Bruno :
[
0:01] J'ai l'impression qu'on est en voie de voir une certaine démocratisation des agents IA. Ce qui a toujours été jusqu'à maintenant, ça fait quoi ? Ça fait deux ans qu'on en parle des agents IA. Mais ça a toujours été un peu la chasse gardée des professionnels de l'informatique, de la programmation, du développement. Bon, il y avait des whiz-whiz comme toi qui s'amusaient avec ça. Mais tu sais, la population en général ne pouvait pas y avoir accès. Et là, je reviens, c'est Musique a lancé ça la semaine officiellement. a lancé ça il y a quelques semaines. Après, il y a eu qui arrivent avec le DOTS. Là, j'ai l'impression que c'est le grand public. Et pour moi, c'est aussi important que l'arrivée en novembre 2022 de ChatGPT. Jérôme Colombain à Paris, bonjour.
Jérôme :
[
0:55] Salut Bruno Guglielminetti à Montréal.
Bruno :
[
0:57] Bon, avant de parler de choses et d'autres dans l'actualité, je pense que la grosse nouvelle cette semaine, c'est le fait que maintenant on doit t'appeler monsieur parce que ça vient de sortir cette semaine. C'est l'agence de communication britannique Tyto qui a affirmé, preuves à l’appui, que tu es maintenant l'influenceur tech numéro un en France. Je te lève mon micro, je suis ému.
Jérôme :
[
1:22] Arrête, je pense, je ne sais pas, il va y avoir une erreur quelque part.
Bruno :
[
1:26] Non, on m'assume.
Jérôme :
[
1:28] Oui, je vais assumer. J'étais troisième l'an dernier, j'étais déjà super content. Et là, effectivement, je viens de recevoir un mail m'annonçant que j'étais premier. Bon, il faut comprendre ce que ça veut dire. Apparemment, c'est assez sérieux comme classement, mais ça ne veut pas dire que je suis le mec le plus important dans la tech.
Bruno :
[
1:45] Non, mais c'est celui qui influence le plus.
Jérôme :
[
1:48] Oui, qui participe beaucoup. C'est le fait d'être présent sur plein de canaux, de produire beaucoup, écoute.
Bruno :
[
1:54] Voilà, c'est ça de… Mais quand même, quand tu regardes le palmarès, en dessous de toi, il y a d'autres journalistes, évidemment, on peut s'entendre, il y a des patrons de la tech, des patrons de l'IA français, il y a des politiciens, il y a des ministres, quand même.
Jérôme :
[
2:07] Écoute, voilà, on fait ce qu'on peut.
Bruno :
[
2:09] Oui, tu le fais bien, semble-t-il.
Jérôme :
[
2:11] Merci.
Bruno :
[
2:11] Moi, de mon côté, je suis content de ce que tu fais avec moi, mais chapeau, je voulais absolument le souligner.
Jérôme :
[
2:16] Merci, c'est très gentil, Bruno.
Bruno :
[
2:21] Sinon, quand tu ne fais pas ça, bien évidemment, tu voyages, mais ça, on en reparlera. Mais cette semaine, écoute, les gens qui aiment l'IA vont être gâtés avec notre retour sur l'actualité parce que la semaine a été remplie d'actualités, tous azimuts qui touchaient à l'IA.
Bruno :
[
2:38] Et puis, heureusement, il n'y avait pas que ça. Il y avait plusieurs lancements, mais celui sur lequel on va s'arrêter cette semaine, c'est celui, la présentation des gens de EssilorLuxottica. tu t'es rendu à Milan pour nous question de montrer ton étendue de territoire couvert et, tu as été voir les nouveaux modèles de lunettes notamment évidemment celles qui concernent les gens qui veulent mieux entendre avec leurs lunettes ça fait bizarre à dire mais c'est le cas.
Jérôme :
[
3:06] Tu veux que je te parle de ça tout de suite, alors ?
Bruno :
[
3:09] Allez, fais-moi plaisir.
Jérôme :
[
3:10] Allez, on y va. Effectivement, c'était une présentation de EssilorLuxottica, qui est donc ce grand groupe d'optique franco-italien. Et le système en question, c'est le système Nuance Audio, que tu avais été l'un des premiers à remarquer, je me souviens, quand ça avait été présenté au CES de Las Vegas.
Bruno :
[
3:26] Ça fait longtemps, ça fait trois ans.
Jérôme :
[
3:29] Ça avait été annoncé il y a trois ans, mais c'est sorti il y a moins de deux ans, je crois. Tout à fait, oui. La première version, même l'année dernière, en fait.
Bruno :
[
3:37] En France, oui, puis ça arrive, c'est arrivé cet été au Canada.
Jérôme :
[
3:41] Voilà. Alors, de quoi on parle ? Ce sont des lunettes connectées, mais pas comme les lunettes connectées de Meta. D'ailleurs, EssilorLuxottica, c'est eux qui fabriquent les lunettes connectées de Meta. C'est le partenaire fabricant.
Bruno :
[
3:52] Oui.
Jérôme :
[
3:52] Exactement. Mais là, elles ont une seule fonction, comme tu l'as dit, c'est d'aider les personnes qui ont une perte d'audition pour leur permettre de continuer à vivre normalement en écoutant les conversations, etc. Alors, ce n'est pas une prothèse auditive. Ça ne remplace pas une prothèse auditive qu'on met dans le fond de l'oreille pour les gens qui sont vraiment sourds d'une oreille ou des deux oreilles. C'est pour l'entre-deux, en fait. Quand on sent qu'on se rend compte qu'on commence à perdre un peu, à entendre moins bien les conversations, dans les dîners, dans les soirées, où en plus il y a du monde, ou devant la télé, etc., on se dit « j'ai du mal ». C'est bizarre, je ne comprends pas aussi bien que mon mari ou ma femme, etc. Donc, c'est un système avec... Il y a six micros, il y a des haut-parleurs qui diffusent le son amplifié directement dans les oreilles. Et cette nouvelle version... Logiquement, elle apporte quelques nouveautés.
Bruno :
[
4:49] C'est ce que je voulais te demander. Qu'est-ce qu'il y a de nouveau avec la version Plus ?
Jérôme :
[
4:52] Alors, l'algorithme de compréhension a été amélioré, notamment dans les environnements bruyants. L'autonomie a été améliorée. On est à environ 10 heures d'autonomie, donc ce qui est beaucoup, contrairement, par exemple, à des lunettes Meta.
Bruno :
[
5:05] C'est presque une journée de travail, ça.
Jérôme :
[
5:07] Tout à fait. On peut recevoir les appels téléphoniques et tenir des conversations, des appels téléphoniques, mais c'est tout ce qu'on peut faire d'autre. On ne peut pas écouter des podcasts, on ne peut pas écouter de la musique, etc. C'est volontairement bridé. Et puis sinon, parmi les nouveautés, il y a des nouvelles formes, des nouvelles couleurs, etc, des petits boutons et tout. Et c'était l'occasion surtout d'essayer ces lunettes-là. Mais c'est très difficile d'essayer ces lunettes parce qu'en réalité, quand tu les chausses pour la première fois, eh bien, oui, ça amplifie très nettement mais avec un petit côté un peu métallique, en fait, qui est assez étrange et qui est dû au fait que, un, il faut des réglages spécifiques personnalisés.
Bruno :
[
5:54] Que tu fasses sur une application.
Jérôme :
[
5:55] Voilà, exactement. Et il faut qu'ensuite, le système s'habitue à ta voix et qu'il arrive à la reconnaître, pour par exemple la faire disparaître quand c'est toi qui parles. Et puis aussi que ton cerveau à toi s'habitue à ça. Donc, il faut un certain temps d'adaptation. Bon, mais c'est un produit intéressant.
Bruno :
[
6:15] Est-ce qu'ils te l'ont fait essayer ?
Jérôme :
[
6:17] Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
Bruno :
[
6:18] Et comment tu trouves l'expérience, mis à part l'adaptation ?
Jérôme :
[
6:22] Je te dis, ça amplifie, c'est super. En plus, il y a deux modes. Il y a le mode focus où ça amplifie les paroles de la personne que tu regardes avec tes lunettes. Et puis, tu as un mode 360 qui te permet d'entendre ce qui se passe sur les côtés. Par exemple, quand tu es en groupe ou quand tu es à un dîner, ça te permet de ne pas être complètement isolé. Ou si tu fais du... Par exemple, tu fais du vélo ou tu marches dans la rue, tout simplement. C'est marrant parce qu'à l'occasion de la présentation, il y avait plusieurs témoignages de personnes qui étaient là. Et il y avait notamment quelqu'un. Alors, je ne sais pas si ça va te parler. C'était le bassiste d'un groupe de rock de notre jeunesse, mon cher Bruno.
Bruno :
[
7:02] C'est quoi dans la Chine.
Jérôme :
[
7:03] Tu vas me faire ça ? Non, pas du tout. Ce n'était pas un Français. C'était le groupe Spandau Ballet. Je ne sais pas si tu te souviens de Spandau Ballet. Ah oui, ils avaient un tube énorme. Je ne sais plus comment ça s'appelait. Il y avait True, bien sûr, la chanson True.
Bruno :
[
7:17] Non, tu ne vas pas me la chanter, là.
Jérôme :
[
7:19] Non, je ne vais pas le chanter.
Bruno :
[
7:19] OK, merci.
Jérôme :
[
7:20] Ça ne parlait pas du tout aux plus jeunes, mais moi, ça m'a immédiatement parlé.
Bruno :
[
7:24] C'est venu chercher, oui.
Jérôme :
[
7:24] Voilà, exactement. Et donc, il s'appelle Martin Kemp, et il expliquait qu'en fait, il avait tellement travaillé à côté des enceintes, dans un univers musical bruyant et tout, il a perdu un peu d'audition, et cette lunette-là lui avait redonné une capacité auditive. Donc, c'est quand même intéressant.
Bruno :
[
7:43] Mais ce n'est pas un hasard, on s'entend que c'est cette clientèle-là qui cherche.
Jérôme :
[
7:46] Tout à fait.
Bruno :
[
7:47] Alors, ça va tellement parler à cette génération-là, c'est bon.
Jérôme :
[
7:49] Oui, absolument. Bon, alors, il y a un bémol.
Bruno :
[
7:52] Mais c'est quoi le bémol, oui ?
Jérôme :
[
7:53] Le bémol, elles coûtent super cher, ces lunettes.
Bruno :
[
7:56] C'est rendu à combien ?
Jérôme :
[
7:57] 900 euros. 899 euros, juste la monture avec ce système d'amplification. Il n'y a pas les verres. Évidemment, tu peux faire mettre des verres correcteurs. C'est pris en charge en France, et dans tous les pays, par les systèmes de mutuelles, de sécurité sociale, etc. Mais grosso modo, en France, ça te fait 100 euros de moins, à condition d'avoir une prescription et sans compter le prix des verres. Donc, voilà, c'est un positionnement qui est quand même assez haut de gamme.
Bruno :
[
8:25] Oui, mais à leur défense, je te dirais que Puis on s'entend, ce n'est pas une prothèse auditive. Mais si on compare au prix d'une prothèse auditive, on est encore bas dans les prix. Puis il y a peut-être des gens qui auraient sauté tout de suite à la prothèse auditive. Et là, ça, c'est comme la mi-étape.
Jérôme :
[
8:47] Il paraît que quand on commence à perdre un peu l'audition, ce qui est un phénomène normal, je veux dire, quand on vieillit, même très vite, on a besoin de lunettes, ce n'est pas aberrant qu'on ait besoin d'un peu d'aide aussi pour l'audition, mais c'est un peu plus honteux. Donc, voilà, on n'a pas envie forcément de porter une prothèse auditive, tandis que porter des lunettes, c'est beaucoup moins stigmatisant. Ça ne se voit pas, on ne voit pas que le son est amplifié, etc. Donc, c'est cette cible-là, clairement, qui est visée.
Bruno :
[
9:15] Sauf qu'ils arrivent dans un contexte où Meta, la semaine dernière, a sorti leur nouvelle lunette. Et c'est ça que je me disais. C'est EssilorLuxottica qui sort les leurs à mille quelques dollars. Là, toi, tu arrives… Non.
Jérôme :
[
9:28] 900. Oui, si tu convertis en dollars, oui, ça devrait faire ça.
Bruno :
[
9:32] Désolé, on est de l'autre côté de l'eau.
Jérôme :
[
9:34] En dollars, oui, canadiens.
Bruno :
[
9:36] C'est encore plus cher. Mais donc, si on compare à l'offre de 300 quelques dollars pour être capable d'écouter, les gens vont faire un petit calcul rapide, puis j'ai l'impression qu'ils vont se retourner du côté de Meta.
Jérôme :
[
9:50] Ben, c'est un peu la question qu'on peut se poser. Alors, ce n'est pas la même technologie. Ce n'est pas exactement la même chose. Le système qui est dans les lunettes Meta n'est pas celui de Nuance Audio. Ils affirment qu'ils ont pris de l'avance et que c'est plus sophistiqué. Et puis, n'oublions pas que chez Meta, ce sont des lunettes qui n'ont pas la même autonomie et l'option dont on parle, c'est une option payante. Il faut la payer en plus. Tu te souviens, on en avait parlé ensemble.
Bruno :
[
10:18] Oui, mais à l'époque, ce qui était sorti par la suite, c'était qu'il y avait eu la révolte des usagers. Ils avaient dit, écoutez, ça, ça fonctionne localement. Alors, pourquoi on paierait pour ? Et Meta est revenu sur sa décision.
Jérôme :
[
10:31] Ah, donc ils ont changé d'avis, donc c'est plus payant ? Bon, il faudrait vérifier. Bon, voilà, effectivement, comment ça s'inscrit dans un marché global ?
Bruno :
[
10:39] Mais il y a de la concurrence, là, maintenant.
Jérôme :
[
10:41] Il y a de la concurrence, absolument.
Bruno :
[
10:42] Ah, c'est ça.
Jérôme :
[
10:43] Bon, ce qu'il y a, c'est que là, il y a je ne sais pas combien de paires, de couleurs, de formes, etc. Si tu veux, il y en a pour tous les goûts.
Bruno :
[
10:49] Oui. Puis là, on peut imaginer que comme c'est EssilorLuxottica et qu'ils font plusieurs marques, notamment les Ray-Ban, pas les Meta Ray-Ban, ils les font aussi, mais que des Ray-Ban, ils en font, ils font des Prada, il y a plein de marques.
Jérôme :
[
11:02] Oui, toutes ces marques leur appartiennent, en fait.
Bruno :
[
11:04] Bon, c'est ça. Il faudra voir. Merci pour ce récit de Milan. Sinon, la nourriture était bonne.
Jérôme :
[
11:11] En Italie, c'est toujours bon la nourriture, bien sûr, on mange aussi bien… On mange presque aussi bien qu'en France.
Bruno :
[
11:17] Je ne l'ai pas entendu ce bout-là, puis je ne te ferai pas répéter. Donc, ben écoute, merci pour ce récit de voyage, cette carte postale milanaise, Maintenant, si on revient aux choses presque sérieuses qu'est l'IA.
Jérôme :
[
11:34] Oui, c'est très sérieux aussi.
Bruno :
[
11:35] Oui, je suis...
Bruno :
[
11:38] Non, mais je te parle d'IA parce qu'on en a beaucoup parlé. Ça allait à tout vent cette semaine. Et si on commençait avec les annonces de OpenAI, je pense que ce qui a marqué le plus l'imaginaire des gens, c'est le DOTS, D-O-T-S, qui sont leurs réponses à ce que Muse a lancé, ce que Grok, avec son GrokBot, avait déjà lancé. Donc, l'agent IA personnel pour M. et Mme Tout-le-Monde.
Jérôme :
[
12:04] Oui, c'était quand même super intéressant, cette keynote. C'est la keynote des Dev Days d'OpenAI, où ils ont déroulé tout ce qu'ils sont en train de faire. D'ailleurs, c'est fou.
Bruno :
[
12:15] C'est fou, oui.
Jérôme :
[
12:16] On se dit, franchement, les mecs, ils chôment pas. Tout ce qu'ils ont développé. Et c'est vrai que les Dots…, Moi, j'ai l'impression que c'est, comme tu le dis, c'est la réponse aux Muse, et c'est-à-dire que c'est la volonté de faire un agent grand public, utilisable, par le grand public, même si ça va coûter un certain prix, et puis en plus, ce ne sera pas disponible chez nous en Europe comme d'habitude.
Bruno :
[
12:43] Ça, c'est comme d'habitude.
Jérôme :
[
12:44] Ça, c'est comme d'habitude. On regarde les trains passer, voilà. Oh, c'est super, c'est amusant.
Bruno :
[
12:49] Les trains, je regarde, non, non. Loin comme vous êtes, ce n'est pas un train que vous regardez passer. À l'horizon, c'est la fumée, peut-être que vous voyez.
Jérôme :
[
12:57] Oui, là, je dois dire que ça devient un peu énervant. Au début, on a rigolé, mais là, ça devient pénible. Mais ces Dots. Enfin, d'après les démos, c'est impressionnant. C'est super. En fait, c'est-à-dire que c'est des trucs, c'est ce que tu nous avais expliqué quand tu parlais de Muse. Tu lances le machin, il faut lui donner accès à tout ton univers. Donc tes comptes, tes e-mails, ton disque dur, etc. Et après, il va te proposer des choses à faire. Et donc, sur la démo, je ne sais pas si tu as vu, il montrait comment le truc pouvait en quelques minutes lui développer un site web, mettre à jour une application, gérer son emploi du temps. À un moment, il y avait une réunion de travail qui était prévue pour l'utilisateur et qui tombait en même temps que le spectacle de sa fille. Tac, tac, tac, il a décalé, non pas le spectacle, mais la réunion.
Bruno :
[
13:43] C'est-à-dire contacter l'organisateur, déplacer l'horaire de tout le monde.
Jérôme :
[
13:46] Voilà, donc il fait tout ça tout seul. Le système pourra passer des coups de fil, par exemple pour réserver un restaurant ou autre. On peut donc communiquer avec lui soit par écrit en formule chatbot, soit par oral, ce qui est super intéressant, et prochainement par SMS, et prochainement par email. Enfin, c'est un truc de fou, c'est un assistant.
Bruno :
[
14:09] Et prochainement par prothèse ?
Jérôme :
[
14:11] Prochainement par prothèse, sans doute. Voilà, donc on a droit à un pour commencer, et puis après, on pourra en acheter plusieurs, si j'ai bien compris.
Bruno :
[
14:23] Oui, ça ressemble à ça. Mais c'est le parallèle qui est intéressant, parce que j'ai l'impression qu'on est en voie de voir une certaine démocratisation des agents IA. Ce qui a toujours été, jusqu'à maintenant, ça fait deux ans qu'on en parle des agents IA, Mais ça a toujours été un peu la chasse gardée des professionnels de l'informatique, de la programmation, du développement. Il y avait des whiz-whiz comme toi qui s'amusaient avec ça. Mais tu sais, la population en général ne pouvait pas y avoir accès. Et là, avec, moi je reviens, c'est Muse qui a lancé ça la semaine, officiellement, a lancé ça il y a quelques semaines.
Jérôme :
[
14:59] Début septembre, oui.
Bruno :
[
15:00] Oui, il y a eu qui arrivent avec le DOTS. Là, j'ai l'impression que c'est le grand public. Et pour moi, c'est aussi important que l'arrivée en novembre 2022 de ChatGPT.
Jérôme :
[
15:11] Tout à fait.
Bruno :
[
15:11] On vient d'ouvrir un énorme chapitre. Et là, ça veut dire que c'est plus seulement le robot conversationnel à qui tu vas poser une question. Ou il est intelligent ou il travaille un texte. Non, là, c'est carrément un assistant personnel qui est à côté. Je faisais une entrevue cette semaine avec Mario Dumont, qui est un animateur du matin ici à la radio, à la télé. Et puis là, il racontait, il dit, dans le fond, c'est un peu ce que tout le monde a toujours envié au grand président des grandes entreprises, d'avoir son assistant personnel et de travailler pour, et puis de l'avoir qui travaille pour nous. J'ai dit, c'est exactement ça.
Jérôme :
[
15:45] Oui, c'est tout à fait ça. Mais avec des, il y a quand même un prix à payer. Le prix à payer, c'est qu'il faut lui faire confiance. Si tu décides de tout ouvrir. Comme dans la vraie vie. Oui.
Bruno :
[
15:59] À un assistant personnel, vrai, tellement nul qu'il arriverait à saboter tes affaires.
Jérôme :
[
16:07] Oui, mais attends, tu as vu cette histoire qui s'est passée avec Muse ?
Bruno :
[
16:10] Ah oui, raconte ça.
Jérôme :
[
16:13] Alors, on ne sait pas si c'est vrai, parce que Meta dit que ce n'est pas possible et que ce n'est pas vrai. Mais c'est un type qui avait installé Muse et il raconte que l'assistant est allé, a pris l'initiative de revendre sur un site de petites annonces. Un marketplace. Une marketplace, oui.
Bruno :
[
16:35] Parce qu'il y a accès à un marketplace.
Jérôme :
[
16:37] Voilà, c'est ça. Il peut se connecter à plein de trucs, parce que tu lui donnes des accès. Et donc, il a mis en vente un clavier d'ordinateur. Il a accepté une transaction à un prix beaucoup plus bas que ce que voulait le propriétaire. Il a fixé un rendez-vous à l'acheteur au domicile du mec. Et donc, le mec a vu quelqu'un se pointer chez lui et sonner à la porte. Bonjour, je viens chercher le clavier. Et il paraît qu'il n'était pas au courant. Ça paraît un peu bizarre.
Bruno :
[
17:05] Cette histoire.
Jérôme :
[
17:06] Honnêtement, c'est un peu chelou. Et Meta dit : ce n'est pas vrai, il y a plein d'étapes de validation, etc.
Bruno :
[
17:13] Mais quand j'ai vu ça, moi, ce à quoi j'ai pensé, j'ai dit... Imagine si la personne, parce que tu peux lui donner un accès à ton micro, puis tout ça, puis il t'écoute, puis il te regarde écrire. Ce qu'il raconte pas le bonhomme en question dans son histoire, c'est qu'est-ce qu'à un moment donné, je vais dire devant ou en présence de ce Muse-là, il a pas évoqué le fait qu'il serait peut-être temps de changer de clavier. Et Muse a dit : « Tiens, il veut changer de clavier, bon, on va le vendre. »
Jérôme :
[
17:40] Il y avait quelque chose à la base. Je pense que le type avait déjà passé une annonce. C'est ça. Et Muse a conclu la vente, en fait. C'est un peu ça.
Bruno :
[
17:56] On le dit, je pense que dans les pitchs de vente que j'ai vus, moi, de Muse, c'est toutes ces histoires où des gens ont demandé à Muse de passer, à travers toutes les possibilités de retrouver de l'argent dans des comptes de banque qu'ils n'utilisaient plus ou des trucs comme ça. Et il y a des gens qui ont été chercher des dizaines de milliers de dollars. Et ça, ils te les racontent, ces histoires-là sur le site de Meta, je pense. C'est là où je les ai vus. Mais il y a un paquet d'histoires comme ça où ils les envoient en mission. Ils ont peine perdue. Mais écoute, si tu arrives à trouver quelque chose dont je pourrais bénéficier, et les gens font des gains monétaires là-dessus. Juste ça, c'est pas… C'est déjà assez... Mais ça, c'est aux États-Unis, on s'entend.
Jérôme :
[
18:43] C'est notre camarade Carlos Diaz du podcast Silicon Carnet. On le salue. Salut, Carlos. J'ai vu qu'il avait... Il raconte ça dans son dernier épisode. Il dit qu'il a envoyé son agent qui a réussi à lui gratter, récupérer des tas d'abonnements qu'il avait souscrits, il ne le savait même plus, etc., à renégocier des trucs et tout, et il lui aurait fait gagner 2300 dollars. Il doit avoir beaucoup d'abonnements, Carlos. Mais voilà, c'est génial. Alors, c'est génial, c'est génial, mais tu disais… Moi, je me suis pas jeté là-dedans encore à corps perdu. J'en meurs d'envie, mais je suis très prudent parce que j'ai l'impression, tu vois, que finalement l'IA conversationnelle qu'on connaît jusqu'à présent, elle est super, mais il y a ce problème des hallucinations. Et j'ai l'impression que là, on va se heurter à un nouveau problème qui est que, parfois, ces agents, ils pètent les plombs. De la même manière que les chatbots hallucinent, les agents, parfois, ils vont faire des choses qu'on ne leur a pas demandées, très clairement. Et ça commence à arriver.
Bruno :
[
19:51] Non, mais là, on voit le professionnel en toi. Parce que là, tu m'amènes au prochain sujet.
Bruno :
[
19:56] C'est OpenAI et Anthropic qui se mettent à faire des enquêtes sur des dizaines de milliers de cas où, justement, leurs agents IA sont partis faire...
Jérôme :
[
20:07] N'importe quoi.
Bruno :
[
20:08] Oui, n'importe quoi, un peu partout. Sans jamais être remercié. D'ailleurs, j'ai... Puis avant que tu parles de ça, juste ce matin, je lisais l'histoire d'un jeune homme dont l'agent IA s'est mis à accumuler une petite fortune en crypto-monnaie. Et donc, quand il ne l'utilisait pas, l'agent IA lui avait développé un goût pour des transactions de crypto. Et donc, il faisait des transactions, mais sans même que son propriétaire le sache.
Jérôme :
[
20:41] C'est dingue. C'est dingue.
Bruno :
[
20:44] Mais tu imagines, tu as des agents qui vont développer des fortunes, alors que le propriétaire ne saura jamais qu'il est en train de se faire de l'argent.
Jérôme :
[
20:51] Après, il y a un potentiel énorme.
Bruno :
[
20:53] C'est fou.
Jérôme :
[
20:54] Non, non, mais c'est incroyable. Donc, c'est ça.
Bruno :
[
20:56] Alors, je m'excuse, je reviens à l'actualité. OpenAI et Anthropic qui, là, se disent, bon, bien, on va être plus sérieux dans nos enquêtes, là.
Jérôme :
[
21:05] Oui, c'est vrai qu'il s'est passé tellement de choses depuis cet été. Nous, on pensait qu'on avait découvert le pot aux roses quand on a raconté cette histoire de Hugging Face, etc. Et en fait, c'était vraiment que la partie émergée de l'iceberg, puisqu'on en découvre tous les jours. Ils parlent de dizaines de milliers d'incidents impliquant des agents IA. Et puis alors tous, OpenAI et Anthropic. Je ne sais pas si Google est dans le lot, je ne suis pas sûr.
Bruno :
[
21:30] Je n'ai pas vu Google.
Jérôme :
[
21:31] Non, je n'ai pas vu Google. On ne va pas les impliquer alors qu'apparemment, ils n'y sont pas. Mais voilà, c'est des contournements de sécurité. Ils se sont évadés de leurs environnements isolés. Cela dit, je pense qu'il y a tout ce qu'on dit et il faudrait vraiment creuser tous ces sujets-là. Parce que, par exemple, les IA qui se sont échappées de leur bac à sable pour aller attaquer Hugging Face, visiblement, si j'ai bien compris, c'est que les sécurités n'avaient pas été suffisantes. Et notamment, ce n'était pas un vrai bac à sable. Et notamment, théoriquement, elles ne devaient pas avoir accès à Internet, mais elles étaient dans un faux système, dans un système sécurisé, émulé. C'est-à-dire que, je ne sais pas quoi, pour des raisons d'efficacité, de temps, de moyens ou autres, les chercheurs n'avaient pas vraiment créé un écosystème à part. Ils avaient réservé, créé une espèce de safe zone, mais qui n'était pas assez safe en réalité. Et ils n'ont pas prévu que les IA arriveraient à passer le mur, en fait. Ou ils ne l'avaient pas prévu, ou ils l'avaient prévu, ils le souhaitaient. Ça, on ne saura jamais.
Bruno :
[
22:40] Ils disent qu'on sent un peu le laxisme.
Jérôme :
[
22:42] Oui, oui, oui. En fait, en tout cas, à chaque fois, il y a des explications. Ce n'est pas comme ça, wow, mon Dieu, mais elle a pris le contrôle de la société, de la machine et tout. Non.
Bruno :
[
22:54] Oui, mais quand tu vois récemment cette histoire, c'est sorti cette semaine, d'un agent IA qui a utilisé le réseau DNS pour aller communiquer avec un autre agent IA pour aller chercher de l'information. Si tu disais, mais ils sont vraiment en train de trouver toutes les possibilités de développer, justement.
Jérôme :
[
23:13] Exactement.
Bruno :
[
23:13] C'est fou, là.
Jérôme :
[
23:14] Des trucs auxquels même l'humain n'aurait pas pensé. Et puis surtout, leur force, c'est qu'ils arrivent à mettre bout à bout des tas de petites opportunités, et qui, à l'arrivée, vont leur permettre de réaliser leur méfait.
Bruno :
[
23:32] C'est Yoshua Bengio que j'entendais il y a deux semaines, qui racontait comment, dans certains cas, elles étaient conscientes qu'elles faisaient quelque chose qui ne leur avait pas été demandé, c'était une initiative privée, et qui cachaient les traces de leur passage.
Jérôme :
[
23:46] Exactement. Elles cachent les traces de leur passage aux gens qui sont censés les encadrer. C'est dingo, hein ? – On est rendu là.
Bruno :
[
23:55] Et c'est là où arrive le défi de, Yoshua Bengio et son équipe, c'est d'arriver à créer des IA qui n'ont pas d'agenda caché. On est rendu là, puis sachant que cette notion d'agenda caché ou d'initiative personnelle de l'agent IA, ça fait longtemps que c'est connu. Sauf qu'ils ne s'en sont jamais préoccupés. Et là, ça arrive dans le visage.
Jérôme :
[
24:21] Juste Bruno, en t'écoutant, je vais ouvrir un truc. En fait, si, Google avait rencontré les mêmes problèmes. Ils avaient eu des situations similaires avec Gemini, qui a accédé à des infrastructures d'entreprise.
Bruno :
[
24:37] Tu as raison, mais ils ne se sont pas lancés publiquement dans un grand terrain d'enquête.
Jérôme :
[
24:42] Ah non !
Bruno :
[
24:43] Ça, c'est propre, vraiment à Anthropic.
Jérôme :
[
24:44] En tout cas, ils ne le disent pas.
Bruno :
[
24:46] Oui, c'est ça.
Jérôme :
[
24:46] Mais ils sont confrontés au même problème. Oui, malgré tout.
Bruno :
[
24:50] Dis donc, parlant de Google, cette semaine, ils ne se sont pas laissés de côté. Ils ont décidé, eux aussi, de lancer un nouveau modèle, le Gemini 4 Archon, qui est aussi puissant que les autres. C'est la seule chose qu'on peut raconter là-dessus.
Jérôme :
[
25:04] En fait, dès que tu en as un qui annonce un truc, tu as l'autre qui dit, « Ah, mais moi aussi, moi aussi, je lance un nouveau modèle. » Donc, en fait, c'est…, Voilà, il y a les annonces d'OpenAI, etc. Et ce Gemini 4 Archon, effectivement, il serait même supérieur à ChatGPT et à Claude. Enfin, à GPT-6 Astra et à Claude Opus 5.5. Parce qu'il faut vraiment toujours parler des versions.
Bruno :
[
25:29] Mais semble-t-il qu'il serait moins puissant. J'ai vu un benchmark à un moment donné que la dernière évolution de Grok. Mais là, écoute, c'est une question de semaine.
Jérôme :
[
25:40] Oui, exactement, c'est ça. Il y a des questions de tarifs aussi. C'est vrai qu'on ne rentre pas tellement dans les questions de tarifs, mais même dans les annonces d'OpenAI, il y a des choses très significatives, qui ont été annoncées. Le tarif à 200 dollars passe à 500, c'est ça ? Sans rentrer trop dans le détail, mais on sent bien que les prix vont monter. Avoir ces agents personnels, ces assistants personnels et tout. D'ailleurs, moi, je me faisais la réflexion, je me demande si ça ne va pas nous conduire aussi à une espèce de... De nouvelles, tu sais, on parlait beaucoup de la fracture numérique à un moment, qui était le fait que, un, les gens ne savaient pas forcément utiliser Internet, les technologies et autres, et de deux, ils n'avaient pas les moyens d'acheter un ordinateur, de se mettre une connexion Internet, etc. Nous, en France, ça a été un gros sujet pendant des années, mais est-ce qu'il ne va pas y avoir bientôt une nouvelle fracture technologique par rapport à l'IA ? Parce que tous ces super agents, aujourd'hui, on les paye des queues de cerises. Je veux dire, c'est soit gratuit, soit ça démarre à 20 dollars par mois, bon, c'est rien du tout, mais pour tout ce que ça permet de faire et puis tout ce que ça coûte en amont et qu'on ne sait pas… Les prix vont, vont changer. Donc les super agents, c'est top. Aujourd'hui, ils nous en font quasiment cadeau, mais bon, déjà, t'as déjà des entreprises qui claquent des millions là-dedans pour tout ce qui est code, etc. Mais même les particuliers, demain, t'auras ceux qui pourront se payer des agents et ceux qui pourront pas se les payer.
Bruno :
[
27:08] Alors, t'as tout à fait raison. C'est malheureusement le même principe que les vendeurs de drogue. Ils nous accoutument à quelque chose comme ça. Après, à un moment donné, ils vont arriver avec le vrai prix, c'est ça. Alors, tu es capable de te le payer ou tu n'es pas capable de te le payer ?
Jérôme :
[
27:23] Et tu as raison. J'attends en France les chèques token, tu vois. Alors, je suis sûr que ça arrivera un jour ou l'autre.
Bruno :
[
27:32] Sûrement.
Jérôme :
[
27:32] Oui, alors.
Bruno :
[
27:33] En France, sûrement.
Jérôme :
[
27:34] Ah bah ouais, mais attends, on a des chèques pour acheter des vélos, des chèques pour faire réparer sa machine à laver, des chèques pour acheter son essence, là, dernièrement, des chèques pour repriser ses chaussettes aussi, ça, c'était grandiose, ça a été lancé il y a un an ou deux. Et moi, ce qui m'a toujours épaté, c'est des chèques.
Bruno :
[
27:51] Mais ça, c'est autre chose.
Jérôme :
[
27:53] Oui, les chèques repas, mais les chèques repas, c'est privé.
Bruno :
[
27:55] Oui, je sais, mais pour quelqu'un qui ne vient pas de la France et qui découvre ça un jour, les chèques repas, c'est les employeurs qui leur donnent la mesure.
Jérôme :
[
28:03] Non, c'est les employeurs qui contribuent à l'achat des repas. Oui, mais ça, ce n'est pas de l'argent public.
Bruno :
[
28:09] Mais c'est culturel.
Jérôme :
[
28:11] C'est culturel. C'est culturel. Donc, moi, j'attends les chèques token d'ici quelques années. Je suis sûr, oui, vous gagnez moins de 2000 euros par mois, eh bien, vous avez droit à vos chèques tokens afin de ne pas rester sur le bord de la route.
Bruno :
[
28:22] Mais puis, sers-toi de ta position d'influenceur numéro un en France. C'est les présidentielles, tu as une campagne électorale. Sors-le, allez, jette la pierre dans la mare.
Jérôme :
[
28:34] Je ne suis pas sûr que ce soit le type de mesure que je défendrai en premier
Jérôme :
[
28:37] malgré tout. OK, d'accord. Bon, j'essaie.
Bruno :
[
28:40] Bon, bien, parlant de choses que tu défends, comment tu trouves cette nouvelle initiative de Nvidia qui se lance dans la cybersécurité des IA ?
Jérôme :
[
28:48] Voilà, une info qui est bonne. Ça, c'est un geste responsable. Ça, c'est bien. Ouais, c'est exactement la réponse à ce dont on vient de parler. Les IA qui deviennent folles, les agents qui deviennent fous. Et donc, NVIDIA annonce un système pour sécuriser tout ça. Alors, ça va reposer sur deux briques. Une brique logicielle, avec un truc qui s'appelle OpenShell, qui est un logiciel open source, et une brique matérielle avec un truc qui s'appelle Sentry. Bon, on s'en fout des noms. Mais en gros, c'est pour éviter que les agents deviennent fous, sortent par exemple de leur bac à sable, entament des actions qui ne sont pas prévues, etc., etc. C'est évidemment le truc dont on a besoin en ce moment. Maintenant, quelle forme ça va prendre, comment ce sera implémenté, etc. Mais c'est une démarche vraiment bien, je trouve. Qu'est-ce que tu en penses ?
Bruno :
[
29:40] Moi, je trouve qu'ils viennent juste de se développer une nouvelle pratique, parce qu'ils n'étaient pas encore dans la cybersécurité, à moins que je me trompe.
Jérôme :
[
29:52] Non, pas à ma connaissance, non.
Bruno :
[
29:54] C'est ça. Eux, ils étaient dans la production de cartes graphiques au début. Là, c'était du GPU. Et là, ils ont...
Jérôme :
[
30:00] Ils vont quand même aussi sur les algorithmes et tout. Ils rachètent Hugging Face.
Bruno :
[
30:05] Oui, c'est ça.
Jérôme :
[
30:06] Mais c'est de l'open source.
Bruno :
[
30:09] On voit que c'est de la diversification. Et c'est intéressant de les voir arriver dans le domaine de la cybersécurité.
Jérôme :
[
30:15] Alors, est-ce que c'est juste de la diversification pour ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier ? Ou bien c'est vraiment une volonté de créer un écosystème cohérent, en fait, tu vois, matériel plus logiciel, plus modèle d'IA et tout.
Bruno :
[
30:33] Oui, bien tu dis ça puis tu me fais penser à un truc que je racontais dans mon bulletin 120 secondes de tech de jeudi, où Nvidia est en train de rencontrer des assureurs, pour mettre en place un système qui va permettre aux jeunes entreprises qui font de l'infonuagique et qui veulent s'équiper, des cartes NVIDIA qui ne sont pas données, de mettre en place un système où si une entreprise fait faillite, que l'assureur soit capable de compenser la valeur des cartes qu'ils ont achetées pour être capable de les revendre à un montant. Oui.
Jérôme :
[
31:11] Comme quand tu achètes des voitures, des ordinateurs pour l'entreprise, etc.
Bruno :
[
31:17] Alors, quand on dit qu'ils sont en train de sécuriser leur écosystème, c'est pas mal ça. C'est une bonne analyse.
Bruno :
[
31:27] Dis donc, un dernier truc sur l'IA. Je veux t'entendre là-dessus. Donald Trump qui a tenu un souper chez lui avec six grands de l'IA et il les a conviés pour essentiellement leur rappeler que lui, il ne veut aucune régulation de l'industrie de l'IA. Mais ils se sont entendus sur un accord volontaire, un beau texte qui a été publié, par la Maison-Blanche où essentiellement, qu'est-ce qu'on dit ? Les signataires promettent un contrôle interne, une surveillance continue, des audits indépendants et un suivi par leur conseil d'administration. Bref, ça reste dans la maison.
Jérôme :
[
32:07] Écoute, c'est super malin. Trump invente la régulation de l'IA sans régulation.
Bruno :
[
32:15] Oui.
Jérôme :
[
32:16] La régulation sans règle, juste avec de l'autorégulation, une charte. Alors, il a dit, oui, c'est presque comme une constitution. Et ce n'est exactement pas du tout une constitution, puisque ça n'a rien d'obligatoire.
Bruno :
[
32:28] Non, c'est ça, il n'y a rien de contraignant là-dedans.
Jérôme :
[
32:30] Non, c'est une charte de déontologie, quoi, en gros.
Bruno :
[
32:33] Et presque, tu sais.
Jérôme :
[
32:35] Alors, après, c'est à double tranchant. Oui et non, parce que d'un côté, ils n'ont pas créé de texte avec une liste d'infractions qu'il ne faudrait pas commettre, etc. Mais il dit quand même, s'il y a un mauvais joueur qui ne joue pas le jeu, il se fera rattraper par la patrouille. Et il dit clairement, c'est pour ça qu'on a la justice, le FBI et la CIA. Donc, ça t'incite quand même un peu à serrer les fesses.
Bruno :
[
33:01] On s'entend que les lois existent déjà et pour le bien public, ils pourraient sortir le bâton.
Jérôme :
[
33:07] Exactement. Ils l'ont déjà fait. C'est ça l'idée.
Bruno :
[
33:10] Est-ce que tu as remarqué l'intitulé de cette entente qui a été publiée ? Ça s'appelle « White House Accord on Super Intelligence ». Alors, c'est le nouveau vocable américain maintenant.
Jérôme :
[
33:22] Bien sûr, mais j'allais te poser la question. Est-ce que tu es prêt à ne plus parler d'intelligence artificielle et de parler désormais uniquement de « superintelligence » puisque c'est le terme officiel, ça va être le terme officiel de toute l'administration américaine ?
Bruno :
[
33:37] C'est ridicule.
Jérôme :
[
33:38] C'est ridicule. Je suis d'accord avec toi.
Bruno :
[
33:41] J'avais presque le goût de dire mais qu'est-ce qu'il vient faire dans ce dossier-là ?
Jérôme :
[
33:46] Non, alors ça, non, je ne suis pas d'accord. Là, par contre, je ne suis pas d'accord avec toi. Mais non, il est président des États-Unis.
Bruno :
[
33:51] Mais comment ça, changer le vocable d'une industrie ? Calme-toi le pompon, là.
Jérôme :
[
33:58] Franchement, on pense ce qu'on veut de Trump, mais c'est sa force. C'est que le mec, il est imprévisible. Sauf que ça, c'est prévisible parce que c'est une technique chez lui. Très souvent, il invente des nouveaux termes.
Bruno :
[
34:09] Etc.
Jérôme :
[
34:10] Là, ce que je trouve débile, en revanche, c'est que c'est le terme, le choix de ce mot, superintelligence, non, certainement pas. Parce que, pour le coup, intelligence, ça reste profondément humain, et intelligence artificielle, même si le terme n'est pas parfait, bon, ça dit bien ce que ça veut dire.
Bruno :
[
34:33] Ça disait ce que ça disait, mais là, parler de superintelligence, c'est comme un vocable qui… Non.
Jérôme :
[
34:39] Non, le terme, je suis d'accord. Je trouve ça ridicule. Après, on va voir si ça va être utilisé au-delà des communications officielles. Tu vois, est-ce que, je ne sais pas, est-ce que demain, Sam Altman fera ses confs en parlant de super IA, de superintelligence au lieu d'intelligence artificielle. Je ne crois pas. De toute façon, le terme consacré, c'est IA. C'est juste AI, AI, AI.
Bruno :
[
35:00] Oui, mais là, c'est S-I, S-I, S-I.
Jérôme :
[
35:03] S-I, S-I, mais personne... Oui, je ne sais pas.
Bruno :
[
35:05] Non, non, non, il y a eu une augmentation. Je regardais cette semaine une augmentation des noms de domaine. C'est un pays européen qui, d'ailleurs, d'où est originaire son épouse qui a ce nom de cette terminaison de domaine. La Slovénie, voilà.
Jérôme :
[
35:20] La Slovénie, d'accord.
Bruno :
[
35:21] Oui, et donc, il y a eu une montée de demandes pour…
Jérôme :
[
35:27] Ben ouais, c'est logique. Bon après, sur le fond, si tu veux, là encore, c'est pas débile, parce qu'il s'est passé plein de choses, et il y a quand même une montée en faveur de la régulation, ne serait-ce que pour des raisons de politique interne. Il y a une demande de régulation, il y a une peur de l'IA qui monte chez les Américains. Il y a un sondage qui dit que 61 % des électeurs… Alors, l'opposition, surtout pour les data centers : 61 % des électeurs américains sont opposés à la construction des data centers. Ils sont en PLS totale, notamment chez les jeunes, 80 %. Et puis, au-delà de ça, c'est les risques de l'intelligence artificielle d'une manière générale. Et alors après, avec toutes les annonces d'Armageddon de ces derniers mois, de ces dernières semaines, chez beaucoup de gens ça devient une peur panique un peu comme la fin du monde à cause du réchauffement climatique. Je ne dis pas que le réchauffement climatique n'est pas une réalité, mais j'ai un peu de doute sur la fin du monde immédiate, en revanche. Mais c'est un peu pour répondre à ça, c'est-à-dire que c'est une manière de dire, OK, on va réguler, sans réguler, parce qu'il ne veut pas réguler, parce que pour lui, réguler, ce serait le risque de prendre du recul vis-à-vis des Chinois, on le sait.
Bruno :
[
36:51] Tout à fait, oui.
Jérôme :
[
36:52] Donc, c'est une espèce d'entre-deux, bon, on verra.
Bruno :
[
36:55] Mais au moins, là, il pourra dire que c'est son invention et que c'est lui qui a inventé la superintelligence.
Jérôme :
[
37:01] Oui, exactement.
Bruno :
[
37:02] Il est tellement intelligent qu'il y a même les six patrons des plus grandes boîtes qui ont signé en disant « Oui, oui, oui. Nous, on est pour la superintelligence. »
Jérôme :
[
37:09] Oui, mais attends, cela dit, ils ont tout à gagner, ces gens-là. Parce que, bien sûr, on leur laisse. Ils sont sous cette protection. Mais oui, et on va leur laisser les clés du camion pour inventer la régulation.
Bruno :
[
37:21] Donc, c'est formidable. C'est quoi votre expression « c'est tout bénef » ?
Jérôme :
[
37:24] C'est tout bénef, c'est les clés du camion. Oui, oui, ça, des expressions, j'en ai plein.
Bruno :
[
37:29] Et si tu rentres dans la vitrine d'un marché, c'est pas grave, allez, on continue.
Jérôme :
[
37:35] Non, non, non, mais c'est ce qu'ils voulaient, c'est ce qu'ils veulent.
Bruno :
[
37:37] Tout à fait.
Jérôme :
[
37:38] Depuis le début, OpenAI Anthropic, c'est ça qu'ils veulent. Ils veulent de la régulation, mais que ce soit eux qui fixent les règles.
Bruno :
[
37:43] Ils l'ont fait, ils l'ont. Ils l'ont, là.
Jérôme :
[
37:45] Ils l'ont. Et comme ça, ils peuvent verrouiller leur marché et puis tous les nouveaux, ils n'arriveront pas à entrer dans la citadelle et basta.
Bruno :
[
37:53] Mais heureusement, et là, je ne veux pas faire de politique, mais heureusement, il y a des États comme celui de la Californie qui, eux, veillent beaucoup plus au grain, et sont en train de serrer les ouïes et vraiment d'encadrer de façon beaucoup plus sérieuse le développement de l'IA. Et ça, je trouve ça intéressant parce que jusqu'à maintenant, les gros joueurs, mis à part Grok, mais les autres, ils sont tous en Californie et vont tous devoir se conformer aux règles californiennes. Se conformer ou se barrer. Oui, mais ça, je te dirais que c'est comme le dernier filet de sécurité qui existe pour une IA décente.
Jérôme :
[
38:31] Puisque Biden avait pris un décret qui devait imposer un cadre au niveau fédéral, pour tous les États, mais Trump a fait sauter ce décret. Exactement.
Bruno :
[
38:41] En rentrant, il l'a fait sauter.
Jérôme :
[
38:43] Oui, oui.
Bruno :
[
38:44] Mais ça, c'était la demande de ses bons amis de l'IA. Jérôme, est-ce que je peux te demander un changement de sujet, et revenons dans l'intérêt des auditeurs, est-ce que je peux te demander de quoi tu vas parler dans Monde Numérique cette semaine ?
Jérôme :
[
38:57] Tu peux me demander de quoi je vais parler, parce que d'autant plus que je me ferai un plaisir de te répondre, vu que ça va être supra-intéressant. Alors, je vais parler de plein de choses.
Bruno :
[
39:06] Supra-intelligence.
Jérôme :
[
39:08] Supra-intelligent et supra-intéressant. On va parler justement de cybersécurité à l'ère de l'IA. On va refaire le point sur un peu les attaques de l'été et tout, ce que ça augure pour les mois à venir, et surtout comment les entreprises peuvent essayer de limiter les traces qu'elles laissent d'elles-mêmes à droite et à gauche et qui les rendent plus vulnérables. Je vais également parler à mes auditeurs d'un nouveau petit robot français, un robot à 3 500 dollars que tu peux commander et que tu auras chez toi. Et c'est un robot qui est censé savoir ramasser les chaussettes, arroser les fleurs, etc. C'est le robot Flourish. Pour en savoir plus, il faut écouter l'émission. Et puis sinon, je reviens également sur un fait d'actualité de ce vendredi. C'est l'inauguration en France d'une super usine pour fabriquer des super méga ordinateurs. C'est la société Bull qui lance la fabrication, qui lance, enfin qui inaugure sa nouvelle usine qui va fabriquer notamment un supercalculateur, le plus puissant en Europe, qui sera installé ensuite en Finlande. Et on fait le point sur ces méga gros calculateurs. Voilà. Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet ?
Bruno :
[
40:24] Écoute, j'apporte à ton attention deux choses. J'ai une discussion avec Jean-Baptiste Martinelli. C'est lui avec qui je travaille de Productivia sur les déclinaisons multilingues du bulletin 120 secondes de tech.
Bruno :
[
40:40] Nouvel ajout au site Mon Carnet. Il y avait déjà une section IA avec un tableau d'IA que je recommandais parce que je trouvais ça intéressant pour faire différentes choses. Et là, lui, avec sa bande de Productivia, il vient de rajouter à cette page-là une grande liste qui se met à jour, évidemment, automatiquement sur les nouveaux modèles qui sont publiés. Donc, si vous avez l'impression que vous... Vous n'êtes plus à jour. Si vous êtes perdu. Oui, vous avez là le calendrier de sortie avec pourquoi ils sont intéressants ou pourquoi ils ne sont pas intéressants. D'accord. Et donc, c'est là. Vous trouvez ça sur moncarnet.com/ia.
Bruno :
[
41:19] Donc, j'en parle avec Martinelli pour expliquer ce que ça amène. Il y a les gens qui sont des développeurs, des programmateurs, je pense, les gens qui bidouillent avec l'IA, je pense qu'ils vont apprécier cet ajout-là. Et puis, sinon, je parle avec quelqu'un de chez Plan Action du travail qui doit être fait en amont dans les entreprises qui veulent faire plus que le virage, numérique, qui veulent faire le virage avec l'IA. Donc, il y a tout un travail de mise en place pensé aux données. Est-ce qu'ils sont bien préparés ? Qu'est-ce qu'on veut faire ? Est-ce qu'il y a des secteurs où on devrait commencer dans une organisation pour introduire l'IA ? Alors, il y a une entreprise qui est partenaire de Mon Carnet pour les prochaines semaines, qui se spécialise là-dedans. Donc, préparer les organisations à l'arrivée, ou à l'intégration de l'IA dans leurs murs.
Jérôme :
[
42:11] Le passage à l'IA.
Bruno :
[
42:12] Oui, et c'est assez intéressant. J'ai déjà fait l'entrevue avec lui. Et puis, c'est plein de bonnes réflexions à avoir avant de dire qu'on branche l'IA dans nos bureaux.
Jérôme :
[
42:23] Oui, parce que ce n'est pas aussi simple que ça en a l'air.
Bruno :
[
42:26] Non, c'est pas mal plus compliqué que juste ouvrir un compte chez ChatGPT.
Jérôme :
[
42:30] Oui.
Bruno :
[
42:31] Jérôme Colombain, influenceur numéro un en France dans le monde de la tech. Merci d'avoir fait ça.
Jérôme :
[
42:36] Ça va me poursuivre.
Bruno :
[
42:37] Bien, assume. Moi, je te mets la couronne sur la tête.
Jérôme :
[
42:41] Merci, merci Bruno.
Bruno :
[
42:42] Et puis, félicitations parce que c'est parce que tu travailles fort que tu as droit à ce titre-là.
Jérôme :
[
42:46] Oui, je pense que c'est la masse de travail surtout qui est prise en compte. Le fait d'être partout comme ça, etc.
Bruno :
[
42:52] Puis là maintenant, bon, c'est beau l'être, mais après, il faut le rester.
Jérôme :
[
42:55] Alors, écoute, bonne chance. Merci Bruno. Écoute, c'est un plaisir de te retrouver, donc je te dis à la semaine prochaine. Ben, j'espère.
Bruno :
[
43:03] Bien salut Jérôme.
Jérôme :
[
43:05] Salut, porte-toi bien, ciao.