Monde Numérique :
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0:10] Il est l'un des pères de l'intelligence artificielle, fierté française à l'étranger. Yann Le Cun s'apprête à quitter le groupe Meta pour monter sa start-up. Qu'est-ce qui se cache derrière cette décision ? On en parle cette semaine dans Monde Numérique. On examine les dessous de l'affaire avec Bruno Guglielminetti.
Monde Numérique :
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0:31] L'actu de la semaine, c'est aussi la première cyberattaque mondiale menée par l'intelligence artificielle. des hackers chinois ont réussi à détourner l'IA d'anthropique. À propos d'IA toujours, ChatGPT 5.1 débarque une nouvelle version du célèbre chatbot. Connaissez-vous les TRN, des mini-modèles d'intelligence artificielle qui pourraient vraiment changer la donne ? C'est l'innovation de la semaine. On parlera aussi d'une bague connectée avec laquelle on peut dialoguer vocalement grâce à l'IA. et puis de ce robot russe qui s'est écroulé piteusement lors de sa présentation. Aux Etats-Unis, les procès se multiplient contre les entreprises d'intelligence artificielle à cause des chatbots qui disent parfois n'importe quoi sur les gens et les compagnies. Et puis les interviews de la semaine, je reçois le président de la société SeaPearl qui prépare le premier microprocesseur français pour l'intelligence artificielle. On va parler souveraineté numérique. Enfin, Elon Musk, Mark Zuckerberg, Sam Altman, il a rencontré et interviewé tous les grands patrons de la tech. Mon confrère Guillaume Grallet, journaliste au point, sort un livre, pionnier, consacré à ces innovateurs qui changent le monde, il est mon invité. Voilà pour le sommaire de Monde numérique, l'hebdo du 15 novembre 2025.
Invité :
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1:51] Monde numérique, Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
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1:57] Et c'est parti pour un nouvel épisode de l'Hebdo. Comme chaque samedi, 50 minutes de news, de talks, d'interviews consacrés aux meilleurs de la tech. Plus d'une heure et sans pub si vous êtes abonné à la version premium sur Apple Podcast ou Spotify. Et sinon, retrouvez les interviews et le débrief transatlantique en version intégrale en épisode séparé la semaine prochaine. Quelques infos pratiques très rapidement. Après le bug sur Apple Podcast qui est réparé, j'en avais parlé la semaine dernière, Il y avait un bug également chez Deezer. Si vous écoutez ce podcast sur Deezer, vous avez raté un certain nombre d'épisodes, mais ça y est, ils viennent de revenir. Donc là, vous avez du pain sur la planche, il faut rattraper tout ça. Sinon, on le rappelle, vous pouvez télécharger l'application mobile de Monde Numérique signée Good Barber pour retrouver en un seul clic tous les contenus audio, vidéo, écrit, etc. Et puis, un dernier mot, vous avez peut-être remarqué sur le fil de ce podcast certains épisodes qui n'émanent pas de monde numérique. Alors, pas de panique, ce sont des podcasts partenaires que je vous invite à découvrir. Ça s'appelle le CrossPod, c'est un système inventé par l'hébergeur AudioMeans. Ça se fait de plus en plus, ça permet de découvrir, donc de faire connaître des podcasts sur des thématiques similaires.
Monde Numérique :
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3:16] Il est l'un des pères de l'intelligence artificielle moderne, l'un des pionniers du deep learning, l'apprentissage profond des réseaux de neurones numériques. Cette innovation qui est à l'origine aujourd'hui des grands modèles de langage, les fameux LLM. Je parle de Yann Le Cun, le français, qui était jusqu'à présent et qui est encore pour l'instant à la tête du laboratoire de recherche en IA du groupe Meta. Mais il aurait l'intention de quitter la firme de Mark Zuckerberg. Alors, c'est un petit tremblement de terre dans l'écosystème de l'intelligence artificielle. C'est une page qui se tourne. Et pour en parler, on va rejoindre tout de suite mon camarade Bruno Guglielminetti à Montréal.
Invité :
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3:54] Salut, Jérôme Colombain à Paris.
Monde Numérique :
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3:55] Alors, j'imagine que tu as vu cette news quand même.
Invité :
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3:58] C'est un article qui est sorti peut-être malgré lui, à moins que ce soit lui qui ait leaké, pour citer Shakespeare, cette information-là aux journalistes. Mais donc, Yann Lecun qui quitte Meta.
Monde Numérique :
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4:08] Effectivement, ça a fuité dans le Financial Times. Français, Yann Le Cun, breton, lauréat du prix Turing, qui est un peu le prix Nobel de l'informatique, big boss de la recherche en intelligence artificielle chez Meta. Pourquoi est-ce qu'il s'en va? C'est la vraie question.
Invité :
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4:26] Et pourquoi?
Monde Numérique :
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4:26] Comment tu interprètes ça?
Invité :
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4:28] J'aurais aimé que tu entendes en premier. Ben écoute, c'est le champ. Je peux te dire. Bon, ben vas-y.
Monde Numérique :
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4:33] Non, mais alors, je pense qu'il y a une conjonction de choses. Déjà, ça fait quand même 12 ans qu'il était chez Meta. Les meilleures choses peuvent avoir une fin.
Invité :
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4:45] Il est philosophe tout d'un coup, toi, là.
Monde Numérique :
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4:46] Non, mais c'est vrai. Parce qu'il va partir apparemment pour aller créer sa start-up, ce qui est intéressant d'ailleurs, parce que ce sera très intéressant de voir ce qu'il va faire.
Invité :
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4:55] Comme Joshua Benjou aussi, avec son loi zéro. C'est ça qu'il... Il s'est embarqué dans une nouvelle aventure avec le loi zéro.
Monde Numérique :
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5:03] Après, sur le fond, visiblement, il y a un différent avec Mark Zuckerberg. On ne peut pas expliquer ça autrement. Le différent, on le devine un peu. Mark Zuckerberg a monté sa super équipe, qui s'appelle d'ailleurs Super Intelligence, pour laquelle il a recruté, il a fait des ponts d'or, on en a parlé ensemble, des centaines de millions de dollars pour débaucher des talents. À la tête notamment de ça, il a mis ce jeune homme, Alexandr Huang, de Skelleha, et que personne ne connaissait, à part le milieu. Bon, visiblement, dès qu'Alexandr Huang est entré dans l'aventure, on a senti qu'il n'y avait peut-être pas de place pour deux c'était un peu un fauteuil pour deux ouais ouais, Tu le vois comme ça aussi?
Invité :
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5:47] Mais il faut-il qu'il avait quand même partagé longtemps avec Joël Pineau, qui est la québécoise. C'est vrai. Parce que dans le fond, lui, il a démarré le laboratoire, mais après, il est devenu un peu comme le sénateur de l'IA chez META. Il se promenait, puis il enseigne toujours, si je ne me trompe pas. Oui, à la META. Exactement, il était toujours sur les tribunes un peu partout. Et donc, il était un peu comme la conscience de l'IA chez META. Joël Pineau faisait rouler les milliers de chercheurs. Joël Pineau, elle a pris la porte de META parce qu'elle ne voulait plus aller dans ce sens-là. Moi, j'ai l'impression que c'était une question de temps avant que Yann Le Cun quitte, parce que ce n'est pas du tout enligné. Maintenant, ils sont en train de chercher le méga IA hyper commercial qui va pouvoir créer une fortune à Mark Zuckerberg. Alors que dans les dernières entrevues qu'il avait données, Yann Le Cun, d'une part, il ne croit plus à ça, les gros IA généralistes, mais lui, il cherche quelque chose qui pourrait nous aider à mieux comprendre le monde. Imagine, on n'est pas dans le même axe de recherche. Alors, ce n'est pas vraiment surprenant qu'il quitte. Moi, la bonne nouvelle, c'est de savoir qu'il qu'il quitterait, on va mettre ça au conditionnel, qu'il quitterait pour partir sa start-up à lui. Ça, je trouve ça le fun. Parce que là, il a l'expérience, il a le réseau de contact, il va sûrement avoir le financement. Et là, c'est que des bonnes nouvelles. Parce que si d'un côté, Yoshua Bengio veut une IA qui est responsable, sérieuse et à laquelle on encadre, que lui, de son côté, est en train de travailler sur une IA responsable.
Invité :
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7:16] Je ne le sais pas, mais qui serait une meilleure IA pour les humains. Moi, je trouve que c'est une bonne nouvelle de voir que les grands-pères ou les parrains de l'IA, eux, décident de relancer leur jeu.
Monde Numérique :
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7:29] De voler de leur propre aile. Mais n'oublie pas, Bruno, que Yann Le Cun, il n'est pas du tout sur la même ligne que Joshua Bengio .
Invité :
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7:36] Non, pas du tout.
Monde Numérique :
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7:36] Il ne fait pas partie des inquiets. Lui, il dit depuis le début que l'intelligence artificielle ne va pas nous manger tout cru, prendre le pouvoir, etc. À tel point que pour lui, les LLM, ChatGPT et tout ça, en fait... Ça va plafonner à un moment ou à un autre. C'est-à-dire que lui, il explique que ces IA-là, ce ne sont que des outils de traitement du langage avec des probabilités, mais ça n'a rien à voir avec l'intelligence, ça on le savait. Et lui, il cherche une autre voie, qui est ce que tu disais, une espèce d'IA multimodale qui serait capable de comprendre comme nous.
Invité :
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8:13] Aussi vite que nous, aussi vite. Beaucoup plus près de l'humain.
Monde Numérique :
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8:15] Beaucoup plus près de l'humain. Il prend souvent cet exemple. Moi, je l'avais rencontré à Paris et il expliquait ça. un enfant de 2 ans il rate une marche, il comprend qu'il va tomber dans les escaliers et il s'approchera plus des escaliers en principe une IA, l'exemple n'est pas idéal un enfant de 5 ans, il va regarder il va voir 3 fois des chats et saura reconnaître les chats, une IA il faut lui balancer des millions d'images de chats pour qu'elle y arrive une IA actuelle et Yann Le Cun il dit il faut sortir de cette logique, il faut autre chose, un autre concept et notamment des IA qui soient auto-apprenantes.
Invité :
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8:55] Qui n'ont pas besoin.
Monde Numérique :
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8:56] Comme aujourd'hui, de s'entraîner pour ensuite travailler. Il faut qu'elles puissent apprendre en travaillant.
Invité :
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9:00] Exactement. Non, ça va être intéressant de le voir. Moi, je vois ça comme une bonne nouvelle. Puis en plus, c'est certain que la prochaine conférence qu'il va faire, une fois qu'il va être sorti de là, bon, il va quand même avoir des actions dans mes temps, mais peut-être qu'il sera un petit peu bavard. Il va balancer. Balancer, je ne suis pas sûr parce qu'il y a quand même des actions dans la compagnie. Il ne veut pas voir son fonds de pension disparaître, mais bon, on verra.
Monde Numérique :
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9:21] Voilà, affaire à suivre. En tout cas, on retrouvera donc Yann Le Cun prochainement, sans doute, à la tête d'une autre compagnie. Et Bruno, on le retrouve tout à l'heure pour la suite du débrief transatlantique.
Monde Numérique :
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9:33] C'est une première en matière de cybercriminalité. Des hackers suspectés d'être liés à la Chine ont utilisé pour la première fois une intelligence artificielle pour mener une campagne de cyberespionnage. Alors, c'est une info que m'a envoyé un auditeur, @GuySpyKiller, qui m'envoie d'ailleurs plein d'infos, je l'en remercie.
Monde Numérique :
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9:51] Cette attaque aurait été menée contre une trentaine d'organisations dans le monde entier en utilisant l'IA Cloud d'Anthropic. En fait, comment ça s'est passé ? Le chatbot est allé furter, inspecter les services, les systèmes informatiques de plusieurs entreprises, des technologies, des institutions financières, des agences gouvernementales aussi, pour rechercher des données qui ont un peu de valeur. Donc l'IA aurait réussi à extraire des identifiants et des mots de passe, et même à créer des portes dérobées, des backdoors, pour un accès futur, comme ça se fait, et elle aurait aussi trouvé des vulnérabilités qui lui auraient permis ensuite de rédiger du code pour exploiter ces vulnérabilités. Et le plus étonnant, c'est de voir comment les pirates ont procédé, parce qu'en principe, les IA sont protégés contre ce type de détournement. Normalement, si vous allez sur ChatGPT et vous lui dites, va pirater, je ne sais pas quoi, France travaille, il est censé dire non. Sauf que là, les pirates ont réussi à contourner le système. En fait, ils ont fait croire à Claude qu'elle travaillait pour une société de cybersécurité. Donc, c'est la technique du jeu de rôle, un peu, qui est souvent employée, en fait, pour tromper les IA. En plus, ils auraient fragmenté leurs requêtes en petites tâches pour éviter d'être détectés.
Monde Numérique :
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11:05] À l'arrivée, Claude aurait réalisé 80 à 90 % de cette opération de cyberpiratage de manière totalement autonome et à toute vitesse, surtout avec des milliers de requêtes par seconde, ce qu'il est impossible de faire pour des humains. Anthropic, malgré tout, s'en est aperçu et a réussi, annonce la compagnie, à déjouer la cyberattaque mondiale. Donc, en principe, ça aurait un peu limité la casse.
Monde Numérique :
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11:31] Quand une IA se trompe, qui doit payer la note ? Drôle de question, c'est un article très intéressant paru cette semaine dans le New York Times qui évoque une vague de procès inédite aux Etats-Unis. Des gens attaquent Google Meta ou Microsoft parce que leurs IA ont raconté n'importe quoi sur eux. Exemple, Wolf River Electric, une boîte du Minnesota. Figurez-vous que l'IA de Google Gemini a inventé de toutes pièces que cette entreprise était poursuivie en justice. Et là, c'est le drame, des clients qui paniquent, qui annulent leur contrat, on parle de centaines de milliers de dollars de pertes. Résultat, l'entreprise est au bord de la faillite, carrément. Or, juridiquement, c'est un casse-tête, parce que, est-ce qu'on peut vraiment parler de diffamation dans la mesure où aucun humain n'a écrit le texte ? Pour gagner un procès comme ça, il faut donc arriver à prouver une véritable intention de nuire. Or, allez donc prouver l'intention d'un algorithme, bon courage. C'est même d'ailleurs tellement complexe qu'un autre procès contre Poney High, pour ChatGPT a été rejetée récemment, alors que c'était à peu près la même histoire. Face à ce flou, en réalité, les géants de la tech, que font-ils ? Ils essaient de régler ça en douce. On a aussi l'exemple d'un influenceur qui avait poursuivi Meta, et Meta a rapidement trouvé un accord sans rien dire à personne, parce que selon des experts juridiques cités par le New York Times, ces boîtes ont une peur bleue d'un procès qui créerait un précédent, alors elles préfèrent sortir discrètement le chéquier.
Monde Numérique :
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12:58] Et si l'avenir de l'intelligence artificielle résidait non pas dans les grands modèles de langage, toujours plus gros, toujours plus gourmands, en ressources informatiques, en énergie aussi, et donc accessoirement toujours plus polluants, mais au contraire, si l'avenir c'était des petits modèles de langage ? C'est ce qu'explique une chercheuse en IA du laboratoire de Samsung, Alexia Jolicoeur-Martineau, dans un papier scientifique publié récemment qui a fait pas mal de bruit dans les milieux spécialisés. Ces petits modèles, on les appelle les TRM, les Tiny Recursive Models, les modèles récursifs minuscules ou aussi Tiny Reasoning Models pour le raisonnement. C'est l'innovation de la semaine et pour bien comprendre, écoutez les explications de notre amie Notebook LM.
Invité :
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13:43] Allez, voici un résumé sur une innovation qui prend un peu tout le monde à contre-pied, les Tiny Reasoning Models ou TRM. Vous savez, on entend tout le temps parler d'IA géante, super coûteuse, et bien les TRM, c'est tout l'inverse. On parle de modèles plus petits, spécialisés, ultra efficaces, conçus pour rendre l'IA vraiment utile dans notre quotidien. Genre, directement sur notre téléphone.
Invité :
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14:07] Premièrement, l'idée que moins, c'est plus. Et ça, c'est assez bluffant. Contrairement aux gros modèles qui font un peu de tout, un TRM, lui, il se concentre sur une seule tâche. Mais il l'a fait parfaitement. Pour vous donner une idée, un TRM de Samsung avec à peine 7 millions de paramètres a surpassé des géants comme Gmini 2.5 Pro sur des tests de résoniant. Et leur entraînement. Souvent moins de 500 dollars. Ça prouve qu'on peut innover sans avoir un datacenter entier. Bon, alors comment ça se fait qu'une si petite IA soit si forte ? C'est le deuxième point, sa méthode de travail, qui est récursive. Le modèle ne vous balance pas une réponse d'un coup. Il commence avec une idée, il se vérifie, il affine, il corrige ses propres erreurs, étape par étape. Et grâce à ça, il peut expliquer sa logique, ce qui, pour la confiance, c'est juste un atout énorme. Et finalement, tout ça nous amène à la vraie révolution, l'IA embarquée et autonome. Comme il demande très peu de puissance, les TRM peuvent tourner directement sur un mobile, sans connexion Internet, sans cloud. Les applications sont super concrètes. Imaginez un technicien qui pose son téléphone sur une machine pour déceler des vibrations anormales, ou un opérateur qui obtient un diagnostic de panne, là, direct, sur le terrain. En bref, les TRM nous montrent qu'une IA plus petite et spécialisée peut être bien plus pertinente que les mastodontes du secteur, ouvrant la voie à des outils intelligents, autonomes et vraiment intégrés dans nos métiers.
Monde Numérique :
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15:26] Voilà pour les TRM. Et donc l'avantage, c'est qu'ils sont aussi beaucoup plus frugaux, moins consommateurs d'énergie. C'est d'ailleurs, je le signale en passant, ce que Luc Julia a déjà eu l'occasion plusieurs fois d'évoquer, ici même dans Monde Numérique. On le salue au passage. Sous-titrage ST' 501.
Monde Numérique :
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15:43] Connaissez-vous le Vibe Coding ? Si vous êtes développeur informatique, forcément vous connaissez, car c'est un des termes les plus employés, au point qu'il vient d'entrer dans le dictionnaire britannique Collins et d'être désigné le mot de l'année 2025. Alors qu'est-ce que c'est le Vibe Coding ? Eh bien, c'est le fait qu'aujourd'hui, des développeurs utilisent de plus en plus l'intelligence artificielle pour générer du code informatique plutôt que de l'écrire eux-mêmes, ou d'aller chercher des petits bouts de code à droite à gauche. Alors ça ne veut pas dire qu'ils ne font plus rien, ni qu'ils se font remplacer par l'IA. Mais ça ne veut pas dire que n'importe qui peut créer des programmes informatiques. Malheureusement, on ne s'improvise pas développeurs comme ça. Mais ça signifie surtout que ça aide énormément les professionnels et ça leur fait gagner du temps. Sauf que parfois, après, il faut corriger les bugs générés par l'IA. On sait malgré tout que ChatGPT ou Cloud d'Entropic sont de très bons codeurs. Et donc, ils sont de plus en plus utilisés pour ça. Si l'on en croit le Collins, ce terme de vibe coding, ça a été inventé en février 2025 par un cofondateur d'OpenAI, Andrei Karpati, ancien directeur de l'intelligence artificielle chez Tesla. Et ce terme de vibe coding, qu'on pourrait traduire par programmation d'ambiance, c'est-à-dire qu'on explique ce qu'on veut et puis on avance comme ça au gré des lignes de code, s'est imposé dans les conversations en ligne et dans les médias spécialisés au point d'entrer aujourd'hui dans le dictionnaire.
Monde Numérique :
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17:12] On se demande à quoi pourrait ressembler l'assistant intelligent du futur qui ne nous quittera jamais. Est-ce que ce sera un smartphone ? Est-ce que ce seront des lunettes, des oreillettes, un pin à porter sur soi ? Eh bien, ça pourrait peut-être être une bague, une bague connectée. Celle-là, on ne l'avait pas vue venir, mais ça a été dévoilé cette semaine par une startup américaine qui s'appelle Sandbar, fondée par deux anciens employés de méta qui ont dévoilé la Streamring. Une bague connectée qui, contrairement aux bagues traditionnelles qui se concentrent plutôt sur le suivi de la santé, vise, elle, à devenir une extension naturelle de notre pensée. De quelle manière ? En dialoguant avec nous, c'est-à-dire qu'on pourra lui parler. Il suffira d'appuyer sur le pavé tactile de la bague et on pourra lui diter des notes, partager des pensées et surtout obtenir des réponses et des conseils en temps réel, avec même une voix proche de celle de l'utilisateur. La startup parle d'une espèce de souris pour la voix qui permettra de faire plein d'actions. Elle aura notamment d'autres fonctionnalités plus classiques, comme la possibilité de contrôler la musique. Ça devrait sortir l'été prochain. En tout cas, c'est la promesse de cette startup, donc Sandbar, au prix d'environ 249 dollars, auquel il faudrait ajouter un abonnement mensuel de 10 dollars par mois. Alors ça, c'est pour la promesse. Est-ce qu'elle sera tenue ? Écoutez, on verra ça l'année prochaine.
Monde Numérique :
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18:36] Avant de passer à la suite de cette émission, savez-vous que les premiers sites web s'affichaient dans une simple fenêtre toute grise ? Aujourd'hui, le web a progressé, les sites sont beaucoup plus riches, mais ils restent enfermés dans la fenêtre du navigateur. Bref, ça n'a pas vraiment évolué. Eh bien, faire sortir Internet du cadre, c'est ce qu'on propose Frogans, partenaire de Monde Numérique, avec des sites libres, fluides, qui s'affichent directement sur votre écran, sans navigateur, sans bordure, sans limite. Alexis Tamas, cofondateur de Frogans.
Invité :
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19:04] Si je prends par exemple l'environnement d'un ordinateur classique, traditionnel, le fait de publier un site Frogans sur un écran de cette nature-là va permettre d'avoir son contenu superposé aux autres fenêtres et donc de permettre aux internautes, aux visiteurs, de rester en contact permanent avec mon contenu.
Monde Numérique :
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19:20] Frogans c'est actuellement l'objet d'une offre de titres qui vous permet d'acquérir, si vous le souhaitez, des parts de la société F2R2 à l'origine de cette initiative. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site f2r2.fr ou bien cliquez sur le lien en description de cet épisode. Attention, investir comporte un risque en perte de capital. Comme chaque semaine, nous retrouvons Bruno Gugliel-Minetti du podcast Mon Carnet à Montréal. C'est la suite du débrief transatlantique.
Invité :
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19:48] C'est le moment que vous attendiez par milliers, votre moment de la semaine préférée, où vous avez l'occasion de voir et d'entendre Jérôme Colombain. J'y vois parce que sur YouTube, il y a la version visuelle. Pendant qu'on parle d'IA, est-ce que tu as vu la nouvelle version d'OpenAI qui lance GPT 5.1? Un, une IA plus naturelle et plus personnalisable.
Monde Numérique :
[
20:11] Plus éco-friendly, plus friendly en tout cas.
Invité :
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20:14] Oui, friendly, oui.
Monde Numérique :
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20:15] Ça veut dire quoi? Ça veut dire que GPT-5 qui avait été lancé en fanfare au mois de juillet...
Invité :
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20:21] C'était une ordure.
Monde Numérique :
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20:24] C'était raté, finalement.
Invité :
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20:26] Dans le fond, oui. Moi, j'ai l'impression que c'est ce qu'on entend. De toute façon, Sam Antman, dans l'entrevue, il n'était pas vraiment fier de, un, le lancement de GPT-5, parce qu'il s'est trop pété la bretelle. En lançant, et puis il annonçait quelque chose de formidable, alors que, regarde, ça n'a rien fait. Il était juste plus bête et moins sensible aux requêtes des gens. Et là, quand on arrive avec GPT 5.1, où on dit, non, non, mais il sera plus sensible, plus personnisable, dépendamment de comment vous l'utilisez, que ce soit professionnel, que ce soit amical, vous allez être capable de le paramétrer. Ça aussi, c'est intéressant.
Monde Numérique :
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21:02] Tu utilises ça, les personnalités de ChatGPT ?
Invité :
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21:05] Pas du tout.
Monde Numérique :
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21:06] Moi non plus.
Invité :
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21:07] Non, mais il y a des gens. C'est un gadget.
Monde Numérique :
[
21:10] C'est un gadget.
Invité :
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21:10] Oui, mais moi, la personnalisation, ça fait trois ans que je l'utilise. Je l'ai fait à coups de documents que je lui mettais, des règles que j'allais mettre dans les paramètres.
Monde Numérique :
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21:20] Oui, mais ce n'est pas pareil. Tu l'as dressé pour qu'il fasse des tâches qui te conviennent. Mais tu t'en fous de la manière dont il te répond, etc.
Invité :
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21:29] Pour toi qui fais le travail, c'est correct.
Monde Numérique :
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21:31] En fait, la grosse nouveauté de ce 5.1, c'est que la version 5, elle avait unifié tous les modèles, parce qu'ils avaient plein de versions, et en fait, il n'y en avait plus qu'une. Et c'est là où il y a des gens qui ont râlé. Alors moi, je n'étais pas d'accord, personnellement, en tant que petit utilisateur de base.
Invité :
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21:45] Et tu nous en avais parlé, d'ailleurs.
Monde Numérique :
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21:47] C'est ce que j'avais dit. Et là, qu'est-ce qu'ils font ? Ils le redécoupent en trois morceaux. Alors ça y est, moi, je l'ai, 5.1, je l'ai devant les yeux. Enfin, c'est arrivé. Ils sont en train de le déployer progressivement. et j'ai la nouvelle version. Donc, il y a trois versions. En fait, tu as un bouton en haut, tu as auto, instant et thinking. Auto, c'est par défaut, alors il décide du temps de réflexion. Donc, il s'adapte, oui, c'est le mode automatique. Ensuite, tu as le mode instant qui fait des réponses plus rapides et le mode thinking qui réfléchit plus longtemps pour de meilleures réponses.
Invité :
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22:21] Et ça, ça nous ramène à l'époque du début du web où tu avais le temps de faire ta requête d'URL. Tu allais prendre un café tu regardais un magazine, tu revenais, puis là, tu avais ce que tu voulais.
Monde Numérique :
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22:32] Oui, mais moi, il y a un truc, alors c'est vrai que dans la version précédente, quand tu posais une question à Tchad GPT, quelquefois, il te répondait très vite et d'autres fois, il prenait du temps. Ça veut dire qu'en fait, il était en train de faire la balance. C'était un coup l'un, un coup l'autre et tu ne savais pas dans quel mode il était. Ça devait énerver certaines personnes. Donc là, en fait, tu pourras choisir. Mais en même temps, je trouve qu'un modèle qui te dit, attention, il y a la version puissante qui est à portée de main Mais si tu veux, je te fais une version pas terrible. Tu la veux, la version pas terrible? Mais non, je ne veux pas la version pas terrible. Moi, je préfère attendre quelques secondes de plus et avoir la bonne réponse. Enfin bon.
Invité :
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23:08] Mais ça, c'est ça. Dépendamment de quel type d'utilisation on en fait, si c'est pour être chummy-chummy, en mode amitié, bon, bien, quelqu'un va se prendre le mode instant. Si tu l'utilises en mode professionnel, bien, tu es prêt à mettre le temps une fois que ta requête est faite parce que tu vas avoir quelque chose de pertinent.
Monde Numérique :
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23:25] C'est vrai. Moi, je n'ai pas encore commencé ma psychothérapie sur ChatGPT, donc je n'ai pas les bons réflexes encore.
Invité :
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23:31] Ça viendra, ça viendra. Restons avec OpenAI. Je ne sais pas si tu as vu passer ça cette semaine, mais c'est dans Forbes. Ils ont sorti un papier comme quoi ils citent des chercheurs qui se sont penchés sur la chose. Et Sora 2.0, qui est l'outil de fabriquer des vidéos avec Delia chez OpenAI, pour eux, pour faire rouler ce système-là, ça coûterait 15 millions de dollars US par jour pour faire rouler le système. C'est une fortune. Après, tu te demandes comment ils vont faire pour vivre ces gens-là.
Monde Numérique :
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24:04] Tu m'étonnes que Sam Altman soit tout le temps, tout le temps en train de tirer des sonnettes pour trouver de l'argent. Mais alors, pourquoi 15 millions par jour? Comment on l'explique? On sait pourquoi?
Invité :
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24:14] C'est parce que c'est énormément de temps machine. Ça, c'est une chose. Sauf que, et puis en faisant un peu de recherche, le sujet, je me suis rendu compte en lisant des gens qui cherchaient, en tout cas, qui ont écrit sur le potentiel de Sora, mais avant que cette histoire-là sorte, ils disaient, ce qui est bien pour Sora, c'est que, pour OpenAI, avec l'utilisation de Sora, c'est qu'on est en train de nourrir, OpenAI avec de la connaissance sur les requêtes et les intérêts des gens par rapport à différents sujets. Et donc, Sora, pour ses 15 millions de dollars par jour, est en train de générer une base de données sur laquelle les autres LLM d'OpenAI peuvent apprendre et se peaufiner. Puis on peut s'en entendre, Sora, bientôt, il va y avoir une version commerciale et probablement que le 15 millions va diminuer.
Monde Numérique :
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25:06] Oui, ils feront rentrer de l'argent. Tu parles, ils commencent à faire payer toutes les agences de pub, tous les gens qui ont besoin de fabriquer de la vidéo par IA. Donc, en fait, ils dépensent beaucoup, mais c'est une forme d'investissement.
Invité :
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25:19] Finalement. Moi, c'est comme ça que je le vois. Et quand tu consultes des gens qui se sont penchés sur le sujet, c'est exactement ce qu'ils nous disent.
Monde Numérique :
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25:27] Alors, écoute, je ne sais pas combien il coûte, celui-là. Je pense qu'il a dû coûter cher, mais est-ce que tu as vu, est-ce que tu as vu notre ami, comment s'appelle-t-il ?
Invité :
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25:38] Le robot russe, là ?
Monde Numérique :
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25:39] Le robot russe, je cherchais son nom, exactement. AIdol. Le pauvre.
Invité :
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25:45] C'est une des réactions que... Une des réactions que j'ai eues quand j'ai partagé ça sur les réseaux sociaux, cette vidéo-là, il y a quelqu'un qui a dit « Ouais, il y a un ingénieur russe qui va tomber d'un balcon ce soir ou demain soir.
Monde Numérique :
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25:57] » J'ai entendu, j'ai vu passer ça, ouais. Quel enfer.
Invité :
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26:01] Mais c'est affreux.
Monde Numérique :
[
26:02] C'est affreux ce qui s'est passé. Donc, ce robot russe, premier robot humanoïde russe, rendu public comme ça, qui devait présenter officiellement, la vidéo est cruelle, c'est sur la musique de Rocky, le truc, il avance comme il peut. On sent qu'il y a deux personnes derrière qui surveillent comme le lait sur le feu. Il lève la main pour saluer et paf! Il s'écroule, il s'écrabouille. Enfin, c'est une...
Invité :
[
26:28] Mais là, pour remettre sur le drame, automatiquement, on voit deux autres personnes sortir avec un drap noir pour cacher la scène.
Monde Numérique :
[
26:37] Mais ils n'y arrivent pas parce que le drap est emmêlé. Enfin bon, c'est...
Invité :
[
26:40] C'est un mauvais film.
Monde Numérique :
[
26:41] C'est un carnage. ouais bon forcément pour les gens qui s'ils n'aiment pas trop Vladimir Poutine c'était une bonne raison de se boquer de lui c'est pas lui qui a fait le robot mais enfin c'est.
Invité :
[
26:51] Un peu.
Monde Numérique :
[
26:51] L'image de la Russie.
Invité :
[
26:52] Mais Jérôme si on arrive à une situation comme celle-là on s'entend que ces gens-là ont été poussés à sortir leur robot bien avant qu'ils soient prêts parce qu'on s'entend quand tu le vois tituber, avancer il y a l'air d'un robot qui a pris deux bouteilles de vodka avant de monter sur la scène c'est fou là ils titubent Avant d'avancer, il lève la main et il s'écrasse par terre.
Monde Numérique :
[
27:15] Après, il paraît que c'était le premier robot avec vraiment une intelligence artificielle à bord. Contrairement à Unitry et autres.
Invité :
[
27:24] C'est pas rassurant.
Monde Numérique :
[
27:25] C'est pas rassurant. Et ça n'arrange rien. Ouais, peut-être qu'il est sorti trop tôt. Après, il faut voir ça en creux. C'est aussi... Ça prouve que, véritablement, la Russie aussi essaye d'être dans la course à la robotique. Parce qu'on parle beaucoup des Américains, on parle beaucoup des Chinois. Et la Russie... On parle pas beaucoup des Européens, mais il y a plein de choses qui se passent en Europe. Nous, on a un robot humanoïde français, développé par la société...
Invité :
[
27:50] Qui se promènent depuis des années dans les salons ?
Monde Numérique :
[
27:53] Non, non, non, non. Tu parles de Nao, celui-là, il était sympa. Mais non, non, un autre fait par la société Vandercraft qui est en fait un dérivé d'un exosquelette. Il s'appelle... Oui, oui, absolument. J'en ai parlé dans une chronique spéciale que j'ai faite sur les robots cette semaine, précisément. Et c'est un truc qui est pas mal qui va être utilisé dans les usines Renault, notamment. Et puis, il y a des choses dans d'autres pays. Et puis, il y a celui qui a un peu de mal à vider le lap-vaisselle mais qui va être le premier robot commercialisé c'est celui de X-One Technology le Iron c'est le Néon, C'est ça. Donc, voilà. Ce qu'il faut voir quand même, c'est que, et moi, c'était ce que je disais dans mon podcast, c'est que c'est un peu 2025, c'est l'année zéro du robot humanoïde quand même. Ce n'est pas encore l'année 1, mais c'est l'année zéro.
Invité :
[
28:43] Non, puis de toute façon, quand tu regardes l'entreprise scandinave, X1 ou X01, ils nous l'ont montré et tu peux précommander, mais il ne sortira pas avant 2026, c'est probablement tard 2026 parce qu'il n'est pas prêt à la livraison. Ils ont osé le prêter à une journaliste, je pense au Washington Post ou quelque chose comme ça, ou au Wall Street Journal et puis ça leur est revenu dans le visage. Quand tu regardes le robot qui essaie de remplir le lave-vaisselle ou de le vider, je ne me souviens plus, et que finalement, ça prend deux minutes et demie pour s'occuper d'un seul verre. Tu vois, j'ai le temps de vraiment partir longtemps avant qu'il fasse toute la vaisselle.
Monde Numérique :
[
29:25] Et puis, il ne faut pas oublier que tous ces robots sont en réalité téléguidés. Il n'y en a aucun qui est autonome à ce jour. Mais ce n'est pas grave, on y croit. Tu vas voir, on aura des surprises l'année prochaine.
Invité :
[
29:38] J'aime ton optimisme. C'est au CES qu'on va avoir la grande surprise?
Monde Numérique :
[
29:42] Je ne sais pas. Je ne sais pas parce que c'est grosse boîte.
Invité :
[
29:45] C'est l'édition de la robotique.
Monde Numérique :
[
29:47] Peut-être, peut-être. On verra. De quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet, Bruno?
Invité :
[
29:53] Écoute, cette semaine à Montréal se tenait la grande rencontre annuelle de l'industrie du jeu vidéo. C'est des millions et des millions cette industrie-là ici. Alors, il y a Carl Edouane Michel qui s'est rendu sur place. On fait une entrevue avec le grand patron de l'association qui regroupe tous ces gens-là pour prendre un peu la température de l'industrie parce qu'il passe à travers des moments pas nécessairement très faciles. On parle aussi avec Éric Poisson qui est, je dirais, il est chercheur, mais en même temps, il est aussi... Trouveur. Oui, il l'a trouvé, lui, c'est certain. Mais il est derrière, il fait partie de l'équipe qui est derrière le site du gouvernement du Québec, qui est une destination unique. Et avec lui, on discute de l'impact. Ça, c'est intéressant et ça va intéresser tes auditeurs. On parle de l'impact sur le trafic et le partage de contenu qui concerne le gouvernement avec l'arrivée des IA.
Monde Numérique :
[
30:54] Ah oui.
Invité :
[
30:55] Parce que là, il y a vraiment un calcul et eux ont ouvert les livres et partagent ces données-là avec nous. C'est vraiment intéressant parce que là, on voit vraiment l'impact important. C'est à la fois, oui, l'impact de Google, mais c'est aussi l'impact de OpenAI, de Comet. Et puis, ça permet de mettre en perspective ces chiffres-là sur un vrai site qui est probablement un des plus importants au Québec. Alors là, ils ont vraiment une belle marge. Quand on veut savoir comment se comporte en ligne le Québec, les Québécois, c'est toujours le benchmark. On regarde ce qui se passe du côté du Québec. Et puis sinon, petit truc qui pourrait intéresser des gens, probablement des gens qui nous écoutent, qui rêvent un jour de faire comme toi et moi, de faire un podcast. Et c'est Stéphane Bertemin qui nous parle du kit de base qu'on devrait avoir si on veut se lancer dans la balade aux diffusions.
Monde Numérique :
[
31:45] Ah, très bien. Je vais écouter, alors.
Invité :
[
31:48] Ah non mais toi il est trop tard t'as déjà tout acheté je n'arrête pas d'acheter bon ben super.
Monde Numérique :
[
31:55] J'invite mes auditeurs à aller écouter ton carnet.
Invité :
[
31:58] Je ne serai pas original parce que j'invite mes auditeurs à écouter ton numérique et je te.
Monde Numérique :
[
32:03] Dis à la semaine prochaine mon cher Bruno.
Invité :
[
32:05] Salut Jérôme, bye, Monde numérique, le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
[
32:27] Un microprocesseur français, souverain pour l'intelligence artificielle. Il équipera bientôt un super ordinateur européen. C'est une bonne nouvelle en matière de souveraineté numérique. On en parle tout de suite avec mon invité. Et puis après, on retrouvera mon camarade Guillaume Grallet, également invité cette semaine de Monde numérique, journaliste au point, auteur d'un livre qui raconte toutes ses rencontres avec les big boss de la tech. Bonjour Philippe Notton.
Invité :
[
32:55] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[
32:56] Vous êtes CEO de la société SeaPearl, une entreprise française. Alors on déplore souvent le retard français et européen en matière de technologie et aussi le manque de souveraineté. Mais donc, il se passe des choses que l'on ne sait pas forcément. Mais votre entreprise, C-Pearl, est en train, elle, de développer le premier microprocesseur souverain qui équipera un super calculateur européen. Philippe Notton, quel est l'intérêt d'avoir un processeur « souverain » ?
Invité :
[
33:28] Alors, il y a énormément d'intérêts. Il y a des intérêts, si on vous démarre par les intérêts indirects. Aujourd'hui, si vous achetez du matériel américain ou du marché de la matière étranger, vous financez de la R&D étrangère. Donc l'expertise va continuer à se développer à l'étranger. Si vous voulez faire avancer la recherche et développer des ingénieurs ou de la compétence européenne, c'est quand même mieux d'acheter des produits locaux. Ça, c'est le premier. Après, il y a une simple histoire de transfert de fonds. Aujourd'hui, quand vous achetez, on parle de data center de classe gigawatt, voire au-delà, si ces data center sont exclusivement basés sur du matériel étranger, vous ne faites qu'alimenter, des forces étrangères. C'est exactement ce qui s'est passé dans les années Internet il y a 20-25 ans. Il y a eu énormément de startups françaises, européennes qui ont créé des applis web et ce genre de choses qui en ont profité. C'est essentiellement Google. AdWords à l'époque, location de serveurs, etc. Donc tout cet argent est parti. Si aujourd'hui, il n'y a pas un réveil côté souveraineté et ce genre de choses, ça va être pareil. C'est un transfert de valeur là-bas. On ne va pas oublier.
Invité :
[
34:33] Ça profite aux étrangers, ça ne profite pas aux Européens. Donc il y a une histoire de cercle vertueux à lancer. Ça, c'est des aspects très politiques ou financiers. Après, il y a des problématiques d'export. Il y a énormément de discussions. Enfin, c'est pareil, on la prend tous les jours dans la presse, parce que suivant l'humeur de l'administration US, oui, vous avez le droit d'avoir des GPU. Les Chinois, vous n'avez plus le droit. Deux mois après, vous avez de nouveau le droit. Vous n'avez plus accès aux outils de conception. Finalement, vous avez de nouveau accès. Les Européens, on vous aime bien, vous y avez accès. Après, finalement, on décide de fragmenter l'Europe en deux. Il y a les good guys et les bad guys. Les good guys, mais bon, les Français sont encore dessus, ils n'ont pas de quotas, ils ont accès à tout ce qu'ils veulent, les bad guys en Europe, je crois qu'il y avait les Portugal, les Suisses, ils n'y ont plus accès, quelques semaines après, les Américains vont dire, finalement, c'est America first, les I-Gain Act, d'abord, les GPU pour les Américains, les Européens se font servir en dernier, donc on attend quoi ? On attend qu'ils nous couplent les vivres.
Invité :
[
35:25] C'est ça le risque le risque est énorme et là encore on est sur du civil on est sur de l'intelligence artificielle dans de la défense ce qui est je dirais enfin du dual ce qui est quelque chose qu'on a annoncé il y a quelques semaines aujourd'hui il y a des besoins de calcul partout, ça soit sur du cloud de combat ou du calcul embarqué dans les avions des bateaux et ce genre de choses, c'est fait sur la base de composants américains de l'Intel de l'AMD donc si on décide de couper les vivres ça ira en plus de ça on entend parler de temps en temps de kill switch il y a eu le cas avec Nvidia sur la Chine c'est à dire la possibilité de tuer à distance des composants de backdoor c'est à dire la possibilité de rentrer sur ce type de composants, quand vous achetez des composants étrangers vous n'avez aucune garantie, dans notre cas on maîtrise le code source on sait exactement ce qu'il y a dedans et on peut rassurer les autorités sur le fait qu'il n'y a pas ce type de choses donc c'est un, ça fait partie des avantages unique selling points comme on dit sur ça en plus de la techno elle-même qui est très évoluée en termes de sécurité en termes de consommation, en termes de débit.
Monde Numérique :
[
36:26] Oui, alors justement, c'est ça, votre Rhea 1, si on en croit la fiche technique, il n'est pas seulement souverain, il est également haute performance, basse consommation, c'est ça. Est-ce que ça veut dire qu'il est apte à rivaliser avec les meilleurs équivalents étrangers du moment ?
Invité :
[
36:48] Alors, sur le premier marché qu'on a gagné, le marché Jupiter en Allemagne, oui, on était en concurrence avec un Américain historique bien connu, on a gagné.
Monde Numérique :
[
36:58] On peut dire qui c'est ? C'est Intel ou NVIDIA ?
Invité :
[
37:01] C'est un CPU Intel versus un CPU 5. NVIDIA, c'est la partie training, donc GPU, sur laquelle on n'est pas en concurrence. On est clairement dans le CPU.
Monde Numérique :
[
37:09] Vous, c'est que l'inférence pour l'intelligence artificielle, c'est-à-dire l'utilisation, mais pas les entraînements de modèles, c'est ça ?
Invité :
[
37:14] C'est soit du CPU, ce qui permet de faire du calcul universel très polyvalent, du calcul scientifique ou de précision, ou de l'inférence. Pourquoi ? Parce qu'on a énormément de modèles dans le chip, ce qui nous permet de stocker tout le modèle LLM et de faire des calculs très rapides. Mais ce n'est pas du training qui aujourd'hui, globalement, Nvidia est loin devant tout le monde. C'est un marché sur lequel, aujourd'hui, on ne se risque pas à aller parce que les budgets qu'il faut développer pour arriver à sortir une technologie équivalente sont juste énormes. À terme, il faudra le faire. Ce serait bien qu'il y a des sociétés en Europe qui essayent de le faire, mais ce n'est pas notre segment parce qu'on ne peut pas tout faire. On ne peut pas tout faire au début.
Monde Numérique :
[
37:55] Mais là, sur ce segment-là, vous êtes les premiers, vous êtes les seuls en Europe ?
Invité :
[
37:58] En CPU, en Europe, on est tout seul, tout à fait.
Monde Numérique :
[
38:01] Bravo. Et donc, oui, je disais, est-ce qu'il est capable de rivaliser ? Oui, puisque vous avez remporté cet appel d'Europe.
Invité :
[
38:09] On a le premier marché, tout à fait. Alors, évidemment, on est sur des technologies de très...
Monde Numérique :
[
38:12] Oui, mais il y a peut-être l'argument de la souveraineté aussi qui est pris en compte.
Invité :
[
38:16] Alors, l'argument de la souveraineté aide. Maintenant, on sait très bien qu'aujourd'hui, on ne peut pas vendre un produit uniquement parce qu'il est souverain. Il faut être meilleur, il faut être idéalement moins cher. ou s'il est équivalent et aussi bon oui la souveraineté peut t'aider mais ça suffit pas alors à terme ça va peut-être énormément aider entre autres sur des marchés publics mais il faut l'ensemble il faut rester compétitif et on l'utilise grâce à Arme et le type d'architecture qu'on utilise justement.
Monde Numérique :
[
38:43] Pour parler un peu technique, il est gravé en 6 nanomètres, c'est la finesse de gravure. Avant, on parlait beaucoup du nombre de composants qui étaient contenus, c'est-à-dire de milliers de transistors, mais les deux sont liés, c'est la finesse. Évidemment, c'est dans les standards du moment, mais il y en a certains qui sont déjà plus loin. Il y a Intel, Samsung qui visent 2 nanomètres, etc.
Invité :
[
39:10] Oui, c'est normal, c'est la fuite en avant. donc notre première génération était 6 nanomètres parce que quand vous êtes une boîte émergente, vous ne pouvez pas taper directement dans les technos les plus évolués un parce que vous n'avez pas les budgets et il faut prendre des galons avec TSMC maintenant qu'on a lancé.
Monde Numérique :
[
39:25] Donc TSMC alors attendez il faut qu'on l'explique bien parce que tout le monde n'est pas forcément hyper au parfum de comment ça se passe vous vous concevez vous êtes les cerveaux vous dessinez ce processeur vous le concevez vous faites les plans vous faites les logiciels et tout et puis après vous donnez tout ça à TSMC donc cette société c'était Taïwanaise, qui était en position de leader mondial absolu, qui a les machines et le savoir-faire pour les fabriquer. D'ailleurs, des machines qui viennent d'Europe.
Invité :
[
39:50] C'est la filière ASML, tout à fait. Les machines qui ont des microgravures, ça vient d'ASML.
Monde Numérique :
[
39:55] Donc, vous confiez tout ça à TSMC. Et vous disiez, pour faire encore plus fin, c'est encore plus difficile et encore plus cher.
Invité :
[
40:04] Il y a plusieurs aspects derrière. Là, on a démarré du 3 nanomètres sur la deuxième génération. Effectivement, plus c'est petit, plus c'est cher. mais plus vous pouvez mettre de transistors par millimètre carré donc plus vous pouvez faire de calculs par millimètre carré et moins vous allez consommer par transistors donc c'est une fuite en avant, en termes d'intégration...
Monde Numérique :
[
40:21] C'est la loi de Moore, ça fait 40 ans que ça dure.
Invité :
[
40:24] Mais 40 ans que c'est de plus en plus cher. Peut-être plus, d'ailleurs. Les chips, les puces que je développais il y a 10 ans, il y a 15 ans, on les faisait pour beaucoup moins cher. C'était dans les standards de l'époque. Aujourd'hui, c'est énorme. On a mis plus de 200 millions d'euros sur notre premier processeur. C'est le coût à payer pour ce type de techno.
Monde Numérique :
[
40:41] 200 millions d'euros de recherche et développement pour ce VR ?
Invité :
[
40:45] Pour envoyer le premier en production. C'est le coût à payer, un, pour former une équipe, pour avancer. Et ça ne va pas se calmer sur les générations suivantes parce que les process étant plus avancés, ils sont encore plus chers.
Monde Numérique :
[
40:57] C'est incroyable. On n'imagine pas, la monstruosité de la chose pour fabriquer ces minuscules petites plus.
Invité :
[
41:06] Alors, dans notre cas, c'est plus si minuscule que ça parce qu'on est sur une plus qui est un boîtier qui fait 7 cm sur 7.
Monde Numérique :
[
41:12] Ah oui, d'accord. C'est un gros machin.
Invité :
[
41:14] C'est quatre fois plus gros que le processeur Intel que vous pouvez avoir sur votre PC ou sur votre laptop. C'est beaucoup. Là aussi, ça consomme plus, mais ça produit beaucoup plus de calculs. On est sur des composants qui sont, on va dire, très haut de gamme. Ce n'est pas prévu pour entrer dans votre PC portable, ce qui est un autre, on va dire, ce qui est un autre segment.
Monde Numérique :
[
41:31] Merci beaucoup, Philippe Notton, de la société, donc, C-Pearl.
Monde Numérique :
[
41:43] Salut Guillaume Grallet.
Invité :
[
41:45] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[
41:46] Bonjour chers confrères.
Invité :
[
41:50] Merci beaucoup de prendre du temps, c'est très sympa.
Monde Numérique :
[
41:51] Parce que Guillaume, tu es rédacteur en chef tech et sciences au magazine Le Point. Tu interviews également dans l'émission Tech 24 sur France 24. On fait un peu le même métier, mais pas du tout de la même manière. Mais en tout cas, on travaille sur la même matière, la tech, depuis des années et des années. Et tu as eu l'occasion au fil de ces années de rencontrer et d'interviewer de nombreuses grandes figures internationales de la technologie ce qui a permis au point de faire plusieurs couvertures sur des rencontres événements, Mark Zuckerberg, Sam Altman Elon Musk, Pavel Durov le fondateur de Telegram, tu les as rencontrés aux Etats-Unis ou ailleurs, et je suis très content parce qu'en fait je t'avais dit ça faisait longtemps que je te disais Guillaume c'est génial que tu rencontres tous ces gens-là un il faudrait que tu viennes faire un podcast avec moi et deux écrire un bouquin et ben voilà tu as écrit un bouquin ouais.
Invité :
[
42:50] Jérôme merci beaucoup de me donner cette opportunité et pour moi j'en profite, avant même de faire ce métier je t'ai écouté à la radio je t'ai écouté énormément et à chaque fois tu rendais des choses compliquées très simples très faciles d'accès et t'as toujours la même passion aujourd'hui donc c'est absolument génial de t'écouter avec toi.
Monde Numérique :
[
43:08] C'est gentil. Ce qui est intéressant, ce qui est amusant aussi dans ton bouquin, c'est que tu racontes des tranches de vie et des trucs que tu as faits, mais j'étais sidéré. Tu es allé à la nage pour... À la nage sur l'île de Zuckerberg pour essayer de forcer la porte de son bunker ? Raconte-nous ça.
Invité :
[
43:28] J'ai nagé, j'ai de la chance. Il y a pire reportage quand je vois ce que font certains journalistes pour qui j'ai énormément d'admiration. J'avais vu en République démocratique du Congo, c'était une autre occasion, un reportage sur les minerais qui sont essentiels dans l'électronique où là on voyait vraiment des reporters de guerre qui risquaient leur vie pour informer. C'était assez impressionnant. Là, c'est une toute petite facette, Mais Mark Zuckerberg, j'ai pu le voir à deux reprises de manière un peu privilégiée. Une fois à Paris où, en fait, on était plusieurs journalistes, une dizaine de journalistes autour de la table. Et là, j'ai pu lui poser la question parce qu'à chaque fois, j'essaie de poser des questions.
Monde Numérique :
[
44:04] Je crois que j'étais là. C'était chez Facebook, non ?
Invité :
[
44:06] Voilà, c'était chez Facebook.
Monde Numérique :
[
44:07] Ouais, ouais, ouais.
Invité :
[
44:08] C'était assez dingue.
Monde Numérique :
[
44:09] Mais je me souviens très bien. On n'était pas très loin l'un de l'autre.
Invité :
[
44:13] Voilà. Et on avait le droit à chacun une question. Je ne sais pas si tu te rappelles.
Monde Numérique :
[
44:16] Ouais, tout à fait.
Invité :
[
44:16] Et puis, j'étais passé, je crois, dans les derniers. Mais chaque fois, j'essaie de leur demander quelles sont les personnes qui les inspirent, du présent ou du passé, qu'ils aimeraient rencontrer. Qu'est-ce qu'il faut apprendre à nos enfants ? Et je pense que c'est assez important en termes d'accélération technologique. Et comment ils voient le monde dans 10 ou 20 ans, ce à quoi ils rêvent ? Et j'avais posé cette dernière question à Mark Zuckerberg. Il m'avait dit, moi, je rêve d'une communication de cerveau à cerveau. Alors, ça m'avait... Et surtout, il le disait de manière passionnée, ça l'habitait donc c'est ça que je trouve très intéressant c'est de savoir vraiment quels sont les ressorts de ses personnalités et ce à quoi il rêve et pour terminer sur Mark Zuckerberg donc il y a cette vision où il a cet ingénieur qui est passionné que je trouve très intéressante même si ça pose énormément de questions éthiques on en reparlera tout à l'heure mais il y a aussi le Mark Zuckerberg, Qui se crée un bunker ? Alors, j'avais vu un grand reportage dans Wired. Ce n'est pas du tout moi qui ai sorti l'histoire. Mais je suis allé, j'étais en reportage en Californie et je voyais le prix des billets d'avion. Je voyais que ce n'était pas trop cher d'aller à Hawaï. Donc ça, j'y suis allé en avion. Et je suis allé sur cette petite île de Kauaou. J'espère que je le prononce bien. K-A-U-I.
Invité :
[
45:28] Et il a acheté petit à petit une grande partie du nord de l'île. Alors, ce n'est pas toute l'île. mais ce qui m'a impressionné lorsque je lisais l'article de Wired c'est que petit à petit, il a voulu se créer un environnement totalement autosuffisant c'est à dire que non seulement il voulait la tranquillité comme à Palo Alto, petit à petit il a acheté des maisons autour de la sienne, ça pourquoi pas même si ça pose des questions par rapport à la vision qu'il a de nous-mêmes ou voulant tout le temps nous connecter entre nous c'est marrant.
Monde Numérique :
[
45:54] Il veut connecter tout le monde mais pas lui voilà, bon il y a ça c'est un peu le procès qu'on lui a fait dans la presse mais je trouve que c'était pas forcément juste parce que c'est là où, justement, il y a la différence entre les connexions virtuelles, numériques qu'on peut créer et puis les relations réelles. Et ce n'est pas pareil.
Invité :
[
46:11] Après, je préfère le Mark Zuckerberg, passionné de technologie, qui est ouvert sur ses recherches, que celui de Cambridge Analytica ou peut-être celui qu'on voit actuellement, où j'ai l'impression qu'il reva vers une recherche un peu fermée, le laboratoire de superintelligence qu'il a créé et qui explique peut-être, En partie, en tout cas, le départ de Yann Le Cun, c'est peut-être qu'Yann Le Cun a été partisan, donc ce Français qui est pris Turing, l'équivalent du Nobel, était partisan chez Meta, et je pense qu'il a plutôt bien réussi, d'une recherche ouverte. On l'a vu avec Lama, etc. Et là, j'espère que ça va toujours être le cas, mais je n'en suis pas sûr. Et la personnalité d'Alex Huang, qui dirige le laboratoire de superintelligence qu'a créé récemment Mark Zuckerberg, pareil, c'est un chercheur très brillant, mais j'ai été un peu inquiet par certaines de ses déclarations parce qu'Alex Huang a dit, je ne ferai pas d'enfant tant que les puces Neuralink d'Elon Musk.
Monde Numérique :
[
47:08] Ne seront.
Invité :
[
47:09] Pas au point c'est à dire qu'en gros.
Monde Numérique :
[
47:10] On ne.
Invité :
[
47:11] Va pas greffer une puce Neuralink à un de ses enfants.
Monde Numérique :
[
47:13] Il est très jeune, c'est un gros cerveau de l'IA à mon avis il n'a pas un quotient émotionnel super développé il a un peu le temps de progresser dans la vie ça peut changer, donc Mark Zuckerberg Elon Musk je me souviens il y a quelques années où tu collectionnais déjà les stars et tu me disais Elon Musk je n'arrive pas à la voir etc finalement tu l'as eu oui.
Invité :
[
47:41] Alors je l'ai eu à deux reprises alors j'ai aucun mérite mais il avait donné une conférence.
Monde Numérique :
[
47:46] Tu es toujours sur les bons coups parfois je te croise c'est rigolo parce qu'on ne pose pas forcément les mêmes questions quand on en aura une question moi ça va être une question d'actu et toi oui c'était des choses un peu plus profondes mais en fait tu avais déjà ton projet de bouquin en tête quoi.
Invité :
[
48:02] Il faudrait faire un film, Jérôme.
Monde Numérique :
[
48:04] Non, non, mais c'est la différence entre... Je travaille dans un hebdomadaire aussi, où on va plus en profondeur.
Invité :
[
48:10] On a un peu plus l'autant.
Monde Numérique :
[
48:11] Bien sûr.
Invité :
[
48:12] Non, mais c'est un luxe absolu d'avoir pu rencontrer toutes ces personnes.
Monde Numérique :
[
48:16] Donc Elon Musk ?
Invité :
[
48:17] Surtout, c'est une histoire qui s'écrit en permanence. Donc, quand on est curieux, c'est génial. Musk, il donnait une conférence à la Sorbonne autour du climat, qu'on peut retrouver en ligne. Vous tapez Sorbonne, Elon Musk, c'est vachement intéressant. Il explique d'ailleurs pourquoi, lui, il rêve d'une civilisation extraterrestre et dans une certaine mesure c'est un Elon Musk très écolo très intéressant scientifiquement et l'année d'après j'ai pu le voir parce qu'il venait rendre visite à des équipes de Tesla et, Pareil, c'est-à-dire que c'est quelqu'un que je trouvais très réfléchi, mais en fait, qui m'a beaucoup surpris parce qu'à un moment, il m'a dit, je lui ai dit que j'avais vu l'année d'avant à la conférence de la Sorbonne et il doutait. Il m'a dit « Ah bon ? Est-ce que vous m'avez trouvé convaincant ? » Je dis « Oui, oui, oui.
Monde Numérique :
[
49:06] » C'est marrant, ça.
Invité :
[
49:06] Et en fait, il y avait ce petit... Et ça a duré quelques secondes et j'ai trouvé ça assez marrant qu'une personne qui aujourd'hui, en tout cas, alors c'est peut-être plus le même Elon Musk, mais sur les réseaux sociaux, on a l'impression qu'il n'a aucun surmoi, qui dit, il faut le dire, parfois totalement n'importe quoi, des choses auxquelles je n'adhère pas du tout, des valeurs qui ne sont pas les miennes, etc. Et je me suis dit, c'est quand même dingue que ces personnes doutent parfois. Et là, idem.
Monde Numérique :
[
49:32] Mais ça le rendrait presque encore finalement sympathique. Plus humain qu'il en a l'air.
Invité :
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49:39] Oui, et c'est pour ça que je titre le chapitre qui lui est consacré sur sa mère, avec qui il a une relation très intéressante et qui explique peut-être en partie, même si on n'est pas tous là à avoir tout compris, chez Elon Musk, une partie de sa personnalité aujourd'hui.
Monde Numérique :
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49:54] Alors justement, c'est vraiment ça ton bouquin, c'est des petites choses très anecdotiques et aussi des réflexions, une vraie réflexion en profondeur Qu'est-ce qui, selon toi, quel est le point commun entre tous ces pionniers que tu as rencontrés ? Est-ce qu'il y a un point commun ?
Invité :
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50:12] Oui, il y en a un qui est dingue, en fait, ça l'est apparu au fur et à mesure des années. Enfin, c'est marrant, je n'aurais pas dit ça il y a quelques années, enfin je fais vite. Les pionniers, c'est pour ça que j'ai titré là-dessus, parce que je pense essentiellement de Ravine Srinivas, Dario Amodai ou... Même Alex Carpe, ce sont des gens qui ne se satisfont pas de l'ordre établi. C'est-à-dire qu'ils pensent, à tort, à raison, qu'il faut changer les choses.
Invité :
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50:45] Souvent, on espère, et c'est tout l'objet aussi des interrogations actuelles pour le meilleur, mais avec aussi une conscience qu'ils doivent avoir du pouvoir qu'ils ont sur les gens. Et un cas précis, par exemple, et tous ne pensent pas la même chose. Je l'ai dit tout à l'heure sur l'aspect biologique ou pas. Tout le monde n'est pas d'accord, loin d'aller là-dessus. Mais sur les impacts que ça peut avoir sur le partage des richesses, les inégalités de revenus qui vont peut-être sans doute exploser. Est-ce qu'on doit aller vers un revenu minimum ou pas ? Les impacts sur le travail, un tout petit mot sur Dario Amodai, par exemple. Qui est un physicien américain d'origine italienne et qui, avec sa sœur Daniela, faisait partie de ce qu'on appelle l'équipe safety de Penny Eye. C'est-à-dire, lorsque Penny Eye a complètement changé de statut, il a dit « on va trop vite, j'en ai peur », je crois qu'il ne s'entendait plus du tout avec sa malpane. Il décide de claquer la porte pour créer Anthropik, ce qui a donné naissance au robot conversationnel Claude, un concurrent de la Tchad GPT, qui est assez fabuleux d'ailleurs, et qui a été nommé ainsi en hommage au mathématicien américain Claude Shannon. Et Dario Amodai, lorsque vous parlez avec lui, il prévoit un bain de sang à venir, en tout cas à l'horizon de 5 ans, chez l'école Blanc. En tout cas, il dit qu'il faut qu'on en parle parce que.
Invité :
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52:09] On doit réfléchir à la formation, comment se former soi-même, comment rester dans l'aventure, comment ne pas céder à l'apocalypse cognitive. C'est-à-dire, dès qu'on a une petite réflexion à faire, on le donne à la machine. Et Jensen Huang aussi, je pense que tu étais là aussi lorsqu'il est passé à Paris, le créateur de Nvidia.
Monde Numérique :
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52:29] De Vivatech.
Invité :
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52:30] J'ai pu lui parler quelques instants et je lui parlais de Dario Modai et il me disait, je suis en désaccord avec absolument tout ce qu'il dit. Sur l'apprentissage du code, Dario Amodai est contre du code informatique. Il dit que l'IA va tout faire, donc ça ne sert à rien d'apprendre. Dario Amodai ne pense pas du tout la même chose. Il pense qu'il faut toujours comprendre ce qui se passe dans le code. Bien sûr, il préconise l'esprit critique, la culture générale. Mais je trouve que savoir ce qu'on doit apprendre à nos enfants, dans quelle société on veut vivre, comment on gère le travail, je trouve ça assez phénoménal et extrêmement intéressant ce.
Monde Numérique :
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53:11] Sont les grandes interrogations.
Invité :
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53:13] Et ce qui est intéressant encore une fois c'est que tout le monde ne pense pas pareil on peut être légitimement inquiet quand on a vu une grande partie, on l'a vu lors de dîner avec Donald Trump, une grande partie de taïkoune de la tech, se durcir, c'est à dire devenir masculiniste, aller vers l'armée, arrêter, montrer qu'on n'est pas du tout woke, etc Honnêtement, ça s'est passé de manière tellement brutale et tellement, entre guillemets, pour plaire au président américain, je me suis dit, mais est-ce que ces gens ont vraiment une colonne vertébrale ? Mais en fait, lorsqu'on creuse un peu, on voit que tout le monde ne pense pas pareil. Et je pense que ce sont des débats qu'on doit aussi avoir ici en France et en Europe.
Monde Numérique :
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53:53] Voilà, pionnier aux éditions Grasset. Merci beaucoup, Guillaume Grallet. Puis on continue à te lire dans Le Point régulièrement.
Invité :
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54:00] Merci, Jérôme.
Monde Numérique :
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54:01] Sur tous les sujets tech. Salut, Guillaume.
Invité :
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54:03] À bientôt.
Monde Numérique :
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54:13] Voilà pour cette édition du 15 novembre de l'hebdo de Monde Numérique qui est retrouvé, comme d'habitude, ses interviews en version intégrale la semaine prochaine, en épisode séparé sur le fil du podcast Monde Numérique. J'espère que ça vous a plu. Je vous donne rendez-vous samedi prochain pour un nouvel épisode de l'hebdo. D'ici là, on reste en contact à la fois sur les applis de podcast, sur l'appli Monde Numérique, sur le site mondenumérique.info et puis sur la newsletter aussi, si vous le souhaitez, abonnez-vous pour recevoir chaque matin votre épisode de Montes Numériques.
Monde Numérique :
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54:55] Je vous souhaite une très bonne semaine, pleine de tech. Salut !