Et si, du jour au lendemain, un conflit suffisait à couper l’accès à vos données ? La souveraineté numérique, c’est la capacité d’un pays à garder le contrôle de ses infrastructures, de ses technologies et des informations qui y circulent. Un enjeu crucial pour la France et l’Europe.
🌍 Un pouvoir de plus en plus fragile
Plus de 80 % du cloud européen est entre les mains des géants américains. Des lois comme le Cloud Act leur permettent d’accéder à nos données même stockées en Europe. Résultat : notre autonomie stratégique est menacée, et le risque n’est plus seulement économique, il devient politique.
🤖 L’IA, nouveau facteur de risque
Avec l’arrivée de l’IA décisionnelle, qui pourra bientôt orienter nos choix en entreprise et ailleurs, dépendre de solutions étrangères devient encore plus dangereux. Une IA conçue hors de l’Union européenne pourrait influencer subtilement, voire manipuler, nos décisions.
🛡️ Les pistes pour reprendre la main
L’Europe réagit avec des réglementations (RGPD, DSA…) et tente de soutenir ses acteurs locaux. Mais le manque de visibilité de ces solutions et l’inertie des grandes entreprises freinent la transition. La clé ? Miser sur des technologies européennes compétitives et renforcer le lien entre innovation locale et grands groupes.
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Le jour où il a un conflit, vous coupez les câbles, vous coupez la connexion, vous vous
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isolez à un data center. Ça nous paraît peut-être fou, mais c'est ce qui se passe aujourd'hui
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dans le conflit avec la Russie.
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Internet n'a pas de frontières, mais nos données, elles, ne sont pas apatrides. Elles nous appartiennent
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et malheureusement, les logiciels, les matériels, les réseaux, les centres de stockage et le
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traitement que nous utilisons au quotidien dépendent souvent de pays étrangers. La souveraineté
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numérique, c'est l'idée qu'un pays puisse conserver le contrôle de ses données, de ses infrastructures
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et de technologies. Eh bien les risques sont grands, mais quels sont-ils exactement ? Où
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en sommes-nous en France et en Europe face à cette menace ? C'est ce que nous allons voir
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dans cet épisode hors série de Monde Numérique. Si vous passez par ici pour la première fois,
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je suis Jérôme Colombin, journaliste spécialiste des technologies. Et dans le podcast Monde
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Numérique cet été, on fait le point sur des sujets d'actu brûlants. On en profite pour
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réécouter quelques-unes des meilleures interviews de ces derniers mois.
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Pendant longtemps, nous vivions dans une espèce d'insouciance numérique, trop contents de voir
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arriver chaque jour de nouveaux gadgets, de nouvelles innovations, de nouveaux services.
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Et puis, ces innovations technologiques sont devenues indispensables à notre vie quotidienne,
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à l'activité économique. Et alors, on s'est rendu compte que nous devenions de plus en
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plus dépendants, surtout des États-Unis et aussi un peu de la Chine, au risque de devenir une
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véritable colonie numérique de ces nouveaux empires. Aujourd'hui, plus de 80 % du cloud
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européen, par exemple, est concentré entre les mains des géants américains. L'intelligence
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artificielle qui déferle est aussi majoritairement américaine. Nos données personnelles sont un
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véritable carburant qui fait tourner les algorithmes des GAFAM dont nous récoltons les bénéfices,
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certes, mais sans pouvoir vraiment en maîtriser l'usage. Ce qui était donc d'abord une simple
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prise de conscience, timide et théorique, aujourd'hui est devenue une préoccupation majeure, la souveraineté
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numérique, surtout depuis que l'on observe des tensions internationales.
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L'entrepreneur français Thomas Forêt alerte depuis longtemps sur le risque de perte de
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souveraineté numérique française. Il déplore la dépendance aux outils américains, face
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aux lois extraterritoriales qui permettent aux États-Unis de faire ce qu'ils veulent avec
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nos données. On pense à, quand on est une entreprise, tous les services marketing que nous utilisons.
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Je ne pas citer les plateformes, il y en a beaucoup. On peut penser à l'e-mail aussi, on peut penser
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à Gmail, peut penser à toutes ces plateformes en réalité américaines utilisées par les Européens.
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ou le transfert géographique d'une donnée produite en Europe sur des serveurs américains ou détenus
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et orchestrés par des Américains. n'y a même pas besoin en réalité qu'ils soient sur le
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sol américain. C'est-à-dire que si une entreprise américaine a conscience d'un enjeu qui pourrait
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contrevenir à la sécurité économique des États-Unis, elle est dans le devoir de transmettre ces
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données. Donc c'est pas seulement sous requête judiciaire, c'est qu'il faut bien comprendre.
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Et c'est un système hallucinant. Mais ça c'est le Clodacte ou c'est le Patriotacte ? Oui,
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c'est l'ensemble des deux. C'est les lois extraterritoriales qui font aujourd'hui qu'en Europe, toutes les
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données qu'on héberge sur des services détenus et opérés par des Américains, on peut penser
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à tous les services de Microsoft, etc. Eh bien, on ne sait pas ce qui va aux États-Unis. simplement
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et on peut penser que les intérêts économiques et bien c'est tout ce que tout ce qui concerne
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nos grandes entreprises toutes ces boîtes moi c'est à ça que je pense qu'ils utilisent les
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services GAFA et bien leurs données sont absolument pas garanties d'être conservées uniquement
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pour elle d'être sécurisée
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pris conscience de cette dépendance pendant la crise Covid en 2020. Tout le monde s'est
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rué sur des solutions de visioconférence comme Zoom, Teams ou Meet. Et là, on a compris qu'en
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fait, sans ces outils américains, la vie risquait de s'arrêter. La menace prend aujourd'hui une
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dimension plus grave encore, alors que les tensions internationales se font sentir comme c'est
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le cas depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, qui marque la fin de la mondialisation
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et le retour à un protectionnisme tous asymulé. Thomas Forêt. Lorsqu'on arrive sur une géopolitique
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mouvementée comme maintenant, dire on souhaite être certain que les données sensibles des
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États européens puissent être stockées en Europe, ça a un sens. C'est-à-dire que même si c'est
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opéré par d'autres, parce que le jour où il a un conflit, vous coupez les câbles, vous
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coupez la connexion ou vous isolez un data center. Bien sûr que ça peut avoir un sens. Ça nous
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paraît peut-être fou, mais c'est ce qui se passe aujourd'hui dans le conflit avec la Russie.
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il y a des services, des réseaux entiers qui sont coupés ou desquels on coupe des accès.
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On le voit depuis très longtemps en Chine où tous les accès sont évidemment filtrés. Donc
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je ne jeterai pas, si vous voulez, cet argument du territoire où s'en stocker les données complètement
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à la poubelle. Et je sais que j'entends souvent ça, mais il faut faire attention, il faut bien
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comprendre de quoi on parle. En revanche, vous avez raison, parler d'opérateurs est bien plus
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intéressant que de parler seulement de géolocalisation des données.
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La menace qui pèse sur notre vie numérique se renforce encore aujourd'hui avec l'avènement
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de l'intelligence artificielle. C'est ce risque que souligne Christophe Groubeau de l'association
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professionnelle Innovation Makers Alliance qui regroupe de grandes entreprises françaises.
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Pour moi, l'urgence est capitale. On ne se rend pas compte à quel point l'IA accélère.
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On ne se rend pas compte à quel point l'IA décisionnelle va arriver très vite. Quand on va passer à
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l'IA décisionnelle et donc à une IA qui prendra les décisions pour nous dans nos entreprises,
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À ce moment-là, si on n'a pas fait le travail qu'on a besoin de faire pour être capable de
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recréer une autonomie stratégique sur l'IA qu'on utilise pour prendre ces décisions, ce sera
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potentiellement très problématique pour le futur de l'Europe. On utilisera avec des champions
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étrangers et à ce moment-là, ce sera, je pense, un vrai risque d'ingérence.
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L'idée n'est pas de dire que les entreprises devraient complètement arrêter d'utiliser des
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solutions américaines. L'idée est de se dire que sur certains axes stratégiques pour le
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futur, je pense que l'IA en est un, par exemple, puisque le cloud était une problématique de
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données. Vous n'aviez pas envie que vos informations soient potentiellement observées par des acteurs
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étrangers pour des risques d'ingérence qui étaient là mais réduits. Aujourd'hui, la problématique
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est une problématique d'intelligence. Vous achetez de l'IA à l'étranger. Donc si vous achetez
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de l'IA à l'étranger, en réalité, c'est vrai que demain, pour l'IA décisionnelle, donc de
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l'IA qui aidera les décisionnaires en entreprise à prendre des décisions, si cet IA est apporté
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par un acteur qui est hors de l'Union européenne et que cet acteur décide demain d'influencer
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négativement l'ensemble de vos entreprises, il pourrait potentiellement le faire. Je dis
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pas que c'est un risque qui est réel. Je dis pas que les Américains, demain, vont le faire.
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Ils ont dans leurs rêves la possibilité. Alors certaines des menaces récentes... ou des semi
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menaces disons provenant des États-Unis, que soit envers la Chine ou envers l'Europe sur
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l'utilisation de l'IA peuvent laisser penser que c'est un danger. L'idée n'est pas de se
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dire que personne ne doit utiliser Office 365, à l'inverse, c'est une solution hyper capable.
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L'idée est de se dire que sur certaines logiques métiers et sur certains axes critiques, que
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les entreprises aient une capacité d'autonomie qui leur permet de ne pas utiliser de solutions
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européennes. les Américains pourraient potentiellement, via tous les outils qu'ils ont, influencer
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complètement nos élections, via les réseaux sociaux qu'ils contrôlent, être capables d'influencer
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tout ce que font l'ensemble de nos collaborateurs en entreprise. Aujourd'hui, c'est les Russes
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et les Chinois qui sont chargés, pour parler clair. Mais ce que je veux dire, c'est que
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des gens parlent de l'avènement d'une guerre froide technologique. Est-ce que c'est le cas
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Est-ce ce n'est pas le cas ? Ce pas vraiment la question. Le concept, c'est de se dire l'Europe
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a la capacité aujourd'hui de potentiellement construire son futur de manière indépendante.
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L'Europe ne le fait pas pour le moment. L'Europe doit le faire.
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Au-delà de l'impact économique, il y a donc carrément un risque politique, une menace pour
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la démocratie. C'est aussi l'avis de Bernard Benamou, secrétaire général de l'Institut de
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la Souréneté numérique. Sur le fond, a une démocratisation de ces outils au plus mauvais sens du terme,
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au plus dangereux sens du terme, qui fait que des structures infiniment petites, agiles et
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sans moyens sont capables d'avoir une influence. On l'a vu avec le discours de Gedi Vanz sur
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la Roumanie, vous savez, les élections roumaines, en particulier à cause de TikTok, qui ont effectivement
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mobilisé quelques centaines de milliers de dollars, donc des sommes qui n'étaient pas énormes et
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qui ont eu un impact considérable sur les élections sur place. nous sommes pas du tout à l'abri
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et on le voit. sur effectivement toutes les manoeuvres que peuvent engendrer des entités
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hostiles, qu'elles soient religieuses, politiques, étatiques ou même des entités privées.
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face à cette menace, que faire ? Il paraît illusoire de vouloir rattraper le gigantesque retard
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technologique que nous avons laissé s'installer en France et en Europe, par manque de clairvoyance
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et aussi par manque de dynamisme économique. Il est illusoire d'espérer inventer un Google
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européen, un Amazon européen ou un Tchaik Pt européen. Pourtant, l'Europe et la France en
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particulier ont des atouts énormes la formation de ses ingénieurs ou encore son énergie bas
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carbone à profusion grâce au nucléaire qui est l'énergie le nouveau nerf de la révolution
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de l'IA. Pour sauver les meubles, l'Europe réglemente à tour de bras. RGPD, DMA, DSA, SecNumCloud,
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EUCS, etc. Des textes censés limiter la casse au nom de notre souveraineté.
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entrepreneur Thomas Forêt. rappelle quand même que l'Europe, c'est quand le premier marché
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des GAFAM. Donc, il a un moment, c'est quand même absolument normal que ces entreprises
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privées, étrangères, se conforment à nos lois. Et certes, ils doivent un peu flipper, mais
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ce sera quand même la moindre des choses que d'appliquer des réglementations sur des marchés
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qui leur apportent beaucoup.
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La France tente aussi de rivaliser avec ses propres armes, c'est-à-dire des solutions techniques
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alternatives développées par des entreprises locales, malheureusement souvent méconnues
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par les principaux intéressés, c'est-à-dire les grandes entreprises et les pouvoirs publics
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qui passent à côté au profit d'outils étrangers. Christophe Grosbeau de l'Innovation Makers
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Alliance. On a sur tous les secteurs technologiques des solutions qui sont aussi intéressantes
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et aussi capables. que ce qui se fait ailleurs. La seule problématique qu'on a, c'est que comme
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on a moins d'argent qu'il y dedans, c'est souvent siloté. Donc on a des solutions qui sont sur
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des axes et sur des problématiques métiers spécifiques et on n'a pas de solution packageée complète.
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C'est beaucoup plus compliqué d'ailleurs pour nous en Europe de le faire parce qu'on n'a
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pas les fonds pour évidemment lutter à armes égales. Mais je vous jure que Styriterstis,
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Jalios, James Paltz vont être parfaitement capables de faire ce que font plein d'acteurs américains.
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La problématique, comme je le dis, c'est le coût de changement. fait que comme tous vos
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collaborateurs vont utiliser telle chose ou telle c'est compliqué de changer. Et la deuxième
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problématique, c'est une problématique que vous venez de remonter vous-même, qui est le manque
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de connaissance des décideurs en des grands groupes de ce qui est possible sur le marché.
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C'est là qu'une plateforme, par exemple, aider. C'est là que des rencontres comme ce que nous,
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on essaie de faire peuvent aider. C'est là que les événements, par exemple, de France Digital
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ou de la French Tech aident. C'est être capable de faire connaître davantage tout ce que la
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France produit, tout ce que l'Europe produit comme solution intéressante, surtout les marchés
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sur lesquels aujourd'hui, massivement, qui sont des marchés contrôlés par les acteurs étrangers.
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Mais est-ce que la balle n'est pas justement dans le camp de ces grandes entreprises que
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vous représentez, qui parfois, on va dire un peu par facilité peut-être, ont tendance à
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se jeter dans les bras des géants américains ? C'est l'un des aspects les plus importants
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de la question. C'est comment convaincre des groupes privés. qu'on ne pas forcer, si vous
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voulez, à faire des choix. Il faut qu'ils prennent une solution parce qu'elle est la plus compétente
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et qu'elle correspond à leurs attentes et qu'elle est au prix qu'ils souhaitent. Comment convaincre
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des groupes qui aujourd'hui ont déjà des contrats avec plein d'acteurs étrangers de switcher
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ou en tout cas de revoir leur positionnement ? Ça, c'est la question essentielle et c'est,
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je pense, une des solutions au problème, par exemple, comme je vous le disais, c'est...
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du lien d'avantage entre les acteurs technologiques français et les grands groupes français. On
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en revient à cette idée de plateforme, par exemple, ce genre de choses. La solution, c'est de l'évangélisation,
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de la culturation, leur présenter au maximum tout ce qui est possible. C'est aussi de la
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prise de conscience des risques. Donc c'est tout un ensemble de choses, mais vous avez
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raison. La clé, quasiment, de la solution, c'est de s'assurer que... les groupes français achètent
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plus auprès des entreprises françaises.
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La souveraineté numérique, c'est donc choisir où vivent nos données et surtout à qui on donne
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les clés. Dans un monde où les câbles sous-marins sont les nouvelles routes commerciales et où
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les serveurs remplacent les champs de bataille, ce choix n'est pas anodin. Il nous place au
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cœur d'un jeu de puissance où chaque octet devient un pion dans la grande partie mondiale, toujours
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plus incertaine.
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Si cet épisode hors série de Monde Numérique vous a plu, ne ratez pas les autres épisodes
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de tout comprendre. C'est sur Monde Numérique en podcast et sur mondesnumérique.info.













