Jérôme :
[
0:01] Salut Bruno Guglielminetti à Montréal.
Bruno :
[
0:04] Salut Jérôme Colombain à Paris.
Jérôme :
[
0:05] Ravi de te retrouver comme chaque semaine pour notre Débrief Transat avec cette semaine encore un joli programme, Bruno. Donc, si tu veux, je vais t’expliquer comment, chez nous, on stocke les produits surgelés dans les supermarchés. Voilà, tu vois ce que je veux dire ?
Bruno :
[
0:23] Je ris, mais c’est pas drôle.
Jérôme :
[
0:24] Non, c’est pas drôle du tout. Deux actus parisiennes parce que je peux aussi te parler du Mondial de l’automobile si tu veux.
Bruno :
[
0:31] On peut en entendre parler, oui.
Jérôme :
[
0:33] Voilà. Et puis ensuite, on va repartir de ton côté de l’Atlantique pour que tu nous parles de cet appel lancé par notamment Yoshua Bengio pour mieux réguler l’intelligence artificielle. Et puis aussi pour que tu nous fasses part de ton retour d’expérience sur le nouvel agent Dot d’OpenAI, parce que je sais que tu as testé ça. Et en plus, entre plusieurs agents, ton cœur balance, si j’ai bien compris, c’est ça ? Et puis, si on a le temps, on terminera par un petit mot d’actu un peu international, géopolitique. Il s’est passé pas mal de choses liées à la tech autour de l’Ukraine cette semaine. Voilà pour le menu de ce Débrief Transat.
Jérôme :
[
1:23] Alors, on commence par les frigos. Est-ce que tu as suivi ça depuis chez toi, depuis le Canada ?
Bruno :
[
1:29] Écoute, c’est une histoire de fou quand on le regarde de loin parce qu’on n’est pas affecté. Donc, on ne regarde que les faits. Mais au moment où on se parle, on parle de quoi ? C’est 700 frigos dans des supermarchés, qui se sont mis à faire des folies avec le degré de température.
Jérôme :
[
1:48] Exactement. Ça concerne plusieurs enseignes, Intermarché, Carrefour, Leclerc, Monoprix, etc. Ça s’est passé en une nuit, c’était dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Et effectivement, tout d’un coup, ces réfrigérateurs sont passés en mode dégivrage, en mode super dégivrage, parce qu’il y en a qui sont montés jusqu’à 50 degrés. Donc, c’est complètement fou. Alors, c’est une cyberattaque, ça, on le sait maintenant. On n’a pas encore tous les détails, il y a encore beaucoup de zones d’ombre, mais c’est effectivement une affaire d’ampleur et qui révèle plein de choses en réalité.
Jérôme :
[
2:30] Déjà, ils sont passés par un système qui permet de piloter ces réfrigérateurs à distance, qui sont un système centralisé, d’une entreprise qui s’appelle Danfoss, je crois, qui n’était pas assez sécurisée. Mais là où je dis qu’on ne sait pas encore ce qui s’est passé, c’est qu’on sait qu’effectivement, il y a des mots de passe qui étaient très faciles à trouver parce qu’en fait, il suffisait de les calculer à partir de la date du jour. Mais on n’est pas sûr que ce soit ça qui ait permis d’entrer dans le système. On sait aussi qu’il y avait des failles de sécurité sur ces logiciels et pour des installations qui étaient trop vieilles aussi, mais que des enseignes continuent à utiliser. Et des mises à jour qui, dans certains cas, n’existaient pas et dans d’autres cas, n’avaient pas été faites. Et ça, on a l’impression que c’est un peu toujours la même histoire.
Bruno :
[
3:22] Et ce qui est fascinant dans cette histoire-là, c’est de voir comment, parce que quand on parlait de cyberattaques dans les années passées, on parlait toujours d’entreprises qui se faisaient pirater ou plus récemment chez vous, des ministères. Mais là, on voit de plus en plus des attaques qui sont perpétrées sur des installations, je dirais, privées, mais qui servent. Par exemple, les frigos dans un marché, donc tu neutralises toute la chaîne d’approvisionnement avec ça, parce que les gens ne peuvent plus s’alimenter avec des produits comme ça. Chez nous, on a vu récemment des attaques être perpétrées dans des centres de traitement d’eau. D’accord. Et là, on a été chanceux parce que c’est dans une petite communauté au Québec, mais il y a un humain qui veillait au grain et a remarqué qu’il y avait quelque chose qui était bizarre. Et le cyberattaquant ou les cyberattaquants, on ne sait pas, se sont mis à jouer avec le niveau du chlore dans l’eau.
Jérôme :
[
4:17] Wow !
Bruno :
[
4:17] D’accord. T’imagines que tu peux rendre une population malade. Et donc, ça a donné que la personne regardait son tableau, a vu les changements dans les dosages et a réagi tout de suite. Puis, on a vu dans le passé des attaques sur les systèmes de distribution électrique. Donc, ça commence à faire vraiment partie des cybermenaces de voir des réseaux comme ça, qui ne sont plus maintenant que d’attaquer des réseaux informatiques d’entreprises. On voit maintenant que le risque évolue dans d’autres types de sphères.
Jérôme :
[
4:53] Tu as raison, et ça, c’est vraiment des scénarios catastrophes qu’on annonçait depuis longtemps, où on disait, vous verrez un jour peut-être que des pirates pourraient, à distance, perturber, comme tu l’as dit, la chaîne d’approvisionnement alimentaire, les réseaux d’eau, la santé, etc. On se faisait peur et on est en plein dedans. C’est vrai que c’est nouveau parce que ces derniers temps, on parlait beaucoup des cyberattaques qui, et d’une, avaient un motif financier, c’était pour faire du chantage, et ça concernait uniquement les données. Mais on n’était pas vraiment dans le monde physique. Et là, ça nous rappelle que l’intelligence, pas l’intelligence artificielle, mais que le numérique, il est hautement connecté au monde physique, ou plutôt que le monde physique est même piloté par le numérique.
Bruno :
[
5:39] Il n’est pas un dain [à vérifier à l’écoute], oui.
Jérôme :
[
5:41] Exactement. Et je pense que c’est un risque qui a été considérablement sous-estimé, en réalité.
Bruno :
[
5:49] La semaine dernière, je présentais un reportage qui a été fait, qui a été présenté dans le magazine Challenges avec ta collègue Sabattier.
Jérôme :
[
5:59] Delphine Sabattier, oui.
Bruno :
[
6:01] Et puis elle, c’est intéressant parce que justement, elle a porté un regard sur l’équipement médical, dont la mise à jour devient très complexe et qui sont devenues des cibles dans certains cas dans les institutions hospitalières. Alors c’est ça, on est vraiment, on est rendu dans une autre étape de la cybermenace et, j’ai l’impression qu’on va en voir de plus en plus parce qu’il y a aussi le phénomène de ce qu’on appelle en anglais les copycats, bien là il y a des gens, ça va être à qui va aller frapper plus fort ou aller frapper autrement.
Jérôme :
[
6:33] Alors, on ne sait pas encore qui c’est, bien sûr. Je ne sais pas si on le saura un jour.
Jérôme :
[
6:38] Vu le schéma, on pourrait se dire qu’il y a quelques indices qui montrent que c’est peut-être une action d’origine étatique, donc vraiment, pour foutre le bordel, parce qu’il n’y a rien à gagner au niveau argent. Donc, ce n’est pas les cybercriminels habituels qui font ça pour des raisons financières. Mais ça peut être aussi ce qu’on appelle les script kiddies, des gamins dans leur chambre qui ont découvert un truc et qui en ont profité, parce qu’il y en a encore, finalement, ça existe encore, ce profil-là. En France, il y a des hackers de 16 et 17 ans qui ont été arrêtés pour des trucs, qui avaient fait énormément de bruit. Et ça, ce n’est pas normal. Alors, ce n’est pas normal, déjà, que des jeunes comme ça fassent ce genre de choses. Mais ce n’est pas normal qu’ils puissent le faire. Et là, dans le cas des réfrigérateurs, alors, il y a eu beaucoup de questionnements sur pourquoi des frigos seraient connectés à Internet. C’est vrai que ça peut paraître un peu bizarre, on se demande pourquoi. Mais en réalité, je crois qu’il y a une question d’obligation pour justement le contrôle de la température, pour des questions de salubrité, etc. Et puis, c’est beaucoup plus pratique. Mais en revanche, il faut que ce système-là soit sécurisé. Et je pense que là, ils se sont attaqués, en fait, à une industrie, l’agroalimentaire, qui n’est pas habituée à ça. Ils ne sont pas préparés à ça. Il y avait Michel-Édouard Leclerc, le patron des établissements Leclerc, qui était interviewé il y a quelques jours.
Jérôme :
[
8:02] Qui reconnaissait piteusement presque que ce n’est pas leur préoccupation majeure.
Bruno :
[
8:08] Il y a une prise de conscience.
Jérôme :
[
8:10] Il y a vraiment besoin d’une prise de conscience. Après, comment ils ont fait ? On ne sait pas. Il y a cette histoire de mot de passe. Est-ce qu’ils ont exploité une faille ? Il y avait... Alors, moi, j’ai noté aussi une chose dans cette histoire-là, que je trouve un petit peu, enfin, qui m’a un peu fait tiquer, c’est qu’il y avait des failles qui avaient été découvertes dans ce système Danfoss et qui avaient été présentées au DEF CON de Las Vegas, c’est-à-dire le grand rendez-vous des hackers, en ce cas. Donc, ces trucs-là, ces présentations de failles, ces démonstrations de piratage, elles sont faites pour alerter, pour, en principe, montrer que ça peut être dangereux, mais que personne ne peut le faire, ou en tout cas, c’est déjà colmaté et autres. Et là, ça me paraît bizarre, ça voudrait dire que les failles ont été exposées, publiquement, alors qu’elles n’étaient pas colmatées. Est-ce que c’est pas ça qui a servi ensuite aux pirates à passer à l’attaque, franchement ?
Bruno :
[
9:06] Est-ce que ça existe, la négligence criminelle en France ?
Jérôme :
[
9:09] Alors, je sais pas si... Je suis pas juriste, je pourrais pas te dire, mais... Pourquoi vous avez ça chez vous ? La négligence criminelle ?
Bruno :
[
9:17] De notre côté, je pense qu’il y a des gens qui payeraient cher.
Jérôme :
[
9:20] Effectivement, je pense qu’il y a certainement des négligences. Il y a aussi, bien souvent, et c’est ça qui est terrible, c’est que c’est structurel, c’est-à-dire que c’est l’organisation qui veut ça. C’est que ce sont des systèmes qui sont décentralisés, où tu as plein d’acteurs, tu as des sous-traitants, tu as Intermarché qui va passer un contrat avec une société d’informatique qui, elle, va utiliser le système Danfoss, et ainsi de suite, et ainsi de suite. Et en fait, les responsables de l’informatique, les DSI, des enseignes concernées n’ont pas la main, elles ne voient pas vraiment ce qui se passe.
Bruno :
[
9:51] C’est comme une entreprise tierce d’un fournisseur X qui a finalement le contrôle des degrés de ces frigos-là pour l’ensemble de leur flotte. Non, c’est ça. C’est drôle parce que cette semaine, je participais à un événement Montréal Connect et justement, ça faisait partie des discussions. On ne parlait pas nécessairement du cas des frigos, mais on parlait de la responsabilité de tiers dans le contexte où une entreprise, elle, n’est pas victime d’une cyberattaque, mais ses fournisseurs sont.
Jérôme :
[
10:21] Enfin, je pense que comme les attaques qui avaient eu lieu cet été contre les impôts, la DGFiP, etc., dont on avait aussi beaucoup parlé. Alors, il va peut-être être temps de commencer à évaluer un peu les responsabilités et puis surtout à prendre des mesures. Parce que oui, le piratage aujourd’hui peut atteindre des niveaux très sophistiqués, notamment grâce à l’intelligence artificielle. J’ai l’impression que tout ça, ce n’est même pas encore le problème. On n’est même pas sûr que Mythos soit dans le coup, tu vois. C’est plutôt, des choses qui sont difficiles à croire. Les interfaces d’administration des fameux frigos, elles étaient quasiment en accès libre sur Internet. Alors, il fallait connaître le mot de passe avec la petite manip à partir de la date, mais il n’y avait rien d’autre. Il n’y avait pas de protection, il n’y avait pas de VPN, il n’y avait pas de choses comme ça. Donc, voilà.
Bruno :
[
11:14] Aujourd’hui, tu branches ton petit agent IA là-dessus en disant regarde, trouve la petite astuce, puis ça roule tout seul.
Jérôme :
[
11:21] Exactement.
Bruno :
[
11:22] Après une heure, il a déjà la combinaison.
Jérôme :
[
11:24] Mesdames et messieurs de la cybersécurité, si vous nous écoutez, au boulot, mais vous y êtes très certainement déjà et faites-vous entendre, faites-vous entendre auprès de vos directions générales, c’est surtout ça qui est important et c’est ça qui est parfois difficile.
Bruno :
[
11:38] La seule bonne nouvelle de sortie là-dedans, c’est que j’ai l’impression qu’il y a des bourses qui vont se délier et qu’il y a des responsables justement de cyber dans différentes organisations qui vont avoir accès à des capitaux pour investir parce que c’est là, c’est toujours le problème. Et on le dit, ça fait des années qu’on le dit, la cybersécurité, ce n’est pas une dépense, c’est un investissement. Quand le problème arrive, ça coûte pas mal plus cher que ce que tu as investi, dans les années auparavant.
Jérôme :
[
12:08] Bruno, je t’ai cherché dans les allées du Mondial de l’automobile de Paris, puisque comme chacun sait.
Bruno :
[
12:15] C’est ça. J’étais devant mon écran à regarder tes photos, tes reportages et tes publications. J’ai ri comme c’est pas possible.
Jérôme :
[
12:24] Pourquoi tu as ri ? Pourquoi tu as rigolé ?
Bruno :
[
12:26] Parce que, regarde, je vais percer l’abcès avant qu’on aille plus loin, parce que généreusement, toi et plusieurs journalistes qui étaient sur place, ont allègrement parsemé des images de la nouvelle deux-chevaux sur les réseaux sociaux.
Jérôme :
[
12:43] J’ai fait deux petites vidéos, moi.
Bruno :
[
12:44] Oui, je le sais.
Jérôme :
[
12:45] Une verticale et une horizontale.
Bruno :
[
12:47] Écoute, c’était la cerise sur le sundae, ton affaire.
Jérôme :
[
12:48] Pas exactement les mêmes, d’ailleurs.
Bruno :
[
12:50] Oui, mais quand même. Et donc, c’était la surprise de voir cette bagnole-là. Tu te dis, mais à quelle époque vous êtes rendus, alors que tous les... D’ailleurs, tu as fait allusion à ça dans une de tes publications où tu as les Chinois et même un petit peu les Américains avec Elon Musk qui sont dans des modèles hyper futuristes comme voiture. Et là, vous, vous arrivez avec une affaire de... Je ne sais pas ce que c’est.
Jérôme :
[
13:14] – Tu parles de la deux-chevaux.
Bruno :
[
13:16] – Oui, je sais. Puis là, j’avais l’impression... Écoute, pour être stéréotypé, il ne manquait que le Français avec une baguette sous le bras et un petit béret. Et là, le portrait aurait été parfait pour dire Bon, ben voilà, ils sont tournés dans les années 50-60.
Jérôme :
[
13:31] Alors, il n’aurait pas eu une baguette et un béret. Je pense qu’il aurait eu du pain sans gluten et une casquette. Parce que c’est quand même une deux-chevaux relookée, mon ami. C’est une deux-chevaux électrique.
Bruno :
[
13:43] Électrique, en plus, oui.
Jérôme :
[
13:44] Électrique, la deux-chevaux.
Bruno :
[
13:47] Non, mais plus sérieusement, je vais te faire la boutade, là. Mais c’était bien, l’édition.
Jérôme :
[
13:54] Oui, c’était pas mal. C’était un salon intéressant, beaucoup de marques, et puis des choses intéressantes à voir. Alors, tu l’as dit, moi, ce qui m’a le plus frappé, c’est ça, c’est le décalage, malgré tout, entre d’un côté les Français qui jouent la carte de la nostalgie avec, on a beaucoup parlé de la deux-chevaux, mais il n’y a pas que ça, il y a d’autres véhicules, et il n’y a pas que les Français d’ailleurs.
Bruno :
[
14:15] Non, les Italiens ne sont pas pires aussi.
Jérôme :
[
14:17] Les Italiens, ils ont refait la Fiat 500, ils étaient quasiment les premiers. Ils ont refait la Fiat Multipla qui s’appelle Supply Common [à vérifier à l’écoute]. Peugeot, un autre français, qui refait une 208. Volkswagen a refait une Golf GTI après avoir fait une New Beetle, etc. Tout ça, ça porte un nom, c’est ce qu’on appelle le néo-rétro. C’est-à-dire, on prend les vieilles voitures et on en fait des versions modernes, avec des batteries électriques, etc. Renault a même fait la R8 Gordini. La R8 Gordini, c’était la voiture de rallye de de de de de de de [à vérifier à l’écoute], D’abord, c’est un concept car. Elle devrait sortir d’ici deux ans, mais sans doute pas exactement sous cette forme-là. D’ailleurs, il y a des choses qui ne passeraient sans doute pas à la réglementation. Les poignées, il n’y a pas d’appui-tête, il n’y a pas de choses comme ça.
Bruno :
[
15:12] Gros détail.
Jérôme :
[
15:13] Ouais, ouais, quand même. Mais le concept est là, et alors cette deux-chevaux, elle est complètement folle, elle est super marrante, parce qu’on dit, voilà, jouet Fisher-Price.
Bruno :
[
15:21] De avant, ça, on a une faux taille [à vérifier à l’écoute].
Jérôme :
[
15:24] Et je dois vous dire que je l’ai vue de près, donc je l’ai bien examinée sous toutes les coutures. Elle est très jolie, elle est très mignonne, elle est très réussie, elle est très sympa. Moi, elle m’a rappelé un peu ma jeunesse parce que moi, c’était ma première voiture. C’est la voiture de ma grand-mère, la deux-chevaux. Puis il y avait plein de souvenirs, il y avait des particularités sur la deux-chevaux. Tu avais la vitre qui s’ouvrait en deux, comme ça. C’est vrai, oui. Et puis, en général, sur les plus anciens modèles, ça ne marchait pas bien et régulièrement, paf, tu te prenais la vitre sur le coude, qui te retombait sur le coude, c’était horrible. Bref, donc j’avoue qu’elle est réussie, mais cette mode du néo-rétro, je trouve ça nul. Et moi, j’ai lancé un petit débat sur X, d’ailleurs, c’est ça.
Bruno :
[
16:09] Ça a bien pris.
Jérôme :
[
16:10] Je continue à avoir plein de commentaires parce qu’effectivement, pourquoi continuer à ressortir les vieilles recettes ? Alors, c’est vrai que ça joue sur la nostalgie. Il y a plusieurs raisons. Il y a des raisons marketing, on nous explique.
Bruno :
[
16:27] Ce sont des marques fortes.
Jérôme :
[
16:29] Oui, ce sont des marques fortes. Donc, on joue sur la tradition, on essaie de les faire revivre, etc. Il y a aussi un côté, ceux qui achètent des voitures neuves aujourd’hui sont des personnes un peu plus fortunées et généralement plus âgées. Donc, la moyenne de l’acheteur d’une voiture neuve, je crois, c’est 50 ou 56 ans. Et donc, les constructeurs se disent, ben eux, ils ne sont pas très branchés technologie, on va plutôt leur foutre des trucs qu’ils ont déjà connus. Autant te dire que personnellement, je ne suis pas du tout dans la cible, même si j’ai passé l’âge. Moi, je ne suis pas du tout dans la nostalgie et je préfère mille fois une voiture hyper high-tech qui peut rouler toute seule, etc. Or, il n’y a pas de voiture autonome chez les constructeurs français aujourd’hui. Donc, c’est ça que je trouve un peu dommage. Après, il y a les goûts et les couleurs. C’est intéressant sur X. Il y a des gens qui me disent « ouais, elle est super », d’autres qui me disent « c’est ridicule ». Certains qui disent « de toute façon, les voitures chinoises, elles sont affreuses ». Donc, il y a tous les goûts et il y a tous les points de vue. Je ne sais pas ce que tu en penses. Comment tu trouves ce… Qu’est-ce que tu penses de ce phénomène ?
Bruno :
[
17:33] Ben non, ben écoute, mais ton explication, je pense que c’est celle qui mène le marché. C’est-à-dire que les plus jeunes achètent peu de voitures. Les plus vieux, ils en achètent encore. Et à partir de là, c’est la clientèle qu’on est en train de les rejoindre. Et c’est drôle parce que je regarde les campagnes de publicité des fabricants d’automobiles de ce côté-ci, de l’Atlantique. Et ils ont beau essayer de mettre des jeunes porte-parole, mais quand tu regardes les concessionnaires automobiles, ce sont des plus vieux qui vont...
Jérôme :
[
18:04] C’est les plus vieux.
Bruno :
[
18:05] La génération Z et compagnie.
Jérôme :
[
18:07] C’était des plus de 50 ans au Mondial. Il y avait quand même des très jeunes, mais c’est majoritairement des gens, des seniors.
Bruno :
[
18:15] Mais je voulais savoir, l’an dernier, c’est encore très chinois comme exposant. Est-ce que cette année, c’était encore ça ?
Jérôme :
[
18:23] Oui, c’était encore plus comme ça.
Bruno :
[
18:25] Oui.
Jérôme :
[
18:26] Il y avait une vingtaine de constructeurs chinois.
Bruno :
[
18:28] Wow, OK.
Jérôme :
[
18:29] Oui, énorme. Donc, bien sûr, les principaux, Xpeng, BYD, Geely, je ne sais plus comment on prononce, plein de constructeurs chinois. Et le contraste est fou parce qu’à côté de la petite deux-chevaux, les Chinois, eux, c’est des gros SUV hyper high-tech et qui sont presque au niveau, tu vois, des, comment on appelle ça, des Anglaises, des Range Rover et autres.
Bruno :
[
18:53] BYD, moi, je me souviens de ce que j’ai vu au CES. Ils ont un 4x4 luxueux, ça ressemble presque à un Land Rover.
Jérôme :
[
19:02] Exactement tout à fait, Et moi, je trouve, si tu veux, juste pour revenir brièvement sur cette histoire du néo-rétro, pourquoi ça m’énerve aussi ? D’abord parce que je ne suis pas attiré par ces véhicules, mais ce n’est même pas ça le sujet. Encore une fois, tous les goûts sont dans la nature, il y en a pour tous les goûts. Ce n’est pas ça le sujet, c’est que je trouve que c’est révélateur de la peur des Français par rapport au futur. C’est-à-dire qu’il y a une espèce de crainte de la modernité, et on essaie de rassurer tout le monde avec des valeurs sûres. Alors, on leur ressert des vieux véhicules comme ça, vaguement relookés. Mais ce n’est pas bon signe. Et en plus de ça, ce qui séduit beaucoup aussi pour la deux-chevaux, c’est qu’elle est annoncée comme très bon marché. Elle devrait coûter moins de 15 000 euros. Tant mieux, c’est super. Il faut des voitures pas chères. Mais c’est révélateur, si tu veux, là, je vais aller loin peut-être et on va m’en vouloir. On va dire que c’est du French bashing, mais c’est terrible, mais c’est révélateur d’un pays qui s’appauvrit. Bien sûr qu’il faut démocratiser, il faut des véhicules pour tous les prix, mais si le seul objectif, c’est d’avoir les voitures les moins chères du monde, ça veut dire qu’on a un problème, et on a un problème, de toute façon, on a un problème économique.
Bruno :
[
20:18] Mais Jérôme, permets-moi quand même de pousser l’autre possibilité, c’est qu’à avoir une génération de gens qui ne sont pas intéressés d’investir dans des bagnoles, les fabricants, ils essaient de développer ce marché-là. Alors, ce n’est pas en mettant des grosses bagnoles qui coûtent hyper cher qu’ils vont aller les séduire. Alors, regarde l’histoire autour de… C’est quoi, c’est Peugeot qui avait lancé l’Ami il y a un an ou deux ?
Jérôme :
[
20:41] Oui, oui, oui. L’Ami, la petite voiture, sans permis, etc.
Bruno :
[
20:44] Non, c’est Citroën.
Jérôme :
[
20:46] Pardon, oui. Je crois que c’est Citroën. Mais tu vois, ça.
Bruno :
[
20:48] C’était un marché jeune qu’ils essayaient d’aller rejoindre avec ça. Je ne sais pas ce que ça a fait, mais je trouvais ça sympathique quand j’en voyais sur beaucoup.
Jérôme :
[
20:55] Oui, ça marche pas mal.
Bruno :
[
20:56] Mais ça ne coûtait pas cher. C’était là. Moi, j’ai l’impression que... C’est sûr qu’en présentant la nouvelle deux-chevaux comme une voiture qui ne coûte pas cher, ils essaient de taper dans deux marchés. Donc, les jeunes qui n’ont pas vraiment une fortune à investir là-dedans, mais qui pourraient être tentés. Puis de l’autre côté, les plus vieux qui se disent, « Mon Dieu, moi, j’en ai déjà eu une, ou ma grand-mère en a déjà eu. »
Jérôme :
[
21:19] Tu as raison. Et ça séduira peut-être plus les jeunes que les plus âgés, effectivement. Il faudra voir.
Bruno :
[
21:25] Dans un an, on parlera de ce modèle-là.
Jérôme :
[
21:27] Mais en plus, je trouve que les plus âgés, ils ont, c’est un mauvais calcul, les seniors, ils ont tout à gagner de la technologie. L’objectif, c’est la voiture autonome. Alors, il y a beaucoup de gens qui aiment encore conduire. Ils veulent conduire, c’est la conduite de plaisir et tout. Moi, ce n’est pas mon truc, mais je conçois tout à fait.
Bruno :
[
21:45] Et puis, il y a eu le changement aussi. Par le passé, vous étiez un pays, un continent qui était très conduite manuelle. De plus en plus, les voitures sont automatiques.
Jérôme :
[
21:53] Oui, heureusement.
Bruno :
[
21:54] C’est ce qui change dans l’équation.
Jérôme :
[
21:55] Bien sûr. Non, mais... On était un pays de petites voitures, pas chères, manuelles, sans technologie. Bon, voilà.
Bruno :
[
22:06] Tu es en train de décrire la Lada, toi.
Jérôme :
[
22:09] Mais encore une fois, ce n’est pas du French bashing. Les gens qui nous écoutent vont se dire, « Ouais, ça y est, il est en train de taper. » Je ne tape pas sur la France pour le plaisir et par snobisme ou quoi que ce soit.
Bruno :
[
22:17] À long terme, c’est plus grand ambassadeur. Je peux quand même te permettre de faire une parenthèse.
Jérôme :
[
22:22] Exactement. Cela dit, et ça aussi, je l’ai mis en avant, la petite deux-chevaux, elle a été saluée par la presse américaine. Il y a un article dans Ars Technica qui dit : « Waouh, ces super voitures qui sont présentées à Paris et qu’on ne verra jamais aux États-Unis ! » En effet, c’est très cute. Oui, c’est mignon, c’est mignon, c’est chouette. Et de près, elle est très jolie, elle est très mignonne.
Bruno :
[
22:44] Ça va être la nouvelle Mini.
Jérôme :
[
22:47] Écoute on verra bien, Il faut qu’on parle de l’intelligence artificielle quand même, parce qu’un Débrief Transat sans IA ne serait pas un Débrief Transat.
Bruno :
[
22:57] Ben non. Et sur quoi veux-tu nous lancer dans l’IA ?
Jérôme :
[
23:00] Dans la peur de l’IA, bien sûr.
Bruno :
[
23:03] Toi, tu as lu Yoshua Bengio cette semaine.
Jérôme :
[
23:06] Ouais, qu’est-ce que c’est que ça ? Yoshua Bengio et 450 chercheurs, aussi avec Geoffrey Hinton, etc., qui publient une lettre ouverte en réclamant des mesures pour encadrer l’intelligence artificielle.
Bruno :
[
23:19] Oui, c’est.
Bruno :
[
23:22] Un énième appel à l’attention des dirigeants mondiaux sur l’importance d’encadrer. À la différence de ce qu’on avait vu il y a trois ans et demi au mois de mars 2023, quand Yoshua Bengio avait signé son premier appel à lever le drapeau blanc et à demander une pause de six mois, ce coup-ci, on ne demande pas nécessairement une pause, Mais on veut sensibiliser les dirigeants mondiaux à l’importance d’arriver vraiment à encadrer, quitte à créer même, une organisation ou un centre qui va vraiment coordonner les efforts pour veiller au grain. Mais ça va dans le sens de ce qu’il dit depuis longtemps. Quand tu regardes la plupart des signataires, tous ces gens-là ont déjà signé une lettre ou un document qui allait dans ce sens-là. J’ai l’impression qu’on est en train de ramener ce qui se fait presque annuellement maintenant, la lettre où des chercheurs disent, oui, il faut se rendre compte qu’il y a des risques qui sont rattachés à ça et que si on laisse les 4-5 personnes qui à l’heure actuelle contrôlent l’avenir de l’IA, qui les développent avec des intérêts pécuniers là-dessus, ce n’est peut-être pas pour le meilleur intérêt de la planète. Et dans ce contexte-là, oui, c’est important de le faire, mais j’ai l’impression qu’à chaque semaine ou à chaque mois, en tout cas, ça c’est certain, j’entends Yoshua Bengio sur une tribune en train.
Bruno :
[
24:50] D’attirer l’attention des gens pour ce faire. Même cette semaine, il y avait parallèlement à la sortie de la lettre, je trouvais que j’en faisais beaucoup, mais ça faisait partie de l’actualité, il y a Yoshua Bengio qui était avec un économiste dans The Economist et il s’amenait des pistes de solutions pour arriver à, mieux encadrer ou à essayer d’éviter le chaos dans le développement d’intelligence artificielle.
Jérôme :
[
25:14] Oui, parce qu’il y a des choses concrètes qu’ils proposent, tu l’as dit, la création d’un organisme, c’est un organisme international, qui définirait un peu les bonnes pratiques en matière d’IA. Et puis ce qu’ils veulent, je crois qu’aussi ce qui a fait quand même avancer les choses, même si Yoshua Bengio, tu as raison, est sur ce tempo-là depuis longtemps, c’est tout ce qui s’est passé cet été. En fait, grosso modo, il y a eu X histoires d’agents qui sont sortis de leur espace de confinement. Donc, en fait, il dit qu’il faut vraiment, pour ces IA frontières, c’est-à-dire les plus évoluées, il faut imposer des règles en matière de confinement notamment, et par exemple, qu’elles ne soient pas du tout connectées à Internet, parce que c’est ce qui s’est passé avec les IA qui sont parties à TechAway [à vérifier à l’écoute]. Voilà, elles étaient dans un environnement qui émulait un environnement sans Internet, mais qui, en réalité, était connecté à Internet.
Bruno :
[
26:15] Mais tu sais, quand on dit qu’il y a eu des lacunes au niveau de la sécurité.
Jérôme :
[
26:19] En contournant leur bac à sable.
Bruno :
[
26:21] C’est qu’à un moment donné, tu ne peux pas simuler une expérience, particulièrement dans le domaine de l’IA et de l’agentique, tu ne peux pas simuler si, tu laisses encore des petites portes ici et là sans faire attention.
Jérôme :
[
26:37] Oui, ça paraît un peu naïf. Les mecs qui sont avec les IA les plus puissantes du monde, on va leur faire croire qu’elles sont dans un espace fermé. Mais pourquoi on ne le met pas dans un vrai espace fermé ? Non, parce que c’est compliqué, si tu veux, ça coûte trop cher, tout ça, machin. Non, mais regarde, là, je verrouille, je verrouille, je verrouille. Il ne va rien se passer. Ben si, il s’est passé, évidemment.
Bruno :
[
26:53] Pendant le temps que tu es en train d’écrire ta requête, lui, il est en train d’essayer de voir s’il ne peut pas se brancher à quelque part.
Jérôme :
[
26:58] Voilà, et il l’a trouvé. Oui.
Bruno :
[
27:01] Encore cette semaine, au fameux événement MTL Connect, Il y avait un des panélistes que j’interviewais et puis qui racontait l’anecdote où à un moment donné, l’agent IA qu’il utilisait, lui a demandé une requête et il n’arrivait pas à, trouver un accès pour régler la requête qu’il avait faite. Plutôt que d’arrêter, il a trouvé une autre porte dérobée.
Jérôme :
[
27:26] L’agent ?
Bruno :
[
27:27] Oui, une porte qu’il ne devait pas utiliser. Et donc, il a répondu en disant, je m’excuse, j’ai tenté de le faire comme tu me l’as demandé, mais c’était impossible. Sauf que j’ai trouvé un chemin et voici ton information. Tu te dis, mais à partir de quel moment et de quelle façon tu arrives à contrôler ces bêtes-là ? Et c’est ça le travail. Je reviens encore avec Yoshua Bengio. C’est ça son travail de LoiZéro. c’est d’arriver à développer une IA et des agents IA qui vont être aussi performants et intelligents que ceux qu’on connaît aujourd’hui, mais qui n’ont pas d’initiatives, entre guillemets, personnelles, qui n’ont pas d’agenda qui sont en train de travailler sur le côté. Tu sais, t’as entendu parler, je pense que cette semaine, c’est revenu où il y a un agent IA qui s’est développé un portefeuille en cryptomonnaie.
Jérôme :
[
28:13] Oui, je crois que j’ai vu passer ça.
Bruno :
[
28:15] Oui. Oui, sur le côté. Alors, l’utilisateur ne savait même pas, mais il avait son agent IA qui était en train de se développer une petite fortune dans la cryptomonnaie.
Jérôme :
[
28:24] On voit que c’est pas mal, hein ?
Bruno :
[
28:25] Oui, je sais.
Jérôme :
[
28:26] C’est plutôt sympa. Mais tout ce temps-là.
Bruno :
[
28:28] Il n’y a personne qui lui avait demandé.
Jérôme :
[
28:30] Oui, c’est fou.
Bruno :
[
28:31] Il était en train de faire ça. Et c’est pour ça. Alors, c’est la nouvelle génération, et c’est un peu ça que je reviens toujours avec Yoshua Bengio, c’est là-dessus que les 300 millions qu’il a reçus de l’Allemagne et du Canada, c’est justement pour arriver à développer quelque chose qui va être plus, collé sur les intérêts des humains, et moins sur le sort des machines.
Jérôme :
[
28:49] C’est bien s’il arrive à faire des choses comme ça, mais il faut aussi encadrer les IA qui existent, qui ne seront pas ces IA-là et qui existent. Moi, parmi ces propositions, il y a un truc que je trouve intéressant aussi, c’est qu’améliorer le confinement, faire des vrais espaces séparés d’Internet pour tester les IA les plus évoluées.
Bruno :
[
29:08] Comme NVIDIA propose.
Jérôme :
[
29:09] Oui, c’est vrai. Et puis aussi, des règles pour améliorer ce qu’on appelle l’alignement. Donc, c’est-à-dire l’alignement, c’est ce que l’IA a le droit de faire et de ne pas faire.
Bruno :
[
29:19] C’est les lois d’Asimov qu’on peut remettre à jour.
Jérôme :
[
29:22] Oui, exactement. Et c’est un terme qu’on voit sortir en ce moment qui est le harnais, ce qu’on appelle le harnais. Donc, les agents, ils sont en principe avec toute une série de règles autour, autour d’eux, et ce harnais est censé leur permettre de faire des choses, mais pas n’importe quoi. Donc, ça serait intéressant quand même d’imposer des principes presque constitutionnels, entre guillemets, la constitution de l’IA qui dirait ça, t’as le droit, ça, t’as pas le droit, mais de manière assez générale.
Bruno :
[
29:49] Mais tu vois, si on arrive à faire ça, il va falloir, l’expression anglaise, c’est safe by design, donc sécuritaire à la fabrication. C’est de ça, ultimement, qu’il va falloir planifier. Parce qu’à l’heure actuelle, si tu utilises, peu importe l’IA que tu utilises, tu lui donnes des consignes en disant, en tout temps, tu fais ça, Merci. Ça arrive à l’occasion, si tu l’utilises un peu, comme toi et moi, on le fait, qu’à un moment donné, les consignes de base, ils les oublient. Et là, ils nous proposent quelque chose. Attention, quand je te demande de faire ça, tu fais ça de cette façon-là. Tu ne mets pas ça, tu ne mets pas ça. Et ça, je ne veux rien en lire.
Jérôme :
[
30:26] Voilà, il faut pouvoir lui fixer. C’est comme un enfant, en fait. Oui, tu vois. On lui fixe des garde-fous. Les parents sont là pour faire des interdictions. Et voilà, tu fais ça. En plus, il y a un truc qui les fait flipper, là, en ce moment. Les parents, les IA ? Non, les spécialistes de l’IA, les parents aussi. Mais tu as vu, ces histoires de... En fait, ces agents, ils ont découvert maintenant qu’ils pouvaient se répliquer.
Bruno :
[
30:51] Oui, c’est les chercheurs d’Anthropic qui ont publié ça au début de la semaine.
Jérôme :
[
30:56] Comme des virus en fait.
Bruno :
[
30:59] L’expérience qui a été faite, c’est une expérience. Ça a été fait en laboratoire, c’était circonscrit comme endroit. Mais c’est ça, ça permettait d’aller se reproduire dans des appareils connectés, dans un écosystème fermé. Alors, imagine-toi si tu as une petite souche dormante d’une IA dans ton grille-pain, et puis qu’à un moment donné, tu installes une IA pour la maison. Tu sais, monsieur domotique que tu es, Et là, ça déclenche toutes les petites IA dormantes et ça te crée un réseau.
Jérôme :
[
31:29] Quelle horreur. Alors après, tu as raison, c’est un appel de plus. Est-ce que ce sera suivi d’effets ? On n’en sait rien.
Bruno :
[
31:36] Probablement pas, mais il fait quand même œuvre utile en revenant parce que ça permet à des gens comme toi et moi, puis j’espère surtout à des gouvernements, des responsables, de ramener la question sur la table. Qu’est-ce que vous faites ?
Jérôme :
[
31:49] C’est ça. Mais nous, en France, il y avait cette semaine, Macron a réuni un conseil de défense sur l’intelligence artificielle.
Bruno :
[
31:55] Wow, bon ben, chapeau.
Jérôme :
[
31:56] Il y a quand même une prise de conscience. Alors, je n’y étais pas, je ne sais pas ce qui en ressort.
Bruno :
[
32:00] Non, toi, tu étais au Mondial de l’Auto.
Jérôme :
[
32:02] Tu étais au Mondial de l’Auto, moi, je m’amusais avec la deux-chevaux pendant que les autres essayaient de protéger le monde contre les IA complètement folles.
Bruno :
[
32:09] Le monde ou la France ?
Jérôme :
[
32:11] Le monde, le monde. Non, la France.
Jérôme :
[
32:16] Dis-moi, Bruno, au-delà de... Il y a quand même des IA qui sont sympas. Oui. Et toi, tu t’amuses comme un petit fou avec le nouveau truc d’OpenAI, avec Dot, c’est ça ?
Bruno :
[
32:29] Oui, Dot, qui est apparu sur mon radar, sur mon écosystème d’OpenAI.
Jérôme :
[
32:36] Tu m’énerves, là, tu m’énerves. Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?
Bruno :
[
32:39] Je sais que je t’énerve à chaque fois que je parle d’un agent IA parce que pour vous autres, vous n’en avez pas.
Jérôme :
[
32:44] Si on a des trucs, je ne sais pas quoi, mais ça vient s’ajouter à la liste de tout ce qui n’est pas disponible en Europe. Les dots.
Bruno :
[
32:53] Comment on va commencer à parler des cyber orphelins, quelque chose comme ça ?
Jérôme :
[
32:57] Les cyber sous-développés, je pense.
Bruno :
[
32:59] Aussi, ouais.
Jérôme :
[
33:00] Le tiers-monde de l’IA. Ah non, mais là, je ne vais pas aller plus loin parce qu’on va encore m’accuser de faire du bashing, du France-bashing. Mais ce n’est pas que la France, c’est au niveau européen. Mais je pense sincèrement qu’il y a un problème. Mais je sais parmi les gens qui écoutent que certains n’apprécient pas que je tape sur la régulation, parce que oui, la régulation apporte plein de choses, c’est vrai, mais je pense que là, on a atteint un problème. Et puis, même, tu vois, c’est un sujet qui me préoccupe un peu, j’essaie de voir aussi s’il n’y avait pas des gens qui pouvaient s’expliquer là-dessus du côté de la Commission européenne. Mais c’est le blackout, c’est-à-dire qu’il n’y a pas moyen d’avoir un interlocuteur.
Bruno :
[
33:40] Quelqu’un qui nous explique...
Jérôme :
[
33:43] Ils ne veulent pas communiquer. Bon, alors, parle-nous de Dot. Raconte-nous donc, Dot, que je testerai la prochaine fois que je viendrai sur ton continent, mais parle-moi pour l’instant.
Bruno :
[
33:52] Que tu penses au-dessus du Canada, c’est ça.
Jérôme :
[
33:53] Oui.
Bruno :
[
33:55] Bien, c’est ça. Dot, donc, c’est l’agent IA qui est disponible. C’est un peu la réponse d’OpenAI au Muse, là, qui a été lancé par Meta.
Jérôme :
[
34:04] Oui.
Bruno :
[
34:04] Et dans ce sens-là, il est aussi facile d’utilisation. C’est-à-dire qu’il apparaît dans ton interface, parce que, disons que c’est web, là, où tu vas, ou sinon, tu peux le télécharger. Et donc, il va apparaître.
Jérôme :
[
34:17] C’est dans l’interface de ChatGPT ?
Bruno :
[
34:18] Oui, tout à fait. Dans la liste, là, il y a comme une grande barre de navigation, là, sur le côté, à la gauche de l’écran. Et donc, le premier élément en haut qui apparaît, c’est Dot, que tu peux renommer. Tu peux le baptiser au nom que tu veux. Moi, je ne suis pas original, puis je veux savoir à qui je m’adresse. Donc, j’ai laissé Dot, comme j’ai laissé Muse pour Meta. Comme ça, je les reconnais, je sais qui est là. Et donc, c’est ça. Mais l’avantage que j’ai dans l’expérience, dans l’utilisation de Dot par rapport à Muse, c’est que Muse connaissant Meta, j’ai donné aucun accès à tous les logiciels. Tandis que Dot, ce que j’ai fait, c’est que j’ai déjà branché tous les accès, d’OpenAI, donc ChatGPT, sur mes logiciels de production, sur mes courriels, sur mon agenda comme ça. Et c’est là où ça devient intéressant parce qu’il arrive à gérer, mais surtout à aller puiser énormément d’informations. Et je te disais tout à l’heure que je participais à un événement Montréal Connect à Montréal. Et pour la préparation de mon animation, je lui ai demandé de passer à travers...
Bruno :
[
35:27] Les 50 courriels que j’ai reçus des participants, des organisateurs pour aller me faire un portrait global. C’est genre comme si je demandais à un assistant à côté de moi. Va voir dans mes courriels et montre-moi un résumé de c’est quoi l’essentiel des communications et qu’est-ce qu’on doit en tirer et comment je vais l’utiliser dans mes présentations. Ça a pris une heure, il est revenu et puis il m’a fait un beau document texte.
Bruno :
[
35:53] À la Word que je pouvais télécharger. et ce qu’il m’a monté, c’est carrément le mot-à-mot de mes quatre animations, de mes quatre panels, avec le minutage qui allait... J’ai jamais vu un document monté comme ça. Avec le minutage, en disant de telle minute à telle minute, tu devrais parler. S’il ne parle pas assez longtemps, voici la question que tu peux lui poser. S’il parle trop longtemps, tu peux passer à telle question ou sinon tu ne peux pas... Écoute, c’est là...
Jérôme :
[
36:20] Ça manque un peu de spontanéité.
Bruno :
[
36:22] Oui, non, non, mais c’est une proposition qu’il me fait.
Jérôme :
[
36:24] Oui, c’est une proposition, bien sûr, bien sûr.
Bruno :
[
36:25] Mais il avait vraiment, en termes sportifs de couverture, le play-by-play. Il y avait, le match était là au complet. C’était la carte que j’aurais pu suivre. Je m’en suis inspiré, mais bon, ça fait quand même 40 ans que je fais ça, donc je savais où j’allais là. Et donc, j’ai animé à partir des notes qui sont là. Je n’ai pas fini. J’ai écrit des trucs. Mais je trouvais ça fascinant. Génial.
Jérôme :
[
36:51] Arrête, tu fais tellement envie. Ah, mais regarde.
Bruno :
[
36:54] Puis en sortant de l’événement, j’ai dit...
Jérôme :
[
36:56] On peut faire des choses déjà avec ChatGPT, avec Work. Avec la partie Work de ChatGPT.
Bruno :
[
37:02] Mais ce n’est pas la même chose. Parce que là, ils travaillent vraiment... Pour te donner une idée depuis... Ça fait une semaine maintenant que je l’ai. Trois fois par jour. Ils m’amènent une veille sur les informations tech, évidemment.
Jérôme :
[
37:17] Trois fois par jour. Tu les fais travailler les serveurs, toi. Moi, c’est une fois par jour.
Bruno :
[
37:22] Oui, je ne paye pas aussi. Mais donc, à chaque fois, à 5 heures le matin, à midi et à 16 heures, il m’amène une veille. Et ce qui est intéressant, c’est qu’il suit en temps réel la couverture que je fais sur mon carnet, sur le blog, mon carnet, sur le podcast.
Jérôme :
[
37:39] Donc, il ne va pas te proposer des sujets que tu as déjà traités.
Bruno :
[
37:41] Oui, ou faire du suivi. Et c’est ça qui est intéressant. Donc, il est vraiment évolutif. C’est vraiment... Écoute, ça fait...
Jérôme :
[
37:48] Alors ça, on peut le faire. On peut le faire en France.
Bruno :
[
37:50] Oui.
Jérôme :
[
37:51] Ce n’est pas l’onglet Dot, c’est l’onglet planification.
Bruno :
[
37:53] Exactement.
Jérôme :
[
37:54] Et on peut planifier plein de tâches comme ça, hyper sophistiquées et tout.
Bruno :
[
37:58] Oui, bien c’est ça. Ce sont des tâches à faire. Sauf que lui, ce qu’il permet de faire, c’est vraiment de suivre en continu sur différents... Et il est... C’est à la fois, c’est ça la différence, c’est que quand tu fais des tâches planifiées avec ChatGPT, il t’amène une livraison. Ça s’arrête là. Mais là, lui, l’agent Dot, il fait la même chose quand tu le mandates de partir, faire de la recherche, c’est qu’il prend des initiatives, il va plus loin, et c’est là où moi, je trouve ça intéressant, et c’est là, puis je termine avec ça en disant que il y a quatre ans, presque quatre ans, ça va être en novembre prochain, il y a quatre ans, quand ChatGPT est arrivé, Et on avait dit, c’est génial, tu es un assistant numérique. Mais là, avec l’agent IA, moi, le match a changé. Là, j’ai un vrai assistant. Et l’agent IA, donc, je n’en utilise pas qu’un. En tout et partout, dans une semaine, je fais appel probablement à cinq agents IA différents. Puis ça, c’est à part des agents IA qui travaillent, par exemple, sur la production de certaines choses que je fais.
Bruno :
[
39:01] Donc, c’est énorme, la part. C’est probablement l’équivalent de neuf à huit personnes.
Jérôme :
[
39:06] C’est dingue. Tu travaillerais avec moi. Mais dis-moi, Bruno, il y a une semaine ou deux, tu me parlais de Muse avec des trémolos dans la voix comme tu le fais aujourd’hui pour Dot. Donc, tu es très amoureux, je constate. Mais tu n’es pas très fidèle puisque tu passes de l’un à l’autre. Et entre les deux, lequel tu préfères ?
Bruno :
[
39:26] D’abord, en clarifiant une chose, la fidélité, je la garde pour ma conjointe. Mais dans le monde numérique, j’aime essayer les choses.
Jérôme :
[
39:34] Ça va, tu as le droit.
Bruno :
[
39:34] Mais je peux dire que c’est la même chose de ton côté, donc bon. Et lequel ? Je pense que Dot, à l’heure actuelle, Dot a un avantage parce qu’il est connecté sur la plupart de mes outils de production. Mais si on parle pas de la connexion... Oui, auparavant, et que j’ai vraiment branché dans tout. Il y a accès à mes documents de rédaction, il y a accès à tout ce que je crée. Mais si on les débranche tous les deux, si je leur demande du travail qui n’a rien à voir avec ce qui existe dans ma production, moi, je te dirais que pour le moment, les deux se valent. Autant mieux que d’autres. Et c’est pour ça que je n’ai pas de problème à les faire travailler parallèlement. Et c’est intéressant parce que bien que je leur demande aux deux de me faire des veilles, les deux m’arrivent souvent avec des sujets différents. Et ils sont complémentaires.
Jérôme :
[
40:22] Super, merci pour ce retour d’expérience. C’est super intéressant, Bruno.
Bruno :
[
40:26] Et un jour, je vous le souhaite.
Jérôme :
[
40:27] Ben oui, on croise les doigts. J’espère qu’on aura ça un jour ou l’autre.
Bruno :
[
40:32] Les pieds aussi, ça va peut-être arriver plus vite.
Jérôme :
[
40:36] Dis-moi, je sais que ton temps est compté. Il nous reste quelques minutes. Est-ce que tu veux qu’on dise un mot, qu’on parle un petit peu de géopolitique ? Parce qu’il y a deux sujets cette semaine.
Bruno :
[
40:47] Tu as surveillé l’Ukraine, comme moi.
Jérôme :
[
40:49] Oui, exactement. J’ai surveillé l’Ukraine. C’est surtout que j’ai vu passer, deux news qui, effectivement, concernent l’Ukraine. Et alors, c’est deux infos qui sont assez intéressantes parce que dans les deux cas, il y a des choses qui ont été annoncées et puis on s’aperçoit que finalement, ce n’était pas exactement ce qu’on avait annoncé, semble-t-il. D’abord, Elon Musk accusé de brider Starlink, c’est-à-dire de couper l’accès à Internet ou en tout cas de perturber l’accès à Internet en Ukraine, qui est très utilisé par l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie. Ça, ça a fait beaucoup réagir. Ici, il y avait une espèce de tollé contre Elon Musk, puisque quand même, l’Europe soutient l’Ukraine et la France aussi. Et puis, autre chose... Et le Canada aussi. Oui, le Canada aussi, bien sûr. Et autre chose, ce sont les Ukrainiens qui ont annoncé avoir tapé des data centers russes appartenant à la société Yandex.
Jérôme :
[
41:41] Ce qui aurait... Et là, j’emploie à dessein le conditionnel, ce qui aurait impacté, le trafic sur les réseaux sociaux de ce qu’on considère comme étant des bots russes, donc des robots, c’est-à-dire tous ces comptes, des faux comptes, qui alimentent la conversation, repostent des messages, qui réagissent à des messages et qui, du coup, influent la conversation mondiale sur les réseaux sociaux, notamment sur X, également sur Facebook, qui contribuent [passage à vérifier à l’écoute] énormément quand même à semer la zizanie entre tout le monde et à semer le chaos et le fracas entre tout le monde en Europe et notamment en France. Or, ces deux infos, dans les deux cas, elles ne sont pas tout à fait comme on nous a présentées.
Bruno :
[
42:27] Et c’est pour ça qu’on le dit toujours, de pousser un petit peu plus loin que simplement la lecture d’une publication, parce qu’on se rend compte, dans le cas, de la coupe de service de l’armée ukrainienne, On s’est rendu compte que finalement, et ça c’est une publication qu’Elon Musk a fait lui-même pour clarifier la situation, l’Ukraine utilise le service militaire qui a été développé par les gens de Starlink, mais dont ils ne contrôlent plus l’utilisation.
Jérôme :
[
42:56] Exactement, qui s’appelle Starshield.
Bruno :
[
42:58] Exactement.
Jérôme :
[
42:59] Starshield, c’est le Starlink militaire en fait.
Bruno :
[
43:02] C’est la défense américaine qui a, mais c’est intéressant de savoir ça. On ne le savait pas forcément. C’est la défense américaine qui a maintenant accès et contrôle le débit et les accès à ce service-là. Et ultimement, et ça c’est Elon Musk qui le précisait dans sa publication sur X, ultimement c’est le président des États-Unis qui peut couper l’accès ou pas à ce service-là. Alors sachant qu’il y a quelques jours auparavant, cette coupure-là, le président américain était sorti en disant « c’est peut-être le temps pour les Ukrainiens de se trouver un nouveau président ».
Jérôme :
[
43:38] Et c’était un coup très très dur contre l’Ukraine, contre Zelensky.
Bruno :
[
43:43] Et donc, d’aller essayer d’ébranler la confiance du peuple envers leurs dirigeants. Puis, tu te rends compte que deux jours, trois jours plus tard, l’armée ukrainienne, devient plus à risque et moins performante parce que le service satellitaire d’Internet qui leur permet de diriger les attaques par drone sur leur territoire et les territoires russes, ils ne fonctionnent pas. Alors ça, c’était assez particulier.
Jérôme :
[
44:13] Dans la mesure où une partie de leur défense repose sur l’infrastructure et la technologie américaine, forcément, si les relations se tendent et s’il y a du froid entre les deux, ils vont se retrouver affaiblis, inévitablement. C’est la politique qui a guidé la technologie, très clairement, dans cette histoire-là.
Bruno :
[
44:34] Et ce que me disait un général canadien, ce qui est particulier dans cette guerre-là, évidemment, bon, puis on le sait parce qu’on l’a suivi de cet angle-là, c’est tout le développement technologique qui s’est fait dans les combats de part et d’autre, mais particulièrement du côté de l’Ukraine. Et maintenant, vraiment sur le front, il y a vraiment un espace où c’est un no man’s land. Il n’y a plus d’humains qui vont là, ce ne sont que des équipements technologique qui combattent et qui protègent et qui attaquent. Et si on coupe le satellite, ça veut dire que tout cet armement-là, qui est névralgique et qui a besoin du support, du lien de communication pour surveiller, mais aussi pour attaquer, pour défendre, il est coupé. Et donc, c’est dans le système de défense plus que dans le système offensif qu’on est en train d’alléger ou de rendre moins performant. Et c’est ça. Alors ça, c’est un truc que je voulais mentionner. Puis l’autre truc, je voulais revenir parce que tu parlais des trois centres de données de Yandex. Ce qu’on se rend compte, c’est qu’il y a des gens qui ont affirmé sur les réseaux sociaux qu’il y avait moins de bots, de robots conversationnels qui publiaient, à ces trois centres de données qui étaient disparus.
Bruno :
[
45:52] Qui a été repris par le président ukrainien. Mais dans les faits, il n’y a pas eu d’évaluation. Puis ça, j’ai l’impression qu’il va falloir attendre au moins un mois ou deux. Il n’y a pas eu d’évaluation de tiers sérieux, peu importe d’où ils viennent dans le monde, qui ont évalué la loi [à vérifier à l’écoute]. Puis d’ailleurs, pour l’anecdote, le matin où j’ai lu cette affirmation-là sur les réseaux sociaux, j’essayais de me brancher sur Truth Social.
Bruno :
[
46:16] Et leur serveur avait de la difficulté. Oui, et leur serveur avait de la difficulté. et je me suis dit, ah ben coudonc, est-ce que le service est branché sur un des serveurs de Yandex ? Et finalement, c’est revenu. Mais je me suis, tu sais, on ne peut pas faire de corrélation automatique entre les deux.
Jérôme :
[
46:31] Il faut être très prudent. Il faut être très prudent avec ces trucs-là.
Bruno :
[
46:34] Mais c’est donc, c’était une coïncidence.
Jérôme :
[
46:37] Alors, apparemment, quand même, le bombardement des data centers, ça a causé des tas de difficultés, mais pas du tout, enfin, pas de cet ordre, mais en Asie, parce que je crois que l’Asie utilise beaucoup ça pour le commerce, etc. Et eux, apparemment, ils l’ont senti passer. Ça leur a bien, bien perturbé les choses. Mais tu as raison pour ce qui est des réseaux sociaux et des bots. Il faudra attendre pour voir si la baisse apparente est due à ça ou s’il y avait d’autres phénomènes.
Bruno :
[
47:06] Mais tu sais, tout à l’heure, on parlait des cyberattaques et de l’évolution du type de cyberattaque. Mais c’est la même chose dans les guerres. Puis on le voit aussi dans les Émirats arabes unis, ou en Arabie saoudite, où là, maintenant, les centres de données, que ce soit nationaux ou de grands joueurs comme AWS, ça devient des cibles de choix parce qu’on le sait maintenant, l’économie locale, nationale est tellement imbriquée dans le système numérique, quand on tape là-dessus, on tape dans l’économie nationale d’un pays et ça, c’est un changement aussi qui est important.
Jérôme :
[
47:46] Bruno, de quoi parles-tu cette semaine dans ton carnet ?
Bruno :
[
47:49] Écoute, rapidement, je te mentionne deux choses. Je parle d’intelligence artificielle, ça, tu ne seras pas surpris. Mais dans le monde de la construction et aussi dans le monde de l’exploitation minière. Alors, je me fais col bleu le temps d’une émission pour aller voir comment c’est utilisé. De plus en plus, c’est utilisé. Il y a un certain retard, évidemment, si on les compare à d’autres types d’industries. Mais c’est vraiment impressionnant de voir comment ils utilisent l’intelligence artificielle. Alors voilà. Jérôme Colombain, dans Monde Numérique cette semaine, tu parles de quoi ?
Jérôme :
[
48:24] Dans Monde Numérique cette semaine, c’est un spécial Mondial de l’automobile. Pourquoi d’ailleurs on s’intéresse à l’automobile comme ça autant, toi et moi ? C’est parce qu’en fait, il y a tellement de technologies là-dedans. Moi, je ne parle pas de conduite, de freinage ou de moteur, mais c’est tout ce qu’il y a autour. Et avec d’abord un observateur, en fait, qui n’est pas un constructeur, et c’est Patrice Duboé de Capgemini avec qui on passe en revue toutes les tendances. Et puis aussi une innovation française. C’est un système que je trouve assez intéressant de recharge par induction pour les véhicules électriques. C’est-à-dire qu’au lieu d’avoir à brancher une prise avec un câble, ce qui est peut-être l’un des derniers pain points, une des dernières frictions, des véhicules électriques, eh bien là, tu approches ta voiture, tu la mets au-dessus d’une espèce de dalle qui est au sol, monte un petit peu et hop, ça se recharge au sol. Alors, ça existe déjà, ce système-là.
Bruno :
[
49:19] Mais en Allemagne, ils avaient fait des recherches là-dedans.
Jérôme :
[
49:21] Non, non, mais tous les constructeurs ont travaillé là-dessus, etc. Mais ce n’est pas du tout développé. Et là, cette startup qui s’appelle Open Charge a de grosses ambitions et a développé un système qui, en plus, est paraît-il très efficace et efficient. Donc voilà, on parle de ça, c’est à écouter, dans Monde Numérique cette semaine.
Bruno :
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49:37] Ça va être intéressant.
Jérôme :
[
49:40] On a fait le tour de l’actu de la semaine et je t’ai même volé quelques minutes par rapport à ton agenda de ministre, mon cher Bruno. Donc, je te libère. J’allais dire François Sorel. Alors là, je suis désolé. En parlant de ministre, c’est ça. Oui, en parlant de ministre. Tu vois, c’est les vieux trucs. C’est comme la deux-chevaux, c’est les vieux trucs qui remontent. Donc, s’il y a des vieux trucs, c’est François Sorel qui remontent.
Bruno :
[
50:02] Mais écoute, je le prends comme un compliment.
Jérôme :
[
50:04] Tu ne le répéteras pas. Comment ?
Bruno :
[
50:05] Je le prends comme un compliment.
Jérôme :
[
50:07] Oui, tu peux. Oui, tu peux absolument.
Bruno :
[
50:10] Pas là.
Jérôme :
[
50:10] Bon, salut Bruno, à la semaine prochaine.
Bruno :
[
50:13] Écoute, au nom de mes agents IA et de moi-même, je te dis à la semaine prochaine.
Jérôme :
[
50:17] Embrasse tes agents pour moi.