Cette semaine : procès contre les géants des réseaux sociaux aux US, action contre Android en UE, Facebook Actu bientôt de retour au Canada et concurrence déloyale au nom de la souveraineté en France.
Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)
Les réseaux sociaux face à la justice américaine
La justice américaine ouvre une série de procès visant les grandes plateformes accusées d’avoir des effets délétères sur la santé mentale des jeunes. Bruno Guglielminetti détaille les poursuites engagées contre Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, tandis que TikTok et Snap ont conclu des accords à l’amiable hors cour. Ces procédures pourraient révéler des documents internes sensibles, notamment sur la connaissance par les plateformes des risques liés à leurs usages.
Android et le DMA : l’Europe met Google sous pression
La Commission européenne exige des changements profonds dans Android au nom du Digital Markets Act. Bruxelles veut forcer Google à ouvrir l’accès aux composants clés des smartphones, tant pour l’intelligence artificielle que pour les moteurs de recherche concurrents. Une bataille réglementaire de longue haleine qui rappelle les bras de fer déjà engagés avec Apple.
Canada : Meta pourrait rouvrir l’accès aux contenus d’actualité
Au Canada, Meta avait bloqué le partage de contenus de presse en réaction à une loi imposant une rémunération des médias. Bruno Guglielminetti revient sur les conséquences concrètes de cette décision, notamment lors de situations d’urgence, et sur les discussions en cours entre Ottawa et Meta pour rétablir l’accès à l’information sur Facebook.
La France développe sa propre visio : souveraineté ou concurrence déloyale ?
L’État français lance une solution de visioconférence destinée à remplacer les outils américains dans l’administration. Jérôme Colombain analyse ce choix stratégique en matière de souveraineté numérique, mais aussi la colère des entreprises françaises du secteur, qui voient l’État devenir un concurrent direct avec une solution gratuite.
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Bruno : [0:06] Jérôme Colombain à Paris, bonjour.
Jérôme :
[0:09] Salut Bruno Guglielminetti à Montréal, ravi de te retrouver comme chaque semaine pour passer en vue l'ActuTech. Alors Bruno, il faut que tu nous parles de ce gros dossier qui se passe sur, non pas dans ton pays, mais sur ton continent, pardon de te dire ça, c'est aux États-Unis. Grosse vague de procès qui est en train de se mettre en route contre les ténors de la tech.
Bruno :
[0:30] Oui, on commence, c'est ça, une série de procès qui visent essentiellement quatre entreprises, c'est-à-dire Meta pour Facebook et Instagram. Ça vise YouTube, la plateforme de vidéo. Ça vise TikTok et ça vise Snap. Sauf que déjà, et puis là, tous ceux qui s'intéressent au droit, à la protection des jeunes, des enfants, s'intéressent à ce procès-là, ou cette série de procès-là. Et le coup de théâtre, quelques heures avant le début du premier procès, d'une longue série qui va se promener un petit peu partout à travers les États-Unis, il y a eu entente hors cours pour deux protagonistes qui étaient visés par cette histoire-là. TikTok et Snap se sont entendus hors cours, en tant qu'à l'amiable. On ne connaît pas les montants qui sont en jeu.
Bruno :
[1:19] Et donc, ils ne feront pas partie de cette vague de procès pour un moment. On les retrouvera peut-être un petit peu plus tard. Mais pour le moment, ce qui est intéressant, et c'est principalement Métan qui est vraiment sous les feux des accusations, et on retrouve donc, Une série. Puis là, quand je dis une série, c'est des milliers de cas qui ont été amassés, des poursuites. Et puis, à un moment donné, il y a des gens qui se sont dit, on va faire une série de grands procès.
Jérôme :
[1:49] Un peu comme à l'époque. Pardon, l'objet, c'est quoi? C'est les effets sur les mineurs, c'est ça?
Bruno :
[1:55] Sur les jeunes. D'accord, sur les jeunes. Exactement. Et un peu, c'est ce que j'allais t'expliquer, un peu comme à une certaine époque, on a fait un grand procès aux fabricants de cigarettes en Amérique du Nord, où on les accusait d'avoir un effet nocif sur la vie des consommateurs de cigarettes. Puis après, on a vu que c'était les gens qui étaient à côté des fumeurs de cigarettes. Et puis, par la suite, évidemment, on a décliné toute cette poursuite-là. Alors, au niveau des fabricants ou des fabricants ou des éditeurs de plateformes, des réseaux sociaux et des plateformes vidéo, c'est exactement la même approche. C'est-à-dire qu'on prend un cas et on essaie de couvrir un peu large sur l'impact. Alors, le premier cas qui est présenté en Californie, à Los Angeles cette semaine, c'est le cas d'une jeune femme qui aujourd'hui a 20 ans, mais qui a commencé très tôt dans sa vie à utiliser les plateformes, les réseaux sociaux et notamment les propriétés de méta. Et donc, rapidement, ils ont diagnostiqué au fil des années qui passaient des problèmes d'anxiété, des problèmes de vision de soi-même et tout le problème de la dépendance à ces plateformes-là.
Jérôme :
[3:02] Oui, c'est-à-dire que souvent, c'est des jeunes filles qui voient des images d'un idéal féminin totalement fantasmé, auquel elles essayent de ressembler. Et c'est évidemment pas très bon pour le moral, tout ça.
Bruno :
[3:18] Oui, effectivement. Majoritairement, il y a des jeunes filles, mais il y a aussi des codes de jeunes hommes qu'on a vus au niveau de la dépendance, notamment. Et donc là, c'est le premier procès qui est ouvert et rapidement est sortie cette histoire qu'on a vue dans les documents qui ont été déposés en cours. C'est l'histoire de Mark Zuckerberg qui, suite à des études internes, avait des études internes qui confirmaient les problèmes qu'ils avaient avec les plateformes et notamment au niveau même plus récemment des IA qui étaient sexualisés, des agents IA qui étaient sexualisés. Il a accepté, il a enlevé, il a déverrouillé les systèmes de protection pour que les jeunes puissent y avoir accès. Ah oui, donc ça fait des ordres. Exactement. Alors là, on commence à voir plein de documents apparaître dans ces diverses poursuites-là, des documents qui sont déposés. Et là, puis là, les semaines et les mois à venir vont nous en présenter quelques-unes fort percutantes.
Jérôme :
[4:19] Donc, c'est le début d'une longue série. C'est intéressant parce qu'on pourrait rapprocher ça de ce qui se passe chez nous en France actuellement. Tu as peut-être suivi, j'en dis un mot brièvement, mais c'est cette loi qui vient d'être votée pour les réseaux sociaux, pour interdire l'accès aux réseaux sociaux aux plus jeunes, aux moins de 15 ans.
Jérôme :
[4:38] Comme quoi, la problématique de l'influence des réseaux sociaux sur les jeunes est de plus en plus forte, même si c'est un peu contesté. Voilà, c'est un peu étude contre étude. Est-ce que véritablement, il y a un effet négatif sur les plus jeunes ? Bon, on a quand même l'impression, il suffit d'ouvrir la fenêtre, c'est-à-dire de voir, de regarder autour de soi et on voit qu'il se passe des choses. Et d'ailleurs, on va en parler, tiens, avec François Sorel dans le Grand Débrief prochainement, si tu es d'accord. Et avec toi, bien entendu, aussi.
Bruno :
[5:10] J'irais peut-être vous rejoindre.
Jérôme :
[5:12] Oui, passe-nous voir. C'est dimanche.
Bruno :
[5:15] Bon, je me prépare. Je prends l'avion et je vais me rejoindre.
Bruno :
[5:18] Restons dans le légalot judiciaire.
Jérôme :
[5:22] Oui, dans l'actualité judiciaire.
Bruno :
[5:23] Oui, en Europe, il y a une histoire autour d'Android.
Jérôme :
[5:26] Oui, alors ça ne concerne pas les jeunes. C'est encore et toujours les histoires d'ouverture à la concurrence. Mais c'est gros quand même. C'est la Commission européenne qui s'attaque à Google, ou plus exactement qui s'attaque à Android au nom du fameux DMA, le règlement européen sur le Digital Market Act, et l'Europe qui ordonne à Google de modifier Android. Je ne sais pas si tu te rends compte d'aller tripatouiller dans les systèmes.
Jérôme :
[5:54] Sur les smartphones, pour ouvrir à la concurrence. Alors pour deux choses principalement, pour que Gemini, l'intelligence artificielle de Gemini, ne soit pas la seule à accéder aux éléments profonds du smartphone, c'est-à-dire le micro, la caméra, le processeur dédié à l'IA, le processeur neuronal. Donc l'idée, c'est de pouvoir permettre à d'autres IA d'accéder à ces composants du smartphone. Et puis, ça, c'est pour l'IA, mais il y a aussi pour le search, la recherche en ligne. Le moteur de recherche Google, il est très intégré, évidemment, dans Android, mais la Commission européenne souhaite que les données soient partagées avec d'autres moteurs de recherche, pour ne pas défavoriser ces tiers. C'est exactement la même histoire que ce qui s'est passé avec Apple, en réalité. C'est-à-dire que l'écosystème de l'iPhone ou l'écosystème des smartphones Android, évidemment, ils sont taillés sur mesure pour les outils de ces marques. Et quand tu es un prestataire extérieur, tu as un peu de mal à...
Jérôme :
[7:00] À proposer la même expérience aux utilisateurs puisque tu n'as pas accès aux mêmes éléments. Donc, voilà, il y en a pour plusieurs mois avant qu'on sache un petit peu ce qui va se passer.
Bruno :
[7:10] Mais tu parles d'Apple en disant que c'est un peu la même chose, sauf qu'à Apple, eux, ils n'ont pas ce problème-là parce qu'Apple Intelligence, ça ne fonctionne pas. Sauf que, sachant que Gemini, l'équipe de Google, de Gemini, va travailler sur le développement du nouveau Siri, j'imagine que ça, ça va avoir des conséquences dans le développement. Et là, ça serait intéressant de voir si, sachant ça, Sachant ce que l'Europe demande, est-ce qu'Apple va quand même fermer les écoutilles ou va laisser les écoutilles ouvertes? Ça va être intéressant de voir. Et ça, on va voir, ce sera un bel exemple sur la bonne volonté d'être un citoyen corporatif exemplaire par rapport aux demandes européennes.
Jérôme :
[7:50] Non, mais on rigole, mais c'est d'une complexité, d'une ampleur, ces histoires-là. C'est incroyable. C'est absolument incroyable.
Jérôme :
[7:58] Bon, autre actualité judiciaire ou en tout cas politico-judiciaire, Bruno, ça, c'est chez toi, spécifiquement au Canada. Ça avait été très gros, je crois. C'est le départ de Meta, enfin, la section actualité de Meta qui avait été fermée, en fait, et qui pourrait revenir, si j'ai bien compris.
Bruno :
[8:17] Oui, je te ramène. 2023, c'est le dépôt d'une loi, c'était fait pendant l'été sous l'administration Trudeau, où on disait à partir de maintenant, il s'adressait au grand réseau américain, si vous désirez partager de l'information qui vient des médias, vous devrez payer des redevances à ces médias-là. Et évidemment, ça ne faisait pas l'affaire de tout le monde. Facebook s'est retiré de la table. Ils sont vraiment partis des négociations en disant « nous on ne paie pas ». Et Google est resté à la table. Eux, ils ont décidé de chaque année mettre 100 millions sur la table.
Jérôme :
[8:53] Mais donc, ils ont fermé le service Google Actu, Méta Actu, c'est ça? Facebook Actu, en fait.
Bruno :
[8:58] Pire que ça, au Canada, tu ne peux pas partager un texte qui vient d'un média qui soit canadien ou étranger.
Jérôme :
[9:05] Sur Facebook?
Bruno :
[9:06] Par exemple, je vois un texte intéressant de BFM ou de France Télévisions, je ne peux pas le partager.
Jérôme :
[9:16] D'accord.
Bruno :
[9:16] C'est tout si simple que ça.
Jérôme :
[9:18] Tu ne peux pas le partager sur mon compte Facebook. Oui, sur ton compte Facebook. Oui, ça concerne le comité. Oui, d'accord. Et alors là, ils vont revenir?
Bruno :
[9:27] Là, c'est ça. Alors évidemment, ça fait mal parce qu'on s'est rendu compte que depuis 2023, il y a eu des élections provinciales, il y a eu des élections fédérales. Et puis, il y a eu surtout des crises et des situations de sécurité civique où on s'est rendu compte qu'on pouvait plus tourner vers Facebook. parce qu'il interdisait d'envoyer de l'information à ses abonnés. Alors, imagine-toi, pendant les feux en Colombie-Britannique ou au Manitoba, toutes les villes, tous les médias voulaient donner de l'information. Puis, on disait non, vous ne pouvez pas. Ça a été le bordel. Les médias ne pouvaient plus informer les gens. Alors là, il y a eu de la pression qui a été faite à Ottawa. Et il y a des gens maintenant qui représentent le gouvernement et ont réinvité Facebook à la table en disant, on va montrer un peu de flexibilité si vous ramenez la possibilité pour les Canadiens et les Canadiennes de partager de l'information et aux médias de partager leur contenu sur votre réseau. Alors, il va falloir voir parce que parallèlement, il y a quand même Google qui paye 100 millions par année. Alors, eux disent, du côté du gouvernement, quand on leur parle, ils disent, bien, on... On va essayer de trouver un terrain d'entente, mais je ne suis pas sûr que… Oui.
Jérôme :
[10:39] C'est un peu le gouvernement canadien qui se plie, finalement, là.
Bruno :
[10:44] C'est ça? Qui est en discussion, oui, pour montrer un peu de flexibilité. Il faudra voir.
Jérôme :
[10:50] Intéressant. Et puis, en plus, si on prend un peu de recul, ça montre bien, encore une fois, l'importance prise par ces plateformes. Ça devient des services publics, quasiment, dont on a absolument besoin.
Bruno :
[11:00] Ça, ça serait un bon sujet, ça, avec François Sarel. Je suis sûr qu'il y a une autre chose.
Jérôme :
[11:05] Pour le dimanche. Pour dimanche ou pour le dimanche d'après, oui. OK.
Bruno :
[11:10] Hé, dis donc, restons dans ces histoires-là de gouvernement. C'est quoi, là, maintenant?
Jérôme :
[11:15] On a une histoire chacun racontée cette semaine. C'est excellent.
Bruno :
[11:18] Non, mais c'est bien, oui. Non, mais je veux t'entendre là-dessus parce que là, c'est quoi? Le gouvernement français, maintenant, est développeur de solutions de vidéoconférence?
Jérôme :
[11:27] Écoute, oui, et ça ne passe pas comme une lettre à la poste. J'imagine. L'idée de départ est tout à fait dans l'air du temps. Ça a été annoncé le 26 janvier. L'administration française veut booter hors de ses réseaux toutes les applis de Visio américaines, donc Teams, Zoom, Skype, etc., WebEx. Et à la place, ils vont mettre leur application qui a été développée spécialement par ce qu'on appelle la DINUM, la Direction du Numérique, et qui s'appelle Visio. Alors... Ça part d'un bon sentiment, c'est très bien, voilà, ça va concerner jusqu'à 200 000 agents de la fonction publique, parce qu'évidemment, aujourd'hui, il y a une grande partie du travail qui se passe par visio, dans le privé comme dans le public. Donc ça, c'est plutôt pas mal. En plus, l'outil est assez intéressant parce qu'il fait aussi de la transcription automatique, il y a de l'IA à l'intérieur, et c'est pareil, c'est avec une solution française qui s'appelle le Pianote. il y a du sous-titrage en temps réel pour de la traduction ça c'est pour.
Bruno :
[12:31] Les différents accents à travers.
Jérôme :
[12:33] Les départements non mais c'est parce que l'administration peut être amenée à converser avec des, interlocuteurs étrangers qui ne parlent pas français bien sûr qu'il y a une certaine ouverture parce que c'est très large c'est les services au public mais c'est aussi la recherche, les sciences etc. en fait tous les services publics et donc le truc Et bien, si tu veux, et en plus, il y a un gros projet derrière, c'est d'aller au-delà de la visio et de proposer petit à petit toute une suite d'outils bureautiques pour remplacer les outils américains. Parce que tu sais que nous avons un petit problème de souveraineté, voilà, on ne va pas refaire la chanson.
Bruno :
[13:11] Oui, mais là, attends, si le gouvernement se met à développer ses propres outils, il y en a d'autres joueurs en France depuis longtemps qui essayaient de proposer des solutions, des trousses informatiques. Comment ils réagissent, eux?
Jérôme :
[13:23] Eh bien voilà, tu mets le doigt sur ce qui fait mal, c'est qu'effectivement, il y a beaucoup d'entreprises françaises qui proposent ce type d'outils et qui, tout d'un coup, se retrouvent avec une espèce de concurrence de l'État qu'ils n'ont pas vraiment vu arriver. C'est-à-dire que déjà, ils devaient se battre contre les géants américains pour imposer leurs solutions. Ils avaient le plus grand mal à les imposer. Ils comptaient notamment, et ils ont une partie de leur marché qui se passe dans le secteur public. Ça fait des années qu'ils pleurent, ils veulent des appels d'offres, que les entreprises françaises soient, si ce n'est favorisées, en tout cas soutenues, et puis qu'on achète leurs produits. Ils ont des bons trucs, il y a pas mal de solutions qui existent. Et là, patatras, c'est développé en interne. Donc effectivement, ils l'ont un peu en travers de la gorge. C'est un peu le deuxième effet qui se coule de la souveraineté. C'est, OK, on essaye de couper un peu les ponts avec les Américains pour développer et mettre la priorité sur la souveraineté numérique. On pensait que ce seraient les entreprises privées. Eh bien non, chez nous, c'est l'État qui fait tout, si tu veux. On est encore un peu à l'époque du général de Gaulle. Donc, on développe tout nous-mêmes. Et autant te dire qu'ils l'ont à travers la gorge. Et moi, je reçois d'ailleurs cette semaine dans mon numérique une société qui m'explique qu'effectivement, c'est vraiment un sale coup. C'est un coup de trafalgar, comme on dit chez nous.
Bruno :
[14:40] Ah non, écoute, c'est vraiment surprenant de les voir arriver comme ça. Ils n'étaient pas sur le radar du tout.
Jérôme :
[14:45] Non, tout à fait. Apparemment, les professionnels se sont doutés, mais la cause est juste.
Bruno :
[14:50] Oui, elle est noble.
Jérôme :
[14:51] Bien sûr, la cause est juste.
Bruno :
[14:53] Sauf qu'il y avait déjà des gens des industries, des industries, il y avait déjà des entreprises françaises. Ça fait longtemps, je les vois de temps en temps, j'en ai fait, j'en ai parlé ici.
Jérôme :
[15:02] Oui, mais on voit bien la logique française par rapport à, par exemple, la logique de chez toi ou encore plus des États-Unis.
Bruno :
[15:11] Sinon, il y a des fonctionnaires qui n'ont pas fait leur travail.
Jérôme :
[15:14] Parce qu'on s'entend qu'ils attendent pour développer. Non, mais ils ont trop bien fait leur travail. Ça veut dire qu'il y a une direction du numérique avec des ingénieurs qui sont compétents. Ils ont dû faire un super boulot. Ils ont développé une super appli. Je crois qu'elle est bien, leur appli. Non seulement. Et en plus, attends, tiens-toi bien, je ne t'ai pas tout dit. elle est gratuite. Pour l'administration, elle est gratuite. Donc, effectivement, une mairie, un département, etc., qui a besoin de s'équiper, qu'est-ce qu'il va choisir entre une application française payante et une application française gratuite ? En toute logique, voilà, tu m'as compris.
Bruno :
[15:50] Bonjour la conquérance.
Jérôme :
[15:52] Mais c'est... Bon, et en même temps, on peut dire que c'est bien pour le portefeuille du contribuable français. Donc...
Bruno :
[16:00] En tout cas, c'est les gens de la French Tech qui vont élargir le radar parce que si l'État commence à le refaire... de la concurrence.
Jérôme :
[16:08] Oui, tout à fait. Tu imagines si l'État lance un réseau social, si l'État en lance un...
Bruno :
[16:13] Et pourquoi pas?
Jérôme :
[16:15] Et qu'après, on s'appellera la Chine. Il y a un projet de réseau social européen dans les tuyaux. Ça s'appelle Double Z.
Bruno :
[16:24] Oui, mais on n'en parle pas, on se le garde pour une autre semaine?
Jérôme :
[16:27] Oui, parce qu'on n'a pas beaucoup d'infos pour l'instant. Ça a été annoncé en catimini à l'occasion du forum de Davos, mais pour l'instant, on ne sait pas grand-chose sur ce truc-là. Ce sera européen, pas français. Je ne sais plus, ce sera suédois, me semble-t-il.
Bruno :
[16:39] Ou quelque chose comme ça. Mais revenons sur des choses que tu sais beaucoup plus. Mon numérique, ça va ressembler à quoi cette semaine?
Jérôme :
[16:46] Alors, le sommaire de Monde numérique cette semaine. D'abord, on va revenir sur cette histoire de l'administration qui fait concurrence aux entreprises avec, je te le disais, une société qui va m'expliquer le pourquoi du comment. Et puis, c'est un peu le bureau des pleurs cette semaine, Monde numérique. parce qu'on parle également de l'IA, mais du mauvais côté de l'IA, et ce qu'on pourrait appeler le coût de l'IA, à la fois le coût financier, mais le coût énergétique, le coût environnemental, le coût aussi en termes de perte de souveraineté ou non. Donc voilà, avec l'auteur d'un rapport sur le ou les coûts de l'intelligence artificielle. Et oui, cette magnifique révolution de l'IA, c'est bien, mais ce n'est pas sans douleur malgré tout.
Bruno :
[17:35] Donc, on essaie d'être joyeux avant de commencer l'écoute.
Jérôme :
[17:39] Oui, mais on garde la pêche malgré tout et puis on donne rendez-vous à nos auditeurs dimanche pour le Grand Débrief avec François. De quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet, Bruno?
Bruno :
[17:48] Écoute, j'ai attiré l'attention de tes auditeurs et de toi-même sur un seul sujet qui vaut vraiment la peine. Cette semaine, j'accueille Emmanuelle Petillaud. Elle est spécialiste 24 heures sur 24 d'un seul réseau social. LinkedIn.
Jérôme :
[18:06] Ah, oui.
Bruno :
[18:07] C'est tout sur LinkedIn. Et vous allez tomber en bas de votre chaise. J'ai pris à enregistrer l'entrevue. LinkedIn, cette année, ils ont tout changé.
Jérôme :
[18:17] Oui.
Bruno :
[18:18] Ils ont tout changé la façon. Si tu pensais que de publier, de publier, de publier. On en a déjà parlé, nous, ensemble, puis ça a été évoqué ailleurs. La Facebookisation de LinkedIn pendant la pandémie, à un moment donné, on avait l'impression que les gens mettaient leur journal personnel là-dessus. Bien là, LinkedIn a fait un grand virage à 180 pour arrêter cette hécatombe-là. Et donc, l'algorithme a été revu de fond en comble. Et maintenant, les priorités, si vous désirez utiliser LinkedIn et vous désirez avoir une place de choix, c'est possible. Mais il y a une recette à suivre. Il y a des priorités à prendre. Et Emmanuel, dans l'entretien, nous raconte tout ça. C'est vraiment intéressant.
Jérôme :
[19:02] Passionnant.
Bruno :
[19:03] Du temps bien investi. Si vous avez l'occasion d'écouter cette entrevue-là, vous allez voir, vous n'avez pas peur de votre temps.
Jérôme :
[19:09] LinkedIn, c'est un réseau super intéressant, c'est un réseau professionnel. Bon, régulièrement, on se plaint de LinkedIn. Il y avait la dérive Facebook. Aujourd'hui, c'est un peu la dérive IA. On voit bien, il y a énormément de posts qui sont écrits par l'intelligence artificielle. Ce que moi, personnellement, je ne critique pas à condition qu'on repasse derrière et qu'on sente un peu une patte humaine. Parce que le copier-coller, bête et méchant, genre écris-moi un post inspirant pour expliquer comment j'ai réussi ma start-up tu vois, bon ça c'est un peu l'overdose non mais c'est très intéressant, tu me donnes des idées tiens, allez, j'aimerais bien faire la même chose avec LinkedIn France moi si vous nous écoutez chers responsables de LinkedIn France, n'hésitez pas, je serais ravi de vous accueillir dans mon numérique.
Bruno :
[19:53] Et puis, s'ils ne répondent pas dans la semaine, je t'invite à parler avec Emmanuel Pétillot, qui habite dans le sud de la France.
Jérôme :
[20:01] Ah, mais elle est française?
Bruno :
[20:02] Ben oui.
Jérôme :
[20:03] Ah bon? Ah oui? Je croyais que c'était LinkedIn Canada, moi.
Bruno :
[20:07] Non, non, non, non, non. C'est LinkedIn Worldwide qui a changé.
Jérôme :
[20:11] Ah, oui. Alors, n'écoutez pas l'interview de mon carnet, j'irai l'interview.
Bruno :
[20:16] Au contraire, écoutez-la et comparez le style d'interview. Ça, c'est fascinant. Quand on a des invités en garde partagée, j'entends souvent ça. Les gens disent, je l'avais entendu chez Jérôme, puis tu l'as eu, ou l'inverse.
Jérôme :
[20:29] Je l'entends chez vous.
Bruno :
[20:30] Non, ce n'est pas du tout pareil. Et puis, on n'a pas les priorités aux mêmes endroits et les intérêts. C'est complémentaire.
Jérôme :
[20:38] Merci du tuyau. Écoute, ça fait plaisir.
Bruno :
[20:41] Et puis, c'est juste, si je ne te donne pas ces coordonnées, vous la retrouverez sur LinkedIn. Elle est là. Emmanuel Petit.
Jérôme :
[20:46] On voit moi ses coordonnées.
Bruno :
[20:48] D'accord, j'ai compris. Bon, qu'est-ce que je te souhaite pour la fin de semaine? Parce que grosse fin de semaine, c'est t'accueil François Sorel.
Jérôme :
[20:55] Oui, enfin bon, ça va. C'est pas Michael Jackson non plus.
Bruno :
[21:01] Écoute, est-ce que c'est cette semaine qu'on va avoir? Tu m'avais promis que t'allais revoir le générique d'ouverture.
Jérôme :
[21:06] Oui.
Bruno :
[21:07] Juste pour ça, il faut le regarder. C'est un peu comme les pubs pendant le Super Bowl, juste pour...
Jérôme :
[21:12] J'ai toujours fait du sol au plafond pour le grand débrief. Nouveau générique, nouvelle musique, nouvel habillage.
Bruno :
[21:18] Nouveau plateau.
Jérôme :
[21:19] Nouveau plateau. Un truc de dingue. Non, non, ça reste... Comme on est international, ça reste de la visio. Voilà.
Bruno :
[21:25] D'accord.
Jérôme :
[21:26] Bon, merci Bruno.
Bruno :
[21:27] Mais un jour peut-être avec la visio français. Tu sais.
Jérôme :
[21:30] Exactement. Oui, ça va.
Bruno :
[21:32] Question d'être en sécurité.
Jérôme :
[21:34] Je crois qu'on va être obligés de l'utiliser en plus.
Bruno :
[21:38] Un autre sujet, ça. Jérôme, merci d'être passé dans mon carnet et puis je salue tes auditeurs et je te salue aussi.
Jérôme :
[21:44] Merci à toi d'être passé dans le monde numérique et je te dis à la semaine prochaine, Bruno. Salut.













