et puis après, on a même redesigné, ça c'est pour la Chine, un bus unifié qui évite toutes les autres couches protocolaires au milieu pour améliorer les performances dans des trainings d'IA.
Monde Numérique :
[
16:23] Ça fait quoi l'arrivée des datacenters plus puissants que dans d'autres pays.
Christophe Batiard:
[
16:27] Ça fait des datacenters qui nécessitent un peu moins de puissance en fait de calcul surtout tout simplement parce que la puissance de calcul elle se perd avec la latence et la perte de paquets et ça c'est des choses que beaucoup de gens oublient.
Monde Numérique :
[
16:40] Mais, qu'on comprenne bien, vous, vous êtes à quel niveau ? Vous êtes sur les
Monde Numérique :
[
16:45] fameux calculateurs, les cartes graphiques, on pensait qu'il n'y avait que Nvidia dans le monde.
Christophe Batiard:
[
16:49] Alors, je vais répondre à deux niveaux. Pour la Chine, on fait tout. Absolument tout. C'est-à-dire qu'à la fois, on fait le réseau, la partie stockage, dédiée avec des équipements spécifiques pour l'IA, la partie calcul. On a chez nous la partie Ascent qui fait ça. Donc on a de la GPU pour ce marché-là, pour le marché Chine. et puis après on a toutes les couches de software donc on a ça s'appelle un full stack donc il y.
Monde Numérique :
[
17:15] A des data centers en Chine qui fonctionnent uniquement avec.
Christophe Batiard:
[
17:18] Du matériel Huawei oui 100% Huawei ce que vous avez vu à l'entrée les superpowers 950 c'est du full stack Huawei de bout en bout.
Monde Numérique :
[
17:25] Ouais, et quand on dit que c'est un problème pour la Chine de ne pas avoir accès aux technologies américaines.
Christophe Batiard:
[
17:34] Il faut trouver des workarounds il faut que la R&D travaille parce que parce que oui, il ya des choses breveté auxquelles on n'a pas accès et donc bah on a on a créé là on bat dans le device qu'on a lancé la côté consumer on a changé en fait la manière de distribuer, la partie la partie gravage en fait pour être plus efficace alors on n'arrive pas on n'arrive pas à se rapprocher à date c'est comme ça on y a du travail et les équipes travaillent dessus mais on trouve des on trouve des solutions pour arriver quasiment même performance, et après y'a une autre chose que les... les clients oublient beaucoup. Euh... le capacitaire de calcul, c'est bien, mais si le software qui est dessus a-a été mal designé, il va manger beaucoup plus de calcul que nécessaire.
Monde Numérique :
[
18:17] Bien sûr.
Christophe Batiard:
[
18:18] Donc c'est la leçon deep-sync. La leçon DeepSync, c'est « faites un bon code, ayez les bonnes infrastructures et vous serez beaucoup moins cher.
Monde Numérique :
[
18:25] » C'est la... Oui, enfin, c'est la leçon, mais dans l'autre sens. Vous voulez dire que DeepSync est la... est la...
Christophe Batiard:
[
18:29] Rappelle, rappelle au monde aussi...
Monde Numérique :
[
18:30] — Rappelle ce qu'il faut faire.
Christophe Batiard:
[
18:31] — Rappelle un peu ce qu'il faut faire au niveau du code, souvent. — Ce qu'il faut faire. — C'est les bonnes pratiques.
Monde Numérique :
[
18:34] On va dire.
Christophe Batiard:
[
18:34] — Ah, c'est un peu les bonnes pratiques, oui. — Ouais, d'accord. — Si le software est trop gourmand en ressources, vous pouvez mettre toutes les ressources que vous voulez.
Monde Numérique :
[
18:39] — Ouais.
Christophe Batiard:
[
18:39] — Donc, y'a ça. Mais on arrive aujourd'hui à des taux d'efficience... sur les superpods qui réalisent avec du Nvidia, en Chine.
Monde Numérique :
[
18:47] Ces technologies dédiées à l'IA, elles sont réservées à la Chine ?
Christophe Batiard:
[
18:50] Oui, aujourd'hui, la partie calcul, oui. Tout ce qui va être réseau et stockage, non. Les clients Europe, typiquement, peuvent y avoir accès. Et en plus, nos solutions sont compatibles à Nvidia. Donc quelqu'un qui veut des cartes à Nvidia peut les mettre dans son datacenter, utiliser nos réseaux et nos stockages.
Monde Numérique :
[
19:07] Mais est-ce qu'il y aurait possibilité de commercialiser également hors Chine, les calculateurs ?
Christophe Batiard:
[
19:12] C'est à l'étude.
Monde Numérique :
[
19:13] D'accord. Et là, il y a des considérations, pas seulement techniques, j'imagine.
Christophe Batiard:
[
19:17] Il y a beaucoup de considérations à avoir, qui ne sont pas que techniques.
Monde Numérique :
[
19:20] Également, politiques, économiques, forcément.
Christophe Batiard:
[
19:23] Est-ce que le marché est prêt ? Est-ce que la capacité de production pourrait suffire ? Il y a tout ça à avoir. Est-ce que techniquement, ça fonctionne ? Il n'y a pas de question.
Monde Numérique :
[
19:32] Il y aura la demande, probablement.
Christophe Batiard:
[
19:34] Oui, mais il faut les écosystèmes. Il faut... On est plutôt C'est plutôt une entreprise sérieuse. Donc on fait les choses dans l'ordre. Ouais. Et on décide, d'un point de vue stratégique, si c'est opportun ou pas d'y aller, quoi.
Monde Numérique :
[
19:48] Si on dézoome un peu, on revient à des applications, des utilisations un peu plus perceptibles par le grand public. Est-ce qu'il y a quelque chose que vous retenez de cette édition en particulier ? Qu'est-ce qui va nous changer la vie dans les mois, dans les années à venir ?
Christophe Batiard:
[
20:06] Ce qui va vous changer la vie, c'est encore une fois le réseau physique. Je parle d'un point de vue campus et utilisateur, on va vraiment de plus en plus converger avec la digitalisation. je vais pas parler du retail mais typiquement ce sont un peu les pionniers là-dessus oui on peut en dire.
Monde Numérique :
[
20:19] Un mot dans le commerce la distribution tout ça il y a beaucoup.
Christophe Batiard:
[
20:21] De choses la digitalisation des magasins arrive grâce à ça aujourd'hui, bon il y a le marketing basé sur l'IA machin etc mais il y a surtout le fait de d'avoir des données qui viennent directement des magasins qui permettent d'enrichir les prises de décision marketing de fidéliser les clients il y avait, je veux pas partager la marque mais il y avait le PDG d'un grand retailer qui est un de nos clients, qui a fait une vidéo dans laquelle il communiquait il montrait le parcours d'un client dans son magasin, qui était connecté avec son smartphone sur du wifi, volontairement et qui cherchait un produit dans le magasin et en fait le parcours lui était indiqué dans le smartphone avec l'étiquette connectée etc et tout ça basé sur à la fois un écosystème avec lequel on travaille et du Huawei.
Monde Numérique :
[
21:04] Enfin le moteur de recherche.
Christophe Batiard:
[
21:06] Physique dans un magasin donc il faut que ce soit powered by des solutions wifi par exemple Et puis, on travaille avec un écosystème, on n'est pas tout seul. Voilà, donc ça, c'est un vrai cas d'usage. Puis, on a d'autres cas d'usage sur la digitalisation en temps réel des magasins pour améliorer la gestion des stocks, pour améliorer, voilà, avec la capacité de connecter de plus en plus de devices de manière simplifiée. Parce que si on n'automatise pas et que vous rajoutez des dizaines de milliers de devices, un humain seul, il ne peut pas gérer. Donc, c'est ça que ça va changer.
Monde Numérique :
[
21:37] Merci beaucoup, Christophe Battyar, CTO de Huawei Europe.
Christophe Batiard:
[
21:42] Merci.