L'IA peut-elle vraiment anéantir l'humanité ? (📆 L'HEBDO 12/09/26)
Maison Connectée12 septembre 202650:16

L'IA peut-elle vraiment anéantir l'humanité ? (📆 L'HEBDO 12/09/26)

Apocalypse par l’IA : IA : faut-il croire les semeurs de peur ? • Apple lance l’iPhone Duo pliant • OpenAI bat un record en maths • Meta dévoile son agent Muse • Revolut teste le paiement par IA • Mistral lève 3 milliards • Faux départ pour la brosse à dents Dyson • Shadow ressuscite les vieux PC par le cloud • Arlequin AI invente les neurones topologiques

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L’iPhone Duo, le pliant selon Apple

Apple dévoile son premier iPhone pliant, l’iPhone Duo : écran interne de 7,6 pouces, format compact et prix à partir de 2 339 euros. Une prouesse de design, mais aussi une machine à compromis face aux iPhone 18 Pro, notamment sur la photo et l’abandon de Face ID au profit de Touch ID. Avec Bruno Guglielminetti, de Mon Carnet, on se demande si Apple peut enfin faire décoller un marché des smartphones pliants encore marginal. À écouter aussi : le Débrief Transatlantique consacré au nouvel iPhone pliant.

Quand l’Apple Watch se souvient à votre place

Apple présente aussi Live Rewind et Siri Recap, deux fonctions destinées à retrouver les dernières secondes d’une conversation ou à résumer les échanges d’une journée. Des usages qui rapprochent l’Apple Watch des appareils et applications de prise de notes automatique, avec des questions évidentes de confidentialité — et une disponibilité européenne qui n’est pas prévue au lancement.

OpenAI s’attaque à l’un des grands problèmes des mathématiques

OpenAI annonce qu’un système d’IA interne a produit une solution au problème d’existence et de régularité de Navier-Stokes, l’un des célèbres « problèmes du millénaire », accompagnée d’une formalisation dans Lean. L’annonce a aussitôt suscité un débat sur la proximité avec des travaux mathématiques concurrents ; OpenAI affirme, après enquête, que les travaux de Buckmaster n’ont pas pu influencer son système.

Meta lance Muse, son agent IA personnel

Meta passe du chatbot à l’agent avec Muse, capable d’envoyer des e-mails, préparer des voyages ou réaliser des achats. L’agent fonctionne dans une machine virtuelle dédiée, Muse Secure VM, avec un second agent de contrôle baptisé Sentinel ; Meta précise notamment qu’une confirmation humaine est requise pour les actions sensibles comme l’envoi d’un e-mail ou un achat. Muse commence son déploiement aux États-Unis.

En France, l’IA commence à payer

Revolut et Visa annoncent avoir réalisé en France un premier paiement sécurisé en conditions réelles initié par un assistant alimenté par l’IA. L’expérience vise à préparer un futur où des agents pourraient rechercher un produit et prendre en charge une partie croissante de l’acte d’achat, tout en conservant des mécanismes d’autorisation et de sécurité.

Mistral lève 3 milliards et muscle ses infrastructures

Mistral AI annonce une levée de 3 milliards d’euros destinée notamment à renforcer ses capacités d’infrastructure en Europe. Au-delà de la course aux modèles, la pépite française affirme ainsi une stratégie d’IA souveraine reposant aussi sur les capacités d’inférence et les infrastructures européennes.

Faux départ pour la brosse à dents CameraJet de Dyson

À peine lancée, la Dyson CameraJet, étonnante brosse à dents équipée d’une caméra et d’un système de jet interdentaire piloté par machine learning, se retrouve indisponible. Dyson met officiellement en avant une rupture de stock, tandis que des premiers utilisateurs ont signalé des dysfonctionnements ; la marque reconnaît des problèmes sur certains premiers exemplaires sans les relier au retrait commercial évoqué dans l’émission.

Au Brésil, un lycéen met une IA contre le réchauffement des villes

À Palmas, le lycéen de 16 ans Isaac Carvalho Borges a développé un outil d’intelligence artificielle destiné à repérer les micro-îlots de chaleur urbains à partir notamment de données satellites, de température et de végétation. Son projet, récompensé par un prix de 12 500 dollars, doit être proposé en open source et gratuitement aux organismes publics locaux (source).

« L’IA pourrait tous nous tuer » : que valent ces alertes ?

La démission de Jacob Coxon d’Anthropic remet brutalement les risques existentiels de l’IA au centre du débat : l’ancien chercheur d’OpenAI et d’Anthropic accuse les grands laboratoires de foncer vers une superintelligence capable de s’améliorer elle-même. Evan Hubinger, responsable de l’Alignment Science chez Anthropic, évoque de son côté une probabilité supérieure à 10 % que l’IA puisse provoquer la disparition de l’humanité dans la décennie. Avec Bruno Guglielminetti, de Mon Carnet, nous examinons les scénarios envisagés — perte de contrôle, cyberattaques ou détournements biologiques — mais aussi le paradoxe de chercheurs qui alertent tout en travaillant au développement de systèmes toujours plus puissants.

Shadow veut remplacer votre vieux PC par le cloud

Shadow PC propose de transformer un Mac, un vieux PC ou même une machine très modeste en ordinateur Windows puissant grâce au streaming depuis ses data centers. Bruno Pennes, responsable marketing de Shadow, fait la démonstration d’usages allant du gaming à Blender, au montage vidéo et à l’IA, tout en rappelant la principale contrainte du système : une connexion Internet stable et une latence suffisamment faible.

Arlequin AI veut inventer une troisième voie pour l’IA

Après les LLM et les « world models », Arlequin AI mise sur les réseaux de neurones topologiques, conçus pour analyser les connexions entre de grandes masses de données complexes. Hugo Micheron, CEO et cofondateur d’Arlequin AI, et Antoine Jardin, CTO et cofondateur d’Arlequin AI, expliquent comment cette architecture peut notamment détecter des schémas de fraude, rendre les analyses traçables et proposer des systèmes plus auditables ; la startup vient de lever 28 millions d’euros pour accélérer cette approche (écouter aussi : Arlequin AI sur Monde Numérique).


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Monde Numérique : [0:11] Ils nous font peur, ils annoncent l'apocalypse par l'IA et pourtant ils travaillent Monde Numérique : [0:15] dans l'intelligence artificielle. Cette semaine, on revient sur ces alertes répétées concernant les risques de l'IA, l'IA qui pourrait carrément anéantir la race humaine, ce n'est pas la première fois qu'on le dit, mais de quoi parle-t-on exactement et qu'est-ce qui se cache derrière ces discours alarmistes ? Ne quittez pas, vous allez tout comprendre, on en parle cette semaine dans L’Hebdo. L'actu de la semaine, c'est aussi Apple qui dévoile enfin son iPhone pliant, « Welcome iPhone Duo ». Mais les avis sont partagés à propos de ce nouveau joujou. Côté IA encore, on dira un mot de ChatGPT qui bat un nouveau record en mathématiques. On parlera de Mistral, le français qui semble opérer un virage stratégique à coup de millions d'euros. Et aussi d'un agent IA qui fait les courses et surtout qui règle directement ses achats sans rien demander à personne, enfin presque. Pas de panique, c'est le progrès dans le domaine bancaire. Monde Numérique : [1:10] Les interviews de la semaine. Un PC virtuel hyper puissant dans le cloud pour remplacer votre vieil ordinateur, c'est la promesse de l'entreprise française Shadow. Je suis allé les voir pour en savoir plus. Interview tout à l'heure. Et puis connaissez-vous les réseaux de neurones topologiques ? Attention, c'est du lourd, c'est de la deep tech. C'est une troisième forme d'intelligence artificielle qui s'intéresse aux connexions entre les données. Je reçois les cofondateurs d'une pépite française, la start-up Arlequin AI. Monde Numérique : [1:46] Bienvenue à l'écoute de Monde Numérique, L’Hebdo du 12 septembre 2026. Invité : [1:52] Monde Numérique, Jérôme Colombain. Monde Numérique : [1:58] L'hebdo, si vous écoutez ce podcast pour la première fois, bienvenue. C'est le rendez-vous hebdomadaire, comme son nom l'indique de Monde Numérique chaque samedi. Un vrai magazine avec des news, du talk, des interviews. Tout cela en moins d'une heure. Et pour le plus grand plaisir de vos oreilles de geek. Et pour vous qui écoutez ce podcast depuis si longtemps, une fois encore, je renouvelle mes remerciements pour cette fidélité, pour tous vos retours, pour tous vos messages au fil des jours et des années. Monde Numérique : [2:31] Il y aurait 10 % de risques que l'intelligence artificielle anéantisse l'espèce humaine dans la prochaine décennie. Voilà l'effrayante probabilité évoquée cette semaine par différents spécialistes du secteur. Des ingénieurs d’Anthropic, notamment, qui tirent la sonnette d'alarme. Des grands noms aussi comme Yoshua Bengio, qui renouvellent leur mise en garde. Et même l'ONU qui s'en mêle. Mais pourtant, la recherche en intelligence artificielle continue de foncer. Monde Numérique : [2:55] À tombeau ouvert, diront certains. Dans les labos des big tech, on s'active plus que jamais. Tout en criant au secours « Arrêtez-nous, on court à la catastrophe ». Donc une situation totalement paradoxale, totalement hypocrite, totalement schizophrénique même. C'est peut-être parce que derrière ces cris d'alarme se cachent des motivations qui nous échappent. Ces marchands de peur auraient-ils quelque chose à gagner en voulant à tout prix attirer l'attention sur eux et surtout effrayer tout le monde ? Et d'ailleurs, quels sont ces fameux risques qui pèsent sur nos têtes ? Sont-ils bien réalistes ? Quels sont les scénarios d'anéantissement de l'espèce humaine ? Sans vouloir minimiser la puissance de l'IA, il faut sans doute remettre les pendules à l'heure. Il faut raison garder : on n'est peut-être pas vraiment à la veille de la disparition de l'humanité. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire, qu'il ne faut pas s'en occuper, et qu'il ne faut pas se réveiller surtout. J'en dis pas plus pour l'instant, on reviendra sur ce sujet en détail dans un instant, dans quelques minutes avec Bruno Guglielminetti, parce que c’est Monde Numérique : [3:59] l’un des gros sujets de notre Débrief Transatlantique hebdomadaire. Monde Numérique : [4:04] En attendant l'apocalypse, cette semaine, les fans de la marque à la pomme avaient le sourire, en tout cas, avec le lancement, enfin, du fameux iPhone pliant. Voici l'iPhone Duo. C'est pareil, on va y revenir dans un instant avec Bruno. Mais on rappelle l'essentiel pour ceux qui auraient raté le début de l'histoire, ce qui est étonnant vu le battage médiatique, comme d'habitude, qu'il y a eu autour de ce nouveau produit. Donc un smartphone qui se plie en deux, comme un livre, avec un petit format dit passeport. Une très belle réalisation technique, évidemment, pour un produit qui n'est pas le premier du genre. Et une question, ce nouveau format séduira-t-il les consommateurs ? Qui devront faire des choix, car l'iPhone Duo présente des limitations par rapport à l'iPhone 18, également dévoilé cette semaine. Et puis, le prix astronomique, bien sûr, on est à plus de 2 300 euros. Cela dit, si la magie Apple opère, ce produit pourrait dynamiser le marché du pliant, qui pour l'instant reste très marginal. Ça ne représente que 1,5 à 2 % des ventes mondiales totales de smartphones. Oui, au fait, moi je dis smartphone pliant, parce que pour moi, c'est l'écran qui est pliable, c'est sa caractéristique technologique, et c'est le smartphone qui est pliant, un peu comme une table ou comme une chaise, parce que c'est sa fonctionnalité principale. Mais j'ai compris que j'avais déjà perdu la partie. Parce que sur le site d'Apple, on parle de smartphone pliable. Donc tout le monde va dire le smartphone pliable. C’est comme ça, que voulez-vous. Il y a des combats perdus d'avance et je m'y résous. Monde Numérique : [5:30] À propos de la keynote Apple du 9 septembre également, deux autres smartphones ont été présentés, l'iPhone 18 Pro et le 18 Pro Max. Je vous en parle dans un épisode Zoom Tech sur Monde Numérique en date du 10 septembre. Deux nouvelles Apple Watch également, et on ne va pas s'étendre dessus, mais juste un petit mot de deux fonctions qui ont été avancées, présentées pour la première fois par Apple, qui sont assez insolites. Ça s'appelle Live Rewind et Siri Recap. Alors, de quoi s'agit-il ? Eh bien, Live Rewind est un truc qui vous permet de retranscrire les 15 dernières secondes d'une conversation en texte. Par exemple, vous êtes au restaurant, la serveuse vous indique le menu et puis elle s'en va, et vous ne vous souvenez plus de ce qu'elle vient de vous dire. Monde Numérique : [6:14] Vous double-cliquez sur la molette de l'Apple Watch et vous voyez une transcription des 15 dernières secondes de ce qui vient d'être dit. C'est un cas d'usage assez particulier, je ne sais pas trop où ils sont allés chercher ça, Peut-être que ça pourra rendre service dans certaines situations au restaurant ou ailleurs. Et puis l'autre fonction, c'est Siri Recap. Là, c'est également un système qui vise à résumer des échanges qu'on peut avoir sur une période beaucoup plus longue. Tout au long de la journée, par exemple, vous avez des rendez-vous, des réunions, etc. Eh bien, ça enregistre tout. Et à la fin, vous n'avez pas une transcription intégrale parce que ce serait ingérable. Mais vous avez un résumé généré par Siri. Apple précise que, un, c'est facultatif, et deux, il n'y a aucun enregistrement qui est conservé ni envoyé sur le cloud. Et de toute façon, ça n'arrivera pas en Europe. Eh oui, parce que c'est lié à la nouvelle version de Siri. Ça sortira en bêta en anglais un peu plus tard dans l'année. Monde Numérique : [7:04] En fait, Apple veut justement concurrencer les applis ou les appareils qui existent déjà et qui font ce genre de travail de résumé, de conversation. Sauf que là, ce sera intégré dans la Watch. Donc ça, je trouve que c'est plutôt pas mal. Monde Numérique : [7:19] Allez, revenons à l'intelligence artificielle tout de même, car pendant les angoisses existentielles, les travaux continuent et les grandes annonces également se poursuivent. Cette semaine, c'est OpenAI qui a fait une annonce fracassante en matière de mathématiques. ChatGPT aurait résolu une équation de mathématiques dite équation de Navier-Stokes, un problème crucial de mathématiques des fluides. La solution a été trouvée, paraît-il, en 88 heures par un modèle d'IA encore plus avancé que la toute dernière version de GPT, GPT-6 Astra. Évidemment, ce n'est pas à la portée de n'importe qui, puisque cela aurait coûté, toujours selon OpenAI, des millions de dollars. On ne sait pas combien précisément. Cela dit, cette annonce a été suivie d'une déclaration de mathématiciens, notamment d'un mathématicien australien, qui accuse OpenAI de plagiat car les conclusions des travaux de l'IA présenteraient des similarités avec ses propres travaux. Monde Numérique : [8:21] Meta, de son côté, lance son agent IA. Meta avait déjà lancé son chatbot, Meta AI. Cette fois, c'est donc un agent, c'est-à-dire un outil personnel capable d'agir à la place de l'utilisateur. Muse, c'est son nom. Muse peut envoyer des e-mails, réserver des voyages, par exemple, effectuer des achats, gérer des tâches en arrière-plan. Bref, toutes sortes de choses désormais communes, annoncées régulièrement par les big tech, mais que personne n'utilise au quotidien. Enfin, très peu de monde à ma connaissance en réalité. L'agent fonctionne sur une machine virtuelle isolée dans le cloud qui s'appelle Muse Secure VM. Il y a un système baptisé Sentinel qui surveille Muse pour éviter qu'il fasse n'importe quoi et qu'il ait des comportements imprévisibles. Tout cela pour rassurer les utilisateurs. Mais il n'empêche, comme cela émane du groupe Meta, qui n'est pas réputé malheureusement pour être le meilleur garant de nos données personnelles. Eh bien, ça soulève des interrogations concernant la confiance et la sécurité. De toute façon, là encore, je vous dis ça juste pour l'information, mais pas pour l'utiliser, puisque Muse est disponible uniquement aux États-Unis pour l'instant et son développement international n'a pas de calendrier précis. Monde Numérique : [9:34] En France, oui, en France, une première en matière d'IA et également en matière bancaire, puisque c'est le groupe Revolut, qui est britannique, mais qui annonce avoir réalisé en France pour la première fois un paiement de manière totalement autonome, initié par une IA. Le test a été réalisé en collaboration avec Visa, et l'IA a tout géré, toutes les étapes de l'achat, l'autorisation, la double authentification, etc. Il n'y a que le clic final pour payer qui était resté à l'utilisateur humain. Le but du jeu, c'est de mieux comprendre comment ça fonctionne, comment ça peut être possible pour plus tard, eh bien, mettre au point des agents qui pourront véritablement mener un acte d’achat de A à Z. Monde Numérique : [10:21] Mistral, de son côté, la start-up française d'IA, fait à nouveau parler d'elle. En bien, cette semaine, Mistral a annoncé une nouvelle levée de fonds de 3 milliards d'euros, ce qui porte sa valorisation à plus de 21 milliards d'euros. C'était l'info éco-IA de la semaine. 3 milliards levés principalement auprès du sud-coréen Samsung, les autres investisseurs étant, eux, européens. Alors à quoi va servir cet argent ? Eh bien, à acheter du matériel pour équiper des data centers, acheter des puces, construire des data centers, renforcer le parc de data centers de Mistral. Ce qui fait que ça soulève quelques interrogations quant à la stratégie de la pépite française. On se demande si elle n'est pas en train de laisser tomber petit à petit la réalisation de modèles, le développement de modèles d'intelligence artificielle, comme OpenAI au profit d'une autre stratégie, celle consistant à développer une véritable infrastructure de l'IA en Europe. Mais c'est une stratégie qui a déjà été énoncée de toute manière par le dirigeant Arthur Mensch, qui a expliqué que l'IA était une infrastructure en elle-même et que pour ça, on avait besoin de data centers et d'énergie également. Donc, c'est là-dedans que va se renforcer Mistral. Monde Numérique : [11:33] Une brosse à dents qui fait beaucoup de bruit, une brosse à dents connectée, intelligente, avec une caméra à l'intérieur. On en parlait déjà la semaine dernière, c'est la fameuse Cameradjet [orthographe à vérifier] de Dyson, sauf que la Cameradjet [orthographe à vérifier] connaît quelques déboires. En effet, elle vient d'être retirée de la vente à peine dix jours après sa mise en circulation. Que se passe-t-il ? Eh bien, officiellement, d'après la marque Dyson, interrogée notamment par le site Numerama, eh bien, il s'agirait d'une rupture de stock face à un trop grand succès. Mais parallèlement, eh bien, des utilisateurs ont signalé des problèmes. Ils ont parlé même d'explosion, en tout cas de dysfonctionnement, peut-être de surchauffe. Dyson reconnaît que, sur les tout premiers exemplaires, il y aurait un souci, mais ne fait pas de lien avec le retrait de la vente. Alors, ce n'est pas véritablement un retrait administratif ou un retrait complet de la vente, mais simplement, les distributeurs auraient reçu la consigne de ne plus vendre ce produit. Donc, faux départ pour la brosse à dents caméra. Monde Numérique : [12:38] Et allez, on termine par une jolie histoire qui se passe au Brésil. C'est un jeune lycéen de 16 ans qui aurait mis au point une intelligence artificielle pour lutter contre le réchauffement climatique ou en tout cas contre la chaleur urbaine. Isaac Carvalho Borges — je ne prononce sans doute pas très bien — habite Palmas, au Brésil, et a mis au point cet outil d'IA qui est censé aider les municipalités à détecter les micro-îlots de chaleur dans la ville. Et ensuite pour choisir des stratégies afin d'atténuer ça, donc développer des espaces verts, etc. Ça s'appuie sur les données satellites, la température, la végétation existante. Cela utilise un indicateur spécifique et son projet a séduit là-bas au Brésil et a remporté un prix de 12 500 dollars. C'est un outil open source qui sera gratuit pour les organismes publics de Palmas. Monde Numérique : [13:33] Cet épisode de Monde Numérique vous est proposé en partenariat avec Frogans, le pionnier de l'informatique spatialisée. Comme les inventions dont je vous parle dans ce podcast, Frogans ouvre une nouvelle voie. C'est une manière innovante de diffuser du contenu sur Internet, à travers des sites d'un nouveau genre, plus visuels et plus libres, qui sortent du cadre du web traditionnel. Les sites Frogans sont optimisés pour tous les écrans, y compris les casques de réalité augmentée, grâce à une technologie ouverte, respectueuse de la vie privée. C'est un véritable outil de création propulsé par un nouveau langage basé sur le XML, accessible en bêta à tous les développeurs professionnels. Frogans est un projet français tourné vers l'Internet de demain. Pour en savoir plus, rendez-vous sur f2r2.fr. F2r2.fr. Et merci à Frogans de soutenir Monde Numérique. Monde Numérique : [14:21] Il est temps maintenant de traverser l'Atlantique pour retrouver là-bas, de l'autre côté, mon camarade podcaster, comme chaque semaine dans Monde Numérique. Salut, Bruno Guglielminetti, à Montréal. Invité : [14:37] Salut, Jérôme Colombain, à Paris. Monde Numérique : [14:39] Bruno, est-ce que tu vas craquer pour l’iPhone Duo ? Invité : [14:42] Non. Monde Numérique : [14:44] Salut, à la semaine prochaine. Invité : [14:48] Non, non. Monde Numérique : [14:49] Ah, tu n'as pas été séduit. Ça ne t’a pas plu. Oui, mais alors, parce que toi, tu as déjà un Pixel Duo, là, c'est ça ? Invité : [14:56] Un Pixel Fold. Un Pixel Fold, non. Un Pixel Fold 11. Non, mais écoute, moi, je te dirais que c'est pas... Moi, le format en partant ne m'arrange pas du tout. Monde Numérique : [15:09] Ah, ça ne te plaît pas, ce format portefeuille, donc plus petit. Invité : [15:12] Non, parce que j'ai l'impression d'avoir un mini-mini iPad dans les mains. Monde Numérique : [15:15] Oui, mais alors... Invité : [15:15] C'est la même réaction que j'ai eue avec le Fold 8 de Samsung. À un moment donné, si j'ai une tablette, j'en ai une tablette. Monde Numérique : [15:22] Non, mais c'est plus petit qu'une tablette, quand même. Invité : [15:24] Oui, c'est ça, mais c'est une mini-mini tablette. Alors, à un moment donné, je me dis, tant qu'à avoir un téléphone pliant ou pliable, J'aime autant avoir un grand format qui me donne vraiment de l'espace et qui me permet de travailler sur des applications. Moi, j'ai hâte de voir quelqu'un qui va acheter ça et qui va dire « Ah, je vais l'utiliser pour travailler. » Je m'excuse, mais ce sont des carrés. Imaginez un carré, c'est même pas le format de passeport, c'est plus petit qu'un format de passeport. Vous allez avoir un carré d'un côté, un carré de l'autre pour... Vous allez être tanné parce que vous n'aurez pas assez d'espace pour tout voir une page. Et puis, votre page de texte, ça va être toute petite à côté. C'est ridicule. Monde Numérique : [16:02] Ah oui, comme il casse le truc, là. Invité : [16:04] Oui. Mais bon, quelqu'un qui est hyper Apple et qui est dans l'écosystème et qui est prisonnier de cet endroit-là, tant mieux, c'est leur planche de salut s'ils veulent aller ailleurs que d'avoir le bon vieux iPhone. Monde Numérique : [16:17] Mais non, on n'est pas prisonnier. On est « évités » [mot à vérifier à l’écoute], ce n'est pas pareil. Invité : [16:23] Je dis : bon, bon. Monde Numérique : [16:25] Honnêtement, ils ont bien réussi leur coup. Le truc a l’air superbe en termes de design. Tu as vu ce… Invité : [16:31] Système de transparence. Ce que je trouve beau graphiquement, c’est l’interface quand on ouvre le téléphone et quand on ferme le téléphone. Puis, pour utiliser des téléphones pliables depuis un moment, les autres téléphones, tu les ouvres, les écrans sont là. Du moment que tu ouvres un peu, là, tu as l’impression qu’avec le Duo, ça s'installe le rendu vidéo. Monde Numérique : [16:57] Si c'est une photo, elle s'agrandit doucement. Invité : [16:59] Il y a une fluidité dans le mouvement. Monde Numérique : [17:01] Il y a une fluidité. Et puis, cette espèce d'effet de transparence. Tu as vu ? Quand tu ouvres le truc, l'écran de gauche, au début, est flou. Invité : [17:12] C'est ça, c'est justement de ce dont je te parle. Monde Numérique : [17:13] Oui, c'est ça, voilà. En fait, tu as l'impression que sur le premier écran, tu vois ce qu'il y a sur le deuxième. C’est très, très, très joli. C’est très Apple, ça. C’est bon, ça, c’est du Apple. Voilà, 10 points pour le design, pour cet aspect-là du design. Moi, je donnerais 10 points aussi, apparemment, ou un point, enfin, ça dépend comment on compte. Voilà. Bon, après, moi, il y a une petite chose que je regrette. « Je ne sais pas tout le temps » [passage à vérifier à l’écoute]. Invité : [17:41] Tu as vu la différence de prix entre le Pro et le Pro Max ? C'est ridicule. Pourquoi tu prendrais le petit modèle, moi, je le connais en dollars, mais à 150 dollars de plus, et tu as un appareil qui est plus puissant, qui est plus fort, des caméras mieux embarquées. Monde Numérique : [17:58] Oui, mais tu as des gens qui préfèrent peut-être avoir un smartphone plus compact. Moi, c'est ce que j'ai fait. C'est le choix que j'avais fait avec l'iPhone Air. Invité : [18:04] C'est le Air. D'ailleurs, pas question du Air. Monde Numérique : [18:08] Non, c'est vrai. Pour l'instant, pas question du Air. Non, mais... Invité : [18:13] Non, mais ils le gardent pour le début de l’année. Monde Numérique : [18:15] Bien sûr. Quelque part, l'iPhone Duo, c'est un peu, comme on l'avait dit à l'époque, c'est deux iPhone Air côte à côte, quasiment en termes d'épaisseur, etc. Invité : [18:24] Sur lesquels on a pris un marteau puis on a baissé l'écran. Monde Numérique : [18:27] Oui. Voilà. Mais ça va être un problème. Je pense que les gens vont se dire, OK, moi, je veux l'iPhone Duo. Ah, mais zut, il est moins bon en photo que l'iPhone 18. Il y a des choses qui sont un peu déclassées par rapport à l'autre. Invité : [18:47] Cet appareil-là, c'est fait pour des gens qui vont l'utiliser pour le travail, mais pas pour la création. C'est très lifestyle comme appareil. Monde Numérique : [18:57] Pour la création, c'est-à-dire pour faire des photos, des vidéos, tu veux dire ? Invité : [19:00] Oui. Monde Numérique : [19:01] Pourtant, il y a un truc que j'ai trouvé génial. C'est ce système qui permet de prendre une photo. Donc, tu prends quelqu'un en photo, tu ouvres l'écran. Donc, toi, en tant que photographe, tu vois la personne sur l'écran. Mais elle aussi, elle se voit sur l'écran de devant, comme pour un selfie. Ça, c'est malin. Invité : [19:16] Oui, ça, tu le retrouves sur d'autres appareils. Monde Numérique : [19:19] Il y a un autre truc que je regrette beaucoup, mais alors vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup, c'est la disparition du Face ID, c’est-à-dire le déverrouillage par reconnaissance faciale. Invité : [19:28] C'est du compromis. Monde Numérique : [19:30] Oui, c'est complètement du compromis. Parce que c'est remplacé par un Touch ID sur la tranche. Donc, on revient au système de l'empreinte digitale. OK, sur le bouton latéral, c'est peut-être mieux, mais ça, c'est casse-pieds. Parce que le Face ID, c'est vraiment bien. Je veux dire, tu as ton truc qui est posé sur ton bureau, tu reçois un message, tu te penches un peu dessus. Invité : [19:51] Il te reconnaît, il l'ouvre. Monde Numérique : [19:53] Ça, pour moi, c'est une vraie régression, je trouve. Invité : [19:55] Mais il faut voir, peut-être qu'on pourra le mettre avec le... Parce que tu as la possibilité, si tu as une Apple Watch, de te faire reconnaître avec ça, peut-être que... Monde Numérique : [20:03] Ah ouais, pas bête, peut-être. Monde Numérique : [20:08] Bruno, tout autre sujet absolument essentiel, voire existentiel cette semaine. Je crois que maintenant, les choses sont claires. On va tous mourir. Invité : [20:22] Ça fait longtemps qu'on le sait qu'on va tous mourir. Monde Numérique : [20:24] Oui, mais séparément. Tandis que là, ça pourrait être tous ensemble, grosso modo, à cause de l'intelligence artificielle. Invité : [20:32] Et là, c'est confirmé. Monde Numérique : [20:34] Enfin, c'est confirmé. Tu vas peut-être un peu vite en besogne quand même. Invité : [20:38] Non, non, mais écoute, au nombre de témoignages qui sont sortis cette semaine, c'est l’Armageddon annoncé. Monde Numérique : [20:44] Alors, c'est panique à bord. Tout le monde y va. En fait, ce qui a mis le feu aux poudres, c'est le témoignage d'un certain Jacob Coxon [nom à vérifier]. Monsieur Jacob Coxon [nom à vérifier], qui travaillait chez Anthropic et qui a aussi travaillé chez OpenAI et qui vient de claquer la porte et qui a fait un long thread sur X, évidemment, parce que c'est toujours que sur X que ça se passe. Invité : [21:05] Quand on travaille en IA, c'est là où on va. Monde Numérique : [21:08] Exactement. Et pour expliquer qu'il partait parce qu'il n'en pouvait plus, parce que vraiment, c'est très dangereux. L'IA va trop loin, va aller trop loin, on ne sait pas l'arrêter, etc. Et c'est très, très grave. Là-dessus, il y a eu une autre mise en garde d'une autre personne qui s'appelle Ivan Ubinger [nom à vérifier], qui travaille également chez Anthropic. Du côté de la sûreté, et qui a enfoncé le clou en disant « Oui, oui, nous croyons très certainement qu'il y a 10 % de chance pour que l'IA détruise l'humanité dans la décennie ». Alors, je ne sais pas comment c'est chez toi, mais chez nous, ici, les médias se sont pas mal fait l'écho de ces trucs-là. Ça fait beaucoup de bruit, c'est normal. Tout ce qui fait peur, ça fait vendre. Enfin, ça fait du papier, j'allais dire. En tout cas, ça fait des articles. Invité : [22:00] Ça fait vendre, oui. Monde Numérique : [22:01] Ça fait vendre. Voilà, donc ce n'est pas nouveau, ça. Il y a eu d'autres mises en garde aussi. Il y a également ton ami Yoshua Bengio, qui a tiré la sonnette d'alarme une fois de plus. Invité : [22:10] Oui, qui signait un texte dans « le Maghreb » [nom du média à vérifier]. Il a fait aussi une entrevue avec le Time où, justement, il dit que l’IA est arrivée à un moment tournant de son histoire, un tournant critique, et que de plus en plus, il faut que les gens soient conscients de la chose, et particulièrement les gouvernements, pour encadrer, mais de façon encore plus sérieuse que ce qu'ils font présentement. Monde Numérique : [22:34] C'est un vrai sujet, parce qu'on peut en rigoler, il vaut mieux en rire d'ailleurs, mais évidemment, on peut se poser la question. Pourquoi ces prises de parole, etc., de la part de ces gens qui travaillent là-dedans depuis des années et au lieu d'essayer de convaincre en interne de faire quelque chose, d'essayer, je ne sais pas, de faire des contre-pouvoirs, d'infléchir, alors peut-être qu’ils ont essayé et qu’ils n’y sont pas arrivés. Et ça, on l'a vu, bien sûr qu'on l'a vu. Voilà. Oh, l'IA, c'est grave, ça va tous nous tuer. Allez, on en reparle bientôt. Tiens, au fait, j'ai lancé une start-up qui est là pour sécuriser les IA. Si vous voulez faire du business avec moi, venez. Voilà, il y a peut-être cette réalité-là. Après, sur la menace particulière de l'IA qui pourrait tuer l'humanité, pour faire simple, parce que la proposition est simple, oui, mais OK, mais concrètement, comment ? Ça veut dire quoi, en fait, que l'IA puisse mettre fin à l'humanité ? Même s'il n'y a que 10 % de chances que ça arrive, ça voudrait dire quoi ? Et ça, je pense qu'il faut quand même expliquer aux gens, le truc très concrètement. En gros, moi, si j'ai bien compris, tu me diras ce que t'en penses, mais il y a deux scénarios possibles. Il y a le scénario Terminator, c'est-à-dire que l'IA devient tellement puissante qu'elle décide de s'émanciper et elle trouve que l'homme devient une entrave sur son passage et sur les objectifs. Monde Numérique : [23:54] Qu'on lui a fixés. Et ça, c'est lié notamment au risque dénoncé par Jacob Coxon [nom à vérifier] puisqu'il dit que le problème c'est l'amélioration récursive, c'est-à-dire en gros l'IA qui va fabriquer de l'IA, qui va entraîner de l'IA, etc. Et donc forcément, au bout d'un moment, l'humain va être largué. Aujourd'hui, les IA, elles parlent encore en texte, en français. Invité : [24:19] Mais si tu branches deux IA, elles parlent dans leur langage à elles. Monde Numérique : [24:24] Voilà, un jour ou l'autre. Les expériences qui avaient été menées étaient un peu foireuses, mais ça peut arriver. Un jour ou l'autre, elles vont se parler directement et l'humain ne sera plus du tout dans la boucle, contrairement à ce qu’on veut faire. Bon, ça, c'est quand même un peu le scénario hollywoodien. Il y a peu de gens qui y croient. L'autre question, c'est la mauvaise utilisation de l'intelligence artificielle. Si je ne m'abuse, c'est un peu ce que dénonce Yoshua Bengio, c'est-à-dire que des gens utilisent toute cette puissance de l'IA pour mener des cyberattaques de folie et fassent tomber un pays, etc. Ou jouent les docteurs Folamour, développent un virus, pas informatique, un virus biologique qui va éradiquer l'humanité. Invité : [25:07] Et c'est le même point de vue des Nations Unies, en tout cas du haut commissariat. Monde Numérique : [25:12] Les Nations Unies, c'est plutôt sur le côté un peu cette élite qui nous gouverne et qui peut faire ce qu'elle veut. Invité : [25:17] Oui, mais c'est parce que tu parles de Yoshua Bengio, ça le préoccupe ça aussi ? Sur le fait que c'est une concentration. Il y a une concentration pour les bons usages, mais aussi pour les mauvais usages. Monde Numérique : [25:30] Oui, c'est vrai. Invité : [25:32] Donc, non, c'est assez délicat. Monde Numérique : [25:35] C'est assez délicat. En tout cas, j'aime bien, juste pour finir, aussi cette image pour qu'on comprenne bien le truc, l'image de la fabrique de trombones, tu sais, le maximiseur de trombones. C'est-à-dire qu'en fait, comment l'humanité pourrait succomber à une surproduction de trombones. C'est-à-dire que si tu donnes tout le pouvoir aux IA pour fabriquer, faire tourner les usines, organiser les chaînes d'approvisionnement, etc., avec un objectif, c'est fabriquer des trombones. Et tu ne dévies pas de cet objectif, tu dois fabriquer toujours plus de trombones. C’est juste ça. Elle ne va faire que ça. Elle va organiser le monde entier par rapport à ça. Voilà, en fonction. Et s'il y a des humains au milieu qui disent « Attendez, les mecs, on a trop de trombones, ça ne sert plus à grand-chose », elle va liquider les humains. Elle n'arrêtera pas de faire des trombones. Invité : [26:27] Oui, parce qu'il faut rappeler qu’une IA, d’abord et avant tout, sa raison d’exister, c'est d'accomplir une tâche. Et quand on fait une requête, c'est là-dessus que l'IA part. Et pourquoi elle hallucine, et ça, c'est l'usage personnel qu'on fait, c'est parce qu'elle veut absolument arriver au bout et répondre à ta requête. De là, les hallucinations. Parce que si tu disais, écrivez-moi n'importe quoi, ben oui, je vais t'écrire n'importe quoi. Monde Numérique : [26:55] Oui, oui. Invité : [27:11] Monde Numérique, le meilleur de la tech. Monde Numérique : [27:16] Voilà pour cet extrait « carsonique » [mot à vérifier à l’écoute], un extrait du Débrief Transat avec Bruno Guglielminetti. Retrouvez la version intégrale, on parle de plein d'autres choses, on parle des télés LG qui nous espionnent, ou encore de Xpeng qui lance la fabrication de robots humanoïdes par des robots. Monde Numérique : [27:33] Inventer une nouvelle forme d'intelligence artificielle à côté des LLM, à côté des world models, est-ce que c'est possible ? Eh bien, en tout cas, c'est le pari d’Arlequin AI. Vous pourrez entendre dans un instant ses cofondateurs. Mais avant cela, une question. Comment faire pour remplacer son ordinateur à bout de souffle sans dépenser une fortune pour une nouvelle machine ? Eh bien, il suffit d'utiliser le cloud. En tout cas, c'est ce que nous explique Shadow. Shadow, cette entreprise française qui appartient aujourd'hui au groupe OVHcloud et qui propose un système permettant d'utiliser une grosse puissance informatique dans le cloud avec une simple connexion Internet. Ils se sont dit, tiens, c'est la rentrée scolaire. Si on expliquait aux étudiants qu'ils n'ont pas besoin forcément d'acheter un nouvel ordinateur, mais qu'un abonnement Shadow, ça peut suffire. Maintenant, est-ce que ça répond à toutes les problématiques ? Est-ce que ça tient ses promesses ? Pour en savoir plus, je suis allé au siège de Shadow pour me faire faire une petite démo. Bonjour Bruno Pennes. Invité : [28:37] Bonjour Jérôme Colombain. Monde Numérique : [28:38] Vous êtes responsable marketing de Shadow. On est au siège de Shadow à Paris. Alors allons-y, petite démo de ce système qui permet d'avoir un PC hyper puissant, sans l'avoir véritablement, puisque tout se passe à distance. Invité : [28:52] La spécificité de Shadow, c'est vraiment de prendre un PC, le mettre dans un data center et venir le streamer à l'utilisateur, quel que soit son device. Donc là, on a un setup de démo un petit peu arrangé où on a une télé, un Mac, un laptop un peu particulier, on va en parler, et un smartphone. Et la capacité de Shadow, ça va vraiment être de fournir la même qualité d'image, la même qualité d'expérience, quel que soit le device et quelle que soit surtout la méthode d'input, comme on dit chez nous. C'est-à-dire la manette, le tactile, voire une télécommande d'Apple TV dans certains cas, de sorte que le joueur, l'utilisateur, le professionnel, l'étudiant puissent créer, puissent jouer, puissent même faire de la bureautique, avec une machine qui est puissante sur son appareil, mais sans se dire qu'il a un appareil à distance et qu'il doit prendre ça en compte et que c'est compliqué et difficile à gérer. Monde Numérique : [29:43] Alors concrètement, qu'est-ce que ça donne ? Invité : [29:45] On voit ici que je suis sur mon Mac, donc MacBook M1 classique. Je peux travailler, j'ai tous mes gestes, je peux utiliser mon Mac normalement. D'un coup, j'ai besoin d'utiliser un logiciel Windows ou de jouer à des jeux PC. Simplement, j'ai mon appli Shadow qui est lancée ici dans un coin, puisque j'avais préparé la démo. Je vais prendre mes quatre doigts, si j'en ai quatre, je vais balayer vers la droite. Et là, je me retrouve directement sous Windows. Et très simplement, je vais pouvoir passer d'un univers à un autre, jouer à mes jeux PC Steam, utiliser mes logiciels qui normalement sont réservés à des cartes graphiques plutôt Nvidia si on utilise CUDA. Voire utiliser de l'IA et à tout moment revenir sur mon Mac le tout sur batterie en n'utilisant pas plus de puissance et en ne consommant pas plus d'énergie que si je lisais une simple vidéo. Monde Numérique : [30:34] Qu'est-ce qu'il faut comme configuration de base pour utiliser ça ? Alors là on est sur un Mac M1. Invité : [30:40] Là on est sur un Mac M1 ce qui est déjà un petit peu riche comme configuration. Monde Numérique : [30:44] Oui, pas mal quand même, même si aujourd'hui on est sur la génération M4. Invité : [30:47] Pour Apple, on peut avoir des machines qui ont une dizaine d'années, sans souci. Parce que finalement si elles décodent de la vidéo sans latence, il n'y a aucun souci. On va passer sur la partie derrière moi sur un laptop qui répondra très très bien à la question. Donc là, on voit que je suis sur mon Shadow, sur Blender, sur une scène de démo assez classique. Je vais placer une table. Je vais placer une échelle au mur à l’horizontale, parce que pourquoi pas, après tout, on a le droit. Et donc, je suis sur un écran 4K à 60 Hz sur mon Shadow. Pareil, la qualité est très bonne. La latence est de 10 millisecondes à peine. Je suis toujours en Wi-Fi. Et la consommation en bande passante est ridicule. Le petit twist, c'est que ce PC en 4K sur lequel je travaille, C'est un PC de la région Île-de-France avec son fond d'écran d'origine de l'élève qui nous l'a gentiment prêté. Ce sont les PC région Île-de-France qui sont fournis aux collégiens lycéens. Monde Numérique : [31:40] Ce qui veut dire qu'a priori, ce n'est pas une bête de course. Invité : [31:42] C'est de mémoire, je crois qu'il a 4 Go de RAM celui-là. Il est connecté juste en Wi-Fi, sans alimentation, normalement, directement sur mon écran 4K. Il vient alimenter mon Shadow. Donc pourquoi est-ce qu'on fait cette démo aujourd'hui ? C'est vraiment pour montrer que toutes les machines permettent de faire tourner Shadow. Et on voit que ces PC-là, il y en a énormément qui sont vendus, bradés en fin d'année. Finalement, ils peuvent complètement servir à devenir la machine de l'étudiant pour faire du Blender ou pour jouer à Cyberpunk ou jouer à d'autres jeux, jusqu'en 4K avec plusieurs écrans aussi. Monde Numérique : [32:15] Donc l'idée, et là on sent, le positionnement marketing, on va dire. C'est-à-dire qu'avec un petit PC de rien du tout, on peut avoir une bête de course à la maison. Invité : [32:26] C'est la promesse. Si vous vous rappelez, c'était la promesse de Shadow déjà en 2016, avec la Shadow Box, qui était le petit terminal qu'on vendait, qu'on louait, qui était de dire « j'ai pas besoin d'un PC pour avoir un PC ». Et en l'occurrence, aujourd'hui, on n'a plus cette boîte-là, puisque c'est un petit peu... C’est anachronique aujourd’hui. Tout le monde a des devices partout dans tous les tiroirs. J'imagine un journaliste tech encore plus. Par contre, notamment, on a plusieurs centaines de milliers d’étudiants qui ont ça, dans leur tiroir, qui les vendent une trentaine d'euros en fin d'année, et finalement, qui pourraient complètement les garder. En l'occurrence, la machine que j'ai mise en 4K sur cette machine UNOWHY Île-de-France, c'est le Shadow PC Neolite qui est l’offre qu’on a sortie cet été, l’offre la plus entrée de gamme qu’on ait aujourd’hui. Elle est vendue régulièrement en dessous de 25 euros, voire 20 euros en promotion. Ça, c’est l’abonnement. Donc, on se dit : pour 20 à 25 euros, suivant les engagements, finalement on peut réutiliser un terminal qui ne servait absolument à rien, soit connecté à un écran soit en mode portable et venir jouer, travailler, prolonger la durée de vie de l'appareil sans faire du e-waste et venir jeter des machines qui fonctionnent très bien par exemple. Monde Numérique : [33:33] Je peux tout faire. On parle beaucoup du gaming qui était un peu l'ADN de Shadow au départ. Par exemple, du montage vidéo. Invité : [33:39] Ce qui nécessite beaucoup de ressources. Montage vidéo, 3D, il n'y a absolument aucun souci. Sachant qu'aujourd'hui, il y a la crise de la RAM, la crise des composants qui est un petit peu partout. Contrairement à des cartes graphiques typées gamers, on fournit les Shadow avec des cartes graphiques Pro. Donc, ils ont plus de VRAM embarquée, plus de mémoire vidéo. Monde Numérique : [33:59] Mais ça, on ne voit pas tout ça. C'est dans le cloud. Invité : [34:02] On ne le voit pas, on le ressent, parce qu'on le voit techniquement quand on va venir afficher la carte graphique. Parce que finalement, nous, on dédie une carte graphique entière à l'utilisateur. Monde Numérique : [34:11] Ah oui, quand on est geek, on peut aller mettre les mains dans le cambouis et voir vraiment la config. Invité : [34:16] On va pouvoir tout à fait afficher la résolution, afficher la carte graphique. Si j'affiche les paramètres système, on va avoir complètement la config avec ses 16 Go de RAM. Et on va pouvoir se dire, ok, j'ai une carte graphique qui est, hop, excusez-moi, hop, Hop, je me suis perdu moi-même dans mon Windows. Monde Numérique : [34:37] Ah bah ça c'est... Merci Windows ! Non, on n'a rien dit. Invité : [34:39] Pardon Jérôme ! Non mais c'est que je suis tellement sur un macOS toute la journée, voilà, gestionnaire de périphériques. Dans Windows 11, j'avoue que c'est un petit peu compliqué maintenant. Monde Numérique : [34:47] C'est parce qu'il est plus simple, c'est pour ça. Invité : [34:49] Nous on a une ADA 2000 aujourd'hui qui est fournie avec 16 Go, on a aussi une RTX, équivalent RTX 3070 Ti qui a 20 Go de VRAM, là où aujourd'hui la tendance c'est plus à revenir à des 12, voire 8 Go pour les joueurs, pour les créatifs. Pour répondre à la question de base, le gros intérêt, ça va être de produire des scènes en 3D beaucoup plus denses, de charger des modèles IA pour ceux qui s'y intéressent aujourd'hui c'est aussi une des tendances, l’IA locale qui sont beaucoup plus élevées. Monde Numérique : [35:15] On peut faire tourner des modèles IA, du DeepSeek des choses comme ça. Invité : [35:20] Moi, j’ai fait tourner… J’ai mon Llama sur un Shadow, j’ai mon OpenClaw aussi. J’ai testé, j’ai cassé mes Windows comme beaucoup de monde. J’ai [passage à vérifier à l’écoute] OpenClaw aussi, à faire des tests. Et avec Shadow, du coup, je n’ai pas eu le souci de devoir réinstaller mon Windows puisque j'ai pu simplement le remettre à zéro depuis l'espace client. Et donc, en une demi-heure, j'avais une machine neuve qui était pour le coup débarrassée de toutes les bêtises que j'avais faites. Monde Numérique : [35:41] Qu'est-ce qu'il en est des données ? Parce que c'est deux machines complètement indépendantes. C'est-à-dire que les données que j'ai sur mon ordi local, elles ne sont pas dans mon ordi Shadow, en fait. Invité : [35:49] Non. Alors, il est possible, comme je l'ai montré tout à l'heure, de les transférer simplement sur le Shadow juste en glisser-déposer. Monde Numérique : [35:55] D'accord. Invité : [35:56] Voilà. Donc là, je vais prendre l'exemple. Alors, ce ne sera pas extrêmement visuel puisque je vais prendre... Vous voyez, la machine locale, elle, pour le coup, a du mal à charger même le dossier Téléchargements. Je vais prendre l’exécutable de Shadow et je vais le glisser dans mon appli et en l'espace d'une seconde, il va se télécharger directement dans le dossier Téléchargements de mon Shadow. Monde Numérique : [36:22] Donc, je peux synchroniser des fichiers ? Invité : [36:24] On peut synchroniser, on peut installer son OneDrive, on peut installer son Google Drive, on peut installer tous les produits nécessaires pour faire de la synchronisation de données. Et surtout, nous, on a une redondance des données qui fait qu'elles sont plus sécurisées que sur un PC local qui peut tomber, se casser, être volé, ou tous les problèmes qu'on peut tous avoir tous les jours. Monde Numérique : [36:42] Et en termes de capacité de stockage, c'est quoi ? Invité : [36:46] On a fait le choix de proposer entre 256 et 768 gigas par défaut selon les offres, avec la possibilité pour les utilisateurs de rajouter du stockage à un prix qui est extrêmement limité, puisqu'on est à 3 à 4 euros pour les 256 gigas jusqu'à 5 To par utilisateur, ce qui est normalement largement assez pour stocker quoi que ce soit, sachant que ce n'est pas forcément une obligation, puisque Shadow nous fournit un gigabit de bande passante intégrée à la machine sans quota, ce qui permet de télécharger, retélécharger le jeu très rapidement même si l'utilisateur, a une ligne qui n'est pas terrible même s'il est en 4G même s'il est sur un wifi ouvert partagé avec des ports fermés. OK. Monde Numérique : [37:29] Il y a bien quelques limitations, quand même, ou c'est le bonheur absolu ? Invité : [37:33] Non, il y a quelques limitations, toujours, parce que les lois de la physique et de la latence font que la lumière a sa limite. Donc, forcément, si l'utilisateur part en vacances dans le sud de la France, aucun souci. S'il a sa machine en France, il part en vacances à Tahiti, l'expérience va être plus compliquée, évidemment. Monde Numérique : [37:52] À cause des connexions ? Invité : [37:53] À cause de la latence de connexion, car il aura une latence de 100-200 millisecondes, ce qui donne une expérience qui n'est pas OK. Monde Numérique : [37:58] On ne peut plus jouer, par exemple. Invité : [38:00] Après, j'imagine qu'il aurait eu aussi un problème s'il devait ramener sa grosse tour gaming à Tahiti dans ses bagages. Monde Numérique : [38:04] C'est sûr. Invité : [38:05] Donc, le problème est moins là. On a aussi, pour être transparent, quelques incompatibilités avec certains jeux. Aujourd'hui, on est sur une trentaine de titres, sur les dizaines de milliers qu'il y a sur Steam. On y travaille. Donc, il y aura des choses, sans doute, dans l'année qui vont arriver là-dessus. Mais pour le coup, c'est à peu près tout. C'est-à-dire, si vous avez une machine, qui sait s'allumer, vous avez une connexion Internet qui est à peu près décente, vous pouvez faire tourner Shadow et vous pouvez augmenter vos usages et jouer et travailler. Monde Numérique : [38:32] Qu'est-ce qui a changé par rapport aux premières années, aux années précédentes ? Parce que moi, je connais Shadow depuis très longtemps, quasiment depuis sa création, qui s'appelait Blade avant, qui a été orienté gaming vraiment. Aujourd'hui, on voit que vous êtes au-delà. Qu'est-ce qu'il y a de nouveau par rapport aux années plus récentes, on va dire ? Invité : [38:51] Alors, ce qui a beaucoup changé, ça va être le côté versatile. On a commencé par une box. Il fallait absolument cette box pour faire tourner Shadow, ensuite on a connu le lancement des applications, aujourd'hui Shadow tourne sur n'importe quoi. Quand je dis n'importe quoi, on a toujours quelques écosystèmes très fermés, type par exemple Tizen, sur lequel il faut faire des développements spécifiques qu'on n'a pas encore entamés. Par contre, en termes de machines, que ce soit Linux, que ce soit Windows, macOS, mobile, ou même un navigateur, il suffit d'ouvrir un onglet de navigateur pour utiliser Shadow. Donc a priori, toute machine qui a un navigateur à peu près récent, aujourd'hui peut faire tourner Shadow et ça s’affranchit complètement des contraintes d'installation. Y compris sur des machines avec des droits bloqués pour le coup. Monde Numérique : [39:34] Voilà, donc la promesse de Shadow, on l'a compris, tout dépend évidemment de la connexion Internet pour que ça marche, et d'ailleurs, selon les retours des utilisateurs, c'est vraiment ça, il faut une bonne connexion, haut débit et stable surtout. Monde Numérique : [39:48] On passe maintenant à toute autre chose, on va plonger vraiment au cœur de la science et de l'intelligence artificielle avec mes invités. Hugo Micheron, Antoine Jardin, bonjour messieurs. Invité : [40:00] Bonjour. Monde Numérique : [40:01] Hugo Micheron, vous êtes chercheur en sciences politiques, spécialiste du Moyen-Orient. On vous voit souvent sur les plateaux de télé. Antoine Jardin, vous êtes ingénieur de recherche au CNRS et surtout tous les deux, vous êtes cofondateurs et respectivement CEO et CTO de la société Arlequin AI, une startup de Deep Tech spécialisée dans le traitement des données. Deep Tech, c'est-à-dire vraiment une technologie de rupture. Arlequin qui vient de lever 28 millions d'euros pour développer un système très ambitieux de neurones topologiques. On va expliquer ça. Alors, vous avez développé des outils vraiment pour traiter des données massives. C'est-à-dire, ça sert à quoi ? Invité : [40:37] Il y a beaucoup de cas d'usage qui sont ceux où il y a énormément de données, donc des très gros volumes de données très complexes. Monde Numérique : [40:45] Par exemple, quel type de données je peux prendre à l'entrée, le mettre dans votre machine et qu'est-ce que je récupère à la sortie ? Invité : [40:51] La fraude bancaire, par exemple. Vous prenez donc, imaginez un fichier de transactions. Une banque, vous avez des transactions bancaires sur des centaines de milliers de lignes, des millions de lignes. Donc nous, la capacité, c'est de comprendre déjà la connexion. C'est-à-dire qu'en fait, typiquement, une dynamique de blanchiment d'argent, si vous voulez, vous allez avoir dans les versions sophistiquées, les transactions sont légales. C'est A qui donne 100 000 euros à B, qui donne 100 000 euros à C, qui donne 100 000 euros à D, qui donne 100 000 euros à A. Et en fait, toutes ces transactions peuvent être légales, mais là, on le voit bien dans le schéma que je viens de vous décrire, c'est le schéma qui est illégal. C’est A qui donne à A via un réseau de proxy. Ça, les modèles sur lesquels on travaille, ce sont les modèles de connectivité, ils les détectent automatiquement. Plutôt que d'avoir à réfléchir sur qu'est-ce qui est le problème dans ce réseau qui n'est pas du tout évident puisque les transactions sont légales, limite des technologies actuelles, nous, nos systèmes, vont tout de suite comprendre qu'il y a une circularité dans la connectivité, donc un problème de connectivité, donc c'est préqualifié. Et donc, c'est un gain de temps considérable et la capacité à aller tout de suite vers l'information. Monde Numérique : [41:52] Alors ça, c'est le quoi, on va dire. Après, il y a le comment. Donc, pour faire tout ça, comment faites-vous, Antoine Jardin ? Invité : [41:59] Ces tâches-là, traditionnellement, étaient faites par des entreprises qui étaient spécialisées dans l'infrastructure des données et donc qui créaient des routines qui étaient tout le temps les mêmes et qui avaient peu de flexibilité. Notre approche, c'est de remplacer ces routines-là par des réseaux de neurones d'un nouveau genre, qu'on appelle les réseaux de neurones topologiques, qui sont dédiés à la connexion entre les points d'information et qui permettent d'être beaucoup plus flexibles et beaucoup plus efficients dans le traitement de ces données complexes. L'avantage que ça apporte, c'est de pouvoir être complètement auditable et traçable, tout en étant en même temps beaucoup plus efficient en calcul. Vous remplacez une caractéristique qui est dans les modèles d'IA majoritaires aujourd'hui, qui est le fait d'avoir énormément de données et énormément de calculs, deux choses qu'en réalité, beaucoup d'entreprises n'ont pas et que l'Europe, de façon générale, n'a pas sur les capacités de calcul. Et vous le remplacez par de meilleures abstractions mathématiques qui vous rendent plus précis. Vous allez regarder seulement là où c'est important de manière à être véritablement efficace et traçable sur les caractéristiques essentielles. Donc, c'est une autre manière de concevoir l'intelligence artificielle. Aujourd'hui, quand on parle d'IA, la plupart des gens pensent en fait aux grands modèles de langage. ChatGPT, Mistral, Anthropic, etc. Donc, ça, c'est en fait une partie de l'IA. C'est ce qui a dominé, ce qui domine l'IA. C'est là que les milliards sont investis. Vous avez une nouvelle… Invité : [43:12] architecture d'IA qui a émergé dernièrement, notamment poussée autour des modèles qu'on appelle les world models ou les modèles monde, typiquement portés par Yann LeCun en France. Ça, c'est une autre architecture qui consiste à dire que les modèles de langage n'ont pas été conçus pour comprendre le monde physique. Un verre d'eau qu'on lâcherait, qui tomberait sur le sol. Un modèle de langage, il faut l'entraîner sur des milliards de paramètres de données pour qu’il comprenne ça, alors qu'un modèle spécifiquement entraîné sur le monde physique le comprendrait tout de suite. Nous, on pousse une troisième architecture en IA, qui s'appelle les réseaux de neurones topologiques. Monde Numérique : [43:46] Topologique, ça fait penser à des cartes, finalement. Invité : [43:48] Oui, exactement. En fait, c'est la capacité à précisément cartographier le monde humain, le monde réel, donc le monde des données humaines, et à partir de là, de réussir à en comprendre la structure et les dynamiques. Et donc, typiquement, c'est là où ça se rapproche presque de la physique et le monde social, parmi bien des aspects, peut s'y apparenter. C'est l'idée qui peut paraître surprenante, mais que des phénomènes sociaux ont des formes, ont des formes topologiques, et donc en comprendre la forme à travers la donnée, permet d'en tirer un certain nombre d'éléments. Le deuxième exemple, qui est encore plus clair sur l'investigation, l'investigation journalistique ou de recherche, ou dans les autres métiers d'audit, etc., c'est toujours la même chose. On peut penser à un film des années 80, une série comme Columbo. On a toujours ce personnage devin, cet enquêteur qui a une intuition extraordinaire et qui met sur un tableau avec des photos, avec des épingles, et puis qui relie comme ça, avec des fils, un numéro de téléphone, avec un lieu, avec un titre de journal, etc. Invité : [44:48] Et c'est en visualisant cette connectivité entre des éléments de preuve qu’il finit par trouver : « Eurêka ! », qui est le coupable, etc. Ça, c'est précisément visuellement de la connectivité. C'est exactement ce que font les réseaux de neurones topologiques. C'est qu'ils vont aller trouver les croisements entre les informations et donc en extraire du sens qu'on peut ensuite retracer à des éléments de preuve. Et donc, c'est pour ça que les usages qui s'ouvrent avec ça sont extrêmement intéressants, vastes et profonds. Et on est très heureux de faire partie des premiers à pousser ça comme étant quelque chose qui, probablement, fait partie de l'avenir de l'IA. Monde Numérique : [45:23] Passionnant. Hugo Micheron, Antoine Jardin, un peu au-delà, on est en pleine période actuellement d'angoisse existentielle par rapport à l'intelligence artificielle. Ça vous inspire quoi ? Invité : [45:37] Ce qui est sûr et certain, c'est qu'il y a une partie qu'on ne maîtrise pas du tout dans le monde de l'IA. Et ça, c'est l'objet, je pense, de peurs qui sont fondées en Europe, aux États-Unis et à vrai dire partout dans le monde. Et ça nous fait dire quelque chose, c'est que s'il y a un nouveau pouvoir qui est un pouvoir de l'IA, qui est le pouvoir des algorithmes, eh bien, en fait, il va falloir à un moment donné pouvoir avoir des contre-pouvoirs. Et ces contre-pouvoirs, probablement que ça va être d'autres algorithmes qui vont pouvoir encadrer les effets néfastes. Et c'est pour ça que de penser simplement qu'au développement d'une seule technologie, en poussant toujours plus loin la puissance de calcul, l'entraînement, et finalement, en n'ayant aucun moyen de contrôle, on se met à risque. Et c'est pour ça que nous, on réfléchit aussi à comment... Les modèles qu'on est en train de développer pourraient s'appliquer dans ce qu'on appelle l’AI safety, c'est-à-dire l'encadrement aussi des abus et des dégénérescences des modèles d'IA. Je pense que ça, c'est vraiment quelque chose dans lequel l'Europe a sous-investi, qui devient une énorme conversation aux US, et je pense que nous, il faut qu'on pousse un peu plus loin les cas d'usage dans cette direction, parce que ça va devenir une priorité mondiale. Monde Numérique : [46:41] Il faut développer, selon vous, des contre-modèles. Invité : [46:43] Oui, tout à fait, des modèles qui permettent de surveiller, d'étudier, de vérifier le comportement des modèles qui sont diffusés par les grands laboratoires en situation réelle. Parce que vous pouvez vérifier en laboratoire que le modèle a l'air d'être obéissant et fiable, mais lorsque vous le déployez à grande échelle, vous ne maîtrisez plus son comportement. Les modèles que nous, on développe, ils ont la caractéristique d'être complètement transparents, de ne pas avoir ces problématiques de comportement erratique, de comportement imprévisible. Et c'est pour ça qu'on considère qu'ils ont un avenir dans les domaines dans lesquels la sécurité est importante, l'auditabilité est importante et les enjeux sont importants. Monde Numérique : [47:18] On sait que les LLM, par exemple, ont un gros talon d’Achille, notamment les hallucinations. Vos modèles topologiques, là, ils ne sont pas soumis au même genre de problème, ils sont toujours droits dans leurs bottes, on peut leur faire confiance à 100 %. Invité : [47:31] À petite échelle, pour l'instant, c'est très probant, mais c'est là où ce qui nous attend va nous permettre de préciser tout ça. La nature des procédures mathématiques qui sont utilisées dans nos systèmes de modèles permet de vérifier le comportement, permet de le certifier. Donc, vous avez un contrôle beaucoup plus précis, alors que les modèles de langage, ils doivent deviner la réponse. Donc, ils vous donnent des réponses qui peuvent être variables. Deux fois la même question, on va avoir deux réponses différentes. Donc, ça montre bien que c'est beaucoup plus difficile à piloter et à contrôler. Monde Numérique : [47:56] Merci beaucoup, Hugo Micheron et Antoine Jardin, CEO et CTO d’Arlequin AI. Et interview à retrouver en intégralité la semaine prochaine, mercredi 16 septembre, en audio sur le fil de podcast Monde Numérique et en vidéo sur la chaîne YouTube de Monde Numérique le même jour à partir de 16 h. Monde Numérique : [48:23] C'est la fin de cet épisode de Monde Numérique, L’Hebdo, du 12 septembre 2026. Merci d'avoir écouté jusqu'au bout cet épisode de L’Hebdo. Merci pour votre fidélité, encore une fois. Vous pouvez retrouver plein de contenus sur le site mondenumerique.info, toutes les interviews, également les interviews en version écrite, si cela vous intéresse, et en version vidéo, des sujets passionnants, des rubriques aussi à découvrir sur le site. Vous pouvez, par exemple, aller cliquer sur la rubrique « Idées » et vous trouverez, des interviews d'experts sur toutes sortes de sujets. Monde Numérique : [49:04] N'oubliez pas l'application de Monde Numérique avec GoodBarber, toujours disponible également. Et puis sinon, tous les jours, sur toutes les plateformes de podcast. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode de L’Hebdo. Je serai probablement loin de mes bases, je vous en dirai plus. D'ici là, portez-vous bien, passez une très bonne semaine pleine de tech. Salut !
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