Envie de rouler en Tesla autonome sur les routes de France ? Ce sera bientôt possible… en test

Le géant américain du véhicule électrique et de la conduite autonome vient d'annoncer qu'il sera possible, à partir du 1er décembre, de vivre l'expérience de conduite autonome, aussi appelée FSD “Full Self-Driving”. Cela intervient quelques jours après une fausse annonce d'homologation en Europe.

Vous avez envie de faire une balade en conduite autonome Tesla, côté passager ? Ça sera bien possible dans quelques jours. Dans un communiqué publié sur son site, il précise : ‘Notre équipe vous emmène en passager sur un parcours pour vous expliquer comment le Full Self-Driving (Supervised) fonctionne en conditions réelles.” Il s’agira d’un trajet où vous serez le passager, et un employé de Tesla assis sur le siège conducteur fera vivre l’expérience, pouvant à tout moment reprendre la main en cas de problème. 

Cette expérience sera gratuite et vous pouvez dès maintenant vous inscrire depuis le site de Tesla. Les premiers roulages sont disponibles dès le 1er décembre, et ce pendant tout le mois, avec des démonstrations prévues dans huit villes de France, comme Paris, Lille, Nantes, Strasbourg ou encore Lyon, ainsi que dans d’autres pays européens.

De quelle conduite autonome parle-t-on ? 

Pour rappel, le FSD (Full Self-Driving) de Tesla est un logiciel avancé d’aide à la conduite permettant à une Tesla de réaliser automatiquement des manœuvres complexes comme le changement de voie, la navigation en ville, la prise de ronds-points, et le respect des feux et panneaux, mais il requiert toujours une supervision attentive du conducteur.

Actuellement, le FSD est classé niveau 2 sur l’échelle d’automatisation, ce qui implique que le conducteur reste responsable à tout moment et doit pouvoir reprendre la main immédiatement si nécessaire. Le FSD n’est pas encore totalement autonome au sens strict (niveau 4 ou 5), mais représente le niveau supérieur de l’offre d’assistance à la conduite Tesla, au-dessus de l’Autopilot basique et de l’Autopilot amélioré.

Un échec total d’homologation annoncé

Si le FSD de Tesla est déjà autorisé depuis plusieurs années sur le sol américain, vous l’avez certainement remarqué ce n’est toujours pas le cas en Europe. Il y a quelques jours, l'entreprise avait annoncé officiellement que son système de conduite autonome serait homologué pour le mois de février 2026. Douche froide, puisque moins de 24 heures après, l’autorité néerlandaise de l’homologation des véhicules, le RDW (Rijksdienst voor het Wegverkeer), qui est chargée de tester, certifier et approuver les véhicules et leurs composants pour le marché néerlandais et européen, a publié un communiqué pour rectifier le tir : “non, il n’y a pas d’accord ferme, seulement une réunion prévue en février 2026 visant à tester ou démontrer le système.”

Et Tesla est allé même plus loin en invitant sa communauté à contacter l’autorité néerlandaise RDW pour « remercier » le régulateur de son « accord », ce qui s’apparente à un lobby public.

Faire pression sur la régulation européenne

L’écart entre la communication de Tesla depuis des années, mettant notamment des vidéos illustrant la conduite autonome, et la réalité légale européenne, illustre la difficulté pour un constructeur étranger d’adapter ses ambitions à un contexte réglementaire beaucoup plus strict.

En Europe, la prudence réglementaire, due aux incertitudes juridiques, aux normes techniques et aux critères de sécurité, rend l’homologation de systèmes de conduite autonome complexe.

Vous l'aurez compris avec ses démonstrations, Tesla veut séduire directement les consommateurs en leur faisant découvrir les avantages de cette conduite autonome avancée, et tente de prouver au régulateur européen que leur système est fiable et sécurisé.

Le cas Tesla pose la question de la responsabilité : si le système est de niveau 2, le conducteur reste responsable. Mais l’argument marketing “d’autonomie complète” peut être trompeur, et peut alimenter des attentes excessives chez les acheteurs.

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Séraphin Bette
Author
Séraphin Bette
Journaliste