Jérôme :
[
0:06] Salut Bruno Guglielminetti à Montréal.
Bruno :
[
0:09] Salut Jérôme Colombain à Paris.
Jérôme :
[
0:11] Grosse actu cette semaine, plein de choses, des bonnes et des moins bonnes. Et si tu es d'accord, j'aimerais qu'on démarre par cette décision de justice, ces décisions de justice quasiment historiques, je crois qu'on peut dire ça comme ça, aux États-Unis, qui concernent à la fois Méta et YouTube. Je pense que ça ne t'a pas échappé.
Bruno :
[
0:32] Oui, bien là, c'est le début. C'est un long chapelet de procédure un peu partout aux États-Unis. Mais effectivement, c'est celui dont on s'était parlé il y a un moment. Et c'est une poursuite qui concernait et Meta et YouTube. Dans le cas de Meta, c'est Instagram. Parce qu'il y avait une jeune femme qui, aujourd'hui, a 20 ans, mais plus jeune, a utilisé allègrement ces plateformes-là comme bien des jeunes, des millions de jeunes. On ne peut pas dire des centaines de millions de jeunes. Et donc, à un moment donné, elle dit avoir développé des maladies, des problèmes de santé, notamment mentales, mais autres.
Jérôme :
[
1:08] Oui, des pensées suicidaires, de la dépression.
Bruno :
[
1:12] Oui, puis sans parler aussi du problème de dépendance. Bref, tout ça a fait en sorte que ça lui a gâché sérieusement sa vie. Alors, elle a consulté des avocats et ils ont dit, allons-y,
Bruno :
[
1:22] procédons et poursuivons les gens qui ont causé ça. Là, on a le délouement à cette histoire-là. Et ce que ça veut dire, suite à toutes les délibérations et les présentations de preuves qui ont été faites, et le juge et le jury se sont entendus sur le fait que la jeune fille devait être compensée. Puis à la fin, quand on fait le calcul, pour le moment, on parle de 6 millions de dollars américains. Mais ce qui est intéressant, c'est que là, c'est juste le premier procès.
Jérôme :
[
1:51] Et oui, exactement. bon.
Bruno :
[
1:52] Et tu le sais comment ça fonctionne, particulièrement aux États-Unis. Là, on est dans le domaine de la jurisprudence. Alors, évidemment, on s'entend, puis et Meta et Google ont dit qu'ils allaient faire appel du jugement, mais imagine-toi un instant si, si ces deux entreprises-là doivent se mettre à payer 6 millions de dollars pour chaque victime de l'utilisation des plateformes, fais le calcul.
Jérôme :
[
2:19] Ça va être monstrueux.
Bruno :
[
2:20] Ça va être… Et c'est un peu comparable. D'ailleurs, il y a beaucoup d'analystes qui font le parallèle avec les fameuses poursuites qui sont faites il y a quelques années dans le domaine de la tabagie du tabac où les grands fabricants de tabac sont pensés à la caisse parce que ça a été des milliards et des milliards qu'ils ont dû compenser. Après des années et des années et des années de poursuites, finalement, les plaintifs ont eu gain de cause. Mais là, on est juste au début de toute cette histoire-là, mais c'est quand même intéressant de voir ce que ça donne.
Jérôme :
[
2:54] Alors ici en France, à l'heure où on enregistre, tu vois, ce n'est pas tellement traité ce sujet-là, alors que je trouve qu'effectivement c'est très important parce que c'est vraiment une première. C'est la première fois que la justice, en l'occurrence la justice américaine, reconnaît en fait de manière claire la responsabilité des plateformes dans des dommages psychologiques qui ont été infligés à des mineurs. Ça avait toujours été évoqué, mais il n'y avait pas eu de décision de justice. Donc, comme tu le dis, c'est un peu la boîte de Pandore qui vient d'être ouverte. Il y a eu une autre décision en plus en Californie, non, au Nouveau-Mexique, pardon, où Beta était condamnée à payer 375 millions de dollars. Ça, c'était plus général pour… L'ensemble des jeunes. Voilà, pour l'ensemble des jeunes, pour avoir insuffisamment protégé les mineurs et face aux contenus dangereux, et notamment par rapport aux prédateurs sexuels. Il y a même des phrases assez dures qui ont été prononcées au cours de ce procès où on a dit qu'en fait, les réseaux de méta étaient des repères de pervers et que les jeunes étaient lâchés là-dedans sans aucune sécurité. Donc, je pense qu'on est vraiment à un tournant en fait quant à la responsabilité des plateformes parce qu'elles ont toujours laissé entendre qu'elles n'étaient pas concernées, etc. Et là, on leur met le nez là où ça ne sent pas bon, clairement.
Jérôme :
[
4:23] Et puis, on sait en plus, en ce qui concerne l'addiction, on sait également toutes les technologies qui ont été développées pour encourager, favoriser l'addiction. L'addiction, oui, ça peut être un problème personnel quand on est accro à ces outils-là, mais quand en plus, on mobilise les meilleurs spécialistes en neurosciences pour développer volontairement des mécanismes d'addiction avec des couleurs, de l'ergonomie, etc., C'est, comme tu le dis, ça rappelle vraiment les pires pratiques de l'industrie du tabac.
Bruno :
[
4:57] Oui, et ça va être intéressant de voir parce que là, au niveau des relations publiques, c'était de voir évidemment Mark Zuckerberg qui n'en portait pas large quand il se rendait ou quand il sortait. J'ai vu des images brièvement, mais dans ce procès-là, il passe vraiment pour le pire des trucs.
Jérôme :
[
5:17] Parce que quand tu regardes… C'est joliment dit.
Bruno :
[
5:21] Oui, bien non, mais il faut dire ce que c'est. Mais quand tu regardes tous les documents qui ont été présentés par la partie plaignante, et finalement, même fois, la situation s'est répétée, où lui étaient envoyés des documents, il les a vus, il les a lus, il les a reçus, qui disaient qu'attention, il y a un problème avec ça. Bien pas une fois, plusieurs fois, qu'il passait à côté.
Jérôme :
[
5:44] Non, mais il pensait qu'il allait réussir à passer entre les gouttes, en fait, que ça ne les concernerait pas. qu'ils seraient considérés uniquement comme des intermédiaires techniques, etc. Mais quand on sait qu'effectivement, ils n'ont rien fait quand ils ont été avertis, et qu'eux-mêmes, encore une fois, ils ont sans doute développé des outils qui ont encouragé tous ces phénomènes, ça va faire mal, ça va faire mal. En plus, il y a des milliers d'actions qui sont prévues contre Meta, Google, TikTok, Snapchat, etc. C'est que le début de l'histoire, alors bon, ils ont annoncé qu'ils allaient faire appel, Mais c'est que le début de l'histoire, ça risque quand même de faire beaucoup, beaucoup de bruit, cette histoire.
Bruno :
[
6:25] Mais ceux qui doivent rire, c'est quand même, pas rire, mais sourire, c'est quand même les gens de TikTok et de Snap qui ont fait des ententes hors cours avant le début du procès. Je pense que ça va leur coûter pas mal moins cher et puis ils n'ont pas eu à porter la honte devant le public. Mais comme tu le dis, indépendamment où on est dans le monde, certains médias en parlent, d'autres pas. Et c'est dommage parce que c'est dans l'intérêt public de le savoir.
Jérôme :
[
6:48] Oui, et puis c'est un gros fait d'actualité surtout, en dehors de tout jugement qu'on peut porter sur les affaires elles-mêmes.
Jérôme :
[
6:55] Bruno, toute autre chose. Tiens, si on parlait un peu d'intelligence artificielle pour changer.
Bruno :
[
7:00] Ça fait longtemps. Ça fait longtemps.
Jérôme :
[
7:01] Voilà, et si on parlait un peu de OpenAI. OpenAI qui, on dirait, est un peu dans la tourmente, ou enfin en tout cas, est en train d'opérer ce qui ressemble presque à une espèce de virage stratégique majeur. Le premier point, ça concerne Sora.
Bruno :
[
7:20] Oui, parce qu'on vient d'apprendre, on vient de le voir. OpenAI vient de tirer la plug, comme aurait dit Shakespeare, sur Sora et son application. Et donc, Sora, c'est fini. Ça ne fonctionne plus. On ne peut plus faire de vidéos.
Jérôme :
[
7:35] C'est dingue. Donc, Sora, c'était le générateur de vidéos par intelligence artificielle d'OpenAI qui était génial. Donc, qui n'a jamais été vraiment ouvert à tout le monde, il me semble. mais qui montraient des résultats absolument spectaculaires. Et donc là, ils ont décidé de le couper. Pourquoi? Alors la version officielle, c'est pour réorienter les ressources. C'est ça. En gros, ça leur coûtait trop cher. Ça devait pomper sur les serveurs de manière extraordinaire.
Bruno :
[
8:05] Je ne me souviens plus des chiffres exacts. Je pense que c'était quelque chose comme 3 à 5 millions par jour. Avec aucun revenu qui était rattaché à ça.
Jérôme :
[
8:13] Alors ils avaient passé un deal avec Walt Disney.
Bruno :
[
8:15] Un milliard de dollars.
Jérôme :
[
8:17] Un milliard de dollars.
Bruno :
[
8:18] Mais trois mois plus tard, ils vont redonner l'argent.
Jérôme :
[
8:21] Et voilà, puisqu'ils ne vont pas faire les productions. Mais l'idée, c'était que Disney utilisera pour faire des productions qui, vilainement, ne se feront pas. C'est intéressant parce que, bon, que vont devenir ? Est-ce que c'est une espèce de coup d'arrêt ou peut-être une pause ou je ne sais pas quoi à la vidéo par intelligence artificielle ? Alors, OpenAI, ils ne sont pas les seuls à faire ça. Il y a Google aussi qui fait ça. mais ils étaient très avancés ils étaient peut-être même avec ce qu'on avait pu voir des démonstrations de Sora quasiment les meilleures et en plus il n'y a pas que ça chez OpenAI puisque en interne aussi il y a de la réorganisation tu as vu Sam Altman qui change de job, il va s'occuper du nettoyage des bureaux c'est ça non ? Non il va s'occuper de trouver des clients il va s'occuper de trouver des clients alors jusqu'à présent il cherchait des investisseurs mais cela dit il faut reconnaître qu'il en a trouvé pas mal Je vais être à l'heure.
Bruno :
[
9:16] Tout à l'heure.
Jérôme :
[
9:17] Il avait du talent pour ça. Il a mis beaucoup d'énergie à ça. Et maintenant, effectivement, il faudrait peut-être trouver des clients, histoire de faire tourner un peu la machine quand même.
Bruno :
[
9:25] Mais j'ai l'impression que cette annonce-là, puis toutes les annonces périphériques qu'on a vues passées, j'ai l'impression qu'on parle vraiment d'une grande réorganisation. Et un peu pour… Tu sais, la frayeur au début de l'année, c'était Gemini qui l'a redonné, parce que Google qui l'a redonné avec Gemini, parce qu'ils ont vu qu'il y avait quelque chose d'assez puissant. Google avait repris son retard. Ça, c'est une chose. Mais là,
Bruno :
[
9:48] ils sont en train de se faire domaine de pion par Anthropik.
Jérôme :
[
9:51] Exactement.
Bruno :
[
9:51] Qui, pendant qu'ils se pavanaient, et avec raison, ils se pavanaient d'avoir des centaines de millions d'utilisateurs, de leur chat GPT, pendant ce temps-là, Anthropik ne parlait pas, puis ils étaient en train de développer le marché, puis ils étaient en train de rentrer un petit peu partout dans le domaine des affaires. Et c'est là où on fait de l'argent. Quand on a des solutions comme celle-là, Ce n'est pas un coût d'abonnement de 20 $ qui donne des millions à la fin de la semaine. C'est avec justement des contrats de plusieurs millions avec des entreprises. Et c'est là où le bas blesse dans le cas d'OpenAI et c'est là où ils doivent faire du développement de marché. Alors, j'ai l'impression que là, ils sont en train de tout concentrer leur énergie pour aller vers là.
Jérôme :
[
10:37] Bon, écoute, on va voir ce que ça donne. Mais c'est vrai qu'OpenAI marque des points à tout point de vue. Financièrement, je crois qu'ils annoncent un chiffre d'affaires de 14 milliards de dollars. Là où OpenAI est à 25.
Bruno :
[
10:49] Mais… Donc, tu parles d'Enthropic, là, qui marque des points.
Jérôme :
[
10:51] Oui, d'Enthropic, qu'est-ce que j'ai dit ?
Bruno :
[
10:53] Pardon.
Jérôme :
[
10:53] Oui, oui, d'Enthropic. Il y a aussi, je crois que j'avais noté le chiffre d'affaires d'OpenAI, là, pour, au début de l'année, c'était 25 milliards de dollars, 14 milliards pour Enthropic, donc ils ne sont pas très loin, alors qu'Enthropic est beaucoup plus petit. Elle n'a pas les 900 millions d'utilisateurs d'OpenAI. Mais Enthropic marque des points d'un point de vue technique aussi. Et cette semaine, ils ont encore fait parler d'eux avec le fameux dispatch. Le dispatch.
Bruno :
[
11:20] L'as-tu installé parce qu'il est disponible en mode bêta?
Jérôme :
[
11:24] Non, j'avoue que je ne l'ai pas installé. Écoute, moi, je n'arrive plus à suivre. Il y a des trucs tous les trois jours. Je n'ai pas testé encore dispatch. Alors, Dispatch, on rappelle ce que c'est. C'est donc un système qui permet de piloter son ordinateur via une intelligence artificielle depuis son smartphone. C'est-à-dire que la démo qui est montrée sous forme de vidéo, pour l'instant, c'est par exemple quelqu'un qui a oublié de finir un travail. Il envoie un message à son cloud qui est installé sur son ordinateur. En l'occurrence, c'est Cloud Cowork, le système d'entropique qui permet vraiment de prendre un agent, un super agent qui agit sur la machine, et lui dit, tiens, s'il te plaît, termine la présentation PowerPoint que j'ai entamée et puis tu l'envoies à tous les participants de la réunion de demain, parce que je n'ai pas le temps, je suis bloqué dans les embouteillages, etc. Et le truc... Sur l'ordinateur, va ouvrir les dossiers, finaliser les présentations, envoyer ça aux bonnes personnes, etc. Donc, c'est un véritable secrétaire, un assistant, un collaborateur à distance. On lui parle en langage naturel depuis le smartphone et il arrive à faire des trucs sur l'ordi. Enfin, c'est complètement fou, ça a émoustillé tout le monde et toute la sphère IA toute cette semaine.
Bruno :
[
12:43] Oui, c'est quand même formidable. C'est comparable. Il y a l'époque où les téléphones intelligents sont arrivés. Et même avant les téléphones intelligents, il y avait les… Comment on les appelait?
Jérôme :
[
12:55] Il y avait les téléphones bêtes.
Bruno :
[
12:58] Non, oui. Mais avant même, non. Entre les téléphones bêtes et les téléphones intelligents, il y avait ces assistants personnels. Je pense au trio, je pense à tous ces appareils-là.
Jérôme :
[
13:08] On les appelait, comment on les appelait?
Bruno :
[
13:10] Oui, justement, c'est ce que je cherche.
Jérôme :
[
13:12] Les PDA, Personnalité d'État d'Assistance.
Bruno :
[
13:15] Et donc, il y avait, puis HP avait le Jordana. Moi, c'est celui que j'avais. Et donc, ce que ça faisait, on se branchait sur Internet et on pouvait prendre le contrôle de son ordinateur avec ça. Mais l'enfer, toi, la grosseur de l'écran, c'était, bonne chance, tu ne pouvais pas faire grand-chose. Tu pouvais déplacer des fichiers, mais tu ne pouvais jamais ouvrir un document pour travailler dedans.
Jérôme :
[
13:35] Mais non, mais c'était dégueulasse en termes d'ergonomie, mais surtout, c'était juste une télécommande.
Bruno :
[
13:40] Tandis que là, on parle d'un agent.
Jérôme :
[
13:42] C'est-à-dire, tu lui dis ce que tu veux et c'est lui qui se débrouille. Ce n'est pas toi qui dois aller cliquer à distance.
Bruno :
[
13:48] C'est là où je m'en vais, Jérôme. C'est que quand tu regardes le chemin qu'on a parcouru entre ce petit outil qui te permettait de promener un fichier à l'autre, ou d'ouvrir une application, mais après, tu ne pouvais rien faire avec. Et là, avec le même téléphone, évidemment, qui a évolué, Maintenant, tu peux carrément avoir un assistant virtuel qui opère ton ordinateur à distance pour toi, qui est capable de cliquer, d'ouvrir des documents, d'éditer des documents. C'est quelque chose. Et aussi de supprimer les documents.
Jérôme :
[
14:21] De supprimer les documents, exactement. Et alors, attention, parce qu'il faut faire super gaffe, parce qu'effectivement, il faut savoir que quand on lâche un agent sur son ordinateur, il peut faire n'importe quoi. Et c'est très intéressant parce qu'il ne suffit pas de lui dire « fais ça ou fais ça », c'est-à-dire tu accèdes à telle appli ou à telle autre appli. En gros, il faut se dire que tout ce que potentiellement il est capable de faire, ça présente un risque. C'est-à-dire que s'il est lâché et qu'il a les droits pour aller effacer des fichiers, vider des dossiers, il y a un risque qu'un jour ou l'autre, il le fasse. Soit parce qu'il est très énervé, ce qui est peu probable, soit parce que simplement, il s'est trompé.
Bruno :
[
15:00] Oui, ou qu'il croyait que c'était important pour sa tâche.
Jérôme :
[
15:03] Voilà, exactement. Fais de la place sur le disque dur. Allez, c'est parti.
Jérôme :
[
15:08] C'est parti. Bon, écoute, ça, c'est Dispatch d'Anthropic. la nouveauté IA de la semaine. Mais il y en a une autre.
Bruno :
[
15:16] Et qui fonctionne uniquement sur Mac pour le moment.
Jérôme :
[
15:18] Bien sûr, il n'y a que sur Mac.
Bruno :
[
15:20] Non, non, non, tu ne commences pas ça. C'est que sur Mac, mais sur PC, ça arrive bientôt.
Jérôme :
[
15:26] Oui, certainement. Il y a autre chose. Je sais que tu as joué avec les petits avatars de Gemini. Donc, on est toujours dans le domaine de l'intelligence artificielle. Chez Google, cette fois, qu'est-ce que c'est que cette histoire d'avatar?
Bruno :
[
15:40] Oui, mais je trouve ça intéressant parce qu'on parlait récemment, Dans le cadre du débrief transatlantique, du métavers qui avait du vent dans le nez et qui n'avançait plus tellement. Et puis, le métavers, essentiellement, c'était quoi? C'était des avatars de gens, mais qui ressemblaient plus à des petits bonhommes qu'autre chose. Alors, Google, eux, ils ont décidé d'arriver et d'être capables, ils souhaitent être capables, de créer des avatars en 3D qu'on pourra réutiliser dans Gemini. Et donc, tu peux penser à des gens qui vont commencer à faire des illustrations pour des documents ou peu importe. Ils vont pouvoir maintenant s'intégrer eux-mêmes. Ils pourraient évidemment le faire aujourd'hui en téléchargeant ou en chargeant une photo d'eux-mêmes dans Gemini en disant « Utilise-moi ». Ça, ça se fait déjà. Mais là, c'est carrément une version 3D de toi et tu peux l'intégrer autant dans une photo, une image que dans une vidéo. Et c'est là où ça devient intéressant.
Jérôme :
[
16:42] Et donc, tu l'as essayé, ça?
Bruno :
[
16:44] Non, moi, je me suis amusé avec autre chose pour montrer ce que ça pourrait faire.
Jérôme :
[
16:49] Ah, d'accord, d'accord. Bon, tu vois, on n'a même plus le temps d'essayer les trucs quand ils sortent. Dis-moi, en matière d'IA toujours et d'agents IA, est-ce que tu as vu passer cette news concernant Mark Zuckerberg qui, lui, veut se fabriquer un co-PDG? Il développe, il est en train de se développer un agent IA pour l'aider à diriger le groupe méta.
Bruno :
[
17:12] Mais là, Jérôme, on est dans le domaine du fantasme des PDG. D'avoir la possibilité d'avoir un numéro 2.
Jérôme :
[
17:20] D'ailleurs, moi, en tant que PDG, je n'arrête pas d'y penser.
Bruno :
[
17:24] Déjà, tu as quelques agents qui travaillent pour toi, mis à part les humains. Mais donc, c'est ça, c'est intéressant. Il est en train de se faire développer, lui, mais aussi, il y a d'autres qui travaillent pour lui, pour arriver à avoir... Il y a déjà le principe, en tout cas, en Amérique du Nord, je sais que ça fonctionne bien, du dashboard, Le tableau de bord qui permet aux dirigeants d'avoir une image de pas mal ce qui se passe en chiffres, en tableaux. Mais là, ce que Mark Zuckerberg veut avoir, c'est carrément toute l'information sur différents paliers hiérarchiques. Ça veut dire que du premier employé junior qui rentre dans la boîte ou du dernier qui est le numéro 3, parce que le numéro 2, ça va être son IA, Il a accès à tout et l'IA lui rend l'essentiel moelle de toute l'information qu'il arrive à colliger, lorsque Mark Zuckerberg se tourne vers l'IA en disant « j'ai besoin d'informations dans tel domaine où on est rendu ».
Jérôme :
[
18:21] Oui, où on en est dans le juridique, où on en est dans le… Alors.
Bruno :
[
18:26] Plutôt que d'attendre le briefing de la semaine avec le département en question, bien là, il y a tout de suite l'information. Et évidemment, là, c'est le principe d'avoir une aide à la décision, ce qui est essentiellement une IA quand on est utilisé par un haut gestionnaire. Mais là, c'est avec des spécificités propres au groupe de méta. Alors, c'est vraiment pointu, mais ils peuvent le faire parce qu'eux, ils sont là. Mais c'est sûr que là, ça commence à faire rêver d'autres dirigeants qui vont se dire, moi, j'aimerais ça avoir une aide à la décision.
Jérôme :
[
18:56] Certainement, certainement.
Bruno :
[
18:58] Il y a un marché qui va peut-être ouvrir.
Jérôme :
[
19:00] Oui, on va voir comment il s'en sort de son agent. Est-ce que ça répond à ses attentes ? Peut-être, je n'en sais rien. Et si ça marche, c'est super. Effectivement, ça intéressera beaucoup de gens.
Bruno :
[
19:12] Tu imagines l'économie ? quand ça a été le temps du métavers et des milliards qui a investi, peut-être que l'IA lui aurait dit, écoute, mon Marc, je vais peut-être mettre ton argent ailleurs.
Jérôme :
[
19:23] Oui, c'est peut-être pas une bonne idée. Attends, l'IA n'est pas forcément clairvoyante. Excuse-moi.
Bruno :
[
19:28] Non, mais avec toutes les données en main, tu peux arriver à faire des décisions qui sont plus sages que simplement te fier sur tes envies et ton imagination.
Jérôme :
[
19:38] Oui, c'est un vrai débat, ça, je pense. Je ne sais pas, mais c'est difficile.
Bruno :
[
19:43] On ne leur parle pas la semaine prochaine.
Jérôme :
[
19:43] On en reparle la semaine prochaine où on attendra de voir si Marc s'en sort avec son truc. On va lui demander surtout qu'il nous tienne au courant est-ce que ça tient la route ou pas ? Bon, écoute, on verra bien.
Bruno :
[
19:53] Mais toi, tu travailleras avec ça ?
Jérôme :
[
19:54] Moi, je trouve que l'idée est vachement tentante. C'est vrai que quand tu diriges un grand groupe, ce qui n'est pas mon cas, mais tu as 10 000 strates et 10 000 services et plein de choses, ça doit être très difficile d'avoir une vision globale de l'entreprise. Après, il ne faut pas se leurrer, les rapports hiérarchiques aussi permettent parfois de filtrer de l'info, il y a des infos, peut-être des détails dont il n'a pas besoin d'être informé parce que ça va lui occuper l'esprit inutilement ou il y a l'inverse, lui faire des synthèses qui vont dans le bon sens, etc. Mais bon, peut-être que l'IA arrivera à faire ça, pourquoi pas. En tout cas, s'ils font ça, est-ce que ce sera possible avec Siri d'Apple ? Pour l'instant, ce n'est pas le cas mais on aura peut-être une réponse prochainement.
Bruno :
[
20:44] Il y a vraiment un volet humoriste que tu ne développes pas assez.
Jérôme :
[
20:48] Non, j'essaie de...
Bruno :
[
20:49] J'aime beaucoup ton humour. C'est très fort. Effectivement, pour le moment.
Jérôme :
[
20:53] On nous dit ça. C'est un peu de l'humour de répétition avec Siri.
Bruno :
[
20:57] Oui, il y a quelques années maintenant. Mais donc, c'est ça. Écoute, là, je te vois venir avec tes gros sabots. Tu veux qu'on parle du WWDC qui a été annoncé.
Jérôme :
[
21:07] On en dit un petit mot. Ça a été annoncé cette semaine.
Bruno :
[
21:10] Bon, OK, pour te faire plaisir. Mais donc, c'est ça. C'est au mois de juin prochain. Ça va commencer le 8 juin. C'est là qu'on aura la grande présentation, la grande messe. Évidemment, ça sera fait en ligne, mais il y aura quelques influenceurs qui seront probablement invités, quelques fanboys qui seront aussi conviés à cette célébration. Et puis, qu'est-ce qu'on aura? On l'espère, trois ans plus tard, la présentation de ce qui est véritablement Apple Intelligence, maintenant que ça carbure avec Gemini. Et je le trouvais intéressant, parce que j'ai vu un texte passé de Bloomberg hier ou avant-hier qui confirmait qu'Apple allait avoir accès complet à l'outil de Gemini.
Jérôme :
[
21:51] À Gemini.
Bruno :
[
21:52] Pour être capable d'arriver à développer ses propres solutions.
Jérôme :
[
21:55] C'est énorme, ça. Ça veut dire qu'avec le deal qu'ils ont passé avec Google, ils ne vont pas se contenter d'être utilisateurs et Google prestataire de services. Ils vont vraiment pouvoir développer leur truc en profondeur, a priori.
Bruno :
[
22:08] Ils ont le livre des recettes et puis après, ils s'amusent avec.
Jérôme :
[
22:11] S'ils peuvent mettre le nez dans le Gemini, on espère en tant qu'utilisateur qu'il en sortira quelque chose de bien.
Bruno :
[
22:19] Alors, à surveiller, à mettre à votre calendrier Si vous avez d'autres activités, peut-être réfléchir, si vous ne voulez pas annuler déjà, mais le 8 juin, donc, ça sera la WWDC.
Jérôme :
[
22:29] Rendez-vous, donc, pour la conférence, la keynote d'ouverture de la conférence développeur, autrement dit, la WWDC d'Apple. Bruno, de quoi… J'allais t'appeler Benoît.
Bruno :
[
22:38] Tu vas comprendre pourquoi.
Jérôme :
[
22:40] Mais Bruno, de quoi parles-tu dans ton carnet cette semaine?
Bruno :
[
22:46] Écoute, je pense que tu en as parlé la semaine dernière. Ça doit être ça qui m'a influencé. Si on parle de cybersécurité et de quantique, tu en as parlé la semaine dernière.
Jérôme :
[
22:55] Non? Non, mais oui. Non, la sécurité post-quantique, non, je ne crois pas. Je n'en ai pas parlé depuis un moment.
Bruno :
[
23:02] Non, ce n'était pas moi. Je suis désolé, mais excellent sujet.
Jérôme :
[
23:05] Ça devait être ta voisine ou je ne sais pas qui, ou ton boulanger. Je ne sais pas qui t'a parlé de chiffrement post-quantique, mais vas-y, vas-y.
Bruno :
[
23:15] Si c'est vous, je vous remercie qui nous écoutait. Donc, on en parle cette semaine avec des gens qui sont vraiment dans l'avancement de la chose. Sinon, aussi, autre sujet. Je pense que je t'en ai parlé la semaine dernière, mais finalement, il y avait tellement trop de matériel que j'ai décidé de le passer cette semaine. Mais cette semaine, c'est vrai. On va parler avec le photographe qui fait des pièces, des chefs-d'oeuvre d'images, mais à l'intérieur des jeux vidéo.
Jérôme :
[
23:45] Dans les jeux vidéo. Oui, étonnant, ça. C'est pour ça que j'ai écouté ton émission. Je me suis dit « Mais où est le photographe des jeux vidéo? » Je suis désolé. Dont ils m'avaient parlé la semaine dernière.
Bruno :
[
23:56] C'est cette semaine, je voulais m'assurer que tu sois là. Jérôme Colombain, de ton côté, tu vas parler de quoi, toi, cette semaine?
Jérôme :
[
24:03] Alors, cette semaine, je parle de cybersécurité avec Benoît, Benoît Grunemwald.
Bruno :
[
24:09] Ah bon, voilà.
Jérôme :
[
24:10] Voilà, c'est pour ça que je t'ai appelé Benoît, je crois, tout à l'heure.
Bruno :
[
24:14] Appelle-le pas Bruno, c'est pas poli.
Jérôme :
[
24:17] De EZ, et on passe en revue, c'est un peu le baromètre de la cybersécurité, et notamment cette semaine, il y a une info qui a fait pas mal de bruit, c'est l'iPhone d'Apple qui serait victime d'une grosse faille, permettant vraiment de faire des grosses, grosses cochonneries si on ne fait pas attention, donc grosse faille dans iOS. Et puis, il n'y a pas que ça, on parle également d'un phénomène troublant qui est en train de se développer, c'est des arnaques avec des deepfakes de livraison de genre tu reçois une photo d'un colis avec ton nom sur le colis d'un pseudo-livreur qui te dit bon ben voilà j'ai pas pu entrer où est-ce qu'on se retrouve ? Allez sur tel site et en fait il s'agit d'une image générée par intelligence artificielle donc c'est une arnaque qui est en train de prendre de l'ampleur en France qui est en train de se développer et puis sinon je parle d'une initiative assez étonnante imagine une bibliothèque mondial de tous les logiciels écrits sur Terre. Ça existe et c'est une initiative française, ça s'appelle Software Heritage.
Jérôme :
[
25:24] C'est un projet dont l'ambition est d'archiver tous les logiciels passés et à venir et de les sauvegarder pour un petit peu en tant que mémoire du logiciel. Donc j'interview le directeur de ce Software Heritage qui est un chercheur en informatique assez connu en France, même s'il est d'origine italienne, c'est Roberto di Cosmo.
Bruno :
[
25:51] J'espère que l'UNESCO va reconnaître ce travail-là.
Jérôme :
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25:55] Écoute, ce serait une bonne idée, je ne sais pas s'ils sont au courant, mais si l'UNESCO nous écoute, c'est bien comme ça, ils seront informés.
Bruno :
[
26:01] Voilà. Jérôme Colombain. T'es formidable. Maintenant, tu travailles pour la Terre entière. Je te remercie. Jérôme.
Jérôme :
[
26:12] Je suis mondialiste.
Bruno :
[
26:13] Oui, Bruno.
Jérôme :
[
26:15] On se retrouve la semaine prochaine. Et si tu es d'accord, même on se retrouve avant. On se retrouve ce week-end pour le grand débrief avec François Sorel. On se fait un petit débrief. On se fait un petit grand débrief à trois, d'accord?
Bruno :
[
26:25] Quelle bonne idée. Comment ça me manquait, lui?
Jérôme :
[
26:28] Oui. Eh bien, voilà. Tu vas pouvoir l'entendre. ils vont encore nous raconter toutes ces histoires.
Bruno :
[
26:34] Allez Jérôme je te souhaite une bonne suite de programmation et moi je vais à mon côté salut Bruno, ciao ciao.