📆 L'HEBDO 30/05 - Vague anti-IA : la Silicon Valley prise à son propre piège
Monde Numérique30 mai 202601:02:42

📆 L'HEBDO 30/05 - Vague anti-IA : la Silicon Valley prise à son propre piège

Une fronde anti-IA émerge : la faute à qui ? • L’intelligence artificielle à l’épreuve de l’éthique religieuse avec l'encyclique papale Magnifica Humanitas • Mistral AI muscle son jeu à Paris • L'IA Céleste veut rétablir la vérité scientifique sur X • Alexa+ arrive en France avec l’IA générative • Santexpo : l’hôpital accélère sa transformation numérique grâce à l’IA.

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Vague anti-IA : la tech face au retour de bâton

Des manifestations contre les data centers aux États-Unis et en Europe, jusqu’aux huées contre Eric Schmidt à l’université d’Arizona, une contestation diffuse de l’IA semble émerger. En cause : inquiétudes environnementales, crainte pour l’emploi et sentiment d’un discours alarmiste entretenu par les patrons de la Silicon Valley eux-mêmes. L’entrepreneur Simon Khalaf dénonce un véritable « marketing de la peur » qui se retournerait aujourd’hui contre ses promoteurs.

Magnifica Humanitas : le pape alerte sur l’IA

Avec l’encyclique Magnifica Humanitas, le pape remet l’intelligence artificielle dans une perspective morale et humaniste. Déshumanisation, concentration du pouvoir, désinformation ou armement autonome : le texte appelle à une vigilance collective et à une gouvernance éthique des technologies. Un signal fort, commenté dans le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti (podcast Mon Carnet).

Mistral AI change de dimension

La pépite française Mistral AI a profité de son AI Now Summit au Carrousel du Louvre pour dévoiler Vibe, nouvelle version de son chatbot transformé en agent autonome capable de coder et d’agir. Des partenariats stratégiques ont été annoncés avec Airbus, BMW et ASML, tandis que son cofondateur Arthur Mensch confirme l’ambition de produire un jour ses propres puces. Un positionnement industriel assumé face aux géants américains.

Les Français et l’IA : une adoption intime

Selon une étude de Nation.fr, l’usage personnel de l’IA générative dépasse désormais l’usage professionnel en France. Conseils santé, messages amoureux, optimisation de profils sur applications de rencontre : les chatbots s’immiscent dans la sphère privée. 38 % des Français considèrent déjà l’IA comme un outil incontournable du quotidien.

Macron promet 400 000 bornes électriques

Réunis à l’Élysée, les acteurs de la filière automobile électrique ont entendu Emmanuel Macron fixer un nouvel objectif : 400 000 bornes publiques d’ici 2030. Un défi industriel majeur, impliquant notamment Electra et la grande distribution, pour accompagner l’essor des véhicules électriques et des recharges ultra-rapides.

Mon IA Céleste : le fact-checking scientifique sur X

Lancée par le média indépendant Les Électrons Libres, Mon IA Céleste est un agent conversationnel dédié au débunk scientifique sur X. Son cofondateur Benjamin Cyr, journaliste et musicien, explique que l’outil s’appuie sur une base de sources validées, dont Our World in Data, afin de contrer les approximations et fausses informations. Accessible sans abonnement premium, Céleste ambitionne d’élever le niveau du débat public.

Alexa+ : l’assistant d’Amazon passe à l’IA générative

Amazon lance en France Alexa+, version enrichie par l’IA générative. Clément Mongeau, directeur général d’Alexa France chez Amazon, détaille un assistant plus conversationnel, capable d’enchaîner des requêtes complexes, d’interagir avec des services tiers et de personnaliser l’expérience. Gratuit pour les abonnés Prime, Alexa+ marque une nouvelle étape stratégique pour l’écosystème vocal.

L’IA à l’hôpital : vers une médecine augmentée

[PARTENARIAT] Au salon SantExpo, l’innovation hospitalière était à l’honneur. Monique Sorrentino, directrice générale du CHU Grenoble-Alpes, souligne l’essor d’outils d’IA pour synthétiser les dossiers patients et anticiper les flux.

[PARTENARIAT] Gaël Prudhomme, responsable du Centre d’innovation en santé chez Capgemini, observe une montée en puissance des robots, des objets connectés et de l’exploitation des données, au service d’une médecine plus préventive et plus efficiente.


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Monde Numérique : [0:10] Des manifestations contre les data centers, Eric Schmidt, l'ancien patron de Google, hué par des étudiants quand il parle d'intelligence artificielle. Mais quelle est cette vague anti-IA qui semble monter peu à peu ? Certains accusent la Silicon Valley d'être responsable en ayant pratiqué un marketing de la peur. Monde Numérique : [0:31] Même le pape met en garde contre les risques de l'intelligence artificielle. Que retenir de l'encyclique Magnifica Humanitas, publiée cette semaine ? On en discute tout à l'heure avec mon camarade Bruno Guglielminetti. L'ActuTech cette semaine, c'est aussi Mistral, la pépite française de l'IA qui fait son show à Paris avec plusieurs annonces. Et puis dans la deuxième partie de cette émission, tenez-vous bien, pas moins de 4 interviews cette semaine. D'abord, vous découvrirez un agent IA qui répond à vos questions sur la science et qui débunke les fake news. Voici Mon IA Céleste sur X, une initiative française très originale. Je reçois son co-créateur Benjamin Cyr. Alexa+ débarque en France. Enfin, c'est la nouvelle version de l'assistant vocal d'Amazon, boostée à l'IA générative. Que peut-on faire avec ? Comment ça marche ? Explication du directeur général d'Alexa France. Et puis, la suite de notre mini-série consacrée à l'innovation technologique à l'hôpital. en partenariat notamment avec la Fédération hospitalière de France. Sans oublier les grandes tendances du salon SantExpo qui avait lieu récemment à Paris. On découvrira ça avec notre partenaire Capgemini. Bienvenue à l'écoute de Monde numérique, l'hebdo du 30 mai 2026. Invité : [1:49] Monde Numérique, Jérôme Colombain. Monde Numérique : [1:56] Ah oui, un menu chargé cette semaine pour Monde Numérique. L'hebdo, c'est au moins 50 minutes de news, de décryptage, d'interviews, disponibles sur la plateforme de podcast de votre choix, également sur YouTube. Merci pour vos commentaires, merci pour vos petites étoiles sur Apple Podcasts ou Spotify. Vous pouvez retrouver également l'application mobile Monde Numérique signée GoodBarber et puis bien sûr le site mondenumerique.info. La colère gronde. En tout cas, on dirait qu'elle est en train de naître. Une vague anti-IA semble monter ici et là. Pour l'instant, ce n'est encore qu'une vaguelette, mais qui mérite quand même qu'on s'y intéresse. Et c'est pour ça que je voulais vous en parler cette semaine. Que ce soit aux États-Unis ou en Europe, on a vu dernièrement, en effet, des actions qui sont, me semble-t-il, révélatrices de quelque chose. Tout d'abord, dans le Tennessee, un projet de gigantesque centre de données d'Elon Musk qui suscite des manifestations de la part d'associations qui s'inquiètent de la pollution, de la consommation d'énergie, etc. En Irlande, des habitants qui se mobilisent contre l'implantation de nouveaux data centers autour de Dublin, estimant que ceux-ci accaparent une part importante des ressources électriques du pays. À Berlin, des collectifs qui ont organisé des actions contre l'expansion, là encore, d'infrastructures numériques. Et puis, l'un des épisodes peut-être les plus marquants, en tout cas d'une manière symbolique, c'était à l'Université d'Arizona cette semaine. Eric Schmidt, ancien patron de Google, venu parler d'intelligence artificielle, s'est fait huer par quelques étudiants. Invité : [3:24] En décembre dernier, le magazine Time a choisi sa personnalité de l'année 2025. Et cette fois-ci, ce furent les architectes de l'intelligence artificielle. C'est intéressant. Cela touchera toutes les professions, toutes les salles de classe, tous les hôpitaux, tous les laboratoires, chaque personne et chaque relation que vous avez. Je sais ce que beaucoup d'entre vous ressentent à ce sujet. Je vous entends. Il y a une peur. Nous ne savons pas, nous ne connaissons pas les contours précis de ce à quoi ressemblera cette transformation. Choisissez une diversité de points de vue, y compris, permettez-moi d'ajouter, et si vous me permettez de faire ce point, s'il vous plaît. Monde Numérique : [4:21] Eric Schmidt, l'ancien patron de Google, ne parvenant même pas à terminer son discours devant les étudiants de l'Université d'Arizona. Monde Numérique : [4:31] Les motifs de cette grogne sont divers. Il y a les préoccupations environnementales, il y a des questions de principes et puis des questions de voisinage aussi qui peuvent se comprendre dans le cas d'installation de super data center. Et puis, il y a aussi des interrogations un peu plus diffuses concernant notamment l'emploi. L'IA va-t-elle nous voler notre travail ? Les étudiants, certains en tout cas, se demandent si l'IA ne va pas bloquer le recrutement de jeunes professionnels, puisque désormais, les agents peuvent théoriquement remplacer un professionnel junior dans de nombreux secteurs. Il y a aussi tout ce que l'IA risque de remettre en question à tous les niveaux de la société. Et à cet égard, on peut citer notamment l'événement de la semaine, qui est cette encyclique du pape Magnifica Humanitas. Encyclique publiée par Léon XIV, donc de manière très solennelle, avec un très grand retentissement à travers le monde entier. Une encyclique qui évoque les nombreux risques du développement de l'intelligence artificielle, si celui-ci n'est pas maîtrisé. Risques pour l'être humain, d'une manière générale pourrait-on dire. Le pape met en garde contre les risques de déshumanisation, de concentration du pouvoir, de surveillance, de manipulation de l'information aussi, et d'affaiblissement du sens du travail. On reviendra tout à l'heure dans le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti, spécifiquement sur l'encyclique papale. Monde Numérique : [5:58] En attendant, ce que l'on peut retenir donc, c'est que la tech, apparemment, ne fait plus rêver. Et elle fait même carrément peur. En tout cas, elle risque d'énerver. Monde Numérique : [6:07] L'explication est peut-être à chercher du côté des géants de la tech eux-mêmes. Car, après avoir promis monts et merveilles depuis des années, les dirigeants d'entreprises d'intelligence artificielle sont aussi, depuis un certain temps, les principaux cassandres, les premiers à crier au loup et à souffler un vent contraire, à expliquer que la société va être bouleversée en profondeur, que l'IA va faire exploser le monde du travail et que tout cela va être très douloureux. Mais aujourd'hui, on peut se demander si ces acteurs ne sont pas en train de se retrouver pris à leur propre piège, en ayant déclenché un mouvement de panique qui sera sûrement difficile à arrêter. En fait, pourquoi un discours aussi alarmiste ? Pas forcément pour de bonnes raisons. On a compris désormais que les cris d’orfraie, un Sam Altman d'OpenAI, de Dario Amodei d'Anthropic, ou même d'Elon Musk, de xAI, qui d'un côté crie au loup, appelle à la régulation, et d'un autre côté continue à développer à toute vitesse leurs outils, dont ils dénoncent eux-mêmes les risques potentiels, Ces gens-là cherchent en réalité deux choses. Monde Numérique : [7:07] À convaincre leurs actionnaires que quelque chose d'énorme est en train de se passer et qu'il faut continuer à les soutenir, malgré tout, et, deux, à forcer éventuellement les États à intervenir pour fixer plus de règles afin de freiner ceux qui vont trop vite, car ils se retrouvent tous pris dans une espèce de course à l'échalote, obligés d'aller à toute vitesse, de sortir toujours plus de nouveaux produits, et ça les arrangerait bien que quelqu'un siffle un peu la fin de la récré ou en tout cas freine un peu les ardeurs. Bref, ils se sont livrés pour ces raisons-là depuis plusieurs années à une sorte de véritable marketing de la peur, communication de la peur. Parce que la peur, ça fait peur, mais ça fait vendre. Et c'est un peu d'ailleurs ce que dénonce, et j'ai trouvé ça très intéressant, un entrepreneur de la tech installé aux États-Unis d'origine libanaise, Simon Khalaf, qui a publié cette semaine sur X un post intitulé « J'accuse ». Comme le « J'accuse » d'Émile Zola à propos de l’affaire Dreyfus. Et d'ailleurs, il reprend la couverture du journal L'Aurore de l'époque, en précisant d'ailleurs que pour beaucoup d'Américains, Émile Zola, ça n'évoque pas forcément grand-chose. Mais lui, son titre, c'est « J'accuse la Silicon Valley ». La Silicon Valley d'avoir, en quelque sorte, cassé le jouet de l'IA en semant la peur, justement. Et aujourd'hui, il récolte la tempête de la colère. Alors j'ai joint Simon Khalaf à San Francisco, écoutez ce qu'il dit. Invité : [8:30] Ce que je reproche à la Silicon Valley, et surtout les PDG de Anthropic et OpenAI, et les billionnaires qui sont leurs investisseurs, c'est de lancer une campagne, une campagne marketing, sans calculer les conséquences. Ils ont lancé un nouveau mouvement ludique qui est en train de... On est en train de dire qu'on va avoir une crise, le chômage va être dans les 50%. Ils ont même été chez le pape pour condamner, disons, l'avancement de l'IA. Alors, tout ce qu'ils voulaient dire, on va faire beaucoup d'argent. Très bien. Alors, arrêtez. Maintenant que vous avez lancé ce mouvement, il y a 70% de la population aux États-Unis qui est contre l’IA et contre la création de ces géants data centers qui vont aider à lancer la plus grande, je ne sais pas quoi dire, quel mot est utilisé, une révolution industrielle qui est dix fois plus grande que celle qui a été lancée il y a 200 ans. C'est ça que je les reproche. Monde Numérique : [9:47] Donc en fait, ils ont créé une espèce de marketing de la peur pour servir leurs intérêts, mais aujourd'hui, ça se retourne contre eux. C'est ça que vous voulez dire ? Invité : [9:57] Exactement, exactement. Monde Numérique : [10:00] Voilà. Vous pourrez retrouver l'interview intégrale de Simon Khalaf la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique. En attendant, aux États-Unis, ce qui se passe aussi aujourd'hui, c'est une espèce de retour en arrière. Et les fameux grands patrons de l'IA sont en train, après avoir soufflé le chaud, de se mettre à souffler le froid. Peut-être se rendent-ils compte qu'ils sont allés trop loin. Et Sam Altman, par exemple, encore lui, a récemment déclaré que finalement, il s'était peut-être trompé. Sur la vitesse à laquelle certains emplois de bureaux allaient être transformés, que les effets seront peut-être moins visibles qu'on ne l'imagine. Et il insiste aujourd'hui davantage sur la complémentarité entre les humains et les machines. Il dit même qu'il a cessé de faire rédiger ses e-mails par ChatGPT. Alors, est-ce que c'est vrai ? Est-ce que c'est faux ? Avec Sam Altman, c'est toujours un peu difficile de savoir. En tout cas, après le discours sur l'IA va remplacer une grande partie du travail intellectuel, Aujourd'hui, on est plutôt sur « oui, oui, mais attention, les humains restent essentiels, ne vous inquiétez pas, dormez tranquilles, bonnes gens ». Un retournement de veste qui n'est sans doute pas anodin, qui ressemble même presque à une tentative de désamorcer une inquiétude devenue trop forte. Mais la question désormais, c'est de savoir si ce rétro-pédalage n'arrive pas un peu tard. Et entre-temps, les géants de l'IA ont-ils tué ou en tout cas blessé la poule aux oeufs d'or ? Car à force d'avoir présenté leurs outils comme capables de remplacer les humains, ils ont peut-être créé eux-mêmes les conditions d'un rejet massif. Oui, l'IA va sans doute transformer en profondeur la société. Monde Numérique : [11:29] Mais personne ne sait exactement comment, ni à quelle vitesse. Et les grands patrons de l'IA, qui sont sans doute des entrepreneurs géniaux, mais certainement pas de grands penseurs, ni forcément de grands visionnaires, sont peut-être carrément les derniers pour prédire et pour imaginer l'avenir. Et une technologie qui suscite davantage de peur que de confiance, c'est pire que tout, et à l'arrivée, tout le monde sera perdant. Monde Numérique : [11:53] Voilà, pour ces réflexions, je voulais partager avec vous, un peu longuement, certes, et j'espère que je ne vous ai pas perdu en route. On continue sur l'actu de la semaine avec Mistral, qui a fait son show cette semaine à Paris. Mistral AI, la pépite française de l'intelligence artificielle, organisait en effet au Carrousel du Louvre un sommet intitulé AI Now Summit. Le but, réunir son écosystème, ses clients, partenaires, les médias aussi, et au-delà, faire du tam-tam autour de l'IA à la française. Alors, avec plusieurs annonces, tout d'abord le chat, c'est-à-dire le chatbot de Mistral, l'équivalent de ChatGPT version Mistral, va changer de nom et devient désormais Vibe, mais surtout il se transforme en profondeur en devenant plus qu'un simple chatbot, désormais un véritable agent autonome, programmable et qui combinera des fonctions de chatbot pour le travail, la recherche, la rédaction, l'analyse de documents, mais également un agent de code capable de comprendre un projet, d'exécuter des tâches autonomes, etc. Ça c'est pour Vibe. Mistral a également annoncé plusieurs partenariats avec l'industrie. Monde Numérique : [13:01] Des annonces remarquées avec Airbus pour l'aviation commerciale, la défense et le spatial, avec BMW pour la simulation de crash test ou encore avec ASML pour les semi-conducteurs. Des alliances qui montrent que Mistral cherche à devenir indispensable chez les grands industriels, pas seulement comme fournisseur de modèles génériques. Un signal fort aussi vis-à-vis de la concurrence américaine. Enfin, Arthur Mensch, le cofondateur, a confirmé que Mistral envisageait de produire un jour ses propres puces pour mieux contrôler son infrastructure et s'affranchir un peu de Nvidia. Monde Numérique : [13:34] En France encore, alors tout à l'heure, je parlais des craintes à l'égard de l'IA, mais il y a aussi de l'amour pour l'intelligence artificielle. Et les Français aiment l'IA, ils l'utilisent. En tout cas, c'est ce qui ressort d'une étude de la plateforme Nation.fr, réalisée au mois de mai auprès d'un échantillon de 3 800 personnes. L'usage personnel de l'IA générative dépasserait désormais l'usage professionnel chez les Français. 48% contre 42% au travail. Le rapport au chatbot évolue donc vers une forme d'intimité. Et plus de 7 Français sur 10 discutent déjà avec une IA comme s'il s'agissait d'une personne réelle. Est-ce bien ? Est-ce mal ? Je vous laisse le soin de la réflexion. En tout cas, les usages se diversifient. Un tiers des utilisateurs demandent des conseils en nutrition ou en sport à leur IA. Et puis, ils l'utilisent aussi pour des questions amoureuses et des questions de séduction. 23% des Français avouent avoir déjà utilisé l'IA pour rédiger un message à un proche ou améliorer leur profil sur une application de rencontre. Au total, 38% des Français considèrent déjà l'IA comme un outil incontournable de leur quotidien. Monde Numérique : [14:46] Et on termine avec une news concernant la voiture électrique, un sujet qu'on suit de près dans le monde numérique, avec une annonce cette semaine au plus haut niveau. Emmanuel Macron a réuni à l'Élysée le 26 mai les acteurs de la filière de l’électrique automobile, et il en a profité pour annoncer un nouvel objectif de 400 000 bornes de recharge publique d'ici à 2030 en France, c’est-à-dire un peu plus du double de ce qui existe aujourd'hui, mais ça ferait 240 000 nouveaux points de charge à déployer en moins de 6 ans, dont 60 000 stations ultra-rapides. Et on sait que les bornes de recharge rapides, c'est un enjeu de développement pour la voiture électrique, car les voitures vont pouvoir de plus en plus se recharger en un temps record. On en parlait la semaine dernière, d'ailleurs, avec Julien Villerey d'EDF, à l'occasion des annonces récentes faites notamment par les constructeurs chinois. Il faut donc déployer des bornes puissantes, mais aussi beaucoup de bornes. Alors, par exemple, en France, Electra va investir 300 millions d'euros pour développer, pour accroître son réseau. C'est l'un des plus gros opérateurs de bornes de recharge à travers l'Hexagone. Et puis, il est intéressant de noter le rôle de la grande distribution. Ainsi, Édouard Leclerc prévoit 30 000 bornes à l'horizon 2035, tandis que Lidl va injecter 13,5 millions d'euros dès l'année prochaine, pareil, pour développer des bornes. Monde Numérique : [16:10] Avant de poursuivre, un mot de Frogans, partenaire de l'hebdo de monde numérique. Réinventer Internet depuis la France. Est-ce que c'est possible ? C'est le pari ambitieux de Frogans, qui sera bientôt présenté aux développeurs. Le projet a été pensé dès l'origine pour un déploiement global avec un registre des adresses Frogans opéré à l'échelle internationale dans plus de 170 langues. Bref, une ambition française mais clairement mondiale. Alexis Tamas, cofondateur de Frogans. Invité : [16:36] Le projet, par sa nature, nécessitait une approche internationale d'entrée de jeu. C'était essentiel pour avoir une approche globale, on va dire, du sujet, soit des Américains, des Chinois, etc., des Européens. Et puis aussi, pour anticiper aussi ce développement, une branche locale en Chine. Et puis une antenne locale aussi, dont la création vient d'être finalisée, aux États-Unis, à Washington, par l'OP3FT, qui est en charge de la standardisation de Frogans. Monde Numérique : [16:58] Pour en savoir plus sur Frogans, rendez-vous sur le site f2r2.fr. Le débrief transatlantique. Invité : [17:08] Jérôme Colombain à Paris, bonjour. Monde Numérique : [17:10] Salut Bruno Guglielminetti, à Montréal, ravi de te retrouver. Invité : [17:14] Très heureux. Jérôme, la grande question cette semaine, c'est de savoir, est-ce que tu as parcouru l'encyclique du pape concernant l'intelligence artificielle? Monde Numérique : [17:24] Alors, je mentirais en disant que je l’aie lue du début à la fin, parce que c'est quand même un document conséquent, mais bien sûr que je me suis intéressé à cette encyclique. Qui est quand même un événement assez étonnant, qui a d'ailleurs été repris partout, dans tous les médias. Vraiment, il y avait eu déjà une encyclique au moment de la révolution industrielle, au début du XXe. Et là, c'est vraiment... On est complètement sur la même longueur d'onde, j'allais dire. Parce qu'en fait... Quand tu lis, quand tu te fais résumer, quand tu te plonges là-dedans, tu t'aperçois qu'il n'y a pas, effectivement, pour toi et moi qui suivons ça de près, il n'y a pas énormément de nouvelles pistes de réflexion. Invité : [18:09] Il n’y a pas de révélation. Monde Numérique : [18:10] Il n’y a pas de révélation. Ça pourrait être le terme pour un texte religieux. Invité : [18:14] Non, mais c'est ça. Monde Numérique : [18:15] Il n’y a pas de révélation. Mais c'est une synthèse qui remet vraiment les choses à leur place et qui essaie d'embrasser tous les enjeux autour de l'intelligence artificielle. Donc, voilà la question des armes, peut-être un jour pilotées par l'IA. Invité : [18:34] Et donc, c'est là où il dit de désarmer l'IA. Monde Numérique : [18:37] De désarmer l'IA, exactement. La question de la désinformation, qui évidemment déconstruit complètement les sociétés. La question aussi de qui possède les IA. C'est ça qui est intéressant quand il dit que les algorithmes Et les données, par voie de conséquence, grâce à nous, grâce à toutes les données qu'on fournit, eh bien, elles se retrouvent détenues entre les mains de quelques-uns et ça commence à poser des problèmes ou ça va poser des problèmes un jour ou l'autre. Invité : [19:08] Et tu sais, par rapport à ce point-là de qui possède les IA, cette encyclique-là, elle n'est pas banale. Il y a peut-être des gens qui se disent, bon, on s'énerve pour rien, sauf que… Il y a quand même eu tout un lobby de l'industrie de l'IA américaine qui s'est déplacé à différents moments auprès du Saint-Siège pour aller rencontrer le Saint-Père. Et ça, je ne parle même pas du moment où, puis je me souviens parce que dans les deux cas, j'ai fait des articles, mais en septembre dernier, c'était le pape qui avait convié Yoshua Bengio à venir lui parler parce qu'il avait des questions, il avait un questionnement par rapport à ça. Il y a eu une rencontre qui s'est faite. Mais après, ce qu'on a vu, c'est que quand les gens se sont rendus compte dans l'industrie que le pape était en train de se faire une tête là-dessus et qu'il allait préparer un document, bien là, on s'est mis à s'énerver. Parce que dans certaines régions du monde, le pape a encore son autorité. Et on s'est dit, bien là, s'il est en train de foutre le bordel dans notre business, ce n'est pas une bonne affaire. Alors, ils se sont mis, ils se sont relayés. Non, mais quand même, c'est la petite histoire dans les corridors de Rome. Invité : [20:13] Et dans la cité du Vatican, pas nécessairement à Rome. Et donc, ils ont été le rencontrer à quelques reprises pour lui faire valoir leur approche. Et j'avoue que j'ai trouvé ça fort intéressant de les voir aller. Moi, il y a un truc qui est venu me chercher, puis ça valait la peine de se le faire dire, c'était à savoir que l’IA, dans le fond, elle a accès à un tas d'informations, puis elle a accès à la connaissance infuse universelle que l'humain a été capable de documenter et qui réside à quelque part où l’IA a accédé à cette information-là. Et puis, dans ce sens-là, le pape, dans son document, il rappelle, l'IA peut imiter des fonctions humaines. Mais ce qui différencie l'humain et l'intelligence humaine de l'intelligence machine, c'est quand même que l'humain, lui, a vécu des expériences à travers les siècles. Mais que la machine, elle n'a jamais vécu et. Invité : [21:13] On ne peut pas dire ne vivra jamais parce que ça, le futur, on verra. Mais jusqu'à maintenant, la machine n’a rien vécu de tout ce qu'elle nous raconte. Alors que l'humain, avec un grand H, lui a passé à travers tout ça. Et ça a teinté la connaissance, ça a teinté le passage des connaissances. Et ça, je trouve ça intéressant parce qu'après, il va falloir voir à partir d'aujourd'hui et vers le futur à quoi ça va ressembler. Mais il y a encore aujourd'hui une différence entre l’humain et la machine simplement parce qu'un a vécu ce que l’autre n’a pas vécu. Monde Numérique : [21:45] Non, mais c'est ce qui fait la valeur d'un texte comme ça, quoi. C'est-à-dire que, voilà, le chef de l'Église catholique, il pèse quand même plus de, quoi, 3 milliards, je crois, je ne vais pas dire de bêtises, de chrétiens dans le monde. Invité : [22:02] Ah, c'est du monde. Monde Numérique : [22:05] Voilà, donne de la profondeur à ce phénomène. En même temps, ce n'est pas un texte autoritaire, ce n'est pas un règlement. Invité : [22:13] C'est un grand texte de réflexion. Monde Numérique : [22:14] Voilà, c'est un grand texte de réflexion qui pose des fondements, etc. Et à partir de là, chacun va se positionner. Mais ça n'aura aucune, enfin bon, aucune entre personne, on pourra reprocher à personne de ne pas suivre l'encyclique sur l'IA. Invité : [22:28] – Mais le plus bel exemple, quand on parle d'impact, c'est, regarde, on est en train d'en parler, puis on s'entend que l'Église et les religions, on n'en parle pas, on n'en a presque jamais parlé. Monde Numérique : [22:37] – Et puis voilà, là, on ne parle que de la religion chrétienne, c'est pas la seule au monde, hein? Invité : [22:43] – Non, exactement, pas du tout. Ah, c'est ça. Mais bon, écoute, ça, c'est l'intelligence artificielle selon Rome, mais de l'autre côté, si on fait un tour de l'autre côté de la planète, Moi, ce que j'ai vu passer cette semaine, et j'avoue que je me suis dit, c'est bien la belle histoire du syndicalisme dans le monde de l'année, probablement. Ce sont ces employés de Samsung qui voulaient faire une grande grève, pour contester le fait qu'il y a des fabricants qui se sont enrichis de milliards et de milliards avec les besoins de la planète par rapport aux semi-conducteurs et qu'il n'y avait pas de redistribution de cette richesse-là. Même le gouvernement sud-coréen s'est fait appeler à la rescousse. Puis finalement, la direction de Samsung a dit, bon, d'accord, on va redistribuer les gains qu'on a fait. Et finalement, ce que ça va donner, c'est qu'il y a bon nombre des 70 000 et plus employés de chez Samsung qui travaillent dans le domaine des semi-conducteurs vont recevoir un pactole, une prime qui... Tourne autour du 300 000 $ chacun. C'est quand même impressionnant, ça. Monde Numérique : [23:59] Mais c'est incroyable. C'est un montant historique. C'est un truc de fou. Invité : [24:04] Non, mais pense au dernier règlement qui s'est passé dans des troubles sociaux en France. Monde Numérique : [24:07] Personne ne connaît 300 000 $. Chez nous, les syndicalistes, ils doivent se taper la tête contre les murs. Franchement, ils se sont fait... Alors là, c'est vrai que tu te dis qu'ils ont quand même eu raison de faire grève. Invité : [24:20] Oui, oui, oui. Parce que là, c'est ça. On parle, c'est vraiment des milliards et des milliards que notamment Samsung a engrangés. Et puis, dans le fond, Samsung a acheté la paix. Parce que s'ils arrêtaient de faire la fabrication des semi-conducteurs, le peu de temps que ça aurait arrêté, c'était des centaines de millions qui perdait tous les jours. Monde Numérique : [24:41] Et c'est dramatique parce que ça aurait grippé tout le marché mondial des semi-conducteurs, donc de toute la tech, et puis l'économie de Samsung et l'économie de la Corée. Et Samsung, c'est 12,5% du PIB de la Corée du Sud. Invité : [24:57] Ah oui, non, c'est énorme. C'est un énorme impact. Monde Numérique : [25:00] C'est monstrueux. Invité : [25:01] Et puis, c'est surtout qu'ils sont arrivés avec le temps à se positionner dans ce marché-là. Alors, évidemment, le gouvernement, là, a été interpellé. Puis, je me souviens parce qu'encore la semaine passée, je suivais très près le dossier. J'essayais de lire des journaux locaux en le faisant traduire. Et on sentait la pression sur le gouvernement parce que là, c'était plus juste une histoire d'une entreprise avec ses employés. Il y avait vraiment des valeurs là-dedans. Il y avait le fait de troubles sociaux importants. Et puis, c'était presque... S'il y avait une grève importante, c'était comme de mettre le genou par terre. Et il n'y a personne au gouvernement qui voulait voir ça. Bon, M. Colombain, je veux t'amener sur le dernier sujet dont on avait dit qu'on parlerait cette semaine. Monde Numérique : [25:46] Ça continue, mais on ne s'arrête plus. Invité : [25:47] C'est Bruno qui veut savoir ce que Jérôme pense donc, méta, Cette semaine, on a l'impression qu'ils sont en train de chercher des revenus. Ils ont annoncé qu'ils sont en train de faire des tests sur Meta AI, qui va donc monétiser l'utilisation de leur intelligence artificielle. Et puis, à côté de ça, on découvre qu'ils vont mettre des forfaits, genre ça va s'appeler Facebook+, WhatsApp+, Instagram+, et ça va donner plus de personnalisation à ton expérience d'utilisation des réseaux sociaux. Qu'est-ce que t'en tires, toi, comme leçon de ces annonces-là? Monde Numérique : [26:30] Je ne suis pas très surpris parce que je pense que c'est un peu l'histoire de tout le numérique d'une manière générale. Et ça devait arriver quelque part pour les réseaux sociaux. De toute façon, c'est comme ça que ça marche. Le numérique, il nous appâte au début avec du gratuit. Et puis après, il faut passer à la caisse. Invité : [26:50] C'est comme la drogue. Monde Numérique : [26:52] C'est comme la drogue. Invité : [26:53] Exactement. Monde Numérique : [26:53] Exactement. D'ailleurs, on risque d'avoir des sacrées surprises avec l'intelligence artificielle. Invité : [27:00] Quand on va payer le vrai prix. Monde Numérique : [27:02] Quand on va payer le vrai prix, oui. Parce que si tu payes ton petit forfait à 20 euros à ChatGPT, OpenAI, ça lui coûte combien ? 100 fois plus cher, 1000 fois plus cher. Enfin, on n'a pas les chiffres exacts, mais c'est monumental. En fait, c'est totalement sous-payé. Donc, c'est juste pour nous appâter. Alors après, le bénéfice, les gens qui vont payer ça, est-ce que ça vaut le coup ? Je ne sais rien, c'est pour personnaliser. Je pense que c'est un premier pas. Et est-ce que c'est bien ou est-ce que c'est mal ? Franchement, Il faudrait voir quels peuvent être les bénéfices. Le bénéfice, ça peut peut-être être plus de, comment dire, on peut être en droit de réclamer plus de choses. Par exemple, peut-être de limiter l'accès à nos données personnelles, dans ce cas-là, en contrepartie d'un paiement. Ça avait été déjà évoqué d'ailleurs. Invité : [27:56] Oui, mais aujourd'hui, on n'est pas du tout là. C'est que de la personnalisation. Monde Numérique : [28:01] Oui, mais c'est un début. Oui, c'est pour faire du fric. C'est comme les jeux gratuits où tu payes les jeux en freemium où tu payes pour avoir plus. Et est-ce que ça ne pourrait pas aussi être bénéfique en termes de... Peut-être pour assainir un petit peu. Je veux dire, finalement, les réseaux sociaux sont gratuits. Alors là, ce n'est pas l'accès. Je veux dire, on pourra toujours se connecter. Mais peut-être que demain il faudra vraiment payer pour, simplement ouvrir un compte sur un réseau social ou simplement poster un message. Il y a des trucs qui commencent aussi à arriver sur X. Sur X, si tu n'as pas un abonnement premium, ta visibilité diminue. Tu es moins visible. Donc après, tu prêches dans le désert, tu fais des super posts, personne ne les lit, etc. Donc, tu es tenté de payer pour que ça ait vraiment un sens. Mais il ne faut pas perdre de vue que, par exemple, toutes les fermes à trolls qui polluent les fils d’information les fils des réseaux sociaux avec des saloperies, moi j'en ai marre sur X, tu vois tous ces trolls, tous ces bots qui ne sont là que pour poster des commentaires négatifs, pour énerver les gens, pour faire de l'engagement, si demain ça leur coûte une fortune à ces gens-là, à ces fermes à trolls. Monde Numérique : [29:22] Ils y réfléchiront peut-être à deux fois. Donc le côté payant peut avoir un certain intérêt. Mais bon, on n'en est pas encore là. C'est un ballon d'essai, je pense, pour Meta pour l'instant. Invité : [29:37] C'est sûr que, eux, ça leur permet de tester l’intérêt des utilisateurs. Et puis, s'ils vont chercher 1 % de leurs milliards d'utilisateurs, ça sera ça. C'est des revenus qui vont rentrer. Monde Numérique : [29:51] Après, comme les employés de Meta vont faire grève pour avoir eu un intéressement, il va falloir passer à la caisse. Invité : [29:57] C'est à suivre. Jérôme, maintenant que tu nous as généreusement... Parsemé de tes réflexions. Monde Numérique : [30:06] Oui, l’ordre « Monde encyclique » t'a plu. Invité : [30:10] Jusqu'à maintenant, oui. C'était de la musique à mes oreilles. Monde Numérique : [30:13] De quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet, Bruno? Invité : [30:17] Écoute, de mon côté, je me suis réservé un peu de temps parce que je savais que j'aurais une grande conversation avec toi cette semaine. Tu me gâtes. Et puis, j'ai une autre grande conversation que je vais proposer aux auditeurs de mon carnet. Et celle-là, on l'a enregistrée cette semaine en milieu de semaine. Ça a été fait au chic hôtel Reine Elizabeth à Montréal. C'était organisé par le Cercle canadien. C'est un rendez-vous des PDG, des grandes organisations canadiennes dans le monde des affaires. Et j'avais, on m'a demandé d'animer une discussion entre Valérie Pisano, qui est la PDG du Mila à Montréal, et Joëlle Pineau, qui est la directrice de l'IA chez Cohere. Cohere, c’est l’OpenAI canadien. Et à partir de ce moment-là, d'avoir ça a été une pirouette d'agenda, mais d'avoir ces deux femmes-là qui parcourent la planète parce qu'ils se sont demandés de la part des gouvernements, des grandes entreprises pour leur point de vue et leur réflexion sur la question de l'IA. Alors, de les avoir les deux pendant 40 minutes avec moi et de leur poser toutes les questions et de terminer les 40 minutes et de savoir qu'il y avait encore 20 minutes de questions à poser. Écoute, on a fait une salle comble et ça a fini avec une ovation et vous pourrez entendre le résultat. C'était une discussion fort intéressante. Alors, je la partage avec les autres. Je parle avec une autre... Monde Numérique : [31:41] Tu fais toujours ça le comble, là. Tu fais toujours ça le comble. À Montréal, il y a Michael Jackson et toi, en général. Invité : [31:48] Et Michael, d'ailleurs, a décidé de ne plus venir à Montréal. Monde Numérique : [31:52] Exactement. Invité : [31:53] Ce que tu vois. Jérôme Colombain, je tiens à te remercier d'avoir pris tout ce temps-là à ton agenda. Je sais que tu as une semaine de fou, mais d'avoir pris ce temps-là avec moi pour parler, pour partager tes réflexions. Monde Numérique : [32:05] Je te renvoie les remerciements. J'étais évidemment ravi t'accueillir également cette semaine dans Monde Numérique et si tu es d'accord, je te donne rendez-vous la semaine prochaine. Invité : [32:14] Avec grand plaisir. On se retrouve la semaine prochaine. Monde Numérique : [32:17] Salut camarade. Ciao, ciao. Invité : [32:32] Monde numérique, le meilleur de la tech. Monde Numérique : [32:39] Alors, grosse actualité cette semaine, je vous le disais, et de nombreux invités. Tout à l'heure, on va s'intéresser au futur de la santé et de l'hôpital. Vous allez découvrir également le nouvelle Alexa+. Si vous êtes utilisateur aujourd'hui de l'assistant vocal d'Amazon, et bien réjouissez-vous parce qu'il va devenir aussi intelligent que ChatGPT et il pourra répondre à vos questions avec empathie et efficacité et en plus en français. Mais avant cela, je vous fais découvrir un nouveau service, un nouveau système, un agent IA intelligent, accessible sur les réseaux sociaux pour débunker les fake news scientifiques. C'est parti ! Bonjour Benjamin Cyr.. Invité : [33:24] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [33:25] Ravi de te recevoir dans Monde Numérique. musicien, compositeur, et puis également journaliste et co-créateur et fondateur, co-fondateur et rédacteur en chef, ça fait beaucoup de titres, des Électrons libres, qui est un média en ligne indépendant, média scientifique, également écologique, etc. Et surtout, je suis heureux de t'avoir dans mon numérique pour parler d'une initiative qui a été lancée par Les Électrons Libres le 27 mai. C'est un chatbot intégré à X qui est en fait un chatbot pour faire du fact-checking scientifique. Mon IA Céleste, est-ce que tu peux nous présenter un petit peu ça ? Invité : [34:05] Alors oui, Mon IA Céleste est donc le premier chatbot adossé à un média mondialement présent sur X, qui est une sorte, on va dire, de concurrent de Grok, mais qui est spécifiquement fondé sur le fait de répondre aux internautes sur les sujets qui sont nos sujets de prédilection, dont la science, la technologie, l'IA, la médecine, l'agriculture, et qui permet aussi, et c'est la raison pour laquelle on a voulu le lancer, d'avoir vraiment un outil de debunk face à la désinformation sur tous ces sujets-là, qui est vraiment extrêmement présente sur les réseaux, et qui, hélas, n'épargne pas non plus Grok. Invité : [34:56] On a travaillé d'une manière différente c'est-à-dire qu'on n'a pas une IA qui se nourrit de l'intégralité des médias et des sources qu'elle peut trouver pour répondre à une question mais une IA qui est nourrie par un certain nombre de sources qu'on a parfaitement contrôlées alors d'abord pour commencer évidemment elle se nourrit de tous les contenus des électrons libres qui ont été publiés depuis un an puisque le média a lui aussi très exactement un an Elle se nourrit ensuite, et ça c'est quelque chose dont on est très content, de Our World in Data. Our World in Data, c'est la base de données, l'extraordinaire base de données scientifiques, économiques de l'Université d'Oxford et qui est vraiment quelque chose d'une mine incroyable. Absolument incroyable de rigueur et en termes de données. Et puis après, elle se nourrit d'une liste blanche de sources, souvent qui peuvent être des rapports scientifiques, universitaires, mais aussi des sites à travers le monde entier qui sont reconnus pour le rigueur dans tous ces domaines que nous traitons. Monde Numérique : [36:04] Alors, qu'est-ce qu'on peut lui poser comme question, par exemple ? Là, ça fait déjà quelques jours que c'est en ligne. On voit un petit peu que ça part dans de nombreuses directions. Est-ce qu'on peut donner quelques exemples ? Invité : [36:14] Alors d'abord, évidemment, elle n'est pas faite pour répondre à des sujets, de savoir quel va être le prochain résultat du top 14 ou donner la recette de la tarte aux fraises. Son but, c'est de pouvoir réagir notamment à des informations qui sont diffusées sur X, que ce soit d'ailleurs des émissions, que ce soit des propos d'internautes, que ce soit des propos de politique, de journaliste. Et on va lui demander, Céleste, donc c'est arobase Mon IA Céleste, on va lui demander, Céleste, est-ce que c'est vrai ce qu'il dit là sur la climatisation ? Est-ce que le rôle de la politique agricole commune, par exemple, a été celui qui est expliqué dans ce tweet ? Est-ce que vraiment le nucléaire est le plus grand danger que l'humanité doit affronter, etc. Donc on reste sur nos sujets. Où en est-on dans les avancées sur le cancer du pancréas ? Est-ce que cette polémique a lieu d'être sur tel sujet ? C'est ce qui se passe et c'est de la manière d'ailleurs dont on le constate depuis le lancement, les internautes s'en saisissent. Monde Numérique : [37:27] Oui, alors, donc, on explique, ça fonctionne comme Grok pour les utilisateurs de X. Invité : [37:32] À une différence près, c'est que Grok sur X, on ne peut pas l'interroger si on n'est pas un abonné premium de X. Or là, Mon IA Céleste s'adresse à tous les abonnés de X. Monde Numérique : [37:46] Et c'est un véritable outil de fact-checking, en fait. C'est-à-dire qu'une organisation ou un particulier, même un responsable politique, un militant, etc., a fait un poste, une déclaration sur un sujet comme ce qu'on vient d'évoquer, donc de nature un peu scientifique ou technique, on peut demander immédiatement, tiens, est-ce que ça c'est vrai, demander des précisions, etc. Invité : [38:11] Absolument, avec encore une particularité qui diffère un petit peu par rapport à Grok, c'est que Céleste répond beaucoup plus rapidement et qu'elle fournit, systématiquement un lien de référence. Parfois, le lien, d’ailleurs, n’est pas toujours parfait, mais, peut-être le meilleur qui sera donné. Ça, on travaille à améliorer. On vient de sortir. On a fait des semaines et des semaines d'essais, mais on va continuer à améliorer l'outil de manière vraiment... On travaille non-stop sur ce sujet-là, mais au fur et à mesure des discussions, on peut reposer ensuite, on peut approfondir la conversation avec Céleste en évitant qu'il y ait plus de cinq échanges pour le moment. Il y a certaines contraintes techniques. Monde Numérique : [39:01] Mais c'est vrai que c'est assez efficace. Le premier jour, elle a mouché, je ne sais plus quelle personnalité qui était interviewée sur un plateau de télé, qui faisait une déclaration à propos de la climatisation, justement, et la réplique était sanglante. Invité : [39:20] Alors en plus la climatisation c'est le sujet qu'on vient de traiter aujourd'hui d'ailleurs dans les électrons livres, l'article du jour c'est le sujet du moment c'est le sujet du moment mais de rappeler c'est ce qu'on a fait aujourd'hui dans les électrons c'est de rappeler quand même, C'est l'abomination qui découle de cette volonté d'interdire la climatisation partout, quand on voit ce qui se passe aujourd'hui dans les EHPAD, quand on voit ce qui se passe dans les hôpitaux, quand on voit ce qui se passe dans les gares, et avec des systèmes, des infrastructures souvent qui sont neuves, dans lesquelles il y a une volonté idéologique de dire, finalement, on va lutter contre le froid l'hiver, mais le chaud, ça ne pose pas de problème. Depuis la canicule de 2003, qui a quand même été une horreur, qui a fait 15 000 morts supplémentaires extrêmement vite, il y a eu des plans bleus, mais il n'y a toujours pas eu de politique réelle qui permet aux gens, dans un contexte avéré de réchauffement climatique, de pouvoir profiter de la fraîcheur. Et bien effectivement là-dessus, Céleste, se nourrissant à la fois de nos articles et des données réelles scientifiques, va rétablir la vérité et ce qu'elle a fait hier. Monde Numérique : [40:41] Alors, la vérité scientifique, qu'est-ce qui garantit véritablement que Céleste dit vrai par rapport à une, pour reprendre cet exemple, une responsable d’une organisation, je ne sais plus trop laquelle, qui prétendait le contraire, en fait ? Invité : [40:55] En fait, Céleste, elle s'appuie sur les données. Elle ne s'appuie pas sur des chiffres inventés. On le voit en permanence sur les plateaux de télé. des responsables politiques, des responsables militants et autres, vont vous dire « Ceci consomme 48% de plus que ceux-là ». Monde Numérique : [41:14] Oui, les data centers. Invité : [41:16] Les emails, les box à la maison. On parle typiquement, par exemple, on sort encore en permanence sur tous les plateaux, on nous explique qu'une requête ChatGPT, ça correspond à la dépense d'un verre d'eau ou d'un demi-verre d'eau, sauf qu'on se fonde quand on dit ça sur les données de lancement de la première génération de ChatGPT la consommation a été divisée par 10 la consommation de la même manière on explique que les data centers vont vider les océans, c'est des propos qui n'ont aucun sens soit qui se fondent sur des données totalement obsolètes Et nous, on est là pour rétablir les données en cours, celles qui ont une validité, soit carrément des choses inventées aux doigts mouillés. Monde Numérique : [42:04] Merci beaucoup, Benjamin, rédacteur en chef de Céleste, de Mon IA Céleste, que l’on retrouve sur X. Invité : [42:12] C’est Les Électrons libres, fondateur de Céleste. Monde Numérique : [42:15] Voilà, à l'adresse lel.media. Merci beaucoup. Bonjour Clément, bonjour. Invité : [42:27] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [42:27] Directeur général de Amazon Alexa France. Alors ça y est, c'est le grand jour. Alexa devient plus intelligente à partir d'aujourd'hui avec le lancement en France d'Alexa+. Cette évolution hyper importante. Est-ce que vous pouvez nous la présenter un petit peu ? Qu'est-ce qu'on va avoir de nouveau ? Invité : [42:45] En effet, très heureux aujourd'hui d'annoncer la disponibilité pour les clients français d'Alexa+, donc notre meilleur assistant personnel à ce jour. Monde Numérique : [42:55] Concrètement, qu'est-ce qu'on peut faire avec ce nouvelle Alexa et qu'on ne pouvait pas faire avant ? Invité : [43:00] Alors, on peut faire toutes les choses qu'on pouvait faire auparavant, déjà. On a des millions de clients en France qui utilisent Alexa tous les jours. Et donc, vous allez pouvoir redécouvrir votre musique, vous allez pouvoir contrôler votre maison connectée, vous allez pouvoir organiser votre semaine. Mais tous ces pouvoirs deviennent des super pouvoirs. C'est-à-dire que cette nouvelle technologie augmente ses capacités. Je vais pouvoir découvrir de la musique au gré d'une conversation. Ce n'est pas possible avant avec Alexa. Maintenant, je vais avoir une conversation sur quels ont été les groupes qui ont joué lors de la cérémonie d'ouverture ou de fermeture des Jeux Olympiques et retrouver une playlist en fonction. Donc vraiment, Alexa+ amène ce côté conversationnel dans ce type de cas d'usage. Ça peut être la même chose pour découvrir un film, ça peut être pour découvrir plein de types de contenus. Pareil pour votre maison connectée, c'est un usage qui est très fort chez nous. Auparavant avec Alexa, il était nécessaire de dire « allume la lumière ». Faire peut-être une pause, ensuite demander autre chose. Là, maintenant, je vais pouvoir dire à Alexa+, Alexa, allume la lumière, lance ma routine. Et tu peux vérifier d'ailleurs si je n'ai pas un colis qui est arrivé devant la porte. Monde Numérique : [44:05] On peut lui dire tout ça à la fois. On peut enchaîner des phrases. Invité : [44:08] On peut enchaîner ces requêtes complexes. Et le dernier point, c'est aussi sur tous les autres usages. C'est vraiment ce côté très conversationnel. Donc Alexa, je vais pouvoir discuter avec elle. Alexa+, pardon, je vais pouvoir discuter avec elle. Je vais pouvoir l'interrompre. Je n'ai pas besoin de redire le mot Alexa. C'est une vraie conversation extrêmement naturelle. Monde Numérique : [44:26] Vous en avez à côté de vous. On peut faire une petite démo très rapidement. Invité : [44:29] On va lui demander de se présenter. Monde Numérique : [44:31] Allons-y. Invité : [44:32] C'est un peu la star du jour. Monde Numérique : [44:33] En plus, mettez bien le micro vers elle. Ce sera parfait. Invité : [44:37] Alexa, comment ça va ? Ça roule. Je suis prête à t'aider avec tout ce dont tu as besoin. Je suis avec un journaliste et j'aimerais lui dire un peu. Tu penses quoi de la France ? Ah, la France ! C'est un pays fascinant avec une histoire riche et une culture remarquable. J'admire particulièrement l'art de vivre français, la gastronomie exceptionnelle et cette capacité unique à préserver les traditions tout en innovant. Paris reste l'une des plus belles capitales du monde et la diversité des régions françaises est impressionnante. Alexa, tu pourrais me dire quelque chose que seul un Français pourrait comprendre ? Ah, parfait ! Alors voici ! « Il pleut comme vache qui... » Réalement, ça veut dire qu'il pleut comme une vache qui urine. C'est notre façon très poétique de dire qu'il tombe des cordes. Ou encore, avoir le cafard qui n'a rien à voir avec l'insecte, mais signifie être déprimé. Seuls les francophones comprennent ces images complètement loufoques. Monde Numérique : [45:38] Oui, donc il y a eu un gros effort de localisation, comme on dit, de francisation, en fait. Invité : [45:42] Voilà, donc comme je le disais, Alexa, elle est plus conversationnelle, elle est plus intelligente, elle est plus personnelle, mais aussi elle est vraiment française. Et ça, ça a été un vrai travail de nos équipes en France. Et ce qui est fascinant aussi avec Alexa+ c'est du coup cette chose essentielle qui est la possibilité de pouvoir prendre des actions dans le monde réel. Et donc elle va pouvoir se connecter à des services, par exemple The Fork, pour vous réserver une table dans un restaurant. Monde Numérique : [46:06] Ça c'est possible, c'est opérationnel en France ? Invité : [46:08] C'est opérationnel, c'est quelque chose qui sera disponible dans les semaines qui viennent. Monde Numérique : [46:11] Parce que je l'avais testé aux États-Unis, c'est vrai que c'est impressionnant. Invité : [46:13] Et donc ça, on est très heureux de pouvoir l'annoncer aujourd'hui et ça arrive. Monde Numérique : [46:16] Donc, on peut lui dire, trouve-moi une table pour samedi prochain, tel restaurant. Invité : [46:22] Oui. Monde Numérique : [46:22] Clément, on dit un mot de la technologie qui fait tourner tout ça, donc des LLM pour tout ce qui est aspect conversationnel, accès de manière plus fine à l'état de données. Quel type de technologie ? Ça a été développé en interne chez Amazon, tout ça ? Ou alors, vous utilisez des technos externes ? Invité : [46:41] Alors, notre vision depuis le début, ça a été de construire... La vision d'Amazon, c'est de construire des IA qui soient utiles. Et c'est aussi de développer toute cette technologie qui permette de construire des intelligences artificielles avancées. Et donc Alexa a été construite sur des outils Amazon, notamment sur AWS, et utilise toute l'architecture disponible. Et ce qui fait la différence d'Alexa, c'est que vous voyez la multiplicité d'usages qu'on voyait précédemment. C'est-à-dire que dès le début, on a dû aussi développer des LLM qui soient adaptés pour chaque type d'usage. Un LLM spécialisé dans la musique n'est pas la même chose qu'un LLM qui est spécialisé dans les interactions avec des volets et une maison connectée. Donc pour ça, ça demande aussi d'aller chercher des modèles très différents pour chacun des types d'usages. Certains vont devoir répondre plus rapidement, d'autres vont peut-être vous créer une histoire et vont pouvoir prendre plus de temps pour vous faire quelque chose de beaucoup plus narratif. Et du coup, Alexa, c'est plus de 70 modèles. Alexa+, c'est plus de 70 modèles qui tournent en permanence pour servir le client. Et donc, nous utilisons majoritairement des modèles Amazon, comme les modèles Nova. Mais nous sommes aussi heureux d'annoncer aujourd'hui que nous utilisons des modèles de Mistral AI dans Alexa+. Monde Numérique : [47:52] OK. Alors, ce nouvelle Alexa+, ça fonctionne comment, il faut quel type d'appareil pour que ça marche ? Invité : [47:58] En France, 95% des produits qui ont été utilisés, qui sont utilisés actuellement par nos clients sont rétrocompatibles. Donc il n'y a que les plus anciens sur lesquels ça ne marche pas ? Il y a que des produits très anciens. C'est une liste qu'on partage et qui est visible sur notre site. Monde Numérique : [48:09] Tous ceux avec écran, par exemple, ils fonctionnent ? Invité : [48:11] Ils sont compatibles. Et là, notamment, ensuite, on a toute notre dernière gamme de produits qui magnifient encore plus, je pense, l'interaction avec une qualité audio avancée, avec une caméra, des micros avancés aussi. Et là, vraiment, on a une interaction extrêmement naturelle qui se fait avec l'utilisateur. Monde Numérique : [48:29] Alors, combien ça coûte ? Invité : [48:30] Donc, pendant toute la période d’accès anticipé, Alexa+ sera entièrement gratuit pour tous les utilisateurs qui auront accès. Et une fois la fin de l'accès anticipé, Alexa+ sera disponible sous forme d'un abonnement pour 22,99 euros par mois. Mais la bonne nouvelle, c'est que pour tous les clients Prime, Alexa+ sera inclus gratuitement. Monde Numérique : [48:51] Comme aux États-Unis. Donc, si on paye l'abonnement Prime ? Invité : [48:54] Voilà, dans l'abonnement Prime Alexa+. Donc vraiment, pour être très clair, c'est-à-dire que dès demain, les clients Prime en France ont accès à l'IA la plus avancée dans un assistant vocal, aux côtés de la livraison rapide et gratuite, aux côtés de Prime Vidéo ou d'Amazon Music Prime. Monde Numérique : [49:13] Merci beaucoup. Invité : [49:14] Merci Jérôme. Monde Numérique : [49:14] Clément Mongeau, directeur général d'Amazon Alexa France. Monique Sorrentino, bonjour. Invité : [49:27] Bonjour. Monde Numérique : [49:28] Vous êtes directrice générale du CHU Grenoble-Alpes. Bienvenue dans ce rendez-vous de Monde Numérique en partenariat avec la Fédération Hospitalière de France à l'occasion du salon SantExpo 2026, grand salon consacré au monde de la santé qui se tient à Paris et également à l'occasion de la première table des DSI hospitaliers. L'intelligence artificielle a fait son irruption dans la santé et également dans les hôpitaux publics. Aujourd'hui, est-ce que pour vous, c'est aujourd'hui une réalité et c'est une dimension supplémentaire qui vous permet d'améliorer les soins aux patients ? Invité : [50:09] Alors, je dirais que oui, c'est une nouveauté qui est en train de nous arriver et c'est une bonne chose. Donc, dans le système de la santé, on est une entreprise humaine, comme dans d'autres secteurs. Donc, tout ce qui est outils administratifs, IA génératifs, etc., on a déjà plein, plein de choses à faire dessus. Et après, on a les applications particulières pour vraiment la prise en charge médicale des patients. Donc, oui, nous avons beaucoup d'équipes de recherche et d'innovation. Nous avons beaucoup de start-up qui tapent à notre porte pour mettre en place des outils d'intelligence artificielle qui vont nous faciliter la vie. Alors après, est-ce que c'est déjà très développé ? C'est en cours ? C'est difficile d'arriver à le voir parce que c'est en gestation et donc il y a pas mal d'outils qui tournent encore en termes de recherche, d'innovation. Invité : [51:01] Pas forcément non plus énormément d'outils qui sont déjà sur la table, prêts à être utilisés. En fait, certains le sont déjà. Par exemple, en imagerie, quand on achète des nouvelles machines, il y a déjà de l’intelligence artificielle et on ne le sait pas forcément, mais il y a déjà des choses qui sont en cours. Sinon, sur le reste, c'est encore quand même en gestation. Donc, à la fois, on va aller très vite et à la fois, il faut quand même assurer que tout ça soit bien sécurisé, que les algorithmes tournent bien, que les produits soient bien évalués. Mais franchement, vu tout ce qui est en train de se développer, on peut vraiment se dire que l'intelligence artificielle est déjà là aussi dans le système de santé et que pour nous, c'est une bonne chose. Monde Numérique : [51:41] Alors, vous avez mis en œuvre un certain nombre déjà d'opérations, je ne sais pas comment on peut appeler ça, expérimentations, initiatives dans tout le périmètre qui est le vôtre. Est-ce que vous pouvez nous donner quelques exemples ? Invité : [51:53] Moi qui ai connu les dossiers papiers, quand un patient venait à l'hôpital, on allait chercher le dossier papier qui pouvait être énorme et il fallait quand même quelqu'un qui fasse la synthèse. Donc aujourd'hui, c'est la même chose. On a la même quantité d'informations, voire beaucoup plus dans les dossiers patients informatisés. Et donc, avoir une synthèse et un outil de chatbot, c'est quelque chose qui est en train de sortir. Je pense qu'on les aura quand même dans des délais courts. Monde Numérique : [52:16] En ce moment, l'actualité, c'est le fameux virus. Est-ce que, par exemple, aujourd'hui, les données dont vous disposez vous permettent de peut-être mieux appréhender un risque comme ça ? Invité : [52:30] Alors, je ne saurais pas répondre précisément sur cette pathologie-là, sur ce virus-là, mais déjà, quand on a eu le Covid, on a déjà fait quand même d'énormes progrès pour partager des outils de pilotage, des indicateurs, pour essayer de savoir quand est-ce que les vagues arrivaient et où en France pour se préparer au mieux. Donc oui, forcément, sur tout ce qui est santé publique, on sait aussi que l'utilisation des données va nous permettre de prédire. En fait, on a beaucoup d'outils d'intelligence artificielle qui sont en train de se développer pour nous aider à prédire en fonction du climat, de la météo, vraiment. zone par zone, de façon très détaillée. Savoir, quand on va mélanger un certain nombre d'indicateurs, comment on risque d'avoir des flux supplémentaires arriver à l'hôpital ou chez les médecins généralistes, et comment on arrive à les prévenir, ou si jamais on n'arrive pas à les réguler, comment on s'y prépare pour les prendre en charge. Donc oui, je pense qu'on va avoir des tas de choses, et ça va venir très vite, à mon avis. Monde Numérique : [53:32] En fait, si l’on comprend bien, la data et l'innovation et l'IA Dans votre secteur, c'est à la fois directement sur les pathologies, sur les patients, ce que vous disiez, le dossier médical pur. Et puis aussi pour fluidifier cette énorme machine qu'est le monde hospitalier, notamment en France. Invité : [53:53] En fait, en économie, il y a une vieille théorie qui est que l'efficience d'une économie se mesure par la vitesse de circulation de l'information. Et donc, je pense qu'aujourd'hui, c'est ça, plus la vitesse de circulation des données qui permettent effectivement de mieux anticiper, de mieux gérer tous les flux patients. Nous, à l'hôpital, c'est quand même une grosse entreprise. À l'hôpital, on gère énormément de flux. En fait, on a un seul dossier patient informatisé, mais on a quand même 400 logiciels dont on a besoin dans plein d'endroits différents de l'hôpital. Et donc, si on travaille sur la donnée, on va pouvoir un peu mieux se libérer de la contrainte d'avoir des logiciels qui sont très silotés. Et puis, on a tous les flux logistiques à organiser, logistique de marchandises, logistique patient, organisation des parcours. Ou je pense que quand on va se regarder, si dans cinq ans, on fait un retour en arrière, on se regarde, on se disait à l'époque, on faisait comme ci, comme ça. Alors que je pense qu'on ne travaillera plus du tout de la même façon. Monde Numérique : [54:52] Merci beaucoup Monique Sorrentino, directrice générale du CHU Grenoble-Alpes. Bonjour Gaël Prudhomme. Invité : [55:06] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [55:08] Vous êtes responsable du Centre d'innovation en santé de Capgemini, basé à Bordeaux. On se retrouve dans le cadre du partenariat entre Monde Numérique et Capgemini pour parler de santé, car se tenait récemment à Paris le salon SantExpo. Alors, grand déballage d'innovation au service de la santé. Vous étiez sur place, vous avez arpenté les allées avec l'œil d'expert qui est le vôtre. Qu'est-ce que vous avez observé comme tendance cette année ? Invité : [55:35] Oui en effet jérôme alors on avait la chance côté Capgemini d'être nombreux là sur sur le salon, effectivement alors ce qu'on voit bon bah de la continuité par rapport aux éditions précédentes mais en termes de nouveautés ce que j'ai pu noter de mon côté c'est peut-être quatre choses qui m'ont marqué un petit peu donc il y avait la partie robot humanoïde donc robot forcément on en voit partout en ce moment mais comme Côté santé, le virage qu'on voit un petit peu, c'était des expérimentations qui étaient assez isolées jusqu'à présent. se font, maintenant, finalement, on voit des plateformes pour gérer des flottes de robots. Donc, on n'est plus sur justement de l'expérimentation, mais on commence à passer à l'échelle. Et ça, c'est une chose qui était quand même assez visible. Et derrière, bon, bref. Monde Numérique : [56:28] Alors aujourd'hui, il y a aussi beaucoup d'objets connectés dédiés à la santé à porter sur soi. Ou avoir à la maison des montres, capteurs sous le matelas, toutes sortes de choses, des pèse-personnes intelligents et tout. Qu'est-ce que ça change ça concrètement ? Est-ce que ça a un impact sur la manière de soigner les gens ou bien c'est encore un peu gadget ? Invité : [56:48] Oui, alors effectivement, il y a de tout. Mais c'est quand même quelque chose qui est de plus en plus utilisé aujourd'hui. Donc, on voit beaucoup de personnes porter justement ces wearables, ces objets connectés. Derrière, effectivement, ça a un impact fort sur la donnée. Pourquoi ? Parce que tous ces wearables, du coup, produisent de la donnée. Mais la difficulté et le gros enjeu, c'est comment on va l'exploiter, cette donnée ? Est-ce que, justement, on va pouvoir la faire communiquer entre différents objets connectés ? Est-ce qu'on peut la faire communiquer aussi avec les logiciels qui sont utilisés, que ce soit à l'hôpital ou chez un médecin de ville ? Pourquoi pas à la pharmacie ? Donc, le vrai enjeu, il est là. Il n'est pas aujourd'hui sur les objets connectés. Il y en a plein. Ils sont... Plus ou moins matures, ils sont déployés, mais finalement c'est qu'est-ce qu'on fait des données et comment on fait en sorte finalement que ces données soient vraiment utiles. Monde Numérique : [57:48] Et puis si on parle santé et technologie, on ne peut pas passer à côté de cette thématique de la longévité, avec la promesse de vivre jusqu'à 150 ans peut-être un jour. Alors où est-ce qu'on en est ? C'est sérieux ou pas ? Invité : [58:03] Non, alors effectivement, oui, c'est vrai que c'est une tendance qui émerge et qui est très présente et en France aussi. Et on voit que ça commence à être une réalité. Pourquoi ? Parce qu'on revient finalement aux enjeux des objets connectés, de la donnée. Et aujourd'hui, de par la maturité de ces objets connectés, de par la capacité de l'intelligence artificielle, notamment d'aider à traiter, à exploiter des nombres de données très importantes, on arrive finalement à en faire des bilans plus facilement et du coup à anticiper. Donc ça va vraiment dans le sens où on va vers cette médecine qui se veut de plus en plus préventive et donc forcément ces cliniques autour de la longévité, grâce à ces outils, accélèrent et se développent et sont de plus en plus matures. Monde Numérique : [58:58] C'est quel type d'outils ? Invité : [58:59] Alors, il y a beaucoup de choses. Aujourd'hui, moi, ce que j'ai pu voir, c'est pas mal d'outils, finalement, qui vont être un peu invisibles pour le patient parce que c'est des outils de traitement de la donnée. Donc, ils vont plutôt permettre, finalement, de faire des corrélations entre les différents biomarqueurs, donc les marqueurs biologiques qui peuvent être étudiés dans une prise de sang, typiquement. Et donc, ça va être toutes ces formules algorithmiques qui vont aller beaucoup plus vite pour, derrière, pouvoir tirer des conséquences et finalement anticiper une potentielle pathologie. Donc, tout ça, c'est finalement des innovations un petit peu invisibles. Et après, on va avoir des choses, des outils qui sont un peu plus visibles, qui vont être là, des mondes connectés, forcément, qui vont donner des alertes dès lors qu'il y a un risque, par exemple, ou qui détectent une mauvaise hygiène de vie, etc. Donc, tout ça, c'est des choses qu'on voyait pas mal depuis de nombreuses années, mais qui sont de plus en plus fiables. Monde Numérique : [1:00:07] Et alors, fiable au point de se dire que oui, il y a des trucs à connaître pour vivre jusqu'à 150 ans ? Invité : [1:00:13] Alors ça, je ne saurais pas dire. Je ne vais pas m'avancer là-dessus. Je pense que c'est toujours un équilibre et ça ne remplace pas aussi l’avis des professionnels de santé. Donc, il faut faire aussi attention aux outils qui nous promettent la Lune et bien voir un petit peu avec les vrais experts. Monde Numérique : [1:00:33] Merci beaucoup Gaël Prudhomme, responsable du Centre d'Innovation Santé de Capgemini. Et voilà, c'est fini pour cet épisode de Monde Numérique du 30 mai 2026. Un maxi épisode, on a un peu dépassé les limites là, parce qu'il y a une grosse actualité, et puis de nombreux intervenants passionnants, je voulais tout vous passer d'un coup, parce qu'on était en plus sur l'actu un peu chaude du moment. Monde Numérique : [1:01:09] Merci de suivre et d'être fidèles à Monde Numérique, faites connaître ce podcast à vos amis, abonnez-vous bien sûr, abonnez vos amis de force aussi, podcast est disponible sur toutes les plateformes également sur YouTube bien sûr et puis sur le site mondenumerique.info ainsi que sur l'application mobile Monde Numérique signée GoodBarber, Ne ratez pas ce week-end un nouvel épisode du Grand Débrief avec François Sorel et Bruno Guglielminetti un rendez-vous mensuel que nous vous proposons, on passe en revue les moments forts de l'actu du mois et ce mois-ci, on s'intéresse à Mistral, on s'intéresse aux annonces de Google. C'était la Google I/O au mois de mai 2026. On revient aussi sur le lancement d'Amazon Alexa+. Et puis, on s'interroge sur ce thème que j'évoquais en début d'émission. Y a-t-il une vague anti-IA qui est en train de monter ? Bref, un épisode passionnant, un peu burlesque aussi. Vraiment, c'est à ne pas rater en audio et en vidéo sur le fil de ce podcast. Monde Numérique : [1:02:10] Je vous souhaite une très bonne semaine, pleine de tech. Profitez bien du soleil, du travail, de tout ce qui fait votre quotidien. Et rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de l'Hebdo.
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