📆 L'HEBDO 03/01 - 2025, année IA - et tout ce qui nous attend en 2026
Monde Numérique03 janvier 202601:00:47

📆 L'HEBDO 03/01 - 2025, année IA - et tout ce qui nous attend en 2026

Bilan d’une année 2025 hors normes pour la tech, projections pour 2026 et premières tendances du CES de Las Vegas : Monde Numérique ouvre l’année avec un épisode dense, analytique et résolument tourné vers l’avenir.

Bilan d’une année 2025 hors normes pour la tech, projections pour 2026 et premières tendances du CES de Las Vegas : Monde Numérique ouvre l’année avec un épisode dense, analytique et résolument tourné vers l’avenir.

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2025–2026 : l’intelligence artificielle change d’échelle

2025 restera comme l’année de tous les bouleversements autour de l’intelligence artificielle : course aux modèles géants, investissements records dans les data centers, affrontement réglementaire entre États-Unis et Europe. Cet épisode dresse un panorama clair des forces en présence, des gagnants de l’année et des signaux faibles qui annoncent 2026, entre agents autonomes, IA embarquée et risques de bulle économique.

CES 2026 : ce que le salon dit vraiment de l’avenir de la tech

À quelques jours de l’ouverture du CES de Las Vegas, Mathieu Deboeuf-Rouchon et Lionel Tardy, co-auteurs du Guide de survie du CES, analysent les grandes tendances de l’édition 2026. Moins de gadgets spectaculaires, plus de deep tech, d’IA invisible, de robotique et de technologies agricoles et industrielles : le salon confirme un basculement structurel de l’innovation mondiale (🎧 interview intégrale).

IA et santé : une révolution déjà en marche

L’intelligence artificielle transforme concrètement la médecine, du diagnostic à la prévention en passant par la réduction massive des tâches administratives. Thomas Klein, directeur de la stratégie santé chez Microsoft, explique comment l’IA augmente les médecins, améliore la relation patient-soignant et ouvre la voie à une médecine prédictive, personnalisée et plus humaine.

Vibe Coding : créer des applications sans écrire de code

Retour d’expérience personnel sur le vibe coding, cette nouvelle façon de développer grâce à l’IA. Je vous raconte comment j'ai conçu deux applications professionnelles sur mesure, sans coder, En s’appuyant sur Airtable et Lovable. Réflexion sur un basculement profond dans la manière de créer des outils numériques et le métier de développeur.

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Monde Numérique : [0:10] 2025 c'est fini, salut 2026, quelle année encore nous venons de vivre en matière Monde Numérique : [0:16] de technologie, bien sûr sur le front notamment de l'intelligence artificielle. Alors à quoi vont ressembler les mois à venir ? Eh bien rassurez-vous, ce sera tout aussi dense et monde numérique sera bien entendu au rendez-vous. Monde Numérique : [0:34] Dans ce nouvel épisode, on va revenir sur les temps forts de 2025 avant de se projeter sur 2026. Innovation technologique, nouveaux produits attendus, bouleversements économiques aussi, guéguerre réglementaire même. Et avec déjà un premier grand rendez-vous en ligne de mire, le CES de Las Vegas, baromètre mondial de la tech, la semaine prochaine. On y sera évidemment, ce sera à vivre tous les jours. sur Monde Numérique, en audio et par écrit. En attendant, dans cet épisode, on va parler justement du CES avec mes invités, les auteurs du guide de survie du CES 2026, Matthieu Deboeuf-Rouchon et Lionel Tardy, comme chaque année. Dans cet épisode également, on va s'intéresser à une thématique majeure liée au service de la santé avec Thomas Klein, spécialiste du sujet chez Microsoft. Et puis, je vais vous raconter mes vacances ou au moins mon expérience personnelle avec le Vibe Coding. Comment j'ai passé les fêtes à développer deux applications essentielles pour mon business sans écrire une seule ligne de code, je vais tout vous dire. Voilà, bilan, signaux faibles, grande tendance à venir. Bienvenue à l'écoute de ce premier monde numérique, l'hebdo de l'année 2026. Invité : [1:52] Monde numérique, Jérôme Colombin. Monde Numérique : [1:58] Avant de commencer, ne zappez pas, juste quelques mots très brièvement. Tout d'abord pour vous souhaiter une très bonne année 2026, très sincèrement. Pour vous remercier également de votre fidélité à ce podcast. En 2025, vous avez été encore plus nombreux et surtout extrêmement fidèles à m'écouter, à me lire. De quoi être gonflé à bloc pour continuer de plus belle et attaquer cette nouvelle année. avec donc un épisode qui sera un peu spécial. Pas de débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti cette semaine, mais on reprendra les bonnes habitudes la semaine prochaine en direct de Las Vegas. Monde Numérique : [2:27] Toutefois, quelques petites nouveautés pour Monde Numérique en ce début d'année. D'abord, on les passe en revue très rapidement, des nouvelles covers, des images d'illustrations pour les épisodes. Plus claire, j'espère, plus percutante, plus informative aussi. Une nouvelle rubrique pour ce podcast, en remplacement des actus et des éditos. Monde Numérique : [2:45] Ce sera désormais ZoomTech. Chaque semaine, comme son nom l'indique, un gros plan sur un sujet d'actualité que je décrypterai pour vous au moins une fois par semaine le vendredi. ZoomTech, donc, rendez-vous très très vite. Au programme également, une nouvelle mini-série que vous avez pu entendre pendant les fêtes, les mots de la tech, on s'intéresse à des termes du vocabulaire numérique, Agent IA, Vibe Coding, Doomer, qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qui se cache derrière ? Je vous invite à écouter ces épisodes si vous avez un petit peu décroché pendant les vacances, pendant les fêtes de fin d'année et vous êtes tout excusé, mais vous pouvez retrouver ces épisodes sur le fil de ce podcast, pas besoin d'aller très loin. Quatre épisodes pour marquer la fin de 2025, sans doute d'autres qui arrivent au courant 2026. Enfin, nouveauté également, l'écrit, cette fois, les « punchlines », entre guillemets, c'est-à-dire pour chaque interview de Monde Numérique, un résumé dans la description, sur le site, sur les applis de podcast, un résumé en quelques phrases, l'essentiel, ce qu'il faut retenir, le meilleur des interviews de Monde Numérique. Voilà, comme toujours, vous pouvez commenter ce podcast. Si c'est à propos d'un épisode en particulier, sur le site mondenumérique.info. Si c'est pour le podcast en général, et merci à tous ceux qui m'ont envoyé des messages hyper sympas, continuez, n'hésitez pas, sur votre plateforme d'écoute, Apple Podcasts, Spotify, Podcast Addict, etc. Et au passage, n'hésitez pas non plus à mettre 5 petites étoiles quand c'est possible. Enfin, retrouvez Monde Numérique en application mobile, signé Good Barber à télécharger sur iPhone et sur Android. Monde Numérique : [4:14] Allez, une séquence actue un peu particulière cette semaine. On va surtout d'abord revenir sur 2025 et ensuite se projeter sur 2026. Mais oui, est-ce que vous vous rendez compte de tout ce qu'on a vécu en 2025 ? Et tout d'abord sur le fond de l'intelligence artificielle, avec notamment ce qu'on pourrait appeler la bataille des LLM, des Large Language Model, des innovations en matière d'IA, en fait, avec des annonces quasiment toutes les semaines. Rappelez-vous, 20 janvier 2025, c'est la sortie d'un outsider inattendu, le chinois DeepSeek R1, le modèle qui provoque un séisme dans le monde de la tech, car il montre que l'entreprise chinoise peut égaler les leaders européens, notamment OpenAI, qui à l'époque en était son modèle O1, avec en plus beaucoup moins de ressources, en tout cas c'est ce qu'annoncent alors les Chinois, et sur un modèle open source qui plus est. Ok, février 2025, réplique si on peut dire de XAI d'Elon Musk qui lance Grog 3. Monde Numérique : [5:11] Anthropic sort Cloud 3.7 sonnet, Microsoft publie FI 4 multimodal, etc. Et ce sera comme ça tout au long de l'année. En mai, Anthropic sort Cloud 4 annoncé comme capable d'exécuter des tâches de manière autonome. Et ça, c'est un tournant au cours de l'année 2025. En août, OpenAI lance le 7 août 2025 GPT-5, présenté comme une super bombe atomique, le successeur de GPT-4, qui franchit un nouveau cap en termes de capacité générale, mais ça ne se passe pas comme prévu, car GPT-5 fait un peu un bide et en catastrophe, OpenAI est obligé de sortir une version GPT-5.1 pour rectifier le tir. D'ailleurs, ChatGPT, en réalité, n'a pas terminé l'année 2025 de manière très heureuse. À cause, j'allais dire grâce, mais à cause de Google qui le 18 novembre lance Gemini 3 et là, nouveau choc comme on avait connu en fin d'année. Monde Numérique : [6:10] Mais ce sont les Américains qui reprennent l'avantage ce Gemini 3 de Google est hyper puissant, il écrase tous les autres sur les, tests qui peuvent être faits et ce qui oblige d'ailleurs OpenAI à mettre à jour rapidement son ChatGPT en version 5.2 en fin d'année pour tenter de reprendre l'avantage et surtout en interne. Sam Altman lance le code rouge. Ça veut dire, les gars, il faut vous y mettre parce qu'attention, on est en train de se faire distancer. Monde Numérique : [6:39] L'IA en 2025, ce sont également des investissements records, notamment dans les infrastructures. Le 21 janvier 2025, Donald Trump dévoile le projet et annonce le projet Stargate, une initiative d'envergure destinée à renforcer l'infrastructure d'IA. 500 milliards de dollars avec dans la boucle OpenAI, SoftBank, Oracle. C'est présenté comme l'un des plus grands projets de data center IA au monde. Monde Numérique : [7:06] Stargate qui se met en route et devient une réalité industrielle avec l'ouverture tout d'abord d'un premier méga-centre de données au Texas, équipé de milliers de puces Nvidia et d'autres sont également prévus et continuent de se construire sur tout le territoire des Etats-Unis. Mais pas seulement, car l'Europe et notamment la France est également dans la course au data center, on le sait avec deux nouveaux centres qui ont vu le jour également tout au long de l'année, notamment du côté de Marseille, en région parisienne également, ces data centers absolument indispensables aujourd'hui à la révolution de l'IA. Des annonces également d'investissements et de contrats qui vont se multiplier, 300 milliards de dollars sur 5 ans pour OpenAI, Oracle, 100 milliards pour Nvidia, le leader tout-puissant des cartes accélératrices pour les calculs d'IA. Microsoft annonce 17 milliards et demi d'investissements en Inde dans l'IA et le cloud, C'est l'une des plus importantes annonces de 2025 dans cette compétition technologique et même des boîtes comme Disney s'y mettent le 11 décembre 2025. Disney annonce un investissement d'un milliard de dollars dans OpenAI pour permettre la génération de vidéos. Eh oui, les films Disney générés par IA, préparez-vous, ça va arriver. Monde Numérique : [8:20] Ça, c'est pour les gros sous. Parallèlement, la réglementation en matière d'intelligence artificielle, on en a également beaucoup parlé en 2025. Avec une situation assez contrastée, puisque d'un côté, aux États-Unis, on dérégule la mort, et de l'autre, en Europe, au contraire, on régule. En 2025, Donald Trump a signé deux décrets majeurs. Le 23 janvier tout d'abord, ce qui est un peu le décret fondateur, numéro 14179, qui abroge un autre décret de son prédécesseur, Joe Biden, jugé trop contraignant. Il s'agit de favoriser une IA sans biais idéologique, entre guillemets, et d'accélérer le développement technologique de l'intelligence artificielle sans régulation préventive lourde. Autrement dit, il veut complètement libérer l'innovation. 11 décembre 2025, donc carrément à la fin de l'année, autre décret de Trump, le décret de centralisation qui vise là à empêcher les États fédérés comme la Californie notamment de créer leur propre loi sur l'IA. Il s'agit d'éviter une mosaïque réglementaire et puis surtout de donner un contexte et une dimension nationale à cette déréglementation, dérégulation, libéralisation totale afin de favoriser les entreprises américaines. Monde Numérique : [9:34] Pendant ce temps-là en Europe, d'abord on continue de courir après la souveraineté numérique, et ce n'est pas facile, on le sait, on en parle souvent dans ce podcast. Monde Numérique : [9:41] On tente aussi de limiter les mauvais impacts économiques et sociétaux des grands outils américains qui sont donc plus fous que jamais. Monde Numérique : [9:52] Ainsi, le 2 février 2025, c'est l'entrée en vigueur de l'AI Act, la réglementation européenne sur l'intelligence artificielle, avec tout d'abord, on part de très haut, il s'agit de casser dans l'œuf ce qui est considéré comme des IA à risque inacceptable. Ça devient illégal, comme la manipulation cognitive, la notation sociale ou la reconnaissance des émotions. Mais en fin d'année, on rétropédale un peu sur la réglementation de l'IA en Europe, puisque plusieurs pays, dont la France et l'Allemagne, demandent à la Commission européenne de ne pas surréglementer afin de ne pas étouffer, écraser les start-up qui n'en sont qu'au début de leurs histoires, notamment le très souvent cité Mistral et Haï. Il s'agit bien sûr à la fois de se protéger et en même temps de ne pas perdre la course à l'innovation face aux Etats-Unis. Bref, deux salles, deux ambiances. Et l'année se termine sur quasiment un couac diplomatico-technologique. L'ancien commissaire européen Thierry Breton, ex-grand ordonnateur de cette réglementation anti-GAFAM, parce qu'il n'est plus dans la boucle, mais il a été vraiment l'initiateur, notamment du DSA, du DMA, les textes de réglementation qui concernent, entre autres, les réseaux sociaux, et qui est soudainement déclaré « persona non grata » aux États-Unis. Monde Numérique : [11:11] Décision de l'administration Trump, un véritable coup de tonnerre qui ferait presque oublier, malheureusement, le succès, pourtant, en début d'année en France, en février, du sommet de l'IA, du sommet AI Action, qui vraiment avait fait rayonner la France en rassemblant plus de 1000 participants de plus de 100 pays pour coordonner l'action internationale sur l'IA. Monde Numérique : [11:36] Il faut dire également un mot de ce qui s'est passé concrètement dans les entreprises avec, en 2025, on peut le dire, le début véritablement de l'adoption de l'intelligence artificielle. L'IA s'installe dans les entreprises. Selon une étude Gallup, 45% des salariés américains utilisent désormais des outils d'intelligence artificielle. Un chiffre en hausse par rapport au trimestre précédent. Monde Numérique : [11:59] Pas de chiffre pour l'Europe, je n'ai pas ça sous la main, mais on est un peu sur la même tendance également, de plus en plus. Avec, attention les yeux, le corollaire de tout cela, les premières suppressions d'emplois que l'on met sur le dos de l'IA. Je préfère dire ça plutôt que dire à cause de l'IA, car la relation de causalité n'est pas forcément évidente dans tous les cas. L'IA peut aussi servir de prétexte pour des plans sociaux, avec des annonces spectaculaires en 2025, notamment chez Microsoft, Amazon, IBM ou encore HP, qui a décidé de se priver de 10% de ses effectifs officiellement à cause de l'IA. Alors, tout cela nous ramène à le contexte économique global et la question qui a irrigué l'année. Y a-t-il ou pas une bulle ? Autour de l'intelligence artificielle et celle-ci va-t-elle éclater ? Bulle technologique, bulle financière. La course folle des entreprises, des géants de la tech, conduit en tout cas aux Etats-Unis à une débauche de capitaux, on l'a dit, des milliards qui pleuvent par centaines et donc des valorisations qui peuvent paraître déraisonnables. Monde Numérique : [13:07] Est-ce que tout cela va se finir comme au début des années 2000 avec le boom des dot-coms par un effondrement total ? Mais si bulle, il y a en réalité, et si elle doit éclater, elle touchera certainement, oui, des entreprises de taille moyenne qui se développent comme des petits pains aux Etats-Unis. On est moins sensible à ce phénomène en Europe, mais dès qu'on va aux US, on le constate, il y a beaucoup, beaucoup d'entreprises autour de l'IA qui ne sont pas Google, Microsoft, Amazon, etc. Monde Numérique : [13:34] Mais beaucoup de business, énormément, peut-être trop. Et ce sont peut-être ces entreprises qui risquent d'en faire les frais. Mais pour l'instant, la bulle n'a toujours pas éclaté. Enfin, on termine sur ce coup d'œil de 2025 avec technologiquement où en sommes-nous. En réalité, la super IA que l'on nous promet depuis maintenant 2-3 ans n'est toujours pas là. C'est ce qu'il faut retenir. Cette IA plus intelligente que tous les humains mis ensemble, ce n'est pas encore une réalité. On pourra s'en réjouir ou s'en désoler. Mais les chercheurs et les ingénieurs, en tout cas, continuent de plancher, de courir après. Et même si on n'en mesure pas encore tout à fait les effets, comme Elon Musk qui avoue qu'il y a 25% de chances que ça tourne mal si on développe une super IA. On est un peu comme au temps du développement du nucléaire avec des potentialités absolument phénoménales et des risques tout aussi effrayants qu'ils nous pendonnaient. Enfin, l'année 2025 se termine par un album de famille, celui des personnalités de l'IA, les architectes de l'EI. C'est la couverture du magazine Time qui décerne son titre de personnalité de l'année à huit dirigeants emblématiques, dont Jensen Huang de Nvidia, Sam Altman de Open AI, Elon Musk, etc. Monde Numérique : [14:50] 2025 écrit Time a été l'année où tout le potentiel de l'intelligence artificielle s'est révélé au grand jour. Alors, en 2026, qu'est-ce qui nous attend ? Eh bien, un phénomène qui a démarré déjà en 2025, c'est celui des agents autonomes. Contrairement aux chatbots classiques, quand on parle à ChatGPT par exemple, voici les agents qui, eux, peuvent accomplir des tâches complexes de bout en bout, comme par exemple organiser un voyage, gérer des e-mails, des factures, ou même coder une application entière sans supervision. C'est la révolution des agents qui va se poursuivre, c'est certain, en 2026. Une IA globalement plus intelligente aussi grâce au concept de World Models du français Yann Lequin qui estime que les LLM sont voués à l'échec dans ce domaine et c'est pour cela qu'il développe un tout nouveau concept, celui des World Models. Une IA qui aura véritablement une appréhension du monde. Yann Lequin qui a quitté Meta pour lancer sa startup en France et on a hâte de voir ce qui va se passer dans les mois qui viennent. Monde Numérique : [16:00] Et puis, 2026 aussi, parmi les prévisions, l'explosion de ce qu'on appelle le IA on-Device ou le Edge AI. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'au lieu de déporter systématiquement toutes les datas et tous les algorithmes dans les data centers, on fait de plus en plus travailler les processeurs à l'intérieur même de nos appareils, car ces processeurs sont de plus en plus puissants, dans les smartphones notamment, ce qui permet d'avoir des modèles qui tournent localement. C'est plus frugal, c'est plus économique, ça consomme moins d'énergie, ça va plus vite aussi. Et puis en termes de vie privée, ça peut présenter certains avantages. Donc il n'y a que du bien à tout ça. Ça ne pourra pas être du 100% on-device, mais c'est une vraie tendance amorcée depuis déjà un certain temps qui devrait se confirmer en 2026. Monde Numérique : [16:47] Côté produits high-tech, que nous réserve 2026 ? On en saura plus à partir de la semaine prochaine avec le CES de Las Vegas, peut-être notamment une débauche de lunettes connectées. En attendant, on a également un œil sur Apple, qui bien entendu est un peu la boussole de la technologie. Alors Apple, après une année compliquée, il faut bien le dire, marquée par des départs en cascade, une réorganisation en interne qui marque un peu la fin de règne de Tim Cook, Eh bien. Monde Numérique : [17:16] Également, après ce qui ressemble quand même à un bide pour le masque d'informatique spatiale Vision Pro, par exemple, on aura peut-être en 2026 un Vision Pro 2 moins cher, plus accessible, et puis surtout, on l'espère, un assistant IA, enfin, digne de ce nom, un Siri un peu plus musclé, ce qu'Apple n'a pas réussi à faire en 2025, mais là, grâce à un partenariat avec Google Gemini, ça devrait se concrétiser, on l'espère, en 2026. Côté appareil aussi, peut-être un iPhone pliant. Il y a beaucoup de fuites à ce sujet actuellement. Apple pourrait faire un iPhone qui se plie en deux, avec du retard en réalité, puisque si on regarde ce qui se passe du côté des concurrents comme Samsung, ils ont déjà plusieurs modèles à leur actif. Et notamment maintenant, ils sont sur les projets de pliant à trois volets, que l'on verra également apparaître en 2026. Tendance également pour l'année à venir et pour les années à venir, les robots humanoïdes, les robots de service. On a vu pas mal de choses en 2025, même s'il y a de quoi douter en réalité de la compétence réelle de ces robots qui sont la plupart du temps actionnés à distance. C'était surtout des preuves de concept. Monde Numérique : [18:23] Vératons de véritables robots autonomes en 2026, venant par exemple d'entreprises comme Tesla avec Optimus ou encore Figure, Figure & Hides, entreprise américaine et surtout beaucoup, beaucoup d'entreprises chinoises. Il y aura des choses aussi du côté de la maison, la maison connectée et la maison apprenante. Maintenant, on va passer dans une nouvelle dimension, celle de la domotique intelligente, avec des robots aspirateurs de nouvelle génération qui ne se contenteront plus de nettoyer, mais qui pourront même ranger les objets avec leurs petites mains musclées ou en tout cas leurs bras articulés. On avait aperçu ça au CES de Las Vegas l'année dernière et à n'en pas douter, il y aura beaucoup de robots aspirateurs cette année encore à Las Vegas. Monde Numérique : [19:06] Sinon, pour revenir à des choses un peu moins glamour, parlons de ce qui se passe du côté législatif. La France, en 2026, va-t-elle interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans ? C'est le projet qui est cette fois vraiment dans les tuyaux. Une loi pourrait être discutée en début de l'année. Tandis qu'en Chine aussi, on réglemente à tour de bras, avec très bientôt de nouvelles règles très strictes pour encadrer les compagnons IA, c'est-à-dire ces IA très personnalisés, ces avatars avec lesquels de plus en plus de jeunes ont tendance à dialoguer sans aucune barrière et sans aucun cadre, ce qui provoque de véritables troubles psychologiques. Donc la Chine s'apprête à réglementer afin d'éviter de prévenir les risques psychologiques, la dépendance émotionnelle. Et puis aussi les contenus dangereux, indésirables générés par ces chatbots, ce qui ferait de la Chine l'un des pays au monde avec la régulation la plus sévère pour ce qui concerne les IA conversationnelles. Enfin, côté économique, la bulle, est-ce qu'elle va éclater ou pas, on l'a dit, mais surtout peut-être une mauvaise nouvelle du côté des appareils high-tech avec une possible explosion des prix des mémoires informatiques. Monde Numérique : [20:17] Le prix des fameuses RAM ne cesse d'augmenter à cause de l'intelligence artificielle précisément, qui monopolise toutes les ressources. Il n'y a pas de quoi faire face à la demande. Du coup, on s'attend à une augmentation possible des prix des smartphones, des PC et des consoles en 2026. Eh oui, mauvaise nouvelle, ça devrait se faire sentir notamment sur l'entrée et le milieu de gamme. L'Europe, de son côté, parviendra-t-elle à rebondir et à prendre sérieusement le tournant de l'IA et de la robotique ? Toujours avec ce souci de préserver la souveraineté numérique, on y croit, on y croit. Et puis, comme chaque année, l'année va donc commencer par ce grand déballage du CES de Las Vegas. On en parle dans un instant avec mes invités. Avant d'aller plus loin, un mot de Frogans, partenaire de l'hebdo de monde numérique. En 2025, je vous ai fait découvrir cette initiative technologique unique au monde, une nouvelle manière de consulter, de publier du contenu en ligne. Frogans fait sortir Internet du cadre avec des sites graphiques simples, très fluides. 2026 sera une année décisive pour Frogans, qui s'adresse pour l'instant en priorité aux développeurs. Comment ça marche concrètement ? Alexis Tamas, cofondateur de Frogans. Invité : [21:34] Le fonctionnement de Frogans, du point de vue de l'utilisateur final, c'est une application. Alors sur un téléphone, ça vient d'un store tout à fait traditionnel. Sur un ordinateur, pareil, on télécharge un petit logiciel qui s'appelle Frogans Player, qui est disponible gratuitement, qui ne nécessite pas d'enregistrement de la part des utilisateurs et qui est distribué par l'OP3FT, qui est en charge de la standardisation de Frogans. Monde Numérique : [21:54] Et pour en savoir plus, rendez-vous sur f2r2.fr, f2r2.fr. Alors cette semaine, pas de débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti à Montréal, comme d'habitude. Mais à la place, je me suis dit que j'allais vous raconter mes vacances, mes vacances de Noël. Alors pas exactement les vacances, mais plutôt vous faire part de mon expérience de ce qu'on appelle le vibe coding. Le vibe coding, c'est tout simplement la possibilité de créer du code, de créer des applications sans écrire une seule ligne de code, grâce à l'intelligence artificielle. Je vous en parle d'ailleurs dans un épisode des mots de la tech cette semaine, pour en savoir plus. Monde Numérique : [22:38] Et je m'en suis donc donné à cœur joie à l'occasion de cette trêve de fin d'année. Alors, je n'ai pas fait que ça, j'ai aussi une vraie vie, avec des vrais gens, une vraie famille, mais ça, ça vous intéressera moins. En revanche, c'est un peu un retour d'expérience dont je voudrais vous faire part ici. Tout est parti d'une nécessité, celle d'améliorer les outils que j'utilise quotidiennement pour gérer la production de ce podcast au jour le jour. Jusqu'à présent, j'utilisais le logiciel Notion, qui est un peu une espèce de super Excel hyper perfectionné, avec un système de base de données qui remplissait assez bien son office, mais qui, au fil du temps, à force de vouloir améliorer le système, était devenu un peu lourdingue et surtout limité. Je ne pouvais pas faire tout ce que je voulais. Alors là, je me suis tourné vers deux outils dont je vais vous parler tout de suite, qui sont Airtable et Lovable. Airtable, tout d'abord, qui n'est pas nouveau, mais Airtable, c'est un système qui permet, là encore, de créer des bases de données, de se bâtir une structure pour remplir des besoins particuliers. Et je me suis servi de Airtable pour gérer, pour mettre en place un tableau de bord qui permet de gérer un peu le côté business de cette activité, c'est-à-dire gérer les relations avec les partenaires, la partie commerciale du monde numérique, ce que vous ne voyez pas. Monde Numérique : [24:02] Ça va jusqu'à la facturation, etc. Les actions à mener aussi, les engagements vis-à-vis des uns et des autres. J'ai donc appelé ce tableau de bord Business Tracker. Et en gros, c'est un dashboard avec des tables, des liens dans tous les sens, des automatisations aussi et des interfaces. Et c'est ça que j'ai bien aimé dans cette plateforme, Rtable. C'est-à-dire qu'on sort du côté brut des lignes de tableaux pas toujours très sexy pour essayer de bâtir des choses un peu plus agréables avec des gros boutons, des petits schémas, des graphismes, etc. Rtable, je l'ai dit, ce n'est pas neuf, vous connaissez peut-être. Ça fonctionne maintenant avec un assistant IA auquel on peut demander de l'aide, c'est-à-dire qu'on a en permanence sur la gauche, on peut ouvrir une fenêtre avec laquelle on va dialoguer pour lui demander de nous aider à faire telle ou telle chose. Monde Numérique : [24:50] C'est moins spectaculaire que Lovable dont je vais vous parler tout à l'heure, mais c'est quand même assez utile pour tout simplement configurer ces fameux tableaux, les liaisons, les vues, etc. J'ai aussi beaucoup utilisé ChatGPT et Jiminy pour ça. Parce que derrière la construction de ce type d'outils, il y a toute une partie réflexion. On part d'un problème et on se dit comment je vais le résoudre ? Comment il faut faire ? Est-ce qu'il faut construire une, deux, trois, quatre tables qu'on va interconnecter avec les autres, etc. Et là, les outils de GPT ou de Gemini sont très utiles pour donner des détails sur ce qu'il est possible de faire, donner des conseils aussi, et pour analyser mes besoins et m'aider à construire cet outil d'un point de vue logique. Voilà pour Rtable. Plus intéressant et plus amusant encore, Lovable. Alors Lovable, c'est une startup suédoise qui est moins connue, mais qui est certainement promise à un bel avenir, qui vient de lever d'ailleurs 330 millions d'euros à la fin de l'année. Et on comprend pourquoi, car c'est un outil que j'ai trouvé absolument incroyable, formidable. Et avec Lovable, je me suis amusé à créer un autre outil dont moi j'avais besoin pour suivre véritablement au jour le jour la programmation de ce podcast, pour bien programmer les interviews, les émissions, savoir quand on passe quoi. Monde Numérique : [26:08] Les rendez-vous partenaires aussi, etc. Et puis pour partager tout ça avec les gens qui m'aident. J'ai donc bâti un petit outil qui s'appelle PodTracker et qui repose entièrement sur Lovable, qui remplace ce que je faisais précédemment sur Notion et qui prend donc la forme d'une véritable application web. Une web app en SaaS, qu'on appelle SaaS, du Software as a Service, donc online à travers un navigateur internet. Une application incroyablement... Monde Numérique : [26:37] Professionnelle, clean, moderne, très élégante, avec un design très agréable. C'est toujours important d'avoir un beau web design pour des outils professionnels qu'on utilise tous les jours. En tout cas, moi, j'y suis très sensible. Il y a même une application mobile, une web app complètement fonctionnelle. Et j'ai réussi à mettre cela en place sans écrire une seule ligne de code. Tenez-vous bien, le moteur de base m'a pris à peine deux jours pour être implémenté et il était fonctionnel. Monde Numérique : [27:11] Toute cette programmation a été faite grâce au chatbot d'intelligence artificielle de Lovable. On lui dit ce qu'on veut et il s'exécute. On lui dit créer telle et telle table, établir telle et telle connexion entre les tables, créer un design comme ci ou comme ça, mets des couleurs, mets ce bouton à droite, « Ah non, finalement, il serait mieux à gauche, etc. » Et en fait, on n'a même pas vraiment besoin d'aller complètement dans le détail parce que lui-même est très proactif, il prend des initiatives, c'est lui qui décide de placer les différents éléments sur la page, etc. Si on n'est pas content, on peut changer. S'il y a une fonction qui ne fonctionne pas comme prévu, on lui dit, il fait des tests, il réessaye, il essaye d'autres méthodes, il nous explique tout en détail et il recommence sans jamais se fatiguer. Et on se fatigue, évidemment, beaucoup plus vite que l'IA. on peut laisser le travail en plan l'Europe le rendre le lendemain et le résultat est immédiat, on voit. Monde Numérique : [28:08] Instantanément sur l'autre partie de l'écran, c'est-à-dire que sur la gauche on a le chatbot, et sur la droite, on voit une fenêtre de prévisualisation de ce qu'on est en train de créer, c'est le produit fini, et si on clique pour publier, alors là c'est la même chose, mais en mode complètement fonctionnel, c'est absolument étonnant, j'étais scotché. L'appli est hébergée chez Lovable, bon ça c'est peut-être une limitation, je vais en dire un mot dans un instant, mais en tout cas ça m'a permis de faire des choses que d'abord, je n'arrivais pas à faire sur Notion comme des trucs très concrets, comme afficher des données provenant de deux bases de données différentes dans le même calendrier, par exemple. Monde Numérique : [28:47] Et avec, à l'arrivée, une interface très simple, très élégante et un outil hyper puissant, sur mesure, exactement sur mesure par rapport à mes propres besoins, dans les moindres détails. C'est tellement incroyable qu'en fait, on n'a jamais envie de s'arrêter. Ça devient complètement addictif parce qu'on a toujours une trucs qu'on veut améliorer par-ci, par-là, etc. J'ai quasiment recréé, enfin recréé, j'ai demandé à l'IA de créer un éditeur de textes enrichis à l'intérieur de l'appli pour pouvoir taper des scripts, etc. Avec tout ce dont on a besoin, les liens hypertextes et tout et tout. Alors, en résumé, sans faire une analyse très poussée de ces outils, c'est juste un coup d'œil comme ça, eh bien, Les choses sont claires, ça m'a permis de créer un outil sur mesure en deux temps, trois mouvements. Monde Numérique : [29:39] Sans faire appel à un développeur, ce qui aurait pris beaucoup plus de temps et ce qui surtout aurait coûté beaucoup plus cher, qui n'aurait de toute façon pas été dans mon budget, il faut bien le dire. Les limites, s'il faut en trouver, peut-être des interrogations en matière de sécurité et de cybersécurité, car on sait que le code généré par IA parfois n'est pas idéal, même si le système contrôle en permanence il n'y a pas des failles de sécurité il propose des scans de sécurité à chaque itération et il nous dit attention là il y a tel type de données qui peut être accessible potentiellement par tel biais voulez-vous qu'on le corrige ou pas parce que parfois aussi ce n'est pas un véritable risque, autre limite potentielle aussi à cet outil Lovable peut-être la difficulté à exporter ensuite une telle application puisqu'elle reste à priori prisonnière de la plateforme. Ça, il faudrait que j'investigue un peu plus pour en être sûr. Mais bon, voilà, j'aimerais éventuellement, pourquoi pas, peut-être donner accès à cela à d'autres podcasteurs que cela intéresserait. Monde Numérique : [30:39] Ce sera difficile en réalité parce qu'il faudrait à ce moment-là passer dans une logique complètement de fournisseur de solutions technologiques qui n'est pas mon métier, qui doit prendre beaucoup de temps et qui doit apporter beaucoup de contraintes et de responsabilités également. Et puis, si on se demande où sont les limites, c'était bien, d'un point de vue technique, j'en ai pas trouvé, et c'est ça qui est complètement fou, c'est que chaque fois que je lui demandais des nouvelles choses, je me disais non, mais là, il va me dire, ah, c'est pas possible, et en fait, était toujours possible. Alors, si on prend un peu de hauteur par rapport à cette expérience, ce qu'on en retient, c'est que, évidemment. Monde Numérique : [31:12] Oui, on peut se poser la question et même avoir la réponse. Le métier de développeur, en tout cas en tant que générateur de code informatique, paraît quand même sérieusement menacé ou en tout cas impacté. Mais le métier de développeur, ce n'est pas que ça. Ce n'est pas seulement pisser du code, si on peut dire. C'est aussi surtout comprendre les problèmes, les analyser, les traduire en applications concrètes, savoir quoi demander à la machine. Donc, si une certaine manière de faire du développement risque de disparaître ou d'évoluer, il y a aussi sûrement plein de nouveaux métiers ou de nouvelles façons d'être développeurs qui vont apparaître, comme ne serait-ce que de tenir ce rôle de pilote de l'intelligence artificielle que tout le monde n'a pas forcément envie de tenir. On ne sait pas toujours ce qu'on doit demander à la machine, on n'a pas toujours d'appétence particulière pour ça, donc des développeurs eux En revanche, sauront recueillir les besoins, par exemple, d'un client pour demander ensuite à l'IA et adapter en conséquence. Et d'autant plus qu'ils peuvent aller très loin dans la vérification, puisqu'il est toujours possible d'accéder au code directement pour le vérifier, pour éventuellement l'améliorer, voir s'il est propre, etc. Quant à moi, en tant qu'utilisateur lambda dans cette histoire. Monde Numérique : [32:28] La réalité, je dois vous le dire, c'est que je me suis senti réellement augmenté, comme on dit, par l'intelligence artificielle. Parce que je me suis trouvé soudain capable de faire des choses dont j'avais absolument besoin, mais que j'étais incapable en réalité de faire tout seul. Et c'est là où tous les outils d'IA mis bout à bout, vraiment, parce qu'à la fois ChatGPT et Gemini pour la réflexion, l'organisation, la définition des besoins et puis savoir comment les résoudre. Et puis aussi les outils eux-mêmes pour créer ces fameuses applications. C'est le genre de situation où on se dit que si parfois l'IA déchargent nos cerveaux de certaines tâches parce qu'on n'a plus envie, on n'a plus besoin de faire telle ou telle chose. Et ça, ça peut être inquiétant parce qu'on se dit qu'on va devenir très paresseux. Monde Numérique : [33:13] Intellectuellement, la fameuse dette cognitive. Clairement, il y a aussi des moments où c'est exactement le contraire et on se sent soudain avec des super pouvoirs qui nous permettent de faire des choses incroyables qu'on était incapable de faire auparavant. Développer deux applis from scratch, comme on dit, enfin pas tout à fait from scratch parce que j'avais déjà pas mal de choses qui existaient, qui fonctionnaient. Et arriver à des trucs de cette qualité-là en à peine quelques semaines, c'est absolument incroyable. Je sais que je ne suis pas tout seul d'avoir fait ça. Je connais pas mal de personnes qui se sont amusées à faire des applications de ce genre dans des Monde Numérique : [33:48] tas de domaines différents. Je les salue au passage, d'ailleurs. Mais voilà, c'était ma modeste et petite expérience personnelle de Vibe Coding que je voulais partager avec vous dans cet épisode. Invité : [34:10] Monde numérique, le meilleur de la tech. Monde Numérique : [34:15] L'intelligence artificielle au service de la santé, au service des médecins, des patients. Qu'est-ce que ça change l'IA dans la santé ? On en parle dans un instant avec un spécialiste. Mais d'abord, direction Las Vegas pour le CES, le grand salon Consumer Electronics Show. Que nous réserve cette édition 2026 qui démarre dans quelques jours ? Réponse avec deux des plus fidèles observateurs de ce rendez-vous. Matthieu Deboeuf-Rouchon, Lionel Tardy, bonjour messieurs. Invité : [34:44] Et bonjour Jérôme. Monde Numérique : [34:45] Bonjour Jérôme. Vous êtes les auteurs désormais mondialement connus du fameux guide de survie du CES, le CES de Las Vegas, que vous publiez depuis plusieurs années conjointement et dont on va parler, qui est vraiment la porte ouverte sur l'année 2026 qui s'offre à nous. Alors, rentrons dans le vif du sujet. Quelles sont les tendances que vous avez dégagées et que vous voyez, vous qui avez déjà exploré et examiné tout le programme ? Pour moi, l'édition 2026, elle va marquer une structure fondamentale par rapport aux trajectoires précédentes. On avait. Monde Numérique : [35:29] Au niveau notamment de la ligne éditoriale, de la CTA, qui est tous les ans. Monde Numérique : [35:34] Vers… Tous les organisateurs ? Monde Numérique : [37:01] Deep Tech et intelligence artificielle, c'est ça ? Invité : [37:04] Oui, décentralisation. Monde Numérique : [37:07] Voilà, donc Deep Tech, c'est vraiment les innovations en profondeur, presque au niveau scientifique. Invité : [37:13] Et donc pour nous aujourd'hui, enfin pour moi en tout cas, on sera plus dans la tech invisible cette année. Monde Numérique : [37:18] Que dans ce qui a fait le succès du CES, c'est-à-dire toujours pareil, ces énormes stands avec d'énormes trucs qui t'en mettent plein les yeux parce que ça reste un show. Bon, il y en a quand même des grands stands, rassurez-nous. Invité : [37:29] Bien sûr, il y aura beaucoup, t'imagines même pas. Le Elvis ici, il est saturé, il faut dire ce qu'il y a. Monde Numérique : [37:36] Donc, le Conversion Center. Invité : [37:37] On va retrouver John Deerey, on va retrouver… Ça. Monde Numérique : [37:40] C'est incroyable, attends, c'est un fabricant de machines agricoles. Invité : [37:45] Ah oui, mais de gros joujoux, mais comme tu peux pas autre. Monde Numérique : [37:46] De machines agricoles. Invité : [37:47] Oui, mais parce qu'en fait, aujourd'hui, et ce qui est intéressant, alors la vue agricole que nous avons en France vs la vue agricole anglo-saxonne et plus encore américaine est totalement différente, mais c'est là qu'on voit depuis plusieurs années que le véhicule, bien qu'il dispose encore d'un volant quoique chez Kubota il n'en dispose plus, est aujourd'hui quasi 100% autonome et c'est là que finalement une des tendances majeures qu'on peut voir sur le CES Oui c'est des robots géants pour aller dans les champs Exactement, intelligents, géants et qui te permettent de déterminer au mieux les traitements en pesticides, fongicides qu'il faut opérer, de savoir à l'avance si tu ne vas pas avoir trop de pertes sur ta production et c'est là que le thème central qui reste lié quand même cette année, Lionel en parlait, agit vraiment comme plutôt l'intelligence artificielle comme un élément décentralisé, comme un cerveau copilote, un cerveau orchestrateur. Et cette notion d'IA comme un orchestrateur, c'est vraiment l'élément transverse qu'on va retrouver cette année au-delà des autres topiques qui ponctueront ce salon. Monde Numérique : [38:49] Bon, est-ce qu'il y aura des robots ? Est-ce qu'il y aura des lunettes connectées ? Invité : [38:53] En tout cas, il y en a pas mal. Monde Numérique : [38:56] Des. Invité : [38:56] Robots il y en aura. Monde Numérique : [38:57] Des robots il y en aura, Il y a beaucoup de robots aspirateurs aussi, chaque année au CES. Invité : [39:04] C'est dans la partie lifestyle sur le Vénétien Campus, effectivement, je ne te cache pas qu'il y en a de prévus. Beaucoup d'exosquelettes, énormément d'exosquelettes, encore une fois. Monde Numérique : [39:12] Oui, les exosquelettes, ça, ce n'est pas nouveau, en fait, ça fait plusieurs années qu'on voit ça. Invité : [39:16] Ce qui n'est pas nouveau dans les thématiques, ce qui est nouveau néanmoins, c'est dans les matériaux, l'interopérabilité, la formation des exosquelettes, le fait qu'il y ait beaucoup plus d'exosquelettes lifestyle et opérateurs augmentés que d'exosquelettes centrés santé à proprement parler, donc en fait il y a les deux mais il y a une vraie avancée sur la formation des exosquelettes où en moins de 20 secondes sur certains modèles sont en mesure d'avoir compris la façon dont marche la personne et de pouvoir prédire, anticiper, notamment des chutes et notamment aussi les besoins d'assistance donc c'est quelque chose qui est très présent cette année et les lunettes connectées personne n'en a vraiment parlé les dernières alors qu'elles étaient quand même très très présentes en tout cas Oui. Monde Numérique : [39:56] Il y en avait quand même pas mal. Lionel, qu'est-ce que tu as repéré de ton côté ? Moi, j'ai repéré des choses intéressantes, notamment dans… de lunettes connectées, on ira tous voir Xreal, par exemple, qui est un des leaders mondiaux. Ah ouais, d'accord. Et donc, simplement, des mouvements de visage font que tu pilotes ton environnement. Invité : [40:51] Il ne faut pas sourire au mauvais moment, quoi. Monde Numérique : [40:54] Exactement. Invité : [40:54] Il ne faut pas rigoler, il faut que voilà, c'est ça, la mauvaise blague. Monde Numérique : [40:58] Est-ce que, face à tout ça, l'électronique classique a fait un peu de mal à exister, je pense ? Alors, il y aura évidemment pléthore de grands écrans, d'enceintes, etc. Mais finalement, bon, alors, en plus, je vois ça peut-être avec un prisme journalistique, on cherche d'abord ce qui sort du lot et on n'a pas la même démarche que quand on est acheteur chez Darty ou chez Boulanger on ne cherche pas la même chose sur ce genre de salon, nous ce qu'on veut c'est du waouh du tape à l'oeil on l'a eu pendant des années, au CES avec la vidéo le magnétoscope, le laser disque etc, mais tout ça l'électronique de loisir est-ce qu'elle n'est pas un peu en retrait finalement ? Invité : [41:44] Alors, dans notre préparation, elle l'est forcément parce que ce n'est pas les angles que l'on prend, mais le CES reste un lieu consumer. Donc, dans les faits, le cœur historique, je ne dis pas le cœur battant, mais le cœur historique du CES reste le Las Vegas Convention Center sur lequel on va avoir du LG, du Samsung, des écosystèmes. Alors oui, les écrans sont là, mais en même temps, les écrans, c'est quoi ? C'est de la meilleure définition. C'est des écrans plus fins, des écrans qui n'ont plus besoin de câbles pour être connectés. Donc, en fait, quelque part, il y a moins d'effets waouh si ce n'est des avancées technologiques à proprement parler. Donc forcément, il y a toujours cet effet waouh, toujours beaucoup de produits. Invité : [42:22] Toujours ce qui fait le cœur de ce que l'on a connu du CES, mais entre le cœur historique et le cœur battant, la différence c'est que le battant aujourd'hui, il est sur l'IA, il est sur la deep tech, il va être sur les micro-composants, il va être sur des capteurs par exemple comme Point Fit qui vont analyser la sudation des personnes, par un capteur sur la peau pour analyser différents facteurs biologiques typiques, tout ce qui va tourner autour des maladies. Donc, il va analyser le lactate, la cortisol, plein d'éléments qui sont intéressants et qui permettent d'avoir des indicateurs de santé propres à son suivi ou des suivis de pathologie. Donc, en fait, ça, c'est plus le CES que l'on voit finalement aujourd'hui et peut-être un peu moins les écrans que l'on pouvait avoir ces quelques années. Oui ils s'enroulent oui ils sont transparents oui ils sont toujours plus grands oui ils sont toujours moins chers oui etc bon et bien effectivement voilà c'est et tu le soulignes d'ailleurs le sujet du vendeur de chez Darty qui va au CES il y va pour voir des nouveautés donc il va être rassasié de ce point de vue là après c'est à l'IFA de Berlin qu'il va vraiment falloir passer commande donc en fait il y a quand même un continuum qui se joue mais il y a un futur exceptionnel quand même des produits au CES ça fait encore rêver il ne faut pas non plus voiler la face. Monde Numérique : [43:34] Lionel je t'ai vu tiquer quand on a parlé de Samsung il y a un problème ? Oui, bien sûr, il y a un problème, parce que moi, j'ai le plan du Central Hall et il n'y a pas de stand Samsung cette année. Mais c'est de la folie, ça. On voit iSense, on voit TCL, on voit Panasonic, on voit LG, je les ai sous les yeux, donc je vous les cite. Invité : [43:50] Ce sont les plus grands qui font quelques centaines, milliers de mètres carrés. Il n'y a pas Samsung. Samsung, il est dans. Monde Numérique : [43:57] Les Hospitality Suite. Ils ont un best-in. Ils sont éparpillés un peu partout, oui. Ils font une présentation, je sais que pour la presse, ils font une présentation le dimanche soir. Invité : [44:06] Exactement, oui. Monde Numérique : [44:07] Ce qu'ils faisaient d'ailleurs depuis un certain temps, ils ne le font pas au même endroit, donc c'est sympa, ça nous oblige à courir d'un hôtel à l'autre. Bon, et les Français ? Les Français qui, traditionnellement, sont quand même très présents, est-ce qu'on les verra autant que les années précédentes ? Je pense qu'on les verra autant que l'année dernière, où l'espace, Et puis, quelques sociétés qui font l'expérience d'autres halls. Invité : [44:57] C'est-à-dire de stands plus gros, plus chers, plus visibles, notamment comme Enchanted Tools avec son. Monde Numérique : [45:03] Robot gyropode d'assistana au personnel médical. Merci beaucoup. Merci à tous les deux, messieurs. Merci beaucoup. Mathieu de Bafrouchon et Lionel Tardy, est donc co-auteur du guide de survie du CES 2026. On peut encore se le procurer ? Invité : [45:21] Sur Amazon, sur la FNAC, dans toutes les bonnes librairies sur commande. Mais sinon, le plus simple, c'est Amazon Livraison 48 heures. Monde Numérique : [45:29] Très bien. Merci beaucoup et bon CES. Merci à toi. Invité : [45:32] Salut Jérôme. Monde Numérique : [45:40] Bonjour Thomas Klein. Invité : [45:41] Bonjour Jérôme, merci de votre accueil. Monde Numérique : [45:43] Vous êtes directeur de la stratégie chez Microsoft, vous êtes basé aux Etats-Unis, et surtout vous êtes l'auteur d'un bel ouvrage, un gros ouvrage sur l'IA au service de la santé. Alors l'intelligence artificielle et la santé, on en parle j'ai l'impression depuis longtemps et on sent qu'il se passe énormément de choses dans ce domaine. Ça suscite beaucoup d'espoir, ça suscite aussi quelques craintes. Où se situe la réalité, selon vous, de ce phénomène ? Est-ce que l'IA est véritablement en train de révolutionner la santé ? Invité : [46:19] C'est exactement ça. On est vraiment dans une étape absolument charnière sur toute la partie intelligence artificielle au service de la santé. Et on est là à un moment où on doit se poser les questions de ce qu'on veut vraiment pouvoir implémenter dans notre système de santé. Et vous avez absolument raison. beaucoup d'espoir et aussi beaucoup de crainte. Et l'objectif du SLEIF, c'est un petit peu, effectivement, de démystifier tout cela. Qu'est-ce que permet l'IA ? Mais aussi, qu'est-ce que ne permet pas l'IA ? Monde Numérique : [46:49] Alors, régulièrement, il y a des tests comme ça. On fait passer soit des examens pour devenir médecin à Tchadjépiti, soit, encore plus intéressant, je dirais, des diagnostics. Et il semblerait que les résultats soient toujours assez stupéfiants. Vous confirmez ça, Chagipiti, aujourd'hui, fait de meilleurs diagnostics que des médecins humains ? Invité : [47:14] Alors, ce n'est pas mon approche. Ce n'est pas mon approche de mettre en opposition les diagnostics médecins et les diagnostics des intelligences artificielles. Invité : [47:22] Plusieurs remarques par rapport à ce que vous dites. Déjà, la première, c'est assez rigolo dans l'histoire parce qu'effectivement, le chat GPT, dans ses premières versions, a été benchmarké sur des textes, sur des examens, pardon, de biologie, de médecine, etc. Et ça a été un petit peu le benchmark qui a aussi permis de se rendre compte du potentiel du sujet, quand il fallait avoir des raisonnements et pas que seulement, redistribuer de l'information et de la connaissance. Donc ça, c'est le premier point. Par contre, l'IA ou médecin, je ne sais pas. Moi, en tout cas, pour moi, ce que je veux, c'est IA plus médecin parce que les deux ensemble, je pense qu'on va pouvoir capter beaucoup plus de choses. Moi, je pense que le débat n'est pas du tout de vouloir opposer médecin et IA. Je pense que c'est une erreur fondamentale de perception. Si on regarde la médecine depuis des milliers d'années, la médecine évolue avec la science et finalement l'IA c'est un outil en plus qui va permettre d'aider est-ce que les vaccins ont supprimé les médecins ? Est-ce que les antibiotiques ont supprimé les médecins ? Est-ce que la chirurgie a supprimé les médecins ? On peut prendre toutes les évolutions importantes et à chaque fois le médecin a été renforcé dans sa capacité à agir, Là par contre, je suis d'accord avec vous Jérôme, c'est qu'il y a, elle va être différente de certains nombres d'approches pour, je dirais, trois points principaux. Invité : [48:48] Le premier, c'est qu'elle va toucher toutes les spécialités de la médecine et pas une médecine spécialisée. La deuxième, c'est qu'elle va s'intéresser véritablement au raisonnement cognitif et à une capacité de brasser un nombre d'informations que personne ne pourra jamais acquérir en tant qu'individu. Et la troisième, elle nous pose un petit peu des questions sur le rôle du médecin, qui décide, qui est responsable et comment est-ce qu'on va redéfinir finalement Invité : [49:20] cette relation patient-médecin. Moi, mon quotidien, depuis des années, c'est effectivement de réaliser ses projets d'IA, d'accompagner les décisions de projet d'IA. Le taux de louper sur des sujets techniques est extrêmement faible, extrêmement fair. Mais ce qu'il va faire, ça va être les usages, la compréhension, définition des critères de succès. C'est vraiment ça qui est vraiment crucial pour qu'un projet d'IA fonctionne bien. Monde Numérique : [49:44] Alors d'ailleurs, il y a un chiffre qui est assez récent et qui est contraire à ce que j'évoquais juste avant et qui va dans votre sens. Je ne sais pas si vous avez vu passer ça. Selon l'Axel en France, 90% des professionnels de santé utiliseraient déjà l'intelligence artificielle dans leurs pratiques et souvent sans que les patients en aient conscience. Invité : [50:08] Alors, ça dépend de quels usages. Ce nombre ne couvre pas des usages nécessairement purement médicaux, du diagnostic par exemple, mais il peut y avoir des cas d'usage et on parlera peut-être à un moment donné, très orienté back-office, back-end logistique. Je peux vous partager une anecdote, Jérôme, à mon premier rendez-vous médical aux Etats-Unis. Dans la salle d'attente, il y avait une petite affiche qui indiquait que, par défaut, une IA pourrait participer à la consultation pour aider le médecin à rédiger le compte-rendu. Le compte-rendu. Et alors, après, le médecin, il a sa machine. Est-ce que vous êtes d'accord, pas d'accord ? Il pose la question. Moi, j'étais d'accord. Et la différence, si je suis un petit peu schématique, c'est effectivement, il a passé moins de temps à taper sur son clavier, moins de temps à regarder sur son écran. Et on a un peu plus discuté. Vous savez, les Américains, le small talk, ils aiment dire ça, etc. Donc, c'était une expérience un peu plus... Un peu plus humaine, peut-être. C'est paradoxal, c'est que c'est l'IA et la médecine et la machine qui, peut-être, peut rendre les consultations un peu plus humaines. Monde Numérique : [51:17] Alors, c'est ce que vous dites dans votre livre. Vous mettez en avant, justement, tout simplement le gain de temps que ça peut représenter dans une consultation. Et donc, on peut penser que ça fait de meilleurs médecins, d'une certaine manière. Invité : [51:32] En tout cas, là, je vais citer les médecins. Les médecins considèrent qu'environ, 30 à 45% de leur temps est passé à faire l'administratif aujourd'hui. Donc prenons la fauchette basse, un tiers du temps. Vous vous rendez compte, un tiers du temps passé à ne pas se soigner, c'est vraiment le message qui est vraiment poussé, et ça c'est uniforme France-États-Unis. Comment est-ce que je peux réduire ce temps à faire l'administratif ? Je crois que personne n'a embrassé une vocation en médecine pour faire l'administratif. Donc comment est-ce que ce temps gagné me permet de discuter, répondre aux questions, me former, échanger avec des confrères, etc. Monde Numérique : [52:14] C'est vrai dans beaucoup de métiers et dans tout ce qui est entrepreneuriat également. On le sait. On est vite happé par toutes ces tâches administratives totalement improductives. Alors, Thomas Klein, il y a l'aspect du côté des professionnels, mais je disais ce qui est intéressant et ce qui compte aussi, ce qui nous concerne tous, c'est l'aspect du côté des patients. Vous dites que l'intelligence artificielle permet d'anticiper des maladies avant même l'apparition des premiers symptômes ? Invité : [52:43] L'idée, c'est vraiment de passer d'une médecine de réparation à une médecine d'anticipation. Et ça, c'est une volonté qui ne date pas d'hier, mais qui va permettre de devenir une réalité jusqu'à un certain point grâce à l'IA. Je vais vous donner un exemple très concret. Aujourd'hui, on sait très bien, en mesurant des données physiologiques continues très standards, à détecter un incident cardiaque plusieurs heures avant l'apparition des premiers symptômes. Donc, si vous avez des objets connectés, classiques, on en parlera peut-être un petit peu après, mais... C'est quoi ? Monde Numérique : [53:23] C'est avec les montres, notamment ? Invité : [53:25] Avec les montres, notamment, avec les bagues, avec des capteurs qui peuvent être rajouté au niveau du poignet, du bras, etc. Donc, il y a beaucoup de possibilités. Et vous arrivez avec l'IA qui va pouvoir mesurer des variations légères de pattern, pouvoir envoyer une alerte en disant, monsieur, ou un proche, ou un médecin, il y a peut-être quelque chose qui va se passer dans quelques heures, rapprochez-vous s'il vous plaît d'un centre de soins. Et on sait à quel point sur un malaise cardiaque où chaque minute compte, donc ça, c'est vraiment, moi, c'est ce que j'aime, c'est vraiment la technologie qui est utile et qui permet de protéger et d'aider. Monde Numérique : [54:02] Où on en est aujourd'hui de ces objets connectés qui sont super, qui permettent, oui, théoriquement de surveiller la fréquence cardiaque, la tension, pas encore trop, un petit peu, ça commence à peine à arriver pour la tension. Est-ce qu'on n'est pas encore un peu loin, finalement, de ce qu'on aimerait avoir ? D'abord en termes de fonctionnalité, c'est-à-dire qu'elles ne font pas tout, et en plus en termes de fiabilité, Est-ce qu'elles sont vraiment fiables ? Le taux d'oxygénation dans le sang, par exemple, on sait que c'est un élément important dans certains cas. Eh bien, est-ce que les montres sont vraiment fiables aujourd'hui ? Les montres, les bagues, etc. Invité : [54:41] Oui, en fait, vous avez deux volets et vous avez parfaitement raison. Toute la partie... Un peu objet grand public, pour généraliser, qu'on peut tous aller acheter dans un magasin. Après, vous êtes objet un petit peu plus spécialisé. Monde Numérique : [54:55] Mais à chaque fois, on nous prévient, alors attention, ce n'est pas un dispositif médical, etc. Donc, à la fois, c'est un argument commercial pour dire, tiens, ça va être bien pour mesurer votre santé. Et en même temps, on vous dit, attention, ce n'est pas médical, donc il ne faut pas vous y fier. Donc, c'est un peu un discours ambivalent quand même. Invité : [55:09] Oui, je suis d'accord avec vous. Mais ce que j'aurais voulu se mettre à l'avance, c'est toute la partie vraiment de dispositifs médicaux. Qui, eux, ont les bonnes validations au niveau de la Haute Autorité de Santé en France, FDA aux États-Unis qui permettent d'utiliser. Et vous regardez les différents produits de solution qui ont été validés sur les dernières années. La partie outils avec l'IA, c'est une part énorme des produits. Juste pour vous raconter un exemple sur la partie objet un petit peu plus professionnelle, C'est la professeure Rosaline Piccard, qui est directrice de recherche au MIT, une brillante chercheure, et elle me racontait l'exemple qu'elle avait vécu, elle, dans son propre labo, où ils avaient mis en place avec son équipe un dispositif de capteur au poignet qui permet de mesurer toute la partie transpiration cutanée, qui va varier en fonction des émotions, le stress, l'excitation, la joie, la peur, etc. Elle a donné ce dispositif à une mère de famille qui a une fille... Qui présente des troubles du spectre autistique. Et un jour, la maman, elle était sous sa douche, elle reçoit l'alerte sur son téléphone, elle court voir sa fille. Effectivement, sa fille était tombée la tête sur le lit, tout bleu, elle ne respirait plus. Invité : [56:31] Et grâce à cette alerte qui a été lancée par ce capteur qu'elle avait au poignet, ça a permis à la maman d'intervenir et d'éviter peut-être une fin qui aurait été un peu plus délicate. Donc ça, c'est déjà des choses qui existent qui sont en réalité, qui sont homologuées d'ailleurs au niveau médical et qui offrent des possibilités assez importantes. Monde Numérique : [56:52] Oui, c'est formidable. Et c'est ce que vous expliquez notamment dans votre livre, c'est aussi toute la dimension de soins personnalisés, de surveillance en temps réel, que ce soit à l'hôpital ou que ce soit en dehors du cadre médical. Invité : [57:05] C'est exactement ça. L'ambition en médecine, c'est la médecine des 4P. Donc 4P, c'est une médecine qui est participative, préventive, prédictive et personnalisée. C'est les 4P de cette médecine des 4P. Et c'est bon, c'est pas binaire, c'est pas on y arrive, on n'y arrive pas. Mais l'IA permet de continuer sur ce chemin et offre un certain nombre de possibilités. Et je peux redonner un autre exemple, Jérôme, toute la partie jumeau numérique. Jumeau numérique, ça fait 50 ans, un demi-siècle qu'on en parle. Et donc, vous le savez bien, c'est une reproduction d'un individu total en numérique ou d'un organe en particulier. Et aujourd'hui, ça offre des possibilités absolument phénoménales, notamment en oncologie, pour évaluer comment est-ce qu'un patient va réagir à une chimiothérapie. Et la dernière étude dans Nature, la revue scientifique médicale, indiquait un taux de prédictabilité de plus de 90%. Rendons-nous compte pour la personne qui doit suivre ça ne pas aller dans cette période de tâtons où on dose assez trop etc pouvoir taper du premier coup c'est l'ambition, quel soulagement quelle aide pour et les patients et les soignants Merci. Monde Numérique : [58:26] Thomas Klein donc auteur de ce livre l'IA au service de la santé. Invité : [58:32] Merci Géraud je suis un grand fan de vos émissions et je trouve formidable toute la vulgarisation que vous faites donc je vous remercie m'avoir invité, mais aussi tout ce travail de démocratisation que vous faites dans le quotidien. Monde Numérique : [58:44] Merci beaucoup. Monde Numérique : [58:54] C'est la fin de cet épisode de Monde Numérique l'hebdo, le premier de l'année 2026. Merci de l'avoir suivi jusqu'au bout. Comme chaque semaine, retrouvez sur le fil du podcast Monde Numérique les interviews en version longue. Et à noter que l'interview de Lionel Tardier et Mathieu Deboeuf-Rouchon sur le CES est d'ores et déjà disponible en version intégrale. Et puis surtout, la semaine prochaine, ce sera une semaine spéciale avec chaque jour un épisode en direct du CES de Las Vegas. Des articles également sur le site mondenumérique.info. Pour ne rien rater, abonnez-vous à la newsletter, comme ça, ça arrive directement chaque matin dans votre boîte mail. Et puis, si vous me suivez sur les réseaux sociaux, aussi des petites vidéos tournées à l'arrache un peu dans les allées du salon. Ce rendez-vous absolument incontournable chaque année à Las Vegas. Monde Numérique : [59:43] Si vous aimez la tech, si vous aimez les podcasts qui parlent de tech, retrouvez également les mots de la tech. cette série d'épisodes un peu spéciaux que je vous propose tout simplement sur le fil de ce podcast. Vous remontez l'historique des épisodes, vous allez tomber dessus, consacré aux termes du numérique qui ont marqué l'année 2025. Et puis, je vous invite également à écouter le nouveau podcast Maisons Connectées si vous vous intéressez à la domotique. N'oubliez pas de laisser un commentaire et cinq petites étoiles à propos du podcast Monde Numérique sur votre plateforme d'écoute, Apple Podcast ou Spotify. Réagissez sur le site mondenumérique.info ou sur les réseaux sociaux et puis téléchargez l'application Monde Numérique signée Good Barber disponible sur iPhone ou Android. On se retrouve samedi prochain, mais on se retrouve même dès lundi. Passez une très bonne semaine pleine de tech. Salut !
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