Monde Numérique :
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0:11] L'intelligence artificielle tient-elle ses promesses en entreprise ? Pas vraiment, si on en croit les professionnels. Ça coûte très cher et ça ne rapporte pas assez. C'est même le patron de Palantir qui le dit. Gros dossier, on en parle cette semaine dans Monde Numérique. Vous utilisez WhatsApp ? Plus besoin de donner votre numéro de téléphone à n'importe qui. Désormais, on pourra utiliser des identifiants. Une petite révolution pour la messagerie du groupe Meta. Un concurrent français pour Google Maps, il a été lancé cette semaine par l'IGN. C'est gratuit et c'est pas mal du tout.
Monde Numérique :
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0:52] Vous vous sentez un peu seul, pourquoi ne pas acheter un robot humanoïde émotionnel ? C'est possible, en tout cas en Chine, on en parle avec Bruno Guglielminetti. Et on parlera aussi de la fin d'une époque, Sony va abandonner les jeux vidéo vendus en boîte au profit du téléchargement. Les interviews de la semaine, alors à quoi sert l'IA en entreprise ? Je reçois un insider, le représentant de la société américaine Rump, Un exemple très éclairant de l'utilisation de l'IA dans une grosse start-up américaine. On va parler aussi d'agents EI de cybersécurité. Il faut donner une personnalité aux agents pour pouvoir les surveiller, estime la société Check Point. Enfin, les data centers, on en a absolument besoin, mais ça inquiète. On en parle avec un bâtisseur de centres de données, la société Data4.
Monde Numérique :
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1:48] Bienvenue dans Monde Numérique, l'hebdo du 4 juillet 2026.
Invité :
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1:52] Monde Numérique, Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
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1:58] J'espère que vous allez bien en ce début d'été. Très chaud évidemment, entre deux canicules on reprend un peu notre souffle. Et c'est donc parti pour plus de 50 minutes de news, de décryptage, d'interviews comme chaque semaine sur Monde Numérique. Abonnez-vous à ce podcast si ce n'est pas déjà fait sur la plateforme de votre choix. Retrouvez également l'application mobile signée GoodBarber et le site mondenumérique.info.
Monde Numérique :
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2:23] Connaissez-vous le token maxing ? C'est le buzzword de la semaine. Token maxing, c'est le fait d'utiliser et même de surutiliser des tokens, des jetons d'intelligence artificielle. C'est-à-dire d'avoir recours le plus possible à l'IA en entreprise. Parce que c'est tendance, parce qu'on vous engage à le faire et donc pour se faire bien voir aussi de la direction au passage. Sauf que le token maxing, ça ne marche pas. Ou en tout cas, pas assez bien, ça ne produit pas les résultats escomptés. C'est Alex Karp, le PDG de Palantir, qui le dit. Il a poussé un véritable coup de gueule cette semaine dans une interview sur la chaîne CNBC. Alex Karp, qui prétend dire tout haut ce que beaucoup de dirigeants d'entreprises penseraient tout bas, non, l'IA ne tient pas ses promesses.
Monde Numérique :
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3:11] Constat terrible en ce milieu d'année 2026. Selon lui, les modèles d'IA seraient massivement surévalués. Et Karp s'en prend aux géants de l'intelligence artificielle comme OpenAI, Anthropic, etc., en affirmant qu'ils forcent la main en incitant à consommer toujours plus de tokens. Ça coûte une fortune aux compagnies clientes des big tech de l'IA, mais sans véritable retour sur investissement. Selon lui, les entreprises seraient même furieuses sans oser le dire publiquement. La question est douloureuse, et si l'IA ne tenait pas ses promesses ? Et si la multiplication des LLM et ce fameux token maxing servait surtout à faire grossir la bulle de l'IA au profit des entreprises spécialisées ? Pire, on assiste même actuellement à un mouvement inverse. Plusieurs grandes compagnies comme Amazon, Adobe, GitHub, Accenture, etc.
Monde Numérique :
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4:07] En viennent à limiter l'usage interne de l'IA, à demander à leurs ingénieurs de lever le pied, finalement, parce que ça coûte trop cher, sans bénéfice réel à l'arrivée. La consigne aussi, c'est d'essayer d'utiliser des modèles peut-être moins puissants, mais moins chers. Bref, l'enthousiasme en faveur de l'intelligence artificielle se heurte à une réalité très concrète, celle du portefeuille. Ironie du sort, des compagnies qui avaient même licencié du personnel pensant faire des économies grâce à l'IA se remettent à embaucher à nouveau. C'est le cas par exemple de Ford qui a dû rappeler quelque 350 ingénieurs en chair et en os qui avaient été licenciés, estimant que cela lui coûtait moins cher que de continuer à bouffer du token, si on peut dire. Alors attention, pas de panique, car comme d'habitude, la vérité se situe forcément entre les extrêmes. On est sans doute dans une phase d'ajustement, il va falloir trouver une vitesse de croisière. Pour en savoir plus, j'ai interrogé cette semaine justement une entreprise américaine qui a beaucoup misé sur l'IA, même si ce n'est pas son activité principale. Il s'agit de la société Ramp, spécialisée dans la finance et la comptabilité des entreprises, une start-up en plein essor. Et on revient sur cette notion de token maxing tout à l'heure avec mon invité, le directeur du Lab IA de Ramp. Vous verrez que l'IA peut quand même apporter beaucoup, à condition de savoir l'utiliser intelligemment. Rendez-vous dans la deuxième partie de cette émission.
Monde Numérique :
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5:36] Alors, à propos d'intelligence artificielle, justement, de nouveaux modèles et des nouveaux services lancés cette semaine, surtout aux États-Unis. On va passer ça en revue. Tout d'abord, Claude Science. Claude Science, nouvel outil lancé par Anthropic. Alors, ce n'est pas vraiment un nouveau modèle. C'est un nouvel environnement de travail construit autour de Claude, destiné au travail scientifique. Il s'adresse aux scientifiques. Il rassemble dans une même interface les outils dont les chercheurs ont besoin, tels que des logiciels scientifiques, des bases de données, des bibliothèques spécialisées, des ressources informatiques, etc. Ainsi, un chercheur peut par exemple demander à Claude Science d'analyser des données, de tester une hypothèse ou de préparer une expérience. L'IA va mobiliser tous les outils dont elle a besoin et produire en sortie les fichiers qui lui permettront de vérifier son travail. Anthropic, cible notamment la biologie, la médecine, la recherche pharmaceutique. Et ça pourrait servir, paraît-il, à explorer de nouvelles molécules, à analyser des expériences. Ou accélérer certaines étapes de la découverte de médicaments.
Monde Numérique :
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6:36] Autre nouveauté concernant Claude, également donc Anthropic toujours, c'est l'arrivée de Claude Sonnet 5. Ça, c'est vraiment une nouvelle version de modèle conçue, cette fois pour effectuer des tâches plus longues et plus complexes. Sonnet 5, donc, peut notamment analyser des documents, écrire du code, utiliser des logiciels et enchaîner plusieurs actions afin d'atteindre un objectif global. L'idée n'est plus seulement de poser une question à une IA et d'obtenir une réponse. Ça, c'était l'IA d'avant. Aujourd'hui, vraiment, le but du jeu, c'est que l'outil puisse se comporter comme un agent à qui on confie une mission complète, rechercher des infos, les vérifier, les organiser et puis produire un résultat. Anthropic insiste sur les usages professionnels. Sonnet 5 doit pouvoir aider aussi bien les développeurs que les salariés qui travaillent sur toutes sortes de documents donnés ou projets complexes. et il devient d'ailleurs le nouveau modèle central de la gamme Claude.
Monde Numérique :
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7:33] Non, je n'ai pas dit madame Claude. Du côté d'OpenAI, du nouveau aussi, c'était un petit peu avant les annonces de Claude, OpenAI a présenté GPT 5.6. C'est la nouvelle famille de modèles d'intelligence artificielle du pionnier de l'IA générative, qui comprend en réalité trois versions. Donc accrochez-vous, on a 5.6 qui se décline en trois morceaux. Sol, la version la plus puissante. Terra, qui fait le juste milieu entre performance et coût. Et Luna, qui est la version la plus rapide, c'est présenté comme telle en tout cas. OpenAI met en avant les progrès réalisés dans le domaine de la programmation, encore et toujours, également dans les sciences, et puis dans la cybersécurité. Par exemple, avec GPT 5.6 Sol, qui peut consacrer davantage de temps à résoudre un problème et même à faire travailler plusieurs agents d'IA en parallèle sur une mission complexe.
Monde Numérique :
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8:28] Allez, on continue avec du nouveau du côté de chez Meta. C'est le modèle Brain to QWERTY, version 2. Alors ça, c'est un truc qui est censé lire nos pensées et les écrire. Un système qui analyse les signaux produits par le cerveau pendant qu'une personne imagine ou effectue une tâche d'écriture. Les signaux sont donc enregistrés grâce à un équipement qu'on met sur la tête. Il n'y a pas d'implant chirurgical, ce n'est pas invasif. Et ensuite, l'IA va tenter de retrouver les phrases correspondantes. En gros, elle comprend ce qu'on a envie d'écrire sans qu'on ait besoin de toucher un stylet ou un clavier. Bon, c'est une technologie qui n'est pas prête pour l'instant à être commercialisée. C'est encore au stade de recherche. Mais à terme, ça pourrait permettre, selon Meta, par exemple à des personnes qui ont perdu la capacité de s'exprimer, de bouger, de communiquer, de retrouver une possibilité d'interagir, mais sans subir d'opérations du cerveau, comme, la version Neuralink de Elon Musk, par exemple.
Monde Numérique :
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9:30] On termine avec une nouvelle annonce, un nouveau modèle également d'intelligence artificielle. Et pour une fois, ce n'est pas aux États-Unis, mais en Europe, au Portugal. Bienvenue à Amalia. Amalia, c'est le premier grand modèle national d'intelligence artificielle du Portugal. Le nom a été choisi en hommage à Amália Rodrigues, la célèbre chanteuse de fado. Mais derrière ce symbole, il y a surtout un vrai projet politique et économique. Amalia qui a été développée par plusieurs universités, organismes de recherche, avec le soutien du gouvernement et aussi un financement européen de 5,5 millions d'euros, est vraiment un modèle souverain typique. Les données d'entraînement, le code, doivent être proposés en open source et ça doit servir de socle aux administrations et aussi aux entreprises et aux chercheurs qui pourraient ensuite créer différents services. C'est la même problématique que ce dont on parle souvent en France, celle de la souveraineté numérique. L'idée étant de s'affranchir au maximum et autant que faire se peut des technologies américaines.
Monde Numérique :
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10:35] Pendant ce temps, aux États-Unis, justement, eh bien, coucou, revoilou, Claude Fable 5 et Mythos 5. Vous vous souvenez de cette affaire qui a fait grand bruit jusqu'ici en France, des restrictions imposées le 12 juin dernier sur ces deux modèles, Fable 5 et Mythos 5, au nom de la sécurité nationale américaine. Le directeur de la CIA avait comparé ces technologies à des armes nucléaires numériques et leur interdiction avait même pris une tournure politique, notamment en France. Eh bien, comme d'habitude, si on peut dire, hop, le gouvernement américain vient de faire volte-face et de lever finalement les interdictions sur ces deux modèles. Alors Anthropique a annoncé que désormais, eh bien, les restrictions initiales qui étaient dues à des failles qui avaient été détectées et qui permettaient donc d'utiliser ces outils pour, mener des cyberattaques hyper dangereuses, bon, qu'apparemment, ce serait rentré dans l'ordre. Et du coup, eh bien, tous les clients en Europe, en Asie notamment, vont pouvoir utiliser ces modèles. Il faut quand même préciser que ce ne sont pas des modèles qui sont en libre accès pour tout le monde. N'espérez pas pouvoir mettre la main dessus pour aller pirater le Pentagone. Pour Fable 5, il y a des protections qui limitent certaines capacités sensibles. Et pour Mythos, l'accès est réservé à certains organismes vérifiés et dans le cadre d'usages très encadrés.
Monde Numérique :
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11:53] Revenons à un sujet plus grand public qui concerne tout le monde ou presque, c'est WhatsApp. WhatsApp qui prépare un changement de fonctionnement assez important, puisqu'il ne sera bientôt plus obligatoire de communiquer son numéro de téléphone à ses interlocuteurs. WhatsApp, si on veut communiquer avec eux, jusqu'à présent, pour entrer en relation avec des gens sur WhatsApp, on devait donner son numéro personnel afin que les personnes vous ajoutent à leur contact. Mais WhatsApp, qui dépend du groupe Meta, va offrir désormais la possibilité d'apparaître uniquement avec un identifiant, comme sur Facebook ou Instagram. Alors, vous allez pouvoir vous appeler Jean Dupont ou la pizzeria du coin, etc. L'objectif affiché par l'entreprise est de renforcer la confidentialité des échanges. Mais surtout, au-delà de ça, on sait que Meta veut encourager l'utilisation de WhatsApp pour communiquer avec des commerces, des services clients, des prestataires de livraison, etc. Donc, une application, une utilisation vraiment professionnelle, car c'est ce qui lui rapporte de l'argent.
Monde Numérique :
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12:58] WhatsApp va donc mettre en place petit à petit cette nouvelle fonctionnalité. Et en attendant, vous pouvez d'ores et déjà réserver votre pseudonyme. Ça a commencé en début de semaine, y compris en France. Et il vaut mieux s'y prendre assez vite parce que, attention, il n'y en aura pas pour tout le monde. Tout le monde ne pourra pas avoir deux fois le même nom, forcément, Vu qu'il y a en plus 3 milliards d'inscrits sur WhatsApp, ça risque de partir assez vite. Voilà, c'est un changement assez important pour l'application, dont le fonctionnement reposait depuis le début sur le répertoire téléphonique. Je vous en parle plus en détail d'ailleurs de ce sujet dans un épisode spécial de Monde Numérique. ZoomTech en date du 3 juillet, parce qu'il y a quand même aussi quelques petites subtilités à savoir et même des inconvénients qui pourraient peut-être apparaître du fait de cette nouveauté.
Monde Numérique :
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13:51] Un tournant pour la recherche en ligne en France et pour Google qui s'apprête finalement à déployer ces nouveaux outils de recherche dopés à l'intelligence artificielle dans l'hexagone. Et oui, il y a un vrai bras de fer juridique depuis des mois, notamment avec les éditeurs de presse français. Mais le géant de la recherche a annoncé qu'il allait finalement lancer cet été, deux fonctionnalités clés. Alors, c'est AI Overviews, les petits résumés qui apparaissent désormais quand on fait une recherche sur Google. C'est disponible notamment aux États-Unis et dans d'autres pays, mais en France, on ne connaît pas. Et puis, le mode AI également, qui apporte une nouvelle manière d'utiliser, enfin de poser des questions à l'IA de Google. La France, qui était jusqu'à présent l'un des derniers pays où ses options n'étaient pas encore disponibles. Malgré tout, ce lancement intervient dans un contexte relativement tendu parce que les problèmes ne sont pas complètement réglés entre Google et les médias français, notamment sur la question des droits voisins. Le problème, en effet, c'est que cette solution d'IA est très intéressante pour les internautes, mais elle l'est beaucoup moins pour les éditeurs de contenu, car il n'est plus vraiment nécessaire de cliquer sur les liens pour obtenir les informations qu'on cherche. Et du coup, ce n'est pas bon pour les sites qui produisent des informations.
Monde Numérique :
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15:11] Et on termine avec un nouveau service en ligne français, concurrent de Google, justement, pas de Google Search, mais de Google Maps. Il a été lancé le 25 juin. C'est un Google Maps à la française. Carte.gouv.fr. C'est un nouveau portail cartographique grand public destiné à concurrencer les solutions des géants américains. Il émane de l'IGN, l'Institut Géographique National. Ça remplace l'ancien portail Géoportail, qui s'est considérablement enrichi. Et en fait, c'est plutôt pas mal, ça contient une quantité phénoménale de données géographiques. En fait, on peut superposer différentes cartes, des cartes topographiques, des documents d'urbanisme, même de très vieilles cartes qui datent du 18e siècle, au total plus de 1100 couches de données. Le portail intègre également Panoramax, qui est une alternative à Google Street View, qui permet de se déplacer dans les rues comme si on était en voiture. Alors, la couverture n'est pas aussi complète que dans Google Street View, il n'y a pas toutes les voies françaises, mais c'est néanmoins un bon début. L'accès est libre, entièrement gratuit, sans publicité. C'est en open source, ça fonctionne sur une infrastructure souveraine qui s'appelle la géoplateforme.
Monde Numérique :
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16:30] Et en plus il y a des données très précises qu'on ne trouve pas forcément chez Google, des relevés LiDAR HD, une technologie de balayage laser qui permet de visualiser le relief au centimètre près et de voir des tas de détails sur des photos aériennes qu'on ne voit pas habituellement, y compris sous des forêts. Bref, à découvrir à l'adresse carte.gouv.fr.
Monde Numérique :
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16:56] L'hebdo de monde numérique vous est proposé en partenariat avec Frogans, le pionnier de l'informatique spatialisée. Frogans, c'est une nouvelle vision d'Internet, basée sur des sites d'un nouveau genre, plus visuel, plus libre, loin des carcans du web traditionnel. Une vision innovante pour la diffusion de contenu sur tous les écrans, y compris les casques de réalité augmentée. Les sites Frogans sont réalisés grâce à un langage dédié, le FSDL, désormais disponible en version bêta pour les développeurs professionnels. Frogans est un projet français, ouvert, tourné vers l'Internet de demain. Pour en savoir plus et découvrir Frogans sous toutes les coutures, rendez-vous sur f2r2.fr. F2r2.fr Et merci à Frogans de soutenir Monde Numérique.
Invité :
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17:43] Jérôme Colombain, à Paris, bonjour.
Monde Numérique :
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17:45] Salut, Bruno Guglielminetti, à Montréal.
Invité :
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17:48] T'es vraiment épuisé, toi, cette semaine. Quelle semaine?
Monde Numérique :
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17:50] Excuse-moi, tu m'as réveillé. Je suis épuisé.
Invité :
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17:54] En train de faire ton petit roupillon de fin de semaine.
Monde Numérique :
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17:57] La clavicule me tue. Et elle n'a pas encore redémarré. Là, on est entre deux canicules. Et c'est le moment le pire, je pense. C'est le moment où l'organisme essaie de se caler, mais il ne sait plus où il habite. Il dit, ça y est, oui, il fait un peu plus froid. Maintenant, il fait encore chaud. mais il faisait chaud. Et c'est très fatigant.
Invité :
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18:16] Mais si on se parle cette semaine, évidemment, c'est pour faire un clin d'œil à ce qui s'est passé cette semaine et ce qui se poursuivra dans certains cas. Tu veux nous parler de robots émotionnels. Tu les as vus cette semaine.
Monde Numérique :
[
18:27] Mais oui. Alors, parce que tu sais que moi, je n'ai pas d'amis, je n'ai pas d'amoureuses, je n'ai personne autour de moi.
Invité :
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18:33] C'est pas vrai.
Monde Numérique :
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18:35] Donc, j'envisage d'acheter un robot émotionnel. Surtout qu'elles sont mignonnes, de ces petits robots émotionnels. C'est assez horrible. Oui, c'est une boîte chinoise qui s'appelle UBTech, qui a fait une présentation assez incroyable. Un robot humanoïde. Alors, il y a deux versions. Il y a un homme et une femme, et qui font des tailles d'êtres humains.
Invité :
[
18:59] C'est 183 cm.
Monde Numérique :
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19:03] Voilà, et la femme, elle fait 1,70 m, 1,68 m, exactement. Il n'est pas lourd, le monsieur, il fait 42 kilos. C'est un petit gabarit quand même.
Monde Numérique :
[
19:14] Et alors, pourquoi ils appellent ça robot émotionnel ? Parce qu'ils ont énormément soigné les émotions et tout ce qui est sur le visage. Alors, c'est vrai que quand on voit les expressions de visage, c'est étonnant. Les femmes… Enfin, les robots féminins, tu imagines déjà, on parle d'une machine. Les robots genrés féminins, on va dire, ils peuvent se maquiller. On peut les maquiller elles ont le mouvement des cils comme ça, tu sais, pour t'affoler enfin, elles battent des paupières elles peuvent même faire des clins d'œil elles peuvent interagir après, je crois que la présentation s'est pas super bien passée il y avait des journalistes et tout et, les gens étaient assez perplexes parce que c'est très lent c'est assez limité, etc. Mais ils en ont quand même vendu, déjà pré-vendu, a priori 10 000 précommandes de gens qui avaient même payé. Ils ont payé environ 380 euros pour réserver le robot émotionnel qui n'est pas encore disponible et qui va coûter, selon les versions, entre 15 000. Ça, c'est pour le petit modèle. Je ne sais pas lequel c'est, d'ailleurs, le petit modèle, mais ce sera le moins évolué. Et jusqu'à 120... Ah si, il y en a un qui n'a pas de jambe. C'est ça. Il n'a que le haut. Et il y en a un... Et le supermodèle, il fera 125 000 euros. Donc, je pense que, ça y est, on est en train de basculer dans un nouveau truc.
Invité :
[
20:43] Dans le genre, il y avait déjà, quelque part, ça vient dans le milieu, il y avait déjà tout ce qui était jouets haut de gamme pour adultes. Ça, c'était une chose qui existait, puis ils commencent à avoir des produits assez raffinés. Puis de l'autre côté, ils avaient des compagnons, des toutous, des jouets.
Monde Numérique :
[
21:04] Oui, c'est vrai, il y avait les chiens, etc.
Invité :
[
21:06] Il y avait Aibo.
Monde Numérique :
[
21:07] Aibo de Sony.
Invité :
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21:09] Ah oui, ça, ça remonte aux origines. Ah oui, moi, préhistoire. Donc, de voir, des troncs de personnes, en tout cas, pardon, des troncs d'humanoïdes ou un humanoïde complet, genré, féminin ou masculin. Là, on est en train de créer un autre segment. Mais je lisais quelque part, puis en t'écoutant, je cherchais, puis je n'arrive pas à retrouver l'information. On nous dit que c'est pour les célibataires et pour les gens de 60 ans et plus. C'est le premier marché qu'ils visent, là. C'est ce créneau-là.
Monde Numérique :
[
21:44] Il est clairement positionné comme, un soutien émotionnel. On va pouvoir discuter avec lui, créer une relation, lui faire des petites caresses. Alors, on ne sait pas trop jusqu'où ça va aller. Je pense qu'on n'a pas d'informations à ce sujet-là. et ça rappelle tu sais la série qui s'appelait Real Humans oui je ne sais pas si tu as vu cette série où c'était tu pouvais acheter ton robot tu le faisais entrer à la maison il était plus vrai que nature il allait se recharger tout seul la nuit il ne dormait jamais, et puis il pouvait faire plein de choses il était tout le temps très sympathique évidemment, il y a beaucoup de gens qui s'y attachent, Et puis, il y a quelques résistants qui essayent, au bout d'un moment, qui disent, mais vous êtes complètement fous, ce ne sont que des machines, etc.
Invité :
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22:31] C'est le cas de le dire, avec ça, dans une maison, tu entres dans une autre dimension.
Monde Numérique :
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22:36] Ah ben, absolument. Parce que, bien sûr, qu'il y a des gens qui vont développer des relations avec ça. Enfin, moi, j'imagine, là, ça va faire des... Chez nous, en France, on pourra faire plein d'émissions, des conférences à la Sorbonne. Faut-il tomber amoureux d'un robot? Oui, non.
Invité :
[
22:51] On va légiférer, c'est certain.
Monde Numérique :
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22:53] C'est certain. On va sûrement légiférer. On va interdire les sentiments à l'égard des robots.
Invité :
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22:59] Imagine-toi, la loi des robots. C'est parce que ça s'en vient. Donne-toi quoi, trois ans.
Monde Numérique :
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23:04] Quatre ans? Oui, t'imagines. Le robot te quitte. Tu es triste. C'est un choc émotionnel.
Invité :
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23:13] Disons qu'il décide de prendre...
Monde Numérique :
[
23:15] Est-ce que le robot a le droit de te quitter, d'ailleurs?
Invité :
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23:17] Oui. Ou si tu vends ton robot à quelqu'un d'autre?
Monde Numérique :
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23:20] T'imagines?
Invité :
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23:21] Quels sont les droits qui partent avec? Est-ce que les souvenirs, tu dois, je ne sais pas moi, effacer la mémoire? Qu'est-ce qui se passe? Quelle partie de la mémoire appartient au robot? Laquelle appartient à l'utilisateur? Ça va être intéressant, ça.
Monde Numérique :
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23:35] Ah ben, écoute, moi j'avais vu une pièce de théâtre à Paris qui traitait exactement ce sujet-là et qui avait été écrite par des chercheurs en intelligence artificielle. En l'occurrence, c'était Serge Abiteboul et comment s'appelle-t-elle, Laurence que je salue je la connais bien que j'ai interviewé plein de fois, et son nom m'échappe et c'était très intéressant parce qu'effectivement c'est toutes les questions que ça pose, par rapport à c'est Laurence Devillers voilà je cherchais son nom Laurence désolé Laurence si tu nous écoutes, Et c'est toute la personnalité des robots. Et puis même la mémoire, en fait, quand ça passe d'une famille à une autre. Il avait soi-disant été réinitialisé, mais en fait, dans la famille suivante, il ressortait des souvenirs de la première famille. Tu imagines? C'est incroyable, c'est incroyable.
Invité :
[
24:28] En passant, vous n'en faites pas. Si vous entendez un chat, c'est GPT. C'est ton chat robot.
Monde Numérique :
[
24:33] C'est ton chat robot. Non, c'est pas un robot.
Invité :
[
24:35] Non, non, c'est le vrai chat GPT qui s'exprime et qui voulait prendre la parole par rapport à ces souvenirs-là.
Monde Numérique :
[
24:43] Écoute, il est bienvenu.
Invité :
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24:44] Est-ce que tu vas acheter ce genre de choses-là, toi?
Monde Numérique :
[
24:48] Franchement, non. Je n'ai pas, dans l'immédiat, besoin de soutien émotionnel, peut-être un jour, mais voilà. Mais après, juste pour conclure, c'est vrai que moi, aux gens qui disent, qui auraient tendance à dire, mais c'est terrible, il vaut mieux s'occuper des humains, ne pas se détourner, bien sûr, mais il y a, et on l'a déjà évoqué ensemble plusieurs fois, il y a des gens qui n'ont pas la chance d'avoir, qui sont dans la solitude. Est-ce qu'un robot, à défaut d'autre chose, peut être un moyen de combattre la solitude ? Franchement, ce n'est pas facile à trancher comme débat.
Invité :
[
25:24] On poursuit dans l'actualité de la semaine. Est-ce que toi, je sais que tu es parmi tous les gens que je connais, tu es probablement un des plus gros gamers, un des plus gros joueurs de jeux vidéo. Est-ce qu'il te reste encore dans tes boîtes quelque part des boîtes de jeux vidéo que tu aimais?
Monde Numérique :
[
25:40] Oui, il me reste plein de boîtes. Je ne suis pas du tout gamer. J'ai lâché le jeu vidéo il y a des années. Je suis désolé.
Invité :
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25:46] Mais donc, c'est ça. Je ne sais pas si tu as vu passer cette nouvelle-là de Sony Interactive Entertainment. Donc, c'est fini. Oui, qui confirme qu'en janvier 2028, donc pas janvier prochain, mais l'autre d'après, c'est fini pour la production de disques physiques pour les nouveaux jeux de PlayStation. Ça va être uniquement disponible ou sur la boutique en ligne de PlayStation ou par des détaillants tiers. Mais ça veut dire qu'il y a toute une chaîne de distribution du jeu vidéo qui va disparaître. Et avec ça, parce que là, Sony vient de lancer la cloche, mais on peut être sûr que les autres, je pense à Xbox notamment, mais d'autres fabricants de jeux, vont commencer à dire, ouais, bien peut-être qu'effectivement, nous autres en janvier 2028, on va laisser tomber. Donc, c'est un peu comme la disparition des disquaires à une certaine époque, là.
Monde Numérique :
[
26:38] Oui, exactement. Mais en fait, cette histoire-là, la dématérialisation des jeux vidéo, écoute, on en parle depuis 15 ans, vraiment depuis l'apparition des consoles connectées à Internet. Parce qu'à partir du moment où il y avait du haut débit, tu avais la console avec toute la puissance, la mémoire qu'il faut, la connexion haut débit pas chère, mais on se dit, mais pourquoi garder les boîtes ? Et ça a été gardé pendant très longtemps parce qu'il y a une économie derrière, tu l'as dit. Et puis, il y a même une deuxième économie aussi, c'est l'économie du marché d'occasion. Et le jour où il y aura une dématérialisation totale, c'est dommage parce que tu as plein de gens qui achètent des jeux d'occasion un peu plus tard, après les sorties et qui les payent deux fois ou trois fois moins cher. Tout ça, ça disparaîtra, mais inévitablement, c'est quelque chose vers lequel on va aller. Ça paraît absurde. C'est presque paradoxal. Le jeu vidéo, il est intrinsèquement très lié à la tech, donc à la modernité, au progrès et tout. Et on est sur un modèle très physique qui est un modèle d'un autre âge.
Invité :
[
27:48] Mais de l'autre côté, il y a comme un attachement. Puis ça, je refais mon parallèle avec la musique. Il y a des musicophiles qui ont de superbes discothèques dans leur salon ou dans leur pièce dédiée pour la chose, avec tout leur album. Pour les vidéos. Oui, aussi.
Monde Numérique :
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28:05] Moi, je connais des tas de gens qui ont des DVD, qui ont des murs entiers de DVD. Et puis, les pauvres, ils pleurent parce qu'ils avaient dans une autre pièce, c'était les cassettes VHS en plus.
Invité :
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28:16] C'est ça, mais il va arriver la même chose avec toute une nouvelle génération de joueurs qui n'auront plus rien. Ça va être sur la console. Puis quand la console ne fonctionnera plus, qu'est-ce que tu vas faire avec?
Monde Numérique :
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28:29] Bon, écoute, moi, j'avoue que je n'ai pas beaucoup de fétichisme par rapport aux produits physiques, dans la mesure où le produit physique ne sert qu'à véhiculer du contenu. Et que ce soit... Moi, quand les CD-ROM, enfin, quand la musique dématérialisée, MP3, etc.
Invité :
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28:44] En train de donner ton âge, toi, le CD-ROM.
Monde Numérique :
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28:46] Ouais, voilà. Non, mais tu sais que moi, j'ai vendu tous mes vinyles. Je suis un peu idiot parce qu'aujourd'hui, je me souviens, j'ai vendu une caisse entière de vinyles pour 50 euros à l'époque. Et le type était super content il est parti en courant de peur que je le rattrape j'imagine et que je change d'avis peut-être que c'était idiot parce que tous ces disques que j'ai vendus à l'époque, aujourd'hui coûteraient 50 euros pièce, mais moi j'ai pas de fétichisme par rapport à ça je pense que c'est inévitable et même pour les livres c'est pareil, bien sûr on va me dire, la bibliothèque, une bibliothèque c'est merveilleux, j'ai plein d'amis qui ne parlent que de bouquins, qui rêvent de lire de vivre au milieu des livres pour moi une bibliothèque c'est, un enfer parce qu'il n'y a pas de moteur de recherche et chaque fois que tu cherches un livre alors j'ai des livres à la maison chaque fois que je recherche un livre je ne le trouve pas où est-ce qu'il est passé, à qui je l'ai prêté à moins d'être un psychomaniaque, un psychotique et d'avoir des codes sur les livres, quand tu as une énorme bibliothèque il faut qu'elle soit hyper bien rangée enfin bon voilà, Mais je respecte les gens qui sont attachés au support physique. Puis on voit aussi que les jeunes se sont remis au disque vinyle, etc. On a besoin, on a besoin quelque part d'un point de vue émotionnel de support physique.
Invité :
[
30:07] Ou sinon de s'acheter un robot humanoïde.
Monde Numérique :
[
30:10] Exactement. Donc, si vous avez un choc émotionnel à cause de la disparition des jeux vidéo physiques, commandez tout de suite votre robot émotionnel à qui vous allez pouvoir raconter ça le soir au coin du feu il.
Invité :
[
30:23] N'y a pas un coupon sur le site de mon.
Monde Numérique :
[
30:24] Numérique de Rabat pour son robot Emmanuel? Non parce que je ne touche absolument aucune commission sur la vente de ces robots parle-moi plutôt de ton podcast.
Invité :
[
30:34] Cette semaine on prend des nouvelles de l'Afrique avec Muriel Edjo qui est le rédacteur en chef de We Are Tech Africa on va parler de podcastologie oh oh ça m'intéresse Oui, ou de baladodiffusion, si tu veux.
Monde Numérique :
[
30:47] Oui.
Invité :
[
30:48] Je sais que tu aimes le terme. Mais donc, il y a une nouvelle étude qui concerne le podcast au Canada. Et puis, il y a Stéphane Berthomet qui a passé à travers l'étude. Sinon, on va parler, d'une association québécoise qui regroupe les conseillers en informatique indépendants. Et donc, ils faisaient le point ce mois-ci sur l'industrie. Alors, on va faire une idée de ce à quoi ressemble ce domaine-là au Québec. Et puis, finalement, je rejoins aussi Alexandre Théorêt, qui est un membre de l'exécutif de la Ville de Montréal. Tu sais qu'ils ont lancé une invitation. Eux, ils se sont dit, cet été, on aimerait ça inviter des start-up à la Ville de Montréal pour solutionner des problèmes qu'on a. Mais il y a eu une cinquantaine de start-up qui ont été retenues. Et là, ils sont en train de commencer à leur présenter les différents problèmes de la ville de Montréal, que ce soit la mobilité ou autre chose.
Monde Numérique :
[
31:48] Un hackathon municipal, en fait.
Invité :
[
31:52] Oui, mais sauf qu'on va plus loin que l'hackathon parce qu'un hackathon, ça dure une fin de semaine, trois, quatre jours.
Monde Numérique :
[
31:56] Oui, tu as raison.
Invité :
[
31:57] Mais là, c'est sur plusieurs mois. Et l'idée là-dedans, c'est vraiment qu'il y ait une rencontre entre les start-up et le personnel de la ville pour vraiment arriver à trouver des solutions. C'est vraiment chouette comme intégration.
Monde Numérique :
[
32:07] Comme projet.
Invité :
[
32:08] Alors, je les suis sur mon radar. Et là, donc, avec Théorêt, on fait le point sur où ils sont rendus dans le processus. Je trouve que c'est une bonne idée pour les municipalités, peu importe la taille. Et je me dis que s'il y a une grande ville comme Montréal qui peut le faire, bien, peut-être que des plus petites pourraient le faire ou des villes de même taille. Bon, on se retrouve la semaine prochaine.
Monde Numérique :
[
32:28] À la semaine prochaine, Bruno. Ciao, ciao.
Invité :
[
32:42] Monde numérique, le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
[
32:48] Voilà, et retrouvez la version intégrale du débrief transatlantique avec Bruno, lundi prochain, parce qu'on évoque plein d'autres sujets. En attendant, les data centers, les fameux centres de données, comment ça marche ? Quel est leur impact environnemental en France ? Vous verrez que ce n'est pas du tout aussi terrible que ce qu'on dit. En tout cas, Dixit, un professionnel du secteur. On va parler aussi cybersécurité en entreprise à l'ère des agents IA. Faut-il considérer les fameux agents comme des collaborateurs en part entière ? Eh bien oui, nous dira la société Check Point. Mais avant cela, on ouvre le dossier de la semaine, le token maxing, et puis aussi d'autres sujets liés à l'IA et à la finance, avec mon premier invité. Pour cela, on part aux États-Unis, mais on a de la chance, mon interlocuteur parle français. Les interviews qui vont suivre sont proposées en version intégrale. Si vous écoutez Monde Numérique, l'hebdo premium sur Apple Podcasts ou Spotify. Sinon, retrouvez-les en épisodes séparés sur le fil du podcast Monde Numérique la semaine prochaine.
Monde Numérique :
[
33:48] Bonjour Alex Shevchenko.
Invité :
[
33:50] Bonjour.
Monde Numérique :
[
33:51] Responsable du Lab d'intelligence artificielle de Ramp, une compagnie américaine de technologie au service des finances des entreprises, une fintech comme on dit. Ramp, fondée en 2019 par Karim Atiyeh et Eric Glyman, valorisée aujourd'hui à 44 milliards de dollars, ce qui en fait la cinquième plus grosse entreprise américaine non cotée. Alors vous utilisez énormément l'intelligence artificielle chez Ramp, notamment pour développer de nouveaux produits. Mais il y a ce phénomène et cette tendance aujourd'hui qui est de dire, attention, ça coûte très cher et l'IA peut peut-être pas répondre à tout. Est-ce que tu peux nous parler un peu de ce phénomène du moment, cette espèce de retour en arrière par rapport à une surutilisation de l'IA qu'on appelle le token maxing ?
Invité :
[
34:38] Oui, il y a beaucoup de compagnies au début de 2026 qui faisaient du token maxing. Il y a Claude Code ou tous les systèmes de LLM qui aident surtout les ingénieurs, par exemple, à développer des logiciels d'une façon automatisée. Et au début de 2026, beaucoup d'entreprises se sont rendues compte que ça marche très, très bien à produire des logiciels d'une façon automatisée. Et donc, il y a eu ce moment où tout le monde essayait de dépenser le plus possible sur les LLM et il y avait beaucoup de compagnies qui avaient même des listes d'employés qui... Genre, pour être numéro un, tu dépenses le plus sur Claude Code, par exemple.
Monde Numérique :
[
35:23] Il fallait consommer beaucoup de tokens.
Invité :
[
35:25] Et c'était encouragé par les entreprises.
Monde Numérique :
[
35:29] C'est Jensen Wang qui a dit qu'un bon ingénieur, ça devait être un ingénieur qui dépense, je ne sais plus quoi, la moitié de son salaire ou deux fois son salaire en tokens.
Invité :
[
35:36] Exactement. Et on s'est rendu compte quelques mois plus tard que c'était plus nuancé, que je dépensais le plus possible. Et ça, c'est la question d'aujourd'hui, au moins de juin 2026, c'est comment est-ce qu'on peut avoir l'entreprise qui fait du value maxing? Donc, pas juste maximiser la dépense sur les tokens, mais essayer d'avoir le meilleur résultat possible. C'est pas logique. Oui, exactement. Beaucoup de compagnies aujourd'hui savent comment générer le capital. Beaucoup d'entreprises savent comment gérer les personnes. Mais il n'y a pas encore d'entreprise qui sait comment gérer l'intelligence, donc la transformation du capital en intelligence directement. Chez Ramp, on construit la couche d'infrastructure qui déterminera comment le capital sera alloué, géré et transformé en intelligence dans cette économie de l'IA. Aussi, on passe d'une IA qui faisait juste des transformations de données directes en un agent IA qui fait plusieurs étapes pour réaliser du vrai travail. C'est vraiment le changement qui nous enthousiasme le plus chez Ramp et c'est ce envers quoi on construit avec Ramp Stack.
Monde Numérique :
[
36:50] Et en ce qui concerne les agents, jusqu'où tu penses qu'on va pouvoir aller? Parce que finalement, plus on confie des tâches aux agents, plus on lâche la main, plus on devient productif, mais on perd un peu le contrôle, non? Comment tu vois les choses?
Invité :
[
37:12] Je pense que c'est un peu comme Microsoft utilise le terme « coworker » pour toute leur série d'intelligence artificielle. C'est de la même façon que nous, on devrait voir l'intelligence artificielle. C'est comme un co-worker, c'est comme une personne qui travaille dans notre entreprise. On doit l'enseigner à faire comment on conduit le travail, c'est quoi tout le contexte qu'il aura besoin. Et avec le temps, ils vont devenir de meilleurs en meilleurs outils et on pourra enlever l'humain de la boucle de plus en plus. En ce moment, on ne peut pas tout automatiser, mais avec des modèles qui deviennent, de mieux en mieux, cela devient de plus en plus facile avec des systèmes comme Ramp Stack où on peut connecter de plus en plus de contexte de l'entreprise, On commence à avoir des procédés qui se font automatiser de plus en plus. La production de logiciels, par exemple, est automatisée à 70 % par Ramp Inspect ou autre système d'agents IA à l'intérieur de Ramp, par exemple.
Monde Numérique :
[
38:24] 70 %?
Invité :
[
38:25] 70 %, oui. Complètement automatisé.
Monde Numérique :
[
38:28] Donc, on est au-delà de simplement la génération du code. On est vraiment dans quoi? Dans la conception d'un programme?
Invité :
[
38:34] Ça touche un peu à tout. On génère du code, on génère les moniteurs qui regardent que le code en production ne s'est pas cassé. On génère des tests. Tout le code se fait encore vérifier par des humains, mais ça réduit beaucoup le travail qui se fait. Même la vérification que les utilisateurs apprécient le système. Donc, on peut analyser les messages qui se font envoyer entre le chatbot et la personne par une autre intelligence artificielle pour se rendre compte qu'il y a une faille dans ce système ou dans cette partie du workflow, par exemple.
Monde Numérique :
[
39:11] Mais à l'arrivée, tu penses que ça allège vraiment le travail des ingénieurs ou ça leur demande plus de boulot, au contraire?
Invité :
[
39:17] Non, 100%. Ramp Inspect, par exemple, a été produit par une équipe de trois ou quatre personnes, je pense. Ramp Sheets a été produit par une petite équipe aussi de, je pense qu'on était trois ou quatre personnes. Ce ne sont pas des choses qui étaient possibles avant. Avant, cela demandait des dizaines de personnes, voire une vingtaine au minimum au minimum. Des compétences en bases de données, connaissance en sécurité, connaissance dans tous les aspects du système. Maintenant, une très petite équipe peut faire beaucoup plus.
Monde Numérique :
[
39:51] Et je reviens sur la liberté d'action des agents. On parlait de système comptable, etc. Est-ce que des agents pourront un jour ou peuvent déjà prendre des décisions, enfin, je veux dire, même effectuer des paiements, régler des factures, des choses comme ça?
Invité :
[
40:12] On est quand même tôt pour automatiser les paiements directs. On a, chez Ramp, on a le Ramp CLI, le logiciel qui se fait utiliser dans les terminaux par les agents, où les agents peuvent créer des cartes virtuelles ou utiliser Ramp pour gérer des paiements pour l'utilisateur, mais c'est encore à l'utilisateur d'approuver les actions de l'agent, d'une manière intelligente.
Monde Numérique :
[
40:46] Mais selon toi, on y viendra? Un jour, c'est les agents qui s'en occuperont?
Invité :
[
40:51] 100%. Juste voir le progrès exponentiel qu'on voit sur l'intelligence des LLM, ça va venir très bientôt. Beaucoup plus tôt qu'on pense.
Monde Numérique :
[
41:04] Merci beaucoup Alex Shevchenko, responsable du Ramp Lab, le lab IA de la société Ramp à New York. Et ne ratez pas la semaine prochaine l'interview intégrale d'Alex Shevchenko qui nous parle notamment des nouveaux produits développés grâce à l'IA par la société Ramp.
Monde Numérique :
[
41:30] Bonjour Jérôme Bouvet.
Invité :
[
41:31] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[
41:32] Vous êtes directeur général France de la société de cybersécurité Check Point. Bienvenue dans ce rendez-vous en partenariat avec Check Point pour parler de l'impact de l'IA sur la cyber. Et notamment aujourd'hui avec les fameux agents IA. En quoi est-ce que cela représente un risque supplémentaire pour les entreprises ?
Invité :
[
41:53] On l'a vu, le chatbot répond à une question. un agent IA peut accéder à des outils, interroger des bases de données, appeler des API, modifier un fichier, déclencher un workflow. Donc, ça change complètement la donne puisqu'on comprend, ils sont dotés de moyens d'action et donc l'ensemble des actions sur les systèmes que je viens de citer, permettent ou autorisent une surface d'attaque qui est extrêmement différente. Le problème n'est plus seulement de savoir ce que l'IA va faire ou sait ou répond. Le vrai sujet devient qu'est-ce qu'elle doit faire, avec quels droits, sur quels systèmes et sous quels contrôles. Donc un agent IA doit être considéré comme un collaborateur numérique. Il doit avoir son identité à part entière, il doit avoir des droits limités, une traçabilité, des garde-fous, une capacité d'audit. Et puis, on doit lui définir des règles de comportement. C'est un nouveau sujet en entreprise qui est extrêmement important. Et tant qu'on n'a pas réglé tous ces sujets de sécurité autour des agents IA, on s'aperçoit qu'il n'y a pas de mise à l'échelle en entreprise tant qu'on n'est pas dans un cadre de conformité et de sécurité approuvé par l'entreprise.
Monde Numérique :
[
43:12] Vous voulez dire que les agents, on doit les considérer comme des collaborateurs, parmi d'autres, dans l'entreprise ?
Invité :
[
43:19] Ils deviennent ou deviendront à terme des collaborateurs de l'entreprise qui travailleront pour les employés, qui auront vraisemblablement sous leur responsabilité un certain nombre d'agents IA. On le voit aujourd'hui dans la cybersécurité, on fait ce qu'on appelle du red teaming, c'est-à-dire qu'on simule des attaques ou du blue teaming, on simule une défense. Et donc on demande à des agents de réaliser ces actions-là et on essaye d'ailleurs de les, mettre dans la même entité qui joue de l'attaque et de la défense en permanence, ces agents, dans ce qu'on appelle du purple teaming et donc on a des collaborateurs numériques typiquement en cybersécurité qui vont en permanence jouer de l'attaque et de la défense permettant de valider la sécurité, du système d'information ou les failles qu'on aurait trouvées qui permettent de se protéger. Donc oui, on a des collaborateurs numériques à notre disposition et de plus en plus, et ils se compteront en plusieurs millions, voire milliards d'ici une dizaine d'années.
Monde Numérique :
[
44:24] Donc ça pose la question de la responsabilité de ces agents. Est-ce qu'il faudra quand même qu'ils soient automatiquement supervisés par un manager humain ? Ou bien on peut envisager une autonomie complète ?
Invité :
[
44:39] Alors là-dessus, il y a deux philosophies en ce moment qui s'affrontent. Soit laisser ce qu'on appelle l'intervention humaine dans le dispositif. La question est-ce que du coup cette intervention humaine ne ralentit pas ou ne permet pas la mise à l'échelle en termes de capacité d'exécution de tous ces agents. Et donc une autre philosophie qui dit on va devoir avoir des compartiments complètement autonomes au sein de l'entreprise, et déléguer une partie de la responsabilité de la confiance à des tiers et ces tiers seront ses collaborateurs numériques, et le débat qu'il y a c'est si on veut cette mise à l'échelle et cette rapidité et tout ce que peut apporter justement l'intelligence artificielle dans sa capacité à traiter vite comme on dit à la vitesse de la machine, il va falloir à un moment donné qu'on accepte de déléguer, toute ou partie de la responsabilité et des tâches à ses collaborateurs digitaux.
Monde Numérique :
[
45:42] Oui, c'est assez vertigineux quand même. Est-ce qu'on peut aussi, on sait que les humains se font manipuler parfois, et c'est comme ça que ça déclenche des crises. Je ne sais pas, un vol de mots de passe par phishing, une clé USB ramassée sur un parking, etc. Ce sont des scénarios quasiment devenus classiques en cyber. Est-ce qu'on peut imaginer qu'un agent aussi se fasse manipuler par ce qu'on appelle une injection de prompt ou des choses comme ça ?
Invité :
[
46:12] Absolument. Se faire manipuler, vous l'avez dit, l'injection de prompt, mais ça c'est plutôt dans l'IA générative. Il va y avoir des comportements différents entre les agents IA. Mais forcément, dans la mesure où ils vont interagir entre eux, des commandes entre eux, si elles sont manipulées, ça veut dire qu'on va pouvoir manipuler l'agent d'après qui vient traiter cette commande-là. On a toujours aussi des facteurs d'hallucination et dans ces facteurs d'hallucination, on peut avoir des risques très importants en entreprise. La difficulté en ce moment, mais qui sera résolue dans le temps, c'est qu'un agent IA aujourd'hui n'a pas, la conscience des conséquences de ses actes dans le monde qui l'entoure. Donc ça, c'est très, très important. On voit aujourd'hui des agents IA, ça a été documenté, qui ont détruit des bases de données entières, ne comprenant pas la conséquence de cette action pour l'entreprise. Et c'est toutes les recherches que mène avec ces équipes, Yann LeCun, sur.
Invité :
[
47:21] la conscience ou la compréhension des conséquences de ces agents IA. Et lorsqu'on arrivera ici, le sujet, ça sera de limiter les risques des comportements. On va beaucoup travailler sur un autre sujet qui est l'observabilité aussi de ces agents. Est-ce qu'ils font ce qu'ils sont supposés faire ? Est-ce qu'ils le font avec les bons droits ? Est-ce qu'effectivement, ils ne dérivent pas dans une hallucination qui emmènerait de façon désastreuse l'entreprise si des actes non tolérés étaient réalisés ? Donc, on a un sujet en ce moment de réflexion sur l'autonomie qu'on doit donner à ces agents et notamment au travers des dérives qu'ils pourraient apporter en entreprise.
Monde Numérique :
[
48:07] Merci beaucoup, Jérôme Bouvet, directeur général France de Check Point.
Invité :
[
48:12] Merci, Jérôme.
Monde Numérique :
[
48:21] Bonjour Jérôme Totel.
Invité :
[
48:22] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[
48:23] Vous êtes directeur de la stratégie de Data4, qui est une entreprise française qui fabrique des data centers. Alors vous êtes vraiment au cœur de l'actualité, mais c'est quoi votre métier exactement ?
Invité :
[
48:32] Alors on ne fait pas que les fabriquer, on cherche des sites, on les conçoit, ces bâtiments, parce que c'est très dépendant si on fait du cloud ou de l'IA. Ensuite on les construit, en effet, et ensuite on les exploite. Et on met à disposition des espaces d'hébergement, des salles informatiques, pour nos clients, pour venir installer leur plateforme informatique à l'intérieur.
Monde Numérique :
[
48:50] Combien de data centers actuellement en France ou en Europe d'ailleurs ?
Invité :
[
48:54] Alors aujourd'hui on est une société européenne, le siège est en France mais on est une société européenne. On est présent dans 6 pays, on a 11 campus aujourd'hui avec le tout dernier qu'on vient d'annoncer en tout début de semaine. Et on a 40 data centers à travers la plateforme.
Monde Numérique :
[
49:08] Parce qu'en fait un datacenter c'est d'abord un bâtiment avec de l'énergie, avec des installations avant d'être des serveurs. Et les serveurs vous ne vous en occupez pas ?
Invité :
[
49:18] C'est ça, donc un data center, nous on fabrique le bâtiment en tant que tel, avec plein de technologies de toute dernière génération, que ce soit l'électricité pour la partie climatisation, maintenant avec les GPU on est en train d'installer des solutions de refroidissement liquide qu'on appelle DSC, Direct Liquid Cooling, et ensuite les clients apportent leur plateforme informatique à l'intérieur, donc les serveurs, les baies de stockage pour stocker toutes les données, également les équipements réseau, que ce soit des routeurs, des commutateurs, etc. pour que tous ces serveurs communiquent entre eux.
Monde Numérique :
[
49:46] Alors on sait à quel point on a besoin aujourd'hui de ces data centers, c'est stratégique, vous avez le soutien des pouvoirs publics, mais on sait qu'il commence à y avoir des frictions, surtout aux États-Unis où la construction des méga data centers provoque des mouvements de contestation. Où en êtes-vous en France et comment est-ce que vous gérez ça ?
Invité :
[
50:05] Alors, c'est vrai que l'acceptabilité, c'est un vrai sujet. Ce qu'on essaie d'expliquer, c'est finalement faire beaucoup de pédagogie. On a besoin de plus de data centers. Aujourd'hui, on est en déficit de data centers en Europe. 80% des données des Européens sont encore hébergées aux États-Unis. Donc par les temps qui courent, c'est quand même pas mal de rapatrier, pas mal de données en Europe, premièrement. Et deuxièmement, on a besoin d'innover. Et ce qu'on a calculé, c'est que d'ici 2030, on a besoin de multiplier entre 2,5 ou 3 les quantités de mégawatts en production en Europe pour arriver à tenir la croissance de l'ensemble des services numériques et de cloud. Et pour construire ces data centers, on a besoin de campus, de data centers, donc des grands terrains sur lesquels on va construire plusieurs bâtiments, plusieurs data centers. Et en effet, l'acceptabilité est un sujet. Ce qu'on essaie d'expliquer, c'est qu'on crée des emplois sur le site de Marcoussi, qui est le plus grand campus de France, qui fait 250 mégawatts. Chaque jour, 1000 personnes viennent sur le site. C'est ce qu'on appelle des emplois permanents sur site.
Monde Numérique :
[
51:04] Ah oui, parce que je pensais que les data centers n'étaient quand même pas gros, gros créateurs d'emplois.
Invité :
[
51:08] Alors, c'est sûr qu'un data center, ça ne crée pas les emplois d'une usine d'il y a 50 ans, c'est sûr, c'est une usine moderne. Mais aujourd'hui, sur un site comme Marcoussi, vous avez 1000 personnes tous les jours qui viennent, qui restent la journée pour travailler. C'est les salariés de Data4, c'est les prestataires de Data4 et c'est également les clients. Nos clients ont des bureaux à temps plein pour gérer toute leur plateforme informatique. Donc l'emploi, c'est un sujet. L'environnement également. On a une trajectoire bas carbone. C'est un gros sujet. Trajectoire bas carbone, etc. Et ce qu'il faut, c'est également faire beaucoup de pédagogie, tous les gens pensent qu'un datacenter consomme beaucoup d'eau, c'est pas vrai, un datacenter et un campus comme celui de Marcoussi, 250 mégawatts on consomme l'équivalent de 236 personnes, 236 Français en consommation d'eau annuelle en sachant qu'on a 250 mégawatts ce qui est gigantesque, donc c'est pas énorme et puis également on essaie de rassurer, les populations et leur expliquer qu'on est intégré dans le tissu local en passant pas mal de temps dans les associations, à parrainer, certains événements locaux, etc. Et c'est clé d'avoir tout cet écosystème ensemble et travailler main dans la main.
Monde Numérique :
[
52:13] Est-ce qu'on peut dire que les data centers européens sont moins impactants sur l'environnement que les data centers américains ?
Invité :
[
52:20] Alors, si vous regardez le mix énergétique, en France par exemple, si vous consommez un service numérique avec votre téléphone, avec votre smartphone, si ce service est produit par un data center en France, vous avez un certain impact carbone des émissions de gaz à effet de serre. Ce même service, s'il est produit aux États-Unis et que vous, depuis la France, vous le récupérez, vous aurez un impact carbone 7 à 8 fois plus important. Pourquoi ? Parce que le mix énergétique français est très décarboné, 95% décarboné, ce qui n'est absolument pas le cas des infrastructures aux États-Unis.
Monde Numérique :
[
52:54] Merci Jérôme Totel, directeur de la stratégie de Data4.
Invité :
[
52:58] Merci Jérôme.
Monde Numérique :
[
53:10] Voilà, et beaucoup de Jérôme, cette semaine dans Monde Numérique, l'hebdo. On n'était pas moins de trois. Bon, on retrouvait ces interviews en version intégrale la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique. Alors, le programme d'ailleurs, ce sera lundi, le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti. Mardi, l'interview intégrale d'Alex Shevchenko de Ramp. Mercredi, on reviendra sur la cybersécurité avec Jérôme Bouvet en longueur et jeudi, Jérôme Totel pour Data4 pour parler là encore plus longuement qu'à l'instant des data centers.
Monde Numérique :
[
53:54] Merci d'être fidèle à Monde Numérique Monde Numérique qui vous est fidèle également y compris pendant l'été Allez, on continue, peut-être pas à 100% de nos capacités on va essayer de, faire ce qu'on peut malgré la chaleur et puis malgré l'obligation de prendre un peu de vacances aussi mais je serai là, je ne vous abandonne pas restez fidèles à ce podcast disponible sur toutes les plateformes disponible aussi, sur l'appli Monde Numérique, signée GoodBarber et puis sur le site mondenumérique.info abonnez-vous à la newsletter si vous voulez recevoir tous les jours, l'annonce de l'épisode du jour et puis des interviews des compléments d'informations, etc. Voilà déjà plusieurs milliers d'abonnés à cette newsletter qui sont très heureux et je les salue d'ailleurs au passage. On se retrouve donc la semaine prochaine pour un nouvel épisode de l'Hebdo. D'ici là, portez-vous bien, je vous souhaite une très bonne semaine, pleine de tech, salut !