📆 L'HEBDO 13/06 - Pendant que l'Europe régule, le Brésil accélère : spécial Web Summit Rio
Maison Connectée13 juin 202653:56

📆 L'HEBDO 13/06 - Pendant que l'Europe régule, le Brésil accélère : spécial Web Summit Rio

Apple réserve son nouveau Siri IA aux États-Unis et relance le débat sur la souveraineté numérique européenne • Mistral se met à dos les éditeurs de presse • VivaTech : 10 ans déjà ! • Reportage exclu au Web Summit Rio pour découvrir la tech brésilienne, ses fintechs, son IA et ses ambitions de souveraineté numérique

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Apple Intelligence : pourquoi l’Europe est privée du nouveau Siri IA

Dans le Débrief Transat avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet), retour sur les annonces d’Apple lors de la WWDC 2026. Si Apple Intelligence progresse avec de nouvelles fonctions d’IA et un contrôle parental renforcé, le nouveau Siri capable d’exploiter l’ensemble des données personnelles de l’utilisateur ne sera pas disponible dans l’Union européenne. En cause : le bras de fer entre Apple et les autorités européennes autour du DMA et des obligations d’ouverture à la concurrence.

Mistral face aux éditeurs de presse

Le débat sur les droits d’auteur à propos de l'intelligence artificielle s’intensifie en France. Le projet de loi visant à encadrer l’utilisation des contenus protégés pour l’entraînement des modèles d’IA oppose les médias et les ayants droit aux acteurs de l’intelligence artificielle. Mistral tente de freiner le texte par un important travail de lobbying, au nom de la compétitivité européenne face aux géants américains.

VivaTech 2026 : dix ans déjà

À quelques jours de l’ouverture de VivaTech, on évoque les attentes autour de cette dixième édition. Emmanuel Macron sera présent et les organisateurs promettent une personnalité majeure de la tech mondiale. L’événement sera également l’occasion de célébrer les cinq ans de Monde Numérique.

Spécial Web Summit Rio, vitrine de la tech latino-américaine

Direction Rio de Janeiro pour découvrir l’un des plus grands rendez-vous technologiques du continent sud-américain. Le Web Summit Rio attire désormais plus de 40 000 participants et s’impose comme un pont entre l’Europe et l’Amérique latine. La ville ambitionne de devenir un pôle majeur de l’innovation.

Le pays développe également ses propres modèles de langage en portugais afin de mieux prendre en compte sa culture, son cadre juridique et ses spécificités économiques. Une démarche qui répond aux mêmes enjeux de souveraineté numérique que ceux observés en Europe.

Le Brésil mise sur la souveraineté numérique

Gabriela Alcantara de Barros, directrice de la French Tech São Paulo, explique comment le Brésil développe ses infrastructures d’innovation et renforce son attractivité auprès des investisseurs internationaux. Le pays bénéficie d’un marché intérieur immense et d’une volonté croissante de bâtir ses propres champions technologiques.

IA, startups et Pix, le paiement électronique à la brésilienne

Daniel Topper, représentant au Brésil de l'entreprise française Primelis, décrit un marché où l’adoption de l’intelligence artificielle est particulièrement rapide. Les principaux outils d’IA sont déjà largement accessibles et plusieurs startups locales atteignent des valorisations records, notamment dans la logistique, la finance et les services juridiques. Il présente notamment Pix, le système de paiement qui défie les géants américains.

La révolution fintech brésilienne

Daniel Reis, de la startup brésilienne MBLabs, explique comment les fintechs locales profitent d’un environnement réglementaire favorable et d’une forte bancarisation de la population. Le Brésil s’impose désormais comme l’un des laboratoires mondiaux de l’innovation financière grâce à des acteurs capables d’exporter leurs technologies à l’international.

Sinapx : un TikTok "intelligent"

Raphaël Rosa, de Sinapx, présente une plateforme qui transforme le temps passé à faire défiler des vidéos en opportunité d’apprentissage. Inspirée des réseaux sociaux traditionnels, l’application propose des contenus courts et pédagogiques pour acquérir de nouvelles compétences tout en luttant contre le doomscrolling.


Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.


[00:00:00] Monde Numérique Soleil, samba, plage à perte de vue, je vous emmène à Rio de Janeiro cette semaine dans Monde Numérique, à l'occasion du Web Summit Rio 2026.

[00:00:19] On va découvrir ce grand pays très tech avec des fintechs, de l'IA, des réseaux sociaux et une situation qui ressemble pas mal à l'Europe, notamment en matière de souveraineté numérique. Vous avez bien fait de cliquer, un épisode de Monde Numérique L'Hebdo très carioca ! Allez, allez, ne nous emballons pas car juste avant, eh bien il y aura l'actu de la semaine.

[00:00:46] Alors pas tout à fait comme d'habitude mais avec Bruno Guglielminetti directement dans le débris de Transat, on va revenir longuement sur les annonces d'Apple cette semaine. Ça y est, la firme américaine dégaine enfin son super assistant Siri boosté à l'IA. Sauf que patatras, c'est pas pour nous pauvres Européens. Siri & AI ne sortira pas dans l'Union Européenne, à qui la faute ? On voit ça dans un instant.

[00:01:11] Autre histoire politico-technologique, Mistral en plein bras de fer avec les éditeurs de presse en France à propos des droits d'auteur et de ce projet de loi qui veut encadrer très strictement l'entraînement des modèles d'intelligence artificielle. C'est la bataille de l'ancien monde contre le nouveau. Et puis la semaine prochaine, Paris accueille le salon VivaTech, 10e édition de VivaTech avec même un avant-goût dès ce dimanche sur les Champs-Elysées à Paris.

[00:01:41] On va évoquer ça également dans cet épisode. Bienvenue à l'écoute de Monde Numérique, l'hebdo du 13 juin 2026. Monde numérique, Jérôme Colombain. Et oui, c'est depuis Rio de Janeiro au Brésil que je vous envoie cet épisode de Monde Numérique cette semaine. Ravi de vous retrouver comme chaque samedi pour cet hebdo 50 minutes de news, de décryptage d'interviews.

[00:02:10] Abonnez-vous si ce n'est pas déjà fait sur la plateforme de podcast de votre choix. N'hésitez pas à laisser des petites étoiles sur Apple Podcast ou Spotify, des commentaires également. Ils sont toujours les bienvenus sur votre plateforme d'écoute ou bien sur le site mondenumérique.info ou encore sur l'application mobile, la Monde Numérique signée Good Barber. Cette semaine, un format un peu particulier, pas de séquence actu comme d'habitude.

[00:02:32] Mais on va quand même s'intéresser de très près aux grands faits d'actualité de la semaine avec mon camarade Bruno Guglielminetti dans le débrief transatlantique. Tiens, cette fois-ci, on est sur le même continent pour une fois. On tire un axe Rio-Montréal. C'est parti. Le débrief transatlantique Jérôme Colombin à Copacabana, bonjour. Hola Bruno, como vos chistes?

[00:03:01] Non mais je ne fais pas de blague, on te retrouve cette semaine au Brésil. Tu as été là pour travailler et puis tu as quand même été assez généreux pour venir du Brésil me visiter dans mon carnet. Tu es là pour couvrir le Web Summit, sauf que ça ne t'a pas empêché de regarder ce qui se passait en Californie avec la keynote d'Apple. Qu'est-ce que tu en penses? Incroyable cette keynote. Alors incroyable, enfin je ne sais pas, il y a beaucoup de choses à dire.

[00:03:26] Le problème c'est que ce sont les aspects négatifs qui ont un peu pris le pas sur les annonces. On va les bosser ensemble. Mais je pense qu'il faut vraiment pour les gens qui nous écoutent déjà qu'on résume un peu ce qui a été annoncé. Je te laisse aller, vas-y. Ah c'est moi qui y vais encore? Oui parce que j'ai pris des notes, je te connais. Oui, j'ai pris des notes. J'ai regardé la keynote, j'ai regardé plein de vidéos, j'ai lu plein de choses, etc. Bon alors c'était notamment la présentation d'iOS 27 qui arrive en bêta très rapidement,

[00:03:57] qui arrivera sur les iPhones et sur tout l'écosystème iOS à partir de l'iPhone 11 compatible à partir de l'iPhone 11. Ça donne un coup de jeunesse à beaucoup d'appareils ça. C'est en fond, c'est les 6 dernières générations. Voilà, c'est quand même pas mal de iPhone 11 à aujourd'hui iPhone 17. Tous ces produits seront compatibles avec iOS 27. Donc là, on pourra faire la mise à jour à la rentrée prochaine, vers septembre probablement. Après, qu'est-ce que c'est comme nouveauté? Il y a un peu de design.

[00:04:24] Ils ont relooké un petit peu le liquid de glace, mais franchement c'est cosmétique. Non, je ne sais pas ce que tu en penses. Oui, mais ce qu'ils ont fait, en tout cas ce qu'ils nous ont montré qu'ils vont faire avec la nouvelle version, c'est ce qu'ils auraient dû faire la première fois. C'est-à-dire moins douloureux et moins tragique comme changement, comme interface. Oui, oui, exactement. Bon, en tout cas c'est anecdotique. Là où on les attendait, c'était sur l'intelligence artificielle, bien entendu.

[00:04:50] Donc, ils ont présenté Apple Intelligence et surtout les fonctionnalités liées à Apple Intelligence. Alors, il y a des choses, il y a des tas de choses, des améliorations. Par exemple, sur la photo, la retouche photo, le système de retouche photo de l'iPhone était l'un des plus mauvais du marché. C'est-à-dire que tu prends une photo, tu veux effacer quelqu'un ou effacer… Tu effaces l'objet et il a quelqu'un. Voilà, Samsung fait ça très bien, Google fait ça très bien et Apple, c'était une catastrophe. Bon, ben là maintenant, ça marche très bien. Ils ont vraiment amélioré les choses.

[00:05:21] On peut noter aussi un contrôle parental. Ça, ce n'est pas l'intelligence artificielle, mais ce que j'ai noté, c'est sur le contrôle parental. Ils vont très très loin et ça, ça intéressera beaucoup les familles. C'est-à-dire que quand il y a plusieurs iPhones dans une famille rattachés à un compte familial, les parents vont vraiment pouvoir encore plus contrôler le contenu, les temps de connexion, etc. Et ça, c'est très habile de leur part. Parce que plus on va et puis plus… C'est un peu la folie sur les internets en général.

[00:05:49] Alors, de pouvoir permettre à des parents qui donnent un appareil, le premier appareil à leur enfant, ben ça va les rassurer. Ça, j'avoue que c'était dans les bonnes nouvelles et ce n'est pas sorti tant que ça un peu partout. Non, il faut le signaler parce que c'est effectivement des fonctions très pratiques qui sont super utiles pour des millions de gens. Bon, alors après, je reviens sur Apple Intelligence.

[00:06:15] Donc, on rappelle que c'est vraiment le moteur qui va faire fonctionner toutes les fonctions d'IA et notamment le fameux Siri AI. C'est-à-dire, ce qu'on attend depuis deux ans. Un Siri boosté à l'intelligence artificielle qui sera capable de fouiller dans nos mails pour savoir quand arrive Mamie par le train en fonction du mail qu'elle m'a envoyé le mois dernier, pour aller retrouver Bruno.

[00:06:44] Quel est ton avion pour venir à Vivatec ? À quelle heure il arrive pour que je t'envoie la fanfare, les majorettes, etc. Donc, une espèce de super recherche, super assistant. Vraiment un assistant, c'est ça. Vraiment un assistant, voilà. Donc, ça sera basé sur Apple Intelligence. Sauf que, il y a un problème. Nous, on pleure en Europe. Alors, pas moi, c'est pour ça que j'ai quitté l'Europe. C'est pour ça que je suis venu au Brésil. C'est pour ça que je suis au Brésil. C'est en septembre, Jérôme. Mais ça ne fait rien.

[00:07:13] Tu vas devoir revenir au Brésil en septembre. Ben, peut-être. Et puis, par défi, j'ai quitté l'Europe. Pour vous, c'est qu'une fois de plus en Europe, ce n'est pas tout ça qui sera disponible. Et voilà. Apple Intelligence va être disponible en Europe. Il va falloir encore attendre la localisation, la traduction en langue française. Ce qui n'est pas fait. Mais bon, on pense que ça va arriver. Donc, les fonctions dont on a parlé et puis d'autres, plein d'autres trucs, mais qui ne sont pas des trucs révolutionnaires. Je veux dire, générer un emoji avec IA en promptant.

[00:07:41] Pardon, mais ce n'est pas ça qu'on attend d'Apple aujourd'hui. Mais tout ça, ça va être disponible en Europe. Il n'y a pas de problème. Le truc, c'est le fameux Siri AI qui, lui, n'arrivera pas. Et ça, c'est un coup de massue énorme. C'était une petite phrase dans la keynote. Disponible uniquement aux États-Unis. Je ne sais plus comment ils ont tourné la phrase, mais ils ont annoncé que ce serait pas… Disponible d'abord aux États-Unis et puis par la suite avec un déploiement international. Ouais. Mais en fait, quand on creuse,

[00:08:11] on sait que ça n'arrivera pas chez nous en Europe. Siri AI. Alors, pourquoi pas disponible en Europe ? Et là, c'est la guerre, le bras de fer, qui apparaît au grand jour entre Apple et l'Union Européenne. Et là, on attaque la deuxième partie de notre émission. On est partis pour 45 minutes de débrief, n'est-ce pas Bruno ? Parce que c'est quand même très compliqué.

[00:08:35] En fait, Apple dit que c'est à cause du DMA, le Règlement Européen sur les marchés numériques, qu'ils préfèrent ne pas le sortir. Ils tournent ça en disant qu'on les empêche de sortir. Mais très vite, l'Union Européenne a réagi et a expliqué. Oui, dès le lendemain. Voilà, sur un ton un peu moqueur, un peu polémique. Alors, il y a quelqu'un qui a pris la parole. Ça, entre parenthèses, moi je trouve que ça pose une vraie question.

[00:09:04] La personne qui s'est exprimée à la tribune du Parlement, on ne sait même pas qui c'est. Enfin, moi je ne l'avais jamais vue de ma vie. Je ne suis pas du tout les affaires européennes. Personne en France ne connaît les représentants. On connaît un peu nos eurodéputés français. On connaît un peu les grands commissaires. Mais ce monsieur qui a pris la parole pour expliquer à l'Europe entière qu'on n'aurait pas Apple Intelligence, je ne sais pas qui c'est. Bref. Et donc, il a expliqué ce qu'il a dit. Mais attention, l'Europe n'interdit pas à Apple de venir

[00:09:33] et de déployer Apple Intelligence sur le continent. Simplement, nous imposons des règles. Et c'est Apple, parce qu'il ne souhaite pas se conformer à ces règles, qui décide de ne pas déployer le truc. Donc voilà, en fait, c'est... C'est un bras de fer. C'est un bras de fer. Et si on rentre un peu plus dans le détail, je ne sais pas si tu t'es intéressé aussi à ce... Je pense que oui, mais le fond du problème, il est intéressant. En réalité, c'est quoi ?

[00:10:02] C'est que la promesse d'Apple, c'est qu'Apple Intelligence puisse vraiment avoir accès à tout notre écosystème, toutes nos données personnelles que l'on confie à iOS. Et on sait que la promesse d'Apple, c'est de protéger notre vie privée. Donc, cloud sécurisé, tout est chiffré, aucun accès tiers, les compagnies externes ne peuvent pas accéder à ces données-là, et toute l'IA fonctionne là-dessus.

[00:10:30] Et en gros, l'UE dit, ouais, mais bon, nous, ça ne nous va pas, parce que pour le respect de la concurrence, il faut ouvrir à la concurrence, il faut permettre à d'autres outils d'intelligence artificielle d'accéder à ça. Et Apple dit, mais vous êtes fous ! Nous, c'est la protection de la vie privée de nos utilisateurs. Ah ben non, on ne veut pas le savoir, etc. Mais là où Apple est un petit peu perfide, c'est qu'ils ont développé, d'après ce que j'ai compris, et là, je rends hommage à notre confrère Nicolas Lelouch,

[00:10:56] qui a couvert, Donumerama, qui a couvert la keynote à San Francisco, qui a fait un boulot extraordinaire, encore une fois, sur cette keynote, aussi bien en articles, en vidéos, etc., un travail de décryptage super. Nico, je te salue. Nico, je le connais bien, je l'ai connu comme stagiaire il y a très longtemps à Zéro 1 Net. Maintenant, c'est un grand monsieur de la tech. Ah oui, c'est un grand journaliste. C'est un grand journaliste tech. Et il expliquait ça très bien. Il dit que c'est un peu leur choix technologique qui les emprisonne,

[00:11:25] parce qu'ils ont décidé d'adopter un truc qui s'appelle un index sémantique, qui va collecter toutes nos données, qui va ensuite les faire mouliner par l'IA, etc. Et donc, du coup, c'est ça qui fait que pour que ce soit efficace, ça va tellement en profondeur, eh bien, s'ils ouvrent la porte à des tiers, mais ça va être la gabgie. Ça veut dire que n'importe quelle petite boîte d'IA de Singapour ou de je ne sais où va avoir accès à mes mails, à mes données personnelles. Ah, elle va être capable de tout décrypter.

[00:11:54] Et ça va être une horreur. Et d'ailleurs, Apple a beau jeu de dire... C'est quand même bizarre. D'un côté, il y a le RGPD, Reglement Européen sur la Protection des Données. Et de l'autre côté, il y a ses obligations d'ouvrir à tout va. C'est un peu dingo. Mais j'aimerais bien avoir un peu ton avis là-dessus aussi. Mais juste un mot encore, si tu veux. J'ai fait un petit calcul. Il y a 450 millions d'habitants dans l'Union Européenne. IOS, ça représente environ 40% du marché. Donc, on peut dire grosso modo

[00:12:23] qu'il y a à la louche 180 millions d'utilisateurs d'iPhone ou d'appareils IOS en Europe. Ça veut dire que là, aujourd'hui, il y a 180 millions d'utilisateurs qui sont pris en otage. Ils sont pris en otage. Est-ce qu'ils sont pris en otage par l'Union Européenne qui, pour des questions idéologiques, pour des questions d'application hyper strictes de la réglementation qui a été mise en place, eh bien, ferment la porte à l'innovation technologique pour ces 180 millions d'utilisateurs ?

[00:12:53] Ou bien, est-ce que c'est Apple ? Parce qu'Apple n'est certainement pas blanc blanc dans l'histoire. Et c'est Apple qui nous prend en otage en espérant qu'on va protester, qu'on va se rebeller, parce que eux, ce qu'ils veulent, c'est une amélioration de la réglementation. Et d'ailleurs, on voit, il commence à y avoir déjà des pétitions. J'ai vu un site qui s'appelle Siri4EU, Siri4EU.com, qui lance une pétition pour réclamer l'Apple Intelligence en Europe. Donc, c'est vraiment deux logiques qui s'affrontent.

[00:13:22] Moi, j'ai le plus grand mal à prendre parti, me dire c'est comme ci ou comme ça qu'il faudrait faire, parce que peut-être que l'Europe a raison à long terme, peut-être qu'à long terme, elle a raison finalement, et on se dira, ah ouais, putain, heureusement qu'ils ont fait ça. Et peut-être que non, qu'en fait, on va dans le mur, c'est complètement idiot, on va encore prendre du retard technologique. Donc, c'est pas simple, mais le résultat, c'est ça. Moi, je le dis, il y a 180 millions d'utilisateurs qui sont pris en otage par l'Union européenne ou par Apple, mais en tout cas, on l'a dans l'os. Ben non, mais ça, c'est la situation actuelle,

[00:13:52] et je partage ta lecture de la chose. Mais parallèlement, il y a quand même des joueurs, je pense à Google, je pense à Samsung, qui proposent des appareils augmentés avec l'IA. Et ces gens-là, bon, ils ont à vivre avec la législation que vous avez, mais leurs produits sont quand même plus, j'allais dire plus 2026. Il y a des fonctionnalités là-dessus qui ressemblent à ce que Apple Intelligence veut faire,

[00:14:21] et ils sont déjà disponibles sur la continent. Moi, moi, c'est vraiment plus… C'est un peu bizarre ça. De ma lecture, moi, c'est vraiment… C'est un grand géant mondial qui dit, non, nous, on veut le faire à notre façon, avec notre méthode, notre approche. On ne va pas changer les choses. Le plus loin qu'ils ont été, c'est de changer le connecteur avec USB-C, et ça s'arrête là. Pour le reste, là, on marche à notre rythme et avec notre façon. Ils veulent rien savoir. Après, il y a cette notion… C'est très juridique tout ça.

[00:14:52] C'est à la fois idéologique, parce qu'on en est vraiment à une posture idéologique de la part de l'Union européenne aujourd'hui. Ah oui, c'est les grands principes d'un côté comme dedans. Exactement. Et c'est aussi juridique. Et tu sais, il y a cette notion de gatekeeper, de gardien d'accès, en fait. C'est-à-dire qu'à partir du moment où le marché dépasse, je ne sais plus combien, un certain seuil, eh bien, ces obligations s'appliquent, mais elles ne s'appliquent pas en dessous. Ce qui fait que, si j'ai bien compris, Apple Intelligence ne sera pas disponible sur iPhone,

[00:15:22] mais il sera disponible sur Mac, sur macOS. Ah tiens donc. Ah tiens donc. Parce que, eh bien, macOS n'est pas en position, en situation dominante, en position de domination. Et donc, le DMA ne s'applique pas. Pardon, je dis Apple Intelligence, en fait non, c'est Siri AI qui ne sera pas disponible en Europe. Bon. Voilà. Et puis la question… Mais tout ça pour me dire que tu pourrais l'avoir sur ton Mac, mais pas sur ton téléphone. Oui, exactement. Tout à fait. Wow. Après, voilà, est-ce que… Enfin non, ce serait bien que tout soit intégré.

[00:15:51] Et puis c'est ça, les utilisateurs d'iPhone, c'est ce qu'ils veulent. C'est ce qu'ils veulent depuis toujours. Les utilisateurs d'Apple, c'est ce qu'ils aiment. Il y a quelques-uns qui t'expliquent « Eh, c'est une prison dorée, etc. » Ok, mais c'est cet écosystème fermé, où on se sent sécurité, où tout est homogène, c'est ça qui plaît. Donc là, on est privés de ce confort-là. Ah, oui, oui, oui. Vous êtes dirigeant ou responsable et rage d'entreprise ? Alors, vous le savez, recruter à l'international, c'est une formidable opportunité,

[00:16:19] mais aussi un sérieux défi administratif. Il faut gérer la paix, les ressources humaines, les contrats, le matériel informatique, la conformité locale… Bref, très vite, on se retrouve face à une multitude d'outils et de prestataires qui ne se parlent pas. Eh bien, c'est précisément là que DEAL, partenaire du monde numérique, change la donne. DEAL permet aux entreprises de recruter, gérer et rémunérer leurs collaborateurs partout dans le monde depuis une plateforme unique avec plus de 2000 experts locaux répartis dans 130 pays.

[00:16:48] DEAL aide les entreprises à embaucher rapidement, à verser les salaires dans plus de 100 devises et à piloter les équipes internationales, même en forte croissance. Alors, pour découvrir tout ça, rendez-vous sur DEAL.com slash mondenum. DEAL, D-2-E-L, .com slash mondenum, comme monde numérique. Si ça te va, moi je t'amènerai sur le prochain sujet, parce qu'on continue à parler d'intelligence artificielle. Je pense que la semaine dernière, on a presque commencé une nouvelle rubrique qui s'appelle « Des nouvelles de Mistral ».

[00:17:18] Et Mistral, rebelote, cette semaine, ça va mal du côté encore du gouvernement ? Oui. Le Mistral souffle, ou le vent souffle contre Mistral. Ah oui, il y a une espèce de petite tempête anti-Mistral qui est en train de naître et qui est une tempête politique. Il y a français, je rappelle, pour les gens qui ne connaissent pas. Exactement, Mistral AI qui est le « Open AI » français, pour faire court. Oui, on parlait de ce projet de loi qui est en discussion concernant les droits d'auteur

[00:17:44] pour demander à ce que les big techs qui entraînent leur modèle avec tous les contenus trouvés sur Internet, la musique, les livres, la presse aussi, les médias, les contenus d'information… Tous les contenus ! Tous les contenus, qu'il y ait une rémunération parce que jusqu'à présent, c'est vrai que c'est un peu open bar, ils récupèrent tout, ils aspirent tout, ils entraînent leur modèle, ensuite ils commercialisent, ils vendent des tokens, donc ils se font un business à partir de matières premières qu'ils n'ont pas payées. Et ça en France, les ayant droit, quels qu'ils soient,

[00:18:13] donc aussi bien les ayant droit des œuvres artistiques que surtout des médias, ce sont les médias qui aujourd'hui montent au créneau, disent « c'est plus possible, maintenant il faut arrêter, il faut nous payer ». En fait, c'est aussi lié à… il y avait une réunion, un sommet spécial presse la semaine dernière à Marseille et c'est le patron du New York Times qui était là et qui a poussé un coup de gueule phénoménal, qui a dit « c'est le plus gros pillage du siècle,

[00:18:42] etc., il faut arrêter de se faire piquer toutes nos infos, etc. » Donc tous les médias sont comme ça, ils se sentent très très forts. Et pourquoi on en revient à Mistral ? C'est que Mistral, il fait partie du… il fait comme les autres quoi, si tu veux, il a besoin pour devenir fort, pour s'entraîner. Donc Mistral essaie de résister à ce projet de loi et ils ont sorti la grosse artillerie et la grosse artillerie elle est politique et ça passe par du lobbying avec énormément d'actions politiques

[00:19:11] pour essayer d'infléchir la loi. Quand on s'est parlé la semaine dernière, c'était en discussion au Sénat, cette semaine ça a été adopté au Sénat et c'est en discussion à l'Assemblée nationale. Et à l'Assemblée nationale, comme ils ont vu que ça risquait de passer, alors Mistral et tout le groupe a réussi à mobiliser notamment tous les députés macronistes qui ont trouvé comme moyen pour freiner le truc de déposer des centaines d'amendements pour bloquer la discussion en fait. Donc on est dans un petit jeu politique si tu veux, voilà.

[00:19:40] Mais la question de fond, c'est celle qu'on a déjà évoquée. Bien sûr que le droit d'auteur c'est important et les médias et la prévice etc. Mais qu'est-ce qu'on veut aussi aujourd'hui ? Est-ce qu'on veut, oui ou non, développer un champion européen ou français en tout cas de l'intelligence artificielle ? Et si on veut, eh bien on ne lui met pas des bâtons dans les roues au moment alors que les Américains eux n'en ont pas eu et que déjà il part au départ avec un certain nombre de handicaps par rapport à ses concurrents américains.

[00:20:08] Donc voilà le sujet, voilà le sujet Mistral. Là la question Jérôme, parce que là je rappelle qu'on te rejoint sur la Coupa Cabana à Rio en train de te faire bronzer. Et puis, mais là Vivatech ça commence la semaine prochaine. Est-ce que tu vas être de retour à Paris ? Mais c'est la question que j'allais te poser surtout. Ça y est, toi tu es prêt ? Parce que tu as pris ton billet, ton accréditation. Le billet là, l'hôtel est réservé, oui. Yes, génial. Donc la semaine prochaine on se parle en vrai.

[00:20:39] On ferait un vrai débrief parisien. On va faire un vrai débrief de visu parisien. Oui, oui, bien sûr, je me prépare pour Vivatech. Alors j'espère que ça va être intéressant. C'est le dixième Vivatech, c'est la dixième année. Quand même. Et puis tu sais, comme chaque année, Vivatech c'est aussi l'anniversaire de Monde Numérique. Oui, et pour l'occasion, on le rappelle, tu fermes les Champs-Élysées dimanche. Voilà. Pour permettre à des gens de venir présenter des choses. Exactement. Pour souligner l'anniversaire de Monde Numérique.

[00:21:08] Voilà, donc pour l'anniversaire de Monde Numérique, je privatise les Champs-Élysées et ça fait cinq ans que j'ai lancé Monde Numérique. Je crois. C'est faux. 2021, on est en 2026. Oui, c'est la cinquième année qui se termine. Et tu ne fais pas ces cinq ans ? Ah, écoute, c'est gentil. Bon, voilà. Mais alors, je ne sais pas trop comment… Je pense que ça va être bien, ça va être plus grand. Tu verras, ce n'est pas dans le même hall de la Porte de Versailles parce que… Alors l'organisateur Maurice Lévy dit, c'est parce qu'on a besoin de plus de place.

[00:21:37] En fait, c'est surtout que je crois qu'il y a des travaux dans le grand hall. Donc, on est dans un autre espace mais qui est vachement bien. Et… Mais rassure-moi, toujours à la Porte de Versailles ? Toujours Porte de Versailles. Toujours Porte de Versailles, c'est-à-dire dans Paris pour les gens qui connaissent un petit peu. Voilà, c'est vrai que c'est avantageux pour l'instant. Heureusement, Vivatec n'est pas suffisamment gros pour être relégué à l'extérieur. Donc, c'est très pratique pour les Parisiens quand même. Ça reste ancré dans la capitale.

[00:22:02] Voilà, on attend de savoir qui sera le, là ou les guest stars puisque chaque année, il y a quand même une personnalité marquante. Et là, à l'heure où on enregistre en tout cas, Bruno, on ne sait pas qui ce sera, mais Maurice Lévy a dit, attention c'est du lourd. Il nous promet une très grosse pointure de la tech. Et ce n'est pas le président parce qu'on sait déjà qu'il va être là le président français. Oui, Macron il sera là.

[00:22:30] C'est un peu normal, parce que c'était un peu leur cheerleader il y a dix ans, quand ils ont lancé le truc. Tout à fait. Là, maintenant, dans le fond, il vient faire son coup de chieps. Ah ben c'est habitué. Un Vivatec sans Macron, ce n'est pas possible. Je pense que même quand il sera plus président, il continuera à venir. Bon, ce n'est pas son bébé, mais c'est vrai qu'il avait un pulsé. C'est dans la vague des French Tech et compagnies. Oui, la French Tech, la Startup Nation, tout ça, machin, etc. Et à chaque fois, il est accueilli, il est super bien accueilli. Donc voilà.

[00:22:59] Oui, je sais, on se fait tasser à chaque fois qu'il passe. Ah oui, c'est une oure. Quand il vient, c'est une oure. L'expression, c'est violent. C'est violent, le service de sécurité qui se poussent sur les côtés, c'est ardo. Donc pour un simple Canadien, c'est plutôt surprenant. Mais là, je veux revenir à ce que tu disais. Donc, oui, la geste art, c'est qui ? Moi, j'ai des petites idées. Moi, je miserais assez sur Dario Amodei d'Anthropic.

[00:23:28] Parce que c'est un peu le gars qui monte là, qui a fait parler de lui. Ou Sam Altman, peut-être ? Ou Sam Altman, surtout que Sam Altman était à Paris ou il était en Europe il n'y a pas très longtemps, ces jours-ci, où il va y être. Ce ne serait pas incohérent l'un ou l'autre, Sam Altman ou Dario Amodei. Mais, alors, oui, ce serait super qu'il soit là. Je me demande un peu si... L'un comme l'autre, c'est un peu sulfureux aussi, tu vois ? Parce que Sam Altman, c'est aussi un peu... OK, c'est Sam Altman, c'est Oponea, mais c'est aussi un peu le côté bad guy

[00:23:58] et anthropique Dario Amodei qui veut se faire passer pour le gentil, le chevalier blanc. « Oui, non mais moi, avec moi, Lya ne fera jamais la guerre », etc. On l'a dit, on en a parlé ensemble. C'est une posture... Bad guy, il pourrait avoir Elon Musk et ça ne devrait pas être lui. Mais Elon Musk est déjà venu. Oui, je sais, il y a longtemps, mais je ne peux pas croire que ce serait lui. Mais bon, écoute, je ne sais pas. Ce serait décevant, presque. Peut-être qu'à l'heure où nos auditeurs écoutent ce podcast, le nom a été révélé. Vous le savez et vous riez de nous.

[00:24:27] Voilà, vous le savez et nous, nous ne le savons pas. En tout cas, nous, on sera là, toi et moi. Oui, et pour vous rapporter dans vos oreilles ce qui s'est passé. Jérôme, je te souhaite un excellent moment encore pour le temps que tu es à Rio. Écoute, il me reste 48 heures, je vais en profiter. Je vais surtout beaucoup travailler pour préparer mon podcast spécial Rio de Janeiro et Web Summit 2026. Bon.

[00:24:57] Et puis moi, je vais juste dire que si les gens, après avoir entendu toutes ces belles choses qui viennent de l'Amérique du Sud, s'ils sont intéressés à entendre autre chose, je parle notamment des verres nuances qui arrivent au Canada. Et je parle avec le grand patron de SLR, les CETICA ici au Canada. Et puis, on parle aussi de l'histoire des centres de données au Québec, au Canada.

[00:25:20] Ça fait quelques temps, puis j'étais curieux et j'ai parlé, j'ai eu une discussion avec les deux premiers messieurs qui ont lancé un centre de données au Québec. Ah, cool. C'était quoi? C'est vraiment intéressant de voir c'était quoi la perception à l'époque. On dit 7002? Oui, bon, bon.

[00:25:48] Tu sais qu'il vient de lancer une application avec son fils? Non, je ne le savais pas. Oui, il vient de lancer une application avec son fils et puis je les accueille aussi. C'est la première fois que j'ai une entrevue père-fils sur mon carnet. Ah, ben c'est cool. C'est sympa ça. Tu es très accueillant. On fait beaucoup de doublés cette semaine. Bon, ben écoute, super. Joli programme. Donc, bonne écoute de ton carnet. Et puis, je te remercie pour cette première heure passée avec toi dans mon carnet. Là, on a explosé tous les compteurs.

[00:26:16] Voilà, 45 minutes, tranquille. Ouais. Et on se dit rendez-vous la semaine prochaine à Vivatec alors. Ouais, pour autant de plaisir. Salut Gérôme. Salut Bruno. Salut à tous. Vous venez d'entendre une version raccourcie du débrief Transat. Retrouvez la version intégrale lundi 15 juin sur le fil du podcast Monde Numérique et en vidéo sur la chaîne YouTube de Monde Numérique.

[00:26:42] Et si le prochain internet ne se jouait pas seulement dans les smartphones, les applis ou les pages web, mais aussi dans de nouveaux espaces numériques plus visuels, plus libres et plus immersifs ? C'est l'ambition de Froganz, partenaire de Monde Numérique, proposer un nouveau mode de publication sur internet conçu pour dépasser le modèle classique des fenêtres, des onglets et des sites web traditionnels. Froganz est un projet français ouvert, neutre, tourné vers l'internet de demain.

[00:27:09] Pour en savoir plus et découvrir Froganz, rendez-vous à Vivatech 2026. La société F2R2, opérateur du registre central des adresses Froganz, sera présente sur place pour présenter Froganz Player à travers des démonstrations immersives ainsi que le FSDL, le langage permettant de créer des sites Froganz. Retrouvez Froganz à Vivatech, stand F41 et pour plus d'infos, rendez-vous sur F2R2.fr.

[00:27:44] Monde Numérique, le meilleur de la tech. Bien-vindos à Web Summit Rio, na Cidade Maravilhosa, quarta édition. Et comme promis, je vous emmène donc à Rio de Janeiro. 9000 kilomètres de Paris, Rio, Copacabana, Ipanema, des kilomètres de plage, le soleil, la Caille Pyrénia qui coule à flot, le football, la samba. Mais au-delà de la carte postale, Rio, c'est surtout depuis 4 ans un rendez-vous tech qui prend de plus en plus d'ampleur, le Web Summit.

[00:28:14] Né à Lisbonne, au Portugal, le Web Summit s'internationalise. Depuis 2023, les organisateurs ont voulu ouvrir une porte, même créer un pont entre l'Europe et l'Amérique latine en créant cette version sud-américaine ici à Rio. C'est la quatrième édition du Web Summit Rio qui est en train de devenir l'un des événements phares de la région. Alors je me suis dit que ce serait une super occasion de s'intéresser à la tech du Sud, du Sud global, comme on dit, dont on parle assez peu en Europe.

[00:28:46] Le Web Summit Rio, c'était l'an dernier plus de 30 000 participants. Cette année, plus de 40 000 venant d'une centaine de pays. Alors il y a tous les géants openers à Microsoft, Google, Nvidia, Meta, etc. Et puis aussi pas mal de startups et des investisseurs venus de tous les pays pour essayer de dénicher la pépite. Alors j'ai eu la chance de rencontrer des interlocuteurs francophones. Youpi, ça va être plus facile à comprendre. Mais également des Brésiliens.

[00:29:12] Dans cette séquence, on va donc parler de la manière dont le Brésil vit la technologie, et notamment la question de la souveraineté numérique. Vous découvrirez aussi le système PIX, qui est un truc génial qui a permis au Brésil de maintenir les Américains à distance sur le paiement numérique. Puis on va parler réseaux sociaux aussi. Comme d'habitude, ces interviews seront à retrouver en version longue, intégrale, et même en version vidéo pour certaines d'entre elles la semaine prochaine

[00:29:40] sur le fil du podcast Monde Numérique et sur la chaîne YouTube de Monde Numérique. Allez, pour commencer, on campe le décor. Au Brésil, l'activité économique se situe surtout à São Paulo, mais c'est donc à Rio qu'a lieu cet événement, le Web Summit. Présentation avec ma toute première invitée. Bonjour Gabriela Alcantara de Barros. Bonjour. Ravie de vous rencontrer ici à l'occasion du Web Summit 2026 à Rio de Janeiro.

[00:30:07] Vous êtes représentante de la French Tech à São Paulo, mais en fait vous couvrez tout le Brésil. Alors le Web Summit, c'est la quatrième édition. Quatrième édition, oui. Donc c'est tout neuf, d'après vous ? À Rio. Ça prend, c'est en train de... Je pense que ça prend, oui. Je pense que le Web Summit s'est développé dans plusieurs capitales autour du monde, et je pense qu'ils ont bien choisi Rio, qui est aussi cette capitale qui est en train de grandir et qui va en fait se développer beaucoup en tout ce qui est intelligence scientifique.

[00:30:36] Mais pourquoi Rio plutôt que São Paulo ? Puisque le vrai centre économique, c'est São Paulo en fait. C'est vrai. Je pense que peut-être les organisateurs du Web Summit ont eu cette vision. Ils arrivent à voir au-delà de comment ça sera à Rio dans dix ans. Et puis voilà, je pense qu'ils ont déjà même renouvelé pour les prochaines années. Et je pense qu'il y a toute la question de Rio. On appelle... Rio, on appelle la cidade maravilhosa, qui est la cidade... Ville merveilleuse, si on peut dire cette traduction. C'est très attractif. C'est très attractif.

[00:31:06] On a aussi cet espace qui peut comporter un forum de cette magnitude. Oui, un très grand centre d'exposition. Qui s'appelle Rio Centro. Rio Centro. Et je pense que c'est ça. C'est en fait essayer aussi de faire vivre aussi cette ville, qui a aussi toutes ses capacités d'être une capitale tech aussi. Il y a ici à Rio des pôles de technologie, des entreprises phares ?

[00:31:35] Oui, il y a un rub d'innovation qui s'appelle Maravalli Rio. Justement, le nom, ça a été un peu inspiré de Silicon Valley. Mais on a pris en fait ce Mara de Cidade Maravillosa. Mara Valé Rio, qui est aussi très inspiré du rub en France... Station F. Station F, oui, exactement. Aujourd'hui, ils ont, je pense, un petit peu plus de 100 startups qui sont basées au Mara Valé Rio.

[00:32:03] Il y a un autre rub d'innovation qui s'appelle le Instituto Dozi, qui est aussi un rub avec quelques startups qui sont basées là-bas, mais qui est plus petit et qui organisent souvent des événements aussi tech. Donc, je dirais que ces deux rub sont les références à Rio. Gabriela, les startups, quand on est une startup à Rio, est-ce qu'on peut trouver facilement des financements ? Est-ce qu'on peut se développer facilement sur le marché ?

[00:32:34] C'est au cœur de l'Amérique latine, mais en même temps, on sait qu'il y a souvent la barrière de la langue. On connaît bien ça en France. On a le plus grand mal à... Les startups ont du mal à s'exporter, ne serait-ce qu'en Europe, parce que c'est 27 langues différentes. Ici, c'est un peu pareil. C'est le seul pays où on ne parle pas espagnol, mais où on parle portugais. Oui, c'est ça. C'est, je pense, le plus grand pays de l'Amérique latine. Oui, c'est aussi le plus grand pays, effectivement. Après, je ne le vois pas vraiment comme un problème.

[00:33:04] En fait, on a plusieurs initiatives aussi du gouvernement qui essayent de donner, aussi d'aider ces startups. Et qui commencent à se développer de plus en plus des appels d'offres. Après, c'est sûr que je pense qu'aujourd'hui, la plupart des startups ont aussi ce financement privé. Mais il y a assez de capitaux. Il y en a assez, parce que... Il y en a assez, surtout. Il y en a plus aujourd'hui, c'est vrai, à Saint-Pierre. Mais...

[00:33:32] Parce qu'en France, ce qu'on entend souvent, c'est... Enfin bon, il y a deux discours. Oui, il y a aussi des startups qui trouvent beaucoup d'argent et tant mieux. Mais c'est toujours... Ah ben quand même, par rapport aux Etats-Unis, ce n'est pas la même ampleur. Puis c'est plus difficile. Je pense que ce n'est pas la même ampleur par rapport aux Etats-Unis, c'est sûr. Il y a moins une culture du risque. Alors je ne sais pas comment c'est ici. Est-ce que les investisseurs vont à fond sur des trucs ? Alors les investisseurs, je pense qu'ils sont peut-être plus sur Saint-Paulo.

[00:33:58] Il y a eu aussi, je pense, il y a toujours cette question un peu de retrait selon quelle est la situation aussi politique, économique au Brésil. On a eu quelques questions aussi par rapport à ça les dernières années. C'est mouvementé. Et puis en plus, le régime politique est passé d'un extrême à l'autre. Exactement, c'est ça. Donc là, je pense que les investisseurs ont plus confiance au Brésil, c'est sûr. Cette année, c'est une année aussi d'élection.

[00:34:25] Donc on va voir aussi quel sera le tournant pour nous. Mais j'ai beaucoup d'espoir et je suis très confiante que les investissements au Brésil vont continuer et voilà, que ces startups vont prospérer aussi. Un événement comme le Web Summit, ça sert à ça aussi. C'est important, il y a des investisseurs, il y a même des gros Américains qui sont là. Exactement. Donc voilà, je pense qu'il y a ce regard. Le Brésil, je pense qu'il a...

[00:34:54] C'est un pays qui est très riche culturellement, mais aussi qui a beaucoup d'opportunités. Et je pense qu'on revient et que le monde regarde un nouveau regard aussi à nouveau au Brésil. Merci beaucoup, Gabriela Alcantara de Barros. Merci à vous, Jérôme. Alors savez-vous que le Brésil possède la deuxième plus grande réserve de terres rares de la planète ?

[00:35:19] Les fameuses terres rares, évidemment très utilisées pour la production des semi-conducteurs à la base de l'électronique et de l'informatique. Bon, pour autant, ils ne fabriquent pas eux-mêmes énormément de matériel. Du coup, ils en achètent à l'étranger et notamment à la France. C'est ainsi que la France leur a vendu le super-ordinateur Santos Dumont, qui est l'un des plus puissants d'Amérique latine, qui a été produit par Bulle Atos.

[00:35:44] Santos Dumont, pourquoi ? Parce que cet aviateur est en partie brésilien. Il avait un papa brésilien. Voilà pour la carte postale Histoire Géo. Maintenant, parlons un peu d'éco et de tech sur le plan économique avec mon deuxième invité. Bonjour Daniel Topper. Bonjour Jérôme. Ravi de te rencontrer, de faire ta connaissance ici au Web Summit de Rio.

[00:36:09] Tu diriges au Brésil l'antenne d'une entreprise française qui s'appelle Primalis. Comment est-ce que tu vois la tech ici au Brésil ? Ce qu'on voit, c'est que l'adoption des outils comme les outils de chat GPT, d'OpenAI, d'Enthropic, etc. est très élevée au Brésil. Ils sont présents ici d'ailleurs. Oui, ils sont tous présents ici. Ils ont tous des plans qui sont accessibles avec des monnaies locales, etc. Donc il y a une vraie adoption initialement qui a été faite par les équipes de développeurs dans les entreprises

[00:36:38] et petit à petit par le grand public. Google a testé assez vite toutes les fonctionnalités de AI Overview, les raccourcis AI qui sont en train ou qui n'ont pas encore été déployés en France. Ils sont déjà présents au Brésil avec un gros impact pour les consommateurs. Il n'y a pas de restrictions, par exemple Apple, etc. Aujourd'hui, il n'y a pas de restrictions. Alors qu'il y a une législation qui est assez forte,

[00:37:04] qui s'est en partie inspirée pour certaines choses d'ailleurs de la législation européenne, en termes de protection des données, il y a l'équivalent du RGPD. On a exactement l'équivalent. On a le LGPD ici, donc c'est la loi générale du protestant de Gidados, la loi générale, c'est l'exact équivalent. Et il y a aussi une ébauche, enfin une espèce d'AI acte, donc pour l'IA. Oui, alors ça c'est encore à l'état d'embryon. Je ne sais pas quand est-ce que ça va passer, sous quelle modalité, mais effectivement ça c'est des sujets sans doute un peu plus embryonnaires.

[00:37:32] Mais ce qu'on voit, c'est des premières licornes qui commencent à apparaître sur l'AI. Récemment, il y a une startup qui s'appelle Hunter AI, qui était valorisée plus d'un milliard de dollars au Brésil, une startup brésilienne avec des capitaux brésiliens et américains, et qui permet d'utiliser l'AI pour résoudre tout ce qui est procès contentieux, et toute la partie juridique en fait. Et ça c'est un modèle qui est en train de se répliquer sur d'autres secteurs, sur la partie finance, sur la partie RH.

[00:38:01] Donc il y a des énormes entreprises AI qui sont en train de naître au Brésil, enfin qui ont déjà quelques années, mais qui font maintenant des valorisations de plusieurs milliards de dollars. D'accord, et tu as en tête quelques réussites, quelques pépites qui ont décollé ? Oui, alors il y a plusieurs licornes qui ont été fondées ou cofondées par des Français. Une entreprise dans laquelle j'ai eu la chance de travailler, de travailler qui s'appelle Logi, qui fait de la logistique du dernier kilomètre, qui a été valorisée il y a quelques années plus de 2 milliards de dollars,

[00:38:31] et qui justement permet aux e-commerçants d'atteindre les clients dans toutes les régions du Brésil, en un jour ou deux, en utilisant de la technologie, en utilisant des algorithmes qui permettent d'optimiser les routes de livraison. Il y a aussi une startup qui s'appelle Daki, qui fait de la livraison express en une dizaine, quinzaine de minutes, et contrairement à la plupart des autres startups de ce segment qui a survécu et qui reste valorisée comme une licorne.

[00:39:01] Et après, il y a aussi des filiales de licornes européennes comme Blablacar, comme Deezer, etc., qui sont présentes au Brésil. Et comme Primalist ? Alors, Primalist, on est présents au Brésil. On n'est pas encore une licorne, mais quelques centaines de millions de valorisations, donc on n'en est pas très loin. Comment est-ce que tu vois les différences ou aussi les similitudes entre le Brésil et la France ? Il y a un axe franco-brésilien. Je crois que c'était l'an dernier. Le Brésil était l'invité d'honneur de Vivatec,

[00:39:30] si je ne me trompe pas, ou l'année d'avant peut-être ? L'an dernier, c'était l'année de la culture et de l'amitié France-Brésil. Donc dans les deux sens, il y a eu beaucoup d'événements. Donc il y a des connexions. Qu'est-ce que tu vois comme fait marquant ? Ne serait-ce qu'au niveau de la mentalité, des usages de la tech, c'est quoi ? Déjà, le Brésil, c'est un pays qui est très accueillant. Ils sont rentrés évidemment dans des clichés et des généralités, mais c'est un pays d'immigration, d'accueil, où il y a cette culture d'intégrer des nouveaux arrivants. Oui, il n'y a pas de méfiance.

[00:40:00] Non, il n'y a pas de méfiance. La communauté française au Brésil est très importante. D'accord. Et la France est très appréciée par les Brésiliens, malgré quelques succès en Coupe du Monde qui n'ont pas aucun... Ça arrive. Mais la France est très appréciée par les Brésiliens. Et il y a effectivement beaucoup de passerelles, que ce soit des passerelles universitaires, des échanges entre HEC, la FGV et tout un tas d'autres écoles. D'accord. Des passerelles aussi diplomatiques évidemment, et une certaine proximité culturelle.

[00:40:28] On est deux pays finalement relativement latins. En termes de mentalité, selon toi, c'est compatible ? C'est très compatible. On a l'impression. Je ne vois pas de point de friction particulièrement. Je pense que le Brésil est bien plus proche de la France qu'il ne l'est des États-Unis par exemple. Donc il y a une... Moi je suis là depuis à peine quelques jours et je ne connaissais pas. C'est la première fois que je viens. Et j'ai l'impression que c'est très carré. Tout est assez bien organisé. De la sécurité pour entrer dans un salon comme ça,

[00:40:58] à l'hôtellerie, au transport, etc. Mais il y a un gros problème aussi, malgré tout. Il reste un gros problème de criminalité, d'insécurité, etc. C'est une réalité. Oui. Alors c'est effectivement un pays de contraste. Donc c'est un pays qui est à la fois... Qui concentre... Enfin quelques millionnaires, milliardaires au Brésil. Donc il y a effectivement une classe riche qui est très aisée, qui va voyager à l'international, etc. Il y a évidemment des inégalités très fortes. Beaucoup de pauvreté.

[00:41:27] Je pense qu'à Rio, on le voit particulièrement parce que les favelas sont littéralement au milieu de la ville. Donc c'est assez... Un pays de contraste. Un pays qui a des défis assez structurels liés à la logistique, liés à tout ce qui est... Fiscalité, de manière générale. C'est-à-dire ? Qui a essayé de mettre en place des barrières protectionnistes avec plus ou moins de succès. La fiscalité au Brésil est très complexe. C'est un pays fédéral. Donc chaque État a ses propres règles. Si vous faites du commerce avec tel État ou avec tel autre, la politique de fiscalité va différer

[00:41:57] selon où est situé votre entrepôt, quel type de marchandises vous envoyez, etc. Donc il y a un gros business pour tous ceux qui aiment la fiscalité ici. Et ça bouge en plus en ce moment. Donc il y a quelques barrières, entre guillemets, à l'entrée pour un Français qui arrive et qui se dit « Ah bah tiens, je vais appliquer ma TVA et puis ça va être facile ». Non, ici il y a un peu plus de subtilité. Mais une fois qu'on a compris... Bon, quand on est Français, on n'a pas peur de la fiscalité. Non, on n'a pas peur de ça. On est revenu. Exactement, exactement. Mais ici, c'est un niveau au-dessus. Ouais.

[00:42:26] Je reviens un instant sur la question de l'insécurité, de la criminalité. Oui, beaucoup de pauvreté qui engendre tout ça. Également de narcotrafic, qui est une réalité. Est-ce que c'est un handicap lourd ou bien « Bon, ben on fait avec ». Moi, j'ai été impressionné par une chose quand même à Rio. Toutes les résidences, que ce soit des villas, des immeubles, etc., tout est ultra sécurisé. Il y a des gros portails, du contrôle biométrique, des caméras partout.

[00:42:57] Bon, alors du coup, il y a la police partout dans les rues. Oui. Alors du coup, ça... On n'est pas forcément confronté à la criminalité, mais on sent qu'elle est présente. Il y a cette menace. Oui, la criminalité existe, évidemment. Après, comme tu le disais, ça génère aussi tout un écosystème et tout un business... Tout un business. ...de la sécurité, etc. Donc, encore une fois, sans nier la réalité de la criminalité, je pense qu'il y a quand même un business qui crée une sensation de panique,

[00:43:26] notamment pour quelqu'un qui ne connaît pas le pays. Ah ouais, c'est bon pour le business, finalement, la... C'est bon pour certains business, oui, évidemment. Et c'est pire qu'avant ou ça s'est amélioré ? Alors, je pense que à Rio, à San Paolo, etc., la tendance s'améliore. Disons que les crimes graves quand on regarde les statistiques de mortalité, etc., sont pas foncièrement différents de beaucoup d'autres mégalopoles. En revanche, tout ce qui est vol de téléphone portable à la tir, etc., c'est des choses qui arrivent. Et quand on vient, d'ailleurs, on nous... Faut faire attention. Voilà, il y a plein de recommandations.

[00:43:57] On nous dit surtout, surtout, vous ne sortez pas vos téléphones portables dans la rue. Mais peut-être pour te donner une idée, en 12 ans ici, je me suis fait une fois voler mon téléphone en attendant un taxi. Bon, ça aurait pu arriver à Paris. Ah, ça pourrait arriver à Paris, tout à fait. Mais effectivement, il faut être un peu plus prudent. Et ici, il y a une criminalité cyber aussi qui est très active. D'accord. Le Brésil est parmi les pays où les hackers sont les plus à la pointe, avec la Russie notamment. Et donc, du coup, on se méfie aussi parce qu'une fois qu'on se fait voler son téléphone,

[00:44:25] le téléphone est transmis à des personnes en quelques minutes qui arrivent à rentrer dans les applis bancaires, à faire des virements. Ça, c'est un peu le revers de la médaille du Pix, même si le Pix a justement aussi mis tout un tas de couches de protection pour éviter ce genre de... Et malgré toutes les sécurités qu'il peut y avoir sur les iPhones ou autres... de biométrie, etc. Les hackers sont très, très forts ici. Ah ouais, c'est pas simplement l'appareil, c'est tout ce qu'il y a derrière. C'est tout ce qu'il y a derrière, même. Merci beaucoup, Daniel Topper de la société Primalis. Donc, merci de nous avoir fait se découvrir

[00:44:55] de manière rapide et hyper précise en même temps. La tech au Brésil à l'occasion de ce Web Summit 2026. Obrigado, c'est le seul mot que je connais. Merci. Alors au Brésil, ce qui est assez étonnant, c'est que tous les commerçants, mais quand je dis tous, c'est du plus grand supermarché aux petits vendeurs sur la plage,

[00:45:25] tous sont équipés d'un terminal de paiement sans contact électronique. Pas besoin d'utiliser du cash, on peut tout faire avec son téléphone ou éventuellement avec sa carte bancaire, soit les cartes traditionnelles, Visa, Mastercard, etc. Soit un système réservé aux brésiliens qui s'appelle PIX et qui a été lancé par la Banque Centrale brésilienne et qui est un système d'interconnexion bancaire qui permet d'échanger de l'argent très facilement et donc à n'importe qui de recevoir également de l'argent. Alors c'est un peu

[00:45:54] comme Wero en Europe, sauf que Wero, pour l'instant, est complètement, enfin très embryonnaire, assez confidentiel, tandis que PIX est largement utilisé au Brésil par 170 millions de personnes environ. D'une manière générale, le système financier brésilien est très important et du coup, les techs financières, les fameuses fintechs, eh bien, se portent bien avec de nombreuses start-up. J'ai rencontré l'une d'elles, MB Labs, dirigée par Daniel Reis.

[00:46:21] Nous sommes une plateforme de front-end bancaire qui opère sur le marché brésilien. Nous avons environ 70 clients, un chiffre d'affaires d'environ 100 millions de réals. Et ce que nous livrons, au bout du compte, c'est une plateforme de front-end qui permet à de nouvelles fintechs de se développer. Nous proposons notamment des et parcours de comptes numériques, de traitement des cartes, de prêts, d'assurance et de retraite privée.

[00:46:51] Aujourd'hui, quel est le grand problème du marché ? Quand vous signez avec un fournisseur, vous êtes lié à lui. Dans notre cas, c'est différent. Vous pouvez travailler avec plusieurs fournisseurs. Vous pouvez prendre notre front-end, avoir un cœur bancaire fourni par un prestataire X, un processeur de cartes fourni par un prestataire Icri et un fournisseur de crédit encore différent. Comme nous sommes déjà intégrés aux principaux acteurs du marché, ce qui prendrait normalement

[00:47:21] un an peut prendre trois mois avec nous. Je pense que c'est notre grand différenciateur et c'est cela la disruption dont nous parlons ici. On sait que le Brésil est une place forte pour toutes les technologies liées à la finance. Vous pensez que le pays pourrait devenir un champion mondial de ce secteur ? C'est une bonne question. En général, dans la technologie, on regarde toujours vers la Silicon Valley, les États-Unis

[00:47:51] et la Chine. Mais quand on parle de fintech, nous avons de grands acteurs comme Apismo. Nous sommes fiers de voir une technologie brésilienne conquérir le monde. Visa a racheté Apismo. Je pense donc que le Brésil est en train de se positionner notamment avec PIX, lancé en 2020, notre système de paiement instantané. Nous avons montré au monde qu'en plus de l'open finance, PIX apportait une innovation et une nouvelle manière de payer.

[00:48:20] Les États-Unis n'avaient pas de paiement instantané comparable. La Fed vient tout juste de lancer FedNow. Nous, nous avons déjà cela depuis longtemps. Donc, oui, je pense que le Brésil dispose d'un cadre réglementaire et d'une infrastructure qui peuvent nous placer en position de leader dans les technologies appliquées au marché financier. Est-ce que les utilisateurs sont friands, FinTech? Est-ce que tout le monde les utilise? Je pense que le travail réalisé par la Banque centrale

[00:48:49] avec la loi 12 865 en 2013, donc il y a 13 ans, a permis d'ouvrir le marché, d'introduire de la technologie et de bancariser la population. Avant, environ 30 % de la population disposait d'un compte bancaire avec accès au crédit. Aujourd'hui, on parle d'environ 80 % de la population brésilienne qui a pu être bancarisée. La technologie a donc démocratisé les services financiers et les Brésiliens

[00:49:19] sont de gros utilisateurs. Vous le voyez ici, c'est votre première fois. Le marchand du kiosque, le vendeur de pop-corn ou de Coca-Cola, tous ont leur petit terminal et acceptent un Pix. Qui aurait imaginé cela il y a 10 ans? Donc oui, sans aucun doute, nous avons sorti une partie de l'économie de l'informel et créé une relation de transaction beaucoup plus simple et rapide. Merci beaucoup. Et pour la petite histoire, d'ailleurs,

[00:49:49] sachez que la plus jeune milliardaire du monde est brésilienne, Loana Lopez Lara. Elle a créé une fintech qui s'appelle Calchi. Voilà. Sinon, en matière d'intelligence artificielle, c'est également très intéressant ce qui se passe parce que là aussi, c'est la quête de la souveraineté qui guide les efforts des Brésiliens avec le développement de LLM en portugais qui soit spécifiquement entraîné sur la culture, sur l'histoire et aussi sur les subtilités juridiques du Brésil.

[00:50:19] Il y a également Neospace, une startup qui travaille sur un LLM dédié à la finance spécifiquement brésilienne. Allez, on va terminer avec les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux au Brésil qui, comme partout ailleurs, apportent le meilleur est le pire. Et j'ai rencontré notamment cette startup Synapse X qui veut nous aider à ne plus scroller idiot, ce qu'on appelle le doom-scrolling. J'ai rencontré Raphaël Rosa. Synapse X est le premier fil qui transforme

[00:50:48] le scrolling inutile en véritable compétence. Ici, au Brésil, nous avons un gros problème. Les gens passent environ trois heures et demie dans un feed, comme Instagram ou TikTok. Pas seulement au Brésil, vous savez. Oui, je sais, je sais. Mais le Brésil est le deuxième pays au monde pour le doom-scrolling. Nous ne sommes dépassés que par, je crois, l'Inde. Donc, c'est un gros problème ici au Brésil. Au Brésil, par exemple, il y a des personnes

[00:51:18] avec 50 millions d'abonnés qui ne produisent aucun contenu éducatif. Vous voyez ce que je veux dire. Et Synapse X transforme ce problème au Brésil, mais pas seulement au Brésil dans le monde entier, en compétences. Alors, comment ça marche? Je peux vous montrer? C'est un feed comme TikTok et vous pouvez apprendre toutes sortes de choses, par exemple, comment réparer un moteur. Ici,

[00:51:47] il y a un créateur qui explique des notions de finances. Donc, c'est un feed comme TikTok ou les Reels d'Instagram, mais qui vous permet d'acquérir des compétences. Et comment je peux l'utiliser? L'application est prête de notre côté, mais nous avons un problème avec la plateforme cloud et nous avons besoin d'un partenaire parce que cela coûte très cher d'héberger

[00:52:17] beaucoup de vidéos. Nous cherchons un partenaire pour concrétiser le projet. Donc, après, ce sera une application autonome? Oui, oui. Elle est prête à démarrer dès maintenant. Une sorte de TikTok intelligent? Exactement. Un TikTok malin, en fait. C'est exactement ça. OK, thank you very much. Hola a todos, nous sommes ici au Web Summit Rio, dans la Cidade Maravilhosa,

[00:52:47] quarte édition de cet évento. Vous êtes tous convidados pour nous réunir et nous accompagner dans cet évento maravilloso. Voilà, c'est la fin de cet épisode de Monde Numérique l'hebdo. Un épisode un peu spécial. J'espère que ça vous a plu. Si vous en voulez plus, retrouvez la semaine prochaine les interviews en version intégrale, en tout cas pour mes deux intervenants français, francophones, et puis également en vidéo. Et surtout, je vous prépare actuellement

[00:53:16] un reportage vidéo complet que je vous inviterai vivement à regarder sur la chaîne YouTube de Monde Numérique et puis sur le site mondenumérique.info. Abonnez-vous, abonnez-vous aussi à la newsletter, comme ça, vous ne raterez rien. Merci beaucoup pour votre fidélité. Merci d'être aussi nombreux à écouter ce podcast, de plus en plus nombreux. Continuez, faites-le connaître, parlez-en autour de vous, incitez vos amis et votre famille à s'abonner à Monde Numérique si la tech les intéresse. La semaine prochaine, ce sera Cap sur VivaTech,

[00:53:44] le grand salon de la tech de Paris, porte de Versailles. On y sera, je serai rentré à la maison d'ici là. Donc, je vous propose, je suis en train de vous concocter des interviews et des rendez-vous spéciaux, je l'espère, super intéressants. Rendez-vous donc la semaine prochaine pour l'hebdo et puis sinon, tous les jours ou presque, des épisodes de Monde Numérique. Je vous souhaite une très bonne semaine, pleine de tech. Salut ! Sous-titrage Société Radio-Canada

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