Et si l’IA était enfin pensée pour les enfants ? (🎤 Cédric O, Mallow)
Maison Connectée28 octobre 202629:11

Et si l’IA était enfin pensée pour les enfants ? (🎤 Cédric O, Mallow)

Ancien secrétaire d’État au Numérique et cofondateur de Mistral AI, Cédric O se lance dans une nouvelle aventure entrepreneuriale avec Mallow, une enceinte IA qui propose des jeux audio interactifs pour les enfants de 4 à 10 ans.

🎤 INTERVIEW : Cédric O – Cofondateur de Mallow

L’essentiel

  • Les modèles d’intelligence artificielle que nous utilisons aujourd’hui n’ont pas été conçus pour les enfants.
  • Nous avons choisi de ne pas être des amis imaginaires.
  • Un enfant, un tuteur personnel ou un agent conversationnel, ça les saoule.
  • La question, c’est comment on façonne le changement, pas comment on s’en protège.

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L’interview

Qu’est-ce que Mallow et à quels besoins répond votre produit ?

Mallow propose des jeux audio interactifs, sans écran, dans lesquels les enfants de 4 à 10 ans deviennent les héros de leurs aventures. Ils peuvent répondre à des quiz, résoudre des enquêtes ou participer à des histoires interactives en dialoguant avec des personnages. Notre objectif est de les aider à développer leur confiance en eux, leur raisonnement, leur mémoire et leur concentration, tout en leur proposant une expérience ludique. Nous voulons aussi contribuer à réduire le temps passé devant les écrans.

Pourquoi avoir choisi de développer une intelligence artificielle spécifiquement destinée aux enfants ?

Nous sommes partis d’un constat : les interactions orales jouent un rôle important dans le développement de l’enfant, notamment avant 7 ou 8 ans. Or, les modèles d’IA actuels sont essentiellement conçus par des adultes, pour des adultes, à partir de données d’adultes. Ils reconnaissent donc mal la voix des enfants et peuvent adopter des comportements inadaptés. Nous avons développé notre expérience avec plus de 300 enfants, à travers environ 6 000 sessions et près de 1 000 heures de jeu. Ces tests nous ont permis d’adapter nos systèmes à leurs besoins.

Comment avez-vous sécurisé votre intelligence artificielle pour éviter les dérives ?

Nous avons d’abord fait le choix de ne pas créer d’amis imaginaires. L’enfant joue à un jeu avec un objectif précis : répondre à des questions ou résoudre une enquête. Nous avons également testé et corrigé nos systèmes pour encadrer leurs réponses et éviter qu’ils cherchent à créer un lien émotionnel avec l’enfant. Si celui-ci dit à l’IA qu’elle est son meilleur ami, elle lui rappelle qu’elle est un personnage imaginaire. Nous estimons que notre système est un à deux ordres de grandeur plus sûr que les solutions disponibles sur le marché. Mais je pense aussi qu’il faut instaurer des certifications spécifiques pour les IA destinées aux enfants.

L’Europe ne va-t-elle pas trop loin dans la régulation de l’intelligence artificielle ?

Il faut de la régulation, notamment dans les domaines où les risques sont particuliers, comme l’IA destinée aux enfants. Mais le débat ne doit pas se résumer à opposer davantage de règles à moins de règles. La vraie question est de savoir quelle place l’Europe veut occuper dans le monde technologique de demain. Les États-Unis et la Chine investissent et développent des entreprises capables de façonner l’avenir. Si nous voulons défendre les valeurs européennes, nous devons aussi créer des entreprises ambitieuses, lever des fonds, développer des produits et prendre des risques. Le changement technologique est inévitable : l’enjeu est de le façonner plutôt que de chercher à s’en protéger.


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Cédric O: [0:01] On a fait le choix de ne pas être des amis imaginaires. On joue à des jeux, on répond à un quiz ou on doit résoudre une enquête. Ça, c'est le premier élément. Cédric O: [0:08] Et deuxième élément, on a dû tester, tester, tester et corriger l'intelligence artificielle à la fois en faisant ce qu'on appelle du prompt engineering et en faisant en sorte qu'on ait une IA qui soit la plus sûre possible. Notre estimation aujourd'hui, c'est qu'on est dans un ou deux ordres de grandeur beaucoup plus sûr que tout ce qui est disponible sur le marché. Monde Numérique : [0:34] Bonjour Cédric O. Cédric O: [0:36] Bonjour. Monde Numérique : [0:37] La dernière fois que je vous ai interviewé pour Monde Numérique, c'était il y a cinq ans. Vous étiez secrétaire d'État au Numérique et vous étiez d'ailleurs le premier invité de ce podcast. On se retrouve cinq ans après. Vous êtes entrepreneur, startupper. On peut se tutoyer maintenant ? Cédric O: [0:54] Oui, on peut se tutoyer. Je crois qu'on se tutoyait déjà à l'époque. Monde Numérique : [0:56] C'est possible. Startupper à la tête de Malow, qui est donc une jeune pousse, qui vient de sortir son tout premier produit. Alors, c'est quoi Malow ? Cédric O: [1:06] Alors, Malow, c'est des jeux audio. On embarque les enfants dans des aventures audio sans écran, dont ils sont les héros, qui peuvent être de différents formats. Ça peut être des quiz, ça peut être des aventures interactives. Et là, l'enfant est actif, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'écran. Il est immergé dans une aventure audio et il va parler avec des personnages, résoudre des problèmes, répondre à des questions, avec toujours un objectif qui est de l'aider à bien grandir. Donc on parle des enfants entre 4 et 10 ans. Et donc on va profiter du fait qu'on parle avec lui pour développer, lui ou elle évidemment, pour développer sa confiance en soi, son raisonnement, sa logique, sa mémoire, sa concentration, etc. Monde Numérique : [1:46] Alors, c'est intéressant. Il y a toute une démarche véritablement à la destination des enfants. On va peut-être creuser un peu ça. Mais d'abord, d'un point de vue technique, d'un point de vue produit. Donc, c'est un petit appareil qui ressemble à un petit poste de radio. Exactement. Cédric O: [2:00] C'est une enceinte. Monde Numérique : [2:01] Une petite enceinte avec un petit bonhomme rigolo à l'intérieur. Cédric O: [2:04] Alors, le bonhomme, c'est le jeu. Là, en l'occurrence, c'est le jeu Miraculous. Monde Numérique : [2:08] D'accord. C'est une aventure autour des animations. Quand on change le bonhomme, on change le jeu ? Cédric O: [2:11] Quand on change le bonhomme, on change le jeu. si tu imagines que c'est un peu l'équivalent d'une console de jeux audio comme il y avait des consoles de jeux vidéo le petit bonhomme c'est la disquette et donc quand tu vas changer par exemple là t'as une figurine Miraculous, on a d'autres figurines par exemple on fait une figurine avec Kididoc de Nathan, si tu enlèves la figurine Miraculous et que tu mets la figurine Kididoc tu vas pouvoir jouer à un quiz, qu'on a conçu avec Nathan donc c'est interactif, c'est à dire que l'enfant discute c'est interactif, exactement, C'est-à-dire, c'est vraiment le caractère très nouveau. C'est que l'enfant discute, parle, répond de manière complètement contextuelle. Et l'IA, puisque c'est l'IA derrière, va répondre à ce qu'a dit l'enfant, va réagir à ce qu'il a dit et va adapter sa réponse à ce qu'il ou elle a dit. Monde Numérique : [3:11] C'est quel type de jeu ? Cédric O: [3:13] Il y a plusieurs formats. De la même manière que dans le jeu vidéo, il y a plusieurs formats. On va avoir des formats qui vont plutôt être ce qu'on appelle des aventures interactives. Là, par exemple, celle que tu as dans la main, c'est une aventure avec Marinette de Miraculous, où l'enfant va devoir... Monde Numérique : [3:33] Alors, j'avoue que ça ne me parle pas trop. Cédric O: [3:35] Alors, Miraculous, c'est moins pour ton âge, Jérôme. Monde Numérique : [3:38] C'est pas trop pour mon âge, mes enfants sont grands en plus. Cédric O: [3:41] Effectivement, effectivement. Donc, Miraculous, c'est une licence française, mais qui a un gros succès dans le monde entier. Monde Numérique : [3:48] Oui. Cédric O: [3:49] Qui racontent l'histoire de Marinette et de Chat Noir à Paris, avec beaucoup de choses autour des émotions. Et donc nous, c'est ce qu'on va faire autour des émotions. On va apprendre à l'enfant à mieux comprendre ses émotions, à mieux comprendre les émotions des autres. Donc ça, par exemple, c'est un format. Mais on a d'autres formats, comme on a des quiz sur le Moyen-Âge. Par exemple, avec Nathan, on développe un quiz sur le Moyen-Âge. On va poser des questions à l'enfant, de savoir et de culture générale. Monde Numérique : [4:13] C'est ce qu'on appelait avant le ludo-éducatif. Cédric O: [4:15] Oui, tout à fait. C'est-à-dire qu'il y a à la fois un aspect extrêmement ludique. L'enfant, il ne voit pas trop le caractère très éducatif. Mais notre objectif, c'est qu'il passe un excellent moment et il se marre. Monde Numérique : [4:30] C'est pour les enfants de quel âge ? Cédric O: [4:31] 4 à 10 ans. Monde Numérique : [4:32] 4 à 10 ans, ok. Combien ça coûte ? Cédric O: [4:34] Ça coûte 119,99 pour l'enceinte et 19,99 pour chaque jeu. Monde Numérique : [4:41] Comment est venue cette idée ? Cédric O: [4:43] L'idée, ça a été un long parcours. D'abord, l'entreprise a été créée en fin 2024, donc on a mis à peu près deux ans pour développer notre expérience. Et le vrai départ, c'est une rencontre avec Grégoire Borst. Grégoire Borst, c'est le directeur du laboratoire de psychologie et développement de l'éducation de l'enfant, de la Sorbonne et du CNRS, qui est un des plus grands chercheurs mondiaux en développement de l'enfant. Et la compréhension que Flore et moi, donc Flore c'est ma confondatrice, avons eu du caractère absolument crucial dans le développement des enfants de l'interaction orale. C'est-à-dire que si on regarde le développement des enfants, à la fois sur un plan académique, mais également sur un plan de bien-être et pour qu'ils soient bien dans leur basket, il y a énormément de choses qui sont très importantes et qui arrivent toutes, grosso modo avant dix ans. Ça va être la confiance en soi, ça va être ce qu'on appelle la métaconnexion, ça va être ce qu'on appelle les fonctions exécutives, l'imagination, etc. Cédric O: [5:33] Qui sont très différentes, ces qualités. mais il y a un élément qui est au milieu et qui fait le lien entre tout ça c'est la manière dont on développe sa parole et son interaction orale c'est pour ça que c'est grosso modo avant 7 ou 8 ans, et pour développer sa parole son interaction orale et développer l'ensemble de ses qualités il faut parler, Et donc ça, ça a été vraiment le départ qu'on a croisé avec d'autres choses. D'abord, le succès de l'audio linéaire. Aujourd'hui, tout le monde a une boîte à histoire. Et l'émergence de cette nouvelle technologie qui est l'IA voix, donc la capacité qu'on a à interagir avec le savoir, interagir avec la technologie. Et on s'est dit, mais si on pouvait jouer avec les enfants, en s'appuyant sur ce que nous dit la recherche, de telle manière que les enfants adorent, en essayant de prendre du temps aux écrans. Aujourd'hui, on sait qu'un enfant à 5 ans, il passe une heure et demie par jour devant un écran. On pourrait probablement développer une nouvelle catégorie, les jeux audio qui à la fois soient extrêmement bénéfiques pour les enfants qu'ils adorent, et qui permettent de les accompagner dans ce développement qui est absolument crucial à ces âges là, voilà donc c'est ça l'idée, c'est ça la démarche c'est ça la démarche, ça nécessitait quelque chose qui est extrêmement compliqué techniquement et à la fois en termes de produits qui était de développer une expérience qui soit vraiment adaptée aux enfants, qu'ils soient sûrs d'abord, que eux ils adorent c'est-à-dire qu'on trouve des modalités d'interaction et de jeu qui fassent qu'ils aiment jouer à ces jeux. Monde Numérique : [6:53] Donc j'imagine que vous l'avez fait tester à plein d'enfants. Cédric O: [6:55] Alors on l'a testé, effectivement. On l'a développé avec 300 enfants. Donc il y a plus de 300 enfants qui ont joué pendant ces deux ans. Monde Numérique : [7:01] D'accord. Cédric O: [7:01] 6 000 sessions, plus de à peu près 1 000 heures de jeu autour de tout ce qu'on a fait. Et aujourd'hui, l'expérience est très différente du point dont on est parti, mais on pense que ça va aussi énormément se développer dans les années à l'année. Monde Numérique : [7:15] Ça vous a appris quoi de le tester, de le crash tester directement auprès des enfants ? Cédric O: [7:19] Alors ça nous a appris un truc qui était inattendu, je pense que j'avais sous-estimé, quand on a créé l'entreprise, c'est que l'intelligence artificielle aujourd'hui, tous les modèles qu'on utilise, ils n'ont pas été conçus pour les enfants. Ils sont développés par des adultes, pour des adultes, sur des données d'adultes, et donc il y a trois conséquences. La première, c'est que les modèles, ils ne marchent pas, ils ne comprennent pas l'enfant. Ce qu'on appelle la Voice Activity Detection et ASR, donc la transcription, ne fonctionnent ou pas ou très mal avec des enfants. Donc aujourd'hui, pour donner une idée sur les modèles qui sont utilisés par tout le monde, on arrive à des taux d'erreur qui sont moins de 5% sur des adultes. Donc si on utilise Voxtral ou demain Whisper de HGPT, quand on va transcrire ce que dit un adulte, on arrive à des taux d'erreur qui sont entre 5%. Monde Numérique : [8:01] Juste pour la reconnaissance vocale. Cédric O: [8:02] Pour la reconnaissance de ce qui a été dit. D'abord, est-ce que c'est de la voix ou est-ce que ce n'est pas de la voix ? Et deuxièmement, qu'est-ce qui a été dit ? Nous quand on a commencé on avait des taux d'erreur à 60-75% donc c'était totalement impossible de marcher mais pour une raison assez simple dans les datasets d'entraînement il n'y a pas de voix d'enfant, or les enfants ils ont un ton qui est plus haut, ils ont une prosodie et un phrasé qui est extrêmement différent et qui sont compliqués à gérer donc ça on a dû, apprendre à nos systèmes d'intelligence artificielle à fonctionner avec des enfants c'était le premier élément, deuxième élément il fallait que ce soit sûr ça c'était absolument indispensable quand je dis sûr c'est à deux égards C'est qu'aujourd'hui, si on regarde les modèles qui sont disponibles sur l'étagère, y compris les derniers de Anthropik ou de OpenAI, toutes les évaluations indépendantes disent qu'ils ne sont pas sûrs. À deux égards, ils vont répondre à des questions auxquelles ils ne devraient pas répondre, où sont les couteaux dans la cuisine, comment on allume le gaz. Bon, ça, à la limite, ce n'est pas très grave. Mais surtout, ils se comportent de manière anthropomorphique. C'est-à-dire, ils vont chercher à créer un lien émotionnel avec les enfants. Ce qui est OK dans la plupart des cas. Monde Numérique : [9:00] Ce qu'on appelle la psychofancy aussi. Cédric O: [9:03] Oui, alors exactement. En fait, c'est OK pour toi ou moi parce qu'on a un cortex préfrontal et on fait la différence entre la réalité et l'imaginaire. Les enfants, beaucoup plus mal. Et donc, c'est un problème de se comporter comme un être humain et de créer cette relation émotionnelle avec les enfants. Et donc ça, il a fallu encadrer l'intelligence artificielle, la réentraîner de telle manière que, par exemple, chez Malow, si l'enfant dit « tu es mon meilleur ami », l'IA va tout de suite dire « Ah non, non, moi je suis un personnage imaginaire. » Et par ailleurs, on a choisi de ne pas faire des amis imaginaires. Ce sont vraiment des jeux audio, comme il y a eu des jeux vidéo, avec un début, une fin, un objectif, répondre à des questions ou résoudre une enquête. Monde Numérique : [9:44] Donc c'est pas comme si l'enfant a interrogé, indépendamment du problème de la reconnaissance vocale, comme s'il a interrogé ChatGPT en mode vocal ou Alexa ou autre ? Cédric O: [9:52] Pas du tout. Ça, c'est ce que tout le monde fait, et c'est le dernier point. Tout le monde fait des agents conversationnels. On pose une question, l'IA répond. Bon ça d'abord c'est problématique d'un point de vue sécurité parce que comme il n'y a pas de thème qui est défini l'enfant il peut aller parler de n'importe quoi de la violence, des émotions, de la sexualité nous c'est pas le cas l'enfant il est pas là, pour passer du temps avec l'IA il doit résoudre un problème et le deuxième élément c'est qu'en fait ça n'intéresse pas trop les enfants un enfant, un tuteur personnel ou un agent conversationnel ça les saoule pour le dire très directement eux ils ont envie qu'on leur raconte des histoires qu'on joue avec eux, qu'on les fasse rire et, ça c'est intéressant parce que c'est un peu comme inventer un jeu vidéo. On comprend qu'il y a 50 ans, on a animé des images, mais personne ne savait ce que c'était un bon jeu de plateforme. Personne n'avait trouvé la recette pour faire un bon jeu vidéo. Nous, on a dû comprendre en jouant avec des enfants, en se trompant, souvent, en corrigeant, qu'est-ce qui était sympa pour jouer avec des enfants. Monde Numérique : [10:44] Et alors, comment vous avez sécurisé cette IA ? Parce qu'il faut comprendre qu'elle est sécurisée. Cédric O: [10:51] D'abord, il y a le format. C'est-à-dire que nous, on a fait le choix de ne pas être des amis imaginaires. On joue à des jeux, on répond à un quiz ou on doit résoudre une enquête. Ça, c'est le premier élément. Et deuxième élément, on a dû tester, tester, tester et corriger l'intelligence artificielle à la fois en faisant ce qu'on appelle du prompt engineering et en faisant en sorte qu'on ait une IA qui soit la plus sûre possible. Notre estimation aujourd'hui, c'est qu'on est dans un ou deux ordres de grandeur beaucoup plus sûrs que tout ce qui est disponible sur le marché. Monde Numérique : [11:20] Comment on fabrique tout ça ? C'est-à-dire, vous avez assemblé des briques, vous avez pris des outils open source ? Cédric O: [11:26] Alors, d'abord, il faut faire l'équipe qu'il faut. Et ça, je pense que c'est une vraie spécificité de Malow. Chez Malow, il y a des machine learning engineers, donc des gens qui viennent de l'intelligence artificielle qui pourraient être des gens qui travaillent chez Mistral ou OpenAI. Et il y a des gens qui viennent de l'univers offrant. Il y a des auteurs jeunesse, il va y avoir des gens qui sont habitués à faire du sound design pour les enfants il va y avoir des gens qui viennent du jeu vidéo qui sont habitués à gamifier une interaction, Et enfin, on va rajouter les gens qui vont s'occuper de l'éducation. On a des gens qui sont des chercheurs en sciences cognitives pour comprendre comment on fait progresser les enfants. Et cette alchimie un peu spéciale entre des gens qui font de l'IA très profond, des gens qui viennent plutôt de la gamification et de l'univers enfant, et des gens qui viennent de l'univers éducatif, c'est extrêmement rare. Et ensuite, il faut tester, il faut itérer, il faut jouer avec les enfants, il faut comprendre ce qui marche et il faut corriger les systèmes. Monde Numérique : [12:12] Mais techniquement, c'est quoi ? Quels sont les outils que vous utilisez ? Cédric O: [12:15] C'est un assemblage de ce que j'appellerais un système d'IA, c'est-à-dire qu'il y a à peu près une dizaine de modèles d'intelligence artificielle qui sont imbriqués les uns avec les autres, pour à la fois écouter, transcrire, écrire la réponse en fonction du contexte, et puis prononcer la réponse. Monde Numérique : [12:29] Il y a une connexion à Internet ? Cédric O: [12:31] Oui, il faut être connecté. Il faut être connecté au Wi-Fi. Monde Numérique : [12:33] Donc, ça, utilise des ressources dans le cloud ? Cédric O: [12:37] Exactement. Pour des raisons assez simples, c'est qu'on voulait rester dans un price range, donc un ordre de prix qui soit ce que je disais tout à l'heure, qui est à peu près le même que celui des boîtes à histoire. Pour ça, on ne pouvait pas mettre un Raspberry Pi et avoir une boîte à 500 euros à la fin. Cédric O: [12:51] Donc, il faut être connecté au Wi-Fi et tout le calcul se fait sur le cloud. Monde Numérique : [12:56] Alors là, on rejoint un peu le côté entreprise, justement. Donc, combien de personnes aujourd'hui chez Malow ? Cédric O: [13:02] A peu près 35. Monde Numérique : [13:03] Ça existe depuis deux ans, tu l'as dit. Vous sortez le premier produit. On a tendance à dire qu'on dit souvent que faire du hardware, quand on est français, c'est aller dans le mur ? Cédric O: [13:14] C'est dur le hard, je ne vais pas te dire le contraire. Monde Numérique : [13:17] Toutes les boîtes que j'ai interviewées qui font des produits tech me disent mais c'est infernal. Cédric O: [13:22] Il y en a qui exposent en vol. Puisque dans les cofondateurs de l'entreprise, il y a Fred Eric Potter. Monde Numérique : [13:29] Ah oui, d'accord. Cédric O: [13:30] Et donc Fred, il y a fait des fondateurs de Surpak. Monde Numérique : [13:35] Weezings et Netatmo. Cédric O: [13:38] Donc il n'est pas exécutif mais il a été extrêmement présent dans tout le développement du hardware, il y a plusieurs personnes qui viennent de chez Netmo chez nous dont le Head of, Hardware dont le Head of Software donc on avait des gens qui ont déjà designé, conçu, produit des dizaines de millions de produits des quelques français qui savent. Monde Numérique : [13:58] Faire du hardware. Cédric O: [13:59] Il y a quelques français qui savent faire du hardware mais je dis très tranquillement que sans Fred, ou d'ailleurs on avait aussi deux autres cofondateurs qui sont Sébastien Boyer et Nicolas Prinsen, mais particulièrement sans Fred sur le hardware, moi, j'aurais planté la boîte 20 fois. Monde Numérique : [14:13] Parce que c'est quoi les difficultés, en fait ? Cédric O: [14:16] La difficulté, d'abord, c'est que c'est un savoir-faire très particulier. On ne peut pas y tirer. Ce n'est pas comme le software. C'est-à-dire que si on se trompe, là, si les boîtes, on s'est trompé, on ne peut pas faire une mise à jour. Il faut repartir, refaire des moules et on est reparti pour plusieurs mois. Il y a un truc qui m'en fout, par exemple, c'est quand on décide de faire une figurine, donc un nouveau jeu, le plus long, c'est de faire la figurine. Entre le moment où on décide de faire la figurine et le moment où on l'a chez nous, il faut 4 à 5 mois entre le moment où on fait le design, on fait les allers-retours, on fait le moule, on regarde... Monde Numérique : [14:51] On ne va pas se mentir, c'est fabriqué en Chine tout ça. Cédric O: [14:53] C'est fabriqué en Chine. Alors, les puces, notamment le microcontrôleur, sont des puces françaises, sont des puces ST, donc une bonne partie de l'électronique, et de l'électronique française. Ça, c'est quelque chose sur lequel j'étais extrêmement attentif et on a délibérément choisi d'aller chez ST, qui fait des trucs super, parce qu'on... Monde Numérique : [15:12] On ne sait pas du tout qui le font et qui proposent des puces pour faire ce genre de produit. Cédric O: [15:17] Écoute, je te le dis, ils font de très bonnes puces. On est très content de notre collaboration avec ST. Après, la réalité du hardware mondial, c'est que pour développer un produit comme ça en deux ans, dans le niveau de qualité qu'on voulait, il fallait le faire en chine. Un jour, mon objectif, notre objectif, un jour, c'est de revenir faire de la production en Europe. Mais pour ça, il faut qu'on ait bien calé le produit, les process de production. Et à ce moment-là, on pourra revenir en Europe. Monde Numérique : [15:45] C'est un produit qui a l'air, c'est pas pour vous jeter des fleurs, mais qui a l'air assez quali, c'est des beaux matériaux. Cédric O: [15:53] Je dirais à Fred, il sera content. Monde Numérique : [15:56] C'est agréable au toucher, c'est une forme un peu arrondie, sympa. Cédric O: [16:01] Le design a fait l'objet d'une compétition qu'on a mis en compétition plusieurs studios design, c'est le studio français Helium Design qui a gagné. On est très très contents aujourd'hui de l'aspect de ce côté à la fois sympa, préhensible, sécurisant. Maintenant, on va voir si ça marche. Monde Numérique : [16:19] Combien de jeux au catalogue ? Cédric O: [16:22] Aujourd'hui, 6 jeux. Donc, il y a un jeu, on achète l'enceinte avec un jeu à l'intérieur. Il y a 6 jeux qui sont disponibles et il y en aura 6 autres qui sont disponibles d'ici décembre. Et l'objectif, c'est d'en sortir régulièrement tous les mois dans les années à venir. Monde Numérique : [16:36] C'est la Game Boy du 21e siècle ? Cédric O: [16:38] Pour les enfants de 4 à 10 ans, sans écran. Monde Numérique : [16:40] Si on prend un peu de recul, comment vis-tu cette vie d'entrepreneur aujourd'hui par rapport à ton parcours ? Cédric O: [16:48] Super bien. Ça a été longuement mûri, quand j'étais ministre. J'étais arrivé à la fin d'un cycle et je crois que j'avais envie, enfin je suis sûr même, j'avais envie d'être un acteur. C'est-à-dire pendant trois ans, j'ai adoré le temps que j'ai passé au ministère. J'ai eu l'impression d'être utile. La French Tech s'est développée. On avait l'impression de contribuer à l'avenir de l'Europe en développant la tech en Europe. Il faut que ça continue d'ailleurs, j'en profite pour le dire. Mais au bout d'un moment j'avais fini un cycle et j'avais envie d'être un acteur c'est à dire que, Si on regarde la manière dont la technologie a évolué les dernières années, j'ai l'impression que ceux qui font des entreprises, que ce soit par exemple Meta ou Facebook sur la démocratie ou Elon Musk avec Tesla sur le changement climatique, c'est potentiellement pour moi aujourd'hui la façon la plus directe d'avoir un impact concret sur la manière dont le monde se développe. On peut le regretter. Monde Numérique : [17:47] Malgré tous les effets négatifs qu'on constate aujourd'hui et qui ont peut-être apparu de manière encore plus criante au temps où tu étais ministre vers la fin. Je me souviens très clairement d'une intervention que tu avais faite à l'Assemblée nationale en disant la tech ne fait plus rêver. Et je trouvais ça tellement vrai, tellement triste en même temps. Cédric O: [18:06] Oui, mais la tech est très responsable de ne plus faire rêver. Et bon, un, je pense que la meilleure manière d'avoir un impact sur le monde aujourd'hui, c'est d'aller faire des entreprises. Ça reste d'aller faire des entreprises. Et si on veut que l'Europe ait un impact sur le monde parce que je pense que dans le fond c'est ça la question c'est à dire quel est le monde qu'on veut demain pour nos enfants, moi j'ai envie que l'Europe ait des très grandes entreprises qui façonnent le monde de demain parce qu'on est revenu dans une espèce de dynamique de puissance où celui qui fait, il impose sa loi je ne dis pas que j'aime ce monde là je ne dis pas que c'est celui dont j'aurais rêvé mais c'est comme ça que ça se passe et donc si on veut influer sur le monde de demain pour les français, pour les européens, pour les asiatiques, pour les africains, il faut faire des choses, il ne faut pas se contenter de réguler, il ne faut pas se contenter d'en parler, il faut faire des choses moi c'est ce, que j'ai envie de faire c'est de faire des choses et d'une certaine manière, en faisant ce choix qui est d'aller dans l'IA pour les enfants, en essayant de croiser des dynamiques qui sont dynamiques de progrès d'essayer, d'aider les enfants à grandir, de ramener de la science. Cédric O: [19:16] Dans cette discussion-là moi j'ai l'impression de faire un peu la même chose que je faisais avant, c'est-à-dire que, C'est un combat qui est un combat pour essayer de faire en sorte que l'Europe et les valeurs européennes existent encore dans 10 ans ou dans 15 ans et que nos enfants se grandissent dans un monde qui est influencé par les valeurs européennes. Donc pour moi, il y a une forme de continuité, même si évidemment au quotidien, on en parlait tout à l'heure hors antenne, c'est pas la même vie d'être un entrepreneur. Monde Numérique : [19:43] Ah bah oui, plus de costumes. Cédric O: [19:46] Plus de voitures, plus d'office de sécurité, un peu moins de logistique. Donc voilà, mais c'est à la fois, mais on en discutait parce que toi aussi, tu essaies d'une certaine manière passer des gros médias à ta petite boutique. Cédric O: [20:01] C'est une impression de liberté absolument extraordinaire. Monde Numérique : [20:03] Absolument, c'est sûr. Entre temps, en plus dans ton parcours, il y a eu autre chose. Il y a eu l'épisode Mistral. Tu es cofondateur de Mistral et Aïe. Cédric O: [20:10] Oui, j'ai eu cette chance d'être un des cofondateurs de Mistral et Aïe. Ce qui, pour moi, est d'abord aujourd'hui l'aventure de Arthur, Guillaume et Timothée. Mais si on veut que l'Europe réussisse, il faut que Mistral réussisse. Et d'une certaine manière, je pense que non seulement il faut que Mistral réussisse, mais il faut qu'il y ait d'autres Mistral. Et ça, je pense que c'est ce qu'on oublie un peu trop, c'est avec toute cette focalisation ou tension aussi autour de Mistral, c'est qu'il faut qu'il y ait d'autres Mistral. Il faut qu'il y ait d'autres personnes qui entreprennent, il faut qu'il y ait d'autres personnes qui fassent grandir des entreprises. Sinon, on ne va pas s'en sortir. Donc on doit faire des boîtes ici, et c'est ce qu'on fait aujourd'hui avec Mistral et avec Malow. Monde Numérique : [20:50] Mais c'est plus dur que de les faire ailleurs ? Cédric O: [20:53] Franchement, non. Je pense qu'il faut qu'on arrête de se flageller. C'est dur partout. C'est dur de faire une boîte mondiale. Monde Numérique : [21:01] On sait qu'on ne lève pas les mêmes montants pour les financements initiaux et autres, ou même après. Cédric O: [21:09] Ça, je ne suis pas d'accord. Loin de moi, l'idée de dire que le focus de l'Europe sur la régulation est une très bonne chose, qu'on a le meilleur monde pour développer, pour faire des très grandes entreprises. Mais si on a un bon projet, Mistral en est un exemple. Nous, on en est un exemple. Nous, on a levé 11 millions d'euros sur trois pages Word parce qu'on avait un bon projet et une bonne équipe fondatrice. Non, c'est faisable. C'est faisable. Et si on ne commence pas à se dire que c'est difficile... Monde Numérique : [21:38] Vous avez levé auprès de qui ? Cédric O: [21:39] On a levé auprès de neuf ans et le tour a été mené par Général Catalyst et Belderton. Monde Numérique : [21:45] L'Europe, justement, tu as fait railler à l'Europe. D'ailleurs, on te l'a reproché. Tu étais un peu le méchant qui se battait contre les intérêts. Je crois que c'était notamment les ayants droit, etc. Cédric O: [21:58] Je ne vais pas revenir sur cette question. Monde Numérique : [21:59] Non, mais ce n'est pas ça que je voulais dire. Ce que je voulais dire, c'est la situation dans laquelle on est aujourd'hui, en tant qu'utilisateur lambda, petit à petit, on voit des innovations qui arrivent sur les produits dont on est esclave. Je suis d'accord. L'iPhone, Android, Google, Meta, etc. Des trucs qui sortent, qui nous mettent des étoiles dans les yeux. Il faut le dire quand même. des fonctions liées à l'intelligence artificielle et autres. Et puis, c'est grignoté, mois après mois. Eh bien voilà, le truc, ça n'arrive pas en Europe. Il y a plein de fonctions. On pourrait parler du nouveau Siri d'Apple qui est amputé. On a une version complètement dégradée. MetaEI qui a mis des mois à sortir, etc. On est allé trop loin ? L'Europe va trop loin aujourd'hui dans la régulation ? Cédric O: [22:45] Il faut de la régulation. Monde Numérique : [22:46] On est loin de Malow, mais c'est intéressant. Cédric O: [22:48] Je suis d'accord. Je vais prendre un exemple. Il faut de la régulation. Je fais un pas de côté, mais dans mon domaine, c'est-à-dire l'IA pour les enfants, la régulation est largement insuffisante. Insuffisante ? Insuffisante. Donc, il y a des domaines où la régulation est insuffisante. Je prêche un peu contre ma paroisse d'une certaine lignée pour cela. Mais aujourd'hui, pour faire cette petite boîte, on a dû passer trois ou quatre, certifications qui sont liées aux produits chimiques qui vont dedans, au rayonnement électromagnétique, etc. C'est normal, ça va dans la main des enfants. On peut mettre n'importe quoi comme intelligence artificielle dans la main des enfants sans aucune certification. Nous, on essaie de faire les choses bien, mais d'une certaine manière, les gens ne devraient pas nous faire confiance. Il devrait y avoir des certifications qui disent n'importe quelle entreprise qui veut mettre de l'intelligence artificielle dans les mains des enfants sur le territoire européen devrait passer un certain nombre de certifications pour vérifier que l'IA se comporte bien. Tout ça pour dire que je suis loin d'être contre la régulation et qu'il y a certains domaines avec des risques particuliers où il faut plus de régulation. De manière générale. Cédric O: [23:53] Mon propos, et je pense que c'est transversal à l'attitude européenne, n'est pas de dire plus de régulation, moins de régulation. Mon propos est de dire qu'est-ce que veut l'Europe ? Est-ce que notre état d'esprit, dans le monde tel qu'il existe aujourd'hui, où les Américains, les Chinois investissent, veulent dominer le monde, veulent façonner le monde de demain, est-ce que notre état d'esprit est de dire on veut être à cette table-là, on veut influencer le monde de demain, et dans ce cas-là, prendre les décisions qui doivent permettre à nos entreprises d'influencer ce monde, donc de lever de l'argent, de développer des produits, de prendre des risques, d'une certaine manière. Monde Numérique : [24:31] Mais ça, ce n'est pas la question de la réglementation. Cédric O: [24:34] Si, parce qu'en fait, c'est ce qui est préalable à la réglementation. Est-ce que nous sommes une population qui a peur ? Qui a peur de tout ? De l'immigration, de l'intelligence artificielle, de la perte de son emploi, de la perte de ses données personnelles, du changement climatique ? Ou est-ce qu'on est une population qui se projette dans l'avenir en se disant... L'avenir ressemblera à celui qu'on va façonner et donc on va prendre des risques pour façonner cet avenir. Et après, tout découle de cela. Parce qu'il ne faut pas croire que les hommes politiques prennent des décisions où ils priorisent la régulation parce que ça leur fait plaisir, mais en fait ils répondent à une forme d'état d'esprit des Européens. Et donc, je suis un peu long, mais je pense qu'au fond du fond, tout revient à la phrase de Roosevelt « La première chose dont on devrait avoir peur, c'est notre propre peur ». Et ça, pour moi, c'est extrêmement important. et je refuse qu'on se laisse, complètement écraser par ça et c'est pour ça que je fais cette boîte ici, c'est pour ça qu'on a créé Malow ici, c'est pour ça qu'on veut faire une boîte énorme, en France et en Europe, c'est parce qu'on pense que c'est faisable mais il faut inverser cette espèce de dynamique complètement millénariste de tout est foutu Cédric O: [25:34] de toute façon on va tous mourir Mais Cédrico. Monde Numérique : [25:37] Encore une petite question sur ce point là le fait qu'aujourd'hui on ait des tas de fonctions sur nos smartphones qui ne marchent pas en France on a le Gemini intégré à Chrome, ça ne marche pas en France ou en Europe, etc. Ça, au nom de la protection de notre vie privée, au nom de la protection de la concurrence, est-ce que ce n'est pas un problème ? Cédric O: [25:59] J'ai un peu de mal à te répondre de manière générale, parce que pour moi. Monde Numérique : [26:04] On va dire... Cédric O: [26:05] Par exemple, tu vois, il y a un sujet concurrentiel. C'est absolument évident, il y a un sujet concurrentiel avec des entreprises qui sont trop grosses et trop puissantes. Monde Numérique : [26:15] Oui, voilà, on peut considérer que la foute. Cédric O: [26:17] C'est le dégât. Et donc, le sujet, ce n'est pas de prendre le sujet par le bout, du système et les conséquences qui est, à la fin, on interdit tel truc, tel truc, parce qu'on a peur. Le sujet, c'est, un, il faut prendre plus de risques. Deux, il faut un paysage concurrentiel beaucoup plus développé. Et tout cela découle d'une espèce de vision de ce que doit être l'Europe et ce qu'elle doit être le rôle de l'Europe et l'avenir de l'Europe dans un monde qui, de toute façon, va être dominé par la technologie. À la fin, on interdit parce qu'on a peur. À la fin, on interdit parce qu'on a l'impression qu'on subit tout ça et qu'on n'est pas capable de le façonner. Si on était optimiste en se disant mais de toute façon à la fin on va faire des entreprises qui évoluent dans un univers qui est concurrentiel qui vont gagner cette concurrence et les valeurs européennes vont être, nativement dans les produits proposés par ces entreprises, on n'aurait pas cette espèce de truc où il faut, dès qu'il y a un micro risque il faut le prévenir, c'est ça qui dans le fond, me chagrine à fond plus que de savoir si j'ai accès à telle ou telle fonctionnalité, ce qui oui est dommage à l'instant T on peut se dire. Monde Numérique : [27:23] Qu'on vit sans. Cédric O: [27:24] Mais je pense que ce que tu dis par ailleurs et qui à mon avis est extrêmement important c'est ça va arriver, psychologie qui tendrait à dire on va éviter ce changement est complètement illusoire. Ça va arriver. Donc la question c'est comment on le façonne, pas comment on s'en protège. Monde Numérique : [27:42] Oui, on a l'impression qu'il y a plus de crainte que d'enthousiasme. Cédric O: [27:45] C'est pour ça qu'il faut faire les choses bien. L'objectif c'est ce qu'on essaye de faire chez Malow. C'est-à-dire que nous on est optimistes, on pense que l'intelligence artificielle elle peut être extraordinaire pour le développement des enfants. Notre objectif c'est de faire en sorte que les enfants soient plus heureux et plus intelligents si je suis un peu vite. On s'appuie sur la science pour faire ça. Des recherches scientifiques qui sont au meilleur niveau du monde entier mais on est d'accord, il faut le faire bien et donc il y a aussi, en termes de sécurité en termes de la manière dont on parle avec les enfants des standards qu'il faut, absolument respecter, et à la fin je pense qu'il faut tester moi ce que j'invite tout le monde c'est, essayer Malow et puis vous verrez, c'est à dire il faut sortir des fantasmes sur IA et enfants sortir des fantasmes sur IA c'est bien ou pas bien à la fin l'IA c'est comme l'électricité On ne met pas du 220 volts dans la main des enfants comme ça. Il y a des standards, il y a des normes, mais il y a l'électricité dans les veilleuses qui sont au-dessus des lits de nos bébés, et on trouve ça normal, sans se poser la question de savoir si c'est bien ou pas bien d'avoir de l'électricité pour les enfants. Monde Numérique : [28:45] Malow, donc pour les 4 à 10 ans, comment vous appelez ça ? Une boîte à histoire interactive ? Une enceinte. Pardon, ce n'est pas des histoires, c'est des jeux. Cédric O: [28:53] C'est des jeux, exactement. Monde Numérique : [28:54] C'est des jeux, très bien. Merci Cédrico, on est allé très très loin. Bien au-delà de Malow merci de t'être prêté au jeu et longue vie à Malow merci beaucoup.
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