[
0:01] Alors cette semaine, pas de débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti à Montréal, comme d'habitude.
[
0:07] Mais à la place, je me suis dit que j'allais vous raconter mes vacances, mes vacances de Noël. Alors pas exactement les vacances, mais plutôt vous faire part de mon expérience de ce qu'on appelle le vibe coding. Le vibe coding, c'est tout simplement la possibilité de créer du code, de créer des applications sans y créer une seule ligne de code, grâce à l'intelligence artificielle. Je vous en parle d'ailleurs dans un épisode des mots de la tech cette semaine, pour en savoir plus.
[
0:37] Et je m'en suis donc donné à cœur joie à l'occasion de cette trêve de fin d'année. Alors, je n'ai pas fait que ça, j'ai aussi une vraie vie, avec des vrais gens, une vraie famille, mais ça, ça vous intéressera moins. En revanche, c'est un peu un retour d'expérience dont je voudrais vous faire part ici. Tout est parti d'une nécessité, celle d'améliorer les outils que j'utilise quotidiennement
[
0:57] pour gérer la production de ce podcast au jour le jour. Jusqu'à présent, j'utilisais le logiciel Notion, qui est un peu une espèce de super Excel, hyper perfectionné, avec un système de base de données, qui remplissait assez bien son office, mais qui, au fil du temps, à force de vouloir améliorer le système, était devenu un peu lourdingue et surtout limité. Je ne pouvais pas faire tout ce que je voulais. Alors là, je me suis tourné vers deux outils dont je vais vous parler tout de suite, qui sont Airtable et Lovable. Bon, Airtable, tout d'abord, qui n'est pas nouveau, mais Airtable, c'est un système qui permet, là encore, de créer des bases de données, de se bâtir une structure pour remplir des besoins particuliers. Et je me suis servi de Airtable pour gérer, pour mettre en place un tableau de bord qui permet de gérer un peu le côté business de cette activité, c'est-à-dire gérer les relations avec les partenaires, la partie commerciale du monde numérique, ce que vous ne voyez pas.
[
2:00] Ça va jusqu'à la facturation, etc. Les actions à mener aussi, les engagements vis-à-vis des uns et des autres. J'ai donc appelé ce tableau de bord Business Tracker, et en gros, c'est un dashboard avec des tables, des liens dans tous les sens, des automatisations aussi, et des interfaces. Et c'est ça que j'ai bien aimé dans cette plateforme, Airtable, c'est-à-dire qu'on sort du côté brut des lignes de tableaux pas toujours très sexy pour essayer de bâtir des choses un peu plus agréables, avec des gros boutons, des petits schémas, des graphismes, etc. Bon, Airtable, je l'ai dit, ce n'est pas neuf, vous connaissez peut-être. Et ça fonctionne maintenant avec un assistant IA auquel on peut demander de l'aide. C'est-à-dire qu'on a en permanence, sur la gauche, enfin, on peut ouvrir une fenêtre avec laquelle on va dialoguer pour lui demander de nous aider à faire telle ou telle chose. C'est moins spectaculaire que Lovable dont je vais vous parler tout à l'heure. Mais c'est quand même assez utile pour tout simplement configurer ces fameux tableaux, les liaisons, les vues, etc. J'ai aussi beaucoup utilisé ChatGPT et JimiNi pour ça. Parce que derrière la construction de ce type d'outils, il y a toute une partie réflexion. On part d'un problème et on se dit comment je vais le résoudre ? Comment il faut faire ? Est-ce qu'il faut construire une, deux, trois, quatre tables qu'on va interconnecter avec les autres, etc. Et là, les outils de GPT ou Gemini sont très utiles pour donner des détails sur ce qu'il est possible de faire, donner des conseils aussi.
[
3:25] Et pour analyser mes besoins et m'aider à construire cet outil d'un point de vue logique. Voilà pour Airtable. Plus intéressant et plus amusant encore, Lovable. Alors Lovable, c'est une start-up suédoise.
[
3:38] Qui est moins connue, mais qui est certainement promise à un bel avenir, qui vient de lever d'ailleurs 330 millions d'euros à la fin de l'année et on comprend pourquoi, car c'est un outil que j'ai trouvé absolument incroyable formidable. Et avec Lovable, je me suis amusé à créer un autre outil dont moi j'avais besoin pour suivre véritablement au jour le jour la programmation de ce podcast. Pour programmer les interviews, les émissions, savoir quand on passe quoi, les rendez-vous partenaires aussi, etc. Et puis pour partager tout ça avec les gens qui m'aident. J'ai donc bâti un petit outil qui s'appelle PodTracker et qui repose entièrement sur Lovable, qui remplace ce que je faisais précédemment sur Notion et qui prend donc la forme d'une véritable application web. Une web app en SaaS, qu'on appelle SaaS, du Software as a Service, donc online, à travers un navigateur Internet. Une application incroyablement...
[
4:36] Professionnelle, clean, moderne, très élégante, avec un design très agréable. Et bon, c'est toujours important d'avoir un beau design, je parle d'un web design pour des outils professionnels qu'on utilise tous les jours. En tout cas, moi, j'y suis très sensible. Il y a même une application mobile,
[
4:54] une web app complètement fonctionnelle. Et j'ai réussi à mettre cela en place sans écrire une seule ligne de code. Tenez-vous bien, le moteur de base m'a pris à peine deux jours pour être implémenté et il était fonctionnel. Toute cette programmation a été faite grâce au chatbot d'intelligence artificielle de Lovable. On lui dit ce qu'on veut et il s'exécute. On lui dit créer telle et telle table, établir telle et telle connexion entre les tables, créer un design comme ci ou comme ça, mets des couleurs, mets ce bouton à droite, « Ah non, finalement, il serait mieux à gauche, etc. » Et en fait, on n'a même pas vraiment besoin d'aller complètement dans le détail parce que lui-même est très proactif. Il prend des initiatives. C'est lui qui décide de placer les différents éléments sur la page, etc. Si on n'est pas content, on peut changer. S'il y a une fonction qui ne fonctionne pas comme prévu, on lui dit, il fait des tests, il réessaye, il essaye d'autres méthodes. Il nous explique tout en détail.
[
5:54] Et il recommence sans jamais se fatiguer. Et on se fatigue, évidemment, beaucoup plus vite que l'IA. on peut laisser le travail en plan l'Europe le rendre le lendemain et le résultat est immédiat.
[
6:07] Instantanément sur l'autre partie de l'écran, c'est-à-dire sur la gauche on a le chatbot, et sur la droite, on voit une fenêtre de prévisualisation de ce qu'on est en train de créer, c'est le produit fini, et si on clique pour publier, alors là c'est la même chose mais en mode complètement fonctionnel c'est absolument, étonnant, j'étais scotché l'appli est hébergée chez Lovable, bon ça c'est peut-être une limitation, je vais en dire un mot dans un instant, mais en tout cas ça m'a permis de faire des choses que d'abord, je n'arrivais pas à faire sur Notion comme des trucs très concrets, comme afficher des données provenant de deux bases de données différentes dans le même calendrier, par exemple.
[
6:45] Et avec, à l'arrivée, une interface très simple, très élégante et un outil hyper puissant, sur mesure, exactement sur mesure par rapport à mes propres besoins, dans les moindres détails. C'est tellement incroyable qu'en fait, on n'a jamais envie de s'arrêter. Ça devient complètement addictif parce qu'on a toujours une petits trucs qu'on veut améliorer par-ci, par-là, etc. J'ai quasiment recréé, enfin recréé, j'ai demandé à l'IA de créer un éditeur de textes enrichis à l'intérieur de l'appli pour pouvoir taper des scripts, etc. Avec tout ce dont on a besoin, les liens hypertextes et tout et tout. Alors, en résumé, sans faire une analyse très poussée de ces outils, c'est juste un coup d'œil comme ça, eh bien, Les choses sont claires, ça m'a permis de créer un outil sur mesure en deux temps trois mouvements.
[
7:37] Sans faire appel à un développeur, ce qui aurait pris beaucoup plus de temps, et ce qui surtout aurait coûté beaucoup plus cher, qui n'aurait de toute façon pas été dans mon budget, il faut bien le dire.
[
7:48] Les limites, s'il faut en trouver, peut-être des interrogations en matière de sécurité et de cybersécurité, car on sait que le code généré par IA parfois n'est pas idéal, même si le système contrôle en permanence il n'y a pas des failles de sécurité il propose des scans de sécurité à chaque itération et il nous dit attention là il y a tel type de données qui peut être accessible potentiellement par tel biais voulez-vous qu'on le corrige ou pas parce que parfois aussi ce n'est pas un véritable risque, autre limite potentielle aussi à cet outil Lovable peut-être la difficulté à exporter ensuite une telle application puisqu'elle reste à priori prisonnière de la plateforme. Ça, il faudrait que j'investigue un peu plus pour en être sûr. Mais bon, voilà, j'aimerais éventuellement, pourquoi pas, peut-être donner accès à cela à d'autres podcasteurs que cela intéresserait. Ce sera difficile en réalité parce qu'il faudrait à ce moment-là passer dans une logique complètement de fournisseur de solutions technologiques qui n'est pas mon métier, qui doit prendre beaucoup de temps et qui doit apporter beaucoup de contraintes et de responsabilités également. Et puis, si on se demande où sont les limites, bien, d'un point de vue technique, je n'en ai pas trouvé. Et c'est ça qui est complètement fou, c'est que chaque fois que je lui demandais des nouvelles choses, je me disais non, mais là, il va me dire, c'est pas possible. Et en fait, tout était toujours possible.
[
9:05] Alors, si on prend un peu de hauteur par rapport à cette expérience, ce qu'on en retient, c'est que, évidemment, oui, on peut se poser la question et même avoir la réponse. Le métier de développeur, en En tout cas, en tant que générateur de code informatique, paraît quand même
[
9:20] sérieusement menacé ou en tout cas impacté. Mais le métier de développeur, ce n'est pas que ça. Ce n'est pas seulement pisser du code, si on peut dire. C'est aussi surtout comprendre les problèmes, les analyser, les traduire en applications concrètes, savoir quoi demander à la machine. Donc, si une certaine manière de faire du développement risque de disparaître ou d'évoluer, il y a aussi sûrement plein de nouveaux métiers ou de nouvelles façons d'être développeur qui vont apparaître, comme ne serait-ce que de tenir ce rôle de pilote de l'intelligence artificielle que tout le monde n'a pas forcément envie de tenir. On ne sait pas toujours ce qu'on doit demander à la machine, on n'a pas toujours d'appétence particulière pour ça. Donc, des développeurs, eux, en revanche, sauront recueillir les besoins, par exemple, d'un client pour demander ensuite à l'IA et adapter en conséquence. Et d'autant plus qu'ils peuvent aller très loin dans la vérification, puisqu'il est toujours possible d'accéder au code directement pour le vérifier, pour éventuellement l'améliorer, voir s'il est propre, etc. Quant à moi, en tant qu'utilisateur lambda dans cette histoire.
[
10:26] La réalité, je dois vous le dire, c'est que je me suis senti réellement augmenté, comme on dit, par l'intelligence artificielle, parce que je me suis trouvé soudain capable de faire des choses dont j'avais absolument besoin, mais que j'étais incapable en réalité de faire tout seul. Et c'est là où tous les outils d'IA sont mis bout à bout, vraiment, parce qu'à la fois ChatGPT et Gemini pour la réflexion, l'organisation, la définition des besoins et puis savoir comment les résoudre, et puis aussi les outils eux-mêmes pour, créer ces fameuses applications. C'est le genre de situation où on se dit que si parfois l'IA décharge nos cerveaux de certaines tâches parce qu'on n'a plus envie, on n'a plus besoin de faire telle ou telle chose, et ça, ça peut être inquiétant parce qu'on se dit qu'on va devenir très paresseux.
[
11:12] Intellectuellement, la fameuse dette cognitive, Clairement, il y a aussi des moments où c'est exactement le contraire et on se sent soudain avec des super pouvoirs qui nous permettent de faire des choses incroyables qu'on était incapable de faire auparavant. Développer deux applis from scratch, pas tout à fait from scratch parce que j'avais déjà pas mal de choses qui existaient, qui fonctionnaient, et arriver à des trucs de cette qualité-là en à peine quelques semaines, c'est absolument incroyable. Je sais que je ne suis pas tout seul d'avoir fait ça, je connais pas mal de personnes qui se sont amusées à faire des applications de ce genre dans des tas de domaines différents, je les salue au passage d'ailleurs. Mais voilà, c'était ma modeste et petite expérience personnelle de Vibe Coding que je voulais partager avec vous dans cet épisode.