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0:01] Avez-vous remarqué comme certaines personnes parlent un petit peu comme des robots, ou en tout cas comme des chatbots d'intelligence artificielle, avec des phrases de mieux en mieux construites, un ton neutre, des tournures par exemple, comme « il est important de noter que » ou « ça dépend du contexte » ou encore « explorons cela ensemble », etc.
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0:22] Eh bien, ces belles formules, ce n'est pas un hasard, ce serait l'effet chat-GPT.
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0:27] Selon plusieurs études récentes, en effet, l'usage intensif de l'IA ne serait pas neutre, elle aurait une influence sur notre manière de nous exprimer, notamment à l'écrit. Elle transforme notre style, notre ton et même notre façon de penser. Par exemple, au lieu d'écrire « t'es dispo demain pour qu'on parle du budget », eh bien quelqu'un qui pratique beaucoup Tchadjipiti aurait tendance à polisser plus son langage en envoyant un message du genre « serais-tu disponible demain afin d'aborder les points budgétaires » ou encore, au lieu de dire « tu connais un truc pour dormir, mais pas un médicament, s'il te plaît », eh bien, c'est plus formel, ça devient « je cherche une solution naturelle pour mieux dormir sans médicament », sur un SMS, par exemple. Des chercheurs ont baptisé ça les GPT Words, les expressions de GPT, en quelque sorte, et ont démontré que leur propagation s'étendait dans des domaines au-delà de ceux de la technologie, mais comme par exemple le secteur de la science, de l'éducation, ou encore le monde des affaires dans les entreprises, bien entendu.
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1:26] Par exemple, un mot comme « explorer » serait de plus en plus utilisé par les adeptes de l'IA. Et oui, car Chagipiti, lui, aime bien toujours explorer un sujet, explorer les options, explorer les solutions, etc. Il nous le dit, et du coup, on répète. Une étude menée à l'université de Zurich montre que les utilisateurs de Chagipiti adoptent ainsi progressivement un langage plus structuré, plus logique, plus lissé. Ce phénomène, d'ailleurs, touche aussi les jeunes. Et dans les écoles, des enseignants observeraient que les élèves qui s'appuient sur l'IA pour rédiger leurs devoirs produiraient des textes, eux aussi, plus structurés. Alors, plus structurés, mais malgré tout, souvent moins originaux et moins personnels. Cela dit, ces jeunes auraient, dans ce cas, à l'inverse, plus de difficultés à sortir du cadre. En gros, à faire travailler leur imagination.
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2:16] Une étude de Cornell University aux Etats-Unis évoque même l'émergence d'un accent GPT, à la fois plus poli, mais aussi plus normatif. D'autres chercheurs de l'Institut Max Planck notent que ce ne sont pas seulement les mots qui changent, mais aussi le ton, la structure des phrases et même la charge émotionnelle de nos discours. Du coup, ils évoquent un risque, malgré tout, de formatage mental et de perte
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2:42] de diversité culturelle. Nous sommes donc entrés dans une sorte de boucle infernale où l'IA s'inspire de l'humain qui à son tour s'inspire de l'IA et ainsi de suite. Le défi pour les années futures, ce sera peut-être de continuer à utiliser l'IA bien sûr, mais sans pour autant perdre notre originalité et notre personnalité.