🤔 Peut-on vraiment interdire les réseaux sociaux aux mineurs ? (Tout comprendre)
Monde Numérique29 juillet 202615:46

🤔 Peut-on vraiment interdire les réseaux sociaux aux mineurs ? (Tout comprendre)

Derrière l'idée d'interdire les réseaux sociaux aux mineurs se cache un défi technique et juridique bien plus complexe qu'il n'y paraît. IA, carte d'identité, biométrie, tiers de confiance : quelles sont les solutions ? Et pourquoi aucune n'est parfaite ?

– Série « Tout comprendre », avec le soutien de Frogans.
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Vérifier l'âge, une fausse évidence

Dans le monde réel, il suffit souvent de présenter une pièce d'identité pour prouver son âge. Sur Internet, les choses sont beaucoup plus compliquées. Une simple date de naissance peut être falsifiée, une carte d'identité empruntée, un téléphone partagé ou une carte bancaire utilisée par une autre personne.

L'objectif est donc de vérifier qu'un utilisateur a bien l'âge requis sans collecter inutilement ses données personnelles.

Les limites des solutions actuelles

Demander une pièce d'identité est efficace, mais oblige à transmettre des informations sensibles comme le nom, la photo ou la date de naissance. La conservation de ces documents soulève alors des questions de sécurité, de confidentialité et de confiance.

D'autres méthodes existent, comme la carte bancaire ou le numéro de téléphone, mais elles ne garantissent pas que la personne utilisant le service est bien son véritable titulaire.

L'intelligence artificielle peut-elle estimer l'âge ?

Certaines plateformes utilisent l'intelligence artificielle pour analyser un selfie et estimer l'âge d'un utilisateur. Cette approche évite de demander des documents officiels, mais elle reste approximative.

Faire la différence entre un adulte et un enfant est relativement simple. En revanche, distinguer un adolescent de 14 ans d'un jeune de 15 ans reste beaucoup plus difficile, même avec les meilleurs algorithmes actuels.

Le pari du tiers de confiance

Pour mieux protéger la vie privée, l'Europe développe un système reposant sur un tiers de confiance. Celui-ci vérifie l'âge de l'utilisateur puis transmet uniquement une preuve indiquant qu'il est majeur, sans révéler son identité ni sa date de naissance.

Cette approche, fondée sur le principe du double anonymat et de la divulgation sélective des informations, doit être intégrée au futur portefeuille européen d'identité numérique.

Un équilibre difficile entre protection et liberté

Même les systèmes les plus sophistiqués ne peuvent empêcher un enfant d'utiliser le téléphone ou le compte d'un adulte. À l'inverse, renforcer les contrôles implique souvent davantage d'identification, de biométrie ou de surveillance.

Le véritable défi consiste à protéger les mineurs sans transformer Internet en un espace où chacun devrait justifier en permanence de son identité.


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Narrateur: [0:01] Voilà, le Parlement vient de voter l'interdiction des réseaux sociaux aux moins Narrateur: [0:05] de 15 ans. Et c'est une avancée majeure. La France ouvre la voie en Europe pour la protection de nos enfants, de nos adolescents. Narrateur: [0:20] On en parle beaucoup depuis quelques temps. Interdire les réseaux sociaux aux enfants, afin de les protéger contre les contenus inappropriés. Mais comment vérifier efficacement l'âge des utilisateurs sans aller trop loin dans la surveillance ? De nombreux sites sont déjà interdits aux mineurs, ils requièrent une date de naissance au moment de l'inscription, mais le dispositif est facile à contourner, de nombreux jeunes ne s'en privent pas, ils accèdent aux réseaux sociaux bien avant l'âge limite des 13 ans. Car demander l'âge ne suffit pas, encore faut-il le vérifier. Dans le monde réel, c'est facile, un coup d'œil pour estimer l'âge de quelqu'un, si on a un doute, on peut toujours lui demander une pièce d'identité. Mais sur Internet, c'est beaucoup plus compliqué. Rien ne permet d'affirmer avec certitude qu'une personne derrière son clavier est bien celle qu'elle prétend être. Il est facile de gruger la machine, soit en lui mentant, soit en montrant une photo de quelqu'un d'autre. En fait, vouloir transposer dans le monde numérique des vérifications qui paraissent simples dans le monde réel, c'est un vrai défi. On ouvre la boîte de Pandore des problèmes. car ça touche à la sécurité des données, à la vie privée et au principe communément admis du pseudonyma sur internet qui permet à chacun de ne pas se dévoiler entièrement. Alors est-il possible de résoudre cette équation infernale ? C'est ce que nous allons voir dans cet épisode. Narrateur: [1:46] Cet épisode de Monde Numérique vous est proposé en partenariat avec Frogans, le pionnier de l'informatique spatialisée. Comme les inventions dont je vous parle dans cette série, Frogans ouvre une nouvelle voie. C'est une manière innovante de diffuser du contenu sur Internet, à travers des sites d'un nouveau genre, plus visuel et plus libre, qui sortent du cadre du web traditionnel. Les sites Frogans sont optimisés pour tous les écrans, y compris les casques de réalité augmentée, grâce à une technologie ouverte, respectueuse de la vie privée. C'est un véritable outil de création propulsé par un nouveau langage basé sur le XML, accessible en bêta à tous les développeurs professionnels. Froganz est un projet français tourné vers l'internet de demain. Pour en savoir plus, rendez-vous sur f2r2.fr. F2r2.fr Et merci à Froganz de soutenir Monde Numérique. Narrateur: [2:36] La méthode la plus simple pour vérifier l'âge de quelqu'un sur internet, c'est de lui demander une photo de sa carte d'identité ou de son passeport. Ensuite, un logiciel peut facilement contrôler la date de naissance, vérifier les éventuels éléments de sécurité et parfois, pour aller plus loin, demander un selfie pour comparer avec la photo d'identité. Mais l'utilisateur, en envoyant tout cela, donne beaucoup d'informations sur lui-même. Son nom, son prénom, sa photographie, sa date de naissance, son lieu de naissance, parfois même son adresse. À l'arrivée, le réseau social ou autre se retrouve donc avec énormément d'informations sur l'utilisateur. Narrateur: [3:13] Et là, ça pose tout de suite beaucoup de questions. Car qui est cet organisme pour recevoir ainsi une copie de ce document ? Cette copie va-t-elle être conservée ? Et si oui, pendant combien de temps ? Est-ce qu'elle pourra être réutilisée ? Et que se passe-t-il si la base de données est piratée ? Le contrôle de l'âge crée ainsi un nouveau risque. Pour protéger les mineurs, on constitue des fichiers contenant les documents d'identité de millions d'internautes. Cela oblige aussi à dévoiler des données personnelles à une organisation privée, en laquelle on n'a pas forcément confiance. Car que va-t-elle faire de ces données ? Est-ce qu'elle va me traquer personnellement ? Est-ce qu'un employé indélicat pourrait exploiter ces informations ? Enfin, ça ne protège pas contre la triche. Un adolescent peut aisément transmettre la carte d'identité de son père, de sa mère, de son grand frère ou de sa grande sœur. Une autre option consiste à demander une carte bancaire comme preuve de majorité. On entend souvent cet argument mis en avant. C'est un élément d'identification qui est un peu moins bavard qu'un document d'identité. Bon, à condition bien sûr de ne pas révéler le code secret qui vont avec. Narrateur: [4:18] Mais là encore, il y a des failles. Car posséder une carte bancaire ne signifie pas nécessairement qu'on est majeur. Il y a de nombreux adolescents qui ont aujourd'hui des cartes liées à des comptes pour mineurs. Et à l'inverse, certains adultes n'ont pas de carte bancaire. Enfin, là encore, rien n'empêche un enfant d'utiliser la carte d'un parent, d'un tiers. Le même problème se pose avec l'identification par numéro de téléphone. Un opérateur connaît généralement le titulaire du forfait. Mais le téléphone d'un adolescent peut être enregistré au nom d'un adulte. Une donnée peut donc être exacte sans correspondre à la personne qui utilise réellement le service. Narrateur: [4:53] Certaines plateformes tentent donc de s'en remettre à l'intelligence artificielle. Narrateur: [5:03] Un selfie peut permettre à un algorithme d'IA d'estimer l'âge d'un utilisateur. Le système ne va pas essayer forcément de reconnaître la personne, ni de retrouver son identité, mais juste examiner les caractéristiques du visage, et ainsi déterminer une tranche d'âge probable. Le problème, c'est que c'est seulement un âge probable. Cette méthode peut être rapide, elle ne nécessite pas de présenter ses papiers, mais elle ne vérifie pas véritablement l'âge de l'utilisateur. Elle va trouver que quelqu'un semble avoir l'âge requis. Ça reste assez approximatif. Distinguer une personne de 30 ans d'un enfant de 12 ans, bon, ça, c'est assez facile. Mais faire la différence entre un adolescent de 14 ans et 11 mois et un autre qui a 15 ans révolu, c'est évidemment beaucoup plus aléatoire. En 2024, le NIST, l'organisme américain qui évalue notamment les technologies biométriques, a testé plusieurs logiciels d'estimation d'âge. Alors si la précision s'est améliorée au fil des années, elle n'est pas encore pour autant parfaite. Même sur des photographies de bonne qualité, l'erreur moyenne du meilleur système reste un écart de plusieurs années. Les performances varient aussi selon le sexe, l'âge, la qualité des images bien sûr, et les populations observées. Narrateur: [6:20] L'IA n'est donc pas, à ce jour, une bonne solution pour vérifier l'âge d'un utilisateur sur Internet. En pratique, on pourrait essayer de compenser ça en prévoyant une marge de sécurité. Par exemple, un service interdit aux moins de 18 ans demande un justificatif à toute personne dont l'âge estimé est inférieur à 23 ou 25 ans. Ça limiterait les faux positifs, mais cela obligerait aussi de nombreux adultes à effectuer un contrôle supplémentaire, ce qu'il n'apprécierait pas forcément. Narrateur: [6:49] En outre, un système basé sur l'analyse du visage doit pouvoir distinguer efficacement une personne réelle d'une photographie ou encore d'une vidéo enregistrée, d'un masque qui représente une personne ou encore d'une image générée par intelligence artificielle. C'est ce qu'on appelle la détection de présence ou liveness detection. Et ce n'est pas simple. Il y a des technologies qui permettent de faire ça, notamment en analysant le flux sanguin à travers la peau. Mais forcément, c'est coûteux et ce n'est pas non plus du 100%. Bref, plus on cherche à empêcher la fraude, plus le système devient complexe et intrusif. Narrateur: [7:32] Une autre technique pour évaluer l'âge des utilisateurs consiste à observer leur comportement en ligne. Les réseaux sociaux peuvent analyser les contenus, par exemple, consultés par un utilisateur. Est-ce qu'il s'intéresse plutôt aux jeux vidéo pour enfants ou aux cours de management ? Ça peut être un indice. On peut surveiller aussi les comptes auxquels il s'abonne, le vocabulaire qu'il emploie, les recherches qu'il effectue, ses contacts, ses horaires de connexion, ou encore les personnes qui apparaissent avec lui sur ses photos personnelles. Si un utilisateur déclare qu'il a 25 ans, mais qu'il publie un message annonçant qu'il entre en quatrième, bon, a priori, ça veut dire qu'il y a un hic. Cette méthode est appelée parfois inférence d'âge. La plateforme ne demande pas directement une preuve, mais elle déduit une tranche d'âge à partir du comportement. Cependant, ça crée un paradoxe. Pour mieux protéger la vie numérique des enfants, on demande aux plateformes de surveiller encore plus tout le monde. Car pour détecter les mineurs, eh bien, il faut analyser les comportements de tout le monde, y compris les adultes. Narrateur: [8:46] Alors, face à ces solutions imparfaites, on a inventé un autre mécanisme, plus basé sur un concept juridique, le tiers de confiance. Au lieu de présenter sa carte d'identité directement à TikTok ou à Instagram ou à n'importe quel site pour adultes, le principe consiste à passer par un intermédiaire indépendant certifié. Cet intermédiaire vérifie l'âge, puis envoie simplement au site une réponse, oui, cette personne a l'âge requis. Narrateur: [9:15] Il ne communique ni son nom, ni sa date de naissance exacte, ni son adresse. On appelle ça un système en double anonymat. C'est la solution défendue en France et en Europe depuis plusieurs années par les pouvoirs publics. Le tiers qui vérifie l'identité sait qui est l'utilisateur, mais ne sait pas nécessairement quel site il va aller consulter. Et de son côté, les sites savent que l'utilisateur possède l'âge requis, mais ne connaissent pas son identité réelle. On peut comparer ça à un vigile qui remettrait à l'entrée d'un établissement un jeton indiquant personne majeure, mais sans inscrire le nom du client sur le jeton, ni sans savoir ensuite ce qu'il va faire à l'intérieur. Des techniques cryptographiques permettent aussi de filtrer les informations échangées. On parle de divulgation sélective, c'est-à-dire qu'au lieu de transmettre toute l'identité de la personne, on enverrait que sa date de naissance, par exemple. L'utilisateur ne transmet que cet attribut nécessaire et ainsi on peut déterminer qu'il a plus de 18 ans. La Commission européenne a développé une solution de ce type et en avril 2026, elle a annoncé que les principales fonctionnalités étaient prêtes à être adoptées par les États et les entreprises. Le dispositif doit permettre de prouver qu'on a plus de 18 ans sans révéler son identité ni même son âge exact. Et ça doit être ensuite intégré au portefeuille européen d'identité numérique. Cette architecture protège donc beaucoup mieux la vie privée. Narrateur: [10:40] Mais malheureusement, elle ne résout pas tous les problèmes. Et non, imaginons qu'un adulte obtienne sur son téléphone un certificat numérique attestant qu'il a plus de 18 ans. Ok, mais qu'est-ce qui empêche son enfant d'aller utiliser son téléphone pour accéder à tel ou tel service ? Encore une fois, on peut lier la preuve à l'appareil, mais pas à celui qui le manipule. On pourrait demander aussi un code secret, mais c'est pareil, un code, ça se transmet. On pourrait utiliser l'empreinte digitale ou le visage du propriétaire, En introduisant donc une vérification biométrique, mais là, on introduit dans la boucle de nouvelles données sensibles. On pourrait aussi effectuer régulièrement de nouveaux contrôles pour vérifier que la même personne continue d'utiliser le compte, mais ça reviendrait à surveiller l'utilisateur en permanence. C'est le problème de la liaison, ce qu'on appelle le binding, Comment rattacher durablement une preuve d'âge à la bonne personne sans rattacher également cette personne à une identité traçable. Vous me suivez ? Narrateur: [11:42] Bref, plus la preuve est facile à utiliser et respectueuse de l'anonymat, et plus elle risque d'être transférable. A l'inverse, plus on veut empêcher son transfert, et plus il faut identifier ou authentifier fortement son titulaire. Même un contrôle techniquement performant ne peut pas fermer toutes les portes d'Internet en réalité. Un enfant pourra toujours utiliser le compte d'un adulte, récupérer un compte déjà vérifié, modifier sa localisation, passer par un VPN, se rendre sur une plateforme étrangère moins contrôlée ou utiliser un service qui n'entre pas juridiquement dans la catégorie des réseaux sociaux. Le Royaume-Uni en a fait l'expérience après l'entrée en vigueur en juillet 2025 du contrôle d'âge renforcé pour l'accès au contenu pornographique. On s'est aperçu que l'usage quotidien des VPN, les réseaux privés virtuels qui permettent de masquer sa localisation et un certain nombre de données, a plus que doublé dans les semaines qui ont suivi. Il est passé d'environ 650 000 utilisateurs par jour à plus de 1,4 million à la mi-août. Bon, avant de redescendre ensuite à l'automne aux alentours de 900 000 utilisateurs de VPN. En Australie, depuis le 10 décembre 2025, les plateformes concernées doivent prendre des mesures raisonnables, c'est le terme exact, pour empêcher les moins de 16 ans de créer ou de conserver un compte. Le choix de cette expression est important. La loi n'exige pas une efficacité absolue. Elle impose aux entreprises de mettre en œuvre un ensemble de moyens crédibles et proportionnés. Narrateur: [13:12] Car garantir qu'aucun mineur ne pourra jamais accéder à un réseau social, c'est pratiquement impossible. Pour atteindre cet objectif, il faudrait contrôler les plateformes, mais aussi les boutiques d'applications, les magasins en ligne, les systèmes d'exploitation, les navigateurs, les appareils, peut-être même les connexions Internet elles-mêmes. Alors là, on ne serait plus dans la vérification de l'âge, on serait carrément dans la surveillance généralisée. Narrateur: [13:40] Derrière la bonne intention de protéger les enfants apparaît ainsi le risque d'un Internet quasiment sous surveillance, beaucoup moins anonyme, dans lequel il faudrait de plus en plus souvent présenter un justificatif avant de publier un message, de regarder une vidéo ou d'accéder à un service. Certains défenseurs des libertés numériques craignent que la protection des mineurs serve même progressivement à normaliser des dispositifs d'identification beaucoup plus larges, ce qui reviendrait à faire progressivement disparaître le pseudonyma sur les réseaux sociaux. Oui, pseudonyma, parce qu'on n'est pas réellement anonyme, il faut le rappeler. Nous avons le droit d'exister sous des faux noms, mais en cas de nécessité, en cas de délit ou de crime, la justice ou la police peuvent la plupart du temps retrouver notre véritable identité. C'est d'ailleurs une procédure banale. Dans le cadre d'enquêtes criminelles, la police ou la justice s'adressent immédiatement aux plateformes ou aux fournisseurs d'accès et obtiennent des éléments d'identification. Certes, un utilisateur peut toujours utiliser un VPN, un réseau Wi-Fi public pour tenter de passer inaperçu, ou encore un appareil volé et toutes sortes de techniques de dissimulation, mais la majorité des internautes ne se cachent pas comme des criminels. Narrateur: [14:57] Il n'existe donc pas de solution parfaite pour contrôler l'âge des mineurs sur Internet. Le pragmatisme veut donc que d'un côté, on rende de plus en plus difficile l'accès des plus jeunes aux espaces qui ne leur sont pas destinés, et ça c'est un objectif probablement atteignable, mais en revanche garantir qu'aucun mineur ne pourra jamais accéder à un site qui ne lui est pas destiné, tout en préservant l'anonymat collectif, cela paraît tout bonnement impossible. Voilà, si cet épisode vous a intéressé, ne ratez pas les autres épisodes de la série Tout Comprendre à retrouver sur votre plateforme de podcast et sur le site mondedumérique.info.
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