📆 L'HEBDO 18/04 - L’irrésistible montée des agents IA
Maison Connectée18 avril 202655:06

📆 L'HEBDO 18/04 - L’irrésistible montée des agents IA

Les agents IA personnels débarquent sur nos ordinateurs. Tesla ouvre la voie à la conduite autonome en Europe. Amazon s’allie à Apple pour le satellite. Nouvelle fuite massive de données à l’Éducation nationale. Faux Ledger sur l’App Store : des millions envolés. Bruno Patino alerte sur l’obsolescence humaine. Les lunettes connectées entrent dans une nouvelle ère. Mythos, la super-IA qui inquiète la cybersécurité.

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Les agents IA passent à l’offensive (2:17)

Les agents personnels franchissent un cap avec Perplexity et sa solution locale installée sur Mac, capable d’interagir directement avec les fichiers et les emails. En France, la start-up H Company déploie Holotab, une extension Chrome qui automatise les tâches en ligne. Google lance Gemini Intelligence Personnelle, connectée à l’ensemble des données personnelles de l’utilisateur, comme l’a expérimenté Bruno Guglielminetti (Mon Carnet). Une révolution prometteuse mais qui pose d’évidentes questions de sécurité et de vie privée.

La conduite autonome de Tesla autorisée aux Pays-Bas (5:17)

Le constructeur Tesla décroche l’autorisation de déployer son système FSD supervisé aux Pays-Bas, une première étape vers la conduite autonome en Europe. Basé uniquement sur la vision par caméras et l’IA, sans lidar, le système revendique une réduction significative du risque d’accident après des millions de kilomètres parcourus. L’autonomie reste de niveau 2+, mais l’initiative pourrait faire école dans l’Union européenne.

Amazon devient partenaire satellite d’Apple (7:10)

Coup de théâtre dans la connectivité spatiale : Amazon rachète Globalstar et signe avec Apple pour fournir à terme des services satellitaires aux iPhone. L’objectif est clair : préparer l’ère du “direct to device”, avec appels et données via satellites en orbite basse. Une offensive stratégique face à Starlink qui rebat les cartes du marché.

Nouvelle cyberattaque contre l’Éducation nationale (8:07)

L’accès frauduleux au service EduConnect a exposé des données sensibles d’élèves et de leurs établissements. Noms, identifiants et classes ont fuité, ouvrant la porte à des campagnes de phishing ciblées. Le ministère annonce des mesures correctives, dont la généralisation de l’authentification à double facteur.

Faux Ledger : 9,5 millions de dollars envolés (9:50)

Une fausse application Ledger a sévi sur l’App Store pendant plusieurs jours, piégeant des détenteurs de crypto-actifs. Résultat : près de 9,5 millions de dollars dérobés à une cinquantaine de victimes, dont le musicien G-Love. L’affaire relance les interrogations sur les processus de validation d’Apple.

Sam Altman visé par une tentative d’attentat (10:37)

Le patron d’OpenAI, Sam Altman, a été la cible d’une attaque à son domicile à San Francisco. L’auteur, persuadé que l’IA menace l’humanité, a invoqué un manifeste idéologique. L’événement illustre la radicalisation de certains discours autour de l’intelligence artificielle.

François Ruffin prend l'IA Claude pour un oracle (20:43)

Le député François Ruffin publie une série de vidéos où il dialogue avec l’IA Claude, à la manière de Bernie Sanders aux États-Unis. Une initiative virale mais critiquée pour sa naïveté : l’IA semble surtout refléter les biais et attentes de son interlocuteur. Un cas d’école sur les dangers d’une confiance aveugle dans les modèles génératifs.

Les lunettes connectées, futur wearable de référence (27:58)

À Monaco, lors d’un événement du groupe EssilorLuxottica, Donnie Cohen-Tannoudji (EssilorLuxottica) détaille les avancées en matière de lunettes intelligentes : capteurs de santé, verres électrochromiques, affichage intégré. Entre promesses médicales et enjeux éthiques liés à la captation de données, les lunettes pourraient devenir le prochain grand objet connecté.

Bruno Patino et “Le temps de l’obsolescence humaine” (36:24)

Bruno Patino (Arte France) publie un nouvel essai chez Grasset où il interroge l’omniprésence future de l’IA dans nos vies. Plus que l’omnipotence technologique, c’est l’imbrication croissante entre humains et machines qui l’inquiète. Un plaidoyer pour un numérique humaniste face à l’économie de la relation algorithmique.

Mythos, la super-IA qui inquiète la cybersécurité (47:38)

Développée par Anthropic, l’IA Mythos serait capable de détecter des failles inédites à grande échelle. Vincent Laurens (Capgemini) [PARTENARIAT] estime que l’outil représente autant une opportunité défensive qu’un risque offensif, même si les fantasmes dépassent pour l’instant la réalité des menaces.


Monde Numérique : [0:10] Et si vous embauchez un assistant virtuel disponible 24h sur 24 pour travailler à votre place, ne riez pas, nous entrons dans l'ère des agents IA personnels. Monde Numérique : [0:21] Perplexity lance Personnel Computer, la start-up française H Company lance aussi son agent, accessible à tous, et Google dévoile Intelligence Personnel. Monde Numérique : [0:35] Grosse actualité cette semaine, donc on va parler aussi de Tesla qui ouvre la porte à la conduite autonome en Europe, d'Amazon qui signe avec Apple pour fournir des connexions par satellite aux possesseurs d'iPhone, une fausse application iPhone qui fait perdre des millions de dollars à des possesseurs de crypto-monnaies, Mark Zuckerberg qui veut se cloner pour être plus accessible, tandis qu'en France, l'éducation nationale s'est faite à nouveau piratée. Dans le débrief transatlantique, Bruno Guglielminetti va nous raconter ce qu'il pense de l'intelligence artificielle de Google, il l'a testé. Et puis moi, je vous dirai ce que je pense de la discussion avec l'IA Claude du député français François Ruffin. Les interviews de la semaine dans la deuxième partie de cette émission, de l'IA encore, avec Mythos, cette super intelligence artificielle signée Anthropique qui fait trembler les responsables cybersécurité dans les entreprises. Mais Vincent Laurens de Capgemini nous expliquera qu'il ne faut pas non plus fantasmer inutilement. On va s'intéresser aussi au futur des lunettes, ces accessoires du quotidien qui deviennent de vrais objets connectés à l'occasion d'un événement organisé par le groupe Essilor Luxottica. Enfin, on prendra un peu de hauteur avec Bruno Patino qui, dans son dernier livre, prédit l'obsolescence humaine à cause de l'IA. Monde Numérique : [1:58] Et oui, je suis ravi de recevoir cette semaine dans Monde Numérique Bruno Patino, donc directeur d'Artes et France et surtout auteur de ce livre qui nous fait réfléchir sur l'impact des technologies. Gros programme donc pour Monde Numérique, l'hebdo du 18 avril 2026. Et c'est parti tout de suite pour l'actu de la semaine. Monde Numérique : [2:17] Et si votre ordinateur devenait un assistant infatigable qui trie vos mails, planifie vos journées et qui peut même travailler à votre place, c'est la folie des agents IA personnels. Les fameux agents IA qui se multiplient comme des petits pains et notamment maintenant ce qu'on appelle les agents locaux, c'est-à-dire qui fonctionnent localement sur votre ordinateur. Dernier en date, il a été lancé par Perplexity qui vient d'annoncer Personal Computer, Un outil qui s'installe sur votre ordinateur et qui prend le contrôle de votre vie numérique. Alors, il ne s'agit plus seulement de générer du texte, de répondre à des questions, mais vraiment de permettre à l'IA d'interagir directement avec vos documents sur votre ordinateur. Vous pouvez lui demander de fouiller dans vos fichiers, de rédiger des emails, de les envoyer surtout, et puis d'effectuer toutes sortes d'autres tâches. On avait vu ça arriver avec OpenCloud, dont on a beaucoup parlé, qui a un peu lancé la mode des agents IA locaux. Et Perplexity Personal Computer, lui, se veut un peu plus sécurisé grâce à des garde-fous, à un environnement contrôlé et puis surtout plus accessible au grand public. Parce qu'OpenClo, c'était quand même un truc de geek high level. Voilà, c'est la version locale, en fait, de Perplexity Computer qui fonctionne, lui, via le cloud. Un nouvel agent qui va agrandir la famille des agents, donc ces employés numériques qui peuvent fonctionner 24-24. Il y en a déjà d'autres sur le marché, ils ont chacun leur particularité. Monde Numérique : [3:45] Mais on peut signaler Claude Coworker, ou encore l'autre nouveauté de la semaine, Claude Intelligence Personnel. On en parle d'ailleurs cette semaine dans le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti. Alors comme les autres, Perplexity, Personal Computer et Payant, ce n'est pas donné. Il faut un abonnement Perplexity Max à 200 dollars, soit 176 euros par mois ou 2000 dollars par an. Et puis à noter que ces agents tournent essentiellement sur Mac. Pourquoi ? Eh bien, en raison de la présence des publics Apple Silicon, les fameuses puces M1, M2, M3, M4, qui intègrent un coprocesseur Neural Engine dédié à l'intelligence artificielle. Monde Numérique : [4:24] En France aussi, on a des agents. La startup H Company a lancé cette semaine Holotab. Holotab, c'est un agent personnel à installer sur son ordinateur, mais spécifiquement conçu pour fonctionner dans le navigateur Chrome. Donc en fait, c'est une extension de Chrome à laquelle vous pouvez demander toutes sortes de choses. Il peut faire à votre place tout ce que fait un humain sur le web en réalité, se connecter à des sites, aller s'inscrire, interagir avec des outils que vous utilisez au quotidien. Ça permet donc de programmer des tâches automatiques. Mais attention, comme d'habitude avec ses agents, prudence parce que comme vous devez lui donner des autorisations, ensuite il peut faire à peu près tout ce qu'il veut en votre nom. Ça peut être très gênant évidemment s'il se met à dérailler. C'est donc à utiliser avec beaucoup de précaution. Monde Numérique : [5:17] La voiture autonome va-t-elle enfin se développer en Europe ? En tout cas, ça y est, elle arrive aux Pays-Bas, grâce à Tesla d'ailleurs, puisque Tesla a eu tout récemment l'autorisation de déployer son FSD supervisé, donc son système autopilote. Ça veut dire que les possesseurs de Tesla néerlandais peuvent acheter le pack FSD, qui coûte quand même 7500 euros ou 99 euros par mois, afin de rendre leur Tesla autonome. Ça marche. Si on en croit les vidéos publiées par les utilisateurs sur les réseaux sociaux, ça marche même très bien, y compris aux Pays-Bas où il y a même pourtant beaucoup de vélos. Mais on voit que la voiture s'en sort incroyablement bien dans les intersections, pour les changements de voies, etc. Alors, c'est de la conduite autonome supervisée. Ça veut dire qu'on doit absolument rester à bord du véhicule et surtout avoir les mains, non pas sur le volant, mais prêtes à reprendre le contrôle en cas de besoin. Donc, Tesla a obtenu cette autorisation. en expliquant d'une part que son système permettait de diviser par sept le risque d'accident. Monde Numérique : [6:22] En suivant aussi un long processus administratif basé sur des millions de kilomètres, 1,6 million de kilomètres exactement, parcourus à travers toute l'Europe pour entraîner son modèle. On rappelle que le système de Tesla, le FSD, fonctionne non pas avec des lidars comme beaucoup d'autres voitures autonomes, mais uniquement avec de la vidéo, des caméras vidéo et de l'intelligence artificielle. Et apparemment, même si c'est toujours classé niveau 2, niveau 2+, eh bien c'est particulièrement efficace. En tout cas, c'est un premier pas, donc, pour la voiture autonome dans l'Union européenne, qui pour l'instant est encore interdite, contrairement aux États-Unis, à la Chine, etc. Et on espère que cette première néerlandaise fera rapidement tâche d'huile, si on peut dire, sans jeu de mots. Monde Numérique : [7:10] Dans les airs, cette fois, une acquisition stratégique qui reballe les cartes du marché des services satellitaires pour smartphones. C'est Amazon qui rachète Globalstar, l'actuel fournisseur de services satellitaires des iPhones et Apple Watch. C'est-à-dire qu'Amazon a signé un accord avec Apple qui le place désormais comme futur fournisseur principal des services satellitaires d'Apple. On pensait que ce serait éventuellement Starlink. Eh bien non, ce sera Amazon. Derrière ça, c'est la perspective qu'on puisse un jour directement passer des appels par satellite avec son smartphone. C'est ce qu'on appelle le direct to device. Pour l'instant, on peut seulement envoyer des SMS d'urgence. Ça passerait par la constellation Amazon Leo des satellites en orbite basse. On sait que les satellites en orbite basse, tout comme Starlink, permettent d'obtenir un très haut débit montant et descendant. Ça marche particulièrement bien. C'est ce qui commence notamment à arriver dans les avions sur certaines compagnies. Monde Numérique : [8:07] En France, encore une cyberattaque, encore une, et c'est encore l'éducation nationale qui en fait les frais, avec un incident survenu en fait fin 2025, mais qui vient seulement d'être officialisé là maintenant, à ces jours-ci, en avril 2026. Une fuite de données qui aura permis l'accès au service EduConnect et donc la fuite d'informations concernant des élèves les noms, les prénoms, les identifiants de connexion les noms de leurs établissements et même leurs classes tout ça est parti dans la nature donc malheureusement ça risque d'être utilisé pour des campagnes de phishing ciblées si vous-même ou vos enfants reçoivent des emails, des SMS très personnalisés attention, prudence et il peut s'agir tout à fait des conséquences de cette cyberattaque. Le ministère a déposé plainte et a mis en place une authentification à double facteur pour renforcer la sécurité. Il aurait peut-être fallu y penser avant. Monde Numérique : [9:06] Attention à la désinformation sur les réseaux sociaux dans le cadre du conflit au Proche-Orient. Cette semaine, on l'a vu encore avec une belle fake news qui s'est répandue un peu partout, propagée par un soi-disant journaliste indépendant américain. Une rumeur affirmant que des localités du Sud-Liban où s'est déployée l'armée israélienne auraient été délibérément effacées de l'application Apple Plan. Alors vous avez peut-être vu passer ce message, qui laisserait entendre donc qu'Israël aurait annexé ces territoires. Eh bien, c'est faux. Apple a démenti en expliquant qu'en fait, ces localités n'avaient tout simplement jamais été référencées sur l'application. Parce qu'il faut savoir qu'Apple Plan n'est pas complètement déployée dans toutes les régions du monde. Monde Numérique : [9:50] Apple, justement, a-t-il fait une grosse bêtise en laissant passer sur son App Store une fausse application Ledger ? Ledger, c'est cette application française, un porte-monnaie électronique pour crypto-monnaie. Et une fausse appli Ledger a réussi à s'infiltrer sur l'App Store entre le 7 et le 13 avril. Conséquence dramatique pour des dizaines de possesseurs de crypto-monnaie qui se sont fait littéralement détrousser. L'application a réussi à siphonner 9,5 millions de dollars à une cinquantaine de victimes. Parmi elles, un artiste, le musicien G-Love, qui a reconnu avoir perdu près de 6 bitcoins, soit environ la bagatelle de 420 000 dollars. Monde Numérique : [10:37] Sam Altman, le patron d'OpenEye, est victime d'une tentative d'attentat. Ça s'est passé chez lui, dans la nuit, le 11 avril. Un jeune homme de 20 ans, Daniel Moreno-Gama, a eu la bonne idée de lancer un cocktail Molotov contre la villa du PDG d'OpenEye à San Francisco. Un jeune homme persuadé que l'intelligence artificielle va anéantir l'humanité, il l'explique dans un manifeste qui a été retrouvé, dans lequel aussi, D'ailleurs, il annonçait son intention de s'en prendre à d'autres leaders de la tech. Alors, pas de victime, heureusement. Mais Sam Altman a réagi dans un article de blog en expliquant qu'il avait sous-estimé la puissance des mots. Ça veut dire quoi ? Eh bien, une allusion sans doute à l'article incendiaire le concernant, paru quelque temps auparavant dans le New Yorker. Je vous en parlais la semaine dernière. Un article décrivant le patron d'Oponeye comme fourbe, pernicieux, pour résumer de manière simple. Et d'ailleurs dans son billet de blog, le jeune PDG en profite pour se livrer à un petit peu un mea culpa puisque face à ses accusations, il répond qu'il a fait beaucoup de choses dont il est fier mais aussi un tas d'erreurs et notamment sa tendance à fuir les conflits qui selon lui a causé beaucoup de souffrance à OpenAI et aussi à lui-même, a-t-il expliqué ? Monde Numérique : [11:58] Et si votre patron était une intelligence artificielle ? Pourquoi pas ? En tout cas, chez Meta, ce sera probablement une réalité très prochainement, puisque Mark Zuckerberg a décidé de développer un clone de lui-même, un avatar 3D boosté à l'intelligence artificielle. Un double numérique qui reproduira sa voix, sa façon de parler, ses intonations, toutes les manières du PDG de Meta, et qui pourra répondre aux questions du personnel en temps réel. Pourquoi ? Sans doute pour des raisons de communication interne, mais aussi pour diffuser à l'intérieur même de l'entreprise une vision stratégique de l'utilisation de l'IA dans les entreprises grâce à des doubles numériques. D'ailleurs, Meta aurait l'intention de proposer ce service de double numérique aux créateurs de contenu pour leur permettre d'interagir avec leur communauté. Alors, est-ce qu'on va voir se développer, se multiplier les faux PDG par intelligence artificielle ? Peut-être. Et il sera intéressant surtout d'observer un peu les réactions des collaborateurs. Monde Numérique : [13:06] Un peu dans le même genre, dialoguer avec Jésus par intelligence artificielle pour moins de 2 dollars la minute, c'est possible, grâce à de nouvelles applis qui proposent de s'entretenir avec des figures religieuses comme Jésus ou encore Bouddha. Des outils qui sont conçus pour fournir des conseils, des interactions inspirées des enseignements religieux. Les utilisateurs peuvent passer des appels vidéo avec un avatar de Jésus généré par intelligence artificielle. Et ensuite, il y a des invitations à la prière, des messages d'encouragement en plusieurs langues, etc. Alors c'est vrai qu'on pouvait déjà dialoguer avec Michael Jackson ou avec des personnalités décédées. Alors après tout, pourquoi pas avec Dieu ou avec des prophètes ? Bon, les avis seront sans doute partagés. Est-ce qu'il s'agit d'un support spirituel et psychologique plutôt positif ou bien d'une dérive dangereuse qui, au contraire, risquerait de créer un peu de confusion dans la tête de certains À vous de choisir. Monde Numérique : [14:13] Avant d'aller plus loin, un mot de Frogans, partenaire de l'hebdo de Monde Numérique. En 2025, je vous ai fait découvrir cette initiative technologique unique au monde, une nouvelle manière de consulter, de publier du contenu en ligne. Frogans fait sortir Internet du cadre avec des sites graphiques simples, très fluides. 2026 sera une année décisive pour Frogans, qui s'adresse pour l'instant en priorité aux aux développeurs. Comment ça marche concrètement ? Alexis Tamas, cofondateur de Frogans. Invité : [14:40] Le fonctionnement de Frogans, du point de vue de l'utilisateur final, c'est une application. Alors sur un téléphone, ça vient d'un store tout à fait traditionnel. Sur un ordinateur, pareil, on télécharge un petit logiciel qui s'appelle Frogans Player, qui est disponible gratuitement, qui ne nécessite pas d'enregistrement de la part des utilisateurs et qui est distribué par l'OP3FT, qui est en charge de la standardisation de Frogans. Monde Numérique : [14:59] Et pour en savoir plus, rendez-vous sur f2r2.fr, f2r2.fr. Invité : [15:10] Jérôme Colombin à Paris, bonjour. Monde Numérique : [15:12] Salut Bruno Guedalminetti à Montréal. Invité : [15:14] Comment te portes-tu? Monde Numérique : [15:15] Je me porte bien, je reviens du soleil de Monaco, donc tout va bien. Mais je te dirai tout à l'heure pourquoi. Invité : [15:21] Ça, ça veut dire que tu étais sur le bord de la plage, tranquille. Monde Numérique : [15:23] Oui, alors moi je n'y étais pas, mais il y avait beaucoup de gens en maillot. Et oui, même au mois d'avril, ça fait du bien. Invité : [15:28] Ah, je te dis. Mais tu vois, la technologie n'a pas arrêté parce que toi tu étais tranquille à te la couler douce à Monaco. Je voulais te parler cette semaine dans le débrief d'une exclusivité que Google a réservée aux Canadiens et aux Indiens, les Indiens d'Inde, pas les Indiens de l'Amérique du Nord. Nuance importante aux Amérindiens, c'est ça. Donc, ils ont lancé, imagine-toi donc, l'intelligence personnelle. Monde Numérique : [15:53] Qu'est-ce que c'est que ça? Je tourne sur deux minutes, je vais prendre le soleil, je reviens. Il y a déjà 17 news sur l'IA. Alors, raconte-moi ça. Invité : [16:05] Bon, alors que pendant que tu es en train de regarder le Rocher, Google a décidé de lancer, notamment au Canada, cette petite évolution qui est quand même importante de Gemini. C'est-à-dire que c'est d'abord les utilisateurs payeurs ou payants des outils de Gemini qui y ont accès, mais d'ici quelques semaines, les autres au pays pourront y avoir accès. Et c'est donc une version plus-plus de Gemini qui, maintenant, te permet de brancher tous tes appareils sur Gemini et donc tous tes outils que tu utilises sur ton ordinateur, sur ton téléphone, sur ta tablette à Gemini. Qu'est-ce que ça veut dire? Monde Numérique : [16:45] Arrête, tu me fais envie. Invité : [16:46] Ça veut dire que du jour au lendemain, Gemini est au courant de tout ce qui se passe dans ta vie. Ah, il ne faut pas être paranoïaque. Monde Numérique : [16:52] Non, certes. Invité : [16:53] Ah non, mais écoute, c'est vraiment quelque chose. Et moi, j'ai installé ça cette semaine, parce que j'ai, évidemment, tu me connais, devant le risque, je tente tout. Monde Numérique : [17:05] Bien sûr, sans peur et sans reproche. Invité : [17:08] Ben, reproche, on verra, mais sans peur, tu as raison. Et donc là, j'ai installé ça, ça a pris 15 minutes pour lui, le temps de faire le tour de ma vie. Et puis après, il m'est revenu, j'ai ouvert Gémini, il m'a dit, dis donc Bruno, est-ce que tu voudrais que je te parle de trois choses importantes que je retrouve chez toi? Monde Numérique : [17:28] Wow. Invité : [17:29] Un peu surpris. Monde Numérique : [17:30] Oui. Invité : [17:30] J'ai dit, ben oui, avec plaisir. Et là, il commence à me sortir des choses, des dossiers sur lesquels je travaillais présentement. Monde Numérique : [17:37] Ah oui, tu as des dossiers. Invité : [17:38] Oui, j'ai des dossiers. Monde Numérique : [17:40] Il y a des dossiers sur toi, on le sait. Invité : [17:43] Oui. Alors, le reproche s'en vient. Et donc, des dossiers, des projets sur lesquels je travaille. Et là, je dis, ah, mais quand même, il a été cherché loin. Il a été cherché dans des courriels, dans des conversations que j'ai eues. Et il est arrivé avec ça. Puis il dit, est-ce que tu aimerais qu'on travaille plus particulièrement sur un? Alors, je dis, ah oui. Alors, j'ai choisi un projet dont on se parlera la semaine prochaine. Monde Numérique : [18:07] Ah, tu ne peux pas nous en parler encore pour l'instant. Invité : [18:09] Non, ça, c'est un teaser. Monde Numérique : [18:10] Pour l'instant, c'est secret. D'accord. Invité : [18:11] Oui, c'est ça. La semaine prochaine, la suite. mais arrêtez pas d'écouter puis allez pas aller la semaine prochaine si vous êtes en rattrapage parce que ça vaut pas la peine, donc, et je lui ai dit oui parlons de ça, et là il commence à me sortir. Invité : [18:25] Des étapes dans la production, il me demande mais t'en es où dans ce projet-là, est-ce que t'es en amont, est-ce que t'es dans le milieu est-ce que t'es déjà pensé à ça, tel truc et là j'ai dit, là je me rends compte qu'il y a vraiment tout eu ce que j'ai écrit, toutes mes notes toutes les choses, et Et j'ai dit, bien écoute, j'aimerais ça que tu me proposes un lexique. Que je pourrais utiliser dans le cadre de ce projet-là. » Il dit, « Ben oui, il n'y a pas de problème. » Alors, il part de son côté. Évidemment, ça prend 30 secondes. Il me revient avec un immense lexique que je pourrais utiliser dans le cadre de ce projet-là. Il me dit, « Peut-être que je pourrais aussi t'arriver avec des propositions pour tel angle si tu décides de faire ce projet-là dans tel angle. » Je lui dis, « Ben oui, essaye donc. » Puis, personnellement, je savais, « Ben, il ne faut pas lui dire que je n'allais pas aller dans cette direction-là. » Alors, il me sort un truc et je lui dis, « Finalement, ce n'est pas fou, son affaire. » Mais c'est vraiment, j'avais vraiment l'impression d'avoir avec moi quelqu'un qui voulait, qui voulait, qui voulait et qui tape du pied en disant, donne-moi des trucs à faire. Invité : [19:28] À mon avis, ça devient fatigant et épuisant parce que tu te dis, bon, OK, arrête, c'est la soirée, je peux rester tranquille. Mais lui, il était prêt. Puis après, j'ai dit, écoute, va donc chercher des offres intéressantes de billets d'avion pour une prochaine destination que je vais aller. Alors, lui, ça prend 30 secondes. Il me dit, ah oui, toi, tu vas aller dans quelques jours, dans quelques semaines, tu vas aller à tel endroit. J'ai dit, oui, effectivement. Alors là, il me dit, bon, je vais aller chercher des billets d'avion et puis un hôtel pour voir qu'est-ce qui a disponible. Ça a pris une minute, puis il y avait déjà un plan de voyage pour moi, là. Monde Numérique : [20:02] – Donc, il a fouillé dans tout tes… – Épuisant. – Dans quoi? Dans tes mails, dans tes fichiers? Invité : [20:09] – Dans les documents écrits, dans les fichiers, dans les présentations, des notes. Monde Numérique : [20:14] – Sur ton application de notes, je ne sais pas ce que tu utilises. Invité : [20:16] – Oui, mais autant sur le téléphone que sur l'ordinateur. Et c'est ça qui est intéressant. Monde Numérique : [20:20] – Ah oui, d'accord. Invité : [20:21] – Il a vraiment accès à tout. Monde Numérique : [20:22] – Donc, il sait tout. Il est allé dans ton frigidaire, dans ta chambre à coucher. Invité : [20:26] – Non, non, ça, je n'ai pas donné accès encore. Monde Numérique : [20:28] – D'accord, OK. Invité : [20:28] – Encore, c'est ça qui est important. Monde Numérique : [20:30] – Pas encore. Invité : [20:30] Mais parlant d'avoir un échange avec UNIA, dis donc, tu as un politicien chez vous qui a fait réagir parce que c'est M. Ruffin qui s'adresse à M. Claude. Monde Numérique : [20:43] Oui, alors c'est vrai, je voulais te parler de cette histoire-là parce qu'elle Monde Numérique : [20:45] a fait un peu de buzz sur les réseaux sociaux. En fait, c'est François Ruffin qui est un député français, proche de la France insoumise, je crois qu'il n'y est plus vraiment, mais voilà, et qui a publié une série de vidéos dans lesquelles on le voit s'entretenir avec l'intelligence artificielle Claude. Alors, il pose des questions, il dialogue. Invité : [21:07] Mais ce n'est pas sans rappeler ce qu'un politicien américain a fait récemment. Monde Numérique : [21:10] Tout à fait. C'est inspiré de ce qu'a fait Bernie Sanders. D'ailleurs, il le cite. Il dit explicitement qu'il a repris l'idée de Bernie Sanders, qui a fait une longue vidéo dans laquelle il discute avec une IA, ce qui est l'occasion à la fois de montrer... Comment fonctionnent les IA, ce qu'elles peuvent répondre. Mais derrière ça, il y a un petit côté voyance, si tu veux, même s'il y a un peu de recul qui est pris. C'est un peu, tiens, voyons ce que la technologie peut nous dire de la technologie. Et alors, il l'interroge sur est-ce que l'IA va remplacer les développeurs ? Est-ce que l'intelligence artificielle est plus intelligente que les chroniqueurs, et que les journalistes spécialisés dans les médias ? Parce que François Ruppin est parti quand même de ceux qui n'hésitent pas à se frictionner pas mal avec les journalistes. Monde Numérique : [22:04] Donc, il pose toutes ces questions-là. Et pourquoi ça interpelle ce truc-là ? Parce que la démarche, bon, elle est originale, on peut la trouver intéressante, mais en fait, on a été assez nombreux. Je dis « on » parce que moi, j'ai réagi sur X, mais je ne suis pas le seul. Il y en a d'autres qui sont intervenus pour dire « Mais en fait, c'est une très mauvaise image et c'est une très mauvaise utilisation de l'intelligence artificielle. » Parce qu'en faisant ça, qu'est-ce qu'il veut montrer ? Il veut montrer, c'est une manière de dire « Voilà, l'IA toute-puissante a certainement des choses intéressantes à nous dire. ». Monde Numérique : [22:47] C'est absurde, et la preuve, c'est que quand on écoute bien les réponses, on comprend bien qu'elles sont orientées, ces réponses, et qu'en fait, l'IA lui dit exactement ce qu'il a envie d'entendre. Et la plupart du temps, c'est ça. Il est très heureux des réponses que l'IA lui fournit, quand elle lui dit « Mais oui, bien sûr, mon cher François, c'est absurde. Les hommes ont inventé l'intelligence artificielle qui va les rendre eux-mêmes obsolètes. Monde Numérique : [23:09] » Donc, c'est idiot. Alors là, François Ruffin est très content, il fait « Oui, d'accord, en effet, et tout. » C'est exactement l'utilisation, c'est ce qu'on doit apprendre aux enfants dans les écoles à ne pas faire, c'est-à-dire à croire tout ce que dit l'intelligence artificielle et surtout à ne pas comprendre que ce n'est que le reflet de ses propres biais. En réalité, elle lui dit ce qu'il a envie de dire parce qu'elle interprète ses promptes et elle comprend bien, et Claude comprend bien, comme le frais de Chagipiti, dans quel sens doivent aller les réponses. En plus, c'est basé très certainement sur son historique de conversation avec Claude, donc elle n'est pas neutre. Elle sait tous les sujets sur lesquels il a dû déjà l'interroger. Il y a tout un passif et on voit bien, encore une fois, à travers les réponses, qu'elle lui dit ce qu'il a envie d'entendre, en réalité. Donc voilà, c'est vraiment le très mauvais exemple de l'utilisation de l'IA, je trouve. C'est amusant, ça fait du buzz, ça fait des vidéos virales, c'est sympa, mais c'est d'un point de vue technique et surtout dans notre relation à l'intelligence artificielle, c'est le contraire de ce qu'il faut faire, en fait. Au moins, ça a de bon. Oui, mais je ne sais pas, parce que non, parce que ça n'informe pas. Au contraire, ça va désinformer les gens sur ce qu'est l'intelligence artificielle. Ça fait croire aux gens que c'est un grand cerveau hyper puissant qui sait tout sur tout et que tout ce qu'il dit est juste. Alors que c'est exactement le contraire et on le sait, toi et moi. Invité : [24:39] Mais c'est ça, Jérôme. Mais quand je te dis que ça a au moins ça de bon, c'est que ça a permis à des gens qui connaissaient le sujet de dire, « Vous voyez ce qui vient d'être fait? C'est ce qu'il ne faut pas faire. Monde Numérique : [24:46] » Oui, mais je pense que ce n'est pas ça qui a été le plus entendu et ce n'est pas ça qui restera le plus, qui frappera le plus les lecteurs. Invité : [24:56] Nos auditeurs et les gens qui nous regardent sur YouTube viennent de l'entendre. Pour eux, je suis content Bruno. Monde Numérique : [25:02] Je ne veux pas te brusquer mais il me reste 5 minutes parce que j'ai un rendez-vous pour une interview très importante dans 5 minutes donc juste avant, dis-moi que proposes-tu cette semaine dans ton carnet ? Invité : [25:14] Écoute, je parle avec le créateur d'une application qui vise les gens qui ont le cancer et qui ont décidé d'être proactifs par rapport à la chose. Donc oui, ils sont atteints du cancer, ils ont une tumeur, mais pourquoi pas prendre cette occasion pour créer ou visualiser, entre guillemets, virtuellement. Invité : [25:35] Leur tumeur cancéreuse et de lui parler, de lui donner une personnalité, de discuter avec et de permettre aux gens qui sont autour et qui ont à vivre avec cette personne qui est malade de peut-être partager tout ce qu'ils ont par rapport à la maladie, et non pas l'individu, de dire ça directement à la maladie. Ça peut sembler un peu simplet comme histoire, mais il y a des médecins qui trouvent ça intéressant parce qu'en temps réel, ils peuvent avoir des informations sur la condition mentale, par exemple, le moral d'un patient, et aussi avoir des échos des gens qui l'entourent, que ce soit des proches, que ce soit sa famille, en fonction de la lecture qu'ils font sur cette plateforme-là. Alors, on parle avec Raphaël Jolicoeur, qui a créé cette plateforme-là, qui est atteint, lui, de cancer. Et puis aussi, on parle avec quelqu'un de Qualcomm à San Francisco, parce qu'ils viennent de lancer un nouveau petit processeur, d'ailleurs, qu'ils ont annoncé à Barcelone, mais qui s'en va dans les objets connectés, mais vraiment connectés. On parle de petites puces qui sont branchées au satellite et qui vont permettre de se détacher des appareils qu'on a sur nous pour pouvoir communiquer et faire des choses. Alors, voilà. Monde Numérique : [26:50] Génial. Invité : [26:51] Jérôme Colombin, je te remercie d'être passé dans mon carnet et puis je te dis à la semaine prochaine. Monde Numérique : [26:56] Salut Bruno, à la semaine prochaine. Invité : [27:11] Monde numérique, le meilleur de la tech. Monde Numérique : [27:22] En 2019, il analysait le phénomène des réseaux sociaux et de l'addiction au numérique dans son livre « La civilisation du poisson rouge ». Cette année, il se penche sur la suite de l'histoire, en quelque sorte, l'impact des algorithmes et de l'intelligence artificielle sur notre vie de tous les jours. Je veux parler de Bruno Patino, professionnel des médias et auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l'impact des technologies sur notre vie quotidienne. On va l'entendre dans un instant, il est l'invité de Monde Numérique cette semaine. Monde Numérique : [27:58] Mais d'abord, parlons des lunettes, ce petit accessoire que des millions de personnes ont sur le Néo Quotidien. Les lunettes qui deviennent aujourd'hui un étonnant terrain d'innovation technologique. Des innovations à la fois pour améliorer la vue, mais pas seulement des caméras pour filmer, prendre des photos au quotidien. Des assistants IA intégrés dans les lunettes comme dans les Ray-Ban Meta ou encore des systèmes d'amplification audio pour mieux entendre les conversations comme par exemple sur les lunettes Nuance Audio. Alors de tout ça, il était question cette semaine à Monaco à l'occasion d'un événement qui s'appelait Switch, organisé par Essilor Luxottica, l'un des plus grands groupes mondiaux de fabrication de lunettes. J'y étais, je vais vous proposer sur Monde Numérique différentes interviews que vous pourrez trouver à partir de la semaine prochaine Également une vidéo, une vidéo complète en ligne prochainement sur la chaîne YouTube de Monde Numérique. Mais d'abord, on s'intéresse à l'aspect santé justement de ces lunettes car demain, les lunettes seront peut-être notre meilleur allié pour surveiller notre santé. Comme d'habitude, toutes les interviews qui vont suivre sont proposées en version longue. Si vous écoutez Monde Numérique, l'hebdo premium sur Apple Podcasts ou Spotify et sinon, retrouvez-les ainsi que d'autres interviews d'ailleurs en épisodes séparés la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique. Bonjour Donnie Cohen-Tannoudji. Invité : [29:22] Bonjour. Monde Numérique : [29:22] Vous êtes responsable des technologies émergentes au sein du groupe Essilor Luxotica. On a l'impression que les lunettes aujourd'hui, ça devient une espèce de terrain de jeu pour l'innovation technologique ou en tout cas un nouvel univers. On est bien au-delà de simplement avoir une paire de verres correcteurs devant les yeux en réalité. Invité : [29:42] Oui, alors c'est un objet qui est très porté dans le monde déjà. Il y a à peu près 600 millions de gens qui portent des lunettes de façon permanente tous les jours, quand on est myope. Mais effectivement, c'est en fait le nouveau wearable qui émerge après les montres connectés, les bracelets connectés, les écouteurs connectés. Le fait qu'on porte la lunette devant les yeux, à côté des oreilles et sur la tête, permet de mesurer des paramètres de santé qu'on ne peut pas mesurer autrement. Monde Numérique : [30:10] D'accord. Invité : [30:12] Typiquement, dans ce qu'on appelle en anglais un eye tracker, un oculomètre, permet en fait de mesurer par exemple de la fatigue cognitive, une absence d'attention. Il y a d'autres capteurs qu'on peut imaginer, c'est de mesurer les ondes cérébrales, ce qu'on appelle de l'électroencéphalographie. Alors bien sûr, il faut qu'on ait la capacité de détecter des signaux qui soient utiles. Pour l'instant, on mesure très peu de choses, on est en phase de recherche, mais on pourrait mesurer aussi l'humeur, l'anxiété. on pourrait aussi l'utiliser comme un, On va dire une interface home machine. C'est-à-dire que si, par exemple, j'ai ma lunette nuance audio et que je commence à mal entendre, à mal comprendre ce qui se passe, le système pourrait détecter que j'entends mal et déclencher la fonction d'augmentation auditive automatiquement. Voilà, donc ça, il y a d'autres. Un dernier aspect pour couvrir un peu votre question, on travaille aussi sur rendre le verre intelligent et pas uniquement la monture de lunettes. Invité : [31:11] Et donc, vous avez pu voir qu'on a commencé à mettre des fonctions de display dans des verres avec la métarray-band display. On essaye de rendre ça encore plus léger et le moins épais possible parce qu'il y a un petit rajout d'épaisseur du fait qu'il y a un composant optique à l'intérieur. Donc, on travaille sur l'holographie et puis on travaille aussi sur comment moduler la lumière dans le verre de façon électronique et non plus de façon induite par des ultraviolets. Donc, on a une technologie pour assombrir ou éclaircir de façon beaucoup plus rapide et de façon beaucoup plus à la demande ou en fonction de l'usage. C'est ce qu'on appelle un verre électrochromique. Donc, c'est des projets qu'on a en recherche pour l'instant, mais qui participent à l'innovation dans les lunettes connectées et qui permettent aussi, par exemple, pour la réalité augmentée, de pouvoir offrir une gestion du contraste de l'image virtuelle de façon beaucoup plus confortable, puisque en situation de forte luminosité, ça pourrait venir s'assombrir automatiquement pour pouvoir voir l'image virtuelle de façon beaucoup plus nette. Monde Numérique : [32:14] Les lunettes, c'est l'objet connecté, le wearable du futur, selon vous ? Invité : [32:18] C'est sans doute... Pas le seul, mais c'est sans doute une nouvelle catégorie qui va émerger du fait qu'on arrive de plus en plus à intégrer des composants électroniques dans une lunette, qui est un défi, parce qu'une lunette, la plupart, le poids moyen d'une lunette que les gens portent aujourd'hui, c'est entre 25 et 30 grammes, vert compris. Donc c'est très léger. Donc les gens qui sont amétropes, qui sont par nécessité obligés de porter une lunette tout le temps, pour bien voir, sont habitués à avoir des lunettes qui sont légères et des verres qui sont le mieux possible. Ça fait plusieurs décennies qu'il y a six ans Luxottica travaillent dessus. Donc, on ne peut pas se permettre d'altérer le confort et la performance d'une lunette sous prétexte qu'elle va devenir intelligente. Monde Numérique : [33:06] Donc, c'est principalement le poids ? Invité : [33:08] Le poids. Et donc, du coup, indirectement, c'est la taille de la batterie, l'énergie embarquée qu'il faut intégrer dans la lunette. Et donc, toutes les fonctions électroniques qu'on développe nécessitent d'être très, très basse consommation. Et donc, ça nécessite d'avoir sans doute des fonctions qui sont supportées par des nouvelles puces électroniques qui optimisent en fait l'énergie des composants et aussi pour certaines fonctions, la latence de certaines fonctions. Monde Numérique : [33:35] Il y a quand même un problème qui se pose avec les lunettes qui permettent de filmer, qui ne sont pas très appréciées, il faut bien le dire. Il y a quand même un peu de réticence, de méfiance par rapport à ça. Si véritablement ça se développe, si tout le monde se met à porter des lunettes, permettant de filmer tout le monde, tout et n'importe quoi dans la rue, est-ce que vous ne risquez pas vous retrouver face à un problème qui risque de vous dépasser un peu ? Invité : [33:56] C'est un vrai sujet. C'est un sujet d'ailleurs qui nous... Monde Numérique : [34:01] Et comment vous abordez ce sujet ? Vous y réfléchissez ? Invité : [34:03] D'abord, on essaie d'influencer notre partenaire qui a un rôle majeur dans le développement de la partie logicielle du produit et donc des fonctionnalités qu'apporte la lunette. Effectivement, on essaye qu'il y ait des règles qui soient les plus éthiques possibles. On se fait conseiller dans notre nouveau conseil scientifique consultatif par une professeure d'éthique, bioéthique médicale et d'éthique IA, pour rendre les choses acceptables. Donc on essaie de finitement que les règles soient claires. Monde Numérique : [34:36] Ce que je dis, c'est les dérives de ça. Invité : [34:38] Les dérives, les abus. Donc en principe, quand on filme, on notifie avec une petite LED qui indique qu'on filme ou qu'on prend une photo. Donc ça, c'est un sujet qui avait déjà été abordé avant même que la fonction d'IA soit vraiment mise en avant. Mais la fonction IA, en fait, pose d'autres problèmes aujourd'hui, puisque, en fait, ça permet d'entraîner, en fait, des agents d'IA sur des expériences humaines. En fait, la plupart des agents IA qui sont sur le marché, les ChatGPT, les Claude, les Gemini, sont entraînés sur des données qui ne sont pas des données d'expérience humaine. Et donc la tentation effectivement des lunettes IA c'est de pouvoir personnaliser en fait son agent en fonction de ses habitudes mais ça pose des vrais problèmes, on n'a pas tranché. Monde Numérique : [35:26] Collecter des données. Invité : [35:27] Mais après il y a des outils d'anonymisation il y a toutes des pratiques de recherche qu'on se pose sur l'IA pour rendre les choses la confiance dans l'IA, la confiance dans les données la façon dont c'est géré On se fait aussi aider par un autre membre du conseil scientifique consultatif, qui est un professeur de mathématiques italien, médaille-file de mathématiques, Alessio Figali, pour voir comment on peut avoir des technologies qui permettent d'avoir une anonymisation des données pour protéger la vie privée. Il y a aussi des problématiques de recherche pour rendre les choses beaucoup plus éthiques. Monde Numérique : [36:09] Merci beaucoup, Denis Cohen-Tanoudji, responsable des technologies émergentes chez Essilor Luxoticca. Invité : [36:16] Enchanté, un plaisir. Merci. Monde Numérique : [36:24] Bonjour Bruno Patino. Invité : [36:26] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [36:27] Président d'Arte France et surtout auteur de plusieurs livres qui s'intéressent aux effets de la révolution numérique sur la société. Merci d'être dans le monde numérique. Après « La civilisation du poisson rouge », qui était l'un de tes livres qui s'intéressait notamment au phénomène des réseaux sociaux, ton dernier ouvrage qui vient de sortir s'intitule « Le temps de l'obsolescence humaine ». On est maintenant à l'ère de l'intelligence artificielle. Comment faut-il comprendre ce titre un peu angoissant ? Invité : [36:57] En fait c'est un titre qui d'abord fait référence à, Moi, j'ai souvent fait référence à d'autres titres dans mes titres de livres. Par exemple, avec Jean-François Fogel, on avait écrit La condition numérique il y a très longtemps. Ça faisait évidemment référence à la condition humaine. Et là, ça fait référence à un livre de Gunther Anders qui s'appelle L'obsolescence de l'homme et qui parlait des effets de la technique sur l'homme. Évidemment, c'est un livre qui a plusieurs décennies et qui est bien antérieur à la révolution numérique. Et donc, ce qui m'a paru intéressant dans ce livre aussi à un moment, puisque, comme tu l'as dit très bien, moi, ce qui m'intéresse avant tout, c'est l'effet de la technologie sur nos vies, nos vies collectives et nos vies individuelles. C'est ça qui m'intéresse au plus haut point. Et qu'est-ce qui se passe quand on adopte, et comme tu le sais, moi, j'adopte très, très volontiers les outils technologiques qui nous sont proposés. Monde Numérique : [37:48] Oui, tu es technophile, ce n'est pas du tout un livre de technophobes. Invité : [37:52] Ah non, non, non, c'est un livre de technophile. Enfin, en tout cas, c'est un livre de quelqu'un qui adopte les technologies et qui pensent que la révolution numérique est extrêmement importante. Alors, c'était à la fois cette référence à Gunther Anders et puis aussi une façon de questionner, on va dire, la perspective transhumaniste ou la perspective de l'intelligence artificielle, qu'elle soit générale, qu'elle soit même une super intelligence artificielle, avec en fait ce qui sous-tend le livre, mais on y reviendra bientôt, c'est que oui, on peut évidemment à un moment donné questionner, questionner, mettre en perspective l'éventuelle omnipotence de l'intelligence artificielle, mais moi ce qui m'intéresse avant tout, c'est son omniprésence à venir. Et donc l'omnipotence, je ne sais pas si elle aura lieu ou pas, je suis très imitatif pour être très franc avec toi sur cette perspective-là, en revanche, l'omniprésence dans notre vie quotidienne, je suis quasiment certain qu'elle va avoir lieu. Et donc, c'est ce balancement-là ou cette problématique-là que j'essaye de questionner dans le livre. Monde Numérique : [38:57] Cette omniprésence, oui, elle est presque déjà là, en tout cas dans de nombreux milieux. Mais quelles sont ses conséquences ? Tu écris que l'IA modifie notre rapport réel aux autres et à nous-mêmes. C'est ça l'impact principal ? C'est que ça nous change de manière anthropologique ? Invité : [39:19] Anthropologique, c'est à voir, mais en tout cas, oui, d'une certaine façon, ça change notre société, ça c'est clair, et notre rapport au monde. Si tu en mets en perspective, ce que j'essaie de dire dans le livre, si tu veux, c'est qu'en fait, depuis les débuts de la révolution numérique. Invité : [39:35] Ma théorie, c'est qu'elle est le produit de deux forces contradictoires, mais qui se nourrissent l'une l'autre, en fait, qui sont complètement interdépendantes. La première force ou le premier vecteur force, c'est le réseau. Réseau qui est une utopie ancienne, mais qui devient en quelque sorte réalité quant à partir de, pour faciliter les choses, 1989, on interconnecte un très grand nombre d'humains, puis on interconnecte aussi, on rend disponible le savoir humain, la formation ou autre. Donc cette utopie du réseau mais cette force du réseau puisque maintenant on interconnecte pas seulement les humains mais également les machines les humains avec les machines les machines entre elles etc. Cette utopie du réseau c'est plutôt une force une force centripète qui nous rassemble mais on a. Invité : [40:27] Pour interconnecter les gens, il faut des données. Petit à petit, l'autre force, c'est l'économie de la donnée et la structure de la donnée. Et l'économie de la donnée, en tout cas, quand elle s'articule avec le marché, c'est une force profondément centrifuge, c'est-à-dire c'est quelque chose qui fragmente en permanence, qui fragmente les agglomérats, qui fragmente les communautés, qui fragmente même les individus. Et donc, si tu veux, ce que je crois, pour être un peu synthétique, c'est que jusqu'ici, on a eu trois périodes dans la révolution numérique. La période de l'accès qui va en gros jusqu'en 2006-2007, où c'est vraiment la force du réseau qui l'emporte. Puis ensuite, avec l'invention de l'iPhone et de la connexion permanente. Invité : [41:20] Ça produit évidemment les réseaux sociaux et un certain nombre d'outils. Là, l'économie de la donnée commence à prendre le pas et on rentre dans l'ère de la propagation, qui est un moment où l'économie de l'attention devient prédominante. Et avec les IA, en réalité, on rentre dans une étape supplémentaire de fragmentation puisque l'outil, là, il est fait pour, j'allais dire, être en accompagnement permanent de chacun de nos individus. Et donc, ça devient, plus on l'adopte, et c'est formidable de les adopter. Moi, évidemment, j'imagine comme toi, j'ai plusieurs agents IA au travail. Invité : [42:04] Je trouve en plus que quand c'est un peu cumulatif et autonome, c'est fascinant de facilité et autre, mais je remarque quand même que, j'allais dire, ma bande passante relationnelle, si on l'appelle comme ça, devient soit de plus en plus occupée par ces outils. Invité : [42:23] Soit elle est filtrée par ces outils dans un nombre de plus en plus croissant de relations, à l'information, au divertissement et à la culture c'est une évidence, mais aussi comme filtre et on le voit, alors de temps en temps c'est des anecdotes un peu drôlatiques, je cite parce que moi ça m'a fasciné dans le livre cet exemple totalement anecdotique et presque grotesque de l'américain qui a paramétré son open-clos avec Tinder, enfin avec tout ça, pour gérer, j'allais dire, toute sa vie sentimentale de façon autonome, chaque matin, etc., puis planifier les rendez-vous, engager le dialogue avec ChatGPT, etc. Bon, tout ça, évidemment, c'est réel, mais anecdotique et drôle, mais quand même, ça nous laisse entrevoir, si tu veux, que de plus en plus, dans notre vie éducative, notre vie intellectuelle, notre vie sentimentale possible, notre vie médicale, on va être en dialogue permanent avec des machines. Et donc, il va y avoir une forme d'imbrication entre l'homme et la machine, non pas parce qu'on aura des puces dans le cerveau que ça sera augmenté, mais simplement... Parce que de plus en plus, la gestion de nos liens ou la gestion de notre rapport au monde, elle se fera par l'intermédiaire de ces machines. Monde Numérique : [43:39] Mais est-ce que c'est pour autant une obsolescence de l'humain ? Est-ce que l'humain devient vraiment obsolète ou simplement il est paresseux et puis voilà, il se laisse un peu porter, guidé par les algorithmes ? Invité : [43:51] Encore une fois, quand je parle de temps de l'obsolescence humaine, c'est pour dire dans le livre que c'est un moment où la question se pose. Moi, c'est un livre, comme tu l'as dit, je suis plutôt technophile, donc c'est un livre qui, plaide plutôt, comme toujours d'ailleurs, comme tous mes livres, c'est-à-dire que tous mes livres pensent qu'il n'y a pas de déterminisme technologique, mais qu'en revanche, les conséquences de ce qu'on vit, c'est l'alliance de la technologie et du modèle économique. Monde Numérique : [44:16] Ce sont plutôt des appels à la prise de conscience. Invité : [44:19] Toujours. Et surtout des plaidoyers aussi pour une forme, j'allais dire, de numérique humaniste et démocratique en réalité. Ce qui me pose problème aujourd'hui avec. Ce qui me fascine avec les IA, c'est la façon dont nous, on s'investit dans cette relation. C'est pour ça que j'appelle ça l'économie de la relation, c'est-à-dire qu'on sait qu'on dialogue avec des machines, mais d'abord on est de plus en plus fasciné, j'imagine que c'est ton cas aussi, par de temps en temps la pertinence, par la surprise, par la façon dont ça progresse à une vitesse absolument époustouflante. Monde Numérique : [44:53] Oui, mais on est déçu aussi parfois, et on se dit que parfois ça nous ramène bien à son état de machine. On se dit que finalement, oui, ce n'est qu'une machine, et elle n'a pas répondu forcément de manière miraculeuse. Invité : [45:07] Je suis entièrement d'accord avec toi, mais encore une fois, ce qui m'intéresse, c'est moins la performance de la machine elle-même que l'investissement personnel qu'on y met. Et je constate quand même que sur la durée, nous sommes de plus en plus nombreux à accroître notre investissement intellectuel et d'une certaine façon émotionnel avec ces machines. Et encore une fois, une des anecdotes dans le livre m'avait frappé, c'était une enquête faite par quelqu'un de The Atlantic qui a évidemment paramétré une IA pour converser comme aurait conversé son père. C'est lui qui a paramétré l'IA. Son père décédait, je ne sais plus si c'était dix ans ou vingt ans avant, enfin depuis un certain temps. Et donc le gars non seulement il connait la machine mais il la connait suffisamment bien parce qu'il l'a paramétrée donc il sait à tout moment qu'il parle avec une machine et malgré tout. Invité : [46:03] Sa nature humaine fait que de temps en temps, non pas il se laisse prendre au sens, il est floué, il oublie qu'il parle avec une machine, mais le sentiment qu'il a, ou j'allais dire l'investissement émotionnel qu'il a dans ce dialogue-là, est comparable à l'investissement émotionnel qu'il pourrait avoir s'il était en capacité de converser avec une machine depuis l'au-delà. Alors, tu vas me dire, ça a toujours existé. Il y a des gens qui ont fait tourner des tables et qui pensaient qu'à un moment donné, ils conversaient avec leurs proches disparus. Et je crois, encore une fois, c'est que quand même, si on part du principe extrêmement simple, c'est comme avec les réseaux sociaux. Invité : [46:44] Qu'une partie croissante des interactions humaines ou sociales qu'on va avoir vont être médiatisées par ces machines, il ne me paraît pas totalement absurde à un moment donné de s'intéresser aux conditions de paramétrage c'est-à-dire quel est le modèle économique qui sous-tend le paramétrage de ces machines j'aime pas le mot de transparence parce qu'on sait très bien que la transparence c'est souvent confondu avec des choses qui sont inaccessibles pour chacun d'entre nous mais en revanche est-ce qu'il y a quelques grands principes éthiques, philosophiques ou autres au paramétrage de ces machines et je pense que c'est la question qui va extraordinairement se poser Merci. Monde Numérique : [47:24] Bruno Patino je renvoie donc à ton livre Le temps de l'obsolescence humaine paru chez Grasset. Invité : [47:30] Merci Jérôme. Monde Numérique : [47:38] Bonjour Vincent Laurens. Invité : [47:40] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [47:41] Vous êtes directeur activité cybersécurité au sein du groupe Capgemini et on se retrouve en partenariat avec Capgemini pour parler de l'actualité du moment. Le FIC, le grand salon de la cyber qui avait lieu récemment, mais d'abord le sujet qui fait trembler les entreprises. J'ai nommé Mythos, cette super IA créée par Anthropik qui serait capable de détecter des failles de sécurité dans tous les systèmes, Donc, d'augmenter les risques de cyberattaques, mais aussi d'augmenter les capacités de protection, si j'ai bien compris. Donc, en fait, c'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle, c'est ça ? Invité : [48:17] Je pense qu'il y a trois piliers qu'on peut regarder. Piliers numéro un, l'IA pour se défendre. Si, Jérôme, vous m'aviez posé cette question il y a deux ans, trois ans, est-ce qu'on peut utiliser l'IA pour se défendre ? J'aurais parlé de mythes, j'aurais parlé de buzz. aujourd'hui, je me dois de ravaler ma langue, on peut se servir de l'IA pour se défendre. Mythos... Monde Numérique : [48:39] Bon, ça, c'est la bonne nouvelle. Invité : [48:40] Ça, c'est une excellente nouvelle. Mythos peut aider, toute une série de personnes, d'entreprises, de sociétés, d'éditeurs de logiciels, de gens qui sont au cœur des systèmes d'information à détecter d'une manière beaucoup plus puissante, et qui dit détection plus puissante dit protection plus puissante. Mais ça, c'est qu'un côté de la barrière. Il y a aussi le côté des attaquants qui dit plus de choses détectées, dit potentiellement plus de barrières que les attaquants peuvent ouvrir. Monde Numérique : [49:11] Alors, si on entre un peu dans le détail, est-ce qu'on peut expliquer pourquoi ça ? Et peut-être d'abord le côté attaquant malgré tout. Pourquoi est-ce que tout d'un coup, un modèle d'IA devient une menace potentielle, surtout pour les entreprises ? Invité : [49:26] Tout simplement parce qu'il est ultra performant. Il faut être très clair, Mythos est capable d'absorber et de traiter et d'automatiser toute une série d'informations, mais aussi de cheminement de tests et de procédures qui, à l'époque, étaient faits par des testeurs humains, mais à une vitesse plus-plus. Il est capable de lancer des tests sur des logiciels d'une manière hyper accélérée, détectant des bugs, si je peux m'exprimer ainsi, Jérôme, donc des problèmes liés au industriel qui vont permettre… Des failles. Monde Numérique : [49:58] Et notamment ce qu'on appelle les failles zéro-d, c'est-à-dire celles qui n'ont jamais été exploitées. Invité : [50:03] Exactement, des failles qui étaient inconnues via la puissance et la profondeur que Mythos peut amener. Les attaquants, eux, vont pouvoir les exploiter et c'est pour ça qu'Enthropic eux-mêmes ont décidé de ne pas mettre à disposition du marché, de la communauté, ce modèle IA qui juge eux-mêmes très puissant. Mais si on continue d'analyser cela du côté attaquant, je parlais il y a quelques minutes du fait qu'il y a quelques années, j'aurais dit l'IA pour se défendre, bof, mais aujourd'hui oui. Il y a quelques années, j'aurais dit la même chose du côté des attaquants, mais on a des preuves concrètes et extrêmement factuelles que les attaquants aujourd'hui utilisent des moteurs IA pour cibler des organisations, des cibles géopolitiques et des systèmes d'informations qui jusqu'alors n'étaient pas cibles d'attaque. Monde Numérique : [50:54] Et on sait déjà si ça fait des dégâts, ça, concrètement ? Invité : [50:58] Non, concrètement, aujourd'hui, il n'y a pas de dégâts qui sont avérés. Il y a des peurs des organisations qui disent, en admettant que des attaquants puissent mettre la main sur ce type de modèle, on va avoir une augmentation drastique des vulnérabilités. Je vais devoir corriger mes systèmes, ces fameux patches, ces fameuses mises à jour qu'on doit faire de manière récurrente, cette fois-ci accélérées. Et pour beaucoup d'organisations, faire des mises à jour, Ça veut dire faire des petites pauses dans leur business, mettre leur système d'information un peu en arrêt, même pendant quelques instants. Mais au jour que l'on vit aujourd'hui, dans ce système temps réel, même faire une pause de quelques secondes peut coûter de l'argent aux organisations. Donc, on est face à beaucoup de peurs et d'éléments. Et on a mis des mythes qui commencent à se créer sur Mythos et qu'on voit apparaître, même à des niveaux exécutifs dans les organisations et je pense qu'il est temps tout de suite de mettre un cadre pour pouvoir trier le bon grain de livret, si je peux m'exprimer. Monde Numérique : [51:58] Alors ça, c'est intéressant. Vous êtes en train de dire que, ok, c'est hyper puissant mais en même temps, on fantasme peut-être un peu quand même. Invité : [52:05] Il y a beaucoup de fantasmes qu'on a entendues ces derniers temps. Il y a des fantasmes qui ont dit que le système avait été mis à disposition de tout à chacun. Ce n'est pas vrai. Anthropie a mis en place une structure très précise pour gérer, un projet très précis pour gérer la mise à disposition du modèle. Il a aussi été dit que des attaquants, des acteurs malicieux avaient eu la main sur le modèle, Là aussi, il y a beaucoup de dénis dessus. Et il s'est aussi dit que ce modèle était capable d'absolument tout casser. Donc, je pense que là-dessus, il faut quand même revenir sur Terre. Oui, c'est un modèle extrêmement puissant. Oui, il découvre des vulnérabilités qui n'avaient pas été découvertes depuis, par exemple, plus d'une vingtaine d'années sur certains systèmes. Mais il ne faut non plus pas rentrer dans un mode de panique. On est dans quelque chose de fortement accéléré, mais non pas destructeur. Au moment où vous et moi, on est en train de parler. Monde Numérique : [52:57] Merci Vincent Laurens, directeur activité cybersécurité au sein du groupe Capgemini. Invité : [53:02] Merci Jérôme. Monde Numérique : [53:14] Et voilà, c'est la fin de cet épisode de l'hebdo de Monde Numérique en date du 18 avril 2026. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. Merci de votre fidélité vous auditeurs fidèles aussi bien sur Apple Podcast, Spotify, Deezer Podcast Addict, bref toutes les plateformes d'écoute de podcast c'est ça la magie du podcast, vous pouvez écouter également sachez-le sur les assistants vocaux si vous en avez, assistants intelligents, Google ou Alexa et puis bien sûr aussi sur le web, sur mondenumérique.info où vous retrouverez également des vidéos disponibles ou aussi sur la chaîne YouTube de Monde Numérique. N'hésitez pas à m'envoyer un petit message. Vous pouvez me retrouver sur les réseaux sociaux. Vous pouvez également laisser un commentaire et cinq petites étoiles sur Apple Podcast principalement afin de faire connaître ce podcast aux autres auditeurs. Parlez-en d'ailleurs autour de vous, n'hésitez pas. Monde Numérique, c'est chaque semaine l'hebdo 50 minutes de news, d'actu, de tech et puis les autres jours de la semaine, des interviews, des chroniques, des reportages, etc. Monde Numérique : [54:19] Je vous souhaite une très bonne semaine pleine de tech et je vous dis à samedi prochain. Salut !
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