Bruno :
[
0:07] Jérôme Colombain, bonjour.
Jérôme :
[
0:09] Salut Bruno Guglielminetti. Ravie de te retrouver comme chaque semaine pour ce débrief transat qui, sur le monde numérique, remplace l'hebdo du samedi. Et on a une grosse, grosse actu cette semaine.
Bruno :
[
0:20] Beaucoup de choses au menu, tellement que je vais donner la liste d'épiceries. Alors, les gens pourront se faire une tête sur ce dont on va parler. On va revenir évidemment sur cette histoire d'attaque, de Open AI qui a attaqué Hugging Face. On va revenir évidemment sur l'interdiction des réseaux sociaux en France pour les 15 ans et moins. Le fait que la France n'aura pas droit au mode d'autoconduite de Tesla. On va évidemment souligner l'arrivée de Google Search Overview AI en France. Beaucoup de choses en France. Et puis, comme ce n'était pas assez, Mistral qui signe un grand partenariat de plusieurs milliards avec Microsoft. Mais heureusement, il n'y a pas que la France. Il y a aussi les Chinois qui ont fait trembler la terre cette semaine. Kimi K 3 qui est sorti, qui a fait réagir. Le président chinois lui-même qui a fait une grande déclaration lors d'une conférence qui a fait jaser bien des gens. Puis finalement, on ne l'a pas oublié, on va revenir sur la présentation de Samsung à Londres. Est-ce que ça ressemble à ce dont tu pensais cette semaine?
Jérôme :
[
1:24] Ouf, mais exactement. Et tu as raison de faire ce sommaire parce que là, on est parti pour une méga émission parce que c'était une méga semaine, il faut bien le dire.
Bruno :
[
1:32] C'est fou. Et puis, il y a des gens qui me posent la question, est-ce que l'été, il y a quelque chose qui se passe au niveau de la tech?
Jérôme :
[
1:39] La preuve que oui.
Bruno :
[
1:40] Alors, comment tu as vu ça, toi? Comment tu as réagi à cette histoire d'attaque d'OpenAI sur une IA de Hugging Face?
Jérôme :
[
1:50] Alors, il faut raconter l'histoire qui est complètement folle et qu'on peut résumer en disant que deux IA expérimentales d'OpenAI sont sorties de leur bac à sable et toutes seules comme des grandes, elles ont décidé d'aller attaquer Hugging Face. C'est un peu ça qui s'est passé, tu es d'accord avec moi?
Bruno :
[
2:08] Ça a l'air presque sympathique, ton histoire.
Jérôme :
[
2:10] Oui, parce qu'on peut en rire. On peut aussi être complètement effrayé par rapport à ce qui s'est passé. Et puis, il faut aussi garder la tête froide et essayer de comprendre et de décrypter tout ça. C'est ce qu'on va faire. Mais moi, j'ai envie de reprendre l'affaire, en fait, telle qu'elle s'est déroulée chronologiquement. Ça a démarré le 16 juillet et c'est Hugging Face, donc Hugging Face qui est cette startup initialement française, mais installée aux États-Unis. On le sait, qui référence des centaines de modèles d'intelligence artificielle en libre accès, qui annonce qu'elle a subi une très grosse cyberattaque et elle dit que c'est une cyberattaque menée par un modèle d'IA frontière, c'est-à-dire un modèle d'IA hyper évolué, mais on ne sait pas qui, on ne sait pas où, on ne sait pas comment. Et puis quelques jours après, OpenAI annonce que ça vient de chez eux, que ce sont deux modèles à eux, qui sont en l'occurrence GPT 5.6 SOL, donc le plus évolué, spécialisé dans la cybersécurité, Et puis, un autre modèle expérimental encore plus performant qui était en train d'être testé. On leur avait fixé une mission, comme souvent avec ces modèles, et ils ont cassé les protections. Alors, en fait, non, les protections qui avaient été mises, c'est ça, elles avaient été désactivées, pour qu'ils soient complètement efficaces. Et là, ils ont réussi, à sortir de leur enclos, en fait. C'est ça qui est dingue.
Bruno :
[
3:33] Et finalement, dans toute cette histoire-là, on se rend compte que, justement, toute la mécanique de sécurité pour s'assurer de tester, j'aime bien l'image du bac à sable, ces IA-là dans un contexte de laboratoire où on ne sort pas. Et c'est ça qui a manqué dans cette histoire-là. Parce que si ces systèmes-là avaient été mis en place, ça aurait été, on n'en parlerait pas aujourd'hui. Mais le fait qu'on a laissé des écoutilles ouvertes, ces deux IA-là ont trouvé leur chemin. D'abord, pour trouver une faille dans le système chez OpenAI, être capable de se brancher sur le réseau Internet. Et puis là, quelle chance de seulement s'attaquer à Hugging Face? Parce que tu t'imagines un peu si la cible avait été autre chose, que ça avait été une cible militaire ou gouvernementale ou du monde de la santé. OpenAI, dans cette histoire-là, ils sont tellement chanceux, Ils ont tellement de la veine que cette attaque-là a été perpétrée uniquement, quand même, elle a été perpétrée, mais uniquement sur Hugging Face. Et ils se sont sauvés la peau des fesses dans cette histoire-là.
Jérôme :
[
4:40] Tu as raison, parce que c'est un peu entre amis, en fait. Ils se connaissent, ils ont bien géré le truc. Et c'est amusant, il y avait, il y a quelques jours, un poste sur X de Clément Delangue de Hugging Face, qui vit à Miami et qui montrait, il disait, « Bon, là, je prends l'avion parce que j'ai un petit problème à régler à San Francisco. » Tu parles, il était parti discuter avec Sam Altman pour savoir ce qui s'est passé. Et pour revenir sur la manière dont ça s'est passé, ce truc-là, donc en fait, les deux modèles d'IA étaient, si j'ai bien compris, sur un ordinateur qui pourtant n'était pas connecté directement à Internet.
Bruno :
[
5:12] Non, c'est ça !
Jérôme :
[
5:12] C'est ça qui est dingue ! Mais elles ont réussi à rentrer dans… Elles étaient quand même reliées au réseau d'OpenAI. Et elles sont passées par là, etc. Et puis, elles ont réussi à trouver un accès à Internet. Leur mission, c'était, je crois, de trouver les meilleurs codes pour faire telle et telle chose. Et c'est là où ça répond à ce que tu disais avant. Pourquoi elles se sont attaquées à Hugging Face ? Parce qu'elles se sont dit, tiens, pour trouver un bon code pour faire ci ou ça, on va aller dans le supermarché où tout le monde va, chez Hugging Face. Sauf qu'ils n'avaient pas d'accès, puisqu'elles y allaient, on l'ouvrait. Et elles ont réussi à récupérer un code d'accès, un mot de passe piraté, en fait, et pour se connecter au truc de Hugging Face comme si elles étaient utilisatrices normales. C'est complètement dingue.
Bruno :
[
5:58] Et c'est fascinant parce que dans cette histoire-là, on voit tout le potentiel et la débrouillardise que des IA, des modèles d'IA peuvent avoir. Je trouve ça fascinant. Puis aussi, c'est une belle reconnaissance pour un Hugging Face. Mais de l'autre côté, ça nous permet de voir qu'on y est rendu là. Ces deux IA-là, ils étaient en laboratoire. Mais quand il y a trois ans, il y a un choix. Ilya levait le drapeau blanc en disant, écoutez les amis, un jour, ils vont partir toutes seules et puis ils vont faire du dégât. Bien, cette semaine-là, on y est rendu.
Jérôme :
[
6:33] Mais Bruno, est-ce que tu n'as pas quand même un petit peu aussi l'impression, est-ce que tu ne te dis pas que c'est peut-être encore un petit coup de pub de la part d'OpenAI? Je ne dis pas que ce n'est pas arrivé, mais est-ce qu'ils ne font pas mousser le truc à outrance, un peu comme le fait Anthropic, pour dire, mais regardez nos IA, comme elles sont puissantes, comme elles sont fortes, tout ce qu'elles arrivent à faire. Je ne crois pas?
Bruno :
[
6:55] Dans le domaine des relations publiques, tu as deux choses. quand tu as un incident comme celui-là où tu t'excuses et tu t'en vas ou tu retournes la table et tu l'utilises comme une opportunité pour communiquer. C'est exactement ce que OpenAI a fait. Mais de l'autre côté, tu le disais en racontant l'histoire, d'ailleurs que tu as très bien raconté, quand Hugging Face a donné l'entrevue à un journaliste en expliquant qu'ils avaient été attaqués par quelque chose d'assez puissant, mais ils ne savaient pas encore qui c'était.
Jérôme :
[
7:28] Ils ne voulaient pas le dire et en plus t'as vu c'est dingue pour détecter pour enquêter, pour détecter savoir comment ça s'est passé ils ont utilisé un modèle chinois, Ce n'est pas magnifique, ça?
Bruno :
[
7:43] Moi, j'aurais voulu être un petit oiseau pour aller voir le visage des gens de l'industrie de l'IA en Chine, mais ils devaient tellement se taper les bretelles, ça devait être quelque chose.
Jérôme :
[
7:54] Ils ont utilisé GLM-5.2, d'ailleurs, qui paraît-il fonctionne très bien et qui a réussi à décortiquer tout le truc et à les aider.
Bruno :
[
8:02] C'est quand même une prouesse technique. Oui, parce que les outils, les modèles qui étaient disponibles, les modèles américains, étaient tellement barrés qu'ils n'arrivaient pas à faire, ce qu'eux voulaient faire. Alors, ils ont été dans l'open source, dans le code source ouvert, ils ont été capables d'utiliser donc ce modèle-là chinois pour arriver à paramétrer les choses pour être capables de se protéger. Mais en tout cas, ça en dit long sur où sont rendus les deux écoles de pensée, les codes sources ouverts et puis les codes propriétaires. C'est un bel exemple.
Jérôme :
[
8:41] Magnifique. Bon, ça fait peur. Nous, évidemment, ça nous fait marrer, mais en tout cas, c'est quand même une étape importante dans cette incroyable histoire.
Bruno :
[
8:49] Ça fait une belle histoire à raconter, puis voilà, c'est fait.
Bruno :
[
8:53] Pendant ce temps-là, en France, il y avait un moment historique et c'était le passage d'une loi qui fait que vous êtes vraiment les leaders en Europe maintenant de l'encadrement, une nouvelle loi, de l'encadrement de l'utilisation des réseaux sociaux par la jeune génération de Français. Donc, maintenant, c'est fait. La loi, elle est passée et il y a une interdiction pour les 15 ans et mois à compter de l'automne prochain, c'est ça?
Jérôme :
[
9:20] Alors, ça va être effectif à partir du 1er septembre pour les nouveaux comptes, donc les nouveaux inscrits sur les réseaux sociaux. Et ensuite, en janvier 2027, pour tous les comptes. Et les comptes pour des gens, des comptes existants aujourd'hui appartenant à des jeunes de moins de 15 ans seront fermés. Et il doit en exister un certain nombre, puisqu'en fait, la limite actuelle pour les réseaux sociaux, c'est plutôt 13 ans, sans compter évidemment toute la triche, etc. Et tu l'as dit, la France devient le premier pays d'Europe à instaurer cette interdiction. Alors bon, il y a une véritable volonté politique. Emmanuel Macron en a fait un cheval de bataille pour les raisons qu'on connaît. Les jeunes passent des heures et des heures par jour sur les réseaux sociaux avec pas mal d'effets délétères. Tout le monde est d'accord, je crois, sur les effets graves que ça peut avoir sur les gamins. Maintenant, tu t'en doutes, c'est un peu la polémique, cette histoire-là. chez nous, évidemment.
Bruno :
[
10:18] Oui, parce qu'il y a un contexte électoral aussi au niveau de la présidence. J'imagine qu'il y a des candidats, puis même des partis politiques, qui ont décidé de faire un chou gras avec cette histoire-là.
Jérôme :
[
10:27] En fait, la question, c'est de savoir, mais comment on va faire? Il y a la loi qui dit que les réseaux sont interdits au moins de 15 ans. Donc, en théorie, il faudrait qu'il y ait quelque chose pour vérifier quel âge ont les gens qui s'inscrivent sur un réseau social. Or, c'est là où on sort du juridique pour rentrer dans le technique. Comment on fait pour vérifier concrètement ? Alors, il y a des solutions qu'on connaît. La solution qui est prônée par la France, mais également au niveau européen, c'est celle de ce qu'on appelle le double anonymat par un tiers de confiance. Je ne vais pas rentrer dans le détail. D'ailleurs, permets-moi, Bruno, s'attendu pas, de faire une petite pub pour un prochain épisode de Tout Comprendre, c'est-à-dire du podcast Monde Numérique et de cette série spéciale que je propose pendant l'été, mercredi prochain, j'ai un épisode spécial qui explique tout ça. Comment contrôler l'âge des plus jeunes quand ils se connectent à des réseaux sociaux. Ce n'est pas simple parce qu'il faut contrôler tout le monde, par définition. Et du coup, beaucoup considèrent que cette loi est liberticide parce que.
Jérôme :
[
11:29] Ça va donner accès et ça va permettre à des entités gouvernementales de contrôler tous les gens qui se connectent à Internet. Alors, en réalité, c'est un peu plus subtil. Ça ne veut pas dire que on n'aura plus le droit d'utiliser des pseudonymes, etc., etc. Il y aura quand même, en principe, un anonymat qui sera garanti, mais voilà aussi pourquoi ça fait polémique, sans compter que ce n'est pas très efficace, et on le sait très bien. Ça ne marche pas très bien, ce contrôle de l'âge des plus jeunes.
Bruno :
[
11:58] Oui, puis on voit que récemment encore, il y avait une étoile qui sortait là-dessus, et qui disait qu'après trois mois à partir de la date butoir, les jeunes trouvent d'autres moyens pour aller ailleurs parce qu'on revient...
Jérôme :
[
12:14] On l'a vu en Australie. En Australie, ils ont instauré ça. Et en fait, au bout de quelques mois, ils se sont aperçus qu'il y avait 70% des accès aux réseaux sociaux qui se faisaient par des moyens de contournement. Donc, ça ne marche pas. Après, c'est le vrai débat de fond. Alors, c'est vrai que ça a gueulé chez nous. Même Xavier Niel, tu sais, le patron de Free, a fait un post-Turix pour dire que ce n'était pas du tout le rôle de l'État de faire ce genre de choses. C'est le rôle des parents de contrôler ce que font leurs enfants. Oui, bon, voilà, moi, c'est un sujet compliqué parce qu'il y a, mais en tout cas, il y a ce que la loi doit fixer. La loi, elle fixe, par exemple, qu'on n'a pas le droit de griller les feux rouges, mais évidemment, dans la vraie vie, n'importe qui peut griller un feu rouge. Donc, il faut faire la part des choses, je crois, entre ce qui est interdit et ce qui est techniquement irréalisable, et ce n'est pas la même chose, en fait.
Bruno :
[
13:09] Ah non, de toute façon. Ce n'est pas fait, puis on aura le temps de revenir parce qu'il va y avoir quelque chose qui va se passer cet automne. Puis après, comme tu le disais, en janvier 2027, où là, on va vraiment fermer les écoutilles et on verra où ça s'en va.
Bruno :
[
13:25] Pendant qu'on parle de privation, il y a bien des propriétaires de Tesla en France qui doivent être malheureux parce que la conduite autonome, ça n'arrivera pas chez vous.
Jérôme :
[
13:35] Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe. Ben non. Tu sais que, alors, c'est vrai qu'il faut préciser que ce n'est pas une vraie conduite autonome. C'est de la conduite automatisée supervisée. supervisé, c'est le système FSD de Tesla, mais qui quand même a été homologué tout récemment aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, en Belgique, en Estonie, en Lituanie, etc. Donc, on se disait que, tiens, il y a d'autres pays d'Europe qui allaient y aller aussi, et on attendait ça en France. Et bien là, cette semaine, le ministre des Transports a fait une vidéo pour expliquer que, pas du tout, ça n'arriverait pas, parce que pour l'instant, pour eux, ce n'est pas satisfaisant. En fait, les autorités françaises pointent deux problèmes principaux. Le premier, c'est que le fameux FSD, il est capable de dépasser les limitations de vitesse autorisées. Quand tu es dans, je ne sais pas, par exemple autour de Paris, il y a le périphérique, c'est limité à 50. Je ne te cache pas que la nuit, etc., entre deux contrôles radars, il y a beaucoup de gens, ce qui n'est pas mon cas. Ce qui n'est pas mon cas, parce que moi, je suis vraiment le bon élève bête et méchant. Mais il y a des gens qui dépassent, qui vont rouler à 70, 80, etc. Déjà, la nuit, je suis couché. Tu ne sais pas tout, Bruno, ça, tu n'en sais rien.
Jérôme :
[
14:41] Mais non, surtout, moi, je respecte. Je suis très ballot à ce niveau-là, je respecte les limitations de vitesse. Bref, mais quand tu as tout un flot de voitures qui roule plus vite que la limitation de vitesse, le FSD Tesla fait pareil. Les autorités disent que c'est un problème. Deuxièmement, et je trouve ça intéressant, c'est la surveillance du conducteur qui ne serait pas suffisante. Parce qu'il est possible de tromper le système de surveillance du conducteur. C'est-à-dire que la voiture n'est pas capable de vérifier que le conducteur a toujours les mains sur le volant. ou en tout cas, qu'il est toujours réveillé, qu'il est toujours en éveil, en train de surveiller la route, comme il doit l'être. Et ça, c'est intéressant.
Bruno :
[
15:20] Mais la semaine passée, on parlait d'une nouvelle loi en France qui dit que bientôt, oui, bientôt, vous allez avoir une caméra qui va être fixée sur le conducteur.
Jérôme :
[
15:30] Tout à fait.
Bruno :
[
15:30] Donc, ça devrait être réglé, ça.
Jérôme :
[
15:31] Exactement. Oui, tu as entièrement raison. Oui, oui. Je pense que ce sera une manière de faire avancer les choses. Mais après, avoir une caméra, c'est une chose, mais regarde, tu sais qu'on peut acheter des gadgets en Chine où tu te fais ton avatar en 3D, genre petite coupée imprimée en 3D. Tu mets ça devant la caméra, la caméra croit que c'est toi et toi, tu peux dormir pendant ce temps-là. Et ça, c'est pas le truc très clean à faire.
Bruno :
[
15:57] On salue les auditeurs de Tesla en France, de partout sur la planète qui nous écoutent.
Jérôme :
[
16:03] Ils vont devoir attendre.
Bruno :
[
16:04] Oui, exactement. Patience.
Bruno :
[
16:07] Mais quand même, il y a eu des bonnes nouvelles en France du côté du monde de la tech, notamment. Je pense aux gens qui utilisent Google pour faire leur recherche. Il y a le Google Search Overview AI qui finalement est arrivé en France et qui maintenant va changer votre vie quand vous faites de la recherche, mais qui va aussi probablement changer la vie des créateurs de contenu sur Internet en France.
Jérôme :
[
16:30] Mon cher Bruno, tu présentes ça comme une bonne nouvelle, je peux te dire qu'il y en a pour qui ce n'est pas une bonne nouvelle. Évidemment, côté utilisateur, c'est ce système que vous, vous avez déjà au Québec.
Bruno :
[
16:41] Oui, tout à fait.
Jérôme :
[
16:42] En fait, tu poses une question à Google, une question un peu complexe. Au lieu de t'afficher une liste de liens, il te fait un petit résumé rédigé, en fait, généré par intelligence artificielle. Et ça s'arrête là et tu as toute la réponse. Et voilà, tu as toute la réponse. Du coup, tu n'as pas besoin d'aller sur les sites web en question. Mais du coup, les créateurs, les éditeurs de sites et de sites médias, notamment, sont en PLS par rapport à ça. Parce qu'évidemment, ils craignent une énorme chute de leur trafic. Et il y a eu des études qui montraient que là où ça a été mis en œuvre, le trafic chutait de 40 à 60% pour les sites web. Donc, c'est des revenus publicitaires qui sont menacés là.
Bruno :
[
17:19] Et c'est pour ça que Google, pour avoir bonne conscience, a des ententes avec la plupart des médias où ils versent des redevances, mais on s'entend que ça ne va pas combler le manque à gagner, ça c'est certain.
Jérôme :
[
17:33] Oui, puis c'est un peu le bras de fer parce qu'il y a aussi le système de opt-out, c'est-à-dire que les médias qui ne veulent pas de ça, ils peuvent dire « moi je ne participe pas ». Ok, ils ne participent pas, donc ils sortent du jeu, sauf qu'ils, disparaîtront entièrement finalement.
Bruno :
[
17:47] Elles deviennent invisibles sur la toile.
Jérôme :
[
17:49] Tout à fait. Bon, mais OK, c'est terrible peut-être à court terme, mais je pense que... Et tu as raison, le bénéfice pour l'utilisateur, il est quand même non négligeable. Donc, c'est une vraie transformation et il va falloir trouver sans doute d'autres leviers d'un équilibre. Je ne sais pas si le problème est réglé chez vous au Québec parce que vous avez connu la même chose, en fait.
Bruno :
[
18:10] Ah ben, le problème est... Oui, puis le problème n'est pas réglé. Et écoute, à la limite, ça va pour, ça ne va pas comme ils vous le voudraient, mais il y a déjà un déboursement qui est fait de la part de Google vers les médias traditionnels. Mais je te dirais que c'est pour les plus petits créateurs, et je pense à nous quand je dis ça, où là, on ne fait pas partie des ententes de compensation de Google et donc qu'on ne touche absolument rien. Bien qu'ils viennent chercher du matériel dans ce que tu écris, ce que tu publies, et la même chose pour moi, mais bon. En tout cas.
Jérôme :
[
18:45] Non, mais c'est vrai, tu parles de nous parce qu'on est un peu partie prenante dans l'histoire.
Bruno :
[
18:49] Les créateurs de contenu.
Jérôme :
[
18:50] Oui. Oui, les créateurs de contenu. Alors, moi, je vais te dire, personnellement, je dépends très peu de Google. Non, Google m'apporte très peu de trafic et j'essaye de me tenir loin des plateformes d'une manière générale. Et pareil, je dépends finalement assez peu de YouTube. Voilà, je pense qu'il y a d'autres leviers, mais... On touche un public qui est moins massif, mais qui peut être un peu plus ciblé, un peu différent. Et le podcast en fait partie, les gens qui nous écoutent en podcast, parce qu'ils sont abonnés à nos podcasts respectifs, ils ne sont pas dépendants de tous ces trucs-là. Donc, voilà, on les remercie et puis on les encourage à continuer.
Bruno :
[
19:26] Ah, tu as tout à fait raison. Sauf que je te ferais un petit astérique de particularité. Moi, quand je pense à cette histoire-là du Search Overview AI, c'est beaucoup plus pour mes textes sur le web.
Jérôme :
[
19:40] Pour l'écrit, bien sûr.
Bruno :
[
19:41] Où là, il vient me ramasser tout le contenu.
Jérôme :
[
19:44] Parce que tu fais beaucoup d'écrit, tout à fait.
Bruno :
[
19:46] Oui, mais d'ailleurs, de l'autre côté, chaque semaine, Google News, parce que ça sert aussi à ça, l'indexation, m'amène des visiteurs. Donc, je ne peux pas cracher dans la soupe non plus.
Jérôme :
[
19:59] Mais non, ça compense. Mais voilà, la mécanique est en train de... Après, bon, je veux dire, les médias en ligne ont beaucoup profité de Google.
Bruno :
[
20:08] Ben oui.
Jérôme :
[
20:08] Qui a créé leur business d'une certaine manière.
Bruno :
[
20:10] Exactement.
Jérôme :
[
20:11] Oui, oui, oui. OK, là, ils changent les règles du jeu. Je pense qu'il faut essayer de... Il ne faut pas se laisser manger tout cru, mais c'est dans l'ordre des choses, on va dire.
Bruno :
[
20:22] Oui, mais c'est quand même... En tout cas, je pense à votre situation et je la compare à la nôtre. Il n'y a encore rien de comparable à, imagine-toi si du jour au lendemain, il n'y a plus aucun média traditionnel français qui est disponible, par exemple, sur Facebook.
Jérôme :
[
20:37] Non, mais c'est terrible.
Bruno :
[
20:38] Oui, mais chez nous, c'est le cas. C'est le cas, oui. Quelques temps de maintenant. Et donc, c'est impossible maintenant d'accéder à un média qui soit canadien ou qui soit américain ou français à partir de Facebook. Donc, essentiellement, qu'est-ce qu'on voit? On voit des plus petits créateurs de contenu comme moi ou des gens qui font circuler des fausses informations aussi. C'est des dégâts collatéraux.
Jérôme :
[
21:07] Pour toi, c'est un bénéfice, mais du coup, si ça fait monter les sites de fake news générés par IA, c'est des dégâts collatéraux.
Bruno :
[
21:15] C'est le cas, mais bon.
Bruno :
[
21:19] Là, je n'ose pas qualifier la prochaine nouvelle de bonne ou de mauvaise, c'est tout de suite de le dire. Mistral et Microsoft qui s'entendent pour des milliards de dollars. Est-ce que c'est une bonne nouvelle ou une mauvaise nouvelle?
Jérôme :
[
21:31] En tout cas, c'est encore une nouvelle française. C'est vrai que cette semaine, il se passait plein de choses en France. Ça ne se remet pas. Voilà, et c'est une nouvelle, qui est importante. Alors, on n'a pas le chiffre, mais on sait que Microsoft va donc dépenser plusieurs milliards de dollars dans des infrastructures de calcul de Mistral en Europe. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils vont acheter de la puissance de calcul, en fait. Mistral a des data centers, Mistral a ses propres modèles d'IA, et Microsoft va leur acheter, comme on achète de l'essence ou de l'électricité, ils vont leur acheter de la puissance pour faire fonctionner leurs propres outils. Et donc, on va retrouver du Mistral dans les produits Microsoft comme Foundry, Copilot, Azure, etc. Donc, pour Mistral, c'est plutôt un bon plan. Et pour Microsoft, pourquoi ils font ça ? Parce qu'ils ont un besoin physique d'augmenter leur capacité de calcul en Europe. Ils ont besoin de trouver de la ressource. Et en plus, avec ça, ils se donnent une petite image de... Ils cultivent encore un peu plus leur compatibilité avec les impératifs de souveraineté.
Jérôme :
[
22:41] C'est un petit point en plus pour dire... « Ah ben, vous voyez, nos IA, elles sont quand même, elles sont vachement européennes, voire françaises. C'est de la bonne IA franchouillard de rouler sous les aisselles, vous pouvez y aller. », Et notamment pour les clients sensibles, comme ils disent. Donc, je pense que c'est quand même une bonne nouvelle. Après, il ne faut pas se leurrer. Et quand on parle notamment de souveraineté, tout est relatif parce que ça va quand même tourner sur des puces NVIDIA, etc. Mais bon, ça va faire de l'argent pour Mistral. Et donc, c'est bien, ça fait grossir la startup.
Bruno :
[
23:17] Ben eux, on avait besoin.
Jérôme :
[
23:19] Ah ben oui, il faut qu'ils deviennent de plus en plus gros, c'est sûr. Si on veut compter dans le game au niveau mondial. Je dis « on » parce que c'est devenu un enjeu de souveraineté. Mistral, c'est une entreprise privée, ils font ce qu'ils veulent, mais quelque part, ils sont le porte-étendard de l'IA en France, voire en Europe, donc c'est important.
Bruno :
[
23:41] Si tu me permets, donc, on quitte la France pour aller faire un tour du côté de la Chine. Cette semaine aussi.
Jérôme :
[
23:47] On prend l'avion, vas-y.
Bruno :
[
23:49] Oui, on est parti. Et si vous ne suivez pas l'actualité des modèles, des nouveaux modèles, du moins, vous ne l'avez peut-être pas vu passer. Mais ceux qui s'intéressent à la chose, c'était un tremblement de terre. Je parle de Kimi K3 qui vient de l'entreprise Moonshot AI, qui est une entreprise chinoise qui vient de sortir le modèle. Quelque chose qui accote assez bien les plus récents modèles américains. C'est en code source ouvert, donc en open source, et c'est en train de séduire la communauté des développeurs.
Jérôme :
[
24:22] Ouais. C'est un énorme modèle multimodal, donc capable de gérer du texte, des images, des vidéos, de 2800 milliards de paramètres. Donc, on ne sait pas ce que ça veut dire, mais ça fait beaucoup. Mais attention Bruno, je me permets de rectifier, en tout cas, de préciser un instant ce que tu viens de dire. Tu parles de modèles ouverts et il y a souvent une confusion quand on dit modèle ouvert. On pense que c'est de l'open source et ce n'est pas de l'open source, c'est ce qu'on appelle de l'open weight. Et là, c'est des subtilités, mais tu le sais aussi bien que moi, en fait, c'est des subtilités liées à l'IA, c'est-à-dire que l'open source, c'est le code et l'open weight, c'est le modèle d'IA une fois qu'il a été entraîné. Donc, en fait, ses neurones sont chargés déjà, c'est-à-dire qu'il sait faire plein de choses. Et c'est déjà une bête de course, Et à partir de là, on peut le fine-tuner, on peut le perfectionner pour le rendre encore plus spécialisé dans tel ou tel domaine. Donc, c'est pour ça que ça va intéresser les entreprises, d'autant plus qu'ils seraient 40 à 50 % moins chers que les plus gros modèles américains.
Bruno :
[
25:30] Et c'est là où toute la nouvelle course se joue. C'est à savoir les jetons, les fameux tokens. C'est là où tout le monde est en train de chercher à économiser parce qu'on a des engins qui sont super puissants, mais qui coûtent énormément à faire fonctionner au niveau, de l'énergie, de ce qu'ils ont besoin pour fonctionner. Et donc, c'est ça. Alors, autant Anthropic, OpenAI sont en train de chercher des façons à faire travailler leur modèle avec le moins de jetons possible. Et là, les Chinois arrivent dans le décor avec cette super machine qui en fait plus que tout le monde et qui prend moins de ressources pour le faire.
Jérôme :
[
26:14] Même si, pour l'instant, il y a un peu une hypocrisie, parce que déjà, le truc, en fait, pour l'instant, n'est pas disponible. On ne peut pas le télécharger pour le faire tourner sur sa machine. Parce que, et d'une, il faut des machines monstrueuses pour que ça marche. Et de deux, les fameux poids ne sont pas encore publiés. Ils doivent être publiés la semaine prochaine, je crois, le 27 juillet.
Bruno :
[
26:37] Oui, mais aussi, il y a le truc que, quand ça a été lancé, moi, j'ai été capable d'avoir un accès. et je l'ai toujours accès à cet outil-là. Mais rapidement, il y a eu tellement un fort engouement. Il y a eu un mouvement sur leur cerveau. Ils ont arrêté de donner des accès parce qu'ils voulaient gérer convenablement ce qu'ils avaient déjà eu à travers la planète. Mais il y a une forte demande pour ça. Un peu comme à l'époque avec des psyques, on cherche de l'air, on cherche des ressources qui coûtent moins cher et qui sont aussi puissantes que les autres. C'est un peu ça que Kimi K3 est en train de proposer. Mais effectivement, les détails ne sont pas encore publiés, un peu comme à l'époque de DeepSeek. Et ils vont devoir faire patte blanche pour qu'on puisse avoir une vraie idée, de ce que c'est comparativement aux autres. Et pour le moment, c'est assez impressionnant.
Jérôme :
[
27:30] Et en plus, tu as vu, les autorités américaines disent qu'en fait, c'est une copie d'Anthropic. Comme ils l'avaient dit pour DeepSeek, ils disent que les Chinois ont distillé Anthropic. Ce qui est probablement vrai, Mais ce qui est difficile à maintenir comme position, sachant qu'eux-mêmes, Anthropic, OpenAI, Mistral et tout ça, ils ont allègrement piraté tout le monde pour pouvoir entraîner initialement leur modèle. Donc, c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité.
Bruno :
[
28:00] Je me garderais quand même une petite gêne à dire que c'est une copie de l'outil d'Anthropic parce que c'est sûr qu'il doit y avoir de l'inspiration, on s'entend. On ne réinvente pas la roue. Il y a déjà des trucs qui existent, mais il y a quand même un savoir-faire local.
Jérôme :
[
28:14] Oui, ce n'est pas un clone, ce, n'est pas une contrefaçon, ce n'est pas ce que je veux dire. Mais ils ont dû, c'est-à-dire qu'ils arrivent à faire aussi puissant en moins de temps parce que les autres étaient passés par là précédemment.
Bruno :
[
28:29] Exactement, oui. Et quand tu regardes les paramètres de cet IELA, Ils bénéficient justement de tout le travail qui a été fait pendant des années avant eux. Alors, ça s'arrête. Enfin, il faudra voir. Et ça, ce lancement-là arrive dans un contexte où il y avait un gros événement qui se passait à Shanghai où tu avais le tout IA chinois, mais pas que chinois, qui s'était réuni. Et qui est venu prendre la parole pour inaugurer la rencontre? Le président chinois lui-même qui a lancé ses grandes lignes. Donc, il ne veut pas que l'IA mondiale soit gouvernée à partir des États-Unis, quoiqu'il n'a pas nommé les États-Unis, mais c'était clair dans ses propos. Et puis, lui, il est beaucoup plus ouvert à la communauté, avec une IA ouverte, disponible aux différents peuples, mais quand même qu'on peut encadrer.
Jérôme :
[
29:25] Ça, c'est… Non, mais absolument. C'est vrai que les deux événements sont liés. Sinon, ce ne serait pas drôle. Il a fait son discours le lendemain de la présentation de Kimi K3.
Jérôme :
[
29:42] Parce que pour eux, c'est clair, ce n'est pas juste un nouveau modèle et ce discours va avec. C'est un, un enjeu économique, c'est pour dire, regardez, on a des outils qui sont aussi bien que ceux des Américains, vous pouvez les utiliser, venez, etc., il faut vous en servir, et tout, et tout. Et deux, c'est un enjeu géopolitique, c'est pour prendre la place, ils veulent prendre une place dans le concert et dans le concert des nations, comme on disait à une époque, parce que c'est aujourd'hui un truc international. Et ils ont donc appelé à des pourparlers sur l'IA, mais ça marche parce qu'il va y avoir un truc. Au mois de septembre, finalement, les États-Unis ont accepté, il va y avoir des discussions, je crois, entre la Chine et les États-Unis sur l'intelligence artificielle. En plus, la Chine, c'est leur force, met en avant énormément ce qu'ils appellent le sud global. Ils veulent être le gros fournisseur d'intelligence artificielle de tas de pays qui sont délaissés par les Américains, par l'Europe aussi, qui n'ont pas les moyens de se payer des OpenAI et autres, et qui, avec ces outils-là, moins chers, tout aussi efficaces, vont trouver une force de frappe. Donc, c'est quand même intéressant. La question qu'on peut se poser, c'est, nous, les petits Européens, là-dedans, qu'est-ce qu'on va faire? Parce que ça va se passer entre les Américains et les Chinois et nous, on va compter les points, en fait.
Bruno :
[
31:04] – Bien, mon cher ami, vous n'êtes pas dans le portrait. C'est comme clair qu'à l'heure actuelle, l'invitation a été lancée aux Américains et c'est les Américains qui ont accepté. Puis l'autre côté, quand tu regardes, puis c'était dans le discours du président chinois, il y a la création d'une infrastructure qui va permettre à 5000 personnes de venir chercher un savoir-faire chinois pour par la suite l'utiliser dans leurs différents pays. Comme outil diplomatique, c'est fort. Si la Chine avait l'habitude de défrayer la construction d'infrastructures dans les pays, puis je ne parle même pas de tout le savoir en télécommunication, bien là maintenant, avec l'IA comme outil pour entrer dans un pays, pour l'aider à se développer, quel outil pour aller prendre de l'importance ou d'asseoir son importance dans les pays? Là, on est dans le domaine de la géopolitique et c'est fascinant de voir le lien avec l'intelligence artificielle.
Jérôme :
[
32:04] Alors, Bruno, tout ce qui se passe en Chine en ce moment, tu sais quoi? Il faut qu'on aille voir sur place.
Bruno :
[
32:11] Ben moi, oui.
Jérôme :
[
32:12] Franchement.
Bruno :
[
32:13] De plus en plus pour compléter nos propos.
Jérôme :
[
32:15] Ben tu vois, ce n'est pas pour faire la promotion de la Chine, ce n'est pas ça, mais pour arriver à comprendre, pour voir de près, etc. Écoute, il faut qu'on en reparle. Il faut qu'on essaie de s'organiser un petit voyage en Chine. Je ne sais pas quand, mais...
Bruno :
[
32:26] On verra. On va regarder ton agenda.
Jérôme :
[
32:28] On en reparle. Ouais, ok.
Bruno :
[
32:32] Repartons de la Chine pour revenir près de l'Europe. À Londres, tu as vu ça, la présentation de Samsung?
Jérôme :
[
32:40] Eh bien, j'ai suivi ça. Oui, oui. Écoute, déjà, c'est amusant parce que Samsung, c'est les seuls à présenter des smartphones en plein été, donc régulièrement en France. Bon, j'étais admiratif parce qu'il y avait quand même encore quelques journalistes techs sur le front et pas les plus mauvais en plus. Donc, ils ont pu suivre ça et tout. Mais surtout, bon, ils ont présenté donc trois nouveaux smartphones pliants. Mais il y en a un qui sort du lot, qui raconte un peu une nouvelle histoire quand même.
Bruno :
[
33:08] Tu parles duquel dans les trois ?
Jérôme :
[
33:10] Je parle de celui qui ressemble à l'hypothétique futur iPhone.
Bruno :
[
33:14] Ah oui !
Jérôme :
[
33:17] C'est ça le truc. Parce que c'est le Z Fold 8. Il y a le Z Fold 8, le Z Fold 8 Ultra et le Z Flip 8. Le Fold et le Flip, c'est deux formats qu'on connaît. C'est le truc en longueur qui s'ouvre comme un portefeuille. Et puis l'autre qui s'ouvre comme un poudrier de manière verticale. Ça, c'est deux formes facteurs qu'on connaît, qu'ils ont inventés, qui ont été repris aussi par les Chinois et tout. Mais le nouveau qui s'appelle le Fold 8, c'est autre chose parce qu'il est beaucoup plus carré, Et il ressemble à l'iPhone qui n'est pas du tout officiel.
Bruno :
[
33:53] Non, c'est ça. C'est la rumeur.
Jérôme :
[
33:55] C'est la rumeur. Il y a de plus en plus de fuites. On voit sortir même des photos de faux iPhone, etc. Et la particularité, c'est donc qu'il est carré. Et, c'est apparemment un format gagnant, ce truc-là. Parce que vraiment, ça tient bien en main. Ça se transforme en un écran super, quand tu l'ouvres, en un vrai grand écran. En même temps, ça reste un vrai smartphone utilisable quand il est plié. C'est pas mal du tout, je trouve, j'ai l'impression. Et c'est marrant parce que... Oui, pardon. Mais ça veut dire que Samsung est en train de dire, vous savez quoi ? Apple va de toute manière redéfinir le form factor des smartphones pliants. Mais nous, on va le faire avant, mais c'est quand même eux qui le font. Et puis, je crois même qu'il y a Xiaomi qui en prépare un exactement pareil derrière.
Bruno :
[
34:43] Mais ce qui n'a pas été dit très fort lors de la présentation, mais que j'ai retrouvé dans les notes, moi, c'est qu'avec cette nouvelle génération d'appareils qui arrivent chez Samsung, c'est aussi Google Intelligence qui va être déployé à même ces appareils-là. Et donc, bonjour la puissance de calcul sur ces appareils-là, parce que là, l'IA va pouvoir fonctionner localement et on va pouvoir tirer vraiment parti de tous les avantages. Et c'est pour ça que tu as bien raison de faire la comparaison avec le nouveau iPhone pliable qui va sortir. Jusqu'à maintenant, dans tous les modèles qui étaient sur le marché, il y en avait peu qui pouvaient se comparer aux modèles dont on parle, qu'on n'a pas encore vus. On va le voir en septembre. Mais ça va être intéressant parce que là, il va vraiment y avoir la possibilité de comparer deux modèles, un Android et l'autre avec iOS.
Jérôme :
[
35:39] Oui, tout à fait. Bon, si cet iPhone pliant sort véritablement. C'est vrai que les rumeurs sont très insistantes. Tu veux qu'on prenne les paris ? Moi, j'ai déjà pris les paris avec François Sorel.
Bruno :
[
35:52] Lui, c'est sûr qu'il va y voir.
Jérôme :
[
35:54] Non, mais lui, il y croit. Mais moi, j'y crois aussi. Moi, je pense que... Non, non, ils vont le faire. Ils vont le faire.
Bruno :
[
35:58] Ce truc. Il y a quelques mois, j'en doutais encore. Mais là, je suis persuadé que ça va sortir.
Jérôme :
[
36:04] Non, mais moi aussi. Bon, tu as vu les prix quand même des Galaxy, là ? Ben oui, je pense qu'il vaut mieux juste en rire et puis se dire au revoir.
Bruno :
[
36:15] Juste en nommant ça, c'est ridiculement cher.
Jérôme :
[
36:19] Ben oui, ça démarre à 2000 euros, 2000 euros, 2000 dollars, c'est ça?
Bruno :
[
36:24] Sérieusement, achetez-vous un ordinateur, ça va être plus rentable.
Jérôme :
[
36:29] Et le plus gros avec 1 tera, il est à 2800 euros.
Bruno :
[
36:34] Oui, mais c'est probablement pour aborder… Attends de voir le prix du Apple, le payable.
Jérôme :
[
36:40] Mais c'est génial, ça veut dire qu'iPhone pourra faire un truc à 4 000 balles, quoi.
Bruno :
[
36:43] C'est ça, et c'est pour ça qu'aux États-Unis, mais pas encore ailleurs dans le monde, il y a, ce nouveau programme qui va arriver où tu vas pouvoir louer ton appareil sur deux ou trois ans et le payer mensuellement, justement, parce que là, rendu à des sommes aussi colossales pour un produit électronique, il faut répartir les paiements. Parce que sinon, ils n'auront pas beaucoup d'acheteurs. Tu as juste à prendre le cas des Vision Pro. À un moment donné, ils en ont vendu quelques milliers, puis après, on avait fait le tour des gens qui avaient le portefeuille assez solide pour en acheter. Ça va être la même chose si c'est trop cher et qu'il n'y a pas d'outils financiers pour financer ça.
Jérôme :
[
37:24] Oui, mais tu as raison de mentionner cette news aussi qui est toute récente. Oui, la location d'iPhone va être de produits Apple d'une manière générale, parce qu'on pourra aussi louer. Alors, on peut déjà le faire.
Bruno :
[
37:36] Il y a des plans de paiement.
Jérôme :
[
37:39] Oui, il y a des plans de paiement pour le payer en plusieurs fois, mais il y a aussi plein de boîtes d'entreprises privées qui font de la location de matériel.
Bruno :
[
37:44] Notamment pour les professionnels.
Jérôme :
[
37:46] Ah, vous n'avez pas ça ? Ah, si, si, mais notamment dans le monde professionnel, par exemple, tu fais du montage vidéo, tu veux avoir toujours le meilleur MacBook Pro qui coûte 4 ou 5 000 balles, tu loues et en fait, tu es toujours au top du top. Évidemment, ça te permet d'étaler les paiements, le financement, c'est plus accessible. Ça, ça existe depuis longtemps, mais là, c'est Apple qui va directement faire ça. Bon, voilà.
Bruno :
[
38:11] Mais là, pour le moment, c'est uniquement aux États-Unis. D'accord. Si vous nous écoutez en Europe, au Canada, ce n'est pas le cas.
Jérôme :
[
38:18] Ça ne marchera pas. Bon, donc il faudra se satisfaire des autres solutions qui existent. Oui, exactement.
Bruno :
[
38:25] Sinon, si on revient sur des choses beaucoup plus personnelles, M. Colombain, cette semaine, vous proposez quoi à vos auditeurs?
Jérôme :
[
38:34] Ah ouais, c'est une bonne question, ça, parce que c'est vrai que je suis en vacances, mais comme tu le sais, la fête continue. Avec la série Tout comprendre, chaque mercredi et mercredi prochain, comme je l'ai indiqué, eh bien, je décrypte le mécanisme de contrôle de l'âge des utilisateurs sur les réseaux sociaux, notamment les mineurs. Comment savoir si c'est un mineur qui peut s'inscrire à un réseau social et puis quelques petites rediffusions des meilleures interviews de l'année et donc on retrouvera, dès lundi Guillaume Gralet, mon confrère journaliste qui a écrit un super bouquin qui fait le portrait de plusieurs innovateurs de la tech et puis en fin de semaine, Hugging Face on en parlait, tout à l'heure, j'avais rencontré quand on était ensemble à Las Vegas l'hiver dernier pour, le re:Invent de AWS un des représentants de Hugging Face et on parle de l'explosion des modèles d'IA ouverts ce sera donc à réécouter vendredi prochain 31 juillet, Je t'ai appelé Benoît. Alors, je ne sais pas pourquoi.
Bruno :
[
39:38] Oui, j'ai entendu.
Jérôme :
[
39:39] T'es entendu?
Bruno :
[
39:40] T'es vraiment en vacances.
Jérôme :
[
39:41] Ah oui. Allez, Jean-Pierre, c'est quoi ton programme la semaine prochaine?
Bruno :
[
39:45] Écoute, Jacques, merci de me poser la question. Peut-être pas pour la semaine prochaine, mais pour cette semaine, on va parler notamment de la gestion des rebuts, la gestion des vidanges avec l'intelligence artificielle. C'est assez intéressant. Il y a une entreprise de Trois-Rivières qui se trouve entre Québec et Montréal, pour les gens qui connaissent un peu le Québec, qui a décidé d'investir ses forces là-dedans. C'est vraiment intéressant ce qu'ils sont en train de faire et ils ont l'utilisation à fond de l'IA pour mieux gérer les déchets. Et puis, sinon, petit clin d'œil, évidemment, tout à l'heure, on en parlait du président chinois, Xi Jinping. Je reviens sur la présentation et la signification stratégique pour la Chine, d'avoir fait cette présentation-là. Ça va être assez intéressant.
Jérôme :
[
40:37] Très intéressant à écouter. Donc, ton carnet, puis tu continues à faire plein d'expérimentations technologiques pour mettre en valeur tes contenus, etc., en ce moment.
Bruno :
[
40:48] Ah oui, là, tu fais allusion à la version vidéo de 120 secondes de tech.
Jérôme :
[
40:52] Ben oui, on peut en parler ou pas?
Bruno :
[
40:55] Ben oui, parce que c'est disponible sur TikTok et sur YouTube.
Jérôme :
[
40:57] Ah ben voilà, on aurait même dû commencer par ça. C'est incroyable. Donc, tu t'es cloné.
Bruno :
[
41:02] Oui, exactement. J'ai mon avatar officiel. Et à partir de mon avatar, maintenant, il est en train de travailler tout seul pour faire la présentation de 120 secondes de tech. Alors, moi, je, prépare le contenu éditorial, mais après, c'est mon avatar qui le présente dans mon superbe studio de 120 secondes de tech.
Jérôme :
[
41:24] C'est magnifique.
Bruno :
[
41:25] Oui, c'est surprenant.
Jérôme :
[
41:27] Quand même, c'est hyper ressemblant au niveau visuel.
Bruno :
[
41:31] Oui.
Jérôme :
[
41:32] C'est vrai qu'on y croit. Mais la voix, c'est ta vraie voix, c'est ça ?
Bruno :
[
41:37] Oui, c'est ma vraie voix. Et c'est la voix qui est utilisée pour la version audio.
Jérôme :
[
41:41] Et voilà, c'est très malin. Bien sûr. On n'arrête pas la technologie. On n'arrête pas la technologie. C'est ce que j'ai testé aussi de mon côté, mais les résultats n'étaient pas satisfaisants. Il faut que je remette l'ouvrage sur le métier. Pour l'instant, ce n'est pas au point. Donc, je ne te ferai pas concurrence dans l'immédiat, tu vois.
Bruno :
[
41:57] Ah ok, bien merci de ma visite c'est pas dans les médias puis non, non, puis de toute façon t'as testé ça, t'étais en vacances mais laisse-toi retourner dans ton laboratoire en travaillant cette journée je suis sûr que tu vas t'arriveras à me compétitionner Enfin.
Jérôme :
[
42:10] C'est à la rentrée Bon, en tout cas, écoute ravi qu'on puisse passer l'été ensemble en quelque sorte Ben oui.
Bruno :
[
42:16] Merci d'être là malgré tes vacances.
Jérôme :
[
42:19] Et on se retrouve la semaine prochaine.
Bruno :
[
42:21] Je te salue Jérôme et porte-toi bien jusqu'à la semaine prochaine.
Jérôme :
[
42:24] Salut Bruno, salut à tous.