🎤 Apple : retour sur 50 ans d'innovations (Olivier Frigara, On refait le Mac)
Maison Connectée01 avril 202633:14

🎤 Apple : retour sur 50 ans d'innovations (Olivier Frigara, On refait le Mac)

Depuis le premier Macintosh jusqu’à l’iPhone, Olivier Frigara retrace les grandes secousses qui ont façonné Apple. Le journaliste et podcasteur livre aussi son regard sur l’ère Tim Cook et les défis qui attendent encore la marque.

Interview : Olivier Frigara, journaliste spécialisé et animateur du podcast On refait le Mac

Punchlines

  • Le premier Macintosh m’a mis un coup dans l’estomac.

  • Apple a rendu la technologie accessible à tous.

  • Le retour de Steve Jobs en 1997 est un moment clé.

  • L’iMac a sauvé Apple de la faillite.

  • Apple n’invente pas toujours en premier, mais souvent au bon moment.

Pourquoi Apple a-t-il été un choc pour vous dès le début ?

J’ai découvert vraiment l’univers Apple avec le premier Macintosh en 1984. Ce qui m’a frappé, c’était l’interface graphique, la souris, le fait de pouvoir cliquer sur une icône au lieu de taper des lignes de commande : à l’époque, c’était révolutionnaire.

Apple portait déjà une idée très forte : rendre la technologie accessible au plus grand nombre. C’est ce qui m’a séduit dès le départ, avec en plus ce souci du beau, du détail et de l’expérience utilisateur.

Quels sont, selon vous, les grands tournants de l’histoire d’Apple ?

Le lancement du Macintosh est évidemment un moment fondateur, autant pour le produit que pour la manière de le présenter. Steve Jobs a imposé un style, une mise en scène, une façon de raconter la technologie qui a marqué durablement toute l’industrie.

Il y a aussi son départ, puis son retour en 1997. Son retour a été un moment extrêmement fort, notamment lorsqu’il a réussi à retourner la situation avec Microsoft et Bill Gates. Ensuite, l’iMac a sauvé Apple, puis l’iPhone a fait changer l’entreprise de dimension.

Tim Cook a-t-il réussi à prolonger l’héritage de Steve Jobs ?

Sur le plan économique et industriel, le bilan est plus que positif. Tim Cook a transformé Apple en machine redoutable, capable de lancer un produit mondialement en quelques jours et de faire d’Apple une marque encore plus puissante, presque une marque de luxe.

En revanche, ce n’est pas un homme de produit comme Steve Jobs. Je trouve qu’il manque parfois cette étincelle, cette fraîcheur, cette capacité à faire surgir des produits réellement bouleversants dans leur usage. Apple reste très solide, mais on attend encore le prochain grand choc.

Le futur d’Apple passe-t-il par le Vision Pro et l’intelligence artificielle ?

Le Vision Pro m’a impressionné quand je l’ai essayé. La démonstration est bluffante, mais le prix reste un frein énorme. Pour que cette technologie change vraiment la donne, il faudra qu’elle devienne beaucoup plus accessible ou qu’elle se transforme en quelque chose de plus léger, comme des lunettes.

Sur l’intelligence artificielle, Apple a clairement raté un virage. L’enjeu désormais, ce n’est pas seulement d’intégrer l’IA dans les appareils existants, c’est d’inventer le produit qui accueillera naturellement cette intelligence dans notre quotidien.

Ecouter aussi : Apple, 50 ans d'innovations technologiques


Monde Numérique :
[0:01] Salut Olivier Frigara, merci d'être dans le monde numérique, camarade, je t'appelle camarade, car tu es journaliste spécialisé, tu as collaboré, tu collabores encore à de nombreuses publications,

Monde Numérique :
[0:14] tu as été dans la presse informatique, tu as travaillé pour LCI, etc. Et puis tu animes ton podcast, On refait le Mac depuis 2000 ans à peu près, je pense que ça doit être ça.

Invité :
[0:24] On fait partie des yeux du Muppet Show, toi et moi, en fait, au niveau podcast et YouTube. On a initié ça il y a quelques années déjà, souviens-toi.

Monde Numérique :
[0:34] Effectivement. Tu es un vrai connaisseur du monde Apple que tu suis depuis très longtemps. Donc, vraiment, je voulais avoir ton regard à l'occasion de ces 50 ans de la marque. Mais d'abord, c'est une première question.

Invité :
[0:46] Je n'étais pas né, moi, personnellement.

Monde Numérique :
[0:48] Non, bien sûr. Bien sûr, on taira cette information. c'était bien avant nous,

Monde Numérique :
[0:54] quand est-ce que tu es tombé dans la marmite Apple toi Olivier ?

Invité :
[0:57] Je suis tombé dans la marmite Apple vraiment, alors j'avais déjà eu quelques contacts avec le monde Apple dans les années 80 avec les Apple 2, mais j'étais pas un fan absolu de l'Apple 2, moi j'étais plus à l'époque Commodore 64 ou Atari, 800 XL, ça te parle de cette génération là, c'est-à-dire les premiers micro-ordinateurs domestiques parce que je faisais du jeu vidéo mais je suis tombé vraiment dans le monde d'Apple lorsque j'ai découvert le Mac pour la première fois, et j'ai pris un petit coup dans l'estomac lorsque j'ai vu les interfaces graphiques, tout simplement la souris, le clavier, le wheezy-wig, voir tout ce que l'on fait à l'écran, c'était véritablement à l'époque révolutionnaire et j'en rêvais et Apple l'a fait.

Monde Numérique :
[1:41] Quand tu dis le Mac, c'est-à-dire le Macintosh ?

Invité :
[1:43] Le premier Macintosh en 1984, quand il est arrivé, et que tu n'avais plus besoin, comme sur mon Commodore 64 ou sur mon Apple II de l'époque, de taper une ligne de commande dans l'équivalent d'un DOS ou en basique pour pouvoir lancer la lecture d'un programme sur un lecteur de disquettes. Là, il y avait une icône et on a cliqué deux fois et au miracle, on met une disquette et ça s'ouvre. C'était juste génial.

Monde Numérique :
[2:09] Va expliquer aux plus jeunes qu'il y a eu un monde avant ça tu vois besoin.

Invité :
[2:14] D'effacer un fichier tu le prends, tu le mets dans la corbeille ah oui c'est si bête que ça et puis on pouvait dessiner, on pouvait copier-coller le concept de copier-coller c'est encore une fois Apple qui l'a inventé dans les interfaces graphiques du premier Mac et du Lisa quelques temps auparavant mais c'est un peu la même chose, et effectivement j'ai vu ça je me suis dit mais quand est-ce qu'ils vont faire une machine accessible à tous parce que ça coûtait excessivement cher à l'époque. D'ailleurs, le Mac a été plutôt un bille au départ. Ça n'a pas été du tout un succès. C'était la Rolls des ordi à l'époque. Et c'est ce qui a conduit d'ailleurs au premier départ de Steve et à son renvoi quelques années plus tard. Et oui, Apple a viré Steve Jobs. Quand on y pense, ça paraît fou.

Monde Numérique :
[2:58] Ça, c'est complètement fou. Le Mac, pour ceux qui ne l'ont pas connu, pour les plus jeunes, c'était cet ordi qui ressemblait à un autre appareil qu'ils n'ont pas connu non plus, qui s'appelait le Minitel.

Invité :
[3:06] Ou le Vectrex.

Monde Numérique :
[3:07] Intégrés. C'est marrant. Moi, j'avais travaillé aussi un petit peu... J'avais un peu pratiqué le Macintosh à sa sortie, mais j'avoue qu'après, j'ai eu une voix un peu différente de la tienne, parce que je suis parti complètement sur le monde PC. Tu es parti du côté obscur. Je suis parti du côté obscur, mais oui, parce que le Mac, c'était trop facile. Ce n'était pas fait pour les geeks, pour les gens qui voulaient du hardcore, qui voulaient pouvoir se battre avec les drivers d'imprimantes et autres.

Invité :
[3:33] Quelle mauvaise foi, déjà.

Monde Numérique :
[3:35] Non, mais ça offrait quand même plus de liberté que le Mac qui était déjà enfermé, facile à utiliser, même pour des gens qui n'avaient jamais tapé une ligne de code.

Monde Numérique :
[3:47] Donc voilà. Et puis j'avoue que j'ai survenu, en revanche, au moment de la sortie du MacBook Air, je crois, où j'ai succombé et j'ai définitivement tiré le rideau avec le monde Windows qui m'a un peu déçu.

Invité :
[3:59] Mais ce qui est intéressant, et on ne va pas refaire le débat Mac ou PC, qui a percé notre adolescence, dirons-nous. Mais.

Invité :
[4:09] Ce qui est intéressant dans le premier Macintosh, le premier Mac qu'on connaît, c'est qu'il y avait déjà tous les codes. Et, Toute l'énergie et toute l'ADN qui fait qu'aujourd'hui, Apple a réussi, en fait. Tout ce qui a fait le succès de l'iPhone quelques années plus tard, on l'avait déjà dans le Mac. C'est-à-dire de rendre accessible la technologie à tous, et pas simplement un des initiés qui savent utiliser du basique, du code, du C++ ou SGL Studio. Donc, il y avait véritablement déjà la même démarche depuis que Steve a lancé Apple avec Wozniak, il y a 50 ans, il y avait déjà une volonté de transformer l'ordinateur à un produit accessible à tous. Malheureusement, pas forcément en prix, bien que les choses s'arrangent. Tu l'as vu récemment avec le Magoo Neo, mais au-delà, il y avait une démarche de faire vraiment, une industrie et de populariser le Mac. J'aime bien me moquer d'Apple quand dans leurs communiqués de presse, ils disent Apple a changé le monde, Apple a inventé l'ordinateur familial, mais c'est vrai que ça a changé le monde de par cette volonté de démocratiser. Bien sûr, il y avait une volonté mercantile derrière, enfin, voilà, c'est une boîte, tech et une boîte américaine, mais véritablement la démarche, c'est pour ça que moi j'aimais Apple, parce qu'il y avait vraiment une volonté derrière de rendre accessible et de rendre aussi la technologie belle. Parce que c'est beau une belle fenêtre plutôt que taper une commande dans un écran noir et blanc. Bon, bordel. Voilà.

Monde Numérique :
[5:36] Donc c'est ça, selon toi, qui caractérise depuis le début et encore aujourd'hui la marque Apple.

Invité :
[5:42] Tu ouvres un Mac, tu verras, tu compares avec un PC ou un téléphone sur Android,

Invité :
[5:48] c'est aussi beau à l'extérieur qu'à l'intérieur. Pour un initié de la tech, en tout cas, le souci de l'emplacement des composants jusqu'à même imprimer des logos sur des composants c'est assez dingue alors que personne n'a à ouvrir un iPhone pour regarder comment c'est agencé à l'intérieur donc oui il y a il y a des codes il y a une vraie culture qui a réussi à développer les pères fondateurs d'Apple et qui a réussi à perpétuer depuis Tim Cook et lui il en a fait véritablement un business qui en tourne la tête tellement, Apple a de l'argent sur son compte en banque digne d'un pays développé, d'un PIB, d'un pays développé.

Monde Numérique :
[6:27] Donc, si on revient un petit peu encore en arrière, quels sont, selon toi, les temps forts de l'histoire d'Apple durant ces 50 ans ?

Invité :
[6:36] Il y en a plein. Il y a d'abord les temps forts que je n'ai pas forcément vécu parce que je n'étais pas encore journaliste à l'époque, mais qu'on a vécu en tant que... Moi, je suis un fanboy, tu le sais, et je le reconnais bien volontiers. Donc, le lancement du Mac, qui était un moment assez magique, lorsqu'Steve dévoile le Mac. Et là, il invente aussi un mode de communication assez génial dans la tech, parce que c'est lui qui a inventé la keynote. Aujourd'hui, toutes les boîtes, mais pas seulement de tech, lorsqu'ils lancent un produit, ils font une keynote. C'est Apple qui l'a inventée.

Invité :
[7:12] Présenter le Mac, lever la petite couverture, le petit rideau, mettre la disquette et le Mac qui se met à parler. Alors à l'époque, l'ordinateur qui parle, c'était assez rare. Et les gens applaudissaient debout. Donc voilà, premier moment. Forts et puis il y en a eu plein d'autres. Il y en a eu aussi parce que des moments forts qui ont aussi des moments tristes, ou des moments difficiles dans l'histoire d'Apple. C'est le départ de Steve Jobs quelques années plus tard. Mais c'est un départ qui a été nécessaire, je dirais, pour permettre à la fois à Apple de connaître peut-être les moments les plus sombres de son histoire parce qu'ils ont failli carrément disparaître. Ils étaient quelques semaines d'eux à la banqueroute. Et pour permettre à Steve Jobs aussi de se bonifier parce que quand on devient, multimillionnaire à 20 ans ou 25 ans, et on le voit encore aujourd'hui chez certains grands décideurs de la tech, ça tourne un peu la tête. Et ça lui a un petit peu mis du plomb dans la cervelle. Il a appris beaucoup de ces échecs-là et du fait qu'il était écorté d'Apple pour mieux revenir, pour mieux rebondir. Et si on apprend de ces échecs, c'est la meilleure des choses. Donc le deuxième temps fort, c'est le départ de Steve. Et puis le troisième temps fort, c'est certainement... Son retour quelques années plus tard en 97. Sa première keynote, je me souviendrai toujours... Alors, j'étais journaliste, mais pas encore dans la tech. Mais j'avais toujours... J'avais des petits temps pour suivre ça à distance. On n'était pas très nombreux à être fans d'Apple à l'époque, crois-moi. Mais il y en avait.

Monde Numérique :
[8:35] Dans les salons, il y avait des gens qui se prosternaient devant les produits Apple. C'était un mélange d'humour et pas tant que ça. Il y avait presque un côté secte.

Invité :
[8:44] Je t'ai raconté après. c'est vrai que c'est le premier keynote auquel j'ai assisté je me sentais un peu en décalage parce que les mecs applaudissaient quand il y avait un graveur de DVD dans un Mac je dis quand même les gars on va se calmer, mais bon mais non c'est un moment fort pourquoi ? parce que, Pourquoi il a réussi à créer une telle communauté aussi ? Il y avait aussi une telle adhésion dans les années 80 autour du monde Apple et au-delà du Mac, parce que fanboy, ce n'est pas forcément d'Apple, c'est fanboy du Mac, du standard. C'est qu'on avait le sentiment d'avoir une machine qui était exceptionnelle en face de nous, qui montrait la voie pour domestiquer la techno et que tout avait été pompé par Microsoft. On avait ce sentiment c'était le storytelling d'Apple et de Steve Jobs à l'époque mais c'était un peu vrai parce que, tu le sais aussi bien que moi voire beaucoup mieux que parmi les premiers développeurs du Mac il y avait un certain Bill Gates donc Windows on sait d'où ça vient bon après on te dira Steve a tout pompé à Xerox à Palo Alto, lorsqu'ils ont été au Xerox PARC mais.

Invité :
[9:45] Mais la démo elle a été faite c'est là où ils ont c'est ça où ils ont découvert lui-même où ils ont vu l'interface graphique interface graphique la souris mais c'était en connaissance de quoi ils l'invitaient pour leur montrer c'était une démo c'était pas un produit qu'ils allaient vendre à des millions d'exemplaires et puis il n'y avait pas par exemple du multi-fenétrage c'est-à-dire que tu peux ouvrir une fenêtre sur un produit Xerox tu ne pouvais pas ouvrir 4 ou 5 ou 6 ou 10 fenêtres comme sur le premier Mac c'était juste incroyable bref, donc il y avait ce sentiment d'une énorme injustice que le succès de Microsoft l'arrogance de Microsoft à l'époque, et comme Steve était parti on voyait Apple de descendre, descendre, descendre. On voyait Windows monter, monter. Et quand il revient, la première des choses qu'il a fait, et pour moi, c'est un moment fort, c'est qu'il invite sur scène Bill Gates. Et là, on voit arriver Bill Gates. Qui s'est fait huer. Qui s'est fait huer. C'est Dark Vador, Bill Gates.

Invité :
[10:37] Et là, on ne comprend pas. Et en fait, il explique que ça fait dix ans que à l'époque, Apple était en procès pour le plagiat de Windows. Procès que je ne suis pas juriste, mais Mais tous ceux que j'ai approchés à l'époque m'ont dit qu'in fine, ils auraient gagné. Et donc, ils auraient gagné beaucoup d'argent, mais ils n'avaient plus le temps de continuer puisque Apple était en grande difficulté financière. Et il fait un titre génial à l'époque avec Bill Gates en lui disant, écoute, tu prends 5% du capital d'Apple, tu n'as pas le droit de vote. Donc, tu n'es rien. Ça va rassurer le marché si Microsoft prend 5 portons de qu'il y a Apple. Et tu t'engages surtout à développer, parce que, évidemment, c'était important pour Apple, la suite office pour que les entreprises continuent à utiliser le Mac. Il annonce ça. Et là, on voit un exercice de communication extraordinaire de Steve, où il arrive à retourner la salle qui était contre Bill Gates en disant, mais non, ce n'est plus notre ennemi. Il rentre au capital. Déjà, quoi ? Mais non !

Monde Numérique :
[11:35] C'était fou, les mecs.

Invité :
[11:38] In fine, à la fin, les gens applaudissent en disant merci de développer pour nous. Et en gros, ils arrivent à faire comprendre qu'en fait, c'est un arrangement provisoire. Et grâce à ça, d'ailleurs, Microsoft a gagné beaucoup d'argent parce que l'action d'Apple a considérablement augmenté sa valeur depuis. Pour moi, c'est vraiment un des temps forts.

Invité :
[11:55] Et puis, un ou deux années plus tard, le lancement de l'iMac qui était la machine qui a sauvé Apple de la faillite. Donc l'iMac, tu sais, aux couleurs Bondi Blue, tu sais les couleurs de la plage de Sydney qui a sauvé Apple. Et puis, l'autre grand moment, c'est le lancement de l'iPhone, où Apple a changé de dimension et est devenue une entreprise multinationale. Elle était déjà, mais ce n'est plus du tout la même planète à ce moment-là. J'y étais, souviens-toi, au lancement de l'iPhone. Et toi, tu étais au CES. Toute la presse tech était au CES. si je vous disais, mais venez à Macworld cette année, il va se passer un truc, mais non, on va au CES. Et toute la presse...

Monde Numérique :
[12:41] Ah mais c'est vrai, c'est fou que tu me... Ah oui, oui, oui, ce souvenir.

Invité :
[12:45] Et toute la presse de l'époque m'appelle en catastrophe, parce qu'on était peut-être un ou deux journalistes français à ce moment-là à suivre la cliente d'Apple. On me disait, Olivier, tu ne veux pas nous raconter ce qui s'est passé ? C'est énorme, effectivement. Et je raconte que l'iPhone m'a tout changé. J'étais un petit peu sceptique et en fait, non, non, il y avait raison de s'inquiéter pour la concurrence d'Apple.

Monde Numérique :
[13:04] Ah ouais, c'est dingue ça. La keynote historique de 2007. Complètement fou.

Invité :
[13:10] Ouais, c'était fou parce que, l'arrivée de l'iPhone, il était presque entendu quand tu voyais le baladeur d'Apple, l'iPod qui est arrivé. On se doutait bien qu'à un moment donné, ils allaient arriver dans le téléphone.

Invité :
[13:24] Mais je serais toujours de... C'est vraiment le moment le plus fort, moi, en tant que journaliste, que j'ai vécu parce que j'avais la chance d'être là, tout simplement.

Monde Numérique :
[13:31] Bravo.

Invité :
[13:32] Mais, ouais, Voilà, j'étais payé pour ça. Mais au-delà, on n'était pas invités. La démarche était bien différente qu'aujourd'hui. Mais en tant que journaliste, tu pouvais demander une accréditation et t'y rendre. Mais c'est vrai que dès que j'ai mis le pied dans le Moscou Center, c'est là qu'avait lieu Macworld, et c'est là qu'avaient lieu les keynotes de Steve, on a senti qu'il y avait une atmosphère vraiment différente par rapport aux autres keynotes de Steve. D'abord parce que on voit des personnalités qu'on ne voit pas d'habitude des personnalités européennes qui ne venaient pas et qui étaient là je me souviens notamment de Pascal Cagny qui était là et qui me dit il va se passer un truc, ok on commence on monte les escaliers mécaniques tu sais au Moscow Center et puis on arrive au premier étage et puis je tourne la tête je vois Al Gore je suis ouais vice-président des Etats-Unis membre du conseil d'administration d'Apple je vois quelques célébrités, d'Hollywood, quelques acteurs connus qui sont là. Je vois, revêtage, je croise Lorraine, Lorraine Jobs, l'épouse de Steve et ses enfants. Je fais, ils viennent jamais Lorraine et ses enfants. Et je vois tous les mecs d'Apple qui font.

Monde Numérique :
[14:49] Les pouces en.

Invité :
[14:50] L'air ça va être énorme et tu sais que ils étaient terrorisés par Steve pour les lancements, ils avaient trop peur que ça ne marche pas, et donc généralement dans les Keynotes, il n'y avait pas un sourire les mecs étaient tendus comme des strings parce qu'ils avaient peur que la démo ne marche pas et là il y avait, une effervescence assez dingue et Dieu sait s'il y avait un enjeu parce qu'on l'a appris après les premiers iPhones, ils déconnaient pas mal les protos, rien ne marchait.

Invité :
[15:18] Et pourtant il y avait un enthousiasme assez incroyable et c'est devenu peut-être en matière de lancement de produits et la référence en matière de Keynote dans le monde et moi c'est un moment, que je chéris parce que j'ai vraiment vécu un moment exceptionnel et j'avais vraiment le sentiment en sortant de cette Keynote puisqu'on a eu l'opportunité très vite d'avoir l'iPhone en main, de vivre vraiment un changement, on était tous des geeks comme toi comme moi, à avoir des smartphones dans la poche. C'était compliqué d'avoir un smartphone à l'époque dans la poche, parce qu'il fallait le configurer. Il fallait, souviens-toi, mettre le bon script pour le modem, pour que ce soit fait sur le bon réseau. Avec l'iPhone, tu n'as plus ce problème-là. Et puis, accessoirement, je n'avais pas besoin de sortir mon stylet et appuyer sur plus, plus, plus, plus, pour le mettre dans une interface. Je faisais juste ça avec mes doigts. Donc là, je me suis dit, si ma grand-mère peut l'utiliser, ils vont en vendre des millions. Mais il y avait encore un relative céticisme en rentrant à Paris. Je me souviens toujours que j'avais croisé les responsables de Nokia en disant mais Olivier ils voulaient vendre je crois ils voulaient 1% du marché, C'était ce qu'avait annoncé Steve à l'époque. 1% du marché, ça fait sourire aujourd'hui. Et les gens me disaient mais Olivier, on n'est pas du tout inquiets. Nous, on vend X millions de téléphones tous les mois. Oui, non, mais des téléphones. Pas des smartphones. Ce n'est pas la même chose.

Monde Numérique :
[16:42] Puisque l'iPhone, c'était le mélange de trois appareils en un.

Monde Numérique :
[16:47] Et en même temps, Olivier, on a souvent dit qu'Apple n'inventait pas vraiment, de nouveaux produits, mais qui se contentaient de prendre des choses qui existaient à droite à gauche et puis finalement de les mettre ensemble et de les rendre, attirantes, désirables. Tu es d'accord avec ça ?

Invité :
[17:04] Oui, chaque fois qu'ils ont essayé de sortir un produit from scratch, c'est-à-dire inventer un concept qu'on n'avait pas vu ailleurs ou du moins ou très peu vu ailleurs, ils se sont plantés. Donc, il y a l'exemple du Macintosh, qui était un bide parce qu'il vendait trop cher. Il était révolutionnaire, mais il coûtait trop cher.

Monde Numérique :
[17:20] Il y avait l'ancêtre de l'iPad, ou il y avait le... Comment il s'appelait ?

Invité :
[17:24] Le Newton. Le Newton également, qui était un concept révolutionnaire.

Monde Numérique :
[17:28] C'était un agenda avec stylé, pour le coup.

Invité :
[17:31] Oui, à l'époque, c'était en 80, je vais dire, bêtise 91, 92, tu avais une reconnaissance de l'écriture.

Monde Numérique :
[17:38] Oui.

Invité :
[17:39] Et la promesse était trop technologiquement par rapport à l'état de l'art de la tech de l'époque. Ils ont réussi au fil des versions à l'améliorer, mais c'était trop tard. Si la première version ne fonctionne pas, tu perds en crédibilité. Et puis finalement, le produit a été tué par Cib. Et puis, effectivement, la force d'Apple, ce n'est pas forcément d'arriver les premiers, mais d'arriver au bon moment et d'apporter une vraie valeur ajoutée. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas inventé le smartphone, mais ils ont inventé le smartphone que peut utiliser ma grand-mère.

Invité :
[18:12] Ils ont voté le smartphone dont on est fier de poser sur la table et que ça soit considéré comme un produit statutaire et assez premium, en fait ils ne vendaient pas un téléphone ils vendaient un produit finalement qui aujourd'hui ne sert à très peu de choses à beaucoup plus de choses qu'à téléphoner et ils ont compris ça, c'est vraiment la vision et ça c'est vraiment la valeur ajoutée d'un je serais toujours de l'interview qu'on avait fait de Bertrand Serlet. Tu sais, Bertrand Serlet, c'était le... Dans On fait le Mac, c'était le...

Invité :
[18:44] C'est toujours le papa de Mac OS X. C'est un ancien Next qui avait travaillé avec Steve pendant de nombreuses années. C'était le numéro 2, le numéro 3 d'Apple. C'est le Craig Federighi de l'époque. C'est lui qui a embauché Craig Federighi, qui est aujourd'hui le patron du logiciel chez Apple. Et il était donc le patron du logiciel chez Apple. C'est lui qui a inventé Mac OS X, entre autres. Et il nous a raconté comment on lui a fait la première démo de l'écran tactile. Et dans lesquelles circonstances on lui avait fait la démo de l'écran tactile de l'iMac. Et quelle était la valeur ajoutée et quelle était l'implication d'un Steve dans la conception des produits et la valeur ajoutée des produits. Et c'est là, je dirais, la valeur ajoutée d'un Steve et d'un Apple par rapport au reste du marché. C'est quand on leur a présenté ce qui allait devenir l'écran tactile de l'iPhone, ce n'était pas du tout un iPhone. C'est une sorte de tablette d'un développeur d'Apple qui était fou de photos et qui vient présenter une tablette pour classer ses photos comme tu l'aurais dans l'application photo aujourd'hui sur ton iPad ou ton iPhone. Et donc, génial, au doigt, tu peux balader tes clichés, tu peux zoomer dedans en pinçant ou en pinchant.

Invité :
[19:52] Et c'est une formidable démonstration technologique. Dès lors, tout le monde se regarde autour de la table et ils disent, bon, qu'est-ce qu'on fait avec ça ? On fait une tablette ? Et Steve fait, non, on ne fait pas une tablette. Et qu'est-ce qu'il répond ? Il ne dit pas, on va faire un téléphone. Il se tourne un développeur, l'ingénieur, il dit, c'est génial ton concept. Est-ce que tu peux me développer un clavier ? On te regarde pourquoi un clavier développe-moi un clavier et il revient je ne sais pas une semaine 15 jours 3 semaines plus tard un clavier tactile sur l'écran, comme tu l'aurais et tu l'as aujourd'hui sur l'iPad avec un gros clavier sur l'écran je ne sais pas quel état il faisait à l'époque cet écran Bertrand ne nous l'avait pas dit et Bertrand nous raconte effectivement quelques semaines plus tard il revient et le développeur est capable de taper du texte sur l'écran tactile, multipoint c'était déjà la valeur ajoutée du truc donc on pouvait faire plusieurs touches en même temps parce que taper sur un écran tactile À l'époque, c'était compliqué. Il fallait un style et j'en passais des meilleurs. Et là, Steve voit ça, il fait super ! Est-ce que vous pouvez nous réduire la taille du clavier, s'il vous plaît ?

Invité :
[20:55] Pourquoi voulez-vous qu'on réalise ? Non, combien tu veux ? Un écran comme ça ? C'est petit. Essaye. Et donc, les mecs travaillent pendant plusieurs semaines. Ils reviennent avec le proto du clavier qu'on connaît, qu'on a vu pour la première fois, souviens-toi, sur le premier iPhone. Et là, Steve dit, bon, très bien, on va faire un téléphone. Et la vision, c'est lui qui l'avait. C'est-à-dire que c'est lui qui a compris que, un, il fallait un écran tactile multipoint, pas un écran tactile avec un, stylé, c'est qu'il fallait un produit le plus neutre possible, sans bouton, sans rien, et que l'interface se fasse. Il a eu cette vision-là, et là, tu vois la valeur ajoutée d'un Steve, et la valeur ajoutée d'un Apple sur le marché, parce qu'il y avait déjà des claviers tactiles sur des pocket PC, souviens-toi, de chez Microsoft.

Monde Numérique :
[21:43] Oui, tout à fait.

Invité :
[21:44] Mais c'était assez compliqué de les utiliser, souviens-toi.

Monde Numérique :
[21:48] Alors, ça c'est Steve Jobs, évidemment, qui incarne l'histoire d'Apple, et puis il y a la deuxième vie d'Apple, qui est l'ère Tim Cook. Donc la question bateau que je vais te poser, est-ce que Tim Cook a maintenu la flamme ? Est-ce que, bon, vu de l'extérieur, le bilan est quand même globalement positif ? Qu'est-ce que tu en penses, toi ?

Invité :
[22:12] Le bilan comptable n'est plus que positif.

Monde Numérique :
[22:14] Oui, ça c'est sûr.

Invité :
[22:15] C'est vrai que, le lendemain de la mort de Steve Jobs on pouvait se poser des questions sur comment Apple pouvait se remettre du départ à la mort, et de la mort de son cofondateur, parce qu'il était omniprésent dans la conception des produits, mais il l'avait d'abord préparé et bien choisi son successeur, il faut bien le dire. Et les produits étaient là. Maintenant, il fallait assurer une croissance. Il fallait en faire une entreprise, une arme de guerre.

Monde Numérique :
[22:44] Ce qui n'est pas toujours le plus facile.

Invité :
[22:45] Ce qui n'est pas toujours le plus facile et ce qu'a parfaitement réussi à faire Tim Cook, en patron et en génie de la logistique. C'est l'une des seules entreprises au monde qui est capable aujourd'hui de dire je vous présente un iPhone, au mois de septembre, je dis une bêtise, le 7 septembre, et une semaine plus tard, il est présent dans toutes les Apple Store du monde entier à des dizaines de millions d'exemplaires. On ne se rend pas compte.

Monde Numérique :
[23:08] Pour un produit physique, c'est une performance incroyable. Surtout pour toi ou moi qui venons d'un monde où même les produits immatériels, je ne sais pas, les chansons, les choses comme ça, n'étaient pas disponibles partout au même endroit.

Invité :
[23:23] Voilà. Déjà, il a réussi cette chose-là de vraiment continuer l'œuvre de Steve, entre guillemets, et de faire en sorte que ces produits, en maturant de génération en génération, deviennent vraiment des standards et la référence absolue, en donner ce côté un petit peu plus premium et qui fait qu'Apple est presque une marque de luxe aujourd'hui. Et ça, c'est Tinko qui l'a fait. Et au-delà, il a aussi rempli plein de cases vides qu'avait laissées Steve. Et historiquement, Apple venait du hardware, était nul en logiciel, était nul dans le cloud. Historiquement, as-tu une de toi des premières versions de la cloud ? Aujourd'hui, je ne vais pas dire de bêtises, mais 30% des chiffres d'affaires d'Apple, c'est les services. Tout ça est possible parce qu'ils vendent du matériel et tout ça, c'est grâce à Steve à l'origine. Mais il a su développer cet héritage et le décupler. C'est juste incroyable quand tu vois la capitalisation boursière d'Apple aujourd'hui par rapport à ce qu'elle était du temps de Steve. C'est incomparable. Par contre, c'est vrai, ce n'est pas un homme de produit. Il n'a pas la personnalité.

Invité :
[24:35] Oui, bien sûr l'Apple Watch, mais ce n'est pas lui qui l'a initié. Il n'a pas eu la vision d'Apple Watch comme Steve alors Steve il avait tendance, c'est vrai qu'on en a reçu des géniteurs de produits Apple dans l'émission au fil des années et c'est vrai que le défaut de Steve c'est qu'il avait tendance de dire c'est moi qui ai inventé alors que ce n'était pas tout le temps lui, mais la démonstration que j'ai faite tout à l'heure sur le clavier de l'iPhone elle est symptomatique de l'importance de Steve et la vision d'un Steve, c'est-à-dire que c'était un formidable challenger c'est pour ça que ça matchait super bien avec Johnny Hav qui était le designer, parce que il avait en face de lui.

Invité :
[25:11] Un adversaire de ring qui lui rendait coup pour coup pour améliorer le produit. Ça, Tinkouk, il ne sait pas faire. Ce n'est pas un homme de produit. Donc, il s'appuie plus sur des hommes de produit dans ce métier. Mais les produits, il manque un petit peu, je trouve, de ce côté un peu génial qu'on peut retrouver dans un design. Ça, je le retrouve un peu moins aujourd'hui, c'est vrai. Ou cette valeur ajoutée qui avait on essaie de perpétuer l'héritage il n'y a plus forcément cette fraîcheur qu'il y avait chaque fois qu'un produit d'Apple arrivait du temps de Steve Jobs, Même si on peut être surpris, tu vois, avec le MacBook Neo, il y a un produit pas trop cher. Ce n'est pas une révolution en soi, mais c'est une finalité d'année d'essayer de faire un produit très honnête dans sa qualité de fabrication et maintenant avoir un bon rapport qualité-prix. Donc, on n'a pas ça. L'Apple Watch, si tu veux, c'est le pendant naturel d'un téléphone. Il y avait déjà des montres, souviens-toi, des montres de Motorola à l'époque, qui faisaient ce que faisait l'Apple Watch. Ni plus ni moins la première version d'Apple Watch c'était même pas une première version c'était une version alpha l'Apple Watch tellement que ça marchait mal c'était lent souviens-toi mais.

Monde Numérique :
[26:24] Aujourd'hui c'est un produit oui au début c'était un prolongement du smartphone aujourd'hui ça devient pour une part un produit autonome notamment de par toutes les fonctions liées à la santé, je veux dire aujourd'hui si tu veux prendre soin de ta santé tu achètes une Apple Watch ou d'autres mondes connectés parce que maintenant il y en a d'autres, Oui, mais je suis d'accord avec toi.

Invité :
[26:47] Et c'est un produit encore en devenir parce que notre génération qui avons grandi avec ces produits tech, lorsqu'on sera à l'heure de la retraite dans très longtemps, bien entendu, on sera familiarisé à ces produits-là et qu'au moment où on aura des problèmes de santé que je ne souhaite à personne, eh bien, on aura ces capteurs qui pourront nous aider au quotidien ou nous sauver la vie ou nous faire prolonger la vie. Bien sûr, mais l'impact de l'Apple Watch n'est pas comparable à l'impact qu'a représenté l'iPhone ou le Mac quand ils sont arrivés parce que c'était vraiment des révolutions. On n'avait jamais vu ça en termes de simplicité d'usage. Et l'engouement n'a pas été le même, même si tout de suite l'Apple Watch est devenue, je dirais, une référence en matière de monde connecté. Je crois qu'Apple vend plus de monde que l'arrivée suisse réunie. L'industrie au long GERSU se réunit mais, L'impact n'a pas été aussi fort. Le jeune pro, l'impact...

Monde Numérique :
[27:47] L'adoption a été beaucoup plus longue.

Invité :
[27:48] L'IA, ils ont... On peut vraiment dire qu'ils aient anticipé le virage, au moins qu'on puisse dire. Bon, là, ils se rattrapent, mais bon. Voilà. Mais je pense que c'était une période et un... Moi, je pensais que Tim Cook allait être un président, un CEO de transition. Tu vois, de permettre à la boîte de grandir et puis de passer la main à un Steve Jobs bis, à un créateur bis, un homme de produit bis, comme aurait pu être un Johnny Ive ou aurait pu être un Tony Faddle, qui était le papa de l'iPod. Il y en avait en interne des gens qui auraient pu prendre la suite. En fait, il s'est imposé, il a fait un mandat qui est bien plus long que celui, de Steve Jobs aujourd'hui. Donc, on verra qui va prendre la succession. Moi, je pense qu'il est là encore pour quelques années.

Monde Numérique :
[28:39] Oui. Donc, les rumeurs sur sa retraite, pour l'instant, sont...

Invité :
[28:43] Sans qu'on aura le président qu'on connaît au sein de... Enfin, sans qu'il y aura Donald Trump président des Etats-Unis, il restera, je pense. Voilà.

Monde Numérique :
[28:53] Bon, et le futur d'Apple, tu vois quoi ? Le Vision Pro, c'est une voie intéressante ou pas ?

Invité :
[28:59] Alors, le Vision Pro, c'est une voie intéressante, bien sûr, parce que moi, j'étais sceptique quand le produit a été présenté, parce qu'on ne parlait que d'IA, il ne sort un casse de réalité virtuelle, alors que Meta commence à réduire la voilure déjà à l'époque. Je me disais, mais est-ce que ça correspond vraiment à l'attente du marché ? Et puis, le fait de l'avoir essayé, j'imagine que tu l'as essayé toi aussi. Bon, évidemment, mon petit cœur de geek a fait boum, et la démo est géniale. Le produit est génial, mais 3490 euros, ça fait cher le coup de cœur quand même. Si c'est la finalité de tout ça, c'est qu'un jour, ce type de techno, on arrive à suivre la même courbe qu'a suivi l'iPhone ou plutôt le Mac plus récemment en termes de cour de prix, qu'on aura d'ici quelques, mois ou quelques années, un Apple Vision Pro à 600 euros ou à 700 euros comme un Neo, j'ai dit super, on y va. Je n'ai pas le sentiment qu'on y aille. Voilà. Si cette techno arrive par contre sur des lunettes comme j'ai au bout du nez et que derrière j'ai mon interface qui est si géniale sur le Vision Pro, ce serait pas mal aussi. Il y a des virages qui ont été manqués, Pardon, j'ai coupé mon micro. Il y a des virages qui ont été manqués par la direction d'Apple. Et ce virage, c'est de l'intelligence artificielle. Je sais qu'Apple n'aime pas qu'on dise ça, mais voilà, c'est ainsi.

Monde Numérique :
[30:23] À ce jour, c'est tout à fait ça, oui.

Invité :
[30:26] Et encore une fois, c'est plutôt assez déceptif qu'Apple n'ait pas su anticiper ce virage puisqu'on les attendait sur ce créneau-là. Parce qu'après tout, Siri, quand Steve décide de racheter Siri, je ne sais pas comment c'était en 2008, 2009, en 2010, je ne sais plus.

Invité :
[30:45] Il avait déjà cette vision d'avoir un assistant vocal, une intelligence artificielle qui soit ton assistant. Et puis cette idée s'était un peu perdue et tu as vu bien que Siri avait jeté pendant des années. Pendant ce temps-là, la concurrence s'est fermée. Donc le futur d'Apple, je pense qu'Apple a un niveau aujourd'hui de... Une taille tellement critique aujourd'hui en termes de chiffre d'affaires et en termes de capacité de R&D qu'on n'a pas envie de s'inquiéter pour son lendemain, qu'on pouvait s'inquiéter d'Apple dans les années 90. Voilà. Alors, je pense qu'Apple est tranquille sur plusieurs générations. Il faudra vraiment être un mauvais CEO pour planter Apple, crois-moi. Enfin, je pense.

Invité :
[31:27] Voilà. Parce que même si on fait des erreurs, on peut se rattraper la preuve avec l'IA parce que avec le cash qu'ils ont, ils peuvent se payer un Gemini qui va être intégré dans Syrie. Et puis finalement, on s'aperçoit que le pari ou la prudence d'un Tim Cook est peut-être payante puisqu'aujourd'hui, on voit ce qui se dit autour d'OpenAI ou d'autres. Ils dépensent tellement des budgets colossaux pour créer leur infrastructure et leur recherche qu'aujourd'hui, on s'intéresse sur la faisabilité de gagner le moindre dollar autour de ces intelligences artificielles. Donc, peut-être qu'Apple a eu raison d'être prudent. Mais le futur, moi, je ne suis pas... J'espère qu'on aura l'occasion de se réunir dans le futur ensemble en surgir et qu'on aura l'occasion qu'Apple nous fasse rêver avec des produits, novateurs, des produits disrupteurs pas disrupteurs en termes que ça change tout mais en termes d'usage, en termes de simplicité d'usage.

Invité :
[32:23] L'enjeu pour l'intelligence artificielle c'est qu'elle soit pas trop intrusible et qu'elle soit dans notre quotidien Est-ce que ça va être un iPhone qui va être le berceau de l'intelligence artificielle demain aujourd'hui ? Oui, mais demain, non. L'enjeu pour Apple, c'est d'inventer l'appareil, le device qui habergera l'intelligence artificielle demain. Je crois qu'ils ont pris une leçon lorsqu'ils ont arrêté le virage de l'IA. Je pense maintenant qu'ils sont prêts pour essayer de trouver et être très attentifs sur le produit qu'il faudra sortir pour héberger cette IA demain.

Monde Numérique :
[32:54] 50 ans d'Apple, merci pour cette plongée dans le passé et ta vision pour le futur. Merci beaucoup, Olivier. C'est super intéressant. Olivier Frigara, On refait le Mac !

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