🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – Yann LeCun, GPT-5.1, robots ratés et gadgets Apple
17 novembre 202526:00

🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – Yann LeCun, GPT-5.1, robots ratés et gadgets Apple

On revient sur le départ annoncé de Yann LeCun, patron de la recherche en IA chez, GPT-5.1, la chute du robot russe AIdol, la chaussette connectée d'Apple : l’actu techno vue depuis Paris et Montréal.

On revient sur le départ annoncé de Yann LeCun, patron de la recherche en IA chez, GPT-5.1, la chute du robot russe AIdol, la chaussette connectée d'Apple : l’actu techno vue depuis Paris et Montréal.

Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)

Yann LeCun claque la porte de Meta

Le cofondateur de l’IA moderne quitte Meta après douze ans. Une rupture révélée par le Financial Times qui traduit un désaccord de fond avec Mark Zuckerberg. L’arrivée d’une nouvelle direction plus business-oriented, incarnée par Alexandr Wang (Scale AI), aurait précipité son départ. Yann LeCun pourrait lancer sa propre start-up — une bonne nouvelle pour une IA plus éthique et utile.

GPT-5.1 : plus personnalisé, plus utile ?

OpenAI corrige le tir après le flop de GPT-5. La version 5.1 promet une IA plus « friendly », avec des vitesses de réponse réglables (Auto, Instant, Thinking) et des interactions plus naturelles. Mais la vraie question reste : à quel prix ? Selon Forbes, faire tourner Sora, le générateur vidéo d’OpenAI, coûterait 15 millions de dollars par jour.

Russie : le bide robotique

Le robot humanoïde russe AIdol s’effondre en direct lors de sa présentation officielle. Une séquence surréaliste qui contraste avec les approches plus prudentes d’acteurs comme Wandercraft (France) ou 1X Technologies (Norvège). Ces entreprises misent sur l’intégration industrielle et l’assistance au quotidien plutôt que sur l’effet d’annonce.

Côté smartphone : OnePlus 15, iPhone Pocket

Bruno teste le OnePlus 15 : design soigné, autonomie de deux jours, processeur Qualcomm dernière génération… un excellent rapport qualité/prix. Pendant ce temps, Apple commercialise l’iPhone Pocket, un étui textile designé par Issey Miyake vendu jusqu’à 250 € — un produit gadget déjà culte… et introuvable.

À écouter dans Monde Numérique et Mon Carnet

  • Dans L'Hebdo, je donne la parole à SiPearl, concepteur du futur microprocesseur souverain européen, et je reçois le journaliste Guillaume Grallet pour son livre Pionniers.

  • Dans Mon Carnet, Bruno Guglielminetti revient sur le sommet du jeu vidéo à Montréal, l’impact des IA sur le site du gouvernement du Québec, et les essentiels pour se lancer dans le podcast.


Bruno : [0:06] C'est le moment que vous attendiez par milliers, votre moment de la semaine. Bruno : [0:11] … préférée où vous avez l'occasion de voir et d'entendre Jérôme Colombain. J’y vois parce que sur YouTube, il y a la version visuelle. Et accessoirement, moi, je suis là aussi. Salut, Jérôme Colombain à Paris. Jérôme : [0:22] Salut, Bruno Guglielminetti à Montréal. Bruno : [0:24] Comment vas-tu ? Jérôme : [0:26] Je vais très bien. Ben, écoute, en pleine forme, beaucoup d'actu. Bruno : [0:29] Ben, malgré toute l'information, écoute, j'avais tellement une tendre pensée pour toi. Jérôme : [0:33] Pourquoi ? Bruno : [0:33] Donc, on a eu une confirmation, une deuxième confirmation comme quoi le iPhone… Bruno : [0:38] Air n'avait pas de succès et puis on met ça sur la tablette. Jérôme : [0:43] Oui, ils ont l'intention apparemment de… Oui, il n'y aura pas de suite, c'est ça. Bruno : [0:46] Non, c'est ça. En tout cas, pour le moment, on verra. Jérôme : [0:48] Pas pour le moment. Mais oui, mais je te l'avais dit, c'est un téléphone réservé à une élite, donc normalement, qui ne plaît qu'à une élite, si tu veux, donc c'est logique. Moi, je suis tombé amoureux de ce téléphone, mais on n'est pas très nombreux. C'est le propre des élites. Voilà. Non, mais ce n'est pas vrai parce que plus sérieusement, moi, je l'avais dit, ce truc-là, c'est logique qu'il y en ait deux. Bruno : [1:07] C'est cliché, oui. Jérôme : [1:07] Non, mais c'était pour tester et tu mets deux iPhones Air côte à côte, ça fait un iPhone pliant. Mais bon, on verra. Bruno : [1:12] Exactement. Jérôme : [1:12] On en reparlera. Bruno : [1:13] Donc, si je comprends ton raisonnement, tu en as un, tu attends le deuxième puis tu vas avoir un Fold. Jérôme : [1:20] Oui, non, ce n'est pas ce que je voulais dire. Mais bon, pour l'instant, écoute, j'en ai un. Bruno : [1:23] C'est quoi ? Tu vas mettre du ruban derrière pour le fermer ? Jérôme : [1:25] Non, et j'en suis très content. Je suis désolé, je maintiens. Bruno : [1:28] C'est l'important. Jérôme : [1:29] J'en suis très content. Tiens, il paraît que tu es très content aussi, toi, d'un téléphone que tu as entre les mains en ce moment. Bruno : [1:35] Oui, tu fais allusion au OnePlus 15, qui est le nouvel appareil. Ça vient de sortir au Canada, en tout cas en Amérique du Nord. C’est sorti en Chine incessamment. Aux États-Unis, ils ne le sortent pas parce qu'il y a des problèmes de certification avec le gouvernement américain. Mais bon, moi, ce qui m'intéresse, c'est de parler. C'est disponible chez vous, c'est disponible chez nous. Et donc, le OnePlus 15, écoute, évidemment, c'est Android, mais c'est un méga appareil qui te vient avec de l'autonomie. C'est minimalement deux jours d'autonomie. Juste ça, ça fait rêver. Jérôme : [2:10] Il n'est pas trop gros ? Bruno : [2:11] Non, pas du tout. À côté de ton iPhone Air qui ne dure même pas l'après-midi. Jérôme : [2:15] C'est quand même… N'importe quoi. Il dure largement une bonne journée. Bruno : [2:19] Oui, quand tu le regardes, mais si tu l'utilises, c'est autre chose. Jérôme : [2:21] Non, non, non, non, arrête de déconner. Mais qu'est-ce qu'il a de bien, ce OnePlus ? C'est-à-dire, OnePlus, très bonne marque. Moi, j'avais eu un modèle il y a longtemps, très sympa. C'est chinois. Bruno : [2:31] Mais donc, le OnePlus, moi, ce que j'aime aussi, c'est que… Écoute, c'est vraiment super moderne. Ce n'est pas tellement cher pour ce que ça donne. Et donc, l'autonomie, la carte, la puce là-dedans de Qualcomm, c’est le dernier modèle qui est sorti. C'est le premier téléphone à l'avoir. Écoute, tu fais du jeu vidéo là-dessus. Tu as presque l'impression d'avoir une console dans les mains. C'est fluide, c'est beau. Les couleurs aussi, le rendu est bon. Il y a tout le côté immersif qu'ils ont vraiment joué. À un moment donné, tu ne vois presque plus les bords. Alors, tu es vraiment dans une expérience autre. Et puis finalement, parce qu'un téléphone, ce n'est pas vraiment un téléphone si ce n'est pas un appareil photo aujourd'hui. L'appareil photo, avec les objectifs qui arrivent là-dessus, c'est vraiment un bel appareil. En tout cas, si vous regardez à changer le vôtre, moi, je vous dis de regarder, de jeter un œil, de le prendre en main, de l'expérimenter un peu. Le OnePlus 15. Jérôme : [3:25] Écoute, puisqu'on est dans les téléphones, est-ce que pour ton OnePlus, tu as l'intention d'acheter l’iPhone Pocket ? Bon, c'est pour iPhone, mais ça peut marcher aussi. Tu as vu ce truc qu'a sorti Apple ? Bruno : [3:37] Est-ce que je peux te dire le fond de ma pensée ? Jérôme : [3:40] Vas-y. Bruno : [3:41] C'est ridicule. Ils ne vendent tellement plus d'iPhone qu'ils sont obligés de sortir des trucs comme ça pour essayer de vendre quelque chose. Jérôme : [3:48] Bon, alors, il faut décrire aux gens qui ne l'ont pas vu. C'est une espèce de, comment dire, de maxi-chaussette. C'est un truc en tissu. Une espèce de poche comme ça, avec une once… Bruno : [3:59] Chez nous, on dirait que c'est un foulard en laine. Jérôme : [4:01] Oui. Bruno : [4:02] Dans lequel il y a une fissure et tu peux rentrer ton téléphone dedans. Jérôme : [4:04] Et tu mets ton téléphone à l'intérieur. Il y a deux versions, une version courte, une version longue. La version longue, on dirait un peu le maillot de bain de Borat, tu sais, dans le film. Tu vois le genre. Bruno : [4:14] Oui, je vois très bien. Jérôme : [4:15] Non, mais on rigole, c'est totalement Apple ce truc-là. C'est fashion, il y a des belles couleurs. C’est fait par un designer de renom, Issey Miyake. Donc, ce n'est pas rien, s'il vous plaît. Et je suis sûr que ça va marcher. Bruno : [4:28] Ce n'est pas innocent de leur part. Ils sortent ça au mois de novembre. Bonjour, c'est Noël très bientôt. Jérôme : [4:32] Bien sûr. Bruno : [4:33] Les gens qui voudront acheter quelque chose, des gens qui ont déjà un iPhone, qui ont déjà un Mac, c'est sûr que ça va se glisser en dessous de l'arbre. Mais ce qui est important à dire, c'est que ce n'est pas disponible partout. Vous, en France, vous allez avoir l'occasion de pouvoir l'acheter au Apple Marché Saint-Germain à Paris. — Ah, mais c'est à côté de chez moi. — Oui, oui. Jérôme : [4:52] Je vais y aller, tiens. Bruno : [4:53] J’ai hâte de te voir avec ça. Jérôme : [4:54] Oui, je vais aller voir ça. Bruno : [4:55] La prochaine fois qu'on se parle, j'espère que tu vas le porter. Jérôme : [4:57] Non, mais on se moque et tu vas voir, on va en voir plein. Même si je trouve que ça fait un peu plus féminin que masculin quand même. Je me trompe peut-être, mais je ne sais pas, je trouve que c’est… Bruno : [5:04] Quand même. Mais donc, c’est ça. Alors, ce n’est pas vraiment vendu partout. Quelques villes en Europe, beaucoup de villes en Asie et puis évidemment, à New York, c'est disponible. Mais faites aller vos doigts si vous désirez en acheter un. Jérôme : [5:16] Puis ce n'est pas cher : 160 euros pour la petite et 250 pour la version longue. Bruno : [5:23] N'importe quoi. Ou 150 dollars américains de ce côté-ci de l'Atlantique ou 230. Il faut l'acheter en dollars. Oui. Bon, attends au CES puis tu pourras te l'acheter, là. Jérôme : [5:34] Ouais, enfin, bon, ça, c'est Apple, quoi. On attend à ce qu'ils inventent la super intelligence artificielle qui va nous changer la vie, et puis paf, ils nous sortent une chaussette. Bruno : [5:43] Un petit lainage, jupité. Bon, Jérôme, là, nous badinons avec l'actualité… Bruno : [5:49] … mais la vraie actualité cette semaine, c'est quand même Yann LeCun qui a surpris tout le monde. Bon, c'est un article qui est sorti peut-être malgré lui, à moins que ce soit lui qui ait leaké, pour citer Shakespeare, cette information-là aux journalistes. Et donc, Yann LeCun qui quitte Meta. Jérôme : [6:06] Yann LeCun, le big boss de l'intelligence artificielle qui quitterait le groupe Meta. Ce n'est pas encore officiel, mais effectivement, ça a fuité dans le Financial Times. Français, Yann LeCun, breton. Lauréat du prix Turing, qui est un peu le prix Nobel de l'informatique. Big boss de la recherche en intelligence artificielle chez Meta. Pourquoi est-ce qu’il s’en va ? C’est la vraie question. Comment tu interprètes ça ? Bruno : [6:33] J'aurais aimé t'entendre en premier, ben. Jérôme : [6:35] Écoute, je peux te dire… Bon, ben vas-y : je pense qu'il y a une conjonction de choses. Déjà, ça fait quand même douze ans qu'il était chez Meta, mais les meilleures choses peuvent avoir une fin. Bruno : [6:50] Il est philosophe tout d'un coup, toi, là. Jérôme : [6:51] Non, mais c'est vrai. Parce qu'il va partir apparemment pour aller créer sa start-up, ce qui est intéressant d'ailleurs, parce que ce sera très intéressant de voir ce qu'il va faire. Bruno : [7:00] Comme Yoshua Bengio aussi, avec sa Loi Zéro. Il s’est embarqué dans une nouvelle aventure avec la Loi Zéro. Jérôme : [7:08] Après, sur le fond, visiblement, il y a un différend avec Mark Zuckerberg. On ne peut pas expliquer ça autrement. Le différend, on le devine un peu. Mark Zuckerberg a monté sa super équipe, qui s’appelle d’ailleurs Super Intelligence, pour laquelle il a recruté, il a fait des ponts d’or — on en a parlé ensemble — des centaines de millions de dollars pour débaucher des talents. À la tête notamment de ça, il a mis ce jeune homme, Alexander Wang, de Scale AI, et que personne ne connaissait à part le milieu. Bon, visiblement, dès qu’Alexander Wang est entré dans l’aventure, on a senti qu’il n’y avait peut-être pas de place pour deux. C'était un peu un fauteuil pour deux. Tu le vois comme ça aussi ? Bruno : [7:52] Mais il faut dire qu'il avait quand même partagé longtemps avec Joëlle Pineau, qui est québécoise. C'est vrai. Parce que dans le fond, lui, il a démarré le laboratoire, mais après, il est devenu un peu comme le sénateur de l’IA chez Meta. Il se promenait, puis il enseigne toujours, si je ne me trompe pas. Jérôme : [8:06] Oui, à New York. Bruno : [8:07] Exactement. Il était toujours sur les tribunes un peu partout. Et donc, il était un peu comme la conscience de l’IA chez Meta. Joëlle Pineau faisait rouler les milliers de chercheurs. Joëlle Pineau, elle, a pris la porte de Meta parce qu’elle ne voulait plus aller dans ce sens-là. Moi, j’ai l'impression que c'était une question de temps avant que Yann LeCun quitte parce que ce n'est pas du tout enligné. Maintenant, ils sont en train de chercher la méga-IA hyper commerciale qui va pouvoir créer une fortune à Mark Zuckerberg. Alors que dans les dernières entrevues qu’il avait données, Yann LeCun, d’une part, il ne croit plus à ça, les grosses IA généralistes. Lui, il cherche quelque chose qui pourrait nous aider à mieux comprendre le monde. Imagine, on n’est pas dans le même axe de recherche. Alors, ce n’est pas vraiment surprenant qu’il quitte. Moi, la bonne nouvelle, c’est de savoir qu’il quitterait — on va mettre ça au conditionnel — pour partir sa start-up à lui. Ça, je trouve ça le fun. Parce que là, il a l’expérience, il a le réseau de contacts, il va sûrement avoir le financement. Et là, ce ne sont que des bonnes nouvelles. Parce que si, d’un côté, Yoshua Bengio veut une IA responsable, sérieuse et encadrée, et que lui de son côté est en train de travailler sur une IA responsable — je ne le sais pas — mais qui serait une meilleure IA pour les humains… Moi, je trouve que c’est une bonne nouvelle de voir que les grands-pères ou les parrains de l’IA, eux, décident de relancer leur jeu. Jérôme : [9:34] De voler de leurs propres ailes. Mais n’oublie pas, Bruno, que Yann LeCun, il n’est pas du tout sur la même ligne que Yoshua Bengio. Bruno : [9:41] Non, pas du tout. Jérôme : [9:41] Il ne fait pas partie des inquiets. Lui, il dit depuis le début que l’intelligence artificielle ne va pas nous manger tout crus, prendre le pouvoir, etc. À tel point que pour lui, les LLM, ChatGPT et tout ça… ça va plafonner à un moment ou à un autre. Lui, il explique que ces IA-là ne sont que des outils de traitement du langage avec des probabilités, mais ça n’a rien à voir avec l’intelligence artificielle — ça, on le savait. Et lui, il cherche une autre voie qui est ce que tu disais : une espèce d’IA multimodale qui serait capable de comprendre comme nous, aussi vite que nous. Bruno : [10:19] Beaucoup plus près de l’humain. Jérôme : [10:20] Beaucoup plus près de l’humain. Il prend souvent cet exemple — moi, je l'avais rencontré à Paris, et il expliquait ça : un enfant de deux ans, il rate une marche, il comprend qu’il va tomber dans les escaliers et il ne s’approchera plus des escaliers, en principe. Une IA… L’exemple n’est pas idéal. Un enfant de cinq ans, il va regarder, il va voir trois fois des chats et saura reconnaître les chats. Une IA, il faut lui balancer des millions d’images de chats pour qu’elle y arrive — une IA actuelle. Et Yann LeCun dit : il faut sortir de cette logique. Il faut autre chose, un autre concept, et notamment des IA qui soient auto-apprenantes, qui n’ont pas besoin comme aujourd’hui de s’entraîner pour ensuite travailler. Il faut qu’elles puissent apprendre en travaillant. Bruno : [11:06] Exactement. Non, ça va être intéressant de le voir. Moi, je vois ça comme une bonne nouvelle. Puis en plus, c’est certain que la prochaine conférence qu’il va faire, une fois qu’il va être sorti de là… Bon, il va quand même avoir des actions dans Meta, mais peut-être qu’il sera un petit peu bavard. Il va balancer. Balancer, je ne suis pas sûr, parce qu’il a quand même des actions dans la compagnie. Il ne veut pas voir son fonds de pension disparaître, mais bon, on verra. Bruno : [11:27] Pendant qu'on parle d’IA, est-ce que tu as vu la nouvelle version d’OpenAI qui lance GPT-5.1, l’IA plus naturelle et plus personnalisable ? Jérôme : [11:37] Plus éco-friendly, plus friendly en tout cas. Bruno : [11:40] Oui, friendly, oui. Jérôme : [11:41] Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que GPT-5, qui avait été lancé en fanfare au mois de juillet… Bruno : [11:47] C’était une ordure. Jérôme : [11:50] C’était raté, finalement. Bruno : [11:52] Dans le fond, oui. Moi, j’ai l’impression que c’est ce qu’on entend. De toute façon, Sam Altman, dans l’entrevue, n’était pas vraiment fier, un, du lancement de GPT-5 parce qu’il s’est trop pété la bretelle en lançant, et puis il annonçait quelque chose de formidable alors que, regarde, ça n’a rien fait. Il était juste plus bête et moins sensible aux requêtes des gens. Et là, quand on arrive avec GPT-5.1 où on dit : non, non, mais il sera plus sensible, plus personnalisable, dépendamment de comment vous l’utilisez, que ce soit professionnel, que ce soit amical, vous allez être capable de le paramétrer… Ça aussi, c’est intéressant. Jérôme : [12:28] Tu utilises ça, les personnalités de ChatGPT ? Bruno : [12:31] Pas du tout. Jérôme : [12:32] Moi non plus. Bruno : [12:33] Non, mais il y a des gens… C’est un gadget. Jérôme : [12:36] C’est un gadget. Bruno : [12:37] Oui, mais moi, la personnalisation, ça fait trois ans que je l’utilise. Je l’ai fait à coups de documents que je lui mettais, des règles que j’allais mettre dans les paramètres. Jérôme : [12:47] Oui, mais ce n’est pas pareil. Tu l’as dressé pour qu’il fasse des tâches qui te conviennent. Mais tu t’en fous de la manière dont il te répond, etc. Bruno : [12:55] Pour toi, qui fais le travail, c’est correct. Jérôme : [12:57] En fait, la grosse nouveauté de ce 5.1, c’est que la version 5 avait unifié tous les modèles, parce qu’ils avaient plein de versions, et en fait, il n’y en avait plus qu’une. Et c’est là où il y a des gens qui ont râlé. Alors moi, je n'étais pas d’accord, personnellement, en tant que petit utilisateur de base. Bruno : [13:11] Et tu nous en avais parlé, d’ailleurs. Jérôme : [13:14] C’est ce que j’avais dit, je trouvais. Et là, qu’est-ce qu’ils font ? Ils le redécoupent en trois morceaux. Alors ça y est, moi, je l’ai, 5.1. Je l’ai devant les yeux. Enfin, c’est arrivé. Ils sont en train de le déployer progressivement et j’ai la nouvelle version. Donc il y a trois versions. En fait, tu as un bouton en haut : tu as Auto, Instant et Thinking. Auto, c’est par défaut : il décide du temps de réflexion. Donc il s’adapte, oui, c’est le mode automatique. Ensuite tu as le mode Instant, qui fait des réponses plus rapides, et le mode Thinking qui réfléchit plus longtemps pour de meilleures réponses. Bruno : [13:47] Et ça, ça nous ramène à l’époque du début du web où tu avais le temps de faire ta requête d’URL. Tu allais prendre un café, tu allais regarder un magazine, tu revenais puis là tu avais ce que tu voulais. Jérôme : [13:58] Oui, mais moi, il y a un truc. Alors, c’est vrai que dans la version précédente, quand tu posais une question à ChatGPT, quelquefois il te répondait très vite et d’autres fois il prenait du temps. Ça veut dire qu’en fait il était en train de faire la balance. C’était un coup l’un, un coup l’autre et tu ne savais pas dans quel mode il était. Ça devait énerver certaines personnes. Donc là, en fait, tu pourras choisir. Mais en même temps, je trouve qu’un modèle qui te dit : attention, il y a la version puissante qui est à portée de main, mais si tu veux, je te fais une version pas terrible. Tu la veux, la version pas terrible ? Mais non, je ne veux pas la version pas terrible. Moi, je préfère attendre quelques secondes de plus et avoir la bonne réponse. Bruno : [14:34] Mais ça, c’est ça. Dépendamment du type d’utilisation qu’on en fait, si c’est pour être chummy-chummy, en mode amitié, bon, ben quelqu’un va se prendre le mode Instant. Si tu l’utilises en mode professionnel, ben t’es prêt à mettre le temps une fois que ta requête est faite, parce que tu vas avoir quelque chose de pertinent. Jérôme : [14:51] C’est vrai. Moi, je n’ai pas encore commencé ma psychothérapie sur ChatGPT, donc je n’ai pas les bons réflexes encore. Bruno : [14:57] Ah, ça viendra, ça viendra. Certainement. Restons avec OpenAI. Bruno : [15:01] Je ne sais pas si tu as vu passer ça cette semaine, mais c’est dans Forbes. Ils ont sorti un papier comme quoi — ils citent des chercheurs qui se sont penchés sur la chose — et Sora 2.0, qui est l’outil pour fabriquer des vidéos avec l’IA chez OpenAI, pour eux, pour faire rouler ce système-là, ça coûterait 15 millions de dollars US par jour. Pour faire rouler le système. C'est une fortune. Après, tu te demandes comment ils vont faire pour vivre, ces gens-là. Jérôme : [15:30] Tu m’étonnes que Sam Altman soit tout le temps, tout le temps en train de tirer des sonnettes pour trouver de l’argent. Mais alors, pourquoi 15 millions par jour ? Comment on l'explique ? On sait pourquoi ? Bruno : [15:41] C’est parce que c’est énormément de temps machine, ça c’est une chose. Sauf que, et puis en faisant un peu de recherche sur le sujet, je me suis rendu compte en lisant des gens qui ont écrit sur le potentiel de Sora, mais avant que cette histoire-là sorte. Ils disaient : ce qui est bien pour Sora, pour OpenAI, avec l’utilisation de Sora, c’est qu’on est en train de nourrir OpenAI avec de la connaissance sur les requêtes et les intérêts des gens par rapport à différents sujets. Et donc, Sora, pour ses 15 millions de dollars par jour, est en train de générer une base de données sur laquelle les autres LLM d’OpenAI peuvent apprendre et se peaufiner. Puis on peut s’entendre : Sora, bientôt il va y avoir une version commerciale et probablement que les 15 millions vont diminuer. Jérôme : [16:32] Oui, ils feront rentrer de l’argent. Tu parles : ils commencent à faire payer toutes les agences de pub, tous les gens qui ont besoin de fabriquer de la vidéo par IA. Donc en fait, ils dépensent beaucoup, mais c’est une forme d’investissement. Bruno : [16:46] Moi, c’est comme ça que je le vois. Et quand tu consultes des gens qui se sont penchés sur le sujet, c’est exactement ce qu’ils nous disent. Jérôme : [16:53] Alors écoute, je ne sais pas combien il coûte, celui-là, je pense qu’il a dû coûter cher, mais est-ce que tu as vu… est-ce que tu as vu notre ami, comment s’appelle-t-il ? Bruno : [17:04] Le robot russe, là. Jérôme : [17:05] Le robot russe, je cherchais son nom : Aïdol, Aïdol, le pauvre. Bruno : [17:11] Tu sais que c’est une des réactions que j’ai eues quand j’ai partagé ça sur les réseaux sociaux, cette vidéo-là ? Il y a quelqu’un qui a dit : “Ouais, il y a un ingénieur russe qui va tomber d’un balcon ce soir ou demain matin.” Jérôme : [17:23] Oui, j’ai entendu, j’ai vu passer ça, ouais. Quel enfer. Bruno : [17:27] Mais c’est affreux. Jérôme : [17:28] C’est affreux ce qui s’est passé. Donc ce robot présenté, robot russe, premier robot humanoïde russe, rendu public comme ça, qui devait présenter officiellement… La vidéo est cruelle. C’est sur la musique de Rocky. Le truc, il avance comme il peut. On sent qu’il y a deux personnes derrière qui surveillent comme le lait sur le feu. Il lève la main pour saluer et paf, il s’écroule, il s’écrabouille. C’est une horreur. Bruno : [17:54] Mais là, pour remettre sur le drame, automatiquement, on voit deux autres personnes sortir avec un drap noir pour cacher la scène. Jérôme : [18:03] Mais ils n’y arrivent pas parce que le drap est emmêlé. Bruno : [18:05] C’est un mauvais film. Jérôme : [18:07] C’est un carnage. Oui, bon, forcément, pour les gens qui n’aiment pas trop Vladimir Poutine, c’était une bonne raison de se moquer de lui. Ce n’est pas lui qui a fait le robot, mais c’est un peu l’image de la Russie. Bruno : [18:19] Mais Jérôme, si on arrive à une situation comme celle-là, on s’entend que ces gens-là ont été poussés à sortir leur robot bien avant qu’il soit prêt. Parce que quand tu le vois tituber, avancer… Il a l’air d’un robot qui a pris deux bouteilles de vodka avant d’avancer sur la scène. C'est fou, là. Il titube avant d’avancer, il lève la main et il s’écrase par terre. Jérôme : [18:41] Après, il paraît que c’était le premier robot avec vraiment une intelligence artificielle à bord. Contrairement à Unitree et autres. Bruno : [18:50] Ce n’est pas rassurant. Jérôme : [18:51] Ce n’est pas rassurant. Et ça n’arrange rien. Oui, peut-être qu’il est sorti trop tôt. Après, il faut voir ça en creux. Ça prouve que véritablement, la Russie aussi essaie d’être dans la course à la robotique. Parce qu’on parle beaucoup des Américains, on parle beaucoup des Chinois. Et la Russie… On ne parle pas beaucoup des Européens, mais il y a plein de choses qui se passent en Europe. Nous, on a un robot humanoïde français, développé par la société Wandercraft, qui est en fait un dérivé d’un exosquelette. Il s’appelle… Bruno : [19:16] C’est celui-là qui se promène depuis des années dans les salons ? Jérôme : [19:19] Non, non, non, non. Tu parles de Nao, celui-là il était sympa. Mais non, non, un autre fait par la société Wandercraft, qui est en train d’être utilisé dans les usines Renault, notamment. Jérôme : [19:42] Et puis il y a des choses dans d’autres pays. Et puis il y a celui qui a un peu de mal à vider le lave-vaisselle mais qui va être le premier robot commercialisé : celui de **1X Technologies**, le **EVE / NEO** — c’est le N1, c’est ça. Bruno : [20:09] De toute façon, quand tu regardes l’entreprise scandinave, **1X**, ils nous l'ont montré et tu peux précommander, mais il ne sortira pas avant 2026. Probablement tard 2026 parce qu’il n’est pas prêt à la livraison. Ils ont osé le prêter à une journaliste, je pense du Washington Post ou quelque chose comme ça, ou du Wall Street Journal, et ça leur est revenu dans le visage. Quand tu regardes le robot qui essaie de remplir le lave-vaisselle ou de le vider — je ne me souviens plus — et que finalement ça prend deux minutes et demie pour s’occuper d’un seul verre… Tu vois, j’ai le temps de vraiment partir longtemps avant qu’il fasse toute la vaisselle. Jérôme : [20:51] Et puis il ne faut pas oublier que tous ces robots sont en réalité téléguidés. Il n’y en a aucun qui est autonome à ce jour. Mais ce n’est pas grave, on y croit. Tu vas voir, on aura des surprises l’année prochaine. Bruno : [21:04] J’aime ton optimisme. C’est au CES qu’on va avoir la grande surprise ? Jérôme : [21:08] Je ne sais pas. Je ne sais pas parce que c’est grosse boîte. C’est une édition de la robotique ? Peut-être, peut-être. On verra. Bruno : [21:16] Jérôme Colombain. Bruno : [21:18] Est-ce que tu veux me dire de quoi vous allez parler cette semaine ? Jérôme : [21:20] “Vous” ? Cette semaine, cocorico, je donne la parole avec grande fierté à une innovation française, en tout cas à une entreprise française, qui est en train de fabriquer un microprocesseur — le premier microprocesseur souverain européen — et qui va équiper un superordinateur qui sera fabriqué à partir de l’année prochaine en Europe. Alors voilà, c’est une société qui s’appelle SiPearl, et ils ont mis au point un super processeur qui s’appelle Rhea1, haute performance, basse consommation, qui est en train d’être fabriqué. La fabrication est en train de commencer dans les usines de TSMC à Taïwan, puisque tu sais que tous les processeurs sont fabriqués là-bas. Mais il a été designé en France, par une équipe d’ingénieurs français — pas que français, d’ailleurs — ce que m’explique la personne que j’ai interviewée, le CEO de la société SiPearl. Et je trouve que c’est une super nouvelle parce que c’est des choses qu’on ne connaît pas. Bruno : [22:25] À ce temps-ci, c’est une bonne nouvelle. Jérôme : [22:26] C’est une super nouvelle, voilà. C’est l’émanation en plus d’un projet européen, et tout. Donc, voilà, je suis très heureux de pouvoir faire écouter ça à mes auditeurs. Et puis sinon, je reçois un confrère que tu connais qui s’appelle Guillaume Grallet, qui est notre camarade journaliste spécialiste de la tech et des sciences au magazine Le Point, et qui sort un livre qui s’appelle *Pionniers*. Et alors Guillaume, lui, il a rencontré tous les big boss de la tech : Mark Zuckerberg, Sam Altman, Elon Musk… Il les a rencontrés en vrai plusieurs fois. Il a souvent fait des articles qui ont fait la une, d’ailleurs, du magazine. Et là, il s’est dit… D’ailleurs, ce que je dis dans l’interview, moi je lui avais dit qu’il devait faire ça depuis longtemps. Il sort un bouquin, il raconte toutes ses rencontres. Donc c’est une manière de découvrir qui sont ces gens, ce qu’ils ont un peu dans le ventre, quelle est leur philosophie. Et à côté de ça, il raconte plein d’anecdotes sur, par exemple, comment il est allé taper à la porte de Steve Jobs — c’est sa femme qui lui a ouvert, quand Steve Jobs était encore vivant, etc. Des tas de petites anecdotes comme ça. Donc, Guillaume Grallet, à écouter dans Monde Numérique. Bruno : [23:32] Oh, que c’est du bonbon, ça. Jérôme : [23:33] Oui, ça va être sympa. De quoi parles-tu cette semaine dans ton Carnet, Bruno ? Bruno : [23:38] Écoute, cette semaine à Montréal se tenait la grande rencontre annuelle de l'industrie du jeu vidéo. C’est des millions et des millions, cette industrie-là, ici. Alors, il y a **Carl-Edwin Michel** qui s’est rendu sur place. On fait une entrevue avec le grand patron de l’association qui regroupe tous ces gens-là pour prendre un peu la température de l’industrie, parce qu’ils passent à travers des moments pas nécessairement très faciles. On parle aussi avec Éric **Poirier** — il est chercheur, mais en même temps, il est aussi… — Trouveur. — Oui, il l’a trouvé, lui, c’est certain. Mais il fait partie de l’équipe qui est derrière le site du gouvernement du Québec, qui est une destination unique. Et avec lui, on discute de l’impact — ça, c’est intéressant, et ça va intéresser tes auditeurs — on parle de l’impact sur le trafic et le partage de contenu qui concerne le gouvernement avec l’arrivée des IA. Jérôme : [24:39] Ah oui. Bruno : [24:40] Parce que là, il y a vraiment un calcul, et eux ont ouvert les livres et partagent ces données-là avec nous. C’est vraiment intéressant parce que là, on voit vraiment l’impact important. C’est à la fois l’impact de Google, mais c’est aussi l’impact de OpenAI, de Cohere, et puis ça permet de mettre en perspective ces chiffres-là sur un vrai site, qui est probablement un des plus importants au Québec. Alors là, ils ont vraiment une belle marge. Quand on veut savoir comment se comportent en ligne le Québec, les Québécois, c’est toujours le benchmark. On regarde ce qui se passe du côté du Québec. Et puis sinon, petit truc qui pourrait intéresser des gens : il peut y avoir des gens qui nous écoutent, qui rêvent un jour de faire comme toi et moi, de faire un podcast. Et c’est Stéphane Bertemin qui nous parle du kit de base qu’on devrait avoir si on veut se lancer dans la baladodiffusion. Jérôme : [25:29] Ah, très bien. Je vais écouter, alors. Bruno : [25:32] Ah non mais toi, il est trop tard : tu as déjà tout acheté, je suis désolé. Bon, ben super. Jérôme : [25:39] J'invite mes auditeurs à aller écouter ton Carnet. Bruno : [25:42] Je ne serai pas original, parce que j’invite mes auditeurs à écouter ton Monde Numérique. Jérôme : [25:47] Et je te dis à la semaine prochaine, mon cher Bruno. Bruno : [25:50] Salut Jérôme, bye.
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