Monde Numérique :
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0:11] Quand la politique rejoint la technologie, Mediapart a fouillé les archives
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0:15] de Meta et met en cause Jordan Bardella. Alors quels sont exactement les détails techniques de cette affaire et les questions que ça pose ? On va tout vous dire dans cet épisode de Monde Numérique Hebdo.
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0:36] L'actu de la semaine, c'est aussi OpenAI qui lance ses agents IA pour monsieur et madame tout le monde, voici les dots Donald Trump qui invente la régulation, sans régulation de l'intelligence artificielle, Google qui envoie son premier data center dans l'espace et puis une avalanche de lunettes connectées. J'ai testé pour vous les nouvelles Nuance Audio. Les interviews de la semaine, un robot humanoïde pour la maison à programmer soi-même et qui coûte moins de 3500 euros. C'est le pari de la startup Flourish. Son fondateur est mon invité et il va tout nous expliquer. Comment éviter les fluides d'informations qui rendent possible les cyberattaques contre les entreprises ? C'est l'un des grands défis du moment en cybersécurité. On en parle avec le spécialiste Check Point Software. Enfin, une méga-usine pour fabriquer des méga-ordinateurs. Je reçois le responsable de l'informatique haute performance du groupe Bull. Bienvenue à l'écoute de Monde numérique, l'hebdo du 3 octobre 2026.
Invité :
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1:52] Monde numérique, Jérôme Colombain.
Monde Numérique :
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1:58] Et c'est parti pour 50 minutes de news, de décryptage et d'interviews comme chaque samedi. Nouvel épisode de l'hebdo de Monde numérique. Avec une news pour vous qui êtes fan, je le sais, de Monde Numérique, c'est la nouvelle version de l'application mobile Monde Numérique, signée GoodBarber, disponible sur iPhone et Android, avec du nouveau, l'écoute dans l'application, comme sur une plateforme de podcast, vous pourrez avancer, reculer, accélérer, et même programmer un minuteur pour vous endormir en écoutant Monde Numérique. Une nouvelle section favori également, et puis un petit relookage. En attendant encore d'autres raffinements technologiques que nous prépare GoodBarber, spécialiste de la création d'applications mobiles en no-code. Juste avant l'actu également, petite séquence d'auto-promo pour commencer.
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2:48] Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous cette bonne nouvelle qui est tombée cette semaine. C'est le classement Tech 500 de la société Tyto. Tyto, c'est une entreprise de relations publiques britanniques. Et dans ce Tech 500 qui recense comme son nom l'indique les 500 personnalités les plus influentes de la tech, en Europe, pays par pays, j'ai la joie et la surprise de me retrouver numéro 1 en France. Voilà, j'étais troisième l'année dernière. Cette année, premier influenceur tech. Alors attention, c'est influenceur au sens de influence, pas de crème de beauté sur Instagram ou TikTok. C'est un classement plutôt sérieux qui mesure notamment la visibilité dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les podcasts, les plateformes aussi. Et c'est justement ça qui est intéressant parce que le rapport explique qu'à l'heure où l'intelligence artificielle peut produire des tonnes de contenus très propres, très lisses, etc., et bien ce qui compte le plus visiblement. Ce sont les humains et en l'occurrence la personnalité d'un présentateur parmi d'autres, qui en plus fait ça depuis un paquet d'années donc voilà le classement Tyto Tech 500 et cette première place qui récompense surtout 5 années de travail acharné pour Monde Numérique et pour ce podcast que vous écoutez jour après jour Merci à vous.
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4:08] C'est donc la politique qui fait la une de l'actualité tech cette semaine avec l'affaire Bardella-Médiapart. Le responsable du Rassemblement national, Jordan Bardella, accusé par Mediapart d'être l'auteur d'une série de messages antisémites datant de 2013. L'intéressé dément formellement et la question qui se pose est de savoir si ces messages sont authentiques et comment Mediapart a travaillé. Alors il y a des emails et il y a surtout des messages échangés via la messagerie Messenger, qui était à l'époque intégrée à Facebook. La question est donc de savoir si l'on peut garantir l'authenticité de messages Facebook vieux de 13 ans. Et pour le savoir, il faut comprendre comment Mediapart a travaillé. Le média affirme qu'il s'est procuré non pas des captures d'écran, car ce serait facilement falsifiable, mais des documents originaux qui lui ont été transmis par au moins deux destinataires, avec lesquels Jordan Bardella avait des échanges via Messenger. De quels documents s'agit-il ? Qu'est-ce qui a été transmis à Mediapart ? Eh bien, tout simplement, ce qu'on appelle l'historique Facebook Messenger. Un historique que n'importe qui, n'importe quel utilisateur peut télécharger. Il suffit d'en faire la demande en quelques clics directement sur le site de Meta. Et cela depuis l'entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données personnelles. C'est un droit qui a été accordé aux utilisateurs. C'est donc cette procédure que Mediapart affirme avoir utilisée via.
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5:36] Les interlocuteurs présumés de Bardella et en faisant certifier cette procédure par un huissier, c'est-à-dire le clic de l'utilisateur, puis le téléchargement du document depuis les serveurs du groupe Meta, donc sans intermédiaire, sans risque de falsification a priori au passage.
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5:53] Cette extraction de données permet entre autres de retrouver toutes les conversations qu'on a pu avoir sur Messenger, à la fois les messages qu'on a envoyés soi-même et les messages qu'on a reçus. Ça ne serait plus possible aujourd'hui d'ailleurs, car Messenger utilise le chiffrement de bout en bout pour les conversations personnelles. Autrement dit, en principe, les échanges sont verrouillés et même Meta ne peut pas les consulter. Mais en 2013, ce n'était pas le cas. Et donc, lorsqu'on demande cet historique, tous les messages ressortent. Il reste cependant une question. Si l'origine du document électronique fait peu de doutes, visiblement, comment être sûr que c'était bien le jeune Bardella qui avait envoyé les messages et qui était bien derrière le clavier ? Autrement dit, est-ce qu'il n'a pas pu faire l'objet d'une usurpation d'identité ? Ça, c'est plus difficile à prouver, évidemment. Alors, Mediapart affirme avoir effectué des croisements avec des conversations qui contiendraient plein de détails biographiques correspondant spécifiquement à Jordan Bardella. La naissance de sa mère en Italie, une interview donnée au Parisien en 2013 ou encore son échec au concours de Sciences Po, des éléments que, a priori, peu de monde, à part lui-même, devait connaître à l'époque.
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7:07] On peut penser aussi que Meta conserve peut-être encore d'autres informations, comme par exemple des métadonnées indiquant les appareils utilisés par le supposé Jordan Bardella ou ses adresses IP, mais ça, seule la justice pourrait réclamer ces informations au groupe américain. L'homme politique peut donc continuer pour sa défense à affirmer que ce n'est pas lui qui a écrit ces messages et il sera sans doute difficile de prouver techniquement le contraire.
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7:33] Aux Etats-Unis, après les nombreux dérapages des intelligences artificielles ces dernières semaines et le débat sur leurs risques supposés sur l'humanité tout entière, Donald Trump siffle la fin de la récré. Enfin presque. Le président américain réunit cette semaine à la Maison-Blanche la crème de l'IA, c'est-à-dire tous les dirigeants des grandes boîtes, d'intelligence artificielle, pour annoncer la mise en place d'une régulation de l'intelligence artificielle. Mais c'est une pirouette politique spectaculaire, puisqu'il s'agit d'une régulation sans régulation, ou plus exactement basée sur l'autorégulation. En gros, les entreprises ont signé une espèce de charte promettant de respecter un certain nombre d'engagements, comme tester leur modèle avant leur sortie, partager les résultats avec le gouvernement.
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8:24] Accepter de faire entrer des observateurs, etc., mais sans contraintes légales strictes. Bon, même si le communiqué officiel précise quand même que si cela a du sens dans le futur, ça pourra faire l'objet de réglementations. Donc, en fait, Donald Trump cède à une certaine forme de pression de la part de l'opposition, mais aussi, d'une partie de la population américaine qui craint de plus en plus les effets de l'IA en annonçant cette espèce de pseudo-régulation dont il ne veut pas véritablement, pour ne surtout pas freiner l'innovation technologique dans ce domaine. Notamment face à la Chine, on le sait. Voilà, Donald Trump qui, par ailleurs, on le rappelle, ne parle plus d'intelligence artificielle, mais de super-intelligence. C'est désormais le terme officiel utilisé dans toutes les communications gouvernementales américaines.
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9:16] Des data centers dans l'espace, on attendait Elon Musk et SpaceX sur ce terrain, et bien c'est Google qui dégaine le premier, et qui vient de lancer ce 1er octobre son tout premier satellite qui préfigure.
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9:29] Peut-être des centres de données en orbite au-dessus de nos têtes. C'est le projet Suncatcher, un appareil de la taille d'un réfrigérateur contenant des puces TPU fabriquées par Google, a été envoyé par une fusée SpaceX. L'objectif, c'est de vérifier que ces composants peuvent supporter les conditions extrêmes de l'espace, les radiations du vide spatial. Ce projet vise à terme à créer des grappes de satellites dédiés à l'intelligence artificielle. Des centres de données qui communiqueront ensuite avec la Terre grâce à des liaisons laser. Alors Google n'est pas le seul sur ce projet. Donc SpaceX, on l'a dit, prévoit aussi de lancer ses propres satellites à partir de 2028. Et puis, une startup aussi, Starcloud, a déjà testé une puce NVIDIA H100 dans l'espace en novembre dernier. Pourquoi envoyer des data centers dans l'espace ? Eh bien, pour répondre à deux défis majeurs. D'abord, l'accès à l'énergie, parce qu'en mettant ainsi ces équipements dans l'espace en orbite synchrone avec le soleil, eh bien, ça permet de bénéficier d'une énergie solaire quasi constante, sans batterie. Et puis ensuite, ça résout un problème sur Terre qui est le foncier, l'accès à l'espace pour construire des data centers et surtout la pression sociale et environnementale qui est de plus en plus forte contre.
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10:46] Les data centers, on le sait, énergivores lorsqu'ils sont sur Terre. Donc la solution, c'est peut-être d'aller mettre tout ça dans les étoiles et ce qui paraissait encore de la science-fiction moqué par tout le monde il y a quelques mois encore est peut-être en train de devenir réalité.
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11:05] Les lunettes connectées se ramassent à l'appel. On parlait il y a quelque temps.
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11:09] La semaine dernière, des nouvelles lunettes Meta, toute une batterie de nouveaux modèles. Et cette semaine, je suis allé tester un autre genre de lunettes connectées. C'est la nouvelle version des Nuances Audio. Alors, ce sont des lunettes qui ne font qu'une seule chose, ou presque, amplifier le son pour les personnes qui souffrent d'une perte d'audition légère à modérée, nous dit-on. Donc, ce sont des lunettes avec des micros, il y a six petits micros intégrés, Des petits haut-parleurs qui amplifient le son et qui projettent directement, le son au-dessus des oreilles. C'est signé Essilor Luxottica, cette grande marque franco-italienne de lunettes qui possède des tas de marques de lunettes très connues. Donc ce sont des lunettes qui sont assez légères, 30 grammes à peine, puisqu'il y a très peu d'électronique à l'intérieur et on ne peut pas faire grand-chose. On peut quand même prendre des communications téléphoniques, mais on ne peut pas écouter de la musique, par exemple, ce n'est pas fait pour ça. Et c'est donc destiné aux personnes qui sentent qu'elles commencent à entendre un peu moins bien, mais pas au point de mettre une prothèse auditive. D'ailleurs, ça ne remplace pas les prothèses auditives. Parfois, on peut souffrir au quotidien, pas arriver à bien suivre les conversations, etc.
Monde Numérique :
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12:16] Socialement, on l'accepte assez mal. Du coup, avec ce type de lunettes, on ne voit pas du tout qu'il y a un appareillage. Voilà donc pour ces Nuance Audio qui coûtent quand même, et c'est un prix assez surprenant, qui coûtent presque 900 euros, 899 euros, sans verre correcteur, malgré une prise en charge par Sécurité sociale et mutuelle, mais ce qui équivaut à peine à un remboursement d'une centaine d'euros par paire.
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12:43] Et des produits qui risquent aussi de se faire concurrencer par les lunettes Meta, notamment l'un des derniers modèles présentés, qui intègre aussi un système d'amplification comme ça, qui n'est pas le même, qui ne fonctionne pas de la même manière. En tout cas, des lunettes qui règlent deux problèmes. La vue, si on met des verres correcteurs, et l'audition.
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13:06] Autres nouvelles lunettes, elles sont signées de la marque Rokid. C'est un constructeur chinois spécialisé dans la réalité augmentée et qui annonce cette semaine son arrivée officielle sur le marché français avec deux modèles. D'abord les Rokid AI Glasses, des lunettes avec un affichage sur l'écran et un assistant d'intelligence artificielle. Elles ne pèsent que 49 grammes. Elles permettent en principe la traduction en temps réel, la transcription en temps réel aussi, etc. Au prix d'environ 700 euros. Et un autre modèle baptisé Style Pack, qui lui n'a pas d'écran intégré, mais conserve quand même les fonctions liées à l'IA, avec aussi la traduction, etc. Environ 450 euros. Donc des lunettes connectées utilitaires, on va dire. Là où Meta joue pour l'instant plutôt la carte des lunettes sociales, multimédia, etc. Enfin, troisième marque, c'est Even Realities, qui lance également ces lunettes en France. Ce sont des lunettes connectées sans caméra, les G2, mais avec des micros et un petit écran intégré. Donc un système d'affichage tête haute, un système de commande vocale avec une IA qui s'appelle Canverser. Un assistant IA pour aussi les réunions, les traductions, etc.
Monde Numérique :
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14:24] Disponible à partir de 700 euros. Donc voilà, on voit que les lunettes connectées sont en train de débarquer en force. Il y en a pour tous les goûts, pour tous les prix. Après, il faut quand même regarder un peu plus dans le détail si tout cela fonctionne vraiment bien. Notamment, j'ai eu l'occasion souvent de tester des lunettes connectées pour les systèmes de traduction d'assistants et autres. Ce n'était pas toujours parfait, loin de là. Sans parler, bien sûr, de la qualité des lunettes elles-mêmes. Surtout si vous comptez y mettre des verres correcteurs.
Monde Numérique :
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14:53] Et on termine par un petit nouveau dans le monde des réseaux sociaux. Il est français et il est plein d'ambition. C'est le réseau Epsilon, un nouveau réseau social européen lancé par deux entrepreneurs français qui visent à réinventer et reciviliser un petit peu les conversations en ligne. Une sorte d'anti-X pour privilégier le débat, la culture, l'information, en respectant les données, en respectant les règles européennes. Epsilon est disponible sur l'App Store et sur le Play Store, bien sûr. Il promet un modèle sans algorithme opaque ni revente de données, avec une modération a priori basée sur l'intelligence artificielle de Mistral. Bon, voilà, ce n'est pas le premier réseau social qui entend faire concurrence à X. On lui souhaite plein de bonnes choses, mais on verra ce que ça donne d'ici quelques temps.
Monde Numérique :
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15:53] Avant de passer à la suite, une communication commerciale de l'entreprise F2R2 à propos de Frogans, partenaire de Monde Numérique, l'Hebdo. Frogans, dont je vous parle depuis plusieurs mois, c'est un nouveau standard de publication en ligne. Un Internet tranquille, sans publicité, tous azimuts, respectueux de la vie privée, avec des contenus qui sortent des fenêtres du web classique. La première grande révolution d'Internet, c'était la vitesse de connexion, grâce au débit. Selon les créateurs de Frogans, La seconde sera la vitesse d'utilisation des contenus. Pour financer le déploiement de cette technologie née en France, F2R2 ouvre à nouveau son capital au public, avec une nouvelle offre de titres à différents niveaux d'investissement à partir de 1000 euros et jusqu'à des montants beaucoup plus élevés. Pour connaître les conditions de l'offre de titres ouverte au public, déposées à l'AMF et le document d'information, rendez-vous sur f2r2.fr. Attention, investir comporte un risque de perte en capital.
Monde Numérique :
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16:46] Allez, c'est le moment d'établir la connexion hebdomadaire avec l'autre côté de l'Atlantique, là-bas, au Canada, pour retrouver mon camarade Bruno.
Invité :
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17:02] Jérôme Colombain à Paris, bonjour.
Monde Numérique :
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17:04] Salut, Bruno Guglielminetti à Montréal.
Invité :
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17:06] Cette semaine, écoute, et si on commençait avec les annonces d'OpenAI, je pense que ce qui a marqué le plus l'imaginaire des gens, c'est le DOTS, D-O-T-S, qui sont leurs réponses à ce que Muse a lancé, ce que Grok, avec son GrokBot, avait déjà lancé. Donc, l'agent IA personnel pour M. et Mme Tout-le-Monde.
Monde Numérique :
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17:28] Oui, c'était quand même super intéressant, cette keynote. C'est la keynote des Dev Days d'OpenAI, où ils ont déroulé tout ce qu'ils sont en train de faire. D'ailleurs, c'est fou. C'est fou, oui. Franchement, les mecs, ils chôment pas. Tout ce qu'ils ont développé. Et c'est vrai que les Dots... Moi, j'ai l'impression que c'est, comme tu le dis, c'est la réponse aux Mews, et c'est-à-dire que c'est la volonté de faire un agent grand public, utilisable, par le grand public, même si ça va coûter un certain prix, et puis en plus, ce ne sera pas disponible chez nous en Europe comme d'habitude.
Invité :
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18:07] Ça, c'est comme d'habitude.
Monde Numérique :
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18:08] Ça, c'est comme d'habitude. On regarde les trains passer, voilà. Oh, c'est super, c'est amusant.
Invité :
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18:13] Les trains, je regarde, non, non. Loin comme vous êtes, ce n'est pas un train que vous regardez passer. À l'horizon, c'est la fumée, peut-être, que vous voyez.
Monde Numérique :
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18:22] Oui, là, je dois dire que ça devient un peu énervant. Au début, on a rigolé, mais là, ça devient pénible. Mais c'est d'autre. Enfin, d'après les démos, c'est impressionnant. C'est super. En fait, c'est-à-dire que c'est des trucs, c'est ce que tu nous avais expliqué quand tu parlais de Muse. Tu lances le machin. Il faut lui donner accès à tout ton univers. Donc, tes comptes, tes e-mails, ton disque dur, etc. Et après, il va te proposer des choses à faire. Et donc, sur la démo, je ne sais pas si tu as vu, il montrait comment le truc pouvait en quelques minutes lui développer un site web, mettre à jour une application, gérer son emploi du temps. À un moment, il y avait une réunion de travail qui était prévue pour l'utilisateur et qui tombait en même temps que le spectacle de sa fille. Tac, tac, tac, il a décalé, non pas le spectacle, mais la réunion.
Invité :
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19:08] C'est-à-dire contacter l'organisateur, déplacer l'agenda de tout le monde.
Monde Numérique :
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19:10] Voilà, donc il fait tout ça tout seul. Le système pourra passer des coups de fil, par exemple pour réserver un restaurant ou autre. On peut donc communiquer avec lui soit par écrit en formule chatbot, soit par oral, ce qui est super intéressant, et prochainement par SMS, et prochainement par email. Enfin, c'est un truc de fou, c'est un assistant.
Invité :
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19:33] Et prochainement par prothèse ?
Monde Numérique :
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19:35] Et prochainement par prothèse, sans doute. Oui, oui. Voilà. Donc, on a droit à un pour commencer. Et puis après, on pourra en acheter plusieurs, si j'ai bien compris.
Invité :
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19:47] Oui, ça ressemble à ça. Mais c'est le parallèle qui est intéressant parce que j'ai l'impression qu'on est en voie de voir une certaine démocratisation des agents IA. Tout à fait. Ce qui a toujours été jusqu'à maintenant, ça fait quoi? Ça fait deux ans qu'on en parle des agents IA. Mais ça a toujours été un peu la chasse gardée des professionnels de l'informatique, de la programmation, du développement. Il y avait des whiz-whiz comme toi qui s'amusaient avec ça. Mais tu sais, la population en général ne pouvait pas y avoir. Et là, avec, moi je reviens, c'est Muses qui a lancé ça la semaine, officiellement, a lancé ça il y a quelques semaines.
Monde Numérique :
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20:23] Dédéceptome, oui.
Invité :
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20:24] Oui, il y a eu qui arrivent avec le DOTS. Là, j'ai l'impression que c'est le grand public. Et pour moi, c'est aussi important que l'arrivée en novembre 2022 de ChatGPT.
Monde Numérique :
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20:35] Tout à fait.
Invité :
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20:35] On vient d'ouvrir un énorme chapitre. Et là, ça veut dire que c'est plus seulement le robot conversationnel à qui tu vas poser une question. Ou il est intelligent ou il travaille un texte. Non, là, c'est carrément un assistant personnel qui est à côté. Je faisais une entrevue cette semaine avec Mario Dumont, qui est un animateur du matin ici à la radio, à la télé. Et puis là, il racontait, il dit, dans le fond, c'est un peu ce que tout le monde a toujours envié au grand président des grandes entreprises, d'avoir son assistant personnel et de travailler pour, et puis de l'avoir qui travaille pour nous. J'ai dit, c'est exactement ça.
Monde Numérique :
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21:09] Oui, c'est tout à fait ça. Mais avec des, il y a quand même un prix à payer. Le prix à payer, c'est qu'il faut lui faire confiance. Si tu décides de tout ouvrir.
Invité :
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21:21] Comme dans la vraie vie.
Monde Numérique :
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21:23] Oui.
Invité :
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21:24] À un assistant personnel, vrai, tellement nul qu'il arriverait à saboter tes affaires.
Monde Numérique :
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21:31] Oui, mais attends, tu as vu cette histoire qui s'est passée avec Muse?
Invité :
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21:34] Ah oui, raconte ça.
Monde Numérique :
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21:37] Alors, on ne sait pas si c'est vrai, parce que Meta dit que ce n'est pas possible et que ce n'est pas vrai. Mais c'est un type qui avait installé Muse et il raconte que l'assistant est allé, a pris l'initiative de revendre sur un site de petites annonces. Un marketplace. Un marketplace, oui.
Invité :
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21:59] Parce qu'il y a accès à un marketplace.
Monde Numérique :
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22:01] Voilà, c'est ça. Il peut se connecter à plein de trucs, parce que tu lui donnes des accès. Et donc, il a mis en vente un clavier d'ordinateur. Il a accepté une transaction à un prix beaucoup plus bas que ce que voulait le propriétaire. Il a fixé un rendez-vous à l'acheteur au domicile du mec. Et donc, le mec a vu quelqu'un se pointer chez lui en sonner à la porte. « Bonjour, je vais chercher le clavier. » Et il paraît qu'il n'était pas au courant. Ça paraît un peu bizarre, cette histoire. Honnêtement, c'est un peu chelou. Et Meta dit, ce n'est pas vrai, il y a plein d'étapes de validation, etc.
Invité :
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22:37] Mais quand j'ai vu ça, moi, ce à quoi j'ai pensé, j'ai dit…, Imagine si la personne, parce que tu peux lui donner un accès à ton micro, puis tout ça, puis il t'écoute, puis il te regarde écrire. Ce qu'il raconte pas le bonhomme en question dans son histoire, c'est qu'est-ce qu'à un moment donné, je vais dire devant ou en présence de ce muse-là, il a pas évoqué le fait qu'il serait peut-être temps de changer de clavier. Et Muse a dit, tiens, il veut changer de clavier, bon, on va le voir.
Monde Numérique :
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23:03] Pour en vendre l'ancien, etc. Il y avait quelque chose à la base. Je pense que, non, le type avait déjà passé une annonce.
Invité :
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23:12] Il l'avait faite.
Monde Numérique :
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23:13] C'est ça. Et Muse a conclu la vente, en fait.
Invité :
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23:19] C'est un peu ça le truc. Mais tu vois, on le dit, je pense que dans les pitches de vente que j'ai vues, moi, de Muse, c'est toutes ces histoires où des gens ont demandé à Muse, de passer à travers toutes les possibilités de retrouver de l'argent dans des comptes de banque qu'ils n'utilisaient plus ou des trucs comme ça. Et il y a des gens qui ont été chercher des dizaines de milliers de dollars. Et ça, ils te les racontent, ces histoires-là, sur le site de Meta, je pense. C'est là où je les ai vus. Mais il y a un paquet d'histoires comme ça où ils les envoient en mission. Ils ont peine perdue. Mais écoute, si tu arrives à trouver quelque chose que je pourrais bénéficier, et les gens retrouvent, font des gains monétaires là-dessus. Juste ça, c'est déjà assez. Mais ça, c'est aux États-Unis, on s'entend.
Monde Numérique :
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24:07] C'est notre camarade Carlos Diaz du podcast Silicon Carne. On le salue. Salut, Carlos.
Invité :
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24:12] Bonjour.
Monde Numérique :
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24:13] J'ai vu qu'il raconte ça dans son dernier épisode. Il dit qu'il a envoyé son agent qui a réussi à lui gratter, récupérer des tas d'abonnements qu'il avait souscrits. Il ne le savait même plus, etc. à renégocier des trucs et tout. et il lui aurait fait gagner 2300 dollars.
Invité :
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24:30] Ben voilà.
Monde Numérique :
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24:31] Bon, il va y avoir beaucoup d'abonnements, Carlos. Mais voilà, oui, non, mais c'est génial. Alors, c'est génial, c'est génial, mais... Tu disais, moi je ne me suis pas jeté là-dedans encore à corps perdu, j'en meurs d'envie, mais je suis très prudent. Parce que j'ai l'impression, tu vois, finalement, l'IA conversationnelle qu'on connaît jusqu'à présent, elle est super, mais il y a ce problème des hallucinations. Et j'ai l'impression que là, on va se heurter à un nouveau problème qui est, que parfois, ces agents, ils pètent les plombs. De la même manière que les chatbots hallucinent, les agents, parfois, ils vont faire des choses qu'on ne leur a pas demandé, très clairement. Et ça commence à arriver.
Invité :
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25:15] Non, mais là, on voit le professionnel en toi. Parce que là, tu m'amènes au prochain sujet. C'est OpenAI et Anthropic qui se mettent à faire des enquêtes sur des dizaines de milliers de cas où, justement, leur agent, il y a, sont partis faire...
Monde Numérique :
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25:31] N'importe quoi.
Invité :
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25:32] Oui, n'importe quoi, un peu partout.
Monde Numérique :
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25:34] N'importe quoi.
Invité :
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25:34] Sans jamais être remercié. D'ailleurs, j'ai... Puis avant que tu parles de ça, Juste ce matin, je lisais l'histoire d'un jeune homme dont l'agent IA s'est mis à accumuler une petite fortune en crypto-monnaie. Et donc, quand il ne l'utilisait pas, l'agent IA lui avait développé un goût pour des transactions de crypto. Et donc, il faisait des transactions, mais il sent que même que son propriétaire le sache.
Monde Numérique :
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26:06] C'est dingue. C'est dingue.
Invité :
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26:08] Mais tu imagines, tu as des agents qui vont développer des fortunes, alors que le propriétaire ne saura jamais qu'il est en train de se faire de l'argent.
Monde Numérique :
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26:15] Après, il y a un potentiel énorme.
Invité :
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26:17] C'est fou.
Monde Numérique :
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26:18] Non, non, mais c'est incroyable.
Invité :
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26:20] Donc, c'est ça. Alors, je m'excuse, je reviens à l'actualité. OpenAI et Anthropic qui, là, se disent, bon, bien, on va être plus sérieux dans nos enquêtes, là.
Monde Numérique :
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26:29] Oui, c'est vrai qu'il s'est passé tellement de choses depuis cet été. Nous, on pensait qu'on avait découvert le pot aux roses quand on a raconté cette histoire de WingFace.
Invité :
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26:38] Etc.
Monde Numérique :
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26:38] Et en fait, c'était vraiment que la partie émergée de l'iceberg, puisqu'on en découvre tous les jours. Il parle de dizaines de milliers d'incidents impliquant des agents IA. Et puis alors tous, OpenAI, Anthropic, je ne sais pas si Google est dans le lot, je ne suis pas sûr.
Invité :
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26:54] Je n'ai pas vu Google.
Monde Numérique :
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26:55] Non, je n'ai pas vu Google. On ne va pas les impliquer alors qu'apparemment, ils n'y sont pas. Mais voilà, c'est des contournements de sécurité. Ils se sont évadés de leurs environnements isolés. Cela dit, je pense qu'il y a tout ce qu'on dit et il faudrait vraiment creuser tous ces sujets-là. Parce que, par exemple, les IA qui se sont échappées de leur bac à sable pour aller attaquer le Wing Face, visiblement, si j'ai bien compris, c'est que les sécurités n'avaient pas été suffisantes. Et notamment, ce n'était pas un vrai bac à sable. Et notamment, théoriquement, elles ne devaient pas avoir accès à Internet, mais elles étaient dans un faux système, dans un système sécurisé, émulé. C'est-à-dire que, je ne sais pas quoi, pour des raisons d'efficacité, de temps, de moyens ou autres, les chercheurs n'avaient pas vraiment créé un écosystème à part. Ils avaient réservé, créé une espèce de safe zone, mais qui n'était pas assez safe en réalité. Et ils n'ont pas prévu que les IA arriveraient à passer le mur, en fait. Ou ils ne l'avaient pas prévu, ou ils l'avaient prévu, ils le souhaitaient. Ça, on ne saura jamais.
Invité :
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28:04] Ils disent qu'on sent un peu le laxisme.
Monde Numérique :
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28:06] Oui, oui, oui. En fait, en tout cas, à chaque fois, il y a des explications. Ce n'est pas comme ça, wow, mon Dieu, mais elle a pris le contrôle de la société, de la machine et tout. Non.
Invité :
[
28:18] Oui, mais quand tu vois récemment cette histoire, c'est sorti cette semaine, d'un agent IA qui a utilisé le réseau DNS pour aller communiquer avec un autre agent IA pour aller chercher de l'information. Si tu disais, ils sont vraiment en train de trouver toutes les possibilités de développer, justement.
Monde Numérique :
[
28:37] Exactement.
Invité :
[
28:37] C'est fou, là.
Monde Numérique :
[
28:38] Des trucs auxquels même l'humain n'aurait pas pensé. Et puis surtout, leur force, c'est qu'ils arrivent à mettre bout à bout des tas de petites opportunités, et qui, à l'arrivée, vont leur permettre, de réaliser leurs méfaits.
Invité :
[
28:54] Quoi. Oui, oui. Puis ils sont quand même... C'est Yoshua Bengio que j'entendais il y a deux semaines, qui racontait comment, dans certains cas, elles étaient conscientes qu'elles faisaient quelque chose qui ne leur avait pas été demandé. C'était une initiative privée et qui cachait les traces de leur passage.
Monde Numérique :
[
29:10] Exactement. Elles cachent les traces de leur passage aux gens qui sont censés les encadrer. C'est dingo, hein?
Invité :
[
29:19] Et donc, c'est là où arrive le défi de, Yoshua Bengio et son équipe. c'est d'arriver à créer des IA qui n'ont pas d'agenda caché. T'imagines, on est rendu là. Puis sachant que cette notion d'agenda caché ou d'initiative personnelle de l'agent IA, ça fait longtemps que c'est connu. Sauf qu'ils ne ne s'en sont jamais préoccupés. Et là, ça arrive dans le visage.
Monde Numérique :
[
29:46] Tiens, juste Bruno, en t'écoutant, je vais ouvrir un truc. En fait, ici, Google avait rencontré les mêmes problèmes. Ils avaient eu des situations similaires avec Gemini, qui a accédé à des infrastructures d'entreprise.
Invité :
[
30:01] Tu as raison, mais ils ne se sont pas lancés publiquement dans un grand terrain d'enquête.
Monde Numérique :
[
30:06] Ah non !
Invité :
[
30:07] Ça, c'est propre, vraiment anthropique.
Monde Numérique :
[
30:08] En tout cas, ils ne le disent pas.
Invité :
[
30:10] Oui, c'est ça.
Monde Numérique :
[
30:11] Mais ils sont confrontés au même problème. Oui, c'est tout.
Monde Numérique :
[
30:17] Et retrouvez le débrief transatlantique intégral sur le fil du podcast Monde Numérique en date du 2 octobre 2026.
Invité :
[
30:28] Monde numérique, le meilleur de la tech.
Monde Numérique :
[
30:33] Des entreprises toujours plus confrontées à la cybercriminalité, une super usine pour fabriquer des superordinateurs. On parle de ça maintenant dans la séquence invitée de Monde numérique. Et d'abord, un petit robot pour faire le ménage chez vous à moins de 3500 euros. Salut Antoine Marcel !
Invité :
[
30:52] Salut Jérôme !
Monde Numérique :
[
30:53] Fondateur et CEO de Flourish, une start-up toute jeune qui vient à peine d'apparaître sur le marché et une start-up qui a une ambition incroyable. Qu'est-ce que c'est que cette histoire-là ? Un robot à 3500 dollars, 3555 dollars, fabriqué à seulement 50 exemplaires, que vous lancez sur le marché et avec une promesse étonnante parce qu'il paraît que ce robot sait faire des tas de choses. Est-ce que tu peux nous le présenter ?
Invité :
[
31:25] En fait, tu t'es rendu compte qu'on était un peu dans l'avènement de la robotique, un peu comme dans l'avènement de l'ordinateur. Tu vois, où il y avait des gros ordinateurs qui coûtaient super cher, qui coûtaient avec des petits hobbyistes qui soudaient par-ci, par-là. Et t'as une boîte qui est arrivée et qui a mis cette tech dans les mains du grand public. Et là, ça fait, waouh, incroyable, ils ont mis un ordinateur dans les mains de tout le monde. Et cette boîte s'appelle Apple. Et d'ailleurs, j'ai un Mac devant moi, tu vois. Et pour la robotique, c'est à peu près pareil. Flourish est né avec une ambition assez simple, c'est redonner le plein potentiel aux gens en ayant un robot domestique qui va être capable de te faire gagner du temps, de la charge mentale. Tu vas pouvoir lui apprendre à aller arroser tes plantes et tous les mardis à 14 heures, il va faire le tour de ta maison à arroser tes plantes. Il va être capable de ramasser les fringues qui traînent un peu par terre et les mettre dans le panier à linge sale. Si tu as des enfants qui laissent toujours des jouets un peu partout, prendre les jouets et les mettre dans le bac à jouets, tu as vraiment des tâches de rangement et nettoyage. Et donc là en effet on lance 50 unités pour du grand public des personnes qui n'ont pas forcément envie de comprendre comment ça fonctionne derrière c'est pas des tech t'as pas besoin d'apprendre à avoir des GPU des paramètres de training, d'IA etc, tu reçois le robot tu lui apprends à faire les tâches et, et il travaille pour toi automatiquement quoi.
Monde Numérique :
[
32:38] Alors, ce robot, plus ou moins humanoïde, il a un corps. Pour le décrire un petit peu pour ceux qui nous écoutent, mais il y a aussi la vidéo disponible sur YouTube. Il est monté sur roues, parce qu'on sait que c'est plus facile quand même de faire des robots sur roue plutôt que sur jambes. Mais il a deux bras avec deux pinces.
Invité :
[
32:53] Exactement.
Monde Numérique :
[
32:53] C'est ça. Il a une tête, il a un chapeau, une espèce de chapeau chinois. Je ne sais pas si on peut appeler ça comme ça. Ça, c'est pour le rendre un peu sympathique, j'imagine ?
Invité :
[
33:01] Oui, en fait, tu as une grosse partie de design. Tu vois comment tu fais en sorte que le robot, il soit agréable à vivre, et fit bien dans ton environnement. Il soit petit aussi pour qu'il ne prenne pas toute la place.
Monde Numérique :
[
33:11] Il fait quelle taille ?
Invité :
[
33:12] Alors, il peut aller jusqu'à 1m10. Donc, en fait, il peut monter et descendre. C'est ça l'intérêt. Tu vois, nous, on n'a pas de jambes.
Monde Numérique :
[
33:17] D'accord.
Invité :
[
33:17] Donc, les jambes, ça permet de se plier, de descendre par terre, etc. Mais sans jambes, il a une espèce de système de levier. Il est capable de monter jusqu'à 1m10 et jusqu'en bas...
Monde Numérique :
[
33:25] Oui, il monte sur un rail et coulisse.
Invité :
[
33:26] Exactement, c'est ça. Et d'atteindre autant le sol qu'une table, tu vois.
Monde Numérique :
[
33:31] Bon, alors attends, cette promesse-là qui est sur votre site. En 30 minutes, il suffit de montrer à Flourish comment effectuer les tâches ménagères et hop, il peut les répéter.
Invité :
[
33:40] Exactement.
Monde Numérique :
[
33:40] Non mais, j'y crois pas. Pardon, mais...
Invité :
[
33:44] OK.
Monde Numérique :
[
33:44] C'est pas possible. Il y a les plus grosses boîtes de tech du monde, les Chinois, les Américains, des Français aussi qui bossent là-dessus. Et on nous explique que c'est hyper dur en fait de faire apprendre des choses à un robot.
Invité :
[
33:57] Je suis d'accord avec toi. C'est qu'en fait, au lieu de se dire, on va attendre d'avoir un modèle d'IA généraliste pour la mettre sur le marché, comme la plupart des boîtes essaient de faire. Donc, tu vois, je ne sais pas si tu connais Figure, par exemple. Je pense que c'est un bon exemple.
Monde Numérique :
[
34:08] Oui, bien sûr.
Invité :
[
34:08] Figure, eux, ils collectent des millions d'heures de data. Ils entraînent un modèle qui s'appelle Helix. Et leur but, c'est d'avoir un modèle d'IA généraliste auquel tu peux dire au robot, va m'arroser mes plantes. Il comprend où sont les plantes. Il comprend où est l'arrosoir. Il va aller chercher l'arrosoir. Il va arroser les plantes. Et là, tu vois, avec cette méthode-là, ils atteignent 30% de taux de succès. Donc, ce qui est beau par rapport au marché actuel, mais ce qui est quand même bas pour rentrer en production chez des gens. Tu vois, tu n'as pas envie que le robot, il se loupe autant de fois. Mais donc ça, c'est la méthode qui est la plupart du temps utilisée par toutes les boîtes globalement en robotique. Nous, on a une approche très différente. On se dit, en fait, on s'en fout que le robot, il arrive et que tu puisses lui parler et lui dire, va arroser mes plantes et qu'il aille le faire directement. Nous, on a une approche basée sur l'apprentissage, donc où tu vas lui montrer exactement où tu ranges les arrosoirs, comment tu récupères de l'eau et où sont les plantes dans la maison. Et donc, en fait, tu vas lui montrer pendant une trentaine de minutes, tu vas répéter la tâche plusieurs fois. Et en fait, nous, on va fine-tuner un modèle d'IA spécifiquement pour ta tâche, pour ta maison. Et donc, du coup, au lieu de se dire, on a un modèle d'IA généraliste qui marche dans toutes les maisons et qui est all-in, nous, on a un modèle qui a appris de ta manière de faire, de ta maison et qui est servi pour toi. Et donc, il sert à personne.
Monde Numérique :
[
35:18] Comment tu lui apprends ? Tu le guides ou tu lui montres et il te regarde ?
Invité :
[
35:23] Tu as une application mobile, tu vas bouger ton téléphone et en fait, grâce au capteur qu'il y a dans ton téléphone, il y a des capteurs gyroscopiques, il y a des capteurs IMU, etc. dans les iPhones, on est capable de répliquer la position de ton téléphone sur le bras. Donc, tu bouges ton téléphone, ça bouge le bras et nous, c'est comme ça que le robot l'apprend. Et donc, l'idée, c'est que tu fais tout sur ton téléphone. Tu configures ton workflow, tu dis, ok, va chercher l'arrosoir, va remplir l'eau, va trouver les plantes et arrose les plantes mais alors.
Monde Numérique :
[
35:49] Attends parce que si l'arrosoir change de place par exemple tu le ranges un mètre plus loin ou dans un autre placard.
Invité :
[
35:57] Ça c'est pas un souci parce qu'en fait ce qu'il faut qu'il sache apprendre c'est comment attraper ton arrosoir, C'est pour ça que tu lui montres une trentaine de fois, et la trentaine de fois, tu vas le bouger, l'arrosoir, etc. Surtout, le plus dur, c'est la préhension. Comment tu es capable d'attraper un arrosoir ? Parce que, tu vois, là, j'ai une bouteille d'eau, on va l'attraper avec une pince, on va potentiellement l'attraper comme ça. Mais si c'est un arrosoir fait avec la petite poignée, peut-être qu'il va falloir l'attraper comme ça ou comme ça, ou whatever.
Monde Numérique :
[
36:23] D'accord. Oui, parce qu'il n'a pas de main.
Invité :
[
36:26] Non.
Monde Numérique :
[
36:26] C'est deux grosses pinces, en fait.
Invité :
[
36:27] Exactement, c'est deux grosses pinces. Qui a été résolu depuis des années, c'est de la détection d'objets, de la segmentation, si tu es pour le tri des déchets, c'est utilisé partout. En fait, une fois qu'on a trouvé l'arrosoir, ce n'est pas ça. Le plus compliqué, c'est d'attraper l'arrosoir et de faire le mouvement au-dessus des plantes. Mais trouver les objets en soi, ce n'est pas le plus compliqué. Tu vois, je ne sais pas si tu connais les modèles SAM 3 qui sont sortis par Facebook, on pourra en parler plus amplement, mais ils sont ultra précis ici, pour détecter des objets chez toi.
Monde Numérique :
[
36:59] D'accord. Et donc, il peut tout faire, ou presque ? Est-ce qu'il peut faire du repassage et ranger mon linge ?
Invité :
[
37:06] Non. Alors, tu vois, là, les trois limitations qu'il a sur la première version, c'est déjà le poids. Donc, il ne peut pas soulever plus de 1,5 kg par bras. Donc ça, pourquoi il y a cette limitation-là ? C'est juste que, en fait, la plupart des robots, quand ils font des robots à 50 000, ils sont capables de soulever 10 kg par bras. Nous, on s'est dit, on veut descendre le prix. Et en fait, il y a 70 % des tâches déjà qui sont faisables avec moins d'1,5 kg. Alors, allons jusqu'à cette limite-là pour baisser le prix à fond. Donc, il ne peut pas soulever plus de 1,5 kg. Il ne peut pas mettre ses bras sous l'eau. Donc, globalement, il ne pourra pas te faire la vaisselle. Les tâches à haute dextérité et haute fragilité, comme plier le linge, par exemple, pour l'instant, il ne sait pas encore le faire. Mais, par exemple, il peut très bien aller te chercher le linge, te le mettre dans la machine à laver, fermer la machine à laver, lancer la machine à laver. Mais il ne pourra pas te faire l'étape d'après. Même étendre le linge, c'est encore trop compliqué à notre stade actuel, tu vois.
Monde Numérique :
[
37:52] Donc, 50 unités au lancement. Si ça se trouve, à l'heure où on se parle, ils sont déjà tous vendus ?
Invité :
[
37:57] J'espère. Vous savez qu'on a beaucoup de demandes.
Monde Numérique :
[
38:01] Avant le lancement, vous avez eu déjà beaucoup de demandes ?
Invité :
[
38:02] Oui, pas mal. Le but, c'est comment on est capable de mettre un robot dans chaque foyer qui te fait gagner deux heures par jour. Tu rentres le soir, tu es exténué du boulot, tu as envie de passer du temps avec tes enfants. Au lieu d'aller ranger tous les fringues qui traînent, d'aller faire la cuisine, d'aller faire tout ça, tu vas passer du temps avec ton enfant ou tu vas faire ce que tu veux. C'est vraiment ça l'ambition de Flourish.
Monde Numérique :
[
38:23] Moyennant quand même un peu d'apprentissage et sans doute un peu de supervision, j'imagine.
Invité :
[
38:27] Oui, et puis nous, le but, c'est au fur et à mesure des versions de le rendre de plus en plus simple à utiliser aussi.
Monde Numérique :
[
38:31] Et ça pourrait aller jusqu'où ? Alors, votre ambition, c'est quoi à terme ?
Invité :
[
38:36] Eh bien, à terme, on veut vraiment faire ton majordome, quoi. Donc, on veut que tu nous dises que tous les midis, on va te préparer à manger. Donc, le robot, il va te préparer à manger. Il va te servir la table. Derrière, il va laver la vaisselle. Et chaque jour, quand tu pars au boulot, il va réarranger tous les objets pile poil à leur place et tu reviens et t'as l'appartement clean tous les jours quoi, Ça, c'est l'ambition finale. Après, ça ne sera pas dans la prochaine année ni dans les deux, trois prochaines années. Ça va prendre quand même du temps.
Monde Numérique :
[
39:02] Tu penses que vraiment, là, on rentre dans une période où ça va se démocratiser, se généraliser ? Parce que dans un premier temps, vous vous adressez à des geeks, à des passionnés. Après, il y aura la barrière véritablement du grand public à passer.
Invité :
[
39:16] Exactement. Et là, cette barrière-là va surtout se baser sur l'UX et l'accessibilité. Et c'est pour ça que moi, dès le jour 1, j'essaie de faire un truc qui se passe sur une application mobile, qui n'a pas trop de termes techniques, etc. Si tu veux atteindre le grand public, tu ne peux pas te permettre de parler de tout ça, de parler de batch size, training, datasets, machin chouette. C'est impossible, c'est du terme de geek. Donc, je pense que pour atteindre le grand public, ça va être ce palier-là de comment la tech est vraiment beaucoup plus simple et globalement, comment ça va être surtout au stade où le robot n'aura plus besoin de grand-chose pour lui apprendre à faire une nouvelle tâche.
Monde Numérique :
[
39:50] Merci beaucoup, Antoine Marcel.
Invité :
[
39:52] Merci beaucoup, Gérard. Merci pour ton temps.
Monde Numérique :
[
39:56] Les entreprises sont de plus en plus confrontées au fléau de la cybercriminalité. Et bien souvent, les cyberattaques sont rendues possibles par des fuites de données, des informations sur votre entreprise qui circulent ici et là. Alors comment contrer ce phénomène ? On en parle avec mon invité cette semaine en partenariat avec la société Check Point. Bonjour Jérôme Bouvet.
Invité :
[
40:18] Bonjour Jérôme.
Monde Numérique :
[
40:20] Directeur général France de Check Point, entreprise spécialisée dans la protection des systèmes informatiques contre les cyberattaques. Alors, on appelle ça l'exposition externe. C'est tout ce qui rend vulnérables les entreprises à l'extérieur, en fait.
Invité :
[
40:35] Effectivement, Jérôme, pendant des années, on va dire que les entreprises ou les organisations, et ce qui était bien normal, ont cherché à gérer leur vulnérabilité. Aujourd'hui, la vraie question, et faisant écho à ce qu'on voit dans l'actualité, est de comprendre ce qu'un attaquant voit réellement depuis Internet et qu'ils puissent exploiter immédiatement. Donc, le sujet aujourd'hui est de comprendre ou de savoir quelles sont les informations me concernant en tant qu'organisation et entreprise qui pourraient être potentiellement disponibles. Et si elles étaient disponibles entre les personnes malveillantes, qu'est-ce qu'elles pourraient en faire ? L'information.
Monde Numérique :
[
41:17] Alors, de quoi on parle exactement, Jérôme ? Quel type d'informations ?
Invité :
[
41:22] Alors, il peut y avoir tout type d'informations, typiquement un login, un mot de passe. C'est ce que l'on voit, hélas, de façon le plus courant, qui ont été volés au travers d'un certain nombre de logiciels. C'est assez possible, c'est ce qu'on appelle des infostealers. Vous avez l'impression de donner, sur un site tout à fait légitime votre identifiant, votre mot de passe. Et en fait, elles sont récupérées et volées par des attaquants. Ou tout simplement, enfin moins simplement d'ailleurs, mais ce qu'on voit beaucoup, c'est ce qu'on appelle les attaques par supply chain, c'est-à-dire que vous avez un logiciel qui peut en utiliser un autre, qui lui-même en utilise un autre. Et donc, en fait, l'attaquant va pouvoir pénétrer un de ces sous-systèmes et remonter comme ça, en fait, dans votre système d'information. Donc, c'est aussi une nouvelle façon de pouvoir rentrer dans les entreprises, mais globalement et assez essentiellement, toujours, ce sont hélas des choses très basiques comme les identifiants et les mots de passe qui peuvent circuler, qui ont fuité, qui sont réutilisés.
Monde Numérique :
[
42:28] Donc qui ont été captés par phishing ou autre. Ensuite, ça fait des formidables bases de données qui sont revendues, vous l'avez évoqué, sur le darknet, souvent. Donc on ne parle pas d'une adresse email, mais de centaines ou de milliers, j'imagine.
Invité :
[
42:44] Oui, absolument. Donc, il y a tout un marché qui existe et qui, selon la qualité de l'information, selon la fraîcheur de cette information, vont coûter plus ou moins cher. Et il y a des choses qui s'achètent comme ça sur ce qu'on va appeler le dark web. Donc, toutes ces informations sont monétisables, sont achetables. Ça peut passer de quelques centimes d'euros à quelques milliers d'euros pour de grandes bases de données. On peut monter aussi sur plusieurs centaines de milliers d'euros, c'est-à-dire lorsqu'il y a un système d'une entreprise qu'on va appeler, une backdoor qui est un peu dormante, que l'entreprise n'a pas forcément vue et qui est dormante depuis quelques temps, donc sur lequel elle fait moins attention, ça peut coûter extrêmement cher en termes de rémunération et donc de revente. Il y a donc un marché qui existe là-dessus permettant d'aller revendre des informations au plus offrant.
Monde Numérique :
[
43:44] Et on peut penser que les piratages qui ont eu lieu l'été dernier, permettent d'alimenter ce type de bases de données en récupérant toutes sortes de datas.
Invité :
[
43:57] Absolument. Et d'ailleurs, il y a plusieurs écoles. École est là ce côté attaquant. Il y a des gens qui font ça strictement à des fins de rémunération. Il y a des personnes qui font ça à des fins réputationnelles. Donc, on peut trouver ça disponible pour des motivations qui peuvent être diverses et variées.
Monde Numérique :
[
44:23] Mais quand on est une organisation, comment évaluer, la nature de ces données ? Comment savoir finalement qu'on a des données qui nous concernent et qui sont comme ça, en train de se balader à droite ou à gauche ?
Invité :
[
44:38] Donc, on l'a vu, Jérôme, les cybercriminels industrialisent la revente de données. C'est ce que l'on a vu à des fins diverses. Les données servent ensuite à préparer les futures attaques. Donc, il existe tout un tas d'outils et nous, on aide nos clients à savoir ce qui est disponible, les concernant sur le dark web afin de préparer une attaque future. Donc le sujet c'est de comprendre un, ce qui est disponible, deux, au-delà de ce qui est disponible ce qui est réellement ensuite critique ça c'est important ou exploitable il y a des données qui sont disponibles concernant mais qui ne sont pas exploitables parce que, j'ai fait en sorte d'avoir un système d'information qui soit à jour parce que j'ai une politique de changement de mes logins, de mes mots de passe si par exemple tout.
Monde Numérique :
[
45:31] Le monde a changé les mots de passe.
Invité :
[
45:32] Ou les change régulièrement Une politique d'authentification à plusieurs facteurs. Bref, ce qui est important de savoir, c'est qu'est-ce qui me concerne et ensuite dans ce qui me concerne, qu'est-ce qui est finalement exploitable et ensuite dans ce qui est exploitable, qu'est-ce qui est critique. Donc, il y a toute une chaîne et une hiérarchisation pour comprendre effectivement ce qui est exploitable et critique. Et donc, une fois que l'on a ces informations-là, ça va être la capacité à y faire face. C'est-à-dire que je comprends ce que les attaquants ont me concernant qui est critique et exploitable et ensuite, moi, me mettre en termes d'acteur de simulation d'une attaque sur la base des données qui existent me concernant. Et donc, simuler ça au travers de scans automatisés, au travers d'agents. Et l'intelligence artificielle vient énormément jouer là-dedans, c'est-à-dire de réussir à simuler au travers des agents des attaques potentiellement ou des exploitations potentiellement sur la base d'informations qui me concernent.
Monde Numérique :
[
46:37] Donc, si on prend un exemple, une entreprise, quelle qu'elle soit, je ne sais pas quoi, un cabinet, un professionnel libéral ou au contraire un grand groupe, etc. Première étape, faire un peu l'inventaire de ce qui peut avoir fuité, mais ça reste théorique où on a des moyens de savoir exactement...
Invité :
[
46:57] Non, vous avez des moyens, Jérôme, il y a toute une démarche qui existe, un client.
Monde Numérique :
[
47:02] Oui, c'est-à-dire que les professionnels de la cybersécurité, eux-mêmes vont, si je puis dire, traîner sur le darknet.
Invité :
[
47:08] Absolument. Mais pour la bonne cause. On a des équipes qui sont entièrement dédiées à ces sujets-là, des équipes qui réalisent de l'analyse, de l'audit et aussi de l'infiltration. C'est très important d'être infiltré dans ces groupes d'attaquants pour comprendre ce qu'ils se disent, ce qui va se monétiser, ce qui s'est préparé ou les grands méfaits qui ont eu lieu. Donc, ça fonctionne un petit peu comme qu'on peut avoir dans le monde réel des forces de police qui sont infiltrées. On a aussi, nous, en tant que société dans la cyber, des gens qui infiltrent ce type de réseau. Donc, la méthodologie, c'est un, comprendre ce qui est disponible concernant. Ensuite, c'est de pouvoir découvrir automatiquement, à travers ces solutions et des agents qu'on met à disposition, quels sont mes actifs au sein de mon entreprise qui sont effectivement exposés. On va rechercher ensuite quelles sont les vulnérabilités qui sont exploitables. On va générer des campagnes d'attaques de plus en plus crédibles. Et donc, on va se mettre en position de simuler afin ensuite derrière quelque chose qui est très important, Jérôme, qui va ensuite être la rémédiation. C'est-à-dire que j'ai compris quel était le chemin d'attaque qui était possible au travers des informations disponibles sur le dark web, c'est comment je vais pouvoir y rémédier.
Monde Numérique :
[
48:31] Merci beaucoup, Jérôme Bouvet, directeur général France de Check Point.
Monde Numérique :
[
48:38] Des superordinateurs qui pèsent des tonnes, qui coûtent des centaines de millions d'euros. On en fabrique en France, on en fabrique notamment dans une usine qui vient d'être inaugurée ce vendredi 2 octobre à Angers par la société Bull. Bonjour Bruno Lecointe.
Invité :
[
48:55] Bonjour.
Monde Numérique :
[
48:55] Vous êtes responsable des activités de calcul haute performance, d'intelligence artificielle et de quantique chez Bull. Alors, est-ce que vous pouvez nous présenter un peu ces super gros calculateurs, qui sont et qui vont être fabriqués dans cette usine d'Angers ?
Invité :
[
49:11] On appelle ça communément dans notre jargon le HPC, le High Performance Computing. Le calcul haute performance en est une traduction littérale française.
Invité :
[
49:21] Si on veut le vulgariser, ce n'est rien d'autre qu'un superordinateur qui est capable de faire des grosses simulations pour la science. Ça peut être le crash d'une voiture, ça peut être l'écoulement d'un avion dans les airs, Ça peut être la recherche d'une nouvelle molécule, ça peut être la prévision du temps. Par exemple, Météo-France est client de Bulls. Nous sommes aujourd'hui le fournisseur de quasiment les plus grands centres de météo. Nous en avons 13. Encore une. Tous ces gens-là ont besoin de simuler et donc ils ont besoin d'un superordinateur. Pour répondre à votre question, qu'est-ce qu'un superordinateur ? C'est la capacité à prendre des composants que vous avez dans votre ordinateur portable ou dans votre ordinateur de bureau, c'est-à-dire un processeur, de la mémoire et des disques durs et du réseau, et de les agréger, de les mettre tous ensemble de manière à en faire un très gros processeur, une très grande taille de mémoire, un très grand disque dur. Et donc, plus cette machine est grosse et elle est construite de manière à bien travailler ensemble, parce que c'est très important de trouver un équilibre, vous faites des supercalculateurs. Et donc, les exemples que la majorité des gens connaissent aujourd'hui sont l'utilisation pour l'IA. Quand on entend parler AI Factory, Giga Factory, c'est la jonction de ces supercalculateurs pour faire la création d'images, pour faire de l'étude de texte, tout ce que vous connaissez tous avec ce que fait Mistral avec le chat, ce que peut faire Anthropic avec ChatGPT, tout ce genre de choses. Ce sont des gros ordinateurs.
Monde Numérique :
[
50:46] Anthropic avec Claude, vous voulez dire ?
Invité :
[
50:48] Claude, pardon, vous avez raison.
Monde Numérique :
[
50:50] Donc, c'est des grosses machines, c'est des grosses bébêtes.
Invité :
[
50:54] Si je pouvais faire une analogie, vous imaginez les gros frigos américains et vous en mettez plein en ligne. Donc, oui, ce sont des grosses bébêtes, comme vous dites. Quand j'explique à ma mère ce que c'est qu'un supercalculateur, je dis que c'est des gros frigos, c'est comme le gros frigo américain, sauf que dedans, il y a une puissance de calcul. C'est un ordinateur qui calcule beaucoup plus vite que les autres. Et ça pèse très, très lourd. Par exemple, aujourd'hui, les supercalculateurs, on est de l'ordre de 3 tonnes au mètre carré. C'est énorme.
Monde Numérique :
[
51:23] Ah ouais ?
Invité :
[
51:24] Oui, oui, oui.
Monde Numérique :
[
51:25] On a l'impression qu'on revient aux origines de l'informatique avec les monstres comme l'Eniac et compagnie dans les années 40, 50.
Invité :
[
51:33] Alors, c'est effectivement... Le monde du HPC, de la simulation numérique, c'est une boucle, ça revient, ça suit. Mais oui, on revient à ces gros supercalculateurs. Le jargon qui était le plus souvent utilisé, c'était ce qu'on appelle des mainframes. Ce sont, oui, ces grosses armoires. Ce qui a changé par rapport à avant, c'est la densité au mètre carré qu'on est capable d'avoir aujourd'hui. Ça a beaucoup, beaucoup changé. Et puis après, les composants sont devenus... La puissance est devenue plus forte, mais c'est la densité. Avant, vous aviez des composants électroniques qui étaient comme ça, les puces. Elles commencent à devenir comme ça. Avant, vous en mettiez une tous les X centimètres. Maintenant, vous en mettez plusieurs par centimètre. Ça devient le gros élément différent. différenciateur. Mais oui, vous avez raison, ça reprend ce qu'on avait avant avec l'Eniac, qui était quand même une sacrée machine.
Monde Numérique :
[
52:24] Justement, en consommation électrique ?
Invité :
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52:26] En consommation électrique, il y a deux thématiques qui nous sont très sensibles. Nous sommes numéro 1, numéro 2 et numéro 3 d'un classement mondial des supercalculateurs en termes de consommation et d'efficacité énergétique. Ces systèmes-là, aujourd'hui, consomment beaucoup d'énergie. Mais le but du jeu, c'est qu'ils consomment de l'énergie de manière efficace et pas en déperdition. On a des critères, comme vous avez pour votre maison, pour savoir si votre maison, vous avez le classement de comment est-ce qu'elle est isolée. Vous avez exactement la même chose pour les systèmes informatiques et les supercalculateurs. Et aujourd'hui, nos machines à nous sont capables de consommer sur une armoire jusqu'à 300 kilowatts. Alors, ça fait des très, très gros chiffres. Seulement, il n'y a que 5% qui sera dissipé. On fait des refroidissements à eau. On refroidit nos systèmes aujourd'hui avec de l'eau chaude. Je sais que ça fait toujours un petit peu bizarre de dire... Oui. On va faire une analogie avec le corps humain. Aujourd'hui, c'est assez connu, c'est que vous êtes dans le désert, vous avez plutôt intérêt à boire de l'eau tempérée, voire chaude, du thé chaud.
Monde Numérique :
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53:31] Du thé chaud.
Invité :
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53:32] Voilà, votre corps aura besoin de moins d'efforts pour le refroidir. C'est exactement la même chose avec nous. Cette analogie avec le corps humain est intéressante parce qu'elle montre l'importance, d'adapter tous les composants à éviter de les refroidir beaucoup trop pour qu'ils puissent chauffer. Là, on les refroidit moins parce que les composants, ce que l'on fabrique, sont des composants plus résistants. Et résultat des courses, on est capable aujourd'hui de refroidir notre système avec une eau chaude à 45 degrés Celsius. Et donc, ça, c'est spectaculaire. Pour répondre à votre question, aujourd'hui, les gros supercalculateurs dont on vient parler, Jupiter, Alice Recoque, Lumi, on est de l'ordre du 20 à 25 mégawatts en termes de fonctionnement.
Monde Numérique :
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54:15] Quand vous dites de l'eau, c'est de l'eau qui est consommée ou c'est de l'eau qui circule et qui est un circuit fermé ? Ce qui n'a pas le même impact environnemental, évidemment.
Invité :
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54:23] Merci de la question, Jérôme, parce que c'est un débat qu'on en entend beaucoup aujourd'hui. On dit que l'on consomme beaucoup d'eau. Alors, oui, on consomme de l'eau. C'est justement l'importance de faire très attention à ce que vous consommez. Mais il faudrait le voir à peu près sur le même type de fonctionnement que ce que vous avez avec votre radiateur dans une voiture. Aujourd'hui, vous mettez du glycol. D'ailleurs, c'est du glycol qu'on utilise dans les supercalculateurs. On appelle ça de l'eau chaude. Mais bien sûr, c'est une eau qui est additionnée avec des produits chimiques pour être très efficace en termes de transfert thermique. Mais donc, ça circule en circuit fermé de temps à autre. Si vous n'avez pas de fuite dans votre voiture, vous remettez un tout petit peu. C'est le même principe. Donc, l'eau ne disparaît pas. Elle est juste en circuit fermé. Et comme vous le dites, c'est quelque chose qui nous tient à cœur. C'est de justement ne pas perdre de l'eau. Mais vous en avez de l'évaporation, c'est un phénomène naturel.
Monde Numérique :
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55:17] Merci Bruno Lecointe, directeur HPC, IA et Quantique chez Bull.
Invité :
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55:23] Je vous remercie parce que c'était très sympa.
Monde Numérique :
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55:35] Et oui, c'était sympa de passer cette petite heure en votre compagnie. J'avais dit 50 minutes, mais l'hebdo est de plus en plus long. Donc voilà, on a explosé les compteurs. Merci d'avoir écouté jusqu'au bout. Merci pour votre fidélité. Retrouvez les interviews en version intégrale en épisode séparé la semaine prochaine sur le fil du podcast Monde Numérique. Et puis, si vous en voulez plus, abonnez-vous à la newsletter. Rendez-vous sur le site mondenumérique.info et téléchargez, pourquoi pas, l'application mobile Monde Numérique, signé GoodBarber, disponible sur les stores, sur Android et sur iOS. Voilà, on va prendre un peu de repos, au moins jusqu'au début de la semaine prochaine. Et encore, ce n'est pas sûr, car le week-end s'est fait aussi pour bosser. Cela dit, ça, je ne vous le souhaite pas. Donc, reposez-vous. Je vous souhaite une très bonne semaine, pleine de tech, et je vous dis à samedi prochain. Salut !