Jérôme :
[
0:06] Bonjour Bruno Guglielminetti à Montréal.
Bruno :
[
0:09] Bonjour Jérôme Colombain à Paris.
Jérôme :
[
0:11] Tu sais que ça me rappelle des souvenirs, ce rendez-vous hebdomadaire que nous avons dans nos podcasts respectifs, ce Débrief transat, parce que toi et moi on a travaillé sur les radios publiques en langue française, tu travaillais à Radio-Canada, moi à Radio France, Et est-ce que tu te rappelles de cette émission commune qui se faisait entre la France, Radio France, le Canada et la Suisse, et la Belgique peut-être ?
Bruno :
[
0:37] La Suisse et la Belgique, oui.
Jérôme :
[
0:40] Et voilà, c'est amusant parce qu'en fait, c'est exactement la même chose.
Bruno :
[
0:45] Tout le monde s'est retrouvé. Il manque quand même un Belge et un Suisse.
Jérôme :
[
0:48] Oui, il manque un Belge et un Suisse, c'est vrai.
Bruno :
[
0:50] Mais quand même, oui, effectivement.
Jérôme :
[
0:52] Donc en fait, on… Oui.
Bruno :
[
0:55] Mais Jérôme, c'est tellement moins compliqué parce qu'à l'époque dont tu parles ça, il fallait qu'ils réservent des circuits sur des satellites pour se parler parce qu'il y avait le Canada qui était dans l'équation. On se branche par Internet et puis c'est fini.
Jérôme :
[
1:08] Oui. Alors, écoute, si on parle technique, cela dit, moi, je ne te dis pas. Je suis encore empêtré dans les problèmes. Tu sais, dimanche dernier, pour le grand débrief, ça a été la catastrophe Est-ce que c'est toujours à cause des Espagnols? Et je pense que c'est toujours à cause des Espagnols, peut-être aussi à cause des Américains. Il y a mon Mac qui, je ne sais pas, il s’emmêle les pinceaux.
Bruno :
[
1:26] Ah non, mais Mac.
Jérôme :
[
1:26] C'est merveilleux. Oui, c'est merveilleux.
Bruno :
[
1:29] Ça fait deux semaines que je suis avec mon Mac Studio. C'est le bonheur.
Jérôme :
[
1:34] Non, ce n'est pas le matériel lui-même. C'est le logiciel qu'on met dessus quand
Jérôme :
[
1:39] on les charge et qu'on les surcharge comme ça. Bon, enfin, trêve de plaisanterie. Donc, cette semaine, Bruno, puisque c'est moi qui, comme au temps de la CRPLF, on anime à tour de rôle ce Débrief Transat. Et cette semaine, j'ai l'honneur de te poser des questions. Alors j'aimerais que tu nous parles pour commencer de cette annonce officielle du gouvernement chez toi concernant la politique numérique carrément du pays.
Bruno :
[
2:04] Oui, mais là, tu voulais dire, d'abord, au Canada.
Jérôme :
[
2:08] Au Canada, absolument.
Bruno :
[
2:10] Non, mais en fait.
Jérôme :
[
2:12] J'avais un doute, je ne me souvenais plus, c'était tout le Canada ou spécifiquement le Québec?
Bruno :
[
2:16] Non, non, non, c'est tout le Canada. C'est Mark Carney, le Premier ministre qui se promène dans toutes les tribunes mondiales et qui fait rayonner le Canada comme étant une moyenne puissance mondiale. Et bien, aujourd'hui, pas aujourd'hui, mais cette semaine, il a donc été à Toronto pour présenter la toute nouvelle, d'ailleurs c'est la première, politique canadienne quant à l'approche de l'intelligence artificielle au pays.
Bruno :
[
2:44] Essentiellement, c'est quoi? C'est de faire un constat qu'au Canada, jusqu'à maintenant, on a été très bon chefs de file en recherche. C'est en partie à cause des Canadiens qu'aujourd'hui, on a la révolution de l'intelligence artificielle. Et le problème, c'est que le Canada est resté en bonne partie dans le domaine de la recherche. Et tout ce qui est commercialisation et production, on n'est pas là. Et donc là, grand changement de cap. Le gouvernement va maintenant — ils vont toujours financer la recherche. Je ne veux pas faire paniquer des gens qui nous écoutent. Et je sais qu'il y en a beaucoup dans le domaine de l'IA qui nous écoutent. Mais là, ce qu'on va décider de faire à Ottawa, c'est d'aider et de vraiment mettre en place toute une stratégie pour qu'il y ait des entreprises qui se créent pour commercialiser l'IA au pays. Puis c'est aussi un questionnement par rapport à l'utilisation de l'IA dans les entreprises. Aujourd'hui, seulement 12 % des entreprises canadiennes utilisent l'IA. On veut, d'ici 2034, on se laisse un peu de jeu, que ça monte à 60 %. Mais donc, ça va passer par la littératie numérique, ça va passer par la promotion des outils.
Jérôme :
[
3:53] Notamment… Pardon, qu'est-ce que c'est que ça, la littératie? numérique?
Bruno :
[
3:56] La littératie numérique, c'est d'être capable de s'y comprendre que tout bon citoyen sache ce que veulent dire les termes qu'on utilise dans le monde du numérique, ce qui n'est pas nécessairement le cas. On a longtemps parlé de littératie économique, littératie financière, mais là, c'est la littératie numérique.
Bruno :
[
4:16] Et donc, c'est ça. Alors, à l'intérieur de ça, ce qu'on veut s'assurer, c'est donc de mettre en place autant dès le plus jeune âge, à l'école, de l'enseignement par rapport à l'IA, au numérique en général, pour s'assurer que les enfants, quand ils commencent à l'école, commencent sur un bon pied. On veut aussi s'assurer qu'il y a tout le volet de sécurité, Et là, je ne te parle même pas de souveraineté numérique, mais de sécurité, donc la cybersécurité, parce que tu peux penser à toute la cybercriminalité qui existe. Alors, on va mettre un coup de collier là-dedans parce qu'on sait que de plus en plus, l'IA est utilisée dans le monde criminel. Et puis, il y a un pan aussi qui veut, je l'ai souligné deux fois, la souveraineté numérique. On veut s'assurer de mettre en place une infrastructure proprement canadienne, donc qui ne dépend pas nécessairement de nos voisins américains, pour communiquer. Et même, ça va jusqu'au super ordinateur qui va nous permettre de faire avancer nos propres travaux de recherche et pas dépendre des Américains. Alors, c'est assez ambitieux, mais c'est assez généraliste. Alors, il y a peu de chances de se tromper et c'est un peu un fourre-tout, si je me permets d'être critique. Mais de toute façon, pour mes auditeurs, un petit peu plus tard dans l'émission, on va analyser en détail cette nouvelle approche de l'IA au Canada.
Jérôme :
[
5:39] Donc, vous avez un peu les mêmes problématiques que nous, finalement.
Bruno :
[
5:43] Ah oui.
Jérôme :
[
5:43] Et c'est notamment, donc c'est un, développer l'IA, mais deux, également se soucier de la souveraineté numérique.
Bruno :
[
5:52] Tout à fait, tout à fait. Et nous, c'est encore plus dangereux, pas dangereux, mais urgent, parce que toute notre infrastructure est basée sur celle de notre voisin. C'est un peu, on ne parle pas de divorce, mais on n'est pas loin. Alors, c'est sûr que pour encore trois ans, il faut avoir un plan B, mais qui, tranquillement, pas vite, va devenir un plan A pour les Canadiens.
Jérôme :
[
6:15] C'est intéressant parce que chez nous, en Europe, c'est un peu d'actualité également, puisque cette semaine, il y a eu une grande présentation de la part de la Commission européenne. Et pareil, un vaste plan, mais qui est encore plus clairement orienté sur la souveraineté technologique. L'idée, c'est d'essayer de reconquérir cette souveraineté technologique. Autrement dit, ça revient à dire qu'on va essayer de se passer ou de moins utiliser Microsoft, Apple, Google, etc. Le problème, c'est que c'est hyper difficile parce qu'aujourd'hui, on est à 80%. 80% ! C'est le chiffre qui a été donné de produits, de services, d'infrastructures numériques utilisés au sein de l'Union européenne qui proviennent des États-Unis ou également de l'Asie. donc on est extrêmement dépendant et on se demande comment il sera possible de se passer de tout ça. Le rêve d'une véritable souveraineté à 100%, de toute façon, il est inaccessible. Donc, ça va être la souveraineté par petites touches, comme ça. On essaye de corriger ceci, de corriger cela. Alors, il y a la question du cloud, il y a la question de l'infrastructure dont tu parlais, la question des réseaux, mais aussi beaucoup la question du logiciel et des outils. Et il y a un truc qui est intéressant, c'est que.
Jérôme :
[
7:32] Pour y arriver, la Commission est en train un petit peu de briser un tabou européen, si je comprends bien, parce que moi je ne suis pas expert du droit européen, mais il me semblait que jusqu'à présent, notamment dans les appels d'offres, les contrats publics, etc., il n'y avait pas de préférence nationale, pas de préférence européenne, justement pour respecter la libre concurrence, qui est un principe de base. Et là, eh bien, Bruxelles dit qu'ils vont faire attention maintenant à choisir en priorité des fournisseurs européens, et notamment en matière d'intelligence artificielle, de cloud, en tout cas pour les secteurs les plus sensibles.
Bruno :
[
8:11] Ça va être contesté, ça ?
Jérôme :
[
8:13] Je ne sais pas si ça va être contesté. Oui, ça sera peut-être attaqué par les principaux intéressés, par les Américains. Les Américains, je te rassure, ils font déjà un lobbying forcené.
Bruno :
[
8:23] Je m'imagine.
Jérôme :
[
8:24] Ah ben oui, ils sont à Bruxelles depuis toujours. Il y a même eu des épisodes épiques.
Bruno :
[
8:29] Tu avais parlé avec des parlementaires qui se faisaient un peu malmenés même par des lobbyistes.
Jérôme :
[
8:34] Oui, absolument. Il y a eu des épisodes terribles où ils faisaient circuler des camions dans Bruxelles avec des affiches pour inciter ou pour expliquer pourquoi il ne fallait pas voter pour tel ou tel règlement européen, etc. C'est un vrai bras de fer. Après, le lobbying, ça fait partie du jeu. Ce qu'il y a, c'est qu'il y a ceux qui ont plus de moyens pour en faire par rapport à d'autres. Et des petites boîtes européennes ou françaises, elles ont forcément moins de moyens. En tout cas, c'est une vraie direction. Et il y a aussi d'ailleurs, de l'autre côté, au Parlement européen, donc c'est la deuxième instance européenne, la Commission et le Parlement, et une décision un peu symbolique qui est qu'ils vont éjecter Google ou tout au moins, ils vont installer par défaut le navigateur Qwant, le moteur de recherche Qwant. Tu te souviens de Qwant ?
Bruno :
[
9:29] Waouh ! Mais c'est quoi, c'est le phénix qui est renais de ses cendres ? C'est quoi ça ?
Jérôme :
[
9:34] Ouais, c'est le phénix qui est renais de ses cendres. Bah ouais, mais Qwant n'est pas mort. Écoute, il continue sa belle vie. Il a été racheté par Octave Klaba, qui est le patron d'OVH.
Bruno :
[
9:42] Ouais, il y a un autre, hein ?
Jérôme :
[
9:43] Voilà. Et donc, Qwant sera installé par défaut. Bon, alors, est-ce que c'est purement symbolique? Est-ce que ça va vraiment changer les choses?
Bruno :
[
9:53] C'est ce que j'allais te demander. Est-ce que c'est un coup de com' ou tu as l'impression qu'ils sont sérieux?
Jérôme :
[
9:57] Je pense que Qwant est un outil qui existe, qui peut répondre à certains usages. Mais on sait que dans le passé, quand ils avaient essayé de l'installer de force dans des administrations ou dans l'audiovisuel public même, tout le monde était désespéré. et les utilisateurs, ils retournaient sur Chrome et ils retournaient sur Google.
Bruno :
[
10:16] Je me souviens de Benchmark qui avait été fait à l'époque. Et puis, dans les tests, ça ne sortait pas le plus efficace.
Jérôme :
[
10:23] C'est un peu symbolique, mais enfin, c'est intéressant. D'ailleurs, c'est marrant parce que j'en parle cette semaine dans Monde Numérique, avec une interview du directeur de Qwant, du directeur général de Qwant.
Bruno :
[
10:33] Il n'y a pas de hasard.
Jérôme :
[
10:34] Il n'y a pas de hasard. Donc, on est en plein dans les questions de souveraineté. Mais pendant ce temps.
Bruno :
[
10:41] Est-ce qu'il y a des nouvelles de Mistral?
Jérôme :
[
10:44] Oui, il y a des petites nouvelles de Mistral. Alors, Mistral, justement, ils sont en train de batailler, mais pour autre chose, Mistral est très embêté parce que c'est un projet de règlement qui les ennuie et qui concerne le droit d'auteur. Tu sais que les intelligences artificielles, pour être efficaces, elles ont besoin de s'entraîner à partir des contenus. Donc, Mistral, ils ont fait un peu comme les Américains. Ils se sont servis de tout ce qu'ils trouvaient ici et là, sur le web. Et là, il y a tous les ayants droit de la musique, des médias, de tous les écrits et de tous les contenus sous forme numérique qui disent attendez, attendez là vous êtes en train de nous piller vous allez utiliser faire du fric avec ça, ça ne va pas nous on veut on veut récupérer notre part du gâteau et donc il y a un bras de fer parce que il y a un proposition de loi qui est en discussion et qui, dit que tous les moteurs et tous les modèles d'IA utilisés devront prouver qu'ils n'utilisent pas, tel ou tel contenu. Donc ça va être une usine à gaz. Mais c'est très intéressant parce que derrière ça, il y a un vrai dilemme, avec deux camps qui sont en train de se dessiner. D'un côté, on veut pousser la pépite Mistral parce que c'est quelque part notre seule porte de salut. C'est le phare dans la tempête. C'est le phare dans la tempête pour aller vers le développement de l'intelligence artificielle. Et d'un autre côté, il y a le droit d'auteur, les ayants droit.
Jérôme :
[
12:10] Eux aussi, ils sont très forts en lobbying. Ils ont leurs lobbyistes. Et ce sont deux logiques qui s'affrontent. Les deux ont raison, d'une certaine manière. Donc, on ne sait pas par quel bout prendre les choses. Il faudrait… Ce n'est pas simple comme histoire.
Bruno :
[
12:26] Mais dans cette histoire-là, ce que je trouve triste, et puis ils ont tout à fait raison, ils ont le droit de demander leur bien, c'est que ce qui va arriver dans un cas comme celui-là chez vous, c'est que Mistral va se faire plomber dans le projet, puis les Américains, eux, vont rester tranquilles.
Jérôme :
[
12:41] Eh bien, voilà. Mais c'est ça le problème.
Bruno :
[
12:43] Il n'y aurait rien entre les mains après. Ça va finir.
Jérôme :
[
12:46] C'est exactement le problème, parce que les Américains, eux, ça y est, de toute façon, ils ont déjà tout pillé. Donc, ils entraînent leurs IA avec ça. Donc, ils vont se retrouver avec un truc et ils vont se retrouver favorisés. Et nous-mêmes, C'est une manière de, si on prend du recul, si on revoit ça à l'échelle européenne, c'est une manière de se tirer une balle dans le pied. C'est très compliqué, cette histoire-là. Bon, heureusement, les Américains, eux, ils vont bien. Ah oui.
Jérôme :
[
13:12] Ah, voilà, tout va bien. Il y a 15 jours, on parlait de Google. Et cette semaine, Bruno, il faut qu'on parle de Microsoft. Tu as suivi ça de près. Ils ont tout déballé.
Bruno :
[
13:23] Microsoft qui nous a régalés. Tu disais l'expression de François Sorel. Mais c'était malade.
Jérôme :
[
13:31] Ça, c'est un point de vue de geek. Ce n'est pas un point de vue de citoyen canadien ou de citoyen européen responsable.
Bruno :
[
13:37] Non, non, c'est le geek. C'est un point de vue de geek.
Jérôme :
[
13:39] Bien sûr.
Bruno :
[
13:39] Oui, oui, oui. Mais écoute, c'était une IA après l'autre qui était présentée. Ils en ont plus que sept, huit. Mais je pense que celui qui est venu me chercher le plus, c'est le Scout ou le Scout, si tu veux.
Jérôme :
[
13:53] Scout.
Bruno :
[
13:54] Et cette IA-là, essentiellement, c'est quoi? C'est l'assistant que tu installes sur ton ordinateur qui va remplacer, va prendre la place tranquillement pas vite de Copilot et qui va vraiment tout faire. Un peu ce que Apple Intelligence a annoncé il y a trois ans, que Google a réussi.
Jérôme :
[
14:12] Qu'ils n'ont toujours pas fait.
Bruno :
[
14:14] Oui, c'est ça. Que Google a réussi.
Jérôme :
[
14:16] Avec Gemini Spark, Gemini Spark.
Bruno :
[
14:19] Exactement. Et là, tu as Microsoft qui arrive avec son scout. Et essentiellement, ce que ça veut faire, ça veut être partout pour tout faire pour nous, sauf des sandwiches. Et ce qui est le plus pernicieux là-dedans, c'est qu'entre les annonces qui ont été faites publiquement, et la réalité, il y a des gens, je pense que c'est le magazine américain de Verge, qui a mis la main sur une note interne de Microsoft où il y a quelqu'un de pas tellement intelligent qui a dit qu'il faut qu'on rende les utilisateurs dépendants de notre Scout pour, par la suite, amener d'autres fonctionnalités. Et ça va être l'écatombe parce qu'on sent qu'on veut rentrer ça profondément dans la gorge des utilisateurs, que ce soit incontournable. J'ai hâte de voir comment ça va se passer, cette histoire-là. Mais sinon, c'est assez amusant parce que moi, ça fait peut-être un an ou deux que quand je parle de l'avenir des téléphones intelligents, Je dis toujours que bientôt, ça va être une question de temps avant qu'on ait un téléphone, un peu ce que probablement OpenAI est en train de faire, qu'on ait un téléphone qui n'a pas d'application, mais qui a juste une IA qui fasse tout ce qu'on veut. Microsoft, c'est ça qu'ils nous ont présenté cette semaine avec une de leurs intelligences artificielles embarquées sur un appareil. Et donc, vous n'avez plus besoin de logiciel, vous n'avez plus besoin d'application. Vous demandez à l'IA ce que vous voulez et l'IA va vous la donner.
Jérôme :
[
15:42] Oui, c'est génial.
Bruno :
[
15:43] C'est pas merveilleux, ça?
Jérôme :
[
15:44] C'est génial. alors ça va être super et il n'y a pas que ça alors ça c'est Scoot, j'aime bien toi tu dis Scout, c'est bien, moi je dis Scoot bah oui, moi je te dis en français.
Bruno :
[
15:55] Scoot mais c'est quand même Scout.
Jérôme :
[
15:57] Et il y a d'autres trucs donc tout ça, ça va reposer sur des modèles qui sont intéressants des modèles qu'ils ont développés en interne et qui sont distincts d'OpenAI ils sont souvent, Ils sont souverains partout, les Américains.
Bruno :
[
16:18] Oui, mais ils sont souverains d'OpenAI.
Jérôme :
[
16:21] Oui, ils s'émancipent d'OpenAI. Exactement. C'est pas mal. Et puis, tu as vu, ils vont être aussi dans le quantique. Et puis, il y a du hardware aussi.
Bruno :
[
16:37] C'est ça, Oui. Mais là, c'est intéressant. Tu es en train de nous amener à Taïwan, où se passait le grand salon de l'informatique, où là, il y a une guéguerre à savoir qui va… Depuis qu'Apple a présenté son Neo, tout le monde veut arriver avec un petit ordinateur qui écoute presque rien et qui fait rouler l'IA nativement, localement. Alors là, tous les fabricants sont à présenter leurs nouveaux modèles. Tous les fabricants de puces, je pense à Qualcomm, je les salue, Mais il y en a d'autres aussi, Intel, qui sont en train d'arrimer un écosystème qui va rouler dans le local et va nous permettre de faire vraiment des culbutes auxquelles on n'avait même pas pensé au départ. Et puis, Microsoft, c'est un peu ça qui est en train de parler avec sa Surface de nouvelle génération.
Jérôme :
[
17:25] Oui, qui s'appellera Surface RTX Spark Dev Box.
Bruno :
[
17:30] Oui, basé sur la technologie de Nvidia.
Jérôme :
[
17:34] Oui, exactement, c'est du Nvidia. Donc là, pour le coup, ils ne sont pas souverains, si on peut dire.
Bruno :
[
17:40] Non, mais bon, ils sont détachés d'un pour aller vers l'autre.
Jérôme :
[
17:44] Bon, ben écoute, c'est vrai que c'était assez chargé. Sinon, vous n'avez toujours pas Alexa+ chez vous?
Bruno :
[
17:52] Non, mais ça sera très bientôt. Très, très bientôt. Ah, ça va arriver? Je vous dis que c'est une question de très bientôt.
Jérôme :
[
18:00] Bon, je te le souhaite.
Bruno :
[
18:03] Non, non, mais attends. Toi, ça fait une semaine que tu utilises ça. Ça ressemble à quoi? Toi, en a, Jérôme.
Jérôme :
[
18:10] Alors, on en a parlé la semaine dernière. je t'avais dit honnêtement que je l'avais testé lors de la présentation mais je ne l'avais pas pratiqué à la maison là je l'ai un peu plus pratiqué à la maison, écoute est-ce qu'on arrive à allumer les lumières et ouais mais ça ça marche ça marche puis voilà il a retrouvé tout mon écosystème enfin il ne se passe rien en fait tu conserves tes appareils ils ont des appareils nouveaux, qui sont vraiment taillés pour faire fonctionner avec Alexa+ mais tu as plein d'anciens terminaux avec ou sans écran qui sont compatibles donc moi je l'ai du coup dans toute la maison maintenant par défaut. Mais il y a un gros problème. Il y a un gros problème.
Bruno :
[
18:46] C'est que… Attends, avant de parler de ton problème, tu as quand même utilisé un mot que ça fait longtemps que je n'avais pas entendu. Terminal.
Jérôme :
[
18:53] Ah, j'ai dit terminal ?
Bruno :
[
18:55] Oui, tu as dit les terminaux, mais ça fait longtemps que j'avais entendu ça.
Jérôme :
[
18:59] Tu sais, moi, je suis un vioc, donc j'ai des mots comme ça qui ressortent.
Bruno :
[
19:04] On parle d'assistant, on parle de bidule, c'est un terminal.
Jérôme :
[
19:08] C'est un terminal, oui. Ce n'est pas très beau comme mot, c'est sûr.
Bruno :
[
19:12] Donc, c'était quoi que tu allais dire cette vidéo ?
Jérôme :
[
19:16] Non, mais si tu veux, Alexa+, en fait, c'est comme si tu passes d'un garçon de café à un serveur dans un 5 étoiles. Alors, OK, ça fait plein de choses. Il est très, très, très aimable, très courtois, limite un peu obséquieux, sauf que tu attends ton café deux fois plus longtemps.
Bruno :
[
19:41] Ah oui ? Ah, ça fait très parisien.
Jérôme :
[
19:43] Il y a un gros problème de latence. Il y a un gros problème de latence. Et ça, moi, j'attendais de le voir parce que les Américains, où c'est déjà sorti, ils avaient identifié, et apparemment ça n'a pas été réglé. Alors, c'est-à-dire que oui, tu demandes la moindre chose, et notamment pour des petites actions domotiques, allumer les lumières, baisser les volets, l'heure qu'il est, rappelle-moi ceci, rappelle-moi cela, c'est-à-dire le quotidien d'Alexa est le plus simple, il y a un temps avant qu'elle réagisse, si bien que je me suis fait piéger plusieurs fois, ou je reposais une question, et puis ça s’emmêlait avec la précédente, etc. Donc, tu sais plus trop où tu en es. Et ça, je suis un peu déçu parce que je pensais que pour ces actions-là au moins, on n'aurait pas ce problème-là. Moi, je veux bien avoir de la latence pour l'aspect un peu plus conversationnel, pour des questions plus élaborées.
Bruno :
[
20:33] Des recettes de cuisine, faire de la recherche.
Jérôme :
[
20:36] Etc. Voilà. Donc, ce n'est pas le cas. Il y a de la latence quand même. Et puis, les recherches élaborées et les conversations un peu sophistiquées, ce n'est pas encore aussi évolué que ChatGPT ou Gemini. Ah ouais, non, on n'en est pas là. J'ai l'impression qu'il est beaucoup plus bridé. Et puis, qu'est-ce que je veux dire ? Alors, il y a le côté, ça, c'est le côté un peu méchant. Bon, le côté gentil, je leur fais grâce d'un truc. Ah oui, j'ai aussi autre chose. J'ai plein de skills qui ont disparu.
Bruno :
[
21:08] C'est-à-dire… C'était des petites actions qu'on faisait en interpellant la tête terminale.
Jérôme :
[
21:13] Les skills, c'est… Voilà, on rappelle aux gens qui nous écoutent, les skills, c'est un peu comme les applis sur un smartphone. c'est des applis qu'on rajoute qui permettent de faire des choses dans l'écosystème Alexa et en l'occurrence Alexa écoute Monde Numérique, voilà ou bien mais France Télévisions mais France 2 et donc ils lancent l'appli France Télévisions ou bien mais je ne sais pas n'importe quelle chaîne de télé sur Molotov ou bien Netflix ou bien ceci ou bien cela etc ben tout a disparu ah bon j'ai plus rien ben non alors j'ai interrogé Amazon j'attends la réponse alors que je ne l'ai toujours pas mais les skills ne sont pas Oui, on va se renseigner.
Bruno :
[
21:48] Mais la notion des skills n'est pas disparue, mais tes skills ont disparu.
Jérôme :
[
21:52] Et elles sont bien présentes dans mon application mobile parce que tu sais que tu as une appli mobile qui te permet de gérer tout ça. Donc là, elles sont bien présentes. Mais en revanche, il me dit, ah non, cette fonction n'est pas disponible sur cet appareil. Alors que c'est un Echo Show 11 qui est la toute dernière génération taillée spécifiquement pour Alexa+. Donc là, il y a un problème. Ce qui fait que ça nous fera un autre épisode la semaine prochaine pour en reparler parce que je pense que j'espère avoir du nouveau. Juste, je voudrais dire rapidement, à sa décharge, on est encore dans une phase de test, Pour l'instant, c'est ce qu'ils appellent une preview. Tous les gens qui utilisent Alexa+ aujourd'hui en France le font gratuitement. Et on est en phase de test de rodage. Donc, il y a peut-être encore une marge de progression. On verra bien. Voilà, donc pour l'épisode 2 d'Alexa+, saison 1.
Bruno :
[
22:49] Le journal d'Alexa.
Jérôme :
[
22:50] Le journal d'Alexa.
Bruno :
[
22:52] Ça va se faire un jingle pour le journal d'Alexandre.
Jérôme :
[
22:55] Voilà, exactement. Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet?
Bruno :
[
23:02] Ah, écoute, il y a plein de choses dans mon carnet cette semaine. Je me réserve vraiment la surprise. Mais il y a une entrevue que j'ai bien hâte de partager et c'est fait avec une jeune femme, une jeune Québécoise qui présentement vit à New York, Et elle joue dans les deux pays pour développer tout l'écosystème.
Jérôme :
[
23:25] Ce n'est pas très loin de chez toi, New York.
Bruno :
[
23:27] Non, je ne suis pas tellement loin. Mais donc, elle est en train de développer l'écosystème au niveau des batteries pour les véhicules lourds. Donc, bus, camions et compagnie. Mais là, ce qu'elle est en train de faire, ils viennent d'inaugurer à Polytechnique Montréal un laboratoire qui permet à des entreprises de tester ce genre de produit-là, mais à grandeur réelle. Et puis là, elle est en train de faire parler des universités québécoises ou montréalaises avec des universités new-yorkaises. Et quand on sait que cette période-ci, elle est plutôt difficile entre les États-Unis et le Canada, de voir qu'au moins au niveau académique, il y a des collaborations qui se font comme ça. Un, ça fait du bien. Et puis deuxièmement, c'est intéressant de prendre des nouvelles de ces gens-là, de voir comment ils sont en train. Alors, c'est une entrevue très technique là-dessus. Sinon, il y a d'autres sujets, mais... Faudra venir écouter mon carnet.
Jérôme :
[
24:23] Ben oui, évidemment. Tu ne vas pas tout nous dire, bien sûr.
Bruno :
[
24:26] Ben non, il faut écouter. Monde Numérique, cette semaine, ça ressemble à quoi ?
Jérôme :
[
24:31] Ah, c'est exceptionnel. Ben quand même, c'est... Non, alors cette semaine dans Monde Numérique, eh bien, je reçois précisément le directeur général de Qwant, enfin, plus exactement de la société qui possède Qwant, qui s'appelle Synfonium. Qwant, le moteur de recherche dont on parlait tout à l'heure, qui vient d'être installé par défaut sur les terminaux du Parlement européen. Donc, on parle de tout ça. Je ne suis pas forcément tendre avec lui, je pose toutes les questions. Et puis, je parle de cybersécurité. Comme d'hab, on reparle de Mythos, le fameux Mythos qui fait trembler les entreprises, ce modèle d'intelligence artificielle d'Anthropic capable de découvrir des failles de sécurité auxquelles personne n'avait pensé. On en parle avec un expert d'Orange Cyberdefense. Et puis, troisième épisode de ma mini-série consacrée aux technologies à l'hôpital, à l'hôpital public. Et on s'intéresse encore à un certain nombre d'innovations qui étaient présentées récemment. Voilà, cher ami, voilà pour le programme.
Bruno :
[
25:43] A-t-on besoin de rappeler que Monde Numérique est disponible sur toutes les bonnes plateformes de distribution, de balados, de podcasts à travers la planète.
Jérôme :
[
25:52] Tu as tout dit. Formidable. De même que ton carnet, qui est également disponible partout, et puis tes 120 secondes de Tech.
Bruno :
[
25:59] C'est mon carnet. C'est pas ton carnet.
Jérôme :
[
26:00] Et puis tes 120 secondes de Tech en 97 langues. C'est ça?
Bruno :
[
26:07] T'as fait exploser le concept. C'est seulement 10 langues.
Jérôme :
[
26:11] Seulement 10 langues? Ah ouais. C'est pas mal déjà. C'est pas mal.
Bruno :
[
26:14] Je suis un peu chauvin. Je me garde les 10.
Jérôme :
[
26:17] Non, c'est bien.
Bruno :
[
26:19] Jérôme, je te retrouve la semaine prochaine.
Jérôme :
[
26:21] Avec grand plaisir, Bruno. Tiens, je te réserve une surprise la semaine prochaine.
Bruno :
[
26:27] Ah oui, on va te retrouver ailleurs qu'à Paris.
Jérôme :
[
26:29] Je ne te dis pas, je ne te dis pas, mais en principe, je t'appellerai dans un autre endroit.
Bruno :
[
26:34] Je passerai ma journée à côté du téléphone.
Jérôme :
[
26:39] Tu téléphones. Ça n'existe plus, le téléphone.
Bruno :
[
26:41] Non, mais terminale, téléphone.
Jérôme :
[
26:44] Reste bien à côté du terminal.
Bruno :
[
26:46] Salut, Bruno.
Jérôme :
[
26:48] Et salut à tous.