Un robot domestique qui apprend vos tâches en 30 minutes (🎤 Antoine Marcel, Flourish)
Maison Connectée06 octobre 202621:51

Un robot domestique qui apprend vos tâches en 30 minutes (🎤 Antoine Marcel, Flourish)

Flourish veut faire entrer le robot domestique dans les foyers en misant sur une approche différente : apprendre au robot les habitudes et l’environnement de chaque utilisateur. Son premier modèle, vendu 3 555 dollars en seulement 50 exemplaires, doit notamment s'attaquer aux tâches de rangement et de nettoyage.

🎤 INTERVIEW : Antoine Marcel - Fondateur et CEO de Flourish

L'essentiel

  • Nous, on a une approche basée sur l'apprentissage.
  • On a un modèle qui a appris de ta manière de faire, de ta maison et qui est servi pour toi.
  • Il y a 70 % des tâches déjà qui sont faisables avec moins d'un kilo cinq.
  • Le but, c'est comment on est capable de mettre un robot dans chaque foyer qui te fait gagner deux heures par jour.

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Pourquoi avoir choisi de lancer un robot domestique qui apprend les tâches plutôt que de miser sur une IA généraliste capable de tout faire ?

Je pense que le principal enjeu est de mettre cette technologie dans les mains du grand public. Aujourd'hui, beaucoup d'acteurs cherchent à construire un modèle d'IA généraliste capable de comprendre une consigne et de réaliser directement une tâche. Nous avons choisi une approche différente. L'utilisateur montre au robot où sont les objets, comment il réalise la tâche et comment fonctionne son environnement. On va ensuite fine-tuner un modèle spécifiquement pour cette tâche et pour cette maison. Le robot apprend donc de la manière de faire de son utilisateur.

Comment lui apprend-on concrètement une nouvelle tâche ?

Tout se fait depuis une application mobile. Pour déplacer le robot, on utilise un joystick. Pour contrôler ses bras, on bouge son téléphone : grâce aux capteurs de l'appareil, nous pouvons reproduire les mouvements du téléphone sur le bras du robot. L'utilisateur peut ainsi lui montrer comment attraper une bouteille, prendre un arrosoir ou effectuer une autre tâche. Il répète plusieurs fois le geste, généralement pendant une trentaine de minutes, afin que le robot puisse apprendre.

Quelles sont les limites du premier modèle ?

Il y en a trois principales. D'abord, chaque bras peut soulever jusqu'à 1,5 kg. Ensuite, les bras ne peuvent pas aller sous l'eau, donc le robot ne peut pas encore faire la vaisselle. Enfin, les tâches qui demandent beaucoup de dextérité ou de fragilité, comme plier du linge, sont encore trop complexes. En revanche, il peut prendre du linge, le mettre dans la machine à laver, fermer la machine et lancer la machine.

Pourquoi ne vendre que 50 exemplaires pour commencer ?

Je veux apprendre directement avec les premiers utilisateurs. Chacun pourra me contacter s'il rencontre un problème ou s'il veut faire quelque chose que le robot ne sait pas encore faire. Cela nous permet de comprendre les usages, les difficultés et ce qui doit être amélioré. Avec une centaine d'unités, il deviendrait déjà beaucoup plus difficile de suivre chaque utilisateur aussi précisément. Cette première série est donc une forme de bêta-test à grande échelle, avec un robot déjà capable de réaliser des tâches.

Quelle est l'ambition à long terme de Flourish ?

À terme, nous voulons vraiment faire ton majordome. Le robot pourrait préparer à manger, servir la table, laver la vaisselle et ranger les objets à leur place lorsque tu pars travailler. L'objectif est que tu rentres chez toi et que ton appartement soit propre. Mais atteindre ce niveau demandera encore du temps et un niveau de recherche beaucoup plus élevé.


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Antoine Marcel: [0:01] En fait, on s'en fout que le robot, il arrive et que tu puisses lui parler et Antoine Marcel: [0:04] lui dire « va arroser mes plantes » et qu'il aille le faire directement. Nous, on a une approche basée sur l'apprentissage, donc où tu vas lui montrer exactement où tu ranges les arrosoirs, comment tu récupères de l'eau et où sont les plantes dans la maison. Et donc, en fait, tu vas lui montrer pendant une trentaine de minutes, tu vas répéter la tâche plusieurs fois. Et en fait, nous, si on veut rentrer dans la technique, on va fine-tuner un modèle d'IA spécifiquement pour ta tâche, pour ta maison. Et donc, du coup, au lieu de se dire « on a un modèle d'IA généraliste qui marche dans toutes les maisons et qui est all-in. Nous, on a un modèle qui a appris de ta manière de faire, de ta maison et qui est servi pour toi. Monde Numérique : [0:45] Salut Antoine Marcel. Antoine Marcel: [0:46] Salut Jérôme. Monde Numérique : [0:48] Fondateur et CEO de Flourish, une startup toute jeune qui vient à peine d'apparaître sur le marché et une startup qui a une ambition incroyable. Qu'est-ce que c'est que cette histoire-là ? Un robot à 3555 dollars, fabriqué à seulement 50 exemplaires, que vous lancez sur le marché et avec une promesse étonnante parce qu'il paraît que ce robot sait faire des tas de choses. Est-ce que tu peux nous le présenter ? Antoine Marcel: [1:20] Bah ouais, je peux te le présenter avec grand plaisir. En fait, nous, on s'est rendu compte qu'on était un peu dans l'avènement de la robotique, un peu comme dans l'avènement de l'ordinateur, tu vois, où il y avait des gros ordinateurs qui coûtaient super cher, qui coûtaient avec des petits hobbies qui soudaient par-ci, par-là. Et t'as une boîte qui est arrivée et qui a mis cette tech dans les mains du grand public. Et là, ça fait, waouh, incroyable. Ils ont mis un ordinateur dans les mains de tout le monde. Et cette boîte s'appelle Apple. Et d'ailleurs, j'ai un Mac devant moi, tu vois. Et pour la robotique c'est à peu près pareil t'as des robots, t'as dû en voir passer des vidéos de Kung Fu de gros robots humanoid etc mais qui coûtent entre 20 à 100 000 dollars, et à côté t'as des petites communautés de dobbistes de robotique qui créent leurs petits bras, leurs petits robots chez eux etc mais globalement t'as personne qui se dit ok on va prendre cette tech qui est incroyable et la mettre dans les mains du grand public pour leur faire gagner du temps, et donc du coup Florish c'est né avec une ambition assez simple c'est redonner le plein potentiel aux gens en ayant un robot domestique qui va être capable de te faire gagner du temps de la charge mentale, tu vas pouvoir lui apprendre à aller arroser tes plantes et tous les mardis à 14h il va faire le tour de ta maison à arroser tes plantes il va être capable de ramasser les fringues qui traînent un peu par terre et les mettre dans le panier à linge sale si t'as des enfants qui laissent toujours des jouets un peu partout, prendre les jouets et les mettre dans le bac à jouets tu as vraiment des tâches de rangement et nettoyage. Antoine Marcel: [2:40] Pour la première version sur le futur tu vois on veut même aller sur comment on fait la cuisine comment on fait la vaisselle comment on va sur des tâches encore plus qui prennent encore plus de temps tu vois. Antoine Marcel: [2:50] Et donc là, en effet, on lance 50 unités lundi 29 septembre pour du grand public, des personnes qui n'ont pas forcément envie de comprendre comment ça fonctionne derrière. Ce n'est pas des techs, tu n'as pas besoin d'apprendre à avoir des GPU, des paramètres de training, de DIA, etc. Tu reçois le robot, tu lui apprends à faire les tâches et il travaille pour toi automatiquement. Monde Numérique : [3:14] Alors ce robot, il est, on va dire, plus ou moins humanoïde. Il a un corps pour le décrire un petit peu pour ceux qui nous écoutent mais il y a aussi la vidéo disponible sur Youtube il est monté sur roue parce qu'on sait que c'est plus facile quand même de faire des robots sur roue plutôt que sur jambes il a deux bras avec deux pinces c'est ça ? Il a une tête il a un chapeau une espèce de chapeau chinois je sais pas si on peut appeler ça comme ça ça c'est pour le rendre un peu sympathique j'imagine ? Antoine Marcel: [3:41] Ouais en fait t'as une grosse partie de design tu vois comment tu fais en sorte que le robot il soit agréable à vivre il fit bien dans ton environnement il soit petit aussi pour qu'il ne prenne pas toute la place il. Monde Numérique : [3:51] Fait quelle taille ? Antoine Marcel: [3:52] Alors il peut aller jusqu'à 1m10 donc en fait il peut monter et descendre c'est ça l'intérêt tu vois nous on n'a pas de jambes donc les jambes ça permet de se plier de descendre par terre etc mais sans jambes il a un espèce de système de levier il est capable de monter jusqu'à 1m10 il monte sur un rail. Monde Numérique : [4:05] Il coulisse en fait. Antoine Marcel: [4:06] Exactement c'est ça et d'atteindre autant le sol qu'une table tu vois. Monde Numérique : [4:10] Ok bon alors attends cette promesse là qui est sur votre site en 30 minutes il suffit de montrer à Flourish comment effectuer les tâches ménagères et hop, il peut les répéter. Antoine Marcel: [4:21] Exactement. Monde Numérique : [4:22] J'y crois pas. Pardon, mais c'est pas possible. Il y a les plus grosses boîtes, de tech du monde, les Chinois, les Américains, des Français aussi qui bossent là-dessus et on nous explique que c'est hyper dur en fait, de faire apprendre des choses à un robot. Antoine Marcel: [4:40] Comment il fonctionne le vôtre ouais je suis d'accord avec toi alors en fait nous comment ça fonctionne c'est assez simple c'est qu'en fait au lieu de se dire on va attendre d'avoir un modèle d'IA généraliste pour la mettre sur le marché comme la plupart des boîtes essayent de faire donc tu vois je, sais pas si tu connais Figures par exemple je pense c'est un bon exemple Figures eux ils collectent des millions d'heures de data ils entraînent un modèle qui s'appelle Helix et leur but c'est d'avoir un modèle d'IA généraliste auquel tu peux dire au robot écoute robot va m'arroser mes plantes il comprend où sont les plantes il comprend où est l'arrosoir il va aller chercher l'arrosoir il va arroser les plantes ça c'est une méthode. Monde Numérique : [5:10] Voilà on les a vus il y a eu des vidéos dernièrement où on les voyait faire le ménage soi-disant dans une maison. Antoine Marcel: [5:16] Exactement ouais c'est intéressant c'est sorti il y a deux jours et là tu vois avec cette méthode là ils atteignent 30% de taux de succès donc ce qui est beau par rapport, au marché actuel mais ce qui est quand même bas pour rentrer en production chez des gens tu vois t'as pas envie que le robot il se loupe autant de fois mais donc ça c'est la méthode qui est la plupart du temps utilisée par toutes les boîtes globalement en robotique nous on a une approche très différentes. On se dit, en fait, on s'en fout que le robot, il arrive et que tu puisses lui parler et lui dire, va arroser mes plantes et qu'il aille le faire directement. Nous, on a une approche basée sur l'apprentissage. Donc, où tu vas lui montrer exactement où tu ranges les arrosoirs, comment tu récupères de l'eau et où sont les plantes dans la maison. Et donc, en fait, tu vas lui montrer pendant une trentaine de minutes, tu vas répéter la tâche plusieurs fois. Et en fait, nous, si on veut rentrer dans la technique, on va fine-tuner un modèle d'IA spécifiquement pour ta tâche, pour ta maison. Et donc, du coup, au lieu de se dire, on a un modèle d'IA généraliste qui marche dans toutes les maisons et qui est all-in, nous, on a un modèle qui a appris de ta manière de faire, de ta maison et qui est servi pour toi. Antoine Marcel: [6:16] Et donc, il sert à personne. Monde Numérique : [6:17] Comment tu lui apprends ? Tu le guides ou tu le montres et il te regarde ? Antoine Marcel: [6:22] Tu as une application mobile et en fait, en bougeant, donc tu peux soit bouger avec le joystick pour la navigation, donc pour bouger de pièce en pièce. Donc, c'est un très basique, un joystick. Et quand tu veux bouger les bras pour lui montrer, par exemple, comment attraper la bouteille d'eau, et bien en fait, tu vas bouger ton téléphone. Et en fait, grâce au capteur qu'il y a dans ton téléphone, tu vois, il y a des capteurs gyroscopiques, il y a des capteurs immus, etc. Dans les iPhones, et bien on est capable de répliquer la position de ton téléphone sur le bras. Donc, tu bouges ton téléphone, ça bouge le bras, et nous, c'est comme ça que le robot, il apprend. Monde Numérique : [6:51] D'accord. Antoine Marcel: [6:52] C'est une approche, je pense que tu n'as jamais vu de la téléopération via téléphone. Je pourrais d'ailleurs te montrer, il y a une vidéo sur le site aussi. Et donc, l'idée, c'est que tu fais tout sur ton téléphone. Tu continues ton Antoine Marcel: [7:02] workflow, tu dis, OK, va chercher l'arrosoir, va remplir l'eau, va trouver les plantes. Monde Numérique : [7:08] Mais alors, attends, parce que si l'arrosoir change de place, par exemple, tu le ranges un mètre plus loin ou dans un autre placard, il va le foutre. Antoine Marcel: [7:16] Ça, ce n'est pas un souci, parce qu'en fait, ce qu'il faut qu'il sache apprendre, c'est comment attraper ton arrosoir. Merci. C'est pour ça que tu lui montres une trentaine de fois et les trentaines de fois, tu vas le bouger, la zone de l'arrosoir, etc. Mais surtout, le plus dur, c'est la préemption. Comment tu es capable d'attraper un arrosoir ? Parce que tu vois, là, j'ai une bouteille d'eau, on va l'attraper avec une pince, on va potentiellement l'attraper comme ça. Mais c'est un arrosoir, tu vois, avec la petite poignée, peut-être qu'il va falloir l'attraper comme ça ou comme ça ou whatever, tu vois. Monde Numérique : [7:44] Oui, parce qu'il n'a pas de main, c'est deux grosses pinces, en fait. Antoine Marcel: [7:48] Exactement, c'est deux grosses pinces. mais tu vois la problématique de détecter des objets et les trouver elle a été résolue, depuis des années c'est la détection d'objets de la segmentation si tu usais pour le tri des déchets c'est utilisé partout une fois qu'on a trouvé l'arrosoir c'est pas ça le plus compliqué le plus compliqué c'est d'attraper l'arrosoir et de faire le mouvement au dessus des plantes mais trouver les objets en soi c'est pas le plus compliqué tu vois je sais pas si tu connais par exemple les modèles SAM3 qui sont release par Facebook enfin on pourra en parler plus amplement mais ils sont ultra accurés ici, pour détecter des objets chez toi D'accord. Monde Numérique : [8:22] Et donc, il peut tout faire ou presque ? Antoine Marcel: [8:26] Alors, pas tout faire, non. Monde Numérique : [8:28] Ouais, jusqu'à quel degré de complexité ? Est-ce qu'il peut faire du repassage et ranger mon linge ? Antoine Marcel: [8:32] Non, alors tu vois là, les trois limitations qu'il a sur la première version, c'est déjà le poids. Donc, il ne peut pas soulever plus de 1,5 kg par bras. Donc ça, pourquoi il y a cette limitation-là ? C'est juste que la plupart des robots, quand ils font des robots à 50 000, ils sont capables de soulever 10 kg par bras. Nous, on s'est dit, on veut descendre le prix et en fait, il y a 70 % des tâches déjà qui sont faisables avec moins d'un kilo cinq. Alors, allons jusqu'à cette limite-là pour baisser le prix à fond. Donc, il ne peut pas soulever jusqu'à un kilo cinq. Il ne peut pas mettre ses bras sous l'eau. Donc, globalement, il ne pourra pas te faire la vaisselle parce qu'il n'est pas à waterproof. Et les tâches à haute dextérité et haute fragilité comme plier le linge, par exemple, pour l'instant, il ne sait pas encore le faire. Mais par exemple, il peut très bien aller te chercher le linge, te le mettre dans la machine à laver, fermer la machine à laver, lancer la machine à laver. Mais il ne pourra pas te faire l'étape d'après, même étendre le linge, c'est encore trop compliqué à notre stade actuel, tu vois. Monde Numérique : [9:25] Oui, bien sûr. Alors, il faut parler un peu justement de la conception, de la fabrication de ce robot. Monde Numérique : [9:32] 50 unités, pourquoi se limiter à 50 unités ? Antoine Marcel: [9:35] Il y a plusieurs raisons. Déjà, la première raison, c'est qu'on veut apprendre de ce lancement-là. C'est-à-dire que moi, je voulais vraiment lancer au cœur d'une communauté qui peuvent m'appeler en direct. Ils vont tous avoir mon numéro en direct. S'ils ont un problème, ils m'appellent. S'ils veulent faire quelque chose que le robot n'est pas capable de faire, ils m'appellent, ils m'envoient un message, on résout les problèmes ensemble. Mais tu vois c'est vraiment une manière pour moi d'itérer sur le produit parce que t'as deux manières de lancer une boîte soit tu recrutes 20 ingés tu bosses pendant 3 ans tu releases ton produit et soit tout le monde aime soit personne n'aime mais c'est un peu complexe ou soit tu itères aussi avec tes premiers tes early adopters si on appelle ça tu vois, et en fait dès que tu dépasses un peu le stade de déjà 50 ça va être compliqué en étant franc ça va dépendre à quel point ils me sollicitent, mais tu vois si tu dépasses si tu vas à 100 unités vendues et bah ça devient vraiment compliqué de vraiment suivre à 100% chaque personne tu vois Moi je pourrais leur envoyer des petits messages, comprendre exactement quel use case ils ont aimé, où ils ont galéré Et comme ça la prochaine version quand on va industrialiser, bah on va avoir un produit encore plus fini tu vois De toute façon on va se rendre compte que ce qui est le plus game changer ça serait pas de rajouter du poids Ça serait vraiment, le côté d'être capable de porter des objets fragiles par exemple Donc là nous il faut qu'on change de pince, qu'on ait des pinces un peu plus molles Enfin tu vois c'est du travail hardware, Mais globalement si tu parles pas à tes users tu le sais pas quoi. Monde Numérique : [10:53] Oui, c'est une sorte de bêta test à grande échelle. Antoine Marcel: [10:56] Oui, c'est ça, exactement. Mais avec un robot qui est déjà capable de faire des trucs. Et tu vois, moi, ce qui me plaît vraiment dans le robot qu'on fait, c'est que tu n'as pas besoin de savoir coder ou de comprendre, Antoine Marcel: [11:06] ou de faire du montage ou de la soudure toi-même. Monde Numérique : [11:09] C'est-à-dire comment vous faites ? Vous imprimez les pièces et vous vibe-codez derrière ? Antoine Marcel: [11:15] Ah non, nous, on vibe-code. Monde Numérique : [11:17] Pardon, c'est une insulte. Antoine Marcel: [11:20] Non non évidemment on essaye de vibe coder en plus sur certains sujets pour faire gagner du temps genre l'application mobile il n'y a aucun intérêt à tout coder à la main surtout sur la partie IA où tu es obligé de faire quand même plus de la recherche un zone, lire des papiers etc et d'ailleurs pour savoir nous on n'est pas en train de créer des nouveaux modèles d'intelligence artificielle tu vois on n'est pas un lab de recherche et nous l'idée justement c'est quand il y a un nouveau modèle qui sort qui est meilleur que l'ancien bah on va l'implémenter directement sur la flotte de robots et tu bénéficies des modèles SOTA. Tu vois, par exemple, sur les benchmarks, c'était Physico-L'Intelligence qui était le meilleur dernièrement. Là, tu as Astra qui est sorti de GPT qui bat certains modèles de robotique. Donc, potentiellement, si on se rend compte que c'est meilleur, on va voir pour l'implémenter. Donc, on n'est pas un lab de recherche. Mais par contre, tu vois, on est obligé de faire quand même, de pousser loin pour être capable d'entraîner ces modèles-là le plus rapidement possible avec le moins de démonstration. Ça reste assez complexe. Monde Numérique : [12:11] C'est intéressant. Et vous pouvez comme ça switcher d'un modèle à l'autre facilement ? Antoine Marcel: [12:16] Ouais, on peut switcher d'un modèle à l'autre. En fait, ça va surtout être qu'une fois qu'on a switché le modèle, tes anciens entraînements, ils restent sur l'ancien Antoine Marcel: [12:23] modèle, mais les nouveaux, ils seront sur le nouveau modèle qui est encore plus performant. Monde Numérique : [12:27] D'accord. Donc, 50 unités au lancement. Si ça se trouve, à l'heure où on se parle, ils sont déjà tous vendus ? J'espère. Vous savez qu'on a beaucoup de demandes ? Vous avez beaucoup de demandes déjà ? Avant le lancement, vous avez eu déjà beaucoup de demandes ? Antoine Marcel: [12:40] Oui, pas mal. Monde Numérique : [12:43] Et si on veut tenter sa chance, voir s'il en reste, c'est quoi ? C'est sur votre site ? Antoine Marcel: [12:47] C'est sur florish, F-L-O-U-R-I-S-H-tiret robot, R-O-B-O-T-S.com. Et aussi, s'il n'y a plus d'unités disponibles, vous pouvez vous enregistrer. Et en fait, on va faire par ordre d'inscription. Pour les prochains batchs, on vous enverra un mail avant les ventes officielles. Monde Numérique : [13:01] D'accord. Alors, c'est marrant parce que vous faites ça en toute transparence. C'est « ouais, alors bon, nous, on les bricole nous-mêmes, on les vend pas cher, on n'en vend pas beaucoup, etc. » Et pourtant, derrière, il y a une vraie ambition. Monde Numérique : [13:12] Vous êtes une entreprise, vous êtes basée à la fois en France et aux Etats-Unis, c'est ça ? Comment s'est organisée, Florich ? Antoine Marcel: [13:20] Florich, c'est une boîte principalement américaine. Donc, notre maison mère, elle est aux Etats-Unis, on fait toute la partie R&D en France. Donc, c'est assez simple. Et donc, on vend autant en Amérique qu'en Europe, les robots. Monde Numérique : [13:32] Mais les 50, là, ils seront vendus où ? en Europe ou aux Etats-Unis ? Antoine Marcel: [13:36] Les deux. Monde Numérique : [13:37] Les deux ? À cheval sur les deux ? Antoine Marcel: [13:39] À cheval sur les deux, oui. Nous, on ne se limite pas. Tu vois, on ne va pas servir l'Asie, par exemple, parce que l'Asie, c'est quand même, des appartements, des maisons un peu différentes, etc. On a quelques demandes, on va voir si on va les servir ou pas, mais on est très focus, pour l'instant, Europe et Etats-Unis, oui. Monde Numérique : [13:57] D'accord. Antoine Marcel: [13:58] On n'a pas d'intérêt réellement à se limiter. Nous, vraiment, comme je te le disais, le but, c'est comment on est capable de mettre un robot dans chaque foyer qui te fait gagner deux heures par jour. Tu rentres tout le soir, tu es exténué du boulot, tu as envie de passer du temps avec tes enfants. Au lieu d'aller ranger tous les fringues qui traînent, d'aller faire la cuisine, d'aller faire tout ça, tu vas passer du temps avec ton enfant ou tu vas écrire un livre. Je ne sais pas, tu vas faire ce que tu veux. Et c'est vraiment ça, l'ambition de Flourish. Monde Numérique : [14:24] Moyennant quand même un peu d'apprentissage et sans doute un peu de supervision, j'imagine. Antoine Marcel: [14:28] Oui, et puis nous, le but, c'est au fur et à mesure des versions de le rendre de plus en plus simple à utiliser aussi. Monde Numérique : [14:33] Et ça pourrait aller jusqu'où ? Votre ambition, c'est quoi à terme ? Antoine Marcel: [14:38] À terme, on veut vraiment faire ton majeur d'homme. Donc, on veut que tu nous dises que tous les midis, on va te préparer à manger. Donc, le robot, il va te préparer à manger. Il va te servir la table. Derrière, il va laver la vaisselle. Et chaque jour, quand tu pars au boulot, il va ranger tous les objets pile-poil à leur place. et tu reviens et t'as l'appartement clean tous les jours quoi. Ça, c'est l'ambition finale. Après, ça sera pas dans la prochaine année ni dans les deux, trois prochaines années, tu vois. Ça va prendre quand même du temps. Parce que là, pour atteindre ce niveau-là, le niveau de recherche est quand même assez élevé, tu vois. Monde Numérique : [15:09] Oui, bien sûr. Qu'est-ce que vous... Je ne sais pas, vous pensez qu'il y a... Alors, tu disais au début, c'est vrai, ça rappelle les débuts de la micro-informatique. Au début, tout le monde était très sceptique. On se rappelle d'ailleurs comment Jobs et Wozniak se sont fait envoyer bouler par les grands fabricants d'ordinateurs qui leur disaient, mais qu'est-ce que vous voulez que les gens fassent avec un ordinateur chez eux ? Ça n'a aucun intérêt comment tu vois tu penses que vraiment là on rentre dans une période où ça va se démocratiser, se généraliser parce que dans un premier temps vous vous adressez à des geeks, à des passionnés après il y aura la barrière véritablement du grand public à passer. Antoine Marcel: [15:52] Exactement ouais et là cette barrière là va surtout se baser sur l'user expérience et l'accessibilité et c'est pour ça que moi dès le jour 1 j'essaie de faire un truc qui se passe sur une application mobile, qui n'a pas trop de termes techniques, etc. Même si je sais que nos premiers clients, ça va quand même être, tu vois, des early adopters qui aiment bien la tech et tout. Parce qu'en fait, si tu veux atteindre le grand public, tu ne peux pas te permettre de parler de tout ça, de parler de batch size training d'un tasse-set, machin chouette. C'est impossible, c'est du terme de geek. Donc, je pense que pour atteindre le grand public, ça va être ce palier-là de comment la tech est vraiment beaucoup plus simple et globalement, comment ça va être surtout au stade où le robot, tu n'auras plus besoin de grand-chose pour lui apprendre à faire une nouvelle tâche, tu vois. Monde Numérique : [16:33] Comment t'es venu sur Paris ? Antoine Marcel: [16:37] Ça, c'est assez marrant comment j'ai cette idée, mais en gros, moi, je suis un peu feignant et c'est toujours le bordel chez moi. Et à côté de ça, je suis un mordu de l'automatisation et du temps de manière générale. Je suis un peu obsédé sur le temps. Et donc, globalement, j'avais toujours tout automatisé sur mon ordi, notamment sur mes dernières boîtes, etc. Et en fait, un jour, je me suis dit, putain, en fait, ça me saoule parce que les tâches vraiment les plus contraignantes pour moi ne sont plus sur l'ordinateur. J'ai tout automatisé elles sont dans la vraie vie et donc à côté de ma dernière boîte en side je m'amusais à faire des bras robotiques, je suis un geek je faisais mes petits bras robotiques j'entrais des modèles dessus etc, mais déjà je passais beaucoup plus de temps à faire le hardware et à le réparer parce que ça casse en permanence qu'à réellement avoir, des trucs qui fonctionnaient et surtout que j'ai commencé c'était il y a deux ans tu vois pour faire une tâche de ramasser une chaussette il fallait peut-être six à sept heures d'apprentissage pour lui apprendre à faire ça tu vois donc c'était fun, mais ça servait pas grand chose mais j'ai continué après je lui ai rajouté des roues machin et au fur et à mesure tu te rends compte que l'IA elle avance bien t'es capable de faire de plus en plus de choses plus simplement et donc j'ai itéré là dessus et j'ai construit ce robot, Et c'est marrant parce que j'ai beaucoup intéré, en en discutant avec mes proches, etc. Et je me suis rendu compte que ceux qui avaient un énorme besoin là-dedans, c'était les parents, généralement. Moi, j'allais voir ma sœur et mon frère qui sont parents et me disaient, non, mais en fait, moi, j'ai trop besoin de ça. Je veux un robot qui me fasse le ménage, tu vois. J'en peux plus de toujours ranger, nettoyer, ranger, nettoyer, cuisiner. Monde Numérique : [18:06] Alors, on veut tous un robot qui fasse le ménage. On voit que même les robots aspirateurs, parfois, ils ont un peu du mal à monter les escaliers, à passer les fils électriques, etc. Antoine Marcel: [18:17] C'est des problématiques, ça. Nous, par exemple, on n'est pas capable de passer les escaliers, par exemple. Évidemment, du coup, c'est des roues. C'est comme les robots aspirateurs. Antoine Marcel: [18:25] Pour l'instant, on n'est pas capable de passer des escaliers. Monde Numérique : [18:27] Bien sûr. Et il peut sortir ? Il peut aller dehors ? Il peut aller dans le jardin, par exemple ? Antoine Marcel: [18:31] Non, pour l'instant, le but, c'est vraiment qu'il reste en intérieur. Monde Numérique : [18:34] D'accord. Antoine Marcel: [18:34] Mais plus tard on peut imaginer dans 10 ans est-ce que le robot il serait pas capable de te faire de l'agriculture personnelle moi j'espère, mais en tout cas pour l'instant non il est vraiment fait pour l'intérieur pour le domestique c'est un peu un autre métier quand même de faire un robot capable d'aller à l'extérieur et ça rajoute beaucoup de coûts et donc tu vois il y a toujours un espèce de petit trade-off à faire là dessus. Monde Numérique : [18:53] Ouais ouais et tu t'en visages éventuellement de te rapprocher d'autres acteurs de la robotique j'ai interviewé récemment un, particulier français, un inventeur qui a mis au point une main robotique. Est-ce qu'il y aurait des passerelles finalement entre gens comme vous ? Antoine Marcel: [19:15] Je ne sais pas. Honnêtement, ça va dépendre des rencontres. C'est ça qui est beau dans l'entrepreneuriat et dans les startups, c'est que tout se construit aussi en fonction des gens que tu rencontres. Mais même le robot qu'on a actuellement, ça se construit aussi en fonction des recrues, des premières personnes qui viennent, qui rejoignent la boîte, etc. Donc, c'est un peu pareil pour ça. D'ailleurs, il y a une communauté open source qui est assez développée dans la robotique. Donc, ça n'arrive pas mal que même une boîte privée, sur une petite découverte sur lapin, sur le bras, sur la base. Ils vont le publier en open source et globalement, ça sert à toute la communauté. Et ça, c'est vraiment, vraiment cool. Monde Numérique : [19:51] C'est amusant parce que je trouve que ça fait un peu penser au lapin connecté Nabastag. Je ne sais pas si tu as connu... Antoine Marcel: [19:57] Ça ne te parle pas. Monde Numérique : [19:58] Ça ne te parle pas, Nabastag. C'était inventé par un Français qui s'appelle Raphaël Adjian. Et c'était un petit appareil comme ça, un petit robot qui ne marchait pas, qui ne se déplaçaient pas, mais qui étaient capables d'interagir, de donner la météo, de répondre à des questions, de raconter des histoires. Antoine Marcel: [20:18] Etc. Monde Numérique : [20:18] Ça a été une grande histoire française, le lapin d'Abbastag. Antoine Marcel: [20:23] C'était l'ancêtre du Google Home un petit peu, mais plus mignon. Monde Numérique : [20:26] Voilà, on peut dire ça comme ça, et peut-être un peu l'ancêtre aussi de tous ces robots qu'on va voir apparaître dans les années qui viennent dans les foyers. Monde Numérique : [20:33] En tout cas, voilà. En tout cas, écoute, merci beaucoup, Antoine Marcel. On te souhaite bonne chance pour ce robot Flourish qui vient d'être lancé, qui est disponible ou peut-être en rupture, mais apparemment il y aura une liste d'attente le premier robot personnel à 3555, dollars mais à qui il faut tout apprendre quand même il faut le préciser c'est un enfant, mais juste une question d'ailleurs s'il apprend des choses chez moi et que je le prête à un ami, il va s'y retrouver ou pas du tout ? Non, il faudra recommencer à zéro s'il change d'environnement c'est fini, il faut lui rapprendre. Antoine Marcel: [21:13] Et puis tu pourras recommander ton ami d'aller sur le prochain batch, oui on. Monde Numérique : [21:19] Voit qu'il y a le côté inventeur et il y a le côté businessman et entrepreneur et bravo très bien. Antoine Marcel: [21:25] C'est important tu vois si on veut prendre une tech et la mettre dans les mains du grand public et que ça ait le plus d'intérêt il faut être capable de comprendre les gens et comprendre de quoi ils ont besoin. Monde Numérique : [21:38] Tout à fait merci beaucoup. Antoine Marcel: [21:40] Antoine Marcel merci beaucoup Gérard merci pour ton temps.
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