Monde Numérique :
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0:11] Mais que se passe-t-il sur la planète IA ? Il y a ceux qui veulent ralentir, il y a ceux qui disent qu'il ne faut surtout pas ralentir, il y a ceux qui veulent tout arrêter aussi, et puis ceux qui cherchent une troisième voie.
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0:22] Que se cache-t-il derrière les dernières déclarations fracassantes des grands ténors de l'intelligence artificielle ? C'est l'actu cette semaine encore, et on en parle dans Monde Numérique, l'hebdo. On va essayer d'y voir clair.
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0:36] L'actu de la semaine, c'est aussi de nouvelles lunettes connectées à réalité augmentée. Elles sont signées Snap, un pionnier du secteur. L'Union européenne qui veut une loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans. Puis Revolut, la néobanque en ligne, victime d'une étonnante et surprenante arnaque. Le Débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti. On reviendra sur la bataille des IA propriétaires contre les IA ouvertes. Et on essaiera de comprendre ce qui se cache derrière les prises de parole des uns et des autres ces dernières semaines. Et puis Bruno nous parlera d'une éventuelle porte de sortie dans cette histoire-là : l'initiative du chercheur québécois Yoshua Bengio, qui veut lancer une IA sans arrière-pensée. Dans la deuxième partie de cette émission, les interviews de la semaine. Je vous emmène en Chine, à Shanghai, à l'occasion de Huawei Connect. C'est l'événement annuel de la marque chinoise Huawei. Énorme événement consacré à l'actualité des réseaux et des télécoms. Entretien exclusif dans cette émission avec le directeur technique Europe du groupe Huawei. Enfin, la tech et l'environnement, pour le pire et pour le meilleur aussi. On passera en revue les tendances dans ce domaine. On en parle avec Patrice Dubois de Capgemini.
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1:58] Voilà, c'est l'hebdo du 19 septembre 2026, et je suis ravi de vous retrouver. Un épisode de l'hebdo un petit peu particulier parce que, je l'ai dit, je suis en Chine cette semaine, et je voudrais dédier cet épisode de podcast à un dieu, à notre dieu à tous, et on a tendance à l'oublier : c'est le dieu Internet et la déesse Connectivité. Oui, car ces figures divines prennent toute leur importance lorsque, soudainement, on en est privé. Alors, non pas que je sois privé, coupé du monde, mais il faut bien avouer que c'est un peu compliqué, non pas de se connecter à Internet — bien sûr, Shanghai est une ville hyper moderne, hyper connectée — mais de retrouver toutes ses habitudes, et notamment quand on a l'habitude d'utiliser pas mal de services américains. Alors, bien sûr, il y a des combines qui sont connues, il faut des VPN pour passer à travers le grand firewall chinois, mais ça fonctionne à peu près bien pour des petites choses : trouver un itinéraire, je ne sais pas, consulter un peu les news. Dès qu'il s'agit d'avoir une utilisation un peu plus professionnelle, passer des fichiers audio ou même de la vidéo, là, ça devient carrément une autre affaire. Pourtant, j'avais pris mes précautions, je l'avoue. Connaissant ces difficultés, j'étais arrivé bardé d'eSIM, d'abonnements spéciaux, de VPN dans tous les sens, etc.
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3:24] Mais, eh bien, parfois, il faut jongler entre le réseau 5G, qui n'est pas toujours bon au bon endroit, la connexion Wi-Fi, qui n'est pas toujours parfaite à l'hôtel, etc. Et puis ces fameux VPN qui compliquent tout. Il faut arriver à comprendre ce qui passe, ce qui ne passe pas, dans quel cas, etc.
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3:42] Bref, ce n'est pas franchement une sinécure. Alors, cet épisode, l'épisode de l'hebdo, sera d'ailleurs peut-être un peu allégé. Ne m'en veuillez pas, mais au moins je suis là et on est là cette semaine pour jeter un coup d'œil, tout d'abord, sur l'actu.
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3:57] L'actu, c'est d'abord et encore ce qui se passe du côté de la Silicon Valley, avec une succession d'événements qui ont fait couler beaucoup d'encre. Rappelez-vous la démission du fameux Jacob Coxon, cet ancien employé d'Anthropic, ce qui a déclenché une succession de prises de parole. Dario Amodei, le patron d'Anthropic lui-même, qui a lancé un appel à ralentir l'intelligence artificielle, estimant que les capacités des modèles progressent plus vite que les outils qui permettent d'évaluer leurs risques. Amodei propose ainsi un dispositif en trois volets : installer des évaluateurs indépendants au sein des laboratoires, avec un accès comparable à celui des employés, pour savoir exactement ce qui se passe au cœur de ces tout-puissants modèles ; coordonner les efforts des entreprises d'IA qui opèrent dans des pays démocratiques, est-il précisé ; et puis engager des discussions internationales, notamment avec la Chine, sur les limites à ne pas dépasser. On reviendra tout à l'heure sur la manière dont il faut comprendre, sans doute, ces déclarations. En tout cas, ça a fait du bruit médiatique, puisque, immédiatement, Elon Musk a réagi sur X en disant : « Dario is right ».
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5:06] Elon Musk qui donne raison à Dario Amodei, et même Sam Altman qui suit le mouvement en surenchérissant — ça, c'était le 13 septembre — lui aussi appelant à ralentir l'intelligence artificielle. Bref, une étonnante alliance entre ces trois personnages tout-puissants, car ils dirigent les fameux labos d'IA aujourd'hui. Mais, en principe, ce ne sont pas franchement les meilleurs amis du monde. Et pourtant, voilà que tous les trois, patrons d'OpenAI, d'Anthropic et de xAI, appellent à plus de régulation, et y compris Google, qui s'est également joint au mouvement, Google DeepMind. Ils ont même mis en place un organe de supervision des risques. Voilà pour les tenants du freinage tous azimuts.
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5:54] Mais il y en a qui ne sont pas d'accord, et on va en reparler tout à l'heure avec Bruno Guglielminetti. Tout d'abord, le président des États-Unis lui-même, et y compris la Chine, qui a exprimé son désaccord de manière très officielle en expliquant qu'il n'était pas sérieux de vouloir ralentir la recherche en intelligence artificielle. Alors, derrière ça, il reste le motif de cette affaire, qui est donc les alertes sur les risques de l'IA. Des alertes prises très au sérieux par beaucoup de monde, certains s'étant déjà exprimés par le passé, comme par exemple le scientifique Geoffrey Hinton, qui, on le sait, fait partie des très inquiets par rapport au risque de l'intelligence artificielle. Mais son opinion est loin de faire l'unanimité. Et il y a aussi énormément de méfiance par rapport à ces prises de position des géants de l'IA, qui sont jugées en réalité peu crédibles par une bonne part de l'écosystème tech.
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6:50] Que ce soit l'écosystème américain ou même européen et français. Par exemple, un ingénieur de Hugging Face, Niels Rogge, a dit sur X qu'il ne croyait pas du tout que ces IA étaient aussi dangereuses qu'on voulait bien le dire, mais qu'en réalité, ceux qui le disent ont tout simplement un agenda. Selon lui, ces entreprises veulent surtout éviter que les modèles chinois ne deviennent trop performants. Et c'est pour ça qu'elles chercheraient à verrouiller les modèles open source afin de conserver un avantage concurrentiel. Il estime que l'IA actuelle est loin d'être dangereuse, mais qu'évidemment, elle nécessite une supervision humaine pour éviter qu'elle fasse n'importe quoi. Donc voilà à peu près où on en est. Bref, la situation est pour le moins confuse. Les Nations unies ont décidé de se saisir également de ce dossier et de mettre en place quelque chose qui pourrait aller vers de la régulation de l'IA. Voilà pour les faits. Et en ce qui concerne l'analyse de cette situation, je vous propose de retrouver dans un instant le Débrief transatlantique avec mon camarade Bruno Guglielminetti, puisqu'on revient en détail sur les derniers développements de cette affaire.
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7:56] Quelque chose d'un peu plus léger, parlons hardware, parlons matériel électronique et high-tech, avec des nouvelles lunettes connectées.
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8:06] Présentées par un acteur qui est véritablement un pionnier en la matière, puisqu'il s'agit de Snap, la société éditrice de Snapchat, qui lance un nouveau modèle de lunettes à réalité augmentée. Il s'agit donc vraiment de lunettes qui ont un petit écran intégré, qui permettent de voir toutes sortes d'informations en superposition par rapport à la réalité. Moi, j'avais testé le modèle précédent, qui était déjà pas mal du tout, assez prometteur. Eh bien, voici les specs qui ont été présentées par le big boss de Snap aux États-Unis et qui vont arriver très bientôt aux États-Unis, au Royaume-Uni et aussi en France. Il faut dire que le patron de Snap, Evan Spiegel, est français. Il a reçu la nationalité française et il a vécu longtemps à Paris. Alors, ces lunettes coûteront, tenez-vous bien, la bagatelle d'environ 2 200 dollars, ce qui ferait, si on traduit ça en euros, 1 870 euros hors taxes. Mais, pour l'instant, il n'y a pas de prix officiel annoncé. Parce que ce sont de belles machines, avec un affichage couleur, avec des verres électrochromiques, quatre heures d'autonomie. Elles sont assez massives, malgré tout. Et la grande nouveauté, c'est que, comme elles ont quand même besoin de connexion, de connectivité, mais comme elles n'ont pas de connexion 5G intégrée — ce n'est pas possible techniquement aujourd'hui de mettre ça dans des lunettes — elles
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9:31] ont besoin d'une connexion de type smartphone. Mais Snap propose un système original d'étui qui fait office de smartphone en mettant une carte SIM à l'intérieur. Et en France, c'est Orange qui a été choisi comme partenaire et qui va donc fournir les forfaits mobiles dédiés. Voilà des lunettes connectées que l'on commande soit avec des touches virtuelles qui s'affichent dans le creux de la main — c'est le système d'interface de Snap qui existait déjà depuis les modèles précédents — soit par commande vocale. Côté logiciel, il y a aussi évidemment une intelligence artificielle qui vient avec : SPECS Intelligence, une IA de type assistant pour s'organiser, qui sera capable de consulter notre agenda, d'organiser nos journées, nos trajets, de répondre à nos messages, etc. Sauf que ça, pour l'instant, ça n'arrivera pas en France, sans doute pour des raisons encore réglementaires. Et d'ailleurs, ces lunettes arrivent quand même dans un contexte un peu particulier, voire tendu, avec des recommandations faites notamment en France par la Commission nationale de l'informatique et des libertés contre les lunettes qui filment, les lunettes équipées de caméras, même si ce n'est pas spécifiquement et réellement interdit, bien sûr.
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10:48] Mais quand même, on sait les problèmes que ça pose. Et Meta, notamment, qui est pionnier lui aussi dans ce domaine, envisagerait, paraît-il, de sortir des lunettes connectées à réalité augmentée aussi, mais sans caméra extérieure. On verra.
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11:03] Revolut, la néobanque en ligne victime d'une escroquerie assez étonnante. L'entreprise a confirmé récemment avoir transmis par erreur les données personnelles de 700 de ses clients à des pirates informatiques qui s'étaient fait passer pour une administration gouvernementale italienne. Les escrocs avaient utilisé une adresse e-mail et un nom de domaine tout à fait, légitime et ils ont réussi à tromper les responsables de Revolut. Ils ont ciblé particulièrement des détenteurs de portefeuilles de crypto-monnaies. Parmi les informations compromises figurent donc des noms, des adresses, des numéros de téléphone, et puis également des documents et des copies de passeport, des selfies, etc. Bref, des données personnelles et tout ça a fuité entre les mains des escrocs. Revolut indique avoir détecté la fraude. A posteriori, elle aurait duré environ cinq mois. Évidemment, ensuite, tout a été bloqué. les autorités ont été alertées et les clients concernés ont été prévenus par e-mail. Évidemment, si vous faites partie de ces victimes, il faut maintenant redoubler de prudence face à tous les risques de phishing ou pire, même d'usurpation d'identité.
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12:14] Et on termine par cette petite info institutionnelle. L'Europe, l'Union européenne, s'apprêterait à serrer la vis sur l'accès des mineurs aux réseaux sociaux. La Commission européenne a en effet présenté jeudi 17 septembre un projet de loi baptisé EU Kids Act. Un projet de loi visant à instaurer une majorité numérique commune aux 27 États membres. L'objectif étant de protéger la santé physique et mentale des plus jeunes. On connaît le problème. Le projet pourrait contraindre les réseaux sociaux à prouver qu'ils sont sûrs par conception, le fameux « security by design », pour être accessibles aux mineurs, ce qui impliquerait notamment la suppression de certaines fonctionnalités jugées parmi les plus addictives. Sur la question de l'âge qui doit être fixé comme limite, le débat reste ouvert. Un comité d'experts européens préconise une interdiction totale avant 13 ans, tandis que la France, on le sait, pousse pour sa part pour un seuil fixé à 15 ans. Alors, on s'y perd un peu parce qu'en réalité, il y a déjà des dispositifs réglementaires européens, dans le DSA notamment, qui visent à limiter l'usage des réseaux sociaux par les moins de 13 ans. La France également voulait instaurer une majorité numérique à 15 ans. C'est le grand projet d'Emmanuel Macron, mais qui a été retoqué récemment par le Conseil constitutionnel. Cela dit, le gouvernement travaillerait sur une nouvelle version. Donc, cette histoire est encore loin d'être terminée.
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13:37] Cet épisode de Monde Numérique vous est proposé en partenariat avec Frogans, le pionnier de l'informatique spatialisée. Comme les inventions dont je vous parle dans ce podcast, Frogans ouvre une nouvelle voie. C'est une manière innovante de diffuser du contenu sur Internet, à travers des sites d'un nouveau genre, plus visuels et plus libres, qui sortent du cadre du web traditionnel. Les sites Frogans sont optimisés pour tous les écrans, y compris les casques de réalité augmentée, grâce à une technologie ouverte, respectueuse de la vie privée. C'est un véritable outil de création propulsé par un nouveau langage basé sur le XML, accessible en bêta à tous les développeurs professionnels. Frogans, c'est un projet français tourné vers l'Internet de demain. Pour en savoir plus, rendez-vous sur f2r2.fr. F2R2.fr. Et merci à Frogans de soutenir Monde Numérique.
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14:25] Et c'est le moment d'ouvrir la porte, ou plus exactement la connexion, avec mon camarade Bruno Guglielminetti, de l'autre côté du globe cette semaine. Le Débrief transatlantique.
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14:38] Jérôme Colombain qu'on ne retrouve pas à Paris, quel globe-trotter, mais qu'on retrouve en Chine, à Shanghai. Bonjour ou bonsoir, Jérôme. Salut, Bruno Guglielminetti, à Montréal. Oui, c'est bonsoir ici, à Shanghai, à l'heure où je te parle. Écoute, la nuit est déjà tombée. Je crois que j'ai presque douze heures d'avance sur toi. Tu te rends compte ? Pour une fois. Oui, ce n'est plus un Débrief transatlantique, c'est un Débrief transpacifique cette semaine. Oui, exactement. Jérôme, qu'est-ce qui te marque dans ton passage à Shanghai ? Shanghai, je trouve que c'est une ville qui est incroyable. Moi, je n'étais pas venu depuis dix ans ici. Alors, c'était déjà assez fantastique. Et c'est là qu'on se rend compte à quel point, je veux dire, la Chine, en tout cas les Chinois, sont en avance. Mais c'est complètement fou. Moi, je dirais qu'ils ont dix ou quinze ans d'avance sur nous. Ça fait des années qu'ils payent dans les magasins avec des QR codes, avec des applis. Tout est dématérialisé. Il n'y a quasiment plus d'argent liquide.
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15:47] Tout est électrique dans les rues, ça, ça me frappe énormément. C'est une très grande ville, comme moi je les aime personnellement, j'aime New York, j'aime Shanghai, j'aime toutes ces grandes mégalopoles. Et là, contrairement à New York ou à Paris par exemple, c'est très calme, c'est assez silencieux. Pourquoi ? Tout simplement parce que tu n'as que des véhicules électriques, voitures ou scooters ou vélos, Ce ne sont que des véhicules électriques, ce qui représente un certain danger d'ailleurs, parce que, les petites motos électriques comme ça, tu ne les entends pas arriver. Et puis, comme en plus, ils ne se gênent pas pour rouler sur les trottoirs, ça peut être assez dangereux. Mais en tout cas, c'est très calme et pour une très grande ville comme ça, je trouve que c'est assez paisible, c'est étonnant. Jérôme, les derniers jours ont été marqués par énormément de discussions qui portent sur l'IA, sur son, encadrement, sur les dangers reliés à l'IA, les pires scénarios apocalyptiques ont été sortis des boîtes à peur. Tu retiens quoi de cette semaine-là?
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16:53] Je pense que cette semaine marque un tournant dans l'histoire de l'intelligence artificielle. Il n'y a pas que moi qui le dis, d'ailleurs, et non des moindres. C'est un peu ce qu'a dit Bill Gates, tu sais, sur son blog, il fait des billets régulièrement. Et il dit : je pense qu'on vit un moment très important, c'est un tournant, et les choix que nous faisons maintenant sont cruciaux. Et en même temps, c'est tellement difficile d'y voir clair. Je trouve que la situation est extrêmement confuse. La semaine dernière, on parlait ensemble de la démission du fameux Jacob Coxon, cet ingénieur d'Anthropic, etc., et des différentes prises de position, prises de parole, de gens qui disent : « Attention, 10 % de chances que l'IA détruise l'humanité », etc. Et puis, on voit que, par rapport à ça, beaucoup de gens sont convaincus de ce message. D'autres, et notamment dans la sphère tech, des spécialistes remettent complètement ça en question.
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17:57] À noter d'ailleurs que Mark Zuckerberg, Yann LeCun, etc., ne sont pas du tout d'accord. Mais même beaucoup d'observateurs disent : « Ce n'est pas vrai, ils disent n'importe quoi. » Ils disent ça parce qu'ils ont un agenda économique, un agenda boursier derrière. Et ce qui est fou, c'est que les gens qui remettent en question ces alarmes sont traités de complotistes. Donc, en fait, et pardon de monopoliser la parole, Bruno, mais juste là-dessus, pour répondre un peu à ta question, ce qu'il faut retenir, je trouve, c'est qu'on essaye de comprendre ce qui s'est passé ces derniers temps. Quelle est la vraie raison pour laquelle Dario Amodei, Sam Altman et Elon Musk veulent appuyer sur le frein de l'intelligence artificielle ? On pense qu'ils ont une idée derrière la tête, mais on n'arrive pas bien à comprendre pourquoi. Donc, j'aimerais maintenant avoir ton point de vue sur la question. Oui, puis je te rassure, tu ne monopolises absolument rien. C'est ce que je voulais entendre. C'était ton point de vue là-dessus. Effectivement, c'est difficile. Et puis, écoute, à Montréal, nous, imagine-toi le contexte. Il y a deux jours d'une rencontre, ALL IN, qui ne porte que sur l'intelligence artificielle. C'est l'industrie de l'IA canadienne qui est réunie. Il y a 10 000 personnes qui sont ici.
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19:08] On est dans une bulle d'IA et tu devrais voir le type de conversations qu'on peut avoir. Il y a autant de conversations qui font de la business, mais il y en a d'autres qui sont sur l'éthique, sur la sécurité, sur la philosophie. Puis imagine-toi qu'évidemment, puisqu'on est en terre québécoise, il y a Yoshua Bengio qui est là et qui a pris la parole. Et d'ailleurs, un petit peu plus tard, je vais te revenir avec une bonne nouvelle du côté de Yoshua Bengio et son projet LawZero. Mais donc, lui, en point de presse, hier, nous racontait que c'est sûr qu'il y a des choses qui sont dites, qui existent. Et il nous racontait, pour avoir parlé avec des chercheurs qui ont les deux mains dedans, comment, effectivement, il y a des agents IA qui se baladent et qui cachent leurs traces pour s'assurer de ne pas se faire prendre et de ne pas se faire enfermer quelque part. Alors oui, les IA ont cette capacité-là de feindre leur véritable opération, mais ce qu'il faisait comme remarque, et j'avoue que j'ai trouvé ça très intéressant, c'est que là, lui...
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20:15] Ce sur quoi il est en train de travailler, de plancher, c'est un peu l'alternative aux IA américaines et aux IA chinoises. C'est une IA alternative, c'est-à-dire une IA qui ferait la même chose que les autres peuvent faire, mais qui n'aurait pas d'agenda personnel. Et c'est ça dont on se rend compte et dont on a peu parlé jusqu'à maintenant : une IA, elle existe, mais elle a ça. Ce n'est pas vrai qu'elle fait seulement ce qu'on lui demande, parce qu'elle a du temps, probablement entre les requêtes ou pendant les requêtes, parce qu'elle travaille tellement vite que...
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20:51] Certaines développent leur agenda, certaines développent des projets. Et donc, le défi, c'est d'arriver à développer des IA qui ne vont faire que répondre aux demandes des humains et ne rien anticiper d'autre et ne rien développer d'autre. Et j'avoue que ça, cet aspect-là, on ne l'a pas entendu souvent.
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21:15] Et moi, je trouve ça rafraîchissant de voir qu'il y a quelqu'un qui est en train de penser à ça. Et il y a énormément d'espoir placé là-dedans parce que, là, à l'heure actuelle, on se retrouve avec des Américains qui veulent mettre — en tout cas, les trois gros Américains — un frein au développement de l'IA. Après, on se retrouve avec des Européens et des Canadiens qui disent : non, il n'est pas question de commencer à danser avec les règles qui sont faites par les trois géants américains. La Chine non plus n'est pas intéressée à jouer selon les règles américaines. Il y a une discussion à avoir. Alors, on se dit, effectivement, les grands de l'IA américains ont un agenda pour aller dans le sens de ce que tu disais. Et là, c'est de voir ce qui va se jouer. Parce qu'on s'entend, si les Américains freinent le développement de leur super IA, ça ne va pas empêcher, par exemple, les laboratoires chinois de poursuivre, et les autres dans le monde. Et sachant que la Chine a un pas d'avance au niveau international dans sa percée des différents marchés, je ne sais pas ce qui va arriver avec les gens américains. Ils vont rester chez eux et puis j'ai l'impression que le président américain ne sera pas tellement content, et c'est pour ça que lui non plus ne veut pas d'encadrement, il ne veut pas ralentir le rythme. C'est vraiment toute une question qui est lancée sur la place publique. Ah non, mais c'est pour ça, et encore une fois, j'y reviens, on est à un tournant, mais on a du mal à comprendre, à percevoir. On ne comprend pas bien cette attitude d'Amodei, Altman et Musk.
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22:42] Qui disent en gros, on est les meilleurs, on est super en avance.
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22:48] Mais ce qu'on fait, c'est grave et ça peut vous nuire, alors on va arrêter. Mais on ne peut pas croire une seconde qu'ils veulent arrêter. En plus, déjà, ça fait des années qu'ils crient au loup. Ça fait des années qu'ils annoncent la fin du monde. Bon, donc pourquoi est-ce qu'ils font ça ? Visiblement, c'est parce que, comme tu l'as dit, ils veulent récupérer le pouvoir, c'est-à-dire que s'ils ont les modèles les plus évolués et puis qu'ils disent : « On marque le pas », c'est aussi pour essayer d'obliger les autres à marquer le pas, à s'arrêter. Et ça, ce serait le pire si, par exemple, l'Europe, pour ne citer qu'elle, décidait, parce que les Américains, en l'occurrence les Big Tech, les trois ou quatre dont on parle, voulaient lever le pied, si nous on décidait de faire pareil. On se dit : « Ouh là là, bon, l'IA peut être dangereuse, vite, arrêtons. » Mais on va prendre un retard phénoménal, et donc il ne faut surtout pas faire ça. Je pense qu'il faut, au contraire, en profiter, et les Chinois vont faire pareil : ils vont en profiter pour essayer de rattraper leur retard. Mais c'est tellement subtil, cette histoire-là, d'essayer de vendre l'Armageddon en disant : oui, en gros, à cause de nous, vous risquez de périr tous, mais nous, on a la solution. Comme nous sommes sages, confiez-nous les rênes, on va s'occuper de tout. Et d'ailleurs, ils veulent créer un organisme à trois pour essayer de réguler ça.
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24:17] Il y a une espèce de double discours, c'est peut-être ça le plus effrayant. À mon avis, dans l'histoire, ce n'est pas l'IA qui est effrayante, c'est les trois ou quatre gugus qui la pilotent, qui, eux, ont des visées qui sont au-delà de tout ce qu'on a pu imaginer jusqu'à présent. Oui. Puis, pour les gens qui suivent peu la politique en lien avec la technologie, je veux quand même soulever un fait intéressant parce que, quand on pense aux États-Unis, évidemment, dans le domaine, on pense à OpenAI, Anthropic et aux gens de xAI. Mais il y a le président américain qui dit : non, non, il ne doit pas y avoir d'encadrement. Il y a quand même les élus du Congrès, et ça, je trouve ça intéressant, parce que c'est une démarche bipartisane, à la fois des démocrates et des républicains, qui disent non. Et là, même le président de la Chambre du Congrès se porte à faux en disant : il faut trouver quelque chose pour encadrer. Et ça, j'avoue que, on s'entend, il y a une primaire qui arrive, mais j'ai un peu d'espoir du côté des Américains, de ce côté-là. Oui, mais c'est politique, Bruno. C'est politique. Enfin, je veux dire, c'est pour prendre le contre-pied de Trump, précisément. Oui, mais il y a de bons amis de Trump qui disent ça. Alors, c'est là où je trouve ça intéressant. Parce qu'eux sont beaucoup plus en contact avec la population que peut l'être le président entre un match de golf et son souper d'hamburger.
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25:46] Pardon, juste encore un mot là-dessus, parce que la question qui se pose, c'est : qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Est-ce qu'il va y avoir une espèce de super conseil international de l'IA qui dira : bon, là il faut ralentir, là il faut y aller, etc. ? Moi, je n'y crois pas trop. Je pense que personne n'y croit. La vraie raison, elle est sans doute économique. On sait qu'Anthropic veut faire son entrée en Bourse cette année, mais ils commencent déjà à dire qu'ils vont la retarder. OpenAI parle de faire une entrée en Bourse l'année prochaine, mais c'est ça qui est dans le collimateur. Et en fait, tout ce discours, il est clairement destiné aux investisseurs parce qu'aujourd'hui, il y a une mécanique économique qui fait qu'en plus, ce n'est pas assez rentable. Leur business a coûté des milliards et des milliards, mais il n'est pas assez rentable, il ne rapporte pas assez d'argent. Et donc, ça ressemble aussi un petit peu à un mouvement de panique dans ces fameux laboratoires, parce qu'on appelle ça des laboratoires maintenant. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais Anthropic, OpenAI et xAI ont leur laboratoire d'IA qui travaille sur les IA de frontière.
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27:01] Ces compagnies ont un problème d'équation économique à court terme et à long terme, un problème effectivement lié à une possible régulation. Mais tu as raison quand tu dis que cette communication-là qui est faite depuis une semaine maintenant, elle s'adresse principalement au secteur financier, parce qu'on veut positionner les marques et on veut aussi essayer de calmer les dégâts. Mais bon, reste à voir ce qui va se passer. Oui, vas-y. Mais je crois qu'il y a aussi quelque chose de très intéressant là-dedans, c'est que, et je reviens à cette histoire de point de bascule.
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27:39] C'est aussi le choc de deux mondes. D'un côté, tu as les IA fermées, propriétaires, et en face, il y a les IA ouvertes, non propriétaires, en open source, etc. Celles défendues par la Chine, celles auxquelles s'intéressent aussi en Europe, par exemple, des gens comme Mistral, Hugging Face. Et il y en a aussi un qui s'y intéresse beaucoup, et ça, c'est très intéressant : c'est Jensen Huang.
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28:09] Le patron de NVIDIA qui a choisi son camp : il ne veut pas aller vers les IA propriétaires, il veut aller vers l'IA open source. Et je pense que c'est ça aussi qui fait peur à ces grands géants qui, eux, ont leur modèle propriétaire. Donc, en fait, on est à l'aube de la naissance de deux mondes, on va dire : celui des IA propriétaires et celui des IA ouvertes. Et c'est peut-être là aussi que la bataille se joue.
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28:37] Non, tu as tout à fait raison. C'est vraiment deux mondes qui, maintenant, sont confrontés à une réalité et à une situation. Et d'ailleurs, je veux quand même revenir, parce que je veux remettre à César ce qui lui revient. C'est Yoshua Bengio qui, il y a deux semaines, a donné une entrevue dans Time, dans le magazine Time, et il disait qu'on est vraiment à un tournant. Puis après, c'est drôle, parce qu'après lui, on a vu tout... Et il parlait de ces questions-là. Puis après, on a vu la sortie des patrons qui sont arrivés, évidemment, probablement dans certains cas en réaction aux déclarations du jeune ingénieur, mais il y a eu comme une grosse fenêtre qui s'est construite, et là, c'est ça. — Tu parles des patrons d'Anthropic et compagnie ? — Oui, oui, oui. — Oui, c'est Jacob Coxon qui a mis le feu aux poudres et qui a déclenché ensuite les prises de parole des uns et des autres, des patrons jusqu'à Elon Musk et compagnie. — Est-ce que tu me permets de fermer cet angle de la question ?
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29:36] Mais oui, fermons l'angle, fermons l'angle. Mais on reste quand même dans l'IA parce que moi, je voulais absolument te parler d'une très bonne nouvelle.
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29:45] Tu sais que l'Allemagne, je le découvrais cette semaine en faisant une entrevue avec des délégués de l'Allemagne au Canada dans le cadre d'ALL IN. Mais l'Allemagne et le Canada, ce sont les deux plus importants partenaires économiques en Europe. Contrairement à ce que je pensais, je pensais que c'était la France. Disons que les Français viennent en grand nombre au Canada, mais c'est avec l'Allemagne que le Canada fait le plus de business. Et donc, grosse annonce cette semaine : le gouvernement allemand et le gouvernement canadien engagent 300 millions de dollars pour une IA sécuritaire qui sera développée par LawZero, le projet de Yoshua Bengio. Tu aurais dû voir Yoshua Bengio, il ne pouvait pas être plus heureux sur scène. Il était aux anges. Oui, et il y avait les deux ministres de l'IA, l'Allemand et le Canadien, qui confirmaient ces annonces-là.
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30:42] Et je pense que dans toute cette discussion-là, je le mentionnais un petit peu plus tôt, mais je veux juste revenir là-dessus, dans toute cette discussion qu'on a eue depuis une semaine et qu'on aura encore pendant des semaines et des mois, je trouve ça rassurant qu'il y ait des gens comme ça, j'allais dire presque libres d'esprit, qui ne sont pas retenus par des grands groupes de la planète, qui arrivent à, tenter de développer des systèmes qui sont sécuritaires, qui sont aussi dignes de confiance pour l'humain, pour être utilisés par eux. Et je pense que c'est un peu comme mon message d'espoir de la semaine. Oui, bien sûr. Non, mais tu as raison, Bruno. Maintenant, il faudra voir.
Monde Numérique :
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31:25] Sur quoi ça peut déboucher, parce que c'est toujours pareil : la course, elle a déjà commencé depuis un certain temps et il y en a quand même qui font la course en tête, très clairement. Alors, il y a peut-être de la place pour d'autres solutions, des IA plus sécurisées, des IA plus open source, etc., qui seront peut-être, qui seront même très certainement moins performantes. Après, moi, je commence à entendre dire que finalement, ces super modèles d'IA, ils sont presque trop puissants pour faire des choses dont on a besoin dans les entreprises, les start-up ou autres. Elles savent tout faire, ces IA. Bon, et du coup, c'est pour ça aussi qu'elles coûtent très cher, mais ce n'est peut-être pas forcément nécessaire. Non, bien exactement. Et de plus en plus, ce qu'on est en train de voir du côté des manufacturiers — là, je parle du niveau consommateur au niveau entreprise, quoique — de plus en plus, on est en train de voir les fabricants d'ordinateurs qui sont en train de nous développer des ordinateurs où il y a une partie du cerveau de l'ordinateur qui sert à accueillir une IA locale. À partir du moment où on décide de miser, dans l'utilisation quotidienne de l'IA, sur une IA locale qui n'est pas spécialisée dans toutes les connaissances de l'univers, mais bien dans celles dont on a besoin — donc de l'écriture, dépendamment de qui
Monde Numérique :
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32:48] va travailler — je pense que si ça peut répondre à la majorité des utilisateurs d'IA, tant mieux. Évidemment, ce n'est pas une bonne nouvelle pour ChatGPT ou Claude, parce que ça fera moins de gens qui les utiliseront. Mais je pense que ça fait partie de cette nouvelle réalité, dans un contexte où, quand on parle de souveraineté numérique, c'est aussi ça : la possibilité d'avoir un contrôle sur l'endroit où sont transférées, où transitent nos données. Si on est capable d'investir sur des plus petites IA qui sont aussi performantes, mais dans un domaine ou deux domaines, plutôt que de savoir tout et d'être capables de tout faire, je pense que c'est là où on va avoir plus de contrôle sur ce qu'on a. D'autant plus que, tu vois, autant du côté du ministre — pour les avoir croisés — du ministre canadien de l'IA que du ministre allemand de l'IA, les deux sont d'accord sur un point. Quand eux, maintenant, parlent de souveraineté numérique, ce n'est pas de l'isolationnisme, c'est la possibilité de pouvoir choisir. De choisir ce qu'on utilise comme outil, ce qu'on met sur un outil et ce qu'on met sur un autre outil, et de s'assurer qu'on a véritablement le contrôle. Vraiment comme dans un navire, dans un sous-marin, des écoutilles qui font en sorte que ça, ça reste là et ça, ça s'en va là. Et moi, je trouve que, quelque part, c'est probablement d'arriver à trouver un juste milieu plutôt que de vouloir s'isoler complètement, là.
Monde Numérique :
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34:09] Oui, bien sûr. C'est une petite musique qu'on entend aussi ici en Chine, où je me trouve actuellement, parce que.
Monde Numérique :
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34:19] C'est en plus la voie qu'a toujours suivie la Chine depuis le début, depuis DeepSeek, etc. Des IA open source, des IA plus spécialisées, plus ouvertes, etc. Après, c'est aussi que la puissance de l'IA chinoise aujourd'hui repose certainement en grande partie sur la puissance américaine, puisqu'il y a ce système de la distillation qui consiste à entraîner des modèles à partir des grands modèles, des modèles les plus évolués d'OpenAI ou d'Anthropic. Les plus évolués, les fameux modèles de frontière, ceux qui sont encore dans les labos, les fameux qui seraient hyper dangereux, personne n'y a accès pour l'instant. Mais, en revanche, le ChatGPT d'aujourd'hui, la version — je ne sais même plus à quelle version on est — qui est déjà une bête de course, par distillation, etc., on arrive à faire de la distillation. On rappelle ce que c'est : c'est-à-dire qu'à partir de l'interrogation d'un modèle d'intelligence artificielle, on le bombarde de questions, puis on récupère les réponses et on entraîne des modèles à partir des réponses. C'est-à-dire qu'il y a le maître qui fait la leçon et puis il y a l'élève qui apprend et qui apprend. Et on connaît la suite de l'histoire. En général, bien souvent, l'élève dépasse le maître. Là, je me mouille peut-être un peu, mais on verra bien. Non, non, non. De toute façon, on garde l'archive puis je la ressortirai à un moment donné.
Monde Numérique :
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35:46] Jérôme, je pense que les auditeurs se joignent à moi pour te souhaiter une excellente fin de séjour à Shanghai. Profite bien de l'endroit, mange bien, profite-en. Et puis, on se retrouve la semaine prochaine. On se retrouve la semaine prochaine, Bruno. Merci beaucoup pour tout et je te dis à bientôt. Salut, Jérôme.
Invité :
[
36:18] Monde numérique, le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
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36:41] Chaque année, le géant chinois Huawei présente toutes ses nouveautés à l'occasion d'un événement international. Huawei Connect, nous y sommes, c'est à Shanghai, en Chine, en partenariat avec Huawei. Un déballage de nouveautés : on plonge au cœur des réseaux, des data centers, de l'intelligence artificielle, avec mon invité Christophe Batiard. Bonjour. Vous êtes CTO de Huawei Europe. Cet événement est gigantesque. Est-ce que vous pouvez nous rappeler un petit peu, nous présenter un petit peu de quoi il s'agit ?
Invité :
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37:10] Alors, c'est l'événement annuel de Huawei au niveau mondial. On a d'autres événements similaires un peu partout dans le monde, mais là, c'est vraiment le plus grand événement. On reçoit entre 30 et 40 000 personnes, à peu près. C'est un événement qui accueille surtout des entreprises. On est plutôt là, tourné sur le monde des entreprises. On a d'autres événements pour des opérateurs et la partie consumer. D'ailleurs, on a lancé un produit, là, il y a quelques jours, un nouveau téléphone. — Ouais, on va en parler. — Voilà, le Mate XT 2, mais ce n'est pas dans mon domaine. — Voilà. Et là, on est vraiment sur un événement entreprise. Donc on a tout type de clients qui viennent du monde entier.
Monde Numérique :
[
37:46] Alors c'est gigantesque, ça fait penser à, j'allais dire presque, le CES de Las Vegas, sauf que c'est en Chine. Ça se tient sur deux espaces d'exposition ?
Invité :
[
37:55] Oui, plus d'autres bâtiments à côté. Donc, effectivement, là, on a un hall, c'est l'équivalent du parc des expositions de Versailles, à peu près, mais que Huawei. Donc oui, c'est un petit peu grand, mais c'est normal, ça représente un peu la taille de l'entreprise et de ce qu'elle est capable de faire. Donc on couvre un peu tous les domaines.
Monde Numérique :
[
38:15] Voilà, on rappelle que vous êtes dans des tas de domaines, parce qu'il y a les smartphones, que beaucoup de gens qu'on connaît évidemment, mais surtout aussi les réseaux, et puis dans des tas de secteurs différents qu'on va évoquer ensemble, mais d'abord peut-être les principales nouveautés, les grandes tendances cette année, qu'est-ce que vous annoncez à l'occasion de cet événement ?
Invité :
[
38:33] Alors, je vais parler à deux niveaux. Le premier, au niveau européen, on va surtout améliorer tout ce qui va être sécurité, sécurité des réseaux, et tout ce qui va être aussi résilience des solutions. Ça, c'est un gros point sur lequel les clients font un focus ; quand on regarde à peu près tous les analystes, on sait que c'est là-dessus. Et tout ce qui va être aussi automatisation. Alors, il y a longtemps qu'on a automatisé des choses, mais là, on est capable aujourd'hui d'utiliser de l'intelligence artificielle pour faire ça. Et puis après, à un niveau encore plus haut, pour ce qui n'est pas en Europe — malheureusement, on ne peut pas tout commercialiser partout, pour tout un tas de raisons — on est capable aujourd'hui d'utiliser des LLM pour piloter du réseau, de la data, et puis après de faire du full stack en intelligence artificielle, c'est-à-dire à la fois couvrir tous les besoins en infrastructure, donc de la capacité de calcul, du stockage au réseau, et toute la partie software.
Monde Numérique :
[
39:29] De l'IA à l'intérieur du réseau, à l'intérieur des data centers. On sait ce qui est présenté, c'est amusant, juste derrière vous, au sein de la partie datacom. Qu'est-ce que ça apporte aujourd'hui ? Vous avez dit résilience, sécurité, etc. Résilience, c'est-à-dire concrètement ?
Invité :
[
39:45] Alors la résilience, c'est qu'en fait, les réseaux aujourd'hui sont analysés en temps réel. Alors je dis aujourd'hui pour les gens qui nous découvrent, mais ça fait déjà un certain temps qu'on le fait. On analyse les réseaux en temps réel et on a des softs algorithmiques d'intelligence artificielle qui sont embarqués directement et qui permettent en fait de créer des alertes ou de rediriger du trafic si nécessaire automatiquement. Donc on évite de perdre des paquets, on évite d'avoir des réseaux qui s'arrêtent.
Monde Numérique :
[
40:09] Donc de la redondance qui renvoie automatiquement ?
Invité :
[
40:11] À la fois de la redondance physique, mais aussi une capacité à rediriger automatiquement le réseau. C'est-à-dire qu'on peut avoir de la redondance, mais si le réseau n'est pas capable d'être analysé en temps réel, on n'est pas capable de faire ça. Donc il faut cette double capacité et puis, par-dessus ça, la capacité aussi du réseau à se reprogrammer.
Monde Numérique :
[
40:32] C'est-à-dire ?
Invité :
[
40:33] C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on peut avoir des agents qui vont être capables d'interagir directement avec les contrôleurs réseau pour reconfigurer le réseau. Évidemment, l'agent va pas venir tout seul avec son tournevis changer le hardware. Ça, non. On n'en est pas là. Mais par contre, il est capable typiquement de rediriger dynamiquement du trafic, ou de détecter si on a des pertes de paquets ou de la latence qui est inhabituelle.
Monde Numérique :
[
40:54] Et du coup, là, après, finalement, c'est l'agent qui va donner des ordres aux humains.
Invité :
[
40:58] C'est à peu près ça. Oui, c'est bien traduit. Je n'ai pas marketé comme ça, mais oui, c'est ça. L'agent va être capable de dire à un humain : « Attention, le réseau ne va pas bien, là. Dois-je intervenir ? » Voilà, on en est là pour ce qui est de l'Europe. En Chine, en fait, il ne pose plus la question, il peut intervenir tout seul.
Monde Numérique :
[
41:19] Il y a d'autres domaines dans lesquels vous êtes présent.
Invité :
[
41:21] Dans l'éducation, je crois aussi. Oui, dans l'éducation, ça fait trois ans qu'on a sorti le Wi-Fi 7. On a participé quasiment à un quart de la norme du Wi-Fi 7, c'est pour ça qu'on avait pas mal d'avance. Et un des points critiques qu'on a résolus dans la partie éduc, notamment dans les universités, c'est tout ce qui va être online teaching, tous les cours en ligne qui sont en même temps en présentiel. Là, il y a des problématiques, parce qu'il faut que le tableau blanc numérique — on appelle ça comme on veut, chez Huawei il y a une offre là-dessus d'ailleurs — soit connecté, donc en Wi-Fi. En général, ce n'est pas filaire. Mais il y a aussi des étudiants qui se connectent dans l'amphi, qui scrollent, qui regardent des cours, qui... enfin voilà, qui font plein de choses. Et donc il faut être capable de prioriser ça et de gérer tout le trafic de plusieurs centaines de personnes en un seul endroit, donc des scénarios de haute densité. Et pour ça, on a développé des technologies supplémentaires par rapport au Wi-Fi 7. On a des algorithmes spécifiques en plus par rapport à ça.
Monde Numérique :
[
42:17] Mais qui sont dans la... qui respectent la norme Wi-Fi 7, ou vous faites cavalier seul dans votre coin ? C'est au-delà. D'accord.
Invité :
[
42:23] C'est au-delà.
Monde Numérique :
[
42:23] Ah ouais ?
Invité :
[
42:24] On est... oui, on est... si on... n'importe quel device peut l'utiliser, hein, n'importe quel device...
Monde Numérique :
[
42:28] Ça pose pas des problèmes d'interopérabilité ?
Invité :
[
42:29] Pas du tout. Pas du tout, parce qu'en fait, n'importe quel device peut l'utiliser. Ce sont des choses qui sont, en fait, de la... de la coordination entre nos propres access points, dans un amphi, par exemple, qui évitent des interférences. Donc en réalité, il n'y a pas de problématique d'interop avec n'importe quel autre système. C'est simplement de la gestion fréquentielle, en fait, entre les différents access points Wi-Fi, ce qui fait qu'on est plus efficace. Donc là, c'est des choses que nous, on a ajoutées en gestion capacitaire.
Monde Numérique :
[
42:56] Et qui peut-être après se retrouveront dans la norme Wi-Fi 8, alors ?
Invité :
[
42:59] Peut-être.
Monde Numérique :
[
42:59] Ouais. OK. Ouais, c'est intéressant. Le Wi-Fi, aujourd'hui, on a l'impression que c'est beaucoup plus que simplement une connexion sans fil.
Invité :
[
43:07] Oui. Oui. Nous, on parle même maintenant de Wi-Fi 7 Advanced, en fait. Alors, ça fait un peu marketing. Mais parce que, dedans, on est plutôt en train d'essayer de faire converger les mondes physiques avec le monde digital. Dans nos antennes, on a intégré des capacités de sécurité spatiale, qui brouillent au niveau de la couche physique et non pas juste au niveau logiciel. Donc ça, c'est typiquement de la sécurité niveau zéro, niveau un, niveau zéro. On a la capacité de détecter des gens dans des bâtiments. Alors, de manière totalement anonyme, parce que ce qu'on fait, c'est de la réflexion d'ondes.
Monde Numérique :
[
43:43] C'est ce que vous disiez, à la fois pour améliorer le service, mais aussi pour la sécurité.
Invité :
[
43:47] Oui, ça peut être pour... Alors, nous, on se connecte ensuite à des écosystèmes avec lesquels on est partenaire. On peut avoir des gens qui travaillent dans le smart building, par exemple, qui vont détecter... Nos antennes vont détecter une personne sans savoir qui c'est. Et ensuite, on va envoyer cette information à un écosystème qui va dire : ben voilà, moi, basé sur ça, est-ce qu'il y a normalement quelqu'un dans cette pièce, oui ou non ? Alors, ça peut être dans l'hôtellerie, pour qu'une femme de ménage puisse intervenir, pour qu'une femme de chambre puisse venir et faire la chambre. Ça peut être aussi dans des endroits où il est censé n'y avoir personne, dans des zones dites confidentielles. Ça peut être aussi, tout simplement, dans l'utilisation d'un bâtiment. Donc là, en remontant l'information, on peut allumer le chauffage ou l'air conditionné, éteindre la lumière, allumer les écrans. Donc on est vraiment dans du partage de capteurs, en fait, et l'intégration de tout ça dans un monde réel.
Monde Numérique :
[
44:36] D'accord. OK. Merci beaucoup, Christophe Batiard, CTO de Huawei Europe.
Monde Numérique :
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44:48] La tech et l'environnement ne font pas toujours forcément bon ménage, mais en même temps, la tech, on sait, peut faire beaucoup au service du climat. On en parle dans cet épisode avec Patrice Dubois. Bonjour Patrice.
Invité :
[
45:00] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
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45:01] Directeur Innovation Europe du Sud chez Capgemini. On se retrouve en partenariat avec Capgemini pour faire le point sur, eh bien, justement, où nous en sommes aujourd'hui, notamment dans les entreprises. À une certaine époque, c'était une vraie préoccupation. Il y avait beaucoup d'engagements, les fameux engagements RSE en faveur du climat, etc. On a l'impression qu'aujourd'hui, et notamment peut-être à cause de l'intelligence artificielle, tout ça, on n'en parle plus trop. Où est-ce qu'on en est en fait aujourd'hui ? Vous avez fait une étude là-dessus.
Invité :
[
45:33] Effectivement, nous avons publié un rapport qui s'appelle World in Balance, qui étudie un petit peu comment on situe les entreprises par rapport à tous ces bouleversements climatiques. Alors, on parle beaucoup de tech for good, tech for green ou tech for the planet. Encore une fois, rien n'est binaire. La techno, elle n'est pas forcément très bien pour la planète ou très néfaste.
Monde Numérique :
[
45:54] Bien sûr.
Invité :
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45:55] Néanmoins, il est évident que, depuis quelques années, le discours a un petit peu changé. Il y a trois-quatre ans, dans le post-Covid, tout le monde s'était engagé, les entreprises, avec des engagements pour devenir carbon neutral, net zéro à 2025, 2030, 2050. Et là est arrivée la vague de l'IA, et on sait que pour faire tourner l'IA, il faut entraîner les modèles. On sait que c'est beaucoup de ressources, c'est beaucoup de serveurs qui tournent dans des data centers. Et donc là, forcément, les entreprises ont fait un petit peu machine arrière, les grands du digital, en disant : c'est important pour nous, la planète, mais on doit entraîner nos modèles, donc on va faire un petit break pendant quelques années, et on sait qu'on va reculer un petit peu nos ambitions. Mais néanmoins, on va pouvoir voir qu'il y a quand même de nombreux exemples où l'IA peut également servir et où la technologie peut servir dans un engagement pour la planète.
Monde Numérique :
[
46:45] Je crois qu'en plus, les entreprises se rendent compte aujourd'hui que le climat a un impact sur leur business.
Invité :
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46:53] Oui, et ça, je dirais que 2026, c'est malheureusement pour moi une année charnière. Aujourd'hui, personne ne peut nier les impacts du climat. Qui que l'on soit, dans une grande ville, dans un petit village, près de la mer, en montagne, quels que soient les pays, on a vu cette année tous les impacts qui sont très forts, avec malheureusement des catastrophes liées à la sécheresse, à des inondations. Donc, on voit des contrastes extrêmes. Et dans ce rapport que nous avons publié, pour moi, l'un des chiffres les plus marquants est le suivant : parmi tous les managers qui ont été interrogés dans le monde entier, 87 %, donc neuf sur dix, disent que les organisations ont été impactées par le climat. C'est-à-dire que les chaînes d'approvisionnement liées au climat ont eu des impacts. Donc là, aujourd'hui, on voit que, pour les entreprises, ce n'est pas uniquement communiquer en disant : « Oui, on veut être green, on va faire des efforts pour la planète. » Aujourd'hui, les entreprises doivent s'adapter pour être résilientes au niveau du climat.
Monde Numérique :
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47:52] Est-ce que la technologie peut faire quelque chose pour prévenir les risques d'incendie, justement ?
Invité :
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47:57] On a vu cet été que des capteurs ont été déployés massivement dans les forêts avec des solutions satellites. Kinéis, avec l'un de ses partenaires, a déployé des milliers de capteurs dans les forêts pour pouvoir détecter pratiquement en temps réel, toutes les quinze minutes, s'il y a des incendies qui vont se déclencher. Donc ça, c'est un premier exemple. Il y a quelques jours, vous savez qu'il y avait le Space Summit à Paris. Il y a eu une annonce majeure avec une start-up française qui s'appelle Loft Orbital, qui a signé avec les Émirats et la start-up Marlan Space une constellation de 50 satellites qui va embarquer de l'IA, de l'analyse d'images, pour pouvoir détecter quasiment en temps réel des feux de forêt. Ça servira à d'autres missions, mais on voit que, déjà aujourd'hui, on a des solutions à court et à moyen terme.
Monde Numérique :
[
48:45] Et puis, alors, il y a un autre gros sujet sensible, c'est bien sûr tout ce qui a trait à l'eau, la gestion de l'eau, les enjeux autour de l'eau. Et là encore, il y a pas mal d'innovations dans ce domaine, Patrice ?
Invité :
[
48:58] Pour l'eau, c'est la même chose. On a beaucoup parlé ces dernières années ; lorsqu'on parlait climat, on pensait empreinte carbone. C'étaient les hydrocarbures qui produisent du carbone. On avait un petit peu laissé de côté d'autres sujets qui sont tout aussi importants : l'impact sur les matières premières, ce qu'on appelle les terres rares, pour faire des semi-conducteurs, tout type de matériaux, et surtout la gestion de l'eau, ce qu'on appelle le stress hydrique. On voit très bien qu'aujourd'hui, en fait, avec les sécheresses, on a de moins en moins d'eau. Et ça n'impacte pas uniquement les data centers qui sont refroidis avec de l'eau, mais aussi l'agriculture. On le voit bien également : la gestion des canaux qui sont utilisés pour l'arrosage, mais également pour nourrir les bêtes, pour nourrir les hommes, c'est aussi utilisé pour le tourisme. Donc là, il y a plein de choses qui sont faites par rapport à ça. Et un exemple très technique : on sait qu'il y a beaucoup de fuites d'eau aujourd'hui. On manque d'eau et, en plus, on perd l'eau qui est dans les réseaux publics.
Monde Numérique :
[
49:59] Pourquoi ?
Invité :
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50:00] Parce que ces réseaux, ils ont été faits au XIXe siècle, il y a plus de 100 ans, avec de vieilles canalisations en plomb. Et aujourd'hui, plein de technos permettent d'analyser, avec soit des caméras, mais aussi des ultrasons, et d'aller détecter où sont les fuites sur ces réseaux d'eau. Et là, on ne parle pas de quelques pourcentages d'eau qui sont perdus, mais de dizaines de pourcents. Donc, vous imaginez au niveau d'un pays. Donc là, beaucoup de recherches sont faites et les solutions sont là pour détecter plus rapidement les fuites d'eau. Après, c'est beaucoup de travaux pour les réparer. Mais déjà, détecter la fuite, c'est déjà un premier travail.
Monde Numérique :
[
50:33] Et il y a quand même un impact positif de l'IA ?
Invité :
[
50:37] Oui. On voit que, depuis quelques années, on est passé des très grands LLM, les Large Language Models, à des choses qui sont beaucoup plus ciblées, ce qu'on appelle les Small Language Models, qui sont beaucoup moins consommateurs en termes de ressources, qui sont beaucoup plus ciblés. De même que, lorsqu'on avait lancé le cloud, il y avait des clouds publics, des clouds privés. On peut avoir aujourd'hui des modèles d'IA qui sont beaucoup moins consommateurs, qui peuvent tourner en local, ce qu'on appelle l'edge, l'edge AI ou l'edge cloud. Donc ça consomme beaucoup moins, c'est beaucoup plus précis. Donc, déjà, en termes d'efficience de l'IA elle-même, on sait que c'est très intéressant. Et surtout, aujourd'hui, dans l'entreprise, on va essayer de trouver les process que l'on peut modifier, adapter, optimiser grâce à l'IA pour aller plus vite. Un exemple concret : la gestion de l'énergie. On en parlait, nous avons déployé ce qu'on appelle un Energy Command Center en Inde, grâce à Schneider, où, en fait, on pilote en temps réel toutes les sources d'énergie, nos consommations, nos productions de panneaux photovoltaïques, et ça a permis de réduire de 30 % la consommation énergétique. Donc on voit un exemple très concret où le monitoring, la supervision des réseaux, permet d'optimiser les process. Et donc là, cet exemple fait sur la consommation d'énergie, on peut l'avoir
Invité :
[
51:57] Sur d'autres processus dans l'entreprise. On parlait de logistique. Si on peut optimiser les processus, on sait que ce sont des choses qui permettent d'aller beaucoup plus loin et d'être beaucoup plus résilients.
Monde Numérique :
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52:07] Merci Patrice Dubois, directeur de l'innovation Europe du Sud chez Capgemini.
Invité :
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52:14] Merci beaucoup.
Monde Numérique :
[
52:23] Merci d'avoir écouté cet épisode de Monde Numérique, l'hebdo du 19 septembre 2026. Merci d'être fidèle au poste chaque semaine. Je sais que vous êtes nombreux à écouter régulièrement ce podcast, et c'est évidemment ce qui fait très plaisir. Merci pour vos messages d'encouragement sur les réseaux ou sur la newsletter également de Monde Numérique, qui permet de laisser des commentaires, ainsi que sur le site web mondenumerique.info.
Monde Numérique :
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52:51] Si vous avez écouté cette émission en version standard, retrouvez les interviews en version longue, intégrale, la semaine prochaine, notamment l'interview de Christophe Batiard de Huawei, où on va au fond, au fond des choses, du cœur de la technologie des télécoms et des réseaux. Si c'est votre branche, vous ne serez pas insensible à tout ce que vous apprendrez. Et puis retrouvez également sur la chaîne YouTube de Monde Numérique une vidéo spéciale consacrée à cet événement Huawei Connect. Monde Numérique, c'est chaque jour ou presque un épisode sur toutes les plateformes de podcast. Je vous souhaite une très bonne semaine, pleine de tech. Salut !