Jérôme :
[
0:06] Et c’est l’heure du débrief transatlantique, en simultané dans Monde Numérique,
Jérôme :
[
0:10] et je m’incruste dans ton carnet, Bruno Guglielminetti, à Montréal. Salut Bruno.
Bruno :
[
0:15] Salut Jérôme Colombain, à Paris.
Jérôme :
[
0:16] Merci de me recevoir, comme chaque semaine.
Bruno :
[
0:19] Écoute, c’est probablement la plus belle incrustation que je peux avoir dans mon émission.
Jérôme :
[
0:24] Oui, pour ceux qui nous regardent en vidéo, on a un petit peu changé de décor. On s’est fait une espèce de studio transatlantique. J’espère que vous appréciez.
Bruno :
[
0:32] Et c’est aux couleurs de l’océan, quand même.
Jérôme :
[
0:34] Bon Bruno, cette semaine, est-ce que tu étais devant tes écrans ? C’était quand ? Mardi soir, je crois, le 19 ?
Bruno :
[
0:42] Oui, c’était le soir pour toi, donc ça veut dire la matinée pour nous.
Jérôme :
[
0:47] La matinée pour vous, oui, effectivement. Donc, pour la keynote d’ouverture de la Google I/O, c’est quand même, avec la keynote d’Apple, la WWDC, qui va avoir lieu bientôt d’ailleurs, au mois de juin, l’un des gros événements de la saison, de l’année, et un joli déluge d’annonces.
Bruno :
[
1:09] C’est le moins qu’on puisse dire. J’avoue qu’on ne sait plus où donner de la tête, tellement il y a des annonces partout. Et puis, il faut dire qu’une semaine auparavant, il y avait eu des annonces Android. Alors là, moi, personnellement, je commençais à être mélangé un peu, parce qu’il y avait tellement d’annonces Android, et là, après, on arrive avec tellement d’autres annonces pour nous présenter comment l’IA va s’installer partout dans l’expérience de Google, même dans un truc aussi traditionnel ou historique que le Google Search. Là, l’expérience va changer du tout au tout. D’ailleurs, il y a eu des réactions. Moi, j’ai senti, de la part des lecteurs de mon carnet, puis aussi des gens que je voyais réagir en ligne, que les gens ont été bousculés avec cette annonce-là.
Jérôme :
[
1:58] Oui, oui. Qu’est-ce que tu as retenu, toi ? Qu’est-ce qui t’a le plus frappé ?
Bruno :
[
2:03] Ben écoute, le fait que moi, je trouvais qu’on commençait à avoir pas mal… En tout cas, nous qui sommes dans l’univers du Pixel et de Gemini, je trouvais qu’on était déjà bien servis en intelligence artificielle intégrée. Et là, on est en train de rajouter des couches, et des couches, et des couches. Je commence à me demander, moi, sérieusement, qu’est-ce que ça va pouvoir m’amener de plus. Parce que moi, ça fait déjà un an que j’ai personnalisé mon expérience dans l’univers de Google en donnant accès à tout, à mes outils.
Bruno :
[
2:33] Et je me disais : mais qu’est-ce qu’ils veulent me donner de plus ?
Jérôme :
[
2:36] Ben si, c’est quand même la notion d’IA agentique, c’est-à-dire que ce n’est plus seulement répondre à des questions. C’est déjà génial de pouvoir lui dire : tiens, c’est quoi ma dernière conversation avec untel ? On a parlé de ça, je n’arrive plus à retrouver le mail, fais la recherche, etc. Il te ressort tout ça en langage intelligible, et pas juste le mail brut. Mais la notion d’agent, c’est que ça va aller plus loin. C’est-à-dire que ça pourra corréler des tas d’éléments différents, ça pourra réorganiser tes documents sur ton ordinateur, etc. Et puis même, tu as vu la promesse aux États-Unis, ça pourra aller, pour certains services, jusqu’à faire des réservations en ligne.
Bruno :
[
3:21] Oui, et ça, c’est intéressant, parce que ça fait un bout de temps qu’on nous faisait des présentations où notre téléphone communiquait avec quelqu’un. C’était Apple ou c’était Google, mais les deux nous l’avaient montré depuis un an ou deux. Mais là, maintenant, ça se fait. D’ailleurs, moi, tous les appels entrants sur mon téléphone, auparavant je ne répondais pas, mais là, maintenant, c’est mon téléphone qui répond pour savoir pourquoi ils ont téléphoné et ce qu’ils me veulent.
Jérôme :
[
3:49] Il y a ça chez Apple aussi. Moi, je…
Bruno :
[
3:50] Je l’utilise sur l’iPhone.
Jérôme :
[
3:53] C’est disponible aussi sur l’iPhone.
Bruno :
[
3:53] J’ai hâte de voir. C’est comme je te racontais la semaine passée, quand j’étais sur la route une bonne partie du voyage, j’ai eu une conversation avec Gemini, à défaut d’avoir quelqu’un d’autre dans la bagnole. C’est du podcast interactif, en fait.
Jérôme :
[
4:10] Ben, tout à fait.
Bruno :
[
4:11] Et c’est drôle que tu dises ça, parce que, tu vois, cette semaine, les gens d’Amazon ont annoncé qu’Alexa+, ça va permettre de faire ça. Tu demandes : qu’est-ce que tu veux comme podcast ?
Jérôme :
[
4:19] Alors, vas-y, dis-moi tout, parce que nous, Alexa+, là, on sent que ça se prépare en France, mais pour l’instant, on ne l’a pas encore. Tu as des infos, alors ?
Bruno :
[
4:28] Oui. Ce que ça va te permettre de faire, Alexa+, c’est… Tu lui demandes le sujet de prédilection, puis après tu lui dis la durée, et tu lui dis également l’orientation éditoriale que tu veux par rapport à ça, et le type de voix. Et puis, il part te faire un podcast et puis il te l’envoie. Il te donne accès.
Jérôme :
[
4:50] Génial.
Bruno :
[
4:51] Tu imagines, c’est un podcast clé en main maintenant.
Jérôme :
[
4:54] Oui, bon, ce n’est pas bon du tout pour nous, tu en as conscience. Non, non. Je pense que c’est très, très, très mauvais pour notre business, il ne faut pas se mentir. Parce que même si, bien sûr, les gens ont beaucoup plus de plaisir à nous écouter, toi et moi, c’est absolument certain — je plaisante — ça peut prendre du temps de cerveau. Il n’y a que 24 heures dans une journée.
Bruno :
[
5:20] Puis même, compare-nous à il y a deux ans, quand NotebookLM est arrivé. Entre écouter l’animateur et l’animatrice qui sont en train de parler ensemble… Ça ne rit pas, il n’y a pas de mot d’esprit, il n’y a pas de cabotinage. C’est deux coanimateurs.
Jérôme :
[
5:33] Il n’y a pas notre humour et toute notre finesse légendaire, tu vois, cette espèce d’humour, mélange de Rabelais, de La Fontaine et de Cat Stevens.
Bruno :
[
5:44] Dans un contexte de camaraderie.
Jérôme :
[
5:46] Voilà, franche et sincère. Donc, tout ça, il n’y a pas avec NotebookLM.
Bruno :
[
5:50] Non, exactement.
Jérôme :
[
5:51] Mais il y aura quand même des trucs avec Spark. Donc, c’est Spark, l’agent de Google. Moi, tu sais quoi ?
Bruno :
[
5:58] Mais toi, tu as écrit. Je sens que ça t’a inspiré, cette affaire-là.
Bruno :
[
6:01] Tu as écrit, je t’ai lu, je veux encore te voir.
Jérôme :
[
6:04] Toi, tu écris plus que moi sur ton carnet, mais moi, j’ai enregistré, j’ai fait un épisode audio, deux épisodes vidéo là-dessus, parce que c’est quand même de grosses annonces. Mais à titre personnel, parce que là, on est un peu aussi dans l’expérience personnelle, franchement, j’attends ça avec impatience. Parce que je crois qu’on ne réalise pas l’ampleur du truc. L’ampleur du truc. Tu sais, par exemple, nous, on voit toujours les choses à travers notre propre prisme et notre prisme professionnel. Une partie de notre boulot, c’est par exemple de chercher des sujets, chercher des intervenants, essayer de les contacter, caler un studio pour aller faire une interview, etc. Mais demain, tu confies ça à ton agent. Il va le faire. Il va identifier l’intervenant. Ça va prendre du boulot à des assistants de production et autres.
Jérôme :
[
6:56] Indéniablement. Et il pourra même envoyer des mails pour réserver un créneau. Enfin, par exemple, moi, je fais certains enregistrements dans des studios que je loue dans Paris. Il peut me réserver des créneaux, il se connecte sur mon agenda pour voir à quel moment je suis disponible, il envoie le mail à l’invité pour lui demander si ça lui va bien, il fait le brief à l’invité en disant : voilà, on va parler de ça, ça et ça. Il me fait le brief pour moi, il me prérédige la bio de l’invité avec quelques axes de questions liés à l’actualité. Comme ça, ça m’évite de passer des heures à cliquer, à chercher, à taper des mots-clés sur Google pour préparer une interview. Bref, je ne sais pas si on… Et là, je ne prends que l’exemple qui est le nôtre, qu’on connaît forcément, mais tu peux démultiplier ça à l’infini dans tous les secteurs, pour des centaines de métiers, des centaines d’activités.
Bruno :
[
7:42] Tout à fait.
Jérôme :
[
7:42] Je crois qu’on ne mesure pas l’ampleur de la révolution du truc.
Bruno :
[
7:46] C’est là où on va vraiment pouvoir parler d’un assistant virtuel.
Jérôme :
[
7:50] Oui, complètement. Avec un petit défaut. Alors ça, c’est une petite limitation, je pense, qu’on va toucher, au moins dans un premier temps. C’est qu’on va retomber sur le problème des écosystèmes.
Bruno :
[
7:59] C’est-à-dire ?
Jérôme :
[
8:00] Parce que l’agent Spark, l’agent Spark 006 ou 007 — non mais l’agent de Google — il va aller fouiller et il aura accès à l’écosystème Google, c’est-à-dire à Google Drive, à Gmail, ce qui est déjà énorme. L’écosystème Google, il est énorme, on est d’accord, mais ce n’est pas la vie entière. Tu as aussi l’écosystème Microsoft, tu as également l’écosystème Apple. Moi, j’ai fait le test tout à l’heure avec Gemini. Il n’y a pas vraiment Spark, mais je lui ai dit : tiens, est-ce que tu peux aller me récupérer, dans les mails de telle personne, les derniers que j’ai reçus, les pièces jointes, et tu me les ranges dans le dossier machin, qui est dans le sous-dossier truc, etc. Il ne pouvait le faire que dans Google Drive. Il ne pouvait pas aller me le faire dans iCloud, c’est-à-dire sur mon ordinateur, sur mon disque dur d’ordi. Et je pense que ça, on va être confrontés à ça.
Jérôme :
[
8:53] C’est-à-dire que les écosystèmes vont s’entrechoquer, au moins dans un premier temps.
Bruno :
[
8:57] Mais moi, j’aimerais ça te donner un peu d’espoir, parce que je me dis que dans quelques semaines, quand Apple va nous présenter sa nouvelle approche d’Apple Intelligence, tu te souviens, ce qu’on a vu poindre à l’horizon, mais on aura la confirmation durant l’événement, c’est la possibilité de joindre l’IA tierce à l’environnement d’Apple Intelligence. Alors, c’est une question de temps. Et puis, sachant maintenant que Google travaille avec Apple, c’est une question de temps pour qu’il y ait des ponts et que toi, sur un Mac, tu puisses aller chercher à la fois des dossiers qui sont sur ton iCloud et sur ton Gmail.
Jérôme :
[
9:33] Tu as raison, c’est vachement intéressant.
Bruno :
[
9:35] Selon moi, c’est une question de temps, mais ça va se faire.
Jérôme :
[
9:38] Il faudra voir si, malgré tout, il y aura tous les accès, parce qu’on sait que Google et Apple sont très, très vigilants et très jaloux des accès. Ils nous protègent, ils protègent notre vie privée. Et puis, en France…
Bruno :
[
9:52] C’est pire encore.
Jérôme :
[
9:53] Et encore plus en France, oui, exactement.
Bruno :
[
9:55] Mais bon, quand même.
Jérôme :
[
9:57] Juste, est-ce que tu as vu les démos des autres ?
Bruno :
[
10:00] Moi, ce n’est pas Juste. C’est Leblanc.
Jérôme :
[
10:03] C’est toi, Juste Leblanc ? C’est quoi ton prénom ?
Bruno :
[
10:07] Juste.
Jérôme :
[
10:08] Non, mais ton prénom, c’est quoi ?
Bruno :
[
10:10] C’est Juste Leblanc.
Jérôme :
[
10:11] C’est bon, je pense qu’on est bons pour la scène.
Bruno :
[
10:13] D’accord.
Jérôme :
[
10:13] On peut aller faire Le Dîner de cons sur scène. Non, mais tu es un peu sérieux, Bruno, s’il te plaît ?
Bruno :
[
10:21] Allez, je t’écoute.
Jérôme :
[
10:22] On est des mecs sérieux. Ce n’est pas une chaîne humoristique ici, si tu veux. Là, à mon avis, on va dans le mur.
Jérôme :
[
10:31] Autre annonce. Tu as vu les prouesses en vidéo d’Omni, le modèle Omni, Omni Flash. C’est dingue.
Bruno :
[
10:42] Je pensais à toutes ces poursuites en droit d’auteur, en utilisation d’images non autorisées. Si on pensait que l’histoire… À un moment donné, j’oublie son nom, mais il y a eu une petite IA qui est arrivée, qui faisait de l’image, une IA chinoise. C’était les gens de ByteDance.
Jérôme :
[
11:02] Oui, c’est ça.
Bruno :
[
11:04] Les gens de ByteDance qui étaient derrière ça. Et puis ça a fait une commotion. Écoute, avec ça, tu peux faire n’importe quoi, là.
Jérôme :
[
11:11] Oui, parce qu’eux, ils s’étaient entraînés avec tous les blockbusters américains, sans demander aucune autorisation.
Bruno :
[
11:17] Oui, mais là, tu vas pouvoir utiliser tous les blockbusters américains sans demander d’autorisation, ou quelque chose qui les évoque. Et tu vas pouvoir notamment t’intégrer dedans ou faire d’autres productions. Là, tu vas bousculer une industrie. Ça, c’est un bel exemple.
Jérôme :
[
11:33] Je ne pense pas qu’il y aura ce problème avec Google parce que, bon, c’est Google et forcément, ils vont être un peu plus respectueux. A priori. Je ne dis pas que ce sont des enfants de chœur, ce n’est pas ça, mais ils ne vont pas pouvoir se permettre d’aller piller Disney, par exemple. Sinon, en plus, les mecs, ils habitent dans la rue d’à côté, ils vont venir avec des nunchakus pour régler les histoires. Non, mais pour deux raisons, je pense. D’abord, ils ne feront pas ça. Deuxièmement, ça veut dire qu’ils ne donneront pas accès à ces trucs-là. Ce ne sont pas les démos qui ont été faites. Les démos qui ont été faites et qui ont été montrées à la keynote, il n’y avait pas de stars. Tu n’avais pas Chuck Norris, tu n’avais pas tout ça. Tu as une conversation. Mais ce qui est fabuleux, c’est que tu pouvais prompter des images, tu pouvais prompter de la vidéo, et là, tu peux prompter de la vidéo dans de la vidéo. C’est-à-dire que c’est multimodal. Tu rentres une vidéo que tu as faite, toi, tes vacances, toi sur ton canapé, etc. Tu rentres ça dans Omni et tu lui dis : rajoute-moi je ne sais pas quoi, un serpent assis à côté de moi ou un rat.
Bruno :
[
12:43] À côté de ma table.
Jérôme :
[
12:44] Par exemple. Tu as déjeuné à Paris récemment, non ? C’est la saison, il fait beau, les rats sortent des égouts. Mais c’est des vrais, ceux-là, c’est des vrais. Mais dans les vidéos, c’est un truc de folie. En plus, la vidéo peut tourner autour de toi.
Bruno :
[
13:01] Non, non, mais écoute, ça peut tout faire.
Jérôme :
[
13:04] Ça peut tout faire.
Bruno :
[
13:05] Oui, oui. Je me souviens de la fameuse vidéo où on voit une bille. C’est la bille, puis on suit la bille.
Jérôme :
[
13:11] Oui.
Bruno :
[
13:13] Et je pensais, en termes traditionnels de cinématographie, au boulot qu’il aurait fallu pour faire cette scène-là, qui aurait pu se faire, on s’entend, techniquement. Là, tu mets une caméra, puis tu roules en arrière de ça. Mais là, ça se fait en quelques clics droits.
Jérôme :
[
13:28] Tu imagines Hitchcock aujourd’hui avec Omni, ce qu’il pourrait faire. Mais surtout, il faut penser à tous les Hitchcock en puissance qui sont chez eux, qui ont 12 ans et demi aujourd’hui, qui ont plein d’idées et qui vont faire des trucs géniaux.
Bruno :
[
13:42] Tu as vu, cette semaine, quand c’est sorti, le lendemain, il y avait déjà des vidéos en ligne. Entre autres, il y en a une qui est vraiment… Il y a quelqu’un qui a réglé ses comptes. C’est un individu qui a une certaine notoriété sur Internet, et tu le voyais maintenant dans des scènes où il allait régler le problème, il allait foutre des claques aux gens qui ne l’aimaient pas. Notamment à Epstein, à Bill Clinton, à Elon Musk. C’était fou. Et là, évidemment, à la fin, il se fait arrêter par la police. Au moins, il a été assez honnête pour dire que si tu fais ça, à un moment donné, il y a quelqu’un qui va te rattraper. Mais c’était fou. Et c’est là que je te dis…
Jérôme :
[
14:20] Je ne l’ai pas vue, ça.
Bruno :
[
14:21] Ah bien, ça avait l’air d’un documentaire.
Jérôme :
[
14:23] Ah ouais ?
Bruno :
[
14:24] Ouais, ouais.
Jérôme :
[
14:25] Non, mais c’est-à-dire qu’il n’y a plus de barrières techniques.
Bruno :
[
14:29] C’est ça.
Jérôme :
[
14:31] Et du coup, qu’est-ce qui reste ? La création pure. Donc, il faut des créateurs. Ça ne veut pas dire que ça va tuer… À mon avis, ça va tuer des métiers, certainement, ou en tout cas, ça va les transformer en profondeur. Mais il faut des créateurs. Il faut des gens qui aient du talent, qui aient de l’imagination pour inventer une histoire, pour faire un nouveau truc. Voilà. Et ils auront à leur portée tous les outils disponibles.
Bruno :
[
14:56] Ça revient à ce qu’on disait : si tu as une bonne histoire, les gens vont regarder. Et ça va se partager.
Jérôme :
[
15:03] Et c’est juste l’image. Et à l’inverse, si tu as une histoire moyenne et que tu bases tout ton succès sur les effets spéciaux style Marvel — moi, je n’aime pas du tout les films Marvel, en tout cas ce que c’est devenu, je trouve que c’est de la soupe — non, tu ne feras rien. Tu ne feras rien. Parce que les effets spéciaux Marvel, ils seront à la portée de n’importe qui. Et si ce n’est pas soutenu par une vraie création, par une vraie histoire, par du vrai talent dessous, ça ne vaudra plus rien. Ça va complètement dévaluer des créations comme ça, parce que les effets spéciaux, tu t’en fous de voir des monstres qui évoluent auprès des personnages réels, ça va devenir complètement banal. Donc, il faut trouver autre chose. Enfin voilà, mais ce sont toujours les mêmes discussions qui reviennent sur l’impact de ces modèles-là, de ces trucs-là. Donc voilà, Google, c’est assez monstrueux, et on attend Apple. On attend qu’ils nous surprennent. Espérons-le. Ce sera le… C’est quand ? Le 9 juin, je crois.
Bruno :
[
16:01] C’est le mois… la mi-juin.
Jérôme :
[
16:03] Début juin, oui.
Bruno :
[
16:04] Ah, je ne serai pas là.
Jérôme :
[
16:05] Je ne serai même pas là.
Bruno :
[
16:06] Ah non.
Jérôme :
[
16:07] Aïe, aïe, aïe. Je serai sur ton continent. Mais on se parlera quand même.
Bruno :
[
16:10] OK.
Jérôme :
[
16:11] Et beaucoup plus au sud, pardon.
Bruno :
[
16:13] Mais pour Apple, la barre commence à monter, monter, monter.
Jérôme :
[
16:17] Oui, c’est vrai. Comment est-ce qu’ils vont pouvoir annoncer quelque chose qui soit à ce niveau-là ? Parce que là, Google, c’est monstrueux, ce qu’ils ont déballé. Et OpenAI nous en avait mis plein la vue avec Sora, etc. Mais OpenAI n’a pas les reins aussi solides que Google et ils ont dû arrêter. Ils ont fermé Sora. Voilà, c’est ça le problème.
Bruno :
[
16:39] Oui, puis la différence avec un Google, c’est qu’ils ont quand même les téléphones, ils ont l’interface, ils sont présents dans leur monde. Ils ont l’écosystème.
Jérôme :
[
16:47] C’est ça. Ils vont lancer des lunettes. Ils vont aussi lancer deux paires de lunettes qui…
Bruno :
[
16:52] Vont être juxtaposées avec des montres. Alors là, on commence à aller…
Jérôme :
[
16:57] Intéressant. On pensait qu’ils avaient pris une claque, Google. Il faut dire qu’ils nous épatent. Bruno, toute autre chose : alors, ton ami Elon Musk est triste.
Bruno :
[
17:07] Ça me fait penser à cette fameuse histoire du clown qui est triste, mais ça, c’est une autre histoire. Mais oui, Elon Musk a été débouté finalement, et les jurés, ça a pris quoi ? Quelque chose comme deux heures ?
Jérôme :
[
17:20] Dans son procès avec Sam Altman ?
Bruno :
[
17:21] Pardon, oui.
Jérôme :
[
17:22] Ne t’étouffe pas.
Bruno :
[
17:24] Écoute, c’est l’émotion qui me prend. Tu me parles d’Elon Musk, je ne sais plus quoi faire. C’est l’émotion. C’est des années.
Jérôme :
[
17:33] Bien sûr.
Bruno :
[
17:34] En plus, il était triste.
Jérôme :
[
17:35] Donc, ça t’a toi-même attristé.
Bruno :
[
17:37] Moi, c’est venu me chercher. Et donc, c’est ça. Alors, Elon Musk, finalement, qui a presque tout perdu dans cette histoire-là, parce que le jury a dit : ben non.
Jérôme :
[
17:47] Pas son argent.
Bruno :
[
17:48] Non, non, je ne suis pas sûr. Mais donc, c’est ça, le jury a dit que ça faisait trop longtemps. Alors, finalement, on laisse ça passer et on ne retient pas sa poursuite. Résultat, il n’y aura pas de changement à la direction d’OpenAI, quoiqu’il n’y en aurait probablement pas eu. Et puis, il n’y aura pas 136 millions qui seront donnés.
Jérôme :
[
18:09] 134. 134 milliards. Il voulait 134 milliards de dommages et intérêts et il voulait faire gicler Sam Altman.
Bruno :
[
18:18] Oui, mais tu sais à qui il aurait donné cet argent-là ?
Jérôme :
[
18:20] Non.
Bruno :
[
18:21] À la fondation d’OpenAI.
Jérôme :
[
18:23] Ah oui, d’accord.
Bruno :
[
18:25] C’était assez habile. Donc, officiellement, il ne le faisait pas pour lui. Il le faisait pour faire chier les gens d’OpenAI et puis financer la fondation.
Jérôme :
[
18:37] Oui, puisqu’on rappelle que le but du procès, en tout cas la raison officielle avancée par Elon Musk, c’était le changement de cap d’OpenAI, qui était passée du statut d’organisation non lucrative, qui œuvrait pour le bien de l’humanité, etc., au statut d’entreprise lucrative. Et ça, ça ne lui plaisait pas, parce que, bien sûr, on le sait, Elon Musk est un grand défenseur de l’humanité. C’est son but premier. On rigole, mais on pourrait en débattre, parce que tous ses projets, dans un sens, c’est un peu ça. Mais bref. Il a perdu, OK. Moi, je suis étonné de comment fonctionne la justice américaine. C’est quand même bizarre. Ils se sont fait combien de temps ? Ça a duré deux semaines ? Trois semaines ?
Bruno :
[
19:17] Ouais, trois semaines.
Jérôme :
[
19:19] Pour dire que, finalement, il y avait prescription.
Bruno :
[
19:21] Ouais.
Jérôme :
[
19:22] Franchement, ce n’est pas économique. Chez nous, c’est vrai.
Bruno :
[
19:25] C’est le juge qui prend ou ne prend pas la cause.
Jérôme :
[
19:29] Même pas. Chez nous, ça s’arrête au niveau du parquet. Dès le début, s’il y a prescription, il y a prescription. Il n’y a pas de renvoi. Donc là, ils se font trois semaines de procès et tout pour dire que finalement, non, il y a prescription.
Bruno :
[
19:44] Je pense qu’il devait avoir des fans et qu’il voulait rencontrer tous ces gens-là, parce qu’il y a du beau monde qui est passé devant le jury.
Jérôme :
[
19:50] Les deux ont témoigné.
Bruno :
[
19:51] Oui, puis le patron de Microsoft, et puis d’autres qui sont passés. Non, non, il y avait beaucoup de monde qui est passé là.
Jérôme :
[
20:00] Mais selon toi, pourquoi il avait fait ce procès, en fait ? La vraie raison ?
Bruno :
[
20:04] Ben, c’est pour freiner les avancées d’OpenAI. Parce que, souviens-toi, ça fait longtemps que ça avait été mis devant le système américain, mais ça a pris du temps avant qu’on retrouve ça devant le juge. Au départ, c’était essentiellement pour freiner OpenAI, qui était partie. Souviens-toi, l’année passée, il n’y en avait que pour OpenAI. Et à un moment donné, il fallait qu’il fasse quelque chose. Alors, c’était de mettre des bâtons dans les roues, parce que lui, de son côté, ça ne marche pas aussi bien. Puis dans les faits, aujourd’hui, il y a qui ? Il y a Anthropic d’un côté et il y a OpenAI. Puis même, il y a Google qui avance encore plus vite que les deux autres. Et puis lui, avec son petit xAI, qui maintenant est devenu SpaceXAI, il est un peu à la bourre. Il court, il court, il court, puis il n’arrive pas à les rejoindre. Alors, s’il pouvait stopper un peu l’avancée d’OpenAI, c’était déjà ça de bon pour lui.
Jérôme :
[
20:57] Oui, bien sûr.
Bruno :
[
20:58] Moi, c’est ma lecture. Je ne sais pas quelle est la tienne.
Jérôme :
[
21:01] Oui, je pense que tu as raison. Non, non, je pense que tu as raison. C’était un peu le prétexte. En fait, c’est son attitude depuis le début. Je crois que tu as coupé ton micro, Bruno.
Bruno :
[
21:10] Oui, tout à fait.
Jérôme :
[
21:11] Voilà. C’était volontaire ? Tu ne voulais plus parler ?
Bruno :
[
21:13] Non, mais j’étais bouche bée. Il vaut mieux que ça ne s’entende pas.
Jérôme :
[
21:17] Un peu dans le même ordre d’idées, j’ai lu un papier très intéressant sur un site qui s’appelle Mon Carnet.
Bruno :
[
21:25] Si tu l’as lu là, il y a des chances. Moi, je lis aussi à l’occasion.
Jérôme :
[
21:29] Oui, qui disait que l’intelligence artificielle coûtait très cher en entreprise, et qu’elle coûtait même plus cher que les employés qu’elle était censée remplacer.
Bruno :
[
21:40] Oui. Ça, tu fais référence à ce que moi, j’appelle une note confidentielle, que je partage deux fois par mois à un lectorat vraiment sélectionné, sélect, de gens qui apprécient… C’est la crème de la crème. Et ce sont des gens qui apprécient tellement mon travail qu’ils sont prêts à s’abonner et à me payer, rubis sur l’ongle, pour entendre ce que je vais dire.
Jérôme :
[
22:05] Ils ont bien raison.
Bruno :
[
22:06] Mais je te révèle deux, trois trucs, mais pas tout le papier, qui est quand même assez long.
Jérôme :
[
22:10] Mais juste quelques mots pour nous donner envie, pour nous donner envie de nous abonner.
Bruno :
[
22:15] Puisque tu me convies à le faire. Non, c’est ça. Cette idée de papier-là m’est venue d’une confidence que j’ai entendue dans le cadre d’une entrevue qui a été donnée par un patron du deep learning — en français, c’est l’apprentissage profond — chez NVIDIA. Et, très… je ne dirais pas très naïvement, mais il a fait la confidence sur le fait que, finalement, l’argent que ça prenait pour faire rouler tout son système d’IA, pour permettre au système de NVIDIA d’être performant, ça coûtait beaucoup plus cher que ce que les employés qu’ils ont mis à la porte leur coûtaient. Et là, je me suis dit : ben voyons donc, ça n’a pas de bon sens. J’ai commencé à faire des recherches. Et j’ai découvert qu’Uber avait fait le même type de révélation. Et en faisant des recherches, j’ai vu qu’il y avait d’autres entreprises qui avaient fait ce genre de constat-là. Et donc, ça soulève la question. Parce qu’on parle de comment c’est formidable, l’intelligence artificielle, pour une organisation, les défis de l’intégration, tout le volet de la ressource humaine, et puis évidemment, parallèlement, tous les congédiements que ça amène ou les réorientations.
Bruno :
[
23:29] Et puis finalement, ça nous amène sur différentes pistes. Et c’est un peu ce que j’explique là-dedans. Bref, pour des entrepreneurs, et comme j’ai beaucoup d’entrepreneurs qui sont abonnés aux notes confidentielles, je me suis dit : ouais, je pense que dans le processus de réflexion, ce serait bien de leur partager ça. Alors, c’est une note confidentielle sur le sujet de ces systèmes d’IA qui, une fois qu’ils sont installés, finalement, reviennent beaucoup plus cher que si on avait eu des humains pour faire le même travail.
Jérôme :
[
23:57] C’est fou. Écoute, c’est super intéressant. Effectivement, ça intéressera au plus haut point toutes les entreprises qui sont là, qui se demandent combien dépenser pour l’IA, combien dépenser pour des… Est-ce qu’il faut en venir à faire des suppressions d’emplois, etc.
Bruno :
[
24:15] Un peu comme Meta vient de faire cette semaine, les mille emplois.
Jérôme :
[
24:19] Voilà, exactement. Et puis, en même temps, tu sais, c’est Jensen Huang de NVIDIA qui pousse à la consommation, qui pousse à la roue et qui dit qu’un ingénieur, aujourd’hui, doit dépenser l’équivalent de la moitié de son salaire en tokens, c’est-à-dire en utilisation d’intelligence artificielle. Donc, payer, c’est-à-dire tout ce qu’on paye, tout ce que les entreprises payent à Microsoft ou à OpenAI, etc., pour faire de l’IA.
Bruno :
[
24:48] Mais dans un autre secteur, ça me faisait penser à ce que le grand-père Ford, Henry Ford, avait fait à l’époque, lui qui voulait donner de bonnes conditions de travail à ses employés pour qu’ils aient les moyens de s’acheter les véhicules qu’ils produisaient. On est rendu ailleurs avec ça.
Jérôme :
[
25:07] C’est l’inverse. C’est exactement l’inverse. C’est-à-dire que si tu licencies tout le monde dans les entreprises, il n’y aura plus d’employés dans les entreprises, mais il n’y aura plus de consommateurs non plus puisqu’ils n’auront pas de salaire. Ils n’auront pas de quoi acheter la marchandise qui sera produite par les entreprises. Et effectivement, c’est de l’antifordisme. La révolution de l’IA, c’est de l’antifordisme.
Bruno :
[
25:28] Vous l’aurez entendu ici.
Jérôme :
[
25:29] Oui, exactement. Allez, revenons. Bon, allez, Bruno.
Jérôme :
[
25:34] Il faut que tu nous parles de… On va continuer à faire ta pub un peu, puisque tu as lancé cette semaine un nouveau produit, on pourrait appeler ça comme ça. C’est ton fameux 120 secondes de tech, donc c’est un flash quotidien qui s’internationalise grâce à l’IA.
Bruno :
[
25:59] Grâce à l’IA, totalement grâce à l’IA. C’est un peu une démonstration et une grosse bêta publique que je lance. L’idée là-dedans, c’est de prendre le 120 secondes de tech que je fais depuis deux ans et de dire : bon, maintenant que ça existe, que ça fonctionne, qu’il y a une mécanique autour de ça, pourquoi ne pas me permettre de le partager à un plus grand nombre de terriens dans leur langue native ? Et donc, ça veut dire que là, pour le moment, on sort neuf versions. On sort — et je dirai pourquoi j’emploie le « on » — neuf versions. Et après ça, il y a le japonais et le chinois qui vont sortir.
Jérôme :
[
26:41] Neuf versions supplémentaires à la version française ?
Bruno :
[
26:44] Exactement.
Jérôme :
[
26:45] OK, ça fait dix au total.
Bruno :
[
26:46] Oui, donc c’est dix au total. Et il y en a deux autres qui vont arriver, le mandarin et le japonais. On est en train de terminer nos tests et de s’assurer que le produit est écoutable.
Jérôme :
[
26:57] Alors, comment tu fais ça ?
Bruno :
[
26:59] Oui, c’est ça. Et c’est là où arrive le « on ». Je me suis acoquiné avec une boîte qui travaille dans le développement de l’IA, qui s’appelle Productivia. Et ces gens-là, avec moi, on a développé une mécanique d’agents IA. Et pour arriver à faire tout ce travail-là, il y a cinq agents IA qui travaillent à la production. La mécanique est simple. En fin de journée, quand vient le temps, normalement, j’aurais enregistré mon bulletin 120 secondes de tech et après, je l’aurais mis en ligne. Là, ce que je fais, c’est que j’enregistre uniquement la portion vocale et je mets ça dans la petite moulinette. C’est comme ça que je l’ai baptisée. Et là, j’ai une IA qui prend le matériel et le traduit en neuf langues.
Jérôme :
[
27:49] Qui le traduit et qui le double.
Bruno :
[
27:52] Oui, tout à fait. Parce que ma voix a été clonée auparavant avec un clone assez impressionnant. Et donc, qui va le traduire avec ma voix et, par la suite, qui va le rendre disponible. Et qui va faire du montage pour reprendre l’ouverture, le thème, la petite musique d’ambiance qui est en dessous, mettre la fermeture, mettre les pauses, les espaces, ajuster les temps. Et puis après, il y a une autre IA qui va repasser derrière ça pour faire une validation de qualité, parce qu’il y a un volet aussi d’écriture. Tu sais, quand on met un podcast en ligne, il y a toujours un petit espace de présentation, de descriptif. Alors, il y a un agent IA qui s’assure que ça colle avec la version française, qu’il est en train de raconter, qui rajoute les dates sur les pochettes de podcast. Et puis, ultimement, il y a la dernière IA qui va passer à travers tout ce travail-là pour s’assurer de la qualité. Et c’est évalué sur 100. Et là, nous, on se sent bien quand c’est du 80 en montant.
Jérôme :
[
28:57] D’accord. 80 % de…
Bruno :
[
29:00] La note de passage.
Jérôme :
[
29:01] D’accord, c’est super. Donc, tu peux nous faire écouter un extrait, là ? C’est quoi, la meilleure langue ?
Bruno :
[
29:10] Écoute, la langue la plus impressionnante, c’est l’arabe.
Jérôme :
[
29:14] Ah ouais ? Oui, parce que tu ne parles pas très bien arabe, en vrai.
Bruno :
[
29:16] Non. Et d’ailleurs, c’est au grand désarroi de mon amoureuse, parce que c’est drôle. Haïfa me faisait la confidence, puis elle dit : c’est vraiment agréable de t’entendre. Oui, Haïfa est libanaise.
Jérôme :
[
29:27] C’est vrai, nos deux femmes parlent arabe, en plus, c’est rigolo.
Bruno :
[
29:30] En plus, oui.
Jérôme :
[
29:31] Mais toi, tu comprends.
Bruno :
[
29:32] Moi, je ne suis pas encore là.
Jérôme :
[
29:33] Je ne comprends pas très bien.
Bruno :
[
29:36] Mais évidemment, quand je fais un bulletin comme ça, c’est intéressant d’avoir Haïfa qui peut écouter et me dire : ça, c’est bon, ça, c’est bon. Puis finalement, au fil du temps où on a développé tout ça, en temps réel, elle me faisait la correction. Et j’avais quelqu’un qui était en Allemagne qui me faisait la même chose. J’avais quelqu’un à Hong Kong qui me faisait la même chose.
Jérôme :
[
29:55] Alors, on va écouter ça. Tu vas nous envoyer ça. On va le faire contrer. Parce qu’il y a plein d’arabes différents, en plus. Excuse-moi, mais tu le sais comme moi. Il y a l’arabe littéraire, il y a l’arabe égyptien, l’arabe algérien, marocain. Après, ce sont des dialectes : égyptien, libanais… Ce n’est pas exactement pareil, tout ça.
Bruno :
[
30:14] Pour entendre ça, il faudra aller en ligne.
Jérôme :
[
30:18] Ah ben c’est génial, écoute, bravo. Donc tu vas démultiplier ta puissance de feu et ton audience, en fait, avec ça.
Bruno :
[
30:26] J’ai hâte de voir, parce que dans le fond, on le lance, et c’est une belle illustration du fait que c’est une chose de produire un podcast, mais après il faut le faire connaître, tout le volet de la découvrabilité, et que le podcast trouve son public. Et ça, ça va être la prochaine étape.
Jérôme :
[
30:43] En tout cas, ça montre que toi comme moi, on continue à explorer toutes les pistes du podcasting à l’ère de l’intelligence artificielle. Et c’est fantastique. Tiens, ça me donne une idée : il faudrait que j’écrive un bouquin là-dessus, d’ailleurs.
Bruno :
[
30:57] Ben oui, pourquoi pas ?
Jérôme :
[
30:59] Ouais, ouais, il faudrait que j’y pense.
Bruno :
[
31:01] Ouais, ouais, ouais.
Jérôme :
[
31:02] Non, c’est… Il y a plein de choses à raconter.
Bruno :
[
31:05] Ah, Jérôme !
Jérôme :
[
31:07] Ouais ?
Bruno :
[
31:07] Ah non, non, mais permets-moi de te poser la question.
Jérôme :
[
31:09] Vas-y, pose-moi la question.
Bruno :
[
31:10] Au nombre de choses que tu m’as fait dévoiler et dont tu m’as permis de faire la promotion, tu parles de quoi cette semaine dans Monde Numérique ?
Jérôme :
[
31:18] Cette semaine dans Monde Numérique, je parle de voitures électriques. On fait un peu le point sur toutes les avancées en matière de voitures électriques. Alors, il y a le côté voiture autonome, mais il y a aussi la course à la recharge rapide. Tu sais que les Chinois, ils sont à fond là-dessus. Ça fait rêver, des voitures qui, peut-être un jour, pourront se recharger en un quart d’heure, dix minutes, cinq minutes même pour certaines. Sauf qu’avec Julien Villeret d’EDF, on explique que la voiture électrique, c’est super, elle se développe, mais avant de pouvoir la recharger en cinq minutes, il va falloir attendre un peu. Parce qu’il ne suffit pas d’avoir des batteries spéciales, il faut tout un écosystème et toute une chaîne derrière pour que ça fonctionne. Et puis, je m’intéresse aussi à l’hôpital, parce qu’il y a cette semaine à Paris un salon qui s’appelle SantExpo, consacré, comme son nom l’indique, à la santé. Et donc, à cette occasion, je fais une petite série sur le numérique et différents aspects du numérique dans l’hôpital public avec la Fédération hospitalière de France. Et pour le premier rendez-vous de cette série, eh bien, on parle de cybersécurité, notamment avec l’exemple d’un hôpital qui a subi, il y a plusieurs années, une attaque monstrueuse. Ils ont été paralysés complètement.
Bruno :
[
32:30] C’est affreux, ça.
Jérôme :
[
32:31] Et voilà, donc le responsable de cybersécurité m’explique comment ils ont fait face à cette difficulté. Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet ?
Bruno :
[
32:42] Écoute, cette semaine dans mon carnet, évidemment, on revient sur le fait qu’on lance en plusieurs langues le 120 secondes de tech. Et je fais une entrevue avec Jean-Baptiste Martinelli, qui est l’ingénieur avec qui j’ai développé ça. Alors, on s’en va sous le capot, s’il y a des gens qui sont vraiment curieux. On prend le temps d’expliquer comment ça fonctionne, mais sans se perdre dans du jargon. J’ai eu une entrevue avec l’ex-ministre du Numérique au Québec, qui a claqué la porte parce qu’il a dit que sur tout le dossier du numérique, ses collègues des autres ministères, et même le premier ministre et maintenant la première ministre du Québec, ne l’écoutaient pas, n’écoutaient pas ses conseils. Et lui, il dit : « On s’en va dans le mur. Vous ne voulez pas m’écouter, eh bien moi je sors de la voiture avant l’accident. »
Jérôme :
[
33:26] C’est la crise.
Bruno :
[
33:28] Oui, oui, oui. Longue entrevue avec lui. Et puis, je ne sais pas si tu te souviens, il y a environ deux semaines, trois semaines, j’ai publié un papier sur mon carnet où je racontais comment les dirigeants des boîtes d’IA Anthropic et OpenAI avaient rencontré, à New York, des dirigeants des grandes Églises chrétiennes, hindoues, musulmanes et compagnie.
Bruno :
[
33:54] Parce qu’ils voulaient les consulter en matière d’éthique, en matière de foi, en matière d’humanité. Intéressant. Et j’ai voulu valider, pas cette information-là, mais voir pourquoi des gens des industries se tournent vers des gens de foi, de religion. J’en ai parlé avec Alain Crevier, qui est un des grands journalistes du monde religieux au Québec, qui a pris sa retraite. Il est sorti momentanément de sa retraite, et puis j’en ai profité pour lui parler. Il a accepté de répondre à mes questions là-dessus. Alors, c’est intéressant. Puis finalement, il y a un gros portrait de l’industrie des TI au Canada qui vient d’être publié. Ça s’appelle Portrait TI. Et je parle avec Alain Cormier, qui est le patron derrière cette enquête-là. Ça fait dix ans qu’ils le font, année après année, et on voit l’évolution depuis dix ans des différents dossiers, que ce soit évidemment, comme tu le disais, la cybersécurité, mais aussi l’intelligence artificielle, les ressources humaines, et puis la place des gens des TI au sein des organisations, comment ils sont en train de se déplacer, et comment leur parole commence de plus en plus à être écoutée.
Jérôme :
[
35:01] Écoute, super, parfait. Voilà le menu de ton carnet, après le… Ton menu. Ton carnet, Monde Numérique. Eh bien, on va s’arrêter là. Voilà pour l’émission dans l’émission, le débrief Transat.
Bruno :
[
35:14] Écoute, je te remercie d’être passé chez nous.
Jérôme :
[
35:17] On se retrouve la semaine prochaine.
Bruno :
[
35:18] Et je salue tes auditeurs. Puis oui, effectivement, on se retrouve la semaine prochaine.
Jérôme :
[
35:22] Salut Bruno, salut à tous.
Bruno :
[
35:23] Salut Jérôme.