📚 Tout comprendre – 5G : promesses, usages et controverses
Maison Connectée21 août 202529:32

📚 Tout comprendre – 5G : promesses, usages et controverses

Streaming 4K sur mobile, robots pilotés à distance, réalité virtuelle fluide… La 5G n’est pas qu’un simple « plus » par rapport à la 4G : c’est une évolution majeure des réseaux mobiles, pensée pour plus de vitesse, moins de latence et une capacité accrue à connecter des milliards d’objets.

(Rediffusion du 13 août 2022)

📈 Un saut technologique

La 5G utilise de nouvelles fréquences (700-800 MHz, 3,5 GHz, bientôt 26 GHz) et des antennes intelligentes capables d’adapter le signal en temps réel. L’épisode raconte comment cette combinaison permet plus de débit, moins de latence et une meilleure efficacité énergétique que la 4G.

🏭 Des usages inédits

Pilotage de robots, opérations chirurgicales à distance, véhicules connectés, communication instantanée en réalité virtuelle… La 5G ouvre la voie à des applications qui nécessitaient jusque-là une connexion filaire. Le podcast montre comment elle pourrait transformer industrie, santé et transports.

🌱 Un débat toujours vif

Santé, environnement, vie privée : le déploiement de la 5G a suscité polémiques et théories complotistes. L’épisode explique pourquoi ses effets sur la santé sont jugés négligeables scientifiquement, et comment les opérateurs comptent réduire son impact énergétique.

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: voyez des vidéos en très haute définition par son mobile, piloter des robots à distance, communiquer en réalité virtuelle. La 5G, la cinquième génération de télécommunications mobiles, permet désormais tout cela et elle fait maintenant partie de nos vies. Pour ceux qui ont un forfait 5G, le petit symbole en haut à droite sur l'écran du téléphone est presque devenu banal. Pourtant, l'avènement de la 5G marque une étape dans l'évolution sans fin des télécommunications. Quelle est l'histoire de cette 5G Comment fonctionne-t-elle ? Qu'apporte-t-elle exactement ? Et quel est son avenir ? C'est ce dont nous allons parler dans cet épisode spécial de Monde Numérique et je l'espère vous avez tout compris. Cet épisode vous est proposé en partenariat avec Orange qui a choisi monde numérique pour vous aider à mieux comprendre la technologie. 18 novembre 2020, l'ARCEP, l'autorité administrative de régulation des télécoms, donne le coup d'envoi de la 5G en France. Elle autorise officiellement les quatre opérateurs à activer leurs premières antennes 5G. Dans les faits, il faudra quand même attendre quelques jours de plus pour que ça démarre. D'abord à Nice, à Lyon, Montpellier, Reims, Marseille, Le Mans, etc. Mais l'empêche, c'est parti. Petit à petit, la 5G s'immisce dans tous les départements français. Alors dans certains pays comme la Corée du Sud, par exemple la Chine ou les États-Unis, la 5G est déjà une réalité depuis quelques années. La 5G n'est pas une invention à proprement parler puisqu'il s'agit de l'évolution d'un standard, le standard des communications mobiles. Une histoire qui a commencé en réalité il y a 30 ans. Pour nous raconter cette histoire, j'ai invité Arnaud van Parys, directeur des réseaux mobiles chez l'opérateur Orange. Le GSM, était le premier standard mondial, en fait c'était de la 2G. On a démarré directement en 2G parce qu'il y avait déjà quelques réseaux qui existaient, qui étaient plutôt analogiques, qui n'étaient pas encore numériques. Donc on a un long historique là-dessus. En général, on a une nouvelle génération toutes les décennies. Donc on a connu l'UMTS, 3G pour les clients. On a connu le LTE, Long Term Evolution, 4G pour les clients. Et maintenant directement la 5G, qui est aussi la 5G pour les clients. 5G, 4G, GSM, UMTS, LTE. L'histoire des télécommunications est une longue histoire de sigles et d'acronymes derrière lesquels se cachent des innovations technologiques, de la recherche scientifique et même des négociations internationales. C'est un long processus de co-création entre les différents opérateurs, les industriels, au sein d'un organisme de standardisation. qui s'appelle le 3GPP, est un peu le lieu au niveau mondial où les différentes plaques géographiques Amérique, Asie, Europe se rencontrent pour définir un seul standard et qu'on retrouve dans notre poche, dans les smartphones et également dans la partie moins visible, encore qu'on voit quelques antennes ici ou là, sur des toits terrasses ou des grands pylônes et c'est ça qui fait le réseau mobile, la partie visible du réseau mobile. Et c'est ça qui est amusant avec la 5G, comme avec toutes les technologies de communication. fait, c'est qu'elle est partout, mais on ne la voit pas. Elle est pervasive et quasiment invisible. Alors, un seul standard technique pour tous les pays. C'est une première historique, mais ça n'a pas été simple et ça a même failli dérailler si on en croit Arnaud van Parys. On a failli avoir une variante en Corée et aux États-Unis. Aux États-Unis parce qu'ils n'avaient pas une bande de fréquences dans... 2, 3, 4 GHz, pas disponible. Ils ont commencé à utiliser des bandes centimétriques-millimétriques, de 28 GHz en l'occurrence. Ça a fait dériver un peu le standard au démarrage pour être compatible avec cette nouvelle bande de fréquences qui permet à un endroit d'avoir beaucoup de débit mais qui ne couvre pas du tout et qui a des difficultés pour passer les murs, les fenêtres, pour couvrir l'intérieur des bâtiments. En Europe par contre, a eu tout de suite notre bande de fréquences qui est entre 3,4 et 3,8 GHz, qu'on retrouve d'ailleurs chez soi puisque le wifi utilise aussi ces gammes de fréquences. Les fréquences radio, c'est vraiment la clé de la 5G. Les fréquences, ce sont des routes en quelque sorte sur lesquelles passent les communications et ce sont des ressources rares et limitées. Chaque pays les répartit, les distribue comme il veut entre la radio, la télé, les communications militaires, etc. La 5G s'appuie donc sur trois plages de fréquences, de précieuses fréquences chèrement acquises aux enchères par les opérateurs. Et sachant que les lois de la physique sont ce qu'elles sont, chaque type de fréquence a ses avantages et ses inconvénients. En fait, ce n'est pas parce qu'une fréquence est plus élevée qu'on fait passer plus d'informations. C'est plus subtil que ça. Depuis la 4G, avait principalement deux bandes de fréquences, des bandes de fréquences basses, principalement le 800 et 900 MHz. qui ont une bonne propagation, qui permettent d'avoir une bonne couverture dans les bâtiments et également pour des zones peu peuplées. Et notre bande de fréquences qui est utilisée, était plutôt le 1800, le 2100, 2600 MHz, donc là on commence à monter en bande de fréquences. Ça permet d'avoir des bandes de fréquences plus larges progressivement et donc d'avoir plus d'utilisateurs au même endroit. Depuis la 4G, on a également le meilleur des deux mondes. C'est-à-dire quand on associe une bande basse avec une bande intermédiaire, on a à la fois la couverture de la bande basse et le nombre d'utilisateurs de la bande intermédiaire. Assez compliqué ces histoires de fréquences. Si on comprend bien, c'est un peu comme des ingrédients qu'on mélange pour faire des plats. Vous prenez un peu de 800 MHz, un peu de 3,5, vous mélangez et vous obtenez de la bonne 5G. Alors la 5G ne remplace pas la 4G, on le sait, elle vient se superposer. Du coup, les opérateurs ont été malins, ils ont récupéré des fréquences de la 4G auxquelles ils ont ajouté de nouvelles fréquences pour fabriquer de la 5G. Et ce n'est pas fini, ils s'apprêtent à rajouter dans les années à venir un nouvel ingrédient qu'on appelle le 26 GHz. Donc le 26 GHz qui ne sont pas encore attribués partout en Europe, qu'on commence à avoir, mais là qu'on ne peut pas mettre sur les mêmes sites. les sites actuels on a obligé de rajouter des sites supplémentaires pour utiliser ces nouvelles bandes de fréquences. Donc pour l'instant tous les déploiements qu'on a en Europe 5G sont sur les sites existants 4G avec la bande de fréquences CUR 3,4-3,8 GHz. Bon alors on résume trois familles de fréquences les 700-800 MHz des fréquences basses qui portent loin mais avec peu de débit le 3,5 GHz, des fréquences hautes avec un gros débit mais qui portent moins loin, et les 26 GHz dont on vient de parler, des fréquences très hautes dites millimétriques qui offrent un super débit mais qui ne portent pas loin du tout et qui traversent très mal les murs, donc ce ne sera pas pour l'intérieur des bâtiments, ça devrait servir pour les lieux très fréquentés comme les stades, les gares, etc. J'espère que vous avez pris des notes, il a un terreau à la fin de l'épisode. La 5G a donc été mise en œuvre parce qu'on savait que la 4G allait arriver à saturation. Et oui, nous sommes de plus en plus nombreux à utiliser les réseaux mobiles pour faire de plus en plus de choses, donc forcément au bout d'un moment ça vous chaude, cette évolution était inéluctable et programmée de longue date. Mais la 5G, ce sont aussi des innovations techniques peu visibles mais importantes, comme par exemple des antennes plus intelligentes capables de s'adapter à la demande en temps réel. C'est une technologie qu'on appelle dans notre jargon massive MIMO, c'est-à-dire de plein de petites antennes qui forment une antenne, qui permettent d'être plus directives, donc à l'endroit où c'est utilisé, et qui permettent de gérer plus de clients, d'utilisateurs au même endroit, mais également de baisser la consommation énergétique quand on compare la 4G à la 5G. Les watts nécessaires pour transporter un gigaoctet baissent dans la 5G par rapport à la 4G. Alors ça c'est important, la consommation énergétique de la 5G, elle est meilleure que celle de la 4G, on en reparlera tout à l'heure. En attendant, revenons sur le déploiement de la 5G qui se fait donc progressivement. On l'a dit, on réutilise des antennes existantes, celles-ci sont modernisées et puis on installe aussi de nouvelles antennes. Mais il se passe des choses également en amont dans ce qu'on appelle le cœur de réseau, le réseau Télécom lui-même. Avant, c'était des centraux téléphoniques, aujourd'hui ce sont des serveurs informatiques et eux aussi vont être prochainement modernisés pour donner naissance à une nouvelle 5G, la vraie 5G. presque pourrait-on dire, elle devrait voir le jour en 2023. C'est la 5G S.A. Standalone. Donc on va cette fois-ci modifier également le cœur de réseau. On va utiliser des technologies logicielles plus des technologies cloud. Ça permet de mettre finalement les fonctions du réseau sur des serveurs et de le faire de façon beaucoup plus flexible pour nous permettre de gérer des qualités de service et des niveaux de sécurité différents. On améliore le cryptage des données. Egalement tous les algorithmes de sécurité sont améliorés en 5GSA. On a des bases de données avec des nouvelles technologies de cryptage, de cryptologie. Et ça c'est bien parce que les attaques sur le réseau continuent, augmentent. Et donc pareil, va avoir un niveau de sécurité qui va être plus fort en 5GSA et un panel plus important pour nous. pour résister aux différentes attaques et être sûr que le réseau reste bien stable. Un réseau stable, protégé et donc si j'ai bien compris, réseau complètement transformé avec du 26 GHz d'une part, du standalone d'autre part, on comprend donc que la 5G est une avancée technologique majeure, surtout pour les opérateurs. Mais pour les utilisateurs, qu'est-ce que ça va changer ? Ça va principalement déjà changer pour les entreprises. Ça va leur permettre justement d'avoir des niveaux de qualité, des niveaux de sécurité adaptés à leur processus métier. Par exemple, je l'ai cité pour un véhicule, pour un train, pour un smartphone, pour un technicien qui utilise une tablette pour travailler, etc. On va pouvoir mettre une qualité différente. Et donc là, ça va se percevoir parce que ça va lui permettre d'avoir un confort d'usage. une connectivité qui est adaptée à ce qu'il fait. Progressivement également, ça va être disponible pour le grand public avec des niveaux de qualité sur ces applicatifs différents. Quand on utilise son smartphone dans sa voiture, va être différent quand on l'utilise en dehors de sa voiture, etc. Nous, ça nous permet surtout d'adapter le réseau. On a quand même des types d'objets maintenant qu'on connecte à nos réseaux très différents. et donc ça nous permet d'être sûr de réserver la bonne qualité au bon type d'objet. Ah oui, ça, en gros, pareil, si on comprend bien, ça va permettre de découper la 5G en tranches, en fait, pour réserver certaines parts du gâteau à certaines utilisations, par exemple des objets connectés critiques, des services d'urgence, etc. Et ça, ne pouvait pas le faire avant. Bon la promesse initiale c'était plus de débit, moins de latence. Plus de débit ça veut dire on va plus vite sur internet et puis aussi il plus de gens qui peuvent se connecter simultanément et moins de latence et bien ce sont des temps de réponse accélérés. Au final un système 10 à 100 fois plus rapide que l'actuel 4G. Mais bon ça c'est des chiffres, il a un peu de marketing. En termes d'applications concrètes pour les clients, qu'est que ça va permettre ? Arnaud van Parys. En application, qu'on voit c'est beaucoup d'usages vidéo, d'usages d'expérience immersive qui apparaissent. Je pense c'est normal, en général, c'est au bout de quelques années d'apparition de la nouvelle technologie, et ça a été le cas aussi en 4G, qu'on a une vraie utilisation en termes d'usage. Donc là, peut prévoir que dans les 2-3 ans qui viennent, on va avoir de nouveaux applicatifs qui sont vraiment adaptés à la 5G SA, qui vont apparaître dans le domaine... des entreprises mais également du grand public. On parle beaucoup de metaverse qui en est assez balbutiement mais cette capacité à interagir à distance en ayant l'impression d'être côte à côte, pense que ça va apparaître sous différentes formes, peut-être pas que les smartphones, plutôt sous des formes de lunettes, de casques permettant d'avoir cette sensation-là et d'interagir à distance par rapport à interagir juste à côté de l'un de l'autre. Au début de la 5G, a beaucoup parlé d'opérations chirurgicales à distance par exemple. Il y a aussi tout ce qui touche aux objets connectés et aux robots. La 5G permet de piloter des robots pour nettoyer des pipelines ou encore pour ramasser des détritus dans les ports, choses qu'on ne pouvait pas faire en 4G parce que ce n'était pas assez réactif. Mais ce n'est pas tout. D'autres applications seraient également en train de se développer. La 5G se déploie par secteur d'activité. On prépare l'arrivée de la 5G dans ses évolutions sur plusieurs secteurs. Sur le secteur ferroviaire pour la sécurité des trains. C'est système assez spécifique qui fonctionne en 2G et qui migre en 5G directement. On prépare son arrivée pour les véhicules. On va commencer à avoir des voitures électriques avec un certain degré d'autonomie qui arrive en 5G à partir de 2023. donc ça va être assez rapide. On a besoin de en plus de logiciels, il y a plus en plus de capteurs dans les véhicules électriques et donc il y a besoin pour cette autonomie en logiciels d'avoir une bonne connectivité. Et la 5G permet justement d'assurer un certain niveau de qualité de service et de sécurité qu'ont besoin les véhicules. On a beaucoup de tests également pour améliorer la sécurité routière, la communication entre les véhicules et également dans une ville, que ça soit... l'interaction avec les feux automatiques pour fluidifier le trafic, pour prévoir le trafic à l'échelle d'une rue, d'un quartier, d'une ville. Il faut revenir un peu sur ce qui s'est passé en 2020 au moment du lancement de la 5G. L'arrivée de cette technologie a été marquée par une importante levée de boucliers de la part d'associations et même de certains responsables politiques. Alors pour des motifs variés. On a parlé des risques supposés sur la santé, d'éventuels risques de surveillance des individus, du point environnemental aussi de la 5G. des maires écologistes ont tenté de s'opposer au déploiement de la 5G dans leur ville, s'en souvient. Ce qui était au départ une simple amélioration technologique est devenu un véritable sujet politique et polémique. À cela se sont même ajouté des théories complotistes, comme par exemple les antennes 5G qui tueraient les oiseaux. Bon maintenant que l'orage est passé, un peu de recul, il est intéressant d'essayer de comprendre ce qui s'est passé. Visiblement la 5G a surtout servi d'exutoire à toutes sortes de craintes, de fantasmes et d'idéologies. Comme d'autres technologies auparavant d'ailleurs, telles que le compteur Linky, le wifi en ville, ou même dix ans plus tôt, déjà, la 4G qui avait cristallisé le même genre de revendications. Tout cela s'est donc reproduit, parfois aussi pour des raisons politiciennes. entretenue. Bref, la 5G est devenue une sorte de totem, pour certains un symbole de la société de consommation hyper connectée et donc, pour cette raison, quelque chose qu'il fallait combattre. Mais au fond, derrière tout cela, est-ce qu'il n'y a pas une certaine peur du progrès technologique ? C'est la question que j'avais posée en février 2022 dans le numérique à Sébastien Poin, physicien, membre de la Société française de radioprotection, spécialiste des rayonnements non ionisants, et auteur d'un livre intitulé « La religion anti-onde ». Tout ça procède d'une même peur assez typique de notre époque, de la technologie. Et on s'aperçoit d'un phénomène qui commence à devenir récurrent aujourd'hui. C'est le phénomène de que j'appelle les technologies bouc-émissaires, qui deviennent rapidement obsolètes. Donc les opposants ou les technophobes ont souvent besoin de… de chercher des nouvelles technologies bouc-émissaires. Effectivement, y a nombreuses années, les lampes fluo compactes étaient des technologies bouc-émissaires qu'il s'agissait de bannir. Les LEDs l'ont été. On a vu des campagnes d'opposition à l'installation de l'éclairage LED dans les crèches, dans les écoles. Pour ce qui concerne les rayonnements électromagnétiques, on a eu des campagnes de dénigrement du Linky, qui est pourtant un appareil filaire qui n'est que du rayonnement électromagnétique de manière résiduelle, pas plus qu'un petit appareil électroménager, pourtant on a une campagne de dénigrement. Et puis c'est passé, on est venu à la 5G, on a fait énormément de bruit pour dénigrer la 5G, il y eu des appels à l'interdiction, il y a eu des pétitions pour un moratoire sur la 5G. Bon et bien aujourd'hui, le soufflé retombe et demain nous aurons probablement des oppositions qui renaîtront. sous le prétexte de l'intelligence artificielle ou de la 6G ou je ne sais quelle autre technologie qui servira à nouveau de bouc émissaire pour l'expression d'une opposition à la technologie. Et oui, c'est un peu ce qu'on appelle le néoludisme, l'opposition à la modernité qui fait de plus en plus d'adeptes dans un contexte en plus de réchauffement climatique et de crainte pour le futur. Pour revenir un peu plus en détail sur la question des effets hypothétiques sur la santé, lorsque je l'avais interviewé, Sébastien Poin m'avait expliqué en détail pourquoi il n'y avait vraiment pas lieu de s'inquiéter par rapport à la 5G. Il bâmbreche notamment les arguments concernant un soi-disant manque de recul par rapport aux technologies 5G. Même s'il manque des données, dirons-nous, factuelles sur la technologie 5G en elle-même, il faut comprendre que la bande de fréquences des 5G physiquement est inséré entre la bande des radiofréquences et la bande infrarouge. On connaît bien les effets de ces deux bandes. Infrarouge, exemple, on en reçoit au quotidien du soleil. Les bandes radiofréquences sont de la téléphonie, mais aussi de la radiophonie, de la télévision. Donc effectivement, si la technologie 5G en elle-même n'a pas pu être étudiée en tant que telle, on sait que les fréquences qui sont proches de fréquences bien connues et bien étudiées ne poseront pas de problème. Enfin, selon Sébastien Poin, il n'y a pas lieu d'avoir peur de l'effet des ondes électromagnétiques de la 5G, pas plus que de celles de la radio ou de la télévision, pour la simple et bonne raison que la réglementation encadre très sévèrement cette technologie. En réalité, il existe des normes qui nous protègent du seul effet scientifiquement avéré potentiel de ces ondes qui est l'effet thermique. Si vous êtes exposé à des intensités extrêmement élevées, vous allez subir un échauffement des tissus. Sauf que cet échauffement des tissus arrive pour des expositions qui sont plusieurs ordres de grandeur supérieurs aux limites normatives, qui sont elles-mêmes très supérieurs à l'exposition réelle que chacun d'entre nous subit au quotidien. Et par ailleurs, nous sommes dans le domaine des rayonnements non ionisants, vous en avez parlé en introduction, qui sont des rayonnements qui possèdent ce qu'on appelle une énergie photonique, qui est extrêmement faible. Cette énergie photonique, c'est l'énergie qui est transportée par les corpuscules que transporte l'onde. Alors on ne pas rentrer dans le détail de la dualité de corpuscules, qui est une grande énigme de la physique. Mais cette énergie photonique est extrêmement faible. elle est incapable de casser les liaisons ADN. La 5G s'apparente petit peu physiquement au rayonnement infrarouge du soleil. D'ailleurs, les mécanismes d'interaction sont tout à fait similaires. Quelle que soit la puissance de votre rayonnement 5G, sa fréquence étant fixe, disons à 3,5 GHz, l'énergie photonique est toujours la même. Elle reste toujours des milliers ou des millions de fois inférieure à l'énergie nécessaire. pour altérer les tissus organiques pour casser la matière. Il y a un autre argument qui a été brandi contre la 5G lors de son lancement, le poids environnemental. D'abord parce que oui, l'avènement de la 5G implique à terme le remplacement de nos téléphones portables au profit de nouveaux appareils compatibles 5G. Du coup, cela implique la production, la fabrication de millions de terminaux bourrés de terres rares, de métaux précieux, etc. Sauf que le remplacement des mobiles, c'est un phénomène permanent, constant et qui c'est d'ailleurs considérablement ralenti, faut le préciser, les consommateurs aujourd'hui gardent leurs téléphones beaucoup plus longtemps, plusieurs années, sans compter le recyclage des vieux appareils pour en faire des neufs qui ne cessent de progresser. En ce qui concerne l'environnement encore, on a accusé la 5G d'être plus énergivore que la 4G. Alors là c'est subtil parce qu'en fait ce que l'on craint c'est une augmentation du trafic et donc forcément de la consommation énergétique. A cela les opérateurs et les équipementiers répondent que le matériel 5G consomment bien moins d'énergie que les vieilles antennes 4G vieillissantes. Arnaud Van Parys, directeur des réseaux mobiles chez l'opérateur Orange. Chaque nouvelle génération est effectivement moins énergivore que la génération précédente, à usage constant. La 5G, pareil, apporte des choses qu'on n'avait pas avant. On a par exemple la possibilité d'éteindre des bouts de réseau. Un peu ce qu'on a sur son smartphone, sur les écrans qui s'éteignent. On a la même chose dans les réseaux et on a plusieurs niveaux de veille directement au niveau des composants par micro secondes, ça s'éteint, ça se rallume, au niveau d'une carte ou au d'un équipement complet. On est capable actuellement d'éteindre des bouts de réseau, on le fait en particulier la nuit et on rallume automatiquement quand les clients reviennent dans ces zones-là. c'est une façon de baisser la consommation énergétique des réseaux ? Enfin à ce sujet, il faut prendre en compte aussi les réductions de CO2 que la 5G est censée permettre grâce à la modernisation de l'industrie, des transports, des chaînes d'approvisionnement, etc. Évidemment, il faudra quelques années pour voir si cette promesse est tenue. Enfin, la bonne nouvelle, c'est que la 5G va permettre d'éteindre certaines anciennes technologies comme la 2G et la 3G et donc de faire baisser le poids environnemental des réseaux en général. Ça a déjà commencé aux Etats-Unis, ce sera le cas en France à partir de 2025. Parlons un peu du futur de la 5G. Eh bien, ce sera tout naturellement la 6G. Alors, elle est déjà dans les tuyaux, même s'il n'est pas prévu qu'elle voie le jour avant 2030. Ce qui est intéressant, c'est que la transition entre la 5G et la 6G devrait être beaucoup plus douce, selon Arnaud van Parijs. Alors la 6G, c'est vraiment, on est au tout début. On est sur des projets dits collaboratifs. plusieurs sociétés se mettent ensemble pour essayer d'imaginer, de trouver des technologies de base pour ce système-là, pour voir un peu ce qui est en rupture par rapport à la 5G qu'on déploie actuellement. Donc pendant encore deux, trois ans, on va être encore sur des sujets de recherche. Puis vers 2025, on va commencer à standardiser le système, puis les différents bouts du système pour pouvoir avoir des prédéploiements en fin de la décennie. De plus en plus les réseaux sont logiciels, de plus en plus on va être sur une évolution progressive. Donc comme on aura la 5.1, la 5.2, la 6.0, on sera progressivement sur des évolutions beaucoup plus douces pour les clients et pour nous en tant qu'opérateurs. On peut avoir des technologies en rupture dans la CG, par exemple des dalles réfléchissantes qui vont permettre de récupérer au niveau d'une fenêtre les ondes et renvoyer à l'intérieur du... de domicile sans électricité, donc en étant passive, des technologies passives, des dalles réfléchissantes. Le but est toujours de consommer moins et également on a la possibilité de transmettre directement pour des capteurs également quelques données sans consommation énergétique autre que une petite pile solaire directement dans l'objet. Ce n'est pas tout. Avant la 6G, la 5G pourrait aussi évoluer dans les années à venir grâce aux satellites. De la 5G dans les étoiles. À ne pas confondre avec les systèmes satellitaires Starlink ou Nordnet, là il s'agirait vraiment de communiquer directement avec son smartphone via les satellites. Ça va permettre dans certains endroits où on n'a pas de couverture, on sait encore le cas dans certaines zones montagneuses en Europe, un peu plus le cas dans d'autres continents comme en Afrique. on n'a pas encore recouvert tout le continent, d'avoir accès par satellite directement quand on est à l'extérieur des bâtiments. Par contre, il faudra être à l'extérieur des bâtiments en visibilité directe. On pourra par son smartphone avoir accès à certains satellites. Ça, c'est en cours. On a d'ailleurs quelques partenariats qui commencent entre différentes sociétés pour ça. Et on utilise des nouvelles constellations de satellites qui sont lancées, qui sont à Bassade d'Isude. qui permettent à un smartphone de se connecter directement. donc là, tant qu'Orange Innovation, a commencé certains tests sur le sujet pour l'Europe et l'Afrique. Enfin, la 5G pourrait s'envoler vers la Lune. Ce n'est pas de la science-fiction. Pour répondre aux futurs besoins des bases lunaires, cette technologie inventée sur Terre pourrait s'exporter dans l'espace. On a effectivement des projets, par exemple pour les prochaines expéditions sur la Lune, où il faut une connectivité pour ce qui est envoyé là-bas. Il a même des technologies qui démarrent avec la 4G, qui est technologie maintenant très robuste. Voilà, 4G, 5G pour embarquer ça et que ça soit la base de la communication des objets envoyés sur la Lune en expédition. C'est un petit réseau privé qui est créé sur place et qui permet de retransmettre l'ensemble des... de données captées sur place, ce soit en forme d'image ou de données techniques. Merci d'avoir écouté cet épisode de Monde Numérique. Ce numéro vous était proposé en partenariat avec Orange. Réalisation signée Thomas Langlin. Retrouvez tous les autres épisodes de cette série, vous allez tout comprendre, en vous abonnant au podcast Monde Numérique si ce n'est pas déjà fait. 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