Détecter la maladie avant les symptômes grâce aux objets connectés (🎤 Éric Carreel, Withings)
Monde Numérique01 octobre 202617:35

Détecter la maladie avant les symptômes grâce aux objets connectés (🎤 Éric Carreel, Withings)

Les objets connectés ne se contentent plus de mesurer le poids ou le rythme cardiaque : ils ambitionnent désormais de détecter les premiers signes d’une maladie.

🎤 INTERVIEW : Éric Carreel - Cofondateur et président de Withings

L'essentiel

  • Plus on détecte tôt une maladie chronique, plus elle est réversible.
  • La santé préventive se passe à la maison.
  • Dans cinq ans, on ne parlera que de ça.

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Vous venez de lancer votre nouveau pèse-personne connectée BodyScan 2, est-ce vraiment un outil de prévention médicale ?

Oui. Le BodyScan 2 mesure bien sûr le poids, mais aussi la composition corporelle segmentale, la graisse viscérale et de nombreux paramètres cardiaques. Il mesure également la santé nerveuse. En combinant toutes ces données avec des études cliniques, nous pouvons construire des scores, notamment de résilience glycémique, qui permettent d’évaluer un risque lié à la glycémie et donc au diabète. L’intérêt est particulièrement important pour les personnes qui peuvent avoir un diabète sans encore le savoir. Plus on le détecte tôt, plus on se rapproche d’un stade où la maladie peut encore être réversible.

La surveillance permanente ne risque-t-elle pas d'être anxiogène ?

Le but n’est justement pas d’ajouter de la charge mentale. Nous essayons de concevoir des produits faciles à utiliser : une montre avec une longue autonomie ou simplement une balance sur laquelle on monte régulièrement. Les mesures s’accumulent silencieusement et permettent de connaître la valeur de base propre à chaque personne. On peut alors repérer le moment où un paramètre commence à décrocher, au lieu d’attendre qu’il sorte d’une norme générale. Cette mesure longitudinale permet de se rapprocher du début de la maladie et donc du moment où l’on peut agir le plus tôt.

Jusqu’où peut aller le suivi médical avec des appareils grand public ?

Nos appareils sont des dispositifs médicaux qui ont passé des certifications médicales en Europe et aux États-Unis. Avec BeamO, par exemple, on peut mesurer la température, enregistrer un électrocardiogramme, mesurer la saturation en oxygène et utiliser un stéthoscope. Nous avons ajouté des analyses des bruits des poumons et du cœur afin d’aider à déterminer s’il faut consulter. L’intérêt des objets connectés est aussi de pouvoir effectuer une mesure précisément au moment où l’on ressent quelque chose, puis de transmettre cet enregistrement à un médecin.

L’IA va-t-elle finir par assurer une partie du suivi médical à domicile ?

C’est déjà la direction prise aux États-Unis avec le programme ACCESS. Les mesures issues de nos appareils peuvent être analysées en permanence par l’IA, qui peut poser des questions complémentaires au patient et intervenir dans son accompagnement. L’objectif est d’utiliser le temps du médecin lorsqu’il est réellement nécessaire. Pour nous, la première étape a été la mesure longitudinale, la deuxième consiste à construire des scores et la troisième est d’accompagner les patients entre leur vie quotidienne et le système médical. À terme, même certains prélèvements aujourd’hui réalisés en laboratoire pourront être effectués à domicile.


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Monde Numérique : [0:01] Surveiller sa santé au quotidien grâce aux objets connectés, c'est aujourd'hui une réalité. Et ça évolue en permanence avec des nouveautés, Monde Numérique : [0:10] notamment du côté de la pépite française Withings. Bonjour Éric Carreel. Invité : [0:15] Bonjour Jérôme. Monde Numérique : [0:16] Cofondateur et président de Withings. Alors, je voulais vous recevoir dans Monde Numérique pour faire un peu le point sur vos différentes actualités, vos nouveautés récentes sorties ces dernières semaines, ces derniers mois, et notamment votre produit phare, en quelque sorte, le pèse-personne connecté, le BodyScan 2, qui est désormais disponible et qui intègre toute une panoplie de fonctionnalités, notamment pour la détection du diabète de type 2. On va en parler. Donc, le Body Scan, en fait, à quoi sert-il ? Invité : [0:49] En fait, ce pèse-personne intègre pas mal de mesures nouvelles. Donc, bien sûr, on mesure le poids, on mesure la composition corporelle segmentale, c'est-à-dire qu'on va analyser quelle est la part de muscles et de graisse dans les différentes parties de notre corps, pas uniquement d'un point de vue global. On va pouvoir séparer, par exemple, la graisse viscérale, qui n'est pas la meilleure pour notre santé, de la graisse qui est sur nos membres supérieurs ou nos membres inférieurs. On va mesurer énormément aussi de paramètres cardiaques. Invité : [1:22] Donc, bien sûr, le rythme cardiaque, la saturation en oxygène, mais aussi ce qu'on appelle la « pre-ejection period », c'est-à-dire le temps pendant lequel le cœur se contracte sous l'impulsion électrique. Et ensuite, le « left ventricular ejection time », qui est le temps pendant lequel le ventricule gauche va éjecter le sang à travers les artères. Et donc, une fois qu'il est éjecté dans les artères, on va pouvoir mesurer la rigidité de ces artères. Et donc, à travers ça, en fait, on a tout le flux du système cardiovasculaire, auquel on ajoute ce qu'on faisait déjà sur les précédents modèles, qui est la mesure de la santé nerveuse. Et donc, quand on intègre toutes ces mesures et qu'on fait des études cliniques, en comparant des patients qui passent ces mesures et qui ont d'autres moyens de mesurer cette glycémie, on arrive à construire ce qu'on appelle des scores qui vont pouvoir donner un risque de glycémie et donc de diabète. Monde Numérique : [2:28] Ça s'adresse à qui ? À des personnes qui se sentent en bonne santé, et puis on va détecter quelque chose qu'on n'avait pas vu ? Ou bien c'est pour le suivi de personnes qui ont déjà été diagnostiquées avec ce type de problème ? Invité : [2:39] Alors, ça s'adresse un peu à tout le monde, mais effectivement, c'est très important pour les personnes qui n'ont pas encore été détectées ou qui peuvent avoir du diabète, mais qui ne le savent pas. Et alors, la situation est un peu différente aux États-Unis et en Europe. Mais aux États-Unis, vous savez qu'il y a un nombre de personnes qui souffrent du diabète qui est énorme. Enfin, les maladies chroniques : chez les plus de 40 ans, il y a la majorité des gens qui ont des maladies chroniques. Et même de 20 à 40 ans, il y en a 44 %. C'est notamment lié au surpoids, au fait de se coucher à des heures irrégulières, etc. Mais en Europe, on est, entre guillemets, en retard. On a la chance d'être en retard sur ce coup-là, mais on y va. C'est-à-dire que l'explosion de ces maladies chroniques est très importante et il y a encore énormément de gens qui ne sont pas diagnostiqués et qui, du coup, quelque part, s'enfoncent dans cette maladie chronique. Et plus on la détecte tôt, plus elle est réversible. C'est-à-dire qu'à partir d'un moment, elle devient chronique, c'est-à-dire qu'elle n'est plus réversible. Mais si on la prend suffisamment tôt, elle peut être réversible. Monde Numérique : [3:55] Donc, c'est vraiment un outil de médecine préventive, en fait. Invité : [4:02] C'est un outil de médecine préventive et c'est un outil d'accompagnement à la maison. Parce qu'il faut bien voir que la santé, elle est obligée de se transformer. Aujourd'hui, on va vivre effectivement avec des maladies qui vont durer très, très longtemps. Et c'est pas uniquement une visite une fois tous les six mois chez le médecin qui permet de gérer cette maladie, pour deux raisons. Un, parce qu'il peut y avoir des complications entre deux visites. Deux, parce que si nous n'avons pas de motivation à nous mesurer, à faire attention à nous… On est tous un peu fainéants, quelque part, et même pour notre santé, on a tendance à ne pas la suivre suffisamment. Et donc, on a besoin d'être accompagné quand on est en vie réelle et qu'on n'est pas dans le cabinet médical. Monde Numérique : [4:49] Donc, la résilience au glucose, c'est ça ? On peut traduire ça comme ça en français ? Invité : [4:53] « Glucose resilience ». Monde Numérique : [4:55] Résilience glycémique. Donc, sur ce BodyScan 2 qui est sorti récemment, je l'ai dit, au mois de mai 2026. Invité : [5:04] Exactement. Monde Numérique : [5:07] Qui coûte combien ? Invité : [5:09] Qui coûte 499. Monde Numérique : [5:11] On est dans les 500 euros, je crois. Environ 500 euros. Monde Numérique : [5:16] Éric Carreel, du coup, c'est un véritable examen médical qu'on passe quand on met les pieds sur cette balance. Ça dure combien de temps ? Invité : [5:24] Exactement. C'est un examen médical, c'est une espèce de check-up. Et d'ailleurs, c'est un produit qu'on va, demain, pousser aussi dans les cabinets médicaux, dans les salles de sport, etc. Parce que, justement, ça aide les personnes à prendre conscience qu'il y a un suivi à faire et peut-être à décider d'en avoir un chez soi pour que ce suivi soit régulier. Monde Numérique : [5:45] Il y a une… Est-ce que le public a compris tout ça ? Est-ce que vous avez le sentiment d'avoir trouvé votre public aujourd'hui avec ce type de produit ? Invité : [5:54] Alors, on a le sentiment que la compréhension est de plus en plus forte. C'est-à-dire qu'il y a bien sûr, en France, des difficultés particulières, parce qu'en France, on a à la fois cette chance d'avoir un système de santé extrêmement bien remboursé, mais qui a des conséquences psychologiques sur la santé des Français. Quelque part, on considère qu'on a sous-traité la santé au monde médical. Notre santé, on l'a sous-traitée au monde médical. Du coup, on a tendance à ne pas en prendre soin, c'est-à-dire qu'on attend que ça aille vraiment mal, et quand ça va mal, on va voir un médecin. Et là, on voit qu'on est un peu à la limite de notre système, où les Américains, pour qui ça fait mal au portefeuille, la santé, prennent en charge plus proactivement leur santé. Et donc, on a un travail, vous, monde de la communication, et nous, à faire pour dire : la santé, c'est d'abord mon capital et c'est à moi de le prendre en charge. Et ce n'est pas le médecin tout seul qui peut tout faire si je ne m'en occupe pas dans ma vie de tous les jours. Monde Numérique : [7:00] C'est vrai qu'on voit, notamment aux États-Unis, sans doute plus, une tendance à se surveiller en permanence, à mesurer toutes sortes de paramètres pour ne rien laisser échapper. Invité : [7:11] Alors, en fait, ce qu'il faut, c'est se dire : le but n'est pas de prendre de la charge mentale. C'est-à-dire que… Monde Numérique : [7:18] Oui, il y a ça quand même. Ça peut être un peu angoissant. Invité : [7:22] Ça peut être un peu angoissant, mais c'est pour ça que nous, on essaye de faire des produits qui se portent facilement, comme nos montres, avec de longues autonomies, ou juste monter sur un pèse-personne, parce que les gens aiment voir leur poids. Et on profite de ce moment… Monde Numérique : Pas toujours, hein, Éric ! Invité : Mais bon, il y a quand même beaucoup de gens… C'est pas qu'ils aiment forcément voir leur poids, mais ils le font parce que, quelque part, ils en ont besoin. Et du coup, on prend d'autres mesures. Et à travers ces autres mesures, silencieusement — on n'est pas obligé de parler tous les jours de ces sujets —, on accumule de l'information qui va nous permettre de voir à quel moment il y a un décrochage. Et ça, si je peux prendre trente secondes pour l'expliquer, c'est essentiel. C'est-à-dire que quand vous allez faire un bilan sanguin dans un laboratoire, on vous met des zones en disant : « Ça, c'est bon ; ça, c'est pas bon ; ça, c'est bon ; ça, c'est pas bon. » Et ces zones, elles sont les mêmes pour tout le monde. Et du coup, au moment où c'est pas bon, ça veut dire qu'il y a déjà eu quand même une période assez longue qui nous a fait dériver de la période bonne à la période pas bonne. En ayant des mesures régulières et longitudinales, on permet de mesurer exactement la valeur de base de chacun, qui n'est pas la même pour tout le monde, et puis de voir à quel moment ça décroche. Et en étant au plus près du moment où ça décroche, on est au plus près du début de la maladie et donc au plus près de sa capacité à la rendre réversible. Monde Numérique : [8:48] On revient un peu à la technique. Pour mettre toutes ces mesures dans le BodyScan 2, vous avez encore repoussé un peu plus loin les limites de la technologie. Invité : [8:59] Oui, alors on a intégré de nouveaux capteurs. On profite de ces nouveaux capteurs physiques et de nouvelles capacités de mesure qu'on peut mettre à travers soit des signaux électriques, soit des signaux optiques, dans un tel produit qui reste un produit grand public. Et puis, l'IA aussi nous aide énormément à construire ces nouveaux algorithmes, qui vont mesurer chacun des paramètres que j'expliquais tout à l'heure. Et au-dessus de ça, à construire des scores qui prennent en compte toutes ces différentes mesures, qui vont du poids, de la masse grasse, etc. Enfin, je ne vais pas refaire toute la liste, pour établir ces scores, par exemple ces scores de résilience glycémique. Monde Numérique : [9:43] Ça, c'est pour le BodyScan 2. Alors, il y a un autre produit que vous avez lancé il y a quelque temps et qui, lui aussi, s'enrichit de nouvelles fonctionnalités. C'est le BeamO. Comment on peut présenter cet appareil ? Invité : [9:58] Le BeamO, c'est le produit que chacun doit avoir dans sa trousse de toilette. Jusqu'ici, on avait un thermomètre. Maintenant, on a un thermomètre, on a de quoi enregistrer un électrocardiogramme, parce qu'il y a beaucoup de gens qui développent de la fibrillation auriculaire en vieillissant. C'est important de détecter ça, de mesurer la saturation en oxygène. La saturation en oxygène, c'est quand un pompier voit quelqu'un à terre, c'est la première chose qu'il mesure, pour savoir : est-ce que le cœur continue de bien alimenter le corps ? Et puis, on a rajouté un stéthoscope. Et donc, ce stéthoscope, jusqu'ici, il permettait d'enregistrer des sons et de les envoyer à son médecin, mais il n'y avait pas d'analyse automatique. Donc là, on a rajouté deux analyses : des analyses sur les bruits des poumons et des analyses sur les bruits du cœur, pour avoir des auto-conclusions à travers ces algorithmes et donc pouvoir savoir s'il faut aller consulter un médecin ou si tout va bien. Monde Numérique : [10:57] Donc, c'est un petit appareil qui ressemble à une espèce de gros thermomètre, en fait, qui se met sur le front et qui fait toutes ces choses-là, ou qui se met sur la poitrine. Invité : [11:09] Exactement. Alors, j'en ai un là. Monde Numérique : [11:12] Voilà, on le voit à l'image. Invité : [11:15] Donc, il ne faut pas le mettre avec un pull, il faudrait que je me déshabille un petit peu pour le prendre. Donc là, d'un côté, j'ai la température ; de l'autre côté, j'ai le stéthoscope. Et ici, j'ai les mesures avec les doigts pour prendre un électrocardiogramme. Monde Numérique : [11:29] Oui, parfait. Monde Numérique : [11:31] Éric Carreel, quelle est la fiabilité de ces appareils qui restent quand même des produits grand public ? Parfois, quand on dit aux médecins : « Ah, mais moi, j'ai une balance qui mesure ça et ça », on dit : « Oui, oui, d'accord, OK, mais venez quand même au cabinet, je vous ferai ça avec du matériel professionnel. » Donc, on peut s'y fier ou pas ? Invité : [11:47] Alors, la réponse est oui. Tous ces devices, tous ces objets, pardon, sont des objets médicaux, c'est-à-dire qu'ils ont passé des certifications médicales en Europe et aux États-Unis. Et par rapport au monde médical, le monde médical était un peu dans ce monde-là autrefois. Mais de plus en plus, par exemple, si je prends la fibrillation auriculaire, qui est une espèce d'arythmie de commande du cœur qui crée des caillots et qui peuvent conduire aux AVC, eh bien aujourd'hui, les médecins font plus confiance, font davantage confiance à un ECG pris avec une montre qu'à un Holter, qui est un enregistrement pendant vingt-quatre heures. Mais la plupart du temps, pendant ces vingt-quatre heures, il ne se passe rien. Donc, c'est important de l'avoir toujours au poignet pour, à un moment donné, quand je sens quelque chose dans mon cœur, pouvoir faire un enregistrement et potentiellement le partager avec un médecin. Monde Numérique : D'accord, oui. Monde Numérique : [12:41] Toujours parce qu'il y a cette notion de continuité, de durée, de recul, etc. Invité : [12:46] Cette notion de : je ressens quelque chose, je prends cette mesure à ce moment-là. Et donc, du coup, j'ai un enregistrement qui permet au médecin de comprendre ce qui se passe. Et donc, justement, par exemple, sur ce point particulier, on a maintenant, directement dans l'application… On peut envoyer cet enregistrement à un cardiologue qui va revoir cet enregistrement et tirer une conclusion. Et ça, ça se fait en quelques minutes. Donc, on raccourcit la distance qui est entre le patient et le médecin à travers ça. Monde Numérique : [13:22] En marge des produits physiques, vous développez également des services, des services en ligne, notamment de la télésurveillance. On peut en parler, même si ce n'est pas disponible pour l'instant en Europe, apparemment. Invité : [13:35] Oui, alors en Europe, il y a déjà de la télésurveillance, particulièrement en France, depuis quelques années. Et d'ailleurs, on a repris récemment une entreprise de Rennes qui s'appelle Biosency et qui travaille sur la télésurveillance des insuffisances respiratoires pour les personnes notamment atteintes de cancer du poumon. Et aux États-Unis, donc, on en fait depuis un certain nombre d'années, de la télésurveillance. Et un peu comme en France, ça a un peu de mal à démarrer parce qu'à chaque fois, il faut qu'il y ait un médecin qui… Invité : [14:06] …accompagne le patient pour le mettre dans ce programme, etc. L'idée, c'est de dire que tous ces patients qui sont atteints de maladies qui vont durer tout le reste de leur vie, c'est important qu'ils puissent être accompagnés de façon régulière, et pas uniquement pendant les quatre minutes pendant lesquelles ils voient un médecin tous les six mois. Et donc, pour ça, l'administration américaine, donc l'assurance publique américaine pour les plus de 65 ans, a démarré un programme qui permet d'accompagner ces patients à travers des mesures, donc les mesures qui viennent de nos appareils, et de l'IA au-dessus, qui va analyser en permanence ces mesures et poser des questions complémentaires au patient, éventuellement lui proposer d'aller faire une analyse en laboratoire, modifier son ordonnance, et ça, de façon dynamique. Et du coup, de pouvoir le faire sur beaucoup plus de patients, parce que comme il n'y a pas de médecin dans la boucle, ça coûte beaucoup moins cher. Et d'aller utiliser le temps médecin uniquement quand c'est nécessaire, donc quand l'IA détecte qu'il y a une évolution qui nécessite d'envoyer le patient chez le médecin. Donc ça, pour nous, c'est très important parce que… Invité : [15:17] …on voit bien que cette santé préventive se passe à la maison, elle se passe dans nos vies, elle nécessite de la mesure. La première brique de Withings a été d'être un peu le champion de la mesure longitudinale pendant de très longues années. La deuxième étape, c'est de construire ces scores. Donc, on parlait tout à l'heure, par exemple, du score de résilience glycémique. Et la troisième étape, c'est d'accompagner ces patients et de pouvoir faire cet intermédiaire entre le système médical et une motivation dans notre vie pour optimiser le temps médical et donc, du coup, optimiser les coûts assurantiels. Monde Numérique : [15:52] Donc, ça s'appelle le programme ACCESS, c'est ça ? Invité : [15:54] Ça s'appelle le programme ACCESS aux États-Unis. Aujourd'hui, c'est un programme de l'assurance publique américaine. C'est en train d'être adopté par les assurances privées américaines aussi, parce qu'elles considèrent que c'est une très bonne évolution. Et donc, nous, on va travailler aussi à essayer de faire bouger les limites de ce qui se passe dans nos pays en Europe, parce qu'on considère que c'est l'avenir de la santé. Invité : [16:17] Et je pense que dans cinq ans, on ne parlera que de ça. Monde Numérique : [16:19] De quoi on parlera d'autre dans le futur ? Éric Carreel, vous êtes spécialiste, chez Withings, des objets connectés pour la santé. Quand est-ce qu'on pourra, un jour, faire des analyses de sang à la maison plutôt que de devoir aller dans des labos souvent surchargés, pas toujours [passage à vérifier], dans des conditions très confortables, etc. ? C'est envisageable ou c'est impossible ? La petite prise de sang qu'on se fait soi-même et qu'on confie à l'IA ? Invité : [16:51] Alors, le fait que les conclusions de l'analyse soient faites à la maison… Il y aura des choses qui seront faites, comme aujourd'hui on le fait déjà sur un certain nombre de tests, pour l'analyse d'urine, par exemple. Et puis, il y a des tests qui seront toujours faits en laboratoire. Par contre, le fait que le prélèvement puisse être fait chez nous, ça, effectivement, ça va arriver. Ça va arriver. On aura des choses à vous dire dans le futur là-dessus. Monde Numérique : [17:18] Intéressant, très bien. Merci beaucoup, Éric Carreel, cofondateur et président de Withings.
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