Julien Villeret:
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0:01] On voit donc que sur des voitures de bas milieu de gamme, on arrive à des autonomies qui deviennent vraiment très raisonnables. En réel, on est plutôt à 350 km du
Julien Villeret:
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0:10] 450. Mais enfin, néanmoins, sur des voitures peu chères, c'est quand même très impressionnant. Et puis, on voit que sur le très, très haut de gamme, là, maintenant, on dépasse les 1000 km, ce qui est aussi quelque chose de très impressionnant. Donc, quand on arrive dans les deux angles, dans les deux extrêmes de la gamme à avoir des autonomies correctes, je pense que c'est plutôt bon signe.
Monde Numérique :
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0:36] On va revenir sur le mondial de l'automobile qui avait lieu récemment à Paris. On a beaucoup parlé ces dernières semaines des tendances véritablement liées à l'automobile, le design, etc., la mode du néo-rétro. Mais ce qui est intéressant avec ce genre de salon, ce sont les innovations plus techniques, plus technologiques et notamment tout ce qui a trait à l'énergie. C'était un peu la Fiesta de la voiture électrique. On en parle avec Julien Villeray, bonjour ! Bonjour Jérôme, directeur de l'innovation d'EDF. On se retrouve comme chaque mois en partenariat avec EDF. Alors je le disais, voiture électrique tous azimuts. Mais Julien, avant de rentrer un peu dans le détail, qu'est-ce que vous retenez de ce salon ?
Julien Villeret:
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1:21] Je retiens que comme à chaque avancée dans le monde de l'automobile vers l'automobile électrique, il y a trois dimensions qui sont toujours celles sur lesquelles tout le monde fait porter l'effort d'innovation. les batteries, la vitesse de recharge et puis l'intelligence embarquée. Donc, si on regarde ce dernier mondial, on voit que sur les batteries, on continue d'améliorer les performances, mais aussi un peu l'accessibilité de la performance. C'est-à-dire que vous avez peut-être vu que Renault a annoncé qu'il est généralisé progressivement à la technologie LFP, qu'on appelle lithium-fer-phosphate, ce qui permet d'avoir des batteries qui restent performantes, mais à des coûts plus raisonnables. Donc, évidemment, le coût de la batterie, on sait que c'est une part très importante du coût d'acquisition, mais aussi derrière de vie, sur la durée de vie de la voiture, des voitures électriques, mais aussi des voitures qu'on va dire de milieu de gamme ou en tout cas de gamme qui ne sont pas extrêmement élevées. Je pense à la Skoda Epic, par exemple, qui est une voiture abordable, mais présentée avec une autonomie annoncée qui peut atteindre environ 440 kilomètres, ce qui est évidemment beaucoup pour une voiture de ce type de gamme. Donc, l'idée, c'est qu'on va vers évidemment une autonomie de qualité, y compris pour des voitures pas extrêmement haut de gamme, mais aussi vers cette question du pouvoir d'achat de la voiture électrique qui est évidemment absolument fondamentale, peut-être encore plus en ce moment, vu l'augmentation qu'a connu le prix des voitures en Europe ces dernières années. Et à sujet de la recharge ?
Monde Numérique :
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2:48] Oui, pardon. Juste une petite question. On peut dire qu'on a franchi un cap ou en tout cas, on a monté une petite marche en matière de batterie ?
Julien Villeret:
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2:55] Oui, je pense que très clairement, on voit donc que sur des voitures de bas milieu de gamme, on arrive à des autonomies qui deviennent vraiment très raisonnables. En réel, on est plutôt à 350 km du 450, mais enfin néanmoins, sur des voitures peu chères, c'est quand même très impressionnant. Et puis, on voit que sur le très, très haut de gamme, là maintenant, on dépasse les 1000 km, ce qui est aussi quelque chose de très impressionnant. Donc, quand on arrive dans les deux angles, dans les deux extrêmes de la gamme
Julien Villeret:
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3:19] à avoir des autonomies correctes, je pense que c'est plutôt bon signe.
Monde Numérique :
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3:24] Alors la batterie, la première question, c'est toujours celle de l'autonomie. Et la deuxième, maintenant, de plus en plus prégnante, c'est celle de la recharge, de la vitesse de recharge, de l'efficacité, etc.
Julien Villeret:
[
3:35] Exactement. Alors il faut rappeler quand même que la plupart et vraiment l'immense majorité des utilisateurs de voitures électriques, ils chargent à deux endroits, chez eux la nuit et au bureau quand ils vont au travail avec leur voiture, ce qui est quand même le cas de beaucoup, beaucoup de gens en dehors des grandes villes. Et donc, évidemment, la question de la recharge ne se pose pas, puisqu'on a le temps. La journée de travail, la nuit, c'est évidemment le temps de la recharge. Maintenant, tout le monde rêve, sur autoroute par exemple, pour enlever cette anxiété de la batterie qui existe encore chez beaucoup de gens, d'avoir des recharges ultra rapides. Et donc, le marché, et en particulier les constructeurs chinois, continuent d'accélérer sur ce domaine. L'exemple, c'est BYD, le fameux constructeur de voitures chinois qui, à travers sa marque Denza, a présenté ce qu'ils appellent la technologie du flash, pas fast, mais flash charging. Et l'idée, c'est quoi ? En cinq minutes, on passe de 10 à 70 % de recharge de la batterie. Donc, c'est totalement spectaculaire, même si pour installer ce type de puissance sur des bornes de recharge, c'est un vrai défi d'infrastructure. On ne peut pas installer ça n'importe quand, n'importe où très facilement. Néanmoins, on voit bien qu'on est là. On n'est vraiment pas arrivé au bout. On continue d'avoir une évolution technologique très très rapide 5 minutes c'est le temps qu'on prend pour faire une recharge d'essence donc finalement on est à peu près on arrive à peu près dans les mêmes ordres de grandeur et donc ça pour la recharge sur autoroute par exemple ça peut être un game changer donc on voit qu'on va dans le bon sens.
Monde Numérique :
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4:57] Mais vous l'avez dit, bon, techniquement, c'est possible, mais avant que ça se généralise, il faudra sans doute du temps.
Julien Villeret:
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5:04] Il faudra beaucoup de temps. Néanmoins, on a une petite chose qui va nous aider dans les prochaines années, c'est que se développe également la mobilité lourde électrique, en gros, les gros camions. Et donc, pour recharger ces gros camions, on a besoin d'infrastructures de recharge, on imagine bien la taille des batteries de ces gros camions, donc d'infrastructures de recharge très rapide et très puissante. Et donc, il va y avoir sur les aires d'autoroute en particulier de plus en plus de raccordements de très, très haute puissance. Donc, une fois qu'on aura raccordé de la très, très haute puissance pour des camions, évidemment, ce sera très facile de le faire aussi pour les voitures.
Monde Numérique :
[
5:32] Alors, Julien, il y a aussi une forte dominante. On s'est encore plus rendu compte cette année à l'occasion de ce Mondial que les véhicules électriques, ça devenait des ordinateurs sur roues avec une place prépondérante du logiciel dans tout ça.
Julien Villeret:
[
5:47] Oui, alors ça continue. Effectivement, on le savait dès le début que c'était un peu un nouveau métier de faire des voitures électriques parce qu'elles devenaient de plus en plus logicielles. est d'ailleurs aussi de plus en plus autonome. C'est quelque chose dont on parle beaucoup en Europe en ce moment. Et Renault, par exemple, a annoncé l'intégration de Gemini, donc l'intelligence artificielle de Google, dans ses véhicules connectés. Et ça, ce n'est pas le premier à faire de l'intelligence artificielle dans les véhicules. Mais quand une marque grand public, vraiment très mass market, comme on dit, comme Renault, annonce l'intégration par défaut d'un agent intelligent dans une voiture, c'est vraiment la marque qu'on est aujourd'hui dans un mouvement inarrêtable. Et donc, cette intelligence, aujourd'hui, elle va vraiment s'installer partout.
Monde Numérique :
[
6:27] Mais on sait à quoi ça va servir ce Gemini en voiture ? C'est-à-dire qu'on pourra discuter en langage naturel avec sa voiture ?
Julien Villeret:
[
6:33] C'est exactement l'idée et on peut faire des choses qui sont exactement celles qu'on fait avec son smartphone. On est sur la route, je suis à Montluçon, est-ce que tu peux me recommander les deux meilleurs restaurants de Montluçon selon les meilleures notes sur Google et sur TripAdvisor ? Chose qu'on ferait très simplement avec son smartphone, on va pouvoir le faire derrière son volant avec évidemment la voiture derrière qui va automatiquement programmer le GPS pour aller à l'endroit qui nous est recommandé et qu'on a choisi. Et éventuellement nous afficher les bornes de recharge les plus proches pour pouvoir se garer sur la bonne place de parking. Donc, on est vraiment sur de l'aide du quotidien, mais qui devient accessible pour monsieur et madame Tout-le-Monde, qui, on le sait bien, ne sont pas toujours très appétants à ce genre d'innovation quand elles demandent un apprentissage spécifique. Là, on est vraiment dans de l'usage basique et très simple.
Monde Numérique :
[
7:20] C'est une amélioration très forte de l'interface, en fait, de la manière d'interagir avec la voiture.
Monde Numérique :
[
7:25] L'innovation, ça concerne donc aussi les services et la gestion de l'énergie, je crois, de plus en plus.
Julien Villeret:
[
7:34] Oui, on a fait une annonce avec Renault. On parlait de Renault, EDF et Renault ont fait une annonce qui est très forte, qui est très forte pas parce qu'elle apporte une technologie totalement nouvelle, mais parce que là aussi, elle généralise, elle rend très grand public, très mass market, une innovation autour de la recharge. L'idée, c'est quoi ? C'est qu'avec ce partenariat, on rende la recharge en mobilité électrique beaucoup plus simple pour le client et aussi beaucoup plus économique. Donc, en gros, on associe autour du partenariat avec Renault le véhicule, la borne de recharge à domicile et le pilotage intelligent de la recharge. Donc, c'est la première fois que ce pilotage intelligent devient vraiment pour monsieur et madame tout le monde. Et ce n'est plus pour les technophiles, ceux qui ont envie d'avoir une installation très particulière avec un contrat très particulier, des bornes spéciales, etc. Là, on s'achète une voiture.
Monde Numérique :
[
8:19] Ça veut dire quoi, pilotage intelligent ?
Julien Villeret:
[
8:21] Alors, ça veut dire que d'abord, j'achète ma voiture. Donc là, en l'occurrence, chez Renault, j'ai automatiquement dans le package une installation à domicile par EZ by EDF d'une borne de recharge électrique adaptée. Donc, je n'ai rien à faire. J'ai un installateur qui vient en quelques heures. Enfin, en l'occurrence, c'est en général même moins d'une heure installer la borne de recharge dans ma maison, mon pavillon, mon allée, etc. Et j'ai accès grâce au service proposé par EDF et par DRIV, DRIV qui est une, filiale, du pilotage intelligent. Alors ça veut dire quoi ? Le pilotage intelligent, ça veut dire que la voiture va se recharger au meilleur moment sans que le conducteur, l'utilisateur ait besoin de se préoccuper de cette question-là. Alors ça veut dire quoi au meilleur moment ? Au meilleur moment, ça veut dire que 1. Il faut que la voiture soit évidemment chargée, la batterie chargée.
Julien Villeret:
[
9:05] Au moment où le client s'en sert. Et donc, la borne apprend intelligemment à voir quelles sont vos habitudes. Donc, évidemment, si vous rentrez, vous partez tous les matins à 7 heures, vous rentrez tous les soirs à 18 heures et que vos voitures chargent toute la nuit, la borne va apprendre que vous avez besoin que le matin à 7 heures, votre voiture soit rechargée. Et si, évidemment, c'est d'autres horaires et d'autres habitudes, parce que vous servez de la voiture plusieurs fois dans la journée, c'est la même chose. Donc, l'idée, c'est que la borne apprend à recharger la voiture automatiquement au bon moment et aussi au moment où l'électricité est la moins chère. Ou vous pouvez même parfois venir aider le réseau électrique avec la batterie de votre voiture. Et donc, ça, ça veut dire que c'est un avantage pouvoir d'achat extrêmement fort pour le client. Donc, sans qu'il s'en rende compte, il va dépenser encore moins d'argent pour recharger sa voiture et il va venir aider le réseau électrique. Il y a deux façons finalement d'aider le réseau électrique. Il y a, je charge, par exemple, au bon moment la nuit, quand il y a beaucoup d'électricité produite et peu d'usage. Par définition, c'est la nuit, tout est éteint, les usines ne fonctionnent pas, etc. Donc, l'électricité est moins chère, c'est une sorte d'or creuse. Et puis aussi, au moment où le réseau va peut-être avoir besoin de plus d'électricité, par exemple, on est en hiver, vous avez amené votre voiture avec encore 30 ou 40% de batterie dans votre garage, elle est branchée, mais il se trouve qu'à 19h, il y a un pic de consommation d'électricité parce que tout le monde allume son four, commence à préparer la cuisine pour le soir, etc.
Julien Villeret:
[
10:24] La batterie de votre voiture peut être utilisée, donc déchargée de son électricité, pour venir aider la maison ou le réseau électrique à supporter cette charge spécifique, cette pointe, comme on dit, de 19h. Et puis, évidemment, elle viendra se recharger beaucoup moins cher derrière pendant la nuit. Donc, toute cette recharge intelligente, c'est quelque chose qui était jusqu'à présent de l'expérimentation. Là, l'idée, c'est de rendre ça concret pour des centaines de milliers de Français.
Monde Numérique :
[
10:49] Et ça devrait arriver quand ?
Julien Villeret:
[
10:51] Alors ça, c'est dès 2027, donc c'est dès l'année prochaine. Donc, tout existe, tout est prêt. La plateforme technologique, les bornes, etc. Maintenant, c'est à Renault de commercialiser cette offre à travers son réseau de revendeurs. Et ça va se faire courant 2027. Il faut voir que selon les calculs qu'on a fait, ça peut représenter jusqu'à 10 000 kilomètres de recharge gratuite par an.
Monde Numérique :
[
11:11] Ah oui.
Julien Villeret:
[
11:11] Il n'y a pas beaucoup de gens qui roulent plus de 10 000 kilomètres par an. Donc, c'est assez important.
Monde Numérique :
[
11:17] Par personne, par famille. Par voiture. Par voiture. Ah oui, mais ça veut dire que c'est l'énergie gratuite, quoi.
Julien Villeret:
[
11:23] Alors, en tout cas, jusqu'à une certaine échelle, oui.
Monde Numérique :
[
11:26] Ça peut apporter, effectivement.
Julien Villeret:
[
11:27] Une recharge gratuite. Donc, ça peut être très impressionnant.
Monde Numérique :
[
11:30] Alors qu'on n'a qu'une peur, c'est que le prix de l'électricité augmente pour les voitures électriques. Ou qu'il y ait des taxes, par-ci, par-là, etc.
Julien Villeret:
[
11:36] Il faut quand même rappeler que le prix de l'électricité augmente en fait très faiblement en France, même si effectivement, il a augmenté ces dernières années. Et il augmente évidemment beaucoup moins fort et beaucoup moins rapidement que le pétrole et donc l'essence qu'on met dans les voitures ou le gaz. Donc de toute façon, l'électricité a toujours, sur les dernières années, été largement, mais vraiment très, très, très, très largement moins chère que le pétrole ou le gaz.
Monde Numérique :
[
12:03] Oui, donc en fait, les surtaxes à craindre pour la voiture électrique, là, elles viendront peut-être d'ailleurs. Mais bon, ce n'est pas le sujet. Restons sur la technologie et sur l'énergie.
Monde Numérique :
[
12:17] Donc, en fait, ce système, comment on appelle ça ? Vehicle to grid ?
Julien Villeret:
[
12:21] Exactement, dans notre bon jargon, on appelle ça V2G, véhicule to grid. Voilà, c'est le véhicule qui va venir alimenter le réseau. The grid, c'est le réseau en français.
Monde Numérique :
[
12:31] Mais du côté d'opérateurs de réseau que vous êtes, ça pourrait être vraiment significatif ?
Julien Villeret:
[
12:38] Ça peut clairement être significatif. Alors évidemment, il faut des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers de voitures connectées pour que ça ait un impact fort. Mais à partir du moment où on rentre dans un partenariat avec un grand constructeur populaire, c'est vraiment le début de cette mise à l'échelle. Et donc oui, à partir de quelques dizaines de milliers de véhicules, ça devient vraiment quelque chose de significatif, bien sûr. Et il faut bien voir que c'est aussi très significatif pour l'écologie, parce que quand on utilise les batteries des voitures pour venir alimenter le réseau électrique à des moments qu'on appelle de pointe, donc de grande consommation, ça évite de lancer des moyens de production électrique qui sont des moyens de production électrique décarbonés. C'est-à-dire, par exemple, des centrales à gaz. Il n'y a plus de charbon, heureusement, en France, mais des centrales à gaz ou des centrales qu'on appelle de pointe, donc thermiques. Si on peut servir des batteries des voitures électriques pour venir alimenter le réseau à ce moment-là, on ne les démarre pas. Et donc, c'est évidemment aussi très vertueux pour l'écologie.
Monde Numérique :
[
13:31] L'offre en question, là, qui sera commercialisée par Renault, c'est uniquement pour l'habitat individuel ou ça pourrait fonctionner aussi pour l'habitat collectif ?
Julien Villeret:
[
13:37] Alors, techniquement, ça peut fonctionner complètement pour l'habitat collectif. Dans un premier temps, pour des questions de simplicité, c'est pour l'habitat individuel parce que ça représente en fait le gros du marché de la recharge de véhicules électriques. Aujourd'hui, la plupart des gens qui ont des véhicules électriques sont en habitat individuel parce qu'il était, c'est beaucoup plus simple maintenant, mais il a été longtemps assez complexe de faire installer des bornes de recharge électrique dans ses copropriétés. Renseignez-vous si vous êtes concerné, parce que maintenant, c'est beaucoup plus simple et beaucoup plus rapide. Mais ça a pris beaucoup de temps dans le passé. Donc, on démarre d'abord par cette possibilité dans l'habitat individuel.
Julien Villeret:
[
14:10] Et puis derrière, évidemment, l'idée, c'est que ça se poursuive dans l'habitat collectif.
Monde Numérique :
[
14:14] Où est-ce qu'on en est aujourd'hui, Julien, de l'électrification, du parc automobile en France ?
Julien Villeret:
[
14:21] Alors, on a vraiment des pays où c'est un sujet massif et plus que massif. La Chine, évidemment, a une avance considérable parce qu'elle maîtrise aussi toute la chaîne de valeur. Donc, depuis la production de la batterie jusqu'à la production de la voiture, le software. Il y a des prix qui sont évidemment très raisonnables. Il suffit de voir les prix de vente des voitures chinoises, y compris en Europe. Donc là, clairement, il y a en Chine une explosion de la voiture électrique. En Europe aussi, au sens...
Monde Numérique :
[
14:48] C'est dingue. Moi, je sais que j'étais à Shanghai il y a quelques semaines et ça change tout parce que le niveau sonore de la ville n'est pas le même.
Julien Villeret:
[
14:56] C'est très intéressant parce qu'effectivement, ce n'est pas qu'une question d'économie, puisque c'est moins cher la voiture électrique, ou d'écologie, mais c'est aussi de confort, de confort pour le conducteur et pour les gens dans la rue, effectivement.
Monde Numérique :
[
15:07] Exactement, sans parler évidemment de la pollution, etc.
Julien Villeret:
[
15:09] Qualité de l'air, etc.
Monde Numérique :
[
15:11] Donc ça, c'est la Chine et l'Europe.
Julien Villeret:
[
15:13] Voilà. Et donc, en Europe, très clairement, on voit qu'il y a une montée en puissance très, très, très, très forte. Alors, il y a certains pays, il faut savoir les pays du Nord, les Nordics, comme on dit, donc les pays du Nord de l'Europe sont déjà très, très en avance. Mais si on regarde la France, plus de quatre voitures neuves sur dix, donc quasiment 50%, ou 40% en l'occurrence, en France, vendues en septembre 2026, étaient électriques.
Monde Numérique :
[
15:34] Merci, le blocage du D3 d'Ormuz quand même.
Julien Villeret:
[
15:37] Alors évidemment, de toute façon, mais ça, c'est la réalité de toutes les évolutions technologiques et leur prise en compte par la population. C'est qu'il y a des événements, en l'occurrence géopolitiques, qui font que ça booste l'intérêt pour la technologie. Et c'est très bien. Enfin, après, évidemment, ce n'est pas très bien que les prix de l'essence augmentent, mais c'est très bien que ça donne aux gens aussi l'envie de se renseigner plus et donc d'aller plus vers ces voitures électriques. Donc, on a évidemment là, on sent bien depuis le début d'année, effectivement, depuis en particulier le blocage du T3 d'Hormuz,
Julien Villeret:
[
16:09] un mouvement très, très fort vers cette électrification.
Monde Numérique :
[
16:13] Et puis, en plus, il y a eu des annonces. L'un des points de blocage, c'était le prix. Et il y a toujours eu des aides pour l'électrique, mais je crois qu'il va y en avoir d'autres en plus.
Julien Villeret:
[
16:24] Oui, alors le gouvernement a annoncé une deuxième phase des aides pour l'électrique. Il y a 17 mesures, donc évidemment, on ne va pas les citer là, mais elles sont faciles à trouver sur Internet. Il y en a peut-être trois qu'on peut signaler parce qu'elles sont particulièrement intéressantes. D'abord, pour l'installation de la borne chez soi à domicile, il y a une aide qui a été annoncée à partir de janvier 27, donc qui offrira 500 euros d'aide pour faire installer la borne chez soi. Sur certains utilitaires électriques, qui étaient un peu un point gris du marché, il y a maintenant 11 000 euros de soutien pour certains de ces véhicules. Donc, y compris les artisans vont pouvoir assez facilement s'équiper. Et puis, il y a aussi la possibilité à annoncer de conduire certains utilitaires électriques avec un permis B. Donc, en gros, quand on ira vers l'électrique, ce sera plus facile de l'utiliser, moins cher de l'utiliser et plus simple de s'équiper aussi de la borne de recharge, qui est évidemment assez indispensable si on veut pouvoir en faire sa voiture du quotidien. Et puis, précisons quelque chose de très important, parce que ça, c'était attendu par tout le marché. Et on est très heureux que ça arrive. Le gouvernement veut améliorer la transparence des prix de recharge, qui était aujourd'hui effectivement un problème, puisque souvent annoncé en kilowattheures, très difficile à comprendre quand on n'est pas un expert du monde de l'électricité. Eh bien là, il va y avoir, on l'espère, il n'est pas passé encore, mais un décret qui va imposer la transparence des prix et de l'affichage de prix en euros comparables d'une marque et d'une borne à l'autre. Donc, on pourra comparer le prix de la recharge comme on peut le faire aujourd'hui avec le prix de l'essence, tout simplement.
Monde Numérique :
[
17:49] Merci, Julien Villerey, directeur de l'innovation d'EDF.