:
Aujourd'hui, je suis ravi d'annoncer une toute nouvelle plateforme de réalité augmentée avec un produit révolutionnaire. Dévoilé en juin 2023, le Vision Pro d'Apple appartient à cette petite catégorie de produits high tech qui resteront quoi qu'il arrive dans l'histoire. Soit parce que ce sera un flop monumental, soit parce que cela va réinventer l'informatique. Ce qui est sûr, c'est qu'aucun produit high tech n'avait fait couler autant d'encre depuis longtemps. Faut-il croire à l'échec ou au succès à venir du Vision Pro ? C'est ce que nous allons voir dans cet épisode. Si vous passez par ici pour la première fois, suis Jérôme Colombin, journaliste spécialiste des technologies. Dans le podcast Monde Numérique cet été, on fait le point sur des sujets d'actu brûlants et on en profite pour réécouter quelques-unes des meilleures interviews de ces derniers mois. De la même manière que le Mac nous a introduits à l'informatique personnelle et l'iPhone nous a introduits à l'informatique mobile, l'Apple Vision Pro nous introduira à l'informatique spatiale. L'informatique spatiale. C'est ainsi que Tim Cook, le CEO d'Apple, présente le Vision Pro le 5 juin 2023. Le casque sort huit mois plus tard aux Etats-Unis en février 2024 et encore un peu plus tard en France, en juillet 2024. L'histoire est donc toute neuve, trop neuve pour être jugée évidemment. On n'a pas de chiffre de vente officiel, mais celle-ci selon les analystes devrait s'élever à environ un demi-million d'unités sur l'année. Ce sera énorme en terme de chiffre d'affaires, car le Vision Pro coûte très cher, mais pas énorme, pas un ras de marée pour un produit de la prestigieuse marque à la pomme. Peu importe, semble dire Apple, qui affirme depuis le début que le Vision Pro est un voyage qui s'inscrit dans le temps long. On écoute à nouveau Tim Cook. Ceci marque le début d'un voyage qui apportera une nouvelle dimension à la technologie personnelle puissante. Il y a certains produits qui changent notre perception de la technologie et du rôle qu'elle joue dans nos vies. Nous croyons que l'Apple Vision Pro est un produit révolutionnaire. Avec la performance, l'immersion et la capacité qu'Apple seul peut offrir. habitué aux superlatifs de la part d'Apple. Mais cette fois, on est bien obligé de tendre l'oreille. Révolution ou pas révolution ? Avant de trancher, il faut savoir de quoi on parle. En février 2024, le youtubeur Jean-Baptiste Nicolet, alias The E-Collection, qui s'est procuré l'un des tout premiers exemplaires aux Etats-Unis, fait part de ses premières impressions dans le monde numérique. En fait, c'est hyper intuitif. et qu'est-ce qu'il a de plus intuitif que les yeux et les doigts pour contrôler quelque chose. On regarde avec ses yeux pour sélectionner et on valide avec son doigt. On prend la fenêtre, on la rapproche, on l'éloigne. Et je l'ai fait tester à beaucoup de personnes qui, instantanément, en 5-6 minutes, ont compris le jeu d'attraper une fenêtre, de la bouger dans l'espace et on n'est plus limité par des écrans physiques mais tout se met dans le virtuel et ça ouvre des possibilités de se dire qu'on n'a plus besoin d'avoir un ordinateur fixe ou un écran externe chez soi, en plus à son bureau, une télé sur son mur, une télé pourquoi pas dans sa chambre, son téléphone. On a ça devant nos yeux et en fait on est illimité sur les écrans à mettre partout. C'est vraiment le concept de l'ordinateur spatial, de l'informatique spatiale, c'est comme ça qu'Apple présente les choses. Qu'est-ce que tu as fait comme utilisation ? Tu l'as utilisé dans toutes les circonstances ? Toutes les circonstances, à la fois pour travailler, parce que j'ai travaillé dessus via mon Mac que j'ai déporté. Donc quand on ouvre son Mac, a directement un petit bouton qui arrive pour le connecter et on va avoir toute l'interface de son Mac qui arrive dans Vision Pro avec une énorme fenêtre. Et donc on passe d'un MacBook Pro par exemple de 13 pouces à un écran de 110 pouces et on le contrôle avec le clavier et sa souris. Donc ça c'est vachement pratique parce qu'il n'y a aucun délai, il n'y a aucune latence, le son c'est instantané. Ce qui est cool aussi c'est tout. Pardon, ça c'est peut-être l'application la plus prometteuse, ? Le côté espace de travail et ordinateur multi-écran. Même si on ne pas, ce n'est pas encore totalement abouti si j'ai bien compris en termes de multi-fenêtre. Ouais, c'est pas abouti. Alors ça marche très bien, mais on pourrait avoir beaucoup plus parce qu'en fait, on va avoir uniquement un seul bureau qui va être projeté. C'est comme si on faisait de l'airplay, par exemple, où en fait, on projette son écran d'ordinateur sur un écran externe, une télé, par exemple. Là, on le projette dans Vision Pro. Donc à terme, pourrait dire qu'on deux, trois, quatre bureaux différents, qu'on puisse utiliser plusieurs applications à la fois. Là, c'est une application par une. C'est vraiment le bureau de son ordinateur qui se déporte dans Vision Pro dans un format juste géant. Ça, c'est juste trop bien. Ça marche extrêmement bien. Et c'est Peut-être la principale utilisation qu'on va faire avec ce produit, ça nécessite un Mac, bien entendu, assez récent, qui tourne sous MacOS Sonoma, donc qui est la dernière génération. Mais quand ça marche, ça marche vraiment bien. Et en même temps, ça s'appelle un ordinateur spatial. Donc c'est fait pour travailler, pas que pour se divertir. Mais comme c'est spatial, eh on va pouvoir aussi se divertir en regardant des films dans des environnements juste magnifiques, que ce soit des montagnes, la lune, la plage, sais rien, voire même du cinéma via Disney Plus. Et on se transporte vraiment dans un écosystème et un environnement qui est trop beau, est vraiment bien fait parce qu'on a des écrans 4K qui nous donnent vraiment cette impression d'y être. On n'est pas coupé du monde parce qu'on voit quand même nos mains. Si des gens arrivent dans la scène alors qu'on est dans un environnement virtuel, on va les voir arriver. C'est ça qui est complètement nouveau et différent par exemple de l'Oculus, etc. Parce que le côté immersif, avoir l'impression d'être dans une salle de cinéma ou sur une autre planète, on l'avait déjà d'une certaine manière avec les autres cas de réalité virtuelle. Et je dis bien réalité virtuelle, mais là on est sur une forme de réalité mixte en fait. C'est ça, c'est un peu ce que Apple ne dit pas parce qu'ils ne veulent pas qu'on utilise XR, AR, VR comme termes et comme terminologie pour ce produit. c'est ordinateur spatial, mais c'est clairement de la réalité mixte qui permet de mixer la réalité augmentée, la réalité virtuelle dans un produit qui permet via ses caméras de filmer tout ce qu'on voit, de le retranscrire devant nos yeux via des écrans et en fait de mettre en surimpression des fenêtres et de pouvoir interagir avec via des applications, via des films, via Internet, tout ce qu'on veut en fait comme on a l'habitude de faire sur son iPhone ou son iPad. Pari réussi donc celui de la facilité d'utilisation. termes d'interface et d'ergonomie, Apple répond présent là où on l'attend et suscite l'enthousiasme. Mais l'ergonomie ne fait pas tout. À l'usage, le Vision Pro en réalité ne peut pas vraiment remplacer un ordinateur, pas plus qu'un iPad ne peut remplacer un Mac. Du coup, il reste la question de fond, à quoi ça sert vraiment. Sommes-nous prêts à porter un appareil de 650 grammes sur la figure pour avoir des écrans géants devant les yeux, y compris dans le train ou dans l'avion ? Un avantage certes par rapport à l'ordinateur, dans ce genre de circonstance, la confidentialité, mais ça fait cher la protection de la vie privée. Là encore, Apple répond que ce n'est que le début de l'histoire et que d'autres versions de l'appareil, plus légères, moins chères, sont en préparation. En attendant, si le Vision Pro ne semble pas vraiment passionner le grand public, Il commence en revanche à intéresser une clientèle professionnelle qui imagine déjà des applications de MR, donc de Mixed Reality. C'est ce qu'a expliqué en juillet 2024 dans Monde Numérique Jordan Richter de la société LS Group spécialisée dans la conception de programmes en 3D pour les casques de réalité virtuelle. Oui, il a déjà des entreprises qui sont intéressées. On a déjà fait quelques demandes d'applicatifs. Donc effectivement, côté business, ça secoue un petit peu pas mal dans le monde du luxe, dans le monde des transports. On imagine des applications un petit peu immersives en MR intéressantes. Alors aujourd'hui, ça pourrait être effectivement du showroom en réalité mixte. C'est-à-dire, je viens faire apparaître les produits de ma marque préférée ou ma future voiture là où j'ai envie de les faire apparaître, donc dans mon salon ou dans mon allée jardin, pour pouvoir explorer un petit peu sous tous les angles. Je pense qu'il va y avoir beaucoup d'applications du côté du jeu vidéo. Alors notre société ne pas du jeu vidéo, mais c'est clairement quelque chose qui fait partie de ce genre de technologie. L'entertainment, c'est un gros secteur pour tout ce qui est technologie immersive. Et je pense qu'il encore plein de choses qu'on n'imagine même pas. Je pense qu'un des objectifs va être aussi de se dire comment je transpose une application que j'ai sur mon iPhone en 360, c'est-à-dire mon application de banque. Aujourd'hui, est en 2D sur mon téléphone. comment j'ai pu la visualiser sur mon bureau en portant le casque. y a plein de choses comme ça qui sont essentielles à se dire. je pense que là, ça va être intéressant de voir ce qui va être imaginé par les développeurs. Et surtout essentiel de faire appel à des gens qui ont l'habitude des technos immersives et qui connaissent le spatial, justement ce qui nous entoure, les interactions, tout ce qui est UX, donc expérience utilisateur, dans un monde 360. Ça devient essentiel sur le développement d'applications de ce type. C'est un espoir pour nous de faire ce côté un game changer pour que les gens s'approprient cette techno justement et arrêter de vivre sur les hypes. Une année on va dire la VR est morte, l'année d'après, vive le metaverse, puis quand le metaverse échoue, c'est à nouveau la VR qui disparaît. Non, nous on travaille dans ce secteur depuis 15 ans, la 3D. Il y a une vraie utilité côté industrie, y a une vraie utilité côté retail, ça n'a jamais bougé. Donc pour nous le game changer c'est le grand public et faire vraiment découvrir et rendre accessible au plus grand public ce genre de technologie. Informatique spatiale comme chez Apple ou MétaVer chez son concurrent Meta qui vante les qualités de son casque Quest Pro présenté comme aussi performant mais moins cher. En tout cas une chose est sûre, la bataille du numérique immersif pour résumer les choses a bel et bien commencé. Est-ce le futur de l'informatique ou bien n'est-ce qu'une nouvelle chimère technologique ? Prenons un peu de recul pour le prospectiviste Michel Lévy Provençal. Ce type de produit va dans le sens de l'histoire des technologies. Il le disait dans « Monde numérique » en février 2024. Anthropologiquement, je reviens sur les raisons anthropologiques, on a toujours vu la technologie se rapprocher de nos corps. Prenons un exemple. Il y a une centaine d'années, on voyait par exemple les premiers films au cinéma dans les années 1920, les écrans étaient à plusieurs dizaines de mètres de nous et il y avait une centaine, deux cent personnes dans une salle. Ensuite est arrivé la télévision, on était cinq, l'écran est arrivé à quelques mètres de nous, ensuite l'ordinateur personnel est arrivé, on était un ou deux personnes derrière cet écran, puis le mobile est arrivé, il est arrivé à quelques centimètres, on a commencé à le toucher et puis enfin... aujourd'hui arrivent les casques de réalité virtuelle hyper personnalisés qui créent notre propre monde et qui sont à quelques centimètres de notre œil. Ça aussi c'est un élément à facteur clé qui est une évolution presque anthropologique je dirais de l'usage des technologies qui ont tendance à se coller au corps, à venir de l'extérieur vers notre corps. Donc que ce soit un masque aujourd'hui ou un casque ou demain une paire de lunettes ou après demain une paire de lentilles, ce mouvement, on va le vivre. Donc c'est aussi une des raisons pour lesquelles on va énormément dans cette capacité à créer de nouveaux usages avec ce type de device. Et puis il a d'autres aspects aussi, on vit dans une époque d'hyper-personalisation, on vit dans une époque où d'autres technologies, notamment, vont accélérer le développement du métal. Et cette technologie, évidemment, c'est l'intelligence artificielle. Derrière la définition du metaverse, il y a plusieurs concepts. On a beaucoup parlé du concept de l'immersion, de la réalité virtuelle. On peut aussi parler de la réalité augmentée ou de la réalité mixte. Mais il y a d'autres éléments qui alimentent le metaverse et qui vont être accélérés par l'adoption d'un certain nombre de technologies. C'est le cas de la blockchain. C'est le cas de l'IA, on vient d'en parler. Et c'est le cas, d'une certaine manière, de l'usage de la data, parce que plus on avance, plus on va dans le temps, et plus on avance dans la maîtrise de ces technologies, plus on va être capable de créer des environnements et des interlocuteurs ultra-personalisés qui vont répondre parfaitement à nos attentes, ou même pas forcément répondre sans nous surprendre, ou même... construire une relation qui va générer peut-être de l'addiction, peut-être une capacité à être en relation permanente avec ces environnements ou avec ces avatars ou ces dispositifs d'interaction. Ce n'est pas forcément très réjouissant, ça peut être aussi assez angoissant. Je ne suis pas un BA naïf autour de... de l'usage de ces technologies, a d'énormes dangers qui se nichent derrière l'usage de ces technologies, on en parle dans livre d'avant, mais c'est un mouvement qui est assez inéluctable à mes yeux. L'histoire n'en est donc qu'à ses débuts et il paraît trop tôt pour juger du succès ou de l'échec du Vision Pro. Une nouvelle voie est ouverte, on y trouve aussi d'autres projets comme les lunettes connectées de méta ou TCL, des produits moins ambitieux, moins sophistiqués mais qui visent également à transformer notre relation aux écrans. Et après, l'étape suivante, est-ce que ce sont les fameux implants cérébraux dont la science-fiction nous parle depuis des années ? Peut-être, pour les plus geeks d'entre nous, on n'en est pas encore là. Si cet épisode vous a plu, merci de laisser 5 étoiles et un commentaire sur votre plateforme d'écoute. N'oubliez pas de faire connaître ce podcast à vos amis. Très bon été à l'écoute de Montes numériques.