🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – Pourquoi Apple parie sur l’IA de Google
10 novembre 202523:45

🇫🇷🇨🇦 Debrief Transat – Pourquoi Apple parie sur l’IA de Google

En ,retard sur l'intelligence artificielle, Apple miserait sur Google Gemini pour muscler son assistant Siri. Pékin bannit les puces Nvidia. Microsoft promet un Copilot localisé pour rassurer sur la confidentialité des données.

En ,retard sur l'intelligence artificielle, Apple miserait sur Google Gemini pour muscler son assistant Siri. La Chine bannit les puces Nvidia. Microsoft promet un Copilot localisé pour rassurer sur la confidentialité des données.

Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)

Apple mise sur Google pour réinventer Siri

Apple aurait tranché : plutôt que de tout développer en interne, la firme californienne s’apprêterait à intégrer des modèles d’intelligence artificielle développés par Google dans son assistant vocal Siri. Selon plusieurs fuites concordantes, il s’agirait du modèle Gemini, avec ses 1 200 milliards de paramètres, le tout hébergé sur les serveurs Apple pour préserver la confidentialité des données. Un choix stratégique, signe d’un certain aveu de faiblesse sur l’IA, mais aussi d’un réalisme technologique.

Ce partenariat inédit pose aussi la question de la différenciation : comment Siri saura-t-il se démarquer de l’expérience Pixel, propulsée par le même moteur IA ? Réponse attendue dans les prochaines versions d’iOS.

Pékin boute Nvidia hors de Chine et crée ses propres microprocesseurs IA

La Chine franchit un nouveau cap dans sa stratégie d’indépendance technologique. Pékin a officiellement interdit l’usage des puces IA étrangères dans ses centres de données publics. Nvidia — jusqu’ici très présent sur le marché chinois — est directement visé.

Cette décision s’inscrit dans un mouvement entamé depuis plusieurs années : après avoir été privé des technologies américaines, Huawei a réussi à rebondir avec ses propres solutions. Le pays entend désormais faire de même avec les puces IA, en s’appuyant sur des acteurs comme Cambricon, Enflame ou encore Alibaba Cloud. Même le patron de Nvidia, Jensen Huang, reconnaît : « la Chine va gagner la course à l’IA ».

Microsoft Copilot veut rassurer sur la souveraineté des données

Microsoft promet que, d’ici fin 2026, son assistant Copilot de Microsoft 365 traitera les requêtes localement dans 15 pays, dont la France, le Canada et l’Allemagne. Une annonce destinée à rassurer les utilisateurs face aux enjeux de souveraineté numérique.

Mais dans les faits, les données resteront soumises au Cloud Act, cette loi américaine qui autorise les autorités à accéder aux serveurs des entreprises US, même à l’étranger. En France, le sujet est particulièrement sensible, et le concept de “cloud souverain” a d’ailleurs été discrètement remplacé par celui de cloud de confiance.

Au Canada, un budget national tourné vers l’infonuagique

Au Canada, le nouveau budget fédéral 2025 prévoit d’importants investissements dans l’infrastructure numérique, avec des data centers locaux et une IA “made in Canada”. Une réponse directe aux enjeux géopolitiques et à la dépendance vis-à-vis des géants technologiques américains. Pendant ce temps, en France, l’IA reste (hélas) largement absente du débat budgétaire.


Jérôme : [0:06] Salut Bruno Guglielminetti à Montréal. Bruno : [0:08] Salut Jérôme Colombain à Paris. Jérôme : [0:10] On se retrouve comme chaque semaine pour ce débrief transatlantique diffusé dans Ton Carnet et dans Monde Numérique. Bruno, cette semaine, l'actualité, elle se passe du côté des géants de la tech comme d'habitude. Apple qui, contre toute attente, avec tous les problèmes qu'il a, on le sait, pour développer son intelligence artificielle et essayer de muscler un peu Siri, Apple aurait donc décidé de se tourner vers Google. Bruno : [0:35] Oui, exactement. Exactement. Et là, force est à croire que c'est un peu un avis, une confirmation de son retard au niveau de l'intelligence artificielle. Et donc, après avoir rencontré des gens d'OpenAI, avec qui, bon, ils font déjà affaire pour Siri aujourd'hui, à rencontrer les gens d'Entropique, rencontrer des gens d'autres boîtes. Maintenant, ce qui est confirmé, c'est qu'ils vont faire affaire avec Google et ils vont utiliser un modèle de Gemini qui a plus de 1,2 billion, et je le dis en français, en anglais, c'est trillion, donc 1,2 billion, ça c'est 1200 milliards de paramètres. C'est énorme comme modèle et donc ça, ça va servir à donner de l'intelligence à Siri. Et question de bien démarquer le terrain, Google va fournir la technologie en coulisses et Apple va, en tout cas aujourd'hui, c'est ce qu'on sait, Apple va héberger de son côté Google. Sur ces serveurs à eux. Jérôme : [1:41] Alors, même s'il faut le dire, cet accord n'a pas encore été confirmé officiellement par Apple ni Google. Mais c'est vrai qu'il y a des fuites assez crédibles qui laissent entendre que ce serait très engagé. Et en ce qui concerne ces serveurs, c'est-à-dire que ça permettrait à Apple de continuer, enfin, de garantir ce à quoi ils sont très attachés et ce qu'ils disent à chaque fois, la confidentialité des données, le fait que les datas des utilisateurs restent dans l'écosystème Apple. Bruno : [2:07] Oui, puis probablement aussi une qualité d'expérience client, pour reprendre l'expression, qui peut s'apparenter à celle que les utilisateurs de Pixel ont présentement parce qu'essentiellement, ça va être la même technologie qui va être embarquée. Alors, reste à voir comment Apple va la décliner. Mais ça, je parlais tout à l'heure des paramètres. Si on parle du montant de l'entente, il n'y a rien de public, mais bon nombre de personnes qui suivent de très près cette discussion-là, dit qu'on parle d'une entente d'environ un milliard de dollars par année qu'Apple va débourser de sa poche pour payer à Google pour pouvoir utiliser un modèle de Jiminy. Les chiffres sont assez extraordinaires. Jérôme : [2:53] C'est rigolo parce que finalement, les rapports entre Apple et Google, c'est toujours un peu je t'aime moi non plus parce qu'ils sont quand même concurrents par la force des choses sur les OS, iOS d'un côté, Android de l'autre. Etc. et puis sur d'autres domaines et ils sont obligés de s'entendre. Bruno : [3:11] Oui, mais d'autant plus qu'on apprenait cette semaine que Google est en train, pour 2026, si je ne me trompe pas, peut-être 2027, Apple est en train de développer un ordinateur bas de gamme pour concurrencer les Chromebooks. Alors, t'imagines, d'un côté, tu as des gens dans une direction qui sont en train de négocier des trucs pour travailler avec Google, puis de l'autre côté, tu as une autre division qui est en train de créer quelque chose pour essayer de le rentrer dedans. Jérôme : [3:37] Il y avait déjà un partenariat très fort entre Google et Apple qui portait sur des centaines de millions de dollars pour le moteur de recherche, pour que Google soit le moteur de recherche par défaut dans l'écosystème Apple. En tout cas, pour ce qui est de l'IA, ça voudra dire que finalement, c'est le même outil qui serait utilisé à la fois sur les pixels, comme ce que tu utilises toi au quotidien, et sur les iPhones, Sauf que d'un côté, ça s'appellerait Gemini et de l'autre côté, ça s'appellerait Siri, en fait. Bruno : [4:11] Oui, exactement. Et là, ça va être intéressant de voir comment, dans les prochaines générations de téléphones, on peut penser à la 2027, comment on va arriver à différencier la plus-value. Parce que jusqu'à maintenant, on oublie le modèle qui a été lancé cet automne. L'édition précédente, l'iPhone 16, ce qu'on vendait, c'était de l'IA à travers le téléphone. Et ce que Google vend de son côté, c'est de l'IA à travers le téléphone. Alors, comment les deux vont arriver à se différencier? Moi, j'ai vraiment hâte de voir. Mais en tout cas, je trouve certaine, moi, quand j'ai vu ça, j'ai dit, bon, ben, enfin, une bonne nouvelle pour rapport parce que ça veut dire que, à défaut d'avoir été capable de développer ça à l'interne, peut-être que ce printemps, quand on va dévoiler le nouveau iOS, on va avoir quelque chose d'intéressant pour les utilisateurs d'iPhone, d'iPad et tout le reste. Jérôme : [5:04] Enfin, moi, je m'inquiète un petit peu parce que je trouve qu'on aura une expérience satisfaisante. Pour que l'expérience soit la plus satisfaisante possible, il faut que ce soit hyper fluide, donc hyper rapide. Et ça, ça veut dire les modèles intégrés dans le téléphone. Parce que s'il faut continuer à faire des requêtes sur des data centers, d'abord, ce n'est pas bon pour l'environnement. Ça ne marche pas quand il n'y a pas de réseau. Et puis, ça crée de la latence. Donc, en fait, on perd un peu. Bruno : [5:35] Puis l'autre truc aussi, puis tu l'as dit, c'est de voir l'expérience que ça va donner. Il faut développer la machine pour qu'elle soit capable de faire rouler ça. Aussi, il faut s'assurer que le modèle qu'on développe soit capable de rouler. Tu sais, c'est deux vases communiquants. Il faut que le modèle soit bon pour le téléphone, que le téléphone soit capable de fonctionner avec ça, qu'on retouche toutes les applications pour s'assurer que c'est fluide, comme tu le dis. Puis ultimement, après, on va voir qu'est-ce que ça va donner. Mais ça, je trouve que c'était la belle nouvelle de la semaine. Jérôme : [6:08] Oui, c'est une grosse news. C'est une grosse news. Il était temps pour Apple parce que ça ne pouvait plus durer. Avec ce Siri qui est en bout de course, qui est complètement essoufflé. Aujourd'hui, quand on veut, on peut utiliser ChadGPT via Siri, mais enfin, c'est compliqué. Il faut lui dire, demande à ChadGPT. Il va chercher la réponse. Et puis, il termine toutes ses réponses par, attention, certaines informations peuvent être erronées ou un truc comme ça. Donc, il était temps pour Apple de passer à la vitesse supérieure. On sait qu'ils avaient, comme tu l'as rappelé, beaucoup hésité. On avait même parlé à un moment de Mistral, de l'éventualité de l'adoption de la solution Mistral. Bruno : [6:47] Mais cela étant dit, Jérôme, je veux quand même dire que, et puis moi, c'est toujours le petit bémol que je mets, ça, ça va être pour la première génération. Mais on s'entend qu'à la deuxième génération, donc là, on parle de 2027, là, ça sera vraiment bien intégré. Jérôme : [7:04] Oui, ils auront eu le temps de… Après, je pense qu'ils vont le customiser. De toute façon, ce ne sera pas du copier-coller de Gemini. Et puis, l'intérêt, c'est que ce soit intégré dans l'iPhone, que ça puisse aller au fond des applications pour remonter les rendez-vous, les choses comme ça, des données personnelles, en fait. Bruno : [7:24] Est-ce qu'il y a l'intérêt de fonctionner avec le Pixel, justement, parce qu'on a tout ça? Mais la question que je me pose, est-ce qu'ils vont avoir le culot de encore appeler ça Apple Intelligence? Jérôme : [7:33] Ils ne vont pas appeler ça Google Intelligence, quand même. Bruno : [7:36] Non, je le sais. Jérôme : [7:37] Ça ferait des ordres. Ce sera Siri, oui, ou Apple Intelligence, on verra. Jérôme : [7:44] On verra bien. Bruno, autre chose, restons chez les géants de la tech. Alors là, c'est vraiment le choc des titans, avec une actualité cette semaine du côté de la Chine qui... Continue d'essayer de pousser au maximum sa souveraineté numérique et qui a donc pris une décision très importante en matière de microprocesseurs, en matière de processeurs pour l'intelligence artificielle. Bruno : [8:11] Oui, c'est le gouvernement qui vient de franchir une nouvelle étape dans l'indépendance technologique de la Chine. Et donc, c'est Reuters qui nous a appris cette semaine que Pékin vient d'interdire l'utilisation des puces intelligentes qui servent à l'intelligence artificielle et qui sont en provenance de l'étranger. Évidemment, principalement, on pense à NVIDIA des États-Unis, mais donc, dans tous les centres de données financés par l'État, et c'est une bonne majorité de ces centres-là, donc, la technologie étrangère n'est plus la bienvenue. Et ça, ça s'ajoute à déjà des lignes qui avaient été lancées par Pékin qui disaient que la priorité devait aller au développement de puces faites en Chine. Là, on pense à Huawei, qui probablement mène le peloton chez les Chinois. Il y a Campricon, il y a Enflame aussi, qui sont deux autres joueurs, qui sont des producteurs de puces. Alors, j'ai hâte de voir ce que ça donne, mais évidemment, le grand perdant là-dedans, c'est Nvidia, qui avait une grande partie du marché chinois et qui se voit les portes fermées une après l'autre. Jérôme : [9:22] Mais c'est incroyable, cette nouvelle, parce qu'après, ils récoltent ce qu'ils ont semé. C'est ce que Donald Trump voulait faire, finalement, puisqu'il avait dit qu'il faut arrêter de vendre des puces à la Chine. Bruno : [9:38] Les nouvelles puces, oui. Jérôme : [9:38] Ça leur donne trop d'avantages concurrentiels. Enfin, en tout cas, ça les renforce. Il leur avait dit, attention, vous avez le droit de vendre les anciennes puces, mais pas les nouvelles, les anciennes cartes, mais pas les plus récentes. Pendant un moment la Chine s'en est satisfaite et là, mais en fait on le voit y arriver parce que la Chine procède toujours de cette manière là, ils ont quand ils font le choix de développer eux-mêmes leur technologie ils ont les moyens de le faire ils s'y mettent à fond et ça marche et on l'a vu avec Huawei Huawei qui a été privé, pareil sur décision de Donald Trump il y a plusieurs années privé des solutions américaines, notamment Google donc plus d'accès à l'App Store, enfin au Google Store, plus d'accès à tout l'écosystème Google. Bruno : [10:24] Au même aliceau, même à l'OS. Jérôme : [10:26] Et qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont développé un système parallèle. Au début, on a regardé ça en disant, ils n'y arriveront jamais. Et voilà, ils y sont arrivés. Ils y sont arrivés. Et donc, ils vont faire la même chose. Et alors, tu as vu cette réaction de Jensen Huang, le patron de Nvidia, qui dit, bon, écoutez, il dit, c'est clair, la Chine va gagner la course à l'IA. Bruno : [10:47] Aïe, aïe, aïe. Jérôme : [10:48] C'est-à-dire que, voilà, c'est une manière de dire à Donald Trump, écoute, mec, tu l'as cherché, quoi. Tu ne veux pas qu'on leur vende les puces ? OK. Eh bien, écoute, voilà, ils vont faire et ils vont faire mieux et ils vont gagner. Ça va l'énerver, Donald Trump, tout ça. Bruno : [11:07] Oui, puis de toute façon, pour Nvidia, ce n'est pas une bonne nouvelle non plus. Mais ça marque, j'ai l'impression. Jérôme : [11:12] Oui, enfin, Nvidia, ils ont des marchés mondiaux. Bruno : [11:15] Oui, je comprends, mais le marché chinois était important pour eux. Jérôme : [11:18] Oui, bien sûr, c'est sûr. Bruno : [11:20] C'est un bon client, mettons. Jérôme : [11:22] Et si on remet ça dans un contexte géopolitique plus global, on sait que c'est tellement, tellement, c'est peut-être le sujet du siècle, en fait, cette histoire-là. La rivalité entre les États-Unis et la Chine et spécifiquement sur l'intelligence artificielle, je pense qu'on est vraiment au cœur du XXIe siècle avec ce truc-là. Tout à fait. Bruno : [11:43] Puis ce qui s'en vient après l'IA, ça va être de l'ordinateur quantique ? Jérôme : [11:47] Oui, oui, oui. Ça sera peut-être le 22e siècle. On en reparlera au 22e siècle, toi et moi, quand on fera notre débrief de 2135. Bruno : [11:58] Ou ça sera nos clones, peut-être. Jérôme : [12:00] Ce sont nos clones qui parleront ensemble. Bruno : [12:02] Non, parce que c'est ça, quand je regarde, moi, c'est un secteur qui m'intéresse et je vois ça. Les États-Unis n'ont pas vraiment une énorme stratégie dans le domaine du quantique, alors que les Chinois, eux, ont déjà développé, à l'intérieur du pays, un réseau d'ordinateurs quantiques qui est fonctionnel. Il y a des liens entre ces ordinateurs-là. Ils se parlent. On est vraiment dans deux mondes. Jérôme : [12:25] Ils ne sont pas mauvais non plus, les Américains. Il y a Google, il y a IBM. En tout cas, ils ont fait des belles annonces. Ils veulent montrer qu'ils sont dans la course quand même. Bruno : [12:34] Ah, ils sont dans la course. Mais on ne sent pas que le gouvernement américain est dans la course. Tandis qu'en Chine, on sent que c'est le gouvernement qui, pour eux, c'est une priorité. Jérôme : [12:44] Oui, mais enfin, en Chine, le gouvernement est partout, de toute façon, donc c'est clair aussi. Bruno : [12:49] Mais en France, tu trouves que, oui, vous allez bien ? Jérôme : [12:52] Ah oui, non, mais au niveau quantique, on n'est pas mauvais, nous, on a des bonnes choses, là, il y a un gros processeur quantique qui vient d'entrer en service, qui a été vendu, je ne voudrais pas dire de bêtises, je n'ai pas eu le temps de vérifier avant qu'on enregistre, je crois que c'est Pascal, l'ordinateur fabricant, l'ordinateur quantique, Pascal. Non, non, il y a plein de choses. Puis on a de belles marques, on a Pascal, on a Candela, on a Alice et Bob, on a... Voilà, il y a plusieurs boîtes de quantiques. Et c'est assez marrant parce qu'elles développent chacune leur technologie. Parce que qui dit quantique dit un champ encore complètement ouvert. Et en fait, on sait où on va arriver, mais on ne sait pas encore par quels moyens on va y arriver. Donc, il y a plusieurs technologies. Voilà, les processeurs au silicium, les processeurs optiques, etc. Jérôme : [13:38] Bon, Bruno, dernier sujet dont il faut qu'on parle. On est encore sur les questions des histoires de souveraineté. C'est Microsoft qui veut rancurer tout le monde à propos de Copilot, c'est ça, en indiquant que désormais Copilot sera, quoi, un petit peu moins américain, on peut dire ça? Bruno : [13:59] Je pense que tu as cerné la raison pour laquelle ils font ces annonces-là en espérant rassurer leurs clients un peu partout sur la planète. Écoute, à compter de la fin 2026, donc ce n'est pas demain, on s'entend, 15 marchés, dont la France, le Canada, l'Allemagne, l'Italie, la Malaisie, l'Afrique du Sud, puis les pays nordiques de l'Europe, ont À ses clients qui habitent dans ces coins-là, Microsoft 365 copilote. Lorsqu'il sera utilisé, toute la donnée, ça part de la requête, le prompt, jusqu'à la réflexion et jusqu'à la livraison de la réponse. Tout ça se passera sur des serveurs qui sont hébergés dans la localité du client, la localité régionale, on s'entend. Évidemment, ça, c'est pour, selon Microsoft, pour régler ou rassurer les clients de ces différents pays-là par rapport à leur stratégie sur la souveraineté numérique et assurer que les données restent locales. C'est un beau geste et c'est un effort de plus, sauf que ça ne règle pas la question de base. C'est-à-dire que puisque c'est Microsoft qui opère ce système-là, Puisque Microsoft est une entreprise américaine, ça veut dire que le CloudHack s'applique quand même à ces données qui sont traitées sur son réseau, même s'il est sur d'autres territoires. Jérôme : [15:24] Et voilà, le Cloud Act, on rappelle en deux mots ce que c'est, c'est donc cette législation américaine extraterritoriale, c'est-à-dire que les États-Unis se sont octroyés le droit, sur décision judiciaire, d'aller fouiller dans les data centers pour peu que ces data centers appartiennent à des compagnies américaines. Jérôme : [15:47] Quels que soient les clients. Et ça, je peux te dire que c'est un sujet qui est hyper sensible chez nous en Europe et en France en particulier. C'est un sujet qui est vraiment dans la tête des grosses entreprises depuis quelques années déjà. Il y a beaucoup d'alertes à ce niveau-là parce qu'évidemment, ça présente un risque, une vulnérabilité incommensurable. Alors, il faut dire, c'est vrai que Microsoft, depuis plusieurs années, fait énormément d'efforts pour, justement, essayer de trouver son chemin, de ménager la chèvre et le chou. D'un côté, de respecter la loi américaine, bien sûr, puisque c'est une compagnie américaine, et en même temps, de l'autre côté, de rassurer ses clients locaux. Et en France, notamment, ils font beaucoup, beaucoup de travail pour arriver à offrir un maximum de garanties en termes de souveraineté. Alors, il y a ne serait-ce que les questions de chiffrement. En théorie, toutes les données dans les clouds sont chiffrées. Mais bon, on se doute qu'il y a bien des petites clés de chiffrement qui traînent quelque part du côté de la NSA, du côté de l'anglais, aux États-Unis. Jérôme : [16:54] Bon, après, il peut y avoir aussi des verrouillages juridiques. C'est important, le juridique, en informatique. Ça peut sécuriser pas mal de choses aussi. Mais c'est un vrai sujet. Nous, il y a un projet ici en France, mais c'est un projet qui date déjà... D'ailleurs, qui traîne un peu, j'ai envie de dire, de faire ce qu'on appelle un cloud souverain, qu'on appelait un cloud souverain, donc vraiment pour les grosses entreprises françaises, qu'elles puissent être en sécurité parce que ce serait opéré par des acteurs français, sauf que non, ce ne sera pas du 100% français, puisqu'il y aura Orange, oui, et il y aura aussi Microsoft, précisément. Du coup, on l'a rebaptisé. On ne parle plus de cloud souverain, on parle de cloud de confiance maintenant. C'est une petite subtilité sémantique pour dire que, ben voilà, on ne peut pas dire vraiment souverain puisqu'il y a du Microsoft dedans. Mais rassurez-vous, rassurez-vous, vos données seront en sécurité. En tout cas, c'est un sujet hypersensible. Bruno : [17:51] Puis tu vois, sur le même thème, cette semaine au Canada, il y avait le budget fédéral qui était déposé. Donc, c'est l'État canadien qui présente son budget pour l'année en cours et la prochaine. Et dans le contexte où on a un voisin un peu particulier avec son président qui a des changements d'humeur assez fréquents, Écoute, 42 % du nouveau budget qui sera voté probablement très bientôt va passer sur la souveraineté nationale. Et ça, ça inclut les frontières, l'armée et le développement d'un infonuagique canadien avec des centres de données canadiens et ça va jusqu'à une IA canadienne. Jérôme : [18:33] D'accord. Bruno : [18:34] C'est fou. D'ailleurs, si le sujet vous intéresse, j'ai un article sur le budget, le nouveau budget canadien qui a été présenté sur moncarnet.com. Je n'ai jamais vu un budget comme ça. C'est bourré d'infos nuagiques, de technologies. C'est vraiment impressionnant. Mais il y a eu comme une prise de conscience. Je te parlais souvent de notre bon ministre de l'IA. Je pense que lui pèse lourd dans la balance et il a fait comprendre à notre premier ministre, Mark Carney, qui est quand même allumé sur la question, que c'était un enjeu et que ça allait passer beaucoup pour le numérique, et ça donne le budget qu'on a eu. Alors, moi, je vois ça d'un très bon oeil. Bruno : [19:14] Ça donne vraiment un gros coup de pied où il fallait. Jérôme : [19:18] Ben oui, en effet. Non, mais c'est super. C'est super. Je vous en souhaite autant. Oui, ben, on n'en est pas vraiment là. Si, nous, il y a eu des annonces il y a quelques temps présidentielles, mais enfin, au niveau du budget, nous, on est en plein dedans aussi, dans le budget, mais je peux te dire que le cloud et l'IA, mais alors, tout le monde s'en fout. Bruno : [19:36] On est plus dans le promage et dans le grain. Jérôme : [19:38] Ah non, mais à l'Assemblée nationale, c'est le cadet de leurs soucis, si tu veux. Non, non, nous, on est sur les sujets d'avenir, on est sur la retraite, on est sur, voilà, toutes ces choses qui, par ailleurs, se cassent la figure, il faut bien le dire. Bref, on ne va pas s'étendre. Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet? Bruno : [19:55] Écoute, c'est presque un immense secret que je te fais. Non, non, sérieusement. Ta question me surprend. Je suis pris à... Jérôme : [20:03] C'est vrai? Bruno : [20:04] Oui, oui. Je suis pris à découverte. Jérôme : [20:06] Tu ne t'y attendais pas. Bruno : [20:07] Non, justement. Oui, bien sûr. Écoute, je peux te dire qu'on parle de cybersécurité, notamment. Et puis, j'ai une panoplie d'invités, comme à l'habitude. Ça va être rempli. Ça va être très intéressant et on va revenir sur l'actualité de la semaine. Ça, c'est ce que je peux te dire. Maintenant, si tu veux des noms, tu ne les auras pas. Il va falloir attendre la semaine prochaine pour la prochaine émission et là, je vais te sortir les noms. Jérôme : [20:27] Ah ouais, tu me la joues au suspense. Bruno : [20:29] Ah ouais, c'est comme ça. Mais toi, Jérôme, de ton côté, de quoi tu parles cette semaine dans mon numérique? Jérôme : [20:34] Je parle de l'IA et de l'enseignement à l'occasion de la sortie d'un livre dont tu as entendu parler, puisque tu en as même parlé sur ton site, qui est le livre d'Olivier Babeau et Laurent Alexandre, qui s'appelle « Ne faites plus d'études à cause de l'intelligence artificielle ». Ah ouais, grosse presse. Ils sont partout dans les médias. Et bien, ils sont également dans Monde Numérique. Donc, cette semaine, dans Monde Numérique, une interview d'Olivier Babeau, co-auteur de ce livre. Et c'est passionnant parce qu'il explique pourquoi ils ont choisi cet angle-là, pourquoi, selon eux, tout est en train de changer. Bon, le titre, évidemment, du bouquin est assez provocateur. Mais derrière ça, on décortique un peu toute la mécanique. Et puis, je m'intéresse aussi, je reviens sur une annonce d'il y a 15 jours dont on avait parlé, qui est l'arrivée des Nouveaux, nouveau navigateur propulsé à l'intelligence artificielle, du côté d'OpenAI, du côté d'Enthropic, etc. Mais qui, comme tu le sais, pose des problèmes, notamment des problèmes de sécurité, et j'en parle, tiens-toi bien avec un responsable d'un concurrent, parce qu'en fait, c'est un porte-parole de Firefox. Voilà, et on aborde ce sujet-là, des navigateurs boostés à l'IA, est-ce un problème en matière de cybersécurité. Bruno : [21:58] En tout cas, ça amène d'autres questions qui n'avaient pas été répondues jusqu'à maintenant. Jérôme : [22:03] Exactement. Oui, oui. Parce que le bénéfice est vraiment bien. Enfin, moi, j'aime bien tout ce que j'ai pu faire jusqu'à présent avec Atlas. C'est vraiment sympa, mais. Bruno : [22:12] C'est vrai que… C'est comme ça que tu réserves et que tu achètes maintenant dans ta vie. Jérôme : [22:15] Ah, mais c'est génial. C'est génial. Tiens, et pour l'anecdote, il y a quelques jours, j'étais aux États-Unis, Bruno, et donc j'ai pu tester Alexa Plus. Tu sais, le Alexa un peu amélioré parce que le Alexa qu'on a en France, il est quand même encore très, très basique. Bruno : [22:31] Est-ce que tu as aimé l'expérience? Jérôme : [22:34] Et pour la première fois, je suis allé au restaurant avec ma famille après avoir réservé grâce à Alexa Plus. Donc, uniquement à la voix, uniquement oralement. Bruno : [22:45] Tu me rassures, ils avaient ta réservation ou c'est parce qu'il restait de la place? Jérôme : [22:49] Impeccable. Ça a très bien marché. Mais en trois phrases, en trois échanges, en trois répliques comme ça, tac, tac, réserve demain soir dans tel resto. OK, enfin, je dis trois, mais je crois que ça a été même encore plus rapide. Et ça a super bien marché. Bruno : [23:05] Je m'imagine que comme ce n'était pas ton Alexa à toi, c'est qu'elle n'a pas payé. Jérôme : [23:10] Non, non, ce n'est pas bien. Non, c'est mon fils qui a fait tout ça. Voilà, je te raconte tous les détails. C'est lui qui a fait toute la démo. Et en fait, ça a super bien marché. Jérôme : [23:21] Voilà. Écoute, sur ces bonnes paroles, je te propose qu'on se retrouve la semaine prochaine et puis je te souhaite une très bonne semaine, un très bon épisode de ton carnet. Bruno : [23:31] Je te remercie d'être passé dans mon carnet et puis je te souhaite une bonne suite d'émissions à toi aussi. Salut! Jérôme : [23:36] Salut Bruno!
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