🎤 Interview - Rajeunir et vivre plus longtemps grâce au bio-hacking (Arnaud Auger, Cathay Innovation)
15 juillet 202539:34

🎤 Interview - Rajeunir et vivre plus longtemps grâce au bio-hacking (Arnaud Auger, Cathay Innovation)

Arnaud Auger est un "bio hacker". Il a confié sa vie aux capteurs connectés et il utilise tout ce qu'offre la tech pour vivre mieux et plus longtemps. Une réflexion passionnante sur le futur de la santé.

Arnaud Auger est un "bio hacker". Il a confié sa vie aux capteurs connectés et il utilise tout ce qu'offre la tech pour vivre mieux et plus longtemps. Une réflexion passionnante sur le futur de la santé.

Rediffusion du 31/12/24

Interview : Arnaud Auger, directeur adjoint du CILAB chez Cathay Innovation

Qu’est-ce qu’un biohacker et pourquoi avoir adopté ce mode de vie ?

Le biohacking, tel que je le pratique, est une démarche proactive d’auto-optimisation. Il s’agit d’exploiter les technologies les plus avancées — capteurs connectés, tests ADN, analyse du microbiote, IA — pour mieux comprendre les besoins uniques de son corps et y répondre avec précision. Ce n’est ni un effet de mode, ni un gadget : c’est une philosophie, fondée sur la curiosité scientifique et le refus de subir passivement son état de santé. Mon déclic personnel, c’est l’obésité : il y a cinq ans, j’avais 25 kilos en trop, des marqueurs sanguins inquiétants, et peu de résultats malgré une hygiène de vie que je croyais saine. J’ai alors décidé d’appliquer un principe simple : on ne peut améliorer que ce que l’on mesure.

Concrètement, quels résultats avez-vous obtenus grâce à cette approche et à ces outils technologiques ?

Ils sont spectaculaires. J’ai perdu du poids durablement, je ne suis plus prédiabétique, mon cholestérol est stabilisé. Mon VO2 max, indicateur de performance cardiovasculaire, est passé de 37 à 60 : je suis aujourd’hui dans les 2 % les plus performants de la population. Je cours des marathons, je fais des Spartan Races. Mais au-delà des performances physiques, c’est une transformation intérieure : j’ai retrouvé une énergie que je n’avais jamais connue. Et mon âge biologique a reculé — j’ai aujourd’hui 36 ans, mais biologiquement, j’en ai 29. Cette démarche ne se limite pas aux capteurs ; elle s’accompagne d’un apprentissage actif. J’ai suivi des cours de nutrition, je me suis entouré de spécialistes en médecine fonctionnelle, et j’ai mis en place une hygiène de vie cohérente et personnalisée.

L’intelligence artificielle joue un rôle central dans votre approche de la santé. Comment l’utilisez-vous au quotidien ?

L’IA est un levier fondamental. Elle permet de croiser en temps réel mes données personnelles — génétiques, sanguines, métaboliques — avec les dernières publications scientifiques. J’ai effectué un séquençage complet de mon génome (ce qui est, soit dit en passant, interdit en France), et chaque nouveau protocole validé cliniquement est immédiatement comparé à mon profil. L’IA me tient donc constamment à jour : quels aliments privilégier ou éviter, quels exercices sont les plus adaptés, quelles prédispositions génétiques anticiper. C’est une médecine prédictive et personnalisée, capable de m’aider à prévenir plutôt que guérir. Pour moi, le futur de la santé repose sur deux piliers : précision et prévention — et l’intelligence artificielle est le trait d’union entre les deux.


[0:01] Il y a des intelligences artificielles qui vont croiser chacun de mes gènes [0:04] avec des études cliniques dès qu'elles vont sortir. Et donc moi, je suis mis à jour quasi temps réel. Dès qu'il y a une trouvaille, en effet, sur mon profil, notamment génétique, et encore une fois, des protocoles, des aliments, des types d'exercices qui sont mieux pour moi. [0:21] Introduction à l'interview [0:24] Bonjour Arnaud Auger. Bonjour Jérôme. directeur adjoint du C-LAB de Cathay Innovation. Cathay Innovation c'est l'un des plus grands fonds d'investissement français. [0:35] Basé aux Etats-Unis dans la Silicon Valley tu es basé à San Francisco et tu accompagnes notamment les grands groupes français dans leurs relations avec les big tech américaines. [0:46] Alors je suis ravi de te recevoir dans le monde numérique parce que Arnaud tu es intéressant à de nombreux égards d'abord ton regard sur la Silicon Valley sur ce qui se passe en ce moment, notamment en matière d'intelligence artificielle. Tu es aux premières loges pour vraiment nous faire comprendre un peu dans quel sens tout cela évolue. Et puis, tu as une particularité assez étonnante. [1:10] Tu te présentes comme un biohacker. On va commencer par ça. Qu'est-ce que ça veut dire, biohacker, exactement ? Bio à cœur, bio c'est la vie et à cœur, c'est un peu le côté pirate, mais c'est vraiment l'idée de comprendre les besoins de son corps et d'y répondre, de hacker plutôt notre ignorance. Donc le biohacking pour moi, c'est plutôt un état d'esprit de curiosité sur les dernières avancées technologiques, les dernières trouvailles en effet scientifiques pour avoir des protocoles et des appareils en effet pour améliorer sa santé, sa productivité, son bien-être, sa longévité, ses percourses athlétiques. En gros, utiliser la technologie pour comprendre nos besoins de nos corps pour mieux y répondre et devenir la meilleure version de nous-mêmes. C'est ce qu'on appelle aussi le quantified self, c'est-à-dire que tu es un fan de tous les objets connectés qu'on peut porter sur soi pour mesurer les différents paramètres. Exactement. Et en fait, du coup, mon histoire, c'est qu'il y a cinq ans, j'étais obèse, donc j'avais 25 kilos de plus. [2:15] Et donc, pourtant, je faisais du sport et j'essayais de manger sainement, mais j'avais assez peu de résultats. Et donc, j'en ai eu marre. Et donc, j'ai décidé d'appliquer un principe de la Silicon Valley, justement, qu'on ne peut changer que ce qu'on peut mesurer. Donc, c'est vraiment le Quantify Self. Et donc, au-delà des objets connectés, j'ai fait des tests ADN, j'ai fait des tests, du coup, de gut health, donc tout ce qui est fleurs microbiennes pour analyser mon microbiote intestinal, des tests sanguins près de 100 biomarqueurs, des tests pour mesurer combien de calories mon corps dépense au repos. Et ensuite, du coup, coupler ça avec des appareils, en effet, donc au-delà de l'Apple Watch, une Garmin, j'ai une bague Oura qui m'a permis de vraiment mesurer mon sommeil, un Slewoup, un CGM pour voir en effet les taux de glucose positifs, de mon corps en fonction de ce que je mange et de mes activités. Donc, c'est un patch qui mesure en permanence la glycémie. Exactement, voilà. Et puis après, même des objets connectés qui, eux, vont agir sur ma santé par simplement la mesurer. Par exemple, j'ai un lit connecté, un lit intelligent, en fait, qui est barré de capteur aussi pour mesurer ma qualité de sommeil et voir à quel niveau de sommeil je suis. Et avec, du coup, des circuits de refroidissement et de réchauffement. [3:35] Pour optimiser la température de mon matelas parce qu'en fait, le phénomène d'endormissement, c'est aussi un phénomène de réduction de température corporelle et après, en effet, c'est un ajustement. Et donc, voilà, c'est un lit qui est intelligent pour optimiser mon sommeil le plus parce qu'en effet, pour moi, le sommeil, c'est la fondation de la santé. C'est le premier domino de l'effet domino pour notre bonne santé. [3:58] Ouais. Et alors, qu'est-ce que tu en as retiré ? Ça a marché ? Tu as réussi à maigrir ? Eh bien, exactement. Du coup, cinq ans plus tard, Non seulement je ne suis plus obèse, je ne suis plus pré-diabétique, je ne suis plus avec un taux de cholestérol élevé. [4:11] Mais je vais peut-être mettre dans le 1% de la population la plus saine au monde, puisque ma BO2 max, par exemple, qui est un facteur pour mesurer le taux d'oxygène qu'on peut utiliser pendant l'effort, est passé de 37 à 60. Donc, je suis passé dans le dernier tiers de la population en termes de cardio au top 2%. Et en fait, notamment le docteur Peter Hattia, dans son livre Outlive, il a expliqué que de passer du dernier quart au top 2,5%, on réduit nos risques de mortalité par 4. Et puis voilà, du coup, je fais des marathons, j'ai fait près de 7 marathons, j'ai fait le marathon de San Francisco, de New York, de Paris. Je fais des courses spartanes, donc des courses d'obstacles, donc j'utilisais de la force aussi, pas que du cardio. Donc voilà, du coup c'est vrai que je me suis transformé complètement et puis aussi j'étais dépressif et là je suis pleinement heureux et en effet j'ai plein d'énergie, donc la technologie m'a vraiment permis de mieux me comprendre moi. J'étais aussi accompagné par des cabinets de médecine préventive et personnalisée, donc ce qu'on appelle médecine fonctionnelle, ça c'est une vraie tendance aussi. Pour moi le futur de la santé c'est à la fois prévention et précision, Et donc, du coup, moi, je suis en plein un early adopteur, donc un adopteur des toutes premières solutions qui existent et j'en vois les bénéfices pour moi, donc j'en suis très heureux. [5:40] Alors, mesurer, c'est une chose, mais j'imagine que ça t'a demandé des efforts aussi quand même au quotidien. Il ne suffit pas de se mettre des patches ou des capteurs, il faut aussi changer son alimentation, changer son mode de vie, etc. [5:52] Exactement, tu as tout compris. C'est vrai que le plus dur, en fait, c'est de créer les habitudes. Donc, pour créer les habitudes, il faut déjà avoir, obtenir la connaissance. Donc, moi, j'ai étudié en effet en nutrition avec des cours en ligne à Stanford, etc. [6:06] Pour ensuite comprendre la science derrière ce qu'il fallait pour moi. [6:12] Ensuite, trouver les objets, les protocoles à adopter, puis les mettre en place. Donc, en effet, c'était énormément d'efforts. Donc, c'est là où je pense que c'est l'obstacle. Mais je pense que c'est là où il y a l'opportunité pour l'intelligence artificielle. Je pense que l'intelligence artificielle a cette possibilité de se mettre au niveau de chacun, donc à votre niveau d'ignorance et d'envie d'effort pour vous faire progresser petit à petit, donc moi j'ai mis tout un écosystème autour de moi, même avec des fintechs, enfin typiquement mon Apple Watch, je ne l'ai pas payé, c'est mon assurance vie qui la paie à condition que je fasse du sport donc c'est une petite, incentive, donc une petite incitation en effet même économique il y a pas mal de solutions comme ça aussi sur la science comportementale que j'ai utilisé, donc là c'est tout un ensemble de choses, donc pas que des capteurs santé, c'est ta mode de vie tu as raison, et du coup ça demande des connaissances j'ai utilisé en effet NUM aussi, qui est ce qu'on appelle, Digital Therapeutics, donc une application qui est aussi efficace qu'un médicament qui est aussi sur ce micro-learning là sur le fait d'avoir un petit, apprentissage quotidien et en effet tu as raison l'obésité c'est multifactoriel c'est pas uniquement une question de déficit calorique il y a aussi du socio-culturel et typiquement j'ai grandi comme beaucoup d'entre vous peut-être, ma mère me disait il faut finir ton assiette, [7:33] donc moi je finissais c'est l'injonction qui a dû. [7:37] Créer je ne sais combien de personnes en surpoids et puis après, il y a même de la nutrition personnalisée typiquement moi j'ai fait les tests ADN et de fleurs microbiennes et qui ont révélé du coup que mes ingrédients superfood et ceux qu'il fallait que j'évite, et ceux qui étaient bons, ceux qui étaient moins bons et ceux qu'il fallait que j'évite, typiquement, il y a les brocolis dedans. Donc, voilà. Ça, c'est considéré comme sain pour la population générale, mais pour moi, spécifiquement, ça crée sûrement des inflammations, etc. Et donc, en fait, il faut que je les évite. Et donc, ça, dans mon alimentation, à partir de ces informations personnalisées, j'ai pu éviter les mauvais ingrédients pour moi, prendre les bons ingrédients pour moi. Alors, typiquement, les anchois, moi j'adore les anchois, et bien ça fait partie de mes superfoods, donc j'en mange plein. Et en fait, voilà, en adoptant aussi... Un mode de vie beaucoup plus personnalisé, grâce à cette compréhension-là, ça a permis de faire tous ces progrès. Donc, typiquement, sur l'âge biologique, c'est aussi un truc assez marrant. Quand j'avais 29 ans, justement, vu que j'étais en mauvaise santé, en obésité et surpoids, etc., quand mon âge chronologique était de 29 ans, [8:46] mon âge biologique était de 36 ans. Aujourd'hui, j'ai 36 ans et mon âge biologique est de 29 ans. Donc, j'ai rajeuni. Bravo. Arnaud, c'est vrai que quand on t'écoute, vu de France surtout, c'est assez fascinant. On sait qu'en Californie, dans la Silicon Valley, tu n'es pas le seul à faire ça. [9:04] C'est très tendance à la fois d'essayer de vivre sainement, de surveiller son corps, de prendre soin de son corps, de bien manger, de faire du sport. Je recevais récemment dans Monde Numérique l'écrivain de science-fiction Alain Damasio. Et dans son dernier livre, Vallée du silicium, il te consacre un chapitre, parce que vous vous êtes rencontrés à San Francisco. Et alors, il te décrit de manière très neutre, bienveillante, mais on sent qu'il te prend pour un martien. Est-ce que toi, tu ne le prends pas finalement comme un martien de réagir comme ça ? Non, en fait, j'ai l'habitude. En fait, la plupart des Français réagissent comme ça. Donc toi, Jérôme, tu es en plein dans le monde numérique, donc tu connais ça et puis tu es sûrement un utilisateur aussi de plusieurs solutions. Oui, c'est vrai que j'ai plein de capteurs aussi. Donc c'est vrai que voilà mais finalement tu vois par rapport à ton commentaire de la même manière que à San Francisco c'est un peu différent du reste des Etats-Unis, voilà tu es un peu différent peut-être du reste des Français par rapport à la technologie tu es aussi en avant-garde et donc en fait j'ai plutôt l'habitude de ces petites réactions mais au contraire par contre c'est vrai que, Alain, ce n'est pas n'importe qui non plus. C'est un auteur de science-fiction. Il avait créé un studio de gaming. C'est quelqu'un qui connaît quand même bien la tech. [10:17] Donc, en fait, son étonnement, malgré tout, lui, m'a surpris. Il m'a fait prendre conscience qu'en effet, peut-être que moi, je considérais être, entre guillemets, des choses pas si dingues que ça. Oui, normalement. Je suis entouré de Biowaker, en effet, à San Francisco. Ça pouvait peut-être surprendre. C'est vrai que j'ai eu beaucoup de personnes qui après son livre m'ont contacté justement pour savoir comment j'avais fait justement pour perdre tout ce poids etc. Donc voilà, je vais écrire mon propre livre et puis je vais lancer un show qui va s'appeler Don't Die sur le podcast de Silicon Carnet que tu connais bien. Ouais, sur le diable. Exactement. C'est un retour dont j'ai l'habitude mais par contre ce que j'ai vraiment apprécié avec Alain, c'est que quand bien même évidemment en tant que technocritique il n'est pas, adepte évidemment de mon mode de vie il n'en est pas forcément d'accord il est venu à San Francisco avec humilité il n'a même pas de portable, il est venu avec humilité et bienveillance et donc je trouve qu'en effet il a fait cet effort là et ça c'est pas forcément tout le monde qui le fait donc moi j'en suis extrêmement reconnaissant, mais quand même il pose des bonnes questions aussi, il demande si finalement ton mode de vie c'est pas quelque chose qui pour des gens qui ont des penchants un peu. [11:40] Hypochondriaques ça peut les rendre complètement fous, et puis d'un point de vue un peu plus philosophique pour lui c'est une manière c'est une espèce de détachement du corps et d'instrumentalisation du corps, qu'est-ce que tu en penses ? Oui, alors je comprends son point. Après, je pense que justement, ce qui l'a surpris dans ma rencontre, c'est qu'il pensait qu'en effet, les quantified self, comme tu disais, c'était des abrutis de la donnée. [12:05] Et pour le coup, je connais des personnes comme ça. Ils se lèvent, la première chose qu'ils regardent, c'est leur score de sommeil. Et puis, ils décident ce qu'ils vont en faire en fonction de ce que leur capteur leur en dit par rapport à leur santé. Moi, je mesure tout, tout le temps, mais je ne regarde pas tout, tout le temps. Tu n'es pas esclave du truc pour autant. Oui, voilà. Du coup, je pense peut-être que c'est ça qui l'a surpris, c'est que j'ai peut-être une juste distance par rapport à la donnée, c'est que je la mesure tout le temps et je ne vais la regarder que quand j'en ai besoin, que quand justement j'ai un coup de mou et que je veux comprendre mieux le pourquoi et trouver des solutions. Mais qu'une fois que j'ai mes habitudes saines, en effet, qu'elles sont en place, je ne vais pas étriver les yeux sur les données. L'exemple que je donne souvent, c'est quand vous conduisez, vous avez un compteur de vitesse, un niveau d'essence, d'huile sur votre tableau de bord. Est-ce que ça vous stresse d'avoir ces données en permanence devant les yeux, forcément, ça vous aide à mieux conduire. Moi, je suis un peu comme ça. C'est que je les regarde pour savoir en effet quand est-ce qu'il faut que je fasse le plein d'énergie, mais pas forcément pour être stressé. Mais c'est vrai qu'il a raison. Il y a des personnes, si elles sont hypochondriacs, ça peut être une source de stress. Mais je pense que ce qui l'a surpris, encore une fois, c'est qu'on peut avoir un rapport sain avec ces objectifs technologiques. Ça demande peut-être en effet une éducation, mais je pense qu'il y a une belle opportunité et je pense qu'encore une fois avec l'intelligence artificielle, elle peut arriver à nous rencontrer juste à notre niveau. [13:31] Encore une fois d'intérêt, d'éducation et de volonté Qu'est-ce que ça t'a apporté toi l'intelligence artificielle d'ores et déjà ou qu'est-ce que tu imagines comme développement futur, toujours dans ce domaine là ? Oui mais en fait l'intelligence artificielle typiquement pour moi c'est vraiment. [13:49] Les liaisons entre mes tests ADN, mes tests sanguins. Donc, test ADN, j'ai fait un test séquençage complet. Ce qui est interdit en France. Interdit en France. Mais que font certains Français ? Voilà. Et pour moi, ça, pour le coup, c'est vraiment peut-être un des scandales sanitaires dont on ne parle pas en France. C'est que pour moi, le futur de la santé, ça passe aussi par la santé génomique et que les Français n'ont pas droit à leur propre génome. Les Français n'ont pas droit au code source dans laquelle ils sont codés. Et moi, je ne dis pas que... On parle beaucoup d'open source, mais on n'a pas d'open source sur notre propre génétique. Exactement, voilà. Et en fait, l'État français. [14:33] Considère les citoyens français comme Apple considère ses iPhones. Il ne faut pas les ouvrir. On n'a pas le droit de... Et puis, il ne faut pas changer l'OS, tout ça. Pour moi, en fait, vu que j'ai fait ces tests-là, il y a des intelligences artificielles qui vont croiser chacun de mes gènes avec des études cliniques dès qu'elles vont sortir et donc moi je suis mis à jour en quasi temps réel, dès qu'il y a une trouvaille en effet sur mon profil notamment génétique et encore une fois des protocoles, des aliments, des types d'exercices qui sont mieux pour moi et en effet, ce test-là, ça a permis aussi de voir quelle maladie je suis susceptible de générer dans les prochaines décennies afin d'adopter des protocoles d'épigénétique pour les prévenir. Donc voilà, c'est vraiment pour moi le futur de la santé, c'est un peu comme à la chinoise, c'est le moment d'éviter de tomber malade en premier lieu. [15:23] Et donc voilà c'est encore une fois pour ça que je dis que le futur de la santé c'est prévention et précision et les deux vont en même temps et voilà c'est [15:30] un peu ma peur que j'ai pour la France et que pour l'instant la précision on n'y a pas droit mais, c'est un retard de plus selon toi c'est-à-dire que enfin un retard de plus pour la France on n'est pas encore dans cette logique de prévention de santé préventive alors que, c'est pourtant une petite musique qu'on entend régulièrement mais dans la pratique ça n'existe pas je crois que tu es abonné aux Etats-Unis un système un service de médecin où tu payes un abonnement mensuel pour qu'il te surveille alors que tu vas bien c'est ça ? Exactement c'est vraiment le système de médecine préventive ça n'existe pas en France à l'interessence voilà moi non plus et en effet mais ça le risque tu vois Alain il se pose comme anthropologue et j'ai écouté ton enfin en tout cas dans une approche anthropologique de rapport à la technologie j'ai écouté votre entretien et moi en effet je trouve qu'il y a un risque. [16:20] De scission de l'espèce humaine on avait les néandertales et les sapiens sapiens, et en fait c'est Yuval Noah Harari qui a alerté de ce risque là dans Modeus et donc moi je vois bien que là avec les progrès de la médecine de précision la médecine génomique et de prévention et bien, moi en effet il y a un scénario où je peux vivre peut-être jusqu'à 150 ans. [16:44] Et tous les biohackers qui embrasseraient en effet ces nouvelles solutions là pourraient peut-être en faire partie et du coup le reste de la population en France qui serait plutôt, 75-85 ans comme aujourd'hui donc peut-être deux fois moins donc on pourrait peut-être avoir une partie de l'humanité qui vit deux fois plus longtemps que l'autre et encore une fois on parle d'expérience de vie en bonne santé c'est pas juste l'histoire d'être grabataire pendant 50 ans, donc voilà ça je pense que c'est un des enjeux en effet de nos sociétés de nos rapports aux technologies et des enjeux par rapport à l'intelligence artificielle je comprends encore une fois les réserves qu'on a en France qui sont parfois sur la peur, de l'eugénisme que je pense qu'on peut contrer assez facilement et parfois aussi parce qu'il y a des coûts, mais typiquement les coûts d'un séquenchage complet du génome, c'était il y a encore 10 ans. [17:37] Plusieurs centaines de milliers de dollars aujourd'hui pour 500 dollars vous avez votre séquenchage complet du génome aux Etats-Unis et vous le faites une seule fois dans votre vie et ça peut permettre en effet encore une fois d'identifier des maladies qu'on essaie de générer, et donc éviter en effet des coûts exorbitants aussi pour la sécurité sociale en termes de traitement. Après, que des personnes ne veuillent pas forcément savoir les maladies qui sont susceptibles de générer, ça j'entends. Voilà, un courrier est annonçant que tu as tant de pourcentages de risques d'être Alzheimer ou d'avoir un cancer du sein. [18:13] Effectivement, il y a beaucoup de gens qui préfèrent faire l'autruche par rapport à ça. Voilà, ça je le comprends, mais pour les personnes qui ont envie de se prendre en main et d'avoir ces chiffres-là pour trouver des solutions et être actif par rapport à la santé, je pense que ce serait bien qu'ils aient moins le droit. Comment tu trouves les capteurs que tu utilises aujourd'hui ? Est-ce qu'ils sont assez fiables ? Est-ce que, malgré tout, ils sont à la hauteur de tes attentes ? Et puis, est-ce qu'il y a des nouveaux capteurs que tu aimerais voir arriver ? Alors, moi, en effet, je ne suis pas naïf. Je sais qu'aucun capteur n'est parfaitement fiable. et c'est pour ça que j'en porte plusieurs c'est que typiquement mon sommeil je vais le mesurer avec ma Oura Ring, avec mon Apple Watch avec ma Garmin, avec le Wubben, avec mon lien intelligent et en fait en multipliant les capteurs sur différentes parties du corps avec différents algorithmes du coup je peux trouver plutôt plus de vérité à l'intersection de ces différents appareils et différentes méthodes. [19:10] Pour en effet un peu plus baser mon jugement sur peut-être plus de vérité c'est comme dans les avions il faut faire de la redondance exactement c'est pour ça que je fais de la redondance c'est pour ça que ça surprend mais moi c'est vrai dans cette logique un peu, non mais je te comprends moi quand je cours je me contentais au début du capteur de la watch puis j'ai vu que pour la fréquence cardiaque parfois il me disait n'importe quoi, c'est comme si j'étais à deux doigts de la crise cardiaque et finalement maintenant je me mets à un capteur thoracique qui est beaucoup plus fiable oui pareil voilà. [19:44] Après je pense que il y a de plus en plus en effet de précision aussi hum, Mais il y a des choses qu'on n'a toujours pas. La tension artérielle, la glycémie. Enfin, la glycémie, il y a des patches, mais ce n'est pas sur les objets classiques type montres et lunettes, etc. Oui, alors pour la glycémie, c'est un bon point. Moi, j'ai vu, il y a déjà des smartwatches chinoises qui prétendent en effet de mesurer la glycémie. Alors, c'est par la sueur. Moi, j'ai testé, ce n'est pas encore très efficace. c'est vrai que c'était potentiellement, la grande métrique qui pourrait être ajoutée à l'Apple Watch donc en gros dans l'histoire des objets connectés que tu connais bien, on a d'abord mesuré les pas avec Fitbit, puis le rythme cardiaque puis le HRV donc la variation du rythme cardiaque, et donc on est toujours étalé dans le plus de sophistication dans le type de données je pense que la donnée qui a le plus d'impact sur notre santé notamment la santé métabolique c'est la glycémie il y a des tentatives, en effet par potentiellement la sueur pour qu'elle soit intégrée sur des produits plus grands d'usage mais figure-toi qu'à Boston j'étais à Boston il y a deux semaines et je suis allé voir un démodé et il y a une startup, qui expliquait qu'ils avaient démodé démodé un jour de démonstration pas quelqu'un qui est démodé non exactement ah ouais ok. [21:10] Justement c'est l'inverse des trucs démodés c'est les trucs avant qu'elles soient à la mode et en fait c'est une start-up qui a développé une intelligence artificielle pour mesurer votre glycémie écoutez bien par la voix, Et en fait, ça, typiquement, c'est hyper intéressant. Il y a des études cliniques apparemment qui le prouvent. Donc, en fait, ils ont entraîné une intelligence artificielle avec des données de voix et les données de glycémie de ces mêmes personnes. Et en effet, maintenant, apparemment, l'intelligence artificielle peut trouver une corrélation, alors qu'il est inaudible pour une oreille humaine. Mais l'intelligence artificielle le trouve. Et ça qui est extrêmement fascinant avec l'intelligence artificielle, c'est qu'on avait déjà des intelligences artificielles qui faisaient des choses que les humains font, mais en mieux donc typiquement c'est l'exemple qu'on connait bien sur les radios une intelligence artificielle peut détecter une tumeur plus rapidement de manière plus précise qu'un radiologue même avec 20 ans d'expérience, mais maintenant on arrive avec des intelligences artificielles qui font des choses que les humains ne pourraient jamais faire en fait eux-mêmes donc comme là potentiellement la glycémique la voit, donc oui moi je trouve que ça ouvre un univers de possibilités extrêmement intéressant on pourrait imaginer des petits robots peut-être les Miroca d'Enchinty Tools qui passent dans les hôpitaux pour juste avec les caméras, les capteurs, faire une mesure du rythme cardiaque, etc. Ou simplement dans le smartphone quand on parle. [22:37] Typiquement, en effet, j'ai déjà testé et ça marche. Il y a des solutions pour mesurer, faire un bilan un peu de plusieurs capteurs, plusieurs biomarqueurs par un simple selfie vidéo. Donc, il y a une startup en Israël qui s'appelle Bina.ai et il y a une startup française aussi qui s'appelle iVirtual qui fait ça. Donc, avec un simple selfie vidéo de 30 secondes, ça peut mesurer votre rythme cardiaque, votre rythme respiratoire. Donc, ça voit les petits mouvements de vos narines qui sont mais aussi potentiellement l'attention. Donc moi, je l'ai testé en direct avec mon Apple Watch pour le rythme cardiaque et je connaissais ma tension, etc. Et ça marchait, quoi. Et pareil, ils prétendaient aussi, en tout cas, Binadot.ai, aussi évaluer un niveau de glucose aussi par le selfie vidéo. Donc eux, ils expliquaient que c'était potentiellement avec la lecture des petits vaisseaux sanguins qu'on a dans le visage. [23:35] Et avec simplement 8% de marge d'erreur par rapport à, en effet une prise de sang ou un patch de glycémie donc on arrive en effet sur des solutions d'intelligence artificielle qui pourraient démocratiser beaucoup plus un bilan santé donc là l'idée en effet c'est pas de remplacer le médecin c'est plutôt que la plupart des gens ne voient pas un médecin parfois pendant des années, ou au moins pendant un an donc là l'idée c'est plutôt d'avoir un petit bilan avec un simple selfie vidéo de 30 secondes régulièrement et s'il y a un paramètre qui passe dans le rouge ben là d'aller voir le médecin bien sûr. [24:07] Et en termes de de produits d'appareils connectés on parle beaucoup des montres évidemment de la bague dont tu parlais tout à l'heure les lunettes ça te paraît un équipement intéressant pour moi j'en porte j'ai porté depuis 3 ans les lunettes intelligentes d'abord les Ray-Ban Stories et maintenant les Meta Glaces, et pour moi en effet ce sera le prochain device le prochain appareil de masse après le smartphone. [24:38] Les lunettes intelligentes de Meta pour moi c'est le premier appareil d'intelligence artificielle multimodale disponible en masse donc moi en effet dans mes lunettes intelligentes pour ceux qui nous écoutent donc j'ai les caméras, j'ai les micros, j'ai les petites enceintes et donc en fait je peux interagir avec mon environnement, typiquement si je vais courir à San Francisco je peux regarder au loin un pont, et demander à Meta comment s'appelle ce pont il y a une petite photo qui est prise l'intelligence artificielle va rafler San Francisco j'ai une petite idée, du pont si tu arrives et que je regarde le Bay Bridge et que c'est pas le Bay Bridge et ben du coup tu vois c'est pas le Golden Gate, moi je l'ai testé par exemple en regardant un arbre des fleurs un chien demander quelle espèce c'est moi typiquement, quand je vais courir justement je ne regarde plus mon smartphone parce que j'ai mes messages qui sont lus aussi dans les branches moi j'ai la conviction que c'est le grand appareil qui va être distribué en masse et a fortiori que c'est un appareil que les gens ont l'habitude de porter et qui est l'endroit parfait pour mesurer pour capter ce qu'on voit, ce qu'on entend ce qu'on dit. [25:55] Donc en termes de form factor c'est déjà un peu parfait, et en plus maintenant on peut avoir de l'intelligence artificielle par dessus moi je suis allé à Berlin et voilà je pouvais lire des menus qui étaient en allemand je regardais le menu je disais, traduis-moi le menu ça me traduisait le menu dans les branches sans avoir de sortir mon iPhone etc donc ça marche ça marche assez bien ma conviction c'est dans quelques années il y aura au moins un tiers des gens qui auront. [26:23] Des lunettes intelligentes donc moi je suis assez convaincu et a fortiori que dans les branches et ça j'ai découvert une start-up à Paris qui a potentiellement rêvé une technologie comme ça, Une technologie qui pourrait mesurer les ondes cérébrales. Et en fait, du coup, tu pourrais les intégrer dans des lunettes intelligentes, tu vois, et donc mesurer plein de choses. Et typiquement, les ondes cérébrales, en fait, elles ont nos signatures biométriques. Donc, par exemple, tu pourrais avoir déjà un cas de cybersécurité où tu pourrais ouvrir ton téléphone ou ton ordinateur uniquement avec non seulement tes ondes cérébrales à toi, mais même, par exemple, des ondes cérébrales, quand tu penses à trois mots, je ne sais pas, table micro et, tour Eiffel et du coup vraiment débloquer et ça c'est un. [27:09] Indéchiffrable pour un hacker une sorte de password mental exactement et tu pourrais il y a même par exemple une signature dans, je crois c'est la schizophrénie voilà tu pourrais, mettre tes lunettes et en fait juste en 30 secondes ça lit tes ondes cérébrales et pour te dire si en effet tu as un risque de schizophrénie ou non et on peut le développer sur plein de maladies ça peut mesurer ton intensité de douleur ou de plaisir, tu vois. Donc, là pareil, tu peux avoir plein de cas au niveau du marketing, c'est que tu te balades dans la rue, tu vois un objet connecté qui te plaît, Jérôme, ça te plaît, si tu veux, t'as moins 20% si tu rentres dans le magasin. Tu peux avoir plein d'usages comme ça qui pourraient être développés justement avec les ondes cérébrales, peut-être un autre métrique qu'on pourrait avoir et qui pourrait être assez intuitivement placé dans les branches de lunettes. [28:03] Arnaud, tu te définis comme un biohacker mais tu n'as pas peur de te faire toi-même hacker un jour ou l'autre je veux dire qu'il y ait une intrusion qui vienne modifier tes données avec. [28:19] Des conséquences qu'on ne peut pas imaginer on te fait croire que tu as une maladie alors que tu ne l'as pas la peur n'évite pas de danger mais justement je regarde aussi des solutions en termes de cybersécurité, pour sécuriser tout ça. Mais en effet, il y a notamment une peur des personnes de ne pas partager leurs données de santé pour peur qu'elles soient hackées. Moi, honnêtement, je pense qu'est-ce qu'un hacker pourrait faire avec mes données ? Franchement, pas grand-chose. Par contre, des chercheurs qui pourraient utiliser mes données de santé, mes données génomiques, etc., pour trouver des protocoles, des remèdes, je pense qu'il y a beaucoup plus de chances. Donc moi, je suis très heureux de donner toutes mes données de santé à des fournisseurs certifiés, encore une fois. [29:05] Mais voilà, du coup, j'ai un autre rapport par rapport à la donnée. Moi, je suis plutôt, en effet, technophile, optimiste. Donc, voilà, j'essaye de me prévenir contre les risques, mais de ne pas éviter, de ne pas risquer de manquer les opportunités pour avoir peur des risques. [29:21] Arnaud Auger, je le disais, tu vis donc à San Francisco et tu fréquentes de très près toutes les entreprises de tech, notamment en matière d'intelligence artificielle. Ça avance à toute vitesse dans ce secteur-là. On laisse un peu tomber la santé et la médecine pour parler d'IA générative. Sora de OpenAI vient d'être lancée. Google annonce Gemini 2.0. On sent en plus qu'il y a une compétition commerciale, l'économie très forte qui est sous-jacent. [29:53] Quel regard tu portes sur cette course ? Ce n'est même pas une course de fond, c'est une espèce de sprint permanent. Comment tu vois ça ? Oui, c'est un sprint énorme parce que tous les acteurs, tous les acteurs de la tech en tout cas, ont compris que l'intelligence artificielle, ce n'est pas une nouvelle vague technologique comme on a eu la blockchain ou le métavers. C'est vraiment un changement révolutionnaire, d'une technologie ambiante, Denis Barrier le PDG de Cate Innovation il dit souvent c'est comme le passage d'électricité et donc il dit souvent aussi on ne va pas investir dans des entreprises de bougies même si elles sont profitables il faut aller trouver les premiers créateurs d'ampoules donc voilà c'est vrai que c'est vraiment transformatif ça va vraiment. [30:43] Décider des futurs leaders en effet des différents marchés donc c'est pour ça que tous les géants de la tech mettent le plein pot et justement il y a des coûts de calcul qui sont quand même extrêmement importants, moi j'ai un ami chez Meta je donnerai personnellement mais il me racontait que juste ses équipes à lui, avaient plus de GPU donc de capacité de calcul pour l'intelligence artificielle que toute l'armée française donc on ne parle pas de Meta on parle juste de ses équipes à lui, donc il y a des et voilà depuis 10 ans il y a plus d'investissements dans les startups de l'IA dans la région de San Francisco seule que dans toute l'Europe réunie. Donc il y a des différences qui fait que c'est vraiment le renouveau de San Francisco et le fait que la baie de San Francisco est vraiment the place to be et donc voilà c'est que pendant le Covid il y en a qui sont partis peut-être justement à Miami dans le Colorado, au Lake Tao et ils reviennent tous à San Francisco parce que voilà c'est là où ça se passe. [31:42] San Francisco de loin il y a eu plus la moitié des investissements dans l'IA sur les Etats-Unis l'année dernière, ça reste le cœur du réacteur encore plus qu'avant je pense que c'est vraiment encore plus qu'avant parce qu'encore une fois il y a vraiment cette infrastructure de l'IA qui est indispensable et donc il y a cette course effrénée là-dessus mais qui va, potentiellement tout changer sur tous les secteurs Oui qui va tout changer avec beaucoup de choses très positives des nouveaux business avec des sources d'enregistrements énormes et on sait à quel point l'aspect financier est très important dans la Silicon Valley mais et ça c'est mon point de vue mon regard français qui consiste à toujours voir le verre à moitié vide. [32:24] On imagine aussi déjà toutes les dérives, tous les problèmes que ça va poser. L'arrivée de Sora, cette IA qui permet de générer des vidéos de manière ultra réaliste, des vidéos ultra réalistes, c'est un super outil, mais ça va être une super usine à fake news potentielle. [32:42] Est-ce que ça, c'est des préoccupations qui sont présentes ou pas du tout dans la Silicon Valley aujourd'hui ? Oui, en fait, la Silicon Valley a quand même appris de ces erreurs avec le Web2, on a vu que tous les patrons de la tech sont quand même retrouvés devant le Congrès, devant le Sénat américain, et qu'en effet, Mark Zuckerberg, il est obligé de dire, je suis désolé, mais c'est vrai que Facebook, avec plusieurs milliards d'utilisateurs, des milliards d'heures passées, ça a pris une ampleur telle que personne ne pouvait l'anticiper, il n'y a aucun anthropologue qui pouvait anticiper ça, pareil pour les addictions aux smartphones, etc. Et donc ils ont quand même conscience que justement la fameuse devise initiale de Google « Do not harm » ne peut pas faire de mal même s'ils veulent faire le bien, ils peuvent faire le mal malgré eux, Oui c'est ça le problème Et comme tu le disais aussi c'est aussi tourné autour de retours sur investissement. [33:41] Financier toutes les plateformes, et ça Alain Damasio le décrit bien aussi, toutes les plateformes ont été, paramétrer pour l'addiction, pour passer le plus de temps possible. Quand j'avais rencontré le CMO de Facebook, il y a 10 ans, il m'avait raconté ça. En effet, la seule métrique qui l'importe, c'est le temps passé par les utilisateurs et donc tout est paramétré autour de ça. Oui, mais enfin, on a diabolisé ça, c'est le modèle économique de la télévision depuis toujours. Exactement. Et puis, tout le monde l'accepte. Exactement. Mais pour revenir sur ton point, en effet, ils ont conscience qu'il y a des risques. Et d'ailleurs, on le voit bien avec Salmatman, il a une posture quand on l'écoute en interview de quasi-philosophe, lentement pour montrer qu'il est réfléchi et d'ailleurs, il a un discours qui est assez intéressant c'est-à-dire qu'il explique justement que l'intelligence artificielle a potentiellement autant de puissance que l'énergie atomique et qu'il faudrait une entité de régulation comme celle de l'énergie atomique et donc en disant ça il dit plusieurs choses il dit un l'IA entre guillemets ma technologie est puissante. [34:46] Donc en effet attirer aussi les intérêts et les investisseurs deux il dit il faut une régulation et quand on est dans une organisation comme OpenAI qui a levé des milliards on peut avoir des équipes de conformité légale etc. Pour en effet être en norme par rapport à la régulation mais ce qui pose du coup une barrière à l'entrée pour les start-up qui vont arriver s'il y a des coûts en millions, pour juste être conforme ça va être compliqués. [35:16] Et donc voilà il y a quand même cette conscience-là il y a des organisations en Silicon Valley parfois créées aussi par des français comme Everyone d'ATI avec notamment Greg Renard derrière qui est aussi un personnage de Valais du Silicium qui avertit sur les utilisateurs On a reçu déjà dans ce podcast également Gregor et Renard oui qui avertit sur les usages en effet de l'intelligence artificielle pour les enfants et pour surtout avoir des guidelines pour les développeurs sur qu'est-ce qu'ils doivent faire et comment le faire, avec tout ça appuyé sur les études. Mais il y a quand même une prise de conscience que clairement il n'y avait pas il y a 10-15 ans en Silicon Valley. Donc en tout cas, une envie d'être, une conscience des risques et donc une envie de pouvoir les prévenir. [36:03] Et malgré tout, comme tu l'as dit, c'est une course. et donc c'est vrai que même si on voudrait parfois freiner même Elon Musk avait demandé en effet une pause mais voilà, c'est dans les faits impossible parce qu'en fait impossible si un acteur fait une pause pour mieux réfléchir les autres ont pris de l'avance et après il faut le rattraper et c'est quand même compliqué donc voilà c'est court s'est freiné. [36:27] Ils essayent de mettre des comités éthiques etc mais voilà c'est sûr qu'il y a des risques donc après il y a peut-être des solutions, justement Yuval Naurari dans Nexus il appelle à bannir les fake humans donc les faux humains comme tu le dis en effet pour interdire qu'il y ait un double numérique de Jérôme Colombin pour éviter que des personnes croient qu'une autre émission est faite par toi et dit des choses différentes de ce que tu penses Mais ça, ça va arriver la copie, ne serait-ce que le clonage de voix etc. [36:59] Protéger sa voix va devenir un enjeu Et après ça c'est une question est-ce que tu aurais droit toi à ton double numérique pour justement peut-être que faire cet entretien-là sans être présent et être sur la plage en Floride bon je serais très déçu de ne pas pouvoir te parler directement cela dit, mais pour d'autres tâches ô que oui un double numérique évidemment évidemment, c'est en quoi il y a des enjeux ouais c'est sûr c'est vertigineux, mais bon donc on a un peu l'impression que c'est toujours quand même la même logique c'est on innove d'abord et on réfléchit après quoi, Oui, voilà. Et c'est vrai que moi, tu vois, hier, j'ai échangé avec une classe de troisième, avec une ancienne amie professeure de français dans un collège et qui avait lu le livre et qui voulait que j'échange avec sa classe. Et en fait, ils ont un thème cette année autour du progrès. Et moi-même, je leur ai dit, en fait, toute invention technologique n'est pas forcément un progrès. Ça devient un progrès si justement il n'y a pas d'effet négatif pour les humains et donc ça c'est l'enjeu et je pense que il y a quand même une montée de conscience en Silicon Valley aussi là-dessus. [38:05] Et surtout qu'en fait la seule peur des géants de la tech, c'est la peur du démantèlement donc après il y a une nouvelle administration qui arrive où du coup ils seront peut-être à l'abri de ça un peu plus qu'avant, mais ils ont compris qu'aussi voilà s'ils faisaient trop de dégâts pour la société, ça peut leur revenir à la figure au niveau de l'organisation. Et donc, il faut essayer au moins de faire des produits qui ne soient pas trop malsains quand même. Et ça, ils l'ont compris. Oui, mais est-ce que le problème, ce n'est pas que chaque produit a son côté positif et son côté négatif ? Parce que si on doit interdire tout ce qui a des effets pervers, [38:45] à ce moment-là, on ferme les réseaux sociaux et qui sont pourtant un outil fantastique, par ailleurs. Et puis encore une fois, c'est vrai que Elon Musk, qui était un libertarien, lui, c'est un chantre de la liberté d'expression, etc. C'est une valeur fondamentale aux Etats-Unis. Donc, comme tu dis, interdire, ce n'est pas forcément la logique. Donc, c'est sûr, on va voir ce qui va se passer, mais en tout cas, c'est une époque excitante et qu'il y aura plein de changements. Pour nous qui sommes passionnés d'innovation numérique on en découvre tous les jours et voilà c'est passionnant en tout cas Merci beaucoup Arnaud directeur adjoint du CILAB chez Cathay Innovation à San Francisco Merci Jérôme.
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